88. Drstadharmasukhavihara. La paix d'être heureux dans le moment présent (Série Thich Nhat Hanh)
1 Nov 2022 · 39 min
In this episode of the Just In Time podcast, the host narrates Thich Nhat Hanh’s formative period in the United States from 1961 to 1963. After receiving a Fulbright scholarship, Thich Nhat Hanh (referred to as Thay) studies comparative religion at Princeton, immerses himself in Christian, Islamic, and Chinese Buddhist thought, and is profoundly moved by the writings of German theologian Dietrich Bonhoeffer. The experience reshapes his attitude toward suffering, leading him to vow never to complain about life again. While in the U.S., he writes and publishes the Vietnamese book Bông không cây áo (Bong Hong Cai Ao), the first popular‑language guide to applying mindfulness to everyday life, which becomes a bestseller and a cultural touchstone in Vietnam. The episode interweaves Thich Nhat Hanh’s personal reflections on grief, reconciliation, and the practice of present‑moment awareness (drishta‑dharma‑sukha‑vihara), illustrating how mindfulness can transform personal pain into compassion. It also details his growing social activism: his advocacy for Vietnamese Buddhists at the United Nations, his response to the 1963 Buddhist persecution and the self‑immolation of Thích Quảng Đức, and his eventual return to Vietnam to establish community projects such as the bamboo‑forest temple, village pilot programs, and a high‑level Buddhist institute. Throughout, the host frames these narratives within the broader Just In Time mission—originating as a pandemic‑era walk‑and‑talk podcast that now explores philosophy, psychology, yoga, and trauma‑releasing practices. The tone is expository and didactic, aiming to convey both historical facts and the spiritual teachings of Thich Nhat Hanh.
Chapters
Bonjour, dans cet épisode 13, nous allons accompagner Thích Nhất Hạnh, Thay, dans son aventure aux États-Unis. En 1961, il découvre le texte, le récit de Dietrich Bonhoeffer, un pasteur et théologien allemand, qui le bouleverse. Et qui transformera sa façon de vivre. Il dira, à partir d'aujourd'hui, je ne me plaindrai plus jamais. Voici l'épisode 13 du podcast Just In Time où nous comprenons les raisons pour lesquelles la pratique quotidienne est indispensable. Dès 1959, l'intervention américaine au Vietnam s'intensifie et renforce son soutien au régime du président catholique Diem. À la fin de l'année 1961, les combats entre les forces du Viet Minh et celles du Vietnam du Sud arrivent jusqu'à Phong Boi. Des agents de police leur ordonnent de quitter les lieux. Un hameau stratégique surveillé par les troupes gouvernementales avait été construit à proximité de la grande route, se souviendra Thay, qui sera profondément affecté par cette perte. 2 ans plus tard, alors qu'il sera déjà loin, en train de poursuivre ses études aux États-Unis, Thay écrira dans son journal: Je pleure la hutte de la joie de la méditation, je pleure la maison des montagnards, je pleure chaque feuille et chaque brin d'herbe de Phong Voi. Ce qui ne l'empêche pas d'affirmer aussi: nous ne perdrons jamais Fong Boy, il est dans nos cœurs comme une réalité sacrée. Où que nous soyons, le simple fait d'entendre prononcer le nom de Fong Boy nous émeut jusqu'aux larmes.
El podcast Just in Time se inició para salir a la calle durante la pandemia, era un walk and talk. Podcast. Ahora seguimos en otra modalidad, puede ser walk and talk, puede ser simplemente analizando con calma sin tener que movernos, pero los temas permanecen los mismos: filosofía, psicología, psicoanálisis, literatura. Actualmente mucho tiene que ver con yoga y la relación con la liberación del trauma. Todos los temas que nos interesaron durante la pandemia siguen, permanecen Ahora bajo distintas modalidades, puede ser que esté yo sola o bien acompañada. Este es el podcast Just in Time.
Si por el pasado hemos sufrido o hemos hecho sufrir a otras personas, sobre todo no nos dejemos desanimar por la toma de conciencia que tenemos hoy. Si sabemos cómo tomar cuidado de nuestra sufrimiento, él nos enseñará mucho. Bien sûr, nous avons fait des erreurs. Bien sûr, nous n'avons pas toujours été très adroits. Certes, nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes et nous avons même fait souffrir des personnes autour de nous. Mais rien ne nous empêche de prendre un nouveau départ et de faire bien mieux l'année prochaine, et pourquoi pas tout de suite. Posons un regard neuf sur notre souffrance et nous pourrons la transformer en un élément positif. Nous avons tous commis des bêtises, des maladresses, mais désormais nous pouvons faire le choix de progresser de recommencer, de nous transformer. Généralement, dès que quelque chose va de travers, nous cherchons à ce que cela s'arrange immédiatement. Nous voulons que la douleur et la souffrance, tout ce qui ne va pas, disparaisse au plus vite. Et pourtant, quand nous sommes confrontés à une difficulté, la toute première étape est justement de ne pas chercher à la résoudre. Avant toute chose, il s'agit de la reconnaître simplement pour ce qu'elle est. Ensuite, Quand nous aurons pu rester quelque temps avec nous-mêmes, il sera beaucoup plus facile de nous rapprocher de la personne avec laquelle nous sommes en conflit. Nous pourrons lui parler calmement. Je sais que tu as beaucoup souffert durant ces derniers mois et même au cours des dernières années. Je sais aussi que je suis en partie responsable de ta souffrance. Je ne t'ai pas montré beaucoup d'attention. Je n'ai pas suffisamment compris ta souffrance et tes difficultés. J'ai peut-être même dit ou fait quelque chose qui a encore empiré la situation. J'en suis vraiment navré. Ce n'est pas du tout ce que je souhaitais. Au contraire, je veux ton bonheur, ta sécurité, ta liberté et ta joie. J'ai été maladroit à différents moments parce que je ne comprends pas suffisamment bien ce que tu vis. Je t'ai peut-être même donné l'impression que je cherchais à te faire souffrir, mais tu sais, ce n'est vraiment pas le cas. S'il te plaît, parle-moi de ta souffrance ainsi Je ne répéterai plus les mêmes erreurs. Ton bonheur est essentiel à mon propre bonheur. J'ai besoin de ton aide. Parle-moi de tes peurs, de tes préoccupations, de tes difficultés. Ainsi, je pourrai t'aider plus facilement. C'est ce type de dialogue que la vision profonde peut apporter. En 1961, Thay bénéficie d'une bourse de recherche de la Fondation française Fulbright pour lui permettre de découvrir de nouveaux horizons et de poursuivre ses études aux États-Unis. Il étudiera les religions comparées à l'université de Princeton où il séjournera de 1961 à 1962. Avant de partir, Thay se rend une dernière fois à Phong Boi pour dire au revoir à Frère Thanh Tu, le dernier moine qui vit encore. À Princeton, Thay suit des cours sur le christianisme, l'islam et le bouddhisme chinois. C'est pour lui une période inspirante de contemplation et de guérison. L'atmosphère paisible qui règne sur le campus de Princeton n'est pas si différente de celle qu'il a connue dans les monastères. Thay peut pratiquer aussi souvent qu'il le souhaite la marche méditative le long des allées du campus. C'est à Princeton qu'il vit son premier automne, ses premières neiges et la splendeur du printemps encore frais qui succède à l'hiver. Dans la paix et le calme, les visions profondes de Thay peuvent mûrir. C'est là que j'ai vraiment goûté, pour la première fois, la paix d'être heureux dans le moment présent. En sanskrit, drishta, dharma, sukha, vihara. Thay sait comment s'établir vraiment dans le moment présent et toucher l'esprit de l'absence de but. Bien souvent, nous avons manqué de vigilance à l'égard de nos enfants, ignorant leurs difficultés, leurs souffrances, la colère et la douleur qu'ils portaient en eux. Tout parent devrait être capable de parler à son enfant avec les mots du cœur. C'est le langage coulant directement du cœur qui permet de rétablir la communication et de faire la paix avec l'enfant. Permettant alors au processus de réconciliation de s'amorcer. Nous savons tous que la paix commence par nous-mêmes, mais nous ne savons pas toujours comment nous y prendre. Si nous parvenons à générer l'énergie de pleine conscience et que notre souffrance se transforme ainsi en compréhension et en compassion, alors la réconciliation pourra s'amorcer beaucoup plus facilement. Avant cela, c'est quasiment impossible. La fierté, La colère et notre peur de souffrir nous barrent la route. Mais avec la pleine conscience, la compréhension peut pénétrer le terreau de notre cœur, laissant alors jaillir le nectar de la passion et de la compassion. Au cours de l'été 1962, alors qu'il séjourne au Camp Oconeecon à Medford dans le New Jersey, Thay décrit ses premières fleurs d'éveil dans Bong Hong Kai Ao, un petit livre à la fois simple et lyrique dans lequel il rend hommage aux mères et invite le lecteur à chérir ce qu'il a maintenant dans le moment présent. On distingue déjà dans ce texte le nouveau chemin de pratiques et d'enseignements que Thay développera au cours des années à venir. Thay l'envoie à Cô Niên, l'un de ses cèdres au Vietnam, qui se charge aussitôt de le faire publier. C'est le premier livre en vietnamien qui propose d'appliquer la pleine conscience à la vie quotidienne et il deviendra rapidement un best-seller. Écrit dans une langue poétique et naturelle que même les enfants peuvent comprendre, Bông không cay ao n'a pas la forme d'un enseignement bouddhiste mais plutôt d'une méditation guidée pour aider le lecteur à toucher la merveille qu'est la présence de sa mère ici et maintenant. C'est la première fois qu'un moine bouddhiste montre que la conscience méditative peut être une énergie douce et lumineuse et nous éclairer dans notre vie de tous les jours. Le lecteur peut accéder aux fruits de la méditation sans avoir à transformer son cœur et son esprit en un champ de bataille, sans avoir à lutter contre la colère, la tristesse ou la l'avidité. Alors qu'il était jusque-là surtout connu comme poète, rédacteur en chef et érudit bouddhiste, Thay commence avec ce livre à se faire connaître pour son bouddhisme qui est à la fois profond et accessible au plus grand nombre. Cette année-là, à l'occasion de la fête des mères, Vu Lan, à la pleine lune du 7e mois, les étudiants de Thay décident d'organiser une une fête des roses pour célébrer les mères en s'inspirant de ce livre qui deviendra au fil du temps partie intégrante de la culture bouddhiste au Vietnam. Bông Hồng Cái Áo s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires et on peut le trouver dans la plupart des foyers bouddhistes. L'esprit et l'approche de Bông Hồng Cái Áo sont totalement nouveaux et l'on peut y voir le style particulier de Thay prendre corps en s'exprimant de manière profonde, lyrique, authentique intime, il propose une nouvelle approche des écrits et des enseignements bouddhiques qui sera largement adoptée aussi bien en Asie qu'en Occident. Se réconcilier avec soi-même. Je me souviens du jour où un couple qui allait se marier au village des Pruniers vint me voir et m'interrogea. Thay, Il ne reste plus que 24 heures avant notre mariage. Comment pouvons-nous nous préparer afin que ce mariage soit une réussite? Je répondis, la chose la plus importante est de regarder profondément en chacun de vous pour voir s'il y demeure encore un obstacle. En ce moment, y a-t-il quelqu'un avec qui vous êtes encore en conflit, avec qui vous voudriez vous réconcilier? Reste-t-il quelque chose en vous-même que vous ne vous êtes pas pardonné? La réconciliation n'implique pas nécessairement une relation avec une autre personne. C'est aussi se pardonner à soi-même. Il y a beaucoup de conflits en nous et nous devons prendre le temps de nous asseoir pour les harmoniser. Nous devons pratiquer la méditation assise et marcher de façon à prendre conscience de notre situation et à voir clairement quelle action engager. Si nous pratiquons la marche méditative et la méditation assise, si nous cuisinons, faisons la vaisselle et veillons à accomplir chacune de nos activités quotidiennes en pleine conscience, C'est toujours avec l'intention de regarder en profondeur ce que nous pouvons faire pour prendre un nouveau départ. C'est ainsi que, à la suite de cette observation, le couple se rendit compte qu'il restait beaucoup trop de choses à réaliser pour les 24 heures dont il disposait avant le mariage. L'un et l'autre voulaient notamment se réconcilier au plus vite avec un ami. Mais comment pourraient-ils lui faire parvenir une lettre en moins de 24 heures? J'ai pu les rassurer en leur montrant que, si la réconciliation prenait place en eux, c'était largement suffisant. Par la suite, l'effet et les conséquences de cette paix seraient perceptibles partout. Même si la personne avec laquelle nous voulons nous réconcilier est très loin de nous, si elle refuse de décrocher le téléphone ou d'ouvrir notre lettre, même si elle est déjà disparue, la réconciliation est toujours possible. Il s'agit peut-être de notre père, notre mère, notre sœur, notre fille ou notre fils. Que cette personne soit toujours en vie ou qu'elle soit déjà décédée, il sera toujours possible de parvenir à faire la paix avec elle. Se réconcilier signifie avant toute chose parvenir à la transformation en nous-mêmes de façon à ce que la paix puisse être rétablie. Nous savons qu'à tout moment, il est possible de repartir de zéro, de tout renouveler. Notre maman a déjà peut-être quitté cette vie, mais si nous regardons en profondeur, nous percevrons qu'elle est toujours en vie à travers nous. Nous ne pourrions pas être sans notre maman. Et même si nous la haïssons, si nous sommes en colère contre elle, même si nous ne voulons pas penser à elle, elle est toujours en nous. Et plus que cela, elle est en nous et nous sommes elle. Nous sommes la fille ou le fils de notre mère, nous sommes sa continuation, nous sommes notre mère, que cela nous plaise ou non. C'est pour cela que la réconciliation opère à l'intérieur de chacun de nous. Et que nous réconcilier avec notre mère, notre père, notre fils, notre fille ou notre partenaire implique simplement de pouvoir nous réconcilier avec nous-mêmes. Nous regrettons parfois de ne pas avoir dit ce qu'il fallait à quelqu'un de notre famille avant sa mort. Nous regrettons de ne pas avoir été aimable avec cette personne tant qu'elle était encore en vie. Aujourd'hui pourtant, même si nous croyons qu'il est trop tard, nous pouvons laisser de côté de tels regrets Car cette personne est toujours en nous et nous pouvons repartir de zéro. Sourions-lui et disons-lui tout ce que nous aurions dû lui dire sans en avoir eu l'occasion. Parlons-lui dès maintenant et elle l'entendra. Parfois, nous n'aurons même rien à formuler, car le simple fait d'incarner pleinement l'esprit d'un nouveau départ permettra à cette personne de sentir ce renouveau. Un jour, j'ai pu expliquer cette pratique à un ancien vétéran américain qui avait tué 5 enfants au Vietnam. Cessez de souffrir à cause des 5 enfants que vous avez tués. Si vous savez comment vivre votre vie aujourd'hui, comment sauver les enfants du présent et du futur, ces 5 enfants parviendront à vous comprendre, ils vous souriront et vous soutiendront sur votre chemin de pratique. Nous n'avons aucune raison de rester dans la prison de notre complexe de culpabilité. Tout est possible. Le passé n'est pas révolu, il est toujours disponible sous la forme du présent. Si nous savons comment toucher le présent en profondeur, nous toucherons le passé par la même occasion et pourrons même le transformer. C'est ce que nous enseigne le Bouddha. Si nous avons dit quelque chose de particulièrement méchant à notre grand-mère, alors qu'aujourd'hui elle n'est plus dans cette vie, nous pouvons effacer nos propos. Nous avons juste à nous asseoir, pratiquer la respiration consciente pour entrer en contact avec notre grand-mère en nous. Nous lui sourions et disons, grand-mère, je suis désolée, je ne dirai plus jamais une chose pareille. Et nous verrons notre grand-mère sourire à son tour. Cette pratique nous apportera beaucoup de paix et nous donnera ainsi une sensation de véritable renouveau. Notre entourage en ressentira énormément de joie et de bonheur, tout comme les générations qui nous suivront. Au cours des mois de novembre et décembre 1962, Thay fait une série d'expériences spirituelles en plus profonde. Il est bouleversé en lisant le récit de Dietrich Bonhoeffer, un pasteur et théologien allemand n'ayant pas hésité à critiquer ouvertement le régime nazi, qui fut emprisonné puis exécuté en 1945. En lisant le récit de Bonhoeffer au sujet de sa décision de quitter les États-Unis pour rentrer chez lui en Allemagne au péril de sa vie, Ty est frappé par la description qu'il fait de ses derniers jours en prison. J'étais tenue éveillée par le ciel étoilé qui habite en chacun de nous. J'ai ressenti un élan de joie et la certitude que je serais capable d'endurer des souffrances si grandes que je ne les aurais pas crues possibles. Onehofer est la goutte qui a fait déborder ma coupe, le dernier chaînon d'une longue chaîne, le souffle d'air qui a fait tomber le fruit mûr. Après l'expérience de cette nuit-là, je ne me plaindrai plus jamais de la vie. Tous les sentiments, les passions, les souffrances se révélaient comme autant de miracles et pourtant je restais bien établie dans mon corps. Certaines personnes parleraient peut-être d'expérience religieuse, mais ce que je ressentais était complètement humain. Je savais à ce moment-là qu'il ne pouvait pas y avoir d'illumination en dehors de mon propre esprit et des cellules de mon corps. La vie est un miracle, mais dans ses souffrances. D'ailleurs, sans souffrance, la vie serait impossible. Que faire quand nous avons blessé quelqu'un? Que faire si nous avons blessé d'autres personnes et qu'elles nous considèrent à présent comme leur ennemi? Il peut s'agir de membres de notre famille, de notre communauté ou de personnes vivant à l'étranger. Peu importe, car je pense que nous connaissons déjà la réponse. Nous savons qu'il y a plusieurs choses que nous pouvons faire. La première est de prendre le temps de dire: je suis désolé, je vous ai blessé par ignorance, par manque d'attention. J'ai fait preuve de maladresse. À l'avenir, je ferai de mon mieux pour témoigner de plus de compréhension. Mais maintenant, je préfère ne rien dire d'autre car je ne voudrais pas vous blesser davantage. En général, nous n'avons pas l'intention de faire du mal, mais cela arrive quand nous sommes maladroits ou manquons de pleine conscience. C'est pour cela qu'il est aussi important de cultiver la pleine conscience dans notre vie quotidienne, de façon à pouvoir nous exprimer sans blesser les personnes à qui nous nous adressons. La deuxième chose à faire est d'essayer de faire émerger le meilleur de nous-mêmes, notre fleur, afin de nous transformer. C'est la seule manière d'en témoigner. Lorsque nous serons emplis de fraîcheur et de gentillesse, l'autre personne le remarquera très vite. Ainsi, quand nous aurons l'occasion de l'approcher, nous pourrons venir vers elle comme une fleur et elle remarquera immédiatement que nous avons fortement changé. Il est probable que nous n'aurons même rien à dire et que le simple fait de nous voir ainsi permettra à l'autre personne de nous accepter et de nous pardonner. C'est alors par notre vie que nous nous exprimons, plus uniquement par nos mots. La véritable transformation débute dès que nous commençons à voir que celui que nous percevons comme notre ennemi est en fait en souffrance. Dès que je peux toucher en moi l'espoir profond que l'autre personne cesse de souffrir, c'est mon véritable amour qui se manifeste. Mais c'est là que nous devons faire preuve de vigilance, car il nous arrivera parfois de penser que nous sommes plus forts qu'en réalité. Afin de vérifier la réalité de notre force intérieure, Nous pouvons alors approcher l'autre personne, l'écouter et lui parler. Et nous découvrirons immédiatement si notre compassion est réelle ou non. Nous avons besoin de la réalité, d'être en présence de l'autre personne pour tester notre force. Si je me contentais de méditer sur un concept abstrait comme la compréhension ou l'amour, je risquerais de rester bloquée dans l'imaginaire, sans accéder à la réelle compréhension ou à l'amour véritable. Pour parvenir à faire la paix, nous devons donc abandonner toute vue dualiste et quitter notre tendance à toujours vouloir punir l'autre personne. Même si la réconciliation s'oppose à toute forme d'ambition, elle ne prend jamais aucun parti. Il nous faut pourtant reconnaître que nous cherchons souvent à prendre position dans les conflits, arbitrant entre le vrai et le faux, la plupart du temps sur la base de preuves insuffisantes ou de rumeurs. Nous pensons que l'indignation est nécessaire pour agir. Or, même quand elle est légitime ou justifiée, elle ne suffira jamais. Notre monde ne manque pas de personnes motivées qui peuvent se lancer dans l'action. Pourtant, ce dont nous avons le plus besoin, c'est de personnes qui soient capables d'aimer sans prendre parti, qui puissent ainsi embrasser la pleine réalité de la vie. Nous devons poursuivre notre pratique de pleine conscience et de réconciliation jusqu'à parvenir à percevoir le corps des enfants affamés, comme étant le nôtre, jusqu'à ce que notre douleur, jusqu'à ce que la douleur de toutes les espèces soit la nôtre. C'est alors que nous atteindrons la pleine dimension de la non-discrimination, l'amour véritable. Nous pourrons enfin regarder tous les êtres avec les yeux de la compassion et véritablement œuvrer à réduire la souffrance. Voyant le courage et la détermination extraordinaire de Bonhoeffer, Thay réalise qu'il existe des bodhisattvas ici même, sur cette terre. L'idée de les libérer, tout est là. Les bodhisattvas ne sont pas des êtres lointains perchés sur un piédestal. Se libérer de cette idée-là, il Il passe les semaines suivantes à contempler tous les bodhisattvas du Sutra du Lotus et se rend compte qu'il peut reconnaître leur présence chaque jour en ceux que nous rencontrons et que ce sera notamment le cas dans la jeune génération quand il rentrera au Vietnam. Ses amis et ses élèves lui écrivent régulièrement pour lui donner de leurs nouvelles et lui raconter ce qu'ils ont fait pour soulager la souffrance autour d'eux. Profondément déterminé à leur apporter son soutien, Thay commence à penser au type d'enseignement et de programme qu'il pourrait mettre en place pour leur venir en aide quand il sera de retour au Vietnam. Qu'est-ce qui nous empêche d'être heureux? Si nous pratiquons, c'est parce que nous voulons réapprendre à marcher, à respirer, à nous asseoir, à faire en sorte que chacun de nos pas soit empreint de paix et de joie tout au long de notre marche. À respirer de telle façon que paix, vie et compassion soient manifestes. Quand nous prenons notre petit-déjeuner, nous mangeons de telle sorte que la liberté et la joie soient possibles tout au long du repas. C'est quelque chose que nous apprenons, une pratique à laquelle nous pouvons nous entraîner avec l'aide de la Sangha, parmi nos frères et sœurs de pratique. Une seule inspiration peut apporter beaucoup de plaisir et Et certains parmi nous sont capables de respirer en pleine conscience, d'apprécier et de savourer le moment présent. J'inspire, je suis vivant, vivante. C'est ainsi, c'est ainsi qu'il s'agit de travailler. C'est un instant de célébration de la vie qui est là pour nous tous. Nous savons que nous sommes en vie et que nous pouvons vivre pleinement, célébrer notre vie à chaque instant. J'inspire, je sais que je suis vivant. Vivante. J'expire, je souris à la vie. La pratique est simple et à la portée de tous. Nous pouvons tous inspirer et célébrer la vie avec cette inspiration. Et pourtant, il y a souvent quelque chose qui se met en travers de notre route. Lorsque nous marchons, chacun de nos pas peut nous aider à entrer en contact avec les merveilles de la vie, toutes disponibles pour nous. Nous savons que le printemps est là, le soleil brille, La vie est là et les fleurs nous sourient. En théorie, nous devrions tous être capables de toucher ces merveilles pour nous en nourrir, nous guérir. Mais il y a quelque chose qui bloque, qui nous empêche de nous sentir bien et d'être heureux. Nous avons perdu notre sourire. Au printemps 1963, lors de la fête annuelle du Vesak, la répression des bouddhistes par le régime de Diem s'intensifie et prend un tournant dramatique. Maître Thích Chánh Hạnh, le maître de Thay, qui est connu pour sa douceur et sa non-peur et que Thay admire profondément, rejoint alors les moines qui manifestent pacifiquement dans les rues. Aux États-Unis, Thay devient un porte-parole actif du mouvement bouddhiste pour la paix dans son pays. Il donne des conférences, accorde des entretiens dans des médias et transmet des documents à l'Organisation des Nations Unies sur les violations des droits de l'homme au Vietnam. En juin, Thay apprend en lisant The New York Times qu'un moine âgé, le vénérable Thích Quảng Đức, s'est immolé. Thay le connaît bien et a séjourné avec lui À Nang Trang et à Saigon. Thay expliquera plus tard: quand vous vous suicidez, c'est parce que vous êtes désespéré, vous ne supportez plus de vivre. Ce n'était pas le cas de Phan Thich Quang Duc. Il voulait vivre. Il voulait que ses amis et les autres êtres vivants vivent. Il aimait être vivant. Mais il était suffisamment libre pour offrir son corps afin de livrer au monde ce message Nous souffrons, nous avons besoin de votre aide. Peu après, Thay apprend que d'autres moines et moniales se sont aussi immolés. Dans son poème Le feu qui dévore mon frère, Thay nous fait part de sa détresse et de sa ferme résolution de continuer à œuvrer pour la paix. En août, plus d'un millier de moines bouddhistes sont interpellés et des centaines d'autres sont portés disparus. Thay transmet une nouvelle fois à l'ONU des documents au sujet des persécutions. Il convoque une conférence de presse et entame une grève de la faim dans l'espoir que l'ONU envoie une mission d'établissement des faits au Vietnam. Nous pourrons retrouver ce sourire si chacun de nos pas est profondément en contact avec la vie et ses merveilles. Chaque pas est alors une véritable célébration de la vie. Marchant ainsi, nous marchons en liberté. Je suis libre de souffrance. Je suis libre de la peur, du désespoir. Cette liberté est le fondement de notre bonheur. Avec chaque pas, nous marchons comme une personne libre. Libérés, nous pouvons être en contact avec les merveilles de la vie qui nourrissent et guérissent. Mais alors, quel est donc cet obstacle sur notre route qui nous empêche de célébrer la vie à chacun de nos pas? Nous devons le reconnaître tel qu'il est et le nommer pour ce qu'il est, par son vrai nom. Qu'est-ce qui m'empêche de marcher, de respirer en pleine conscience, de prendre mon petit-déjeuner dans la joie et le bonheur? Nous savons pourtant très bien que l'instant présent est le seul moment où nous pouvons pleinement entrer en contact avec la vie. Le passé n'est plus là, il ne contient plus la vie, et le futur n'est pas encore là. Le passé n'est pas réel, pas plus que le futur. Seul le moment présent est réel. La pratique consiste donc à entrer en contact avec le moment présent, à nous rendre pleinement disponibles pour lui, à nous établir dans l'instant. C'est ainsi que nous pourrons toucher la vie et la vivre pleinement. Il nous suffit d'un seul pas, d'une seule respiration, d'une simple tasse de thé, d'un petit déjeuner ou d'un son de la cloche. Et tout cela nous ramène à l'instant présent de façon à pouvoir vivre notre vie. Nous nous entraînons à marcher de telle manière que chaque pas, chaque inspiration, chaque expiration nous procure du bonheur, nous apporte la vie. Au cours de l'été 1963, Thay obtient un diplôme de Master of Arts in Religion de l'Union Theological Seminary à l'Université de Columbia après avoir soutenu un mémoire sur la psychologie bouddhique. Le professeur Horace L. Fries, un spécialiste de l'éthique, lui propose de rester à New York en lui offrant un poste de chargé de cours et d'assistant de recherche au département de philosophie et de religion. Quelque temps plus tard, juste après la chute de Diem en novembre 1963, Thay reçoit une invitation de l'ambassade du Vietnam lui enjoignant de rentrer au pays, suivie d'une autre invitation de l'Association générale des bouddhistes du Vietnam. Le professeur serbe tente de persuader Thay de rester aux États-Unis où ils pourront créer ensemble un département d'études vietnamiennes à l'université de Columbia. Peu après, Thay reçoit cette fois un câble de Thích Tri Quang, l'un des piliers de la hiérarchie bouddhiste au Vietnam, l'implorant de revenir à Saïgon. Pour les aider à organiser et à renouveler le bouddhisme vietnamien. Au Vietnam, c'est une période pleine de possibilités mais aussi une période marquée par la discorde et une grande instabilité politique. Thay n'a pas encore accepté l'invitation de rentrer au Vietnam qu'il reçoit un télégramme l'informant que son billet de retour a déjà été pris et qu'il est attendu à l'aéroport. Thay accepte de revenir, non sans une certaine appréhension, comme il l'exprime dans son poème Vos Voici mes mains. Cinquante ans plus tard, en 2017, Union Theological Seminary créera un programme Teach Not Hand pour le bouddhisme engagé en son honneur. Transformer le passé dans l'instant présent. Il est possible que tout semble aller pour le mieux tant que nous sommes en retraite ou dans notre centre de pratique, que nous ne ressentons aucun problème. Et pourtant, nous savons que nous retrouverons tous nos soucis dès que nous serons de retour chez nous, peut-être une difficulté relationnelle avec une personne de notre entourage. Nous avons déjà rencontré de nombreuses difficultés par le passé et nous pensons que cette autre personne est un réel problème, que c'est ce qui nous empêche de respirer ou de contempler les jonquilles ici, car nous songeons sans cesse au moment où il nous faudra rentrer et revoir cette personne. Nous ne sommes donc pas libres. Nous ne pouvons pas vraiment apprécier notre inspiration ni notre expiration, car nous n'arrêtons pas d'y penser. Nous ne cessons de replonger dans notre passé alors que nous pourrions nous établir pleinement dans l'ici et maintenant. La vie n'est nulle part ailleurs qu'ici et maintenant. Heureusement, nous avons la pratique. Nous ne devrions donc pas nous inquiéter du moment où nous reverrons cette autre personne. En examinant la situation en profondeur, nous verrons que nous avons la capacité de la gérer en pratiquant la respiration consciente et en nous établissant dans le moment présent. Nous sommes tout à fait à même de faire face à toutes les situations. C'est un peu comme savoir utiliser le gaz pour cuisiner et l'électricité pour chauffer la maison. Si nous ne connaissons pas suffisamment ces deux énergies, le gaz et l'électricité peuvent nous tuer. Et pourtant, nous en savons déjà bien assez. Nos connaissances peuvent nous protéger de tout danger. Même si nous ne sommes ni experts ni électriciens professionnels, nos connaissances sont suffisantes pour maîtriser l'électricité et c'est bien pour cela que nous ne craignons pas de nous électrocuter. Même si nous connaissons les dangers du gaz et de l'électricité et que nous n'en ignorons pas les risques mortels, nous savons que ce n'est pas leur fonction première. Nous avons appris à les connaître, à les utiliser et à les maîtriser. Inutile donc de nous faire du souci, ils ne nous font pas peur. Bien au contraire, tous deux nous sont utiles. Le gaz nous aide à cuisiner, à préparer de bons plats, et l'électricité nous apporte une aide précieuse sous diverses formes à la maison. C'est exactement pareil en ce qui concerne cette autre personne que nous redoutons. Elle non plus ne veut pas nous faire souffrir, bien sûr que non. C'est notre propre incapacité à voir notre nature d'inter-être avec elle qui cause notre souffrance. Comme le gaz et l'électricité que nous devons connaître un minimum pour les aider sans danger, nous devons apprendre à comprendre l'autre personne. Ainsi, si nous comprenons suffisamment son mode de fonctionnement, il n'y a plus ni danger ni souffrance. Cette personne n'a aucune intention de nous faire souffrir ni de nous blesser. Sans doute s'agit-il plutôt de grandes difficultés et de souffrances qu'elle porte en elle et ne parvient pas à gérer. Elle ne sait simplement pas comment prendre soin d'elle. Elle souffre et nous fait souffrir à notre tour. Mais si nous en sommes conscients et connaissons un minimum le fonctionnement de l'autre personne, nous comprendrons de suite qu'il est inutile d'en souffrir. Si elle dit quelque chose de particulièrement désagréable qui nous fait souffrir, c'est un peu comme si nous ouvrions le gaz. Nous connaissons sa nature et nous devons être vigilants, rien de plus. L'autre personne porte en elle certaines souffrances et elle n'a pas encore appris comment s'y prendre pour pouvoir les traiter. Elle continue donc à en souffrir et à faire souffrir les autres. Mais si son entourage la connaît bien et sait comment l'aborder, il n'y aura plus lieu de souffrir à cause d'elle. Avec cette prise de conscience, nous pouvons même l'aider à diminuer sa propre souffrance. Si elle nous regarde et s'exprime de façon violente, notre compréhension et notre compassion pourront nous en protéger. Nous savons parfaitement bien qu'elle est en souffrance et qu'elle ne sait pas comment s'y prendre. Elle a surtout besoin de compassion et d'aide. Si nous parvenons à comprendre et à percevoir cela, nous nous protégerons automatiquement. Nous ne souffrirons plus de ce qu'elle dit ou fait. Nous pouvons alors nous sentir portés par le désir de faire quelque chose. Non plus réagir, mais répondre de façon à pouvoir l'aider à moins souffrir. Là encore, la compréhension et la compassion nous protègent. Tout comme nous avons appris à connaître les caractéristiques du gaz et de l'électricité pour en éviter les dangers possibles, nous pouvons apprendre à connaître l'autre personne, reconnaissant sa souffrance et le fait qu'elle ne cherche pas à nous blesser. Elle souffre et nous devons l'aider. Thay quitte les États-Unis en décembre 1963 et fait d'abord escale en France où il donne plusieurs conférences à Paris. De retour au Vietnam en janvier 64, Thay assume son rôle de leader du mouvement bouddhiste pour la paix et l'action sociale. Après avoir recueilli l'avis des dirigeants et des étudiants bouddhistes, il fait deux propositions concrètes aux jeunes militants qui s'engagent au service de la population. Premièrement, passer chaque semaine une journée ensemble au temple de la bambouseraie pour se reposer physiquement et mentalement et nourrir leur aspiration. Et deuxièmement, participer à la création de villages pilotes afin de contribuer à la reconstruction et au développement rural. Thay fait également 3 propositions à l'Église bouddhique unifiée du Vietnam pour lutter contre la violence et la discorde. À la cessation des hostilités au Vietnam et organiser des pourparlers de paix entre le Nord et le Sud. 2. L'Église doit établir d'urgence un institut des hautes études bouddhiques pour former une nouvelle génération à l'étude et à la pratique du bouddhisme et contribuer à guider le pays dans la direction de la compréhension, de la compassion, de la tolérance et de l'écoute profonde. L'Église doit mettre en place immédiatement un centre de formation de travailleurs sociaux qui se rendront dans les villages ruraux pour aider les pauvres qui meurent de faim, ne sont pas scolarisés et ne savent pas comment organiser les affaires du village, afin de contribuer à une transformation sociale non violente fondée sur les enseignements du Bouddha. La hiérarchie bouddhiste n'accepte que le deuxième point, mais comme elle n'a ni les finances ni le lieu pour fonder un nouvel institut, elle autorise Thay à s'en charger. Il ne faudra à Thay qu'une semaine pour rencontrer les dirigeant de l'Église bouddhique unifiée du Vietnam et entamer les premières démarches en vue de fonder un institut des hautes études bouddhiques à Saïgon. Les années suivantes seront pour Thay une période d'engagement et d'activité intense pendant laquelle il ne cessera d'encourager la jeune génération à agir en s'inspirant de ses enseignements, de ses écrits, de ses efforts pour bâtir des communautés et de sa vision de l'action au service. Des autres. Thay a finalement le champ libre pour réaliser ses rêves. Le temple de la bambouseraie devient la base de la communauté. Les jeunes moines et des amis laïcs s'y retrouvent pour passer un moment ensemble et des étudiants viennent les rejoindre le week-end. Thay demande à son premier disciple monastique, frère Nath Tri, un travailleur social talentueux, de prendre en charge le premier programme pilote dans le village de Khao Kink. Un deuxième programme pilote sera mis en œuvre par la communauté l'été suivant dans le village Tao Dien. Composée de moines et de laïcs, la jeune communauté de travailleurs sociaux aide les villageois à construire des huttes où ils donneront ensuite des cours aux enfants. Très vite, ils commencent à former les villageois à l'agriculture, à l'irrigation et à l'hygiène. Nous n'avons pas d'argent, se souviendra Thay, mais nous avons un plan, de la bonne volonté. Et d'énormes quantités d'énergie. Maintenant que nous avons acquis cette compréhension et développé notre compassion, nous pouvons être en toute confiance et tout simplement nous dire, quand je reviendrai vers elle, j'adopterai cette attitude et je ne souffrirai plus. Je trouverai le moyen de l'aider à moins souffrir. Chacun de nous est suffisamment armé Dotés de compassion et de compréhension, il n'y a plus rien à craindre. Nous sommes des humains libres et c'est pour cela que le bonheur est possible dans l'instant présent. La fleur a conservé son sourire et nous pouvons nous le réapproprier immédiatement et en profiter pleinement. Prenons un moment pour examiner en profondeur notre réalité du moment. Avons-nous un problème là maintenant? Arrêtons-nous un instant et observons notre corps, nos sensations, nos perceptions. Avons-nous un problème particulier? Si nous ne constatons aucun problème en ce moment, alors ne nous laissons pas envahir par nos fantômes du passé. Cessons de nous laisser détruire par les projections du futur ou du passé. Ce ne sont que des fantômes. C'est pour cela que nous nous entraînons à être toujours dans le moment présent. C'est notre pratique, c'est notre voie, celle de la réconciliation.
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173-Tahua ti Nahua, Nahua ti Tahua... Yo soy Tú, Tú eres yo / Je suis toi, tu es moi









