Les pesticides avec Laure Mabileau de Vigilance OGM

In this French‑language podcast, host Ali interviews Laure Mabileau of the consumer‑watchdog network Vigilance OGM to examine the intertwined issues of genetically modified organisms (GMOs) and pesticide use in Canada and their consequences for health, the environment, and longevity. The episode opens by linking the discussion to Ali’s personal goal of living to 180 years through bio‑hacking. Laure describes Vigilance OGM’s mission as a coalition of organic farms, consumer‑advocacy groups and other stakeholders that monitors GMOs and pesticide practices. She explains how GM crops are engineered to tolerate specific pesticides, creating a business model where a few multinational companies (e.g., Monsanto/Bayer) dominate both seed and pesticide markets and wield lobbying power that can outweigh governmental authority. The conversation moves to health, distinguishing surface‑applied pesticides from systemic ones that infiltrate plant tissue, and citing studies that link pesticide exposure—especially endocrine‑disrupting xen‑estrogens—to cancer, Parkinson’s disease, lymphoma, autism, ADHD, and reproductive harm, with heightened vulnerability for pregnant women and children. Practical consumer advice is offered: prioritize organic and local produce when possible, wash or peel fruits, use baking‑soda solutions, and consult two published lists of 12 fruits/vegetables with the highest and 12 with the lowest pesticide residues. The hosts critique labeling regimes, noting that Canada lacks mandatory GMO or pesticide‑content labeling, unlike the EU’s Nutri‑Score and other certifications, and warn that some “organic‑like” labels have weak standards. Regulatory shortcomings are examined: Health Canada and the ARLA’s pesticide approval process relies heavily on industry‑funded studies, evaluates only single active ingredients (e.g., glyphosate in Roundup) rather than full formulations, and keeps data confidential, creating conflicts of interest. Recent controversies over proposed increases to maximum residue limits (MRLs) for glyphosate in 2021 are recounted, including public backlash, media coverage, and the eventual freeze of the proposal. The discussion turns to agricultural solutions: the need for more agronomes on farms, the push for precision agriculture (drones, data‑driven spraying) which may paradoxically expand pesticide sales, and Vigilance OGM’s manifesto “Sortir du glyphosate” with 15 concrete demands aimed at reducing pesticide dependence, recognizing occupational diseases, and reforming federal and municipal policies. Historical parallels are drawn to the tobacco and oil industries’ long‑standing suppression of harmful research, and to Rachel Carson’s seminal book Silent Spring that first warned about pesticide dangers. Looking forward, Laure notes that the industry is already preparing glyphosate replacements, underscoring the importance of systemic regulatory reform. The episode concludes with a call to action for listeners—especially bio‑hackers—to adopt personal mitigation strategies, support Vigilance OGM’s campaigns, sign petitions, and stay informed via the host’s Facebook group, where the two residue‑lists will be shared.
Chapters
Salut tout le monde, ici Ali. Aujourd'hui dans un épisode de podcast très spécial parce que j'ai une invitée avec moi qui va nous parler des OGM et aussi des pesticides. Donc je trouvais ça super pertinent d'apporter ça dans mon podcast aujourd'hui en lien avec la longévité et comment vivre jusqu'à 180 ans. On s'est moqué des frères Wright lorsqu'ils affirmaient que l'homme pourrait un jour voler. Pourtant, ils ont prouvé que c'était possible et l'avion existe aujourd'hui. On a aussi ignoré Thomas Edison quand il disait qu'on pouvait créer une source d'énergie indépendante. Donc je vous présente Laure Malibeau, Mabilo pardon. J'espère que ça va bien.
Oui, ça va bien.
Oui, et toi en fait tu es avec l'organisme Vigilance OGM, c'est bien ça?
Oui, c'est ça.
Super, merci beaucoup d'être venue aujourd'hui, c'est très apprécié. En plus, elle est venue en vélo, gros courage là. Combien de temps ça t'a pris?
Ça m'a pris 2h30.
Oh my god, c'est écoeurant, j'adore ça. Quand on est une femme en santé, on prend toutes les opportunités devant nous de faire des bonnes actions pour notre santé. Et en fait, j'aimerais vraiment parler de vigilance OGM. Ça fait pas longtemps que je vous connais en fait, et le sujet pour moi est important parce que moi je mange bio depuis très très longtemps. Et j'ai commencé à en parler un petit peu sur les réseaux sociaux et j'ai eu comme des drôles de critiques en lien avec l'alimentation bio. Donc je sais qu'il y a beaucoup de gens, par exemple, qui disent que manger bio, ça coûte cher, ou quand c'est écrit bio, c'est pas réellement bio. Aussi, j'ai parlé un peu des OGM et beaucoup de commentaires comme quoi que les OGM n'existent pas ou les pesticides n'existent pas. Aussi au Canada. Donc je suis vraiment contente parce qu'on a eu une belle discussion au téléphone avant de se rencontrer aujourd'hui et ça fait peur.
Oui, ça fait peur. Je te disais tout à l'heure, j'ai de quoi péter la balloon du monde. C'est ce qu'on regarde à Vigilance OGM, on regarde ce que va faire le gouvernement, l'industrie sur la question des OGM et des pesticides. Et malheureusement, il y a pas mal de critiques à faire.
C'est incroyable, donc c'est pas un mythe qu'il y a des pesticides qui existent et des OGM.
Non, effectivement, c'est pas un mythe. Et d'ailleurs, le Canada a fait le choix d'avoir une agriculture portée vers les organismes génétiquement modifiés.
Wow! On va aller dans les détails au courant de cet épisode et pour commencer, j'aimerais ça que tu nous parles un petit peu, c'est quoi les objectifs de Vigilance OGM? C'est quoi la mission en fait? De où ça part? Peux-tu m'expliquer un petit peu cette mission, cet organisme-là?
Oui, donc Vigilance OGM, c'est un réseau d'organismes. À la fois, ça peut être des fermes bio, ça peut être des organisations qui vont défendre le consommateur, ça peut être un petit peu variable pour finalement mettre autour de la table toutes les personnes qui veulent faire attention à ce qu'il y a dans leur assiette et regarder plus spécifiquement la question des organismes génétiquement modifiés. Donc nous à Vigilance OGM, on travaille sur la question des OGM et des pesticides. Pourquoi les deux? Parce qu'on modifie génétiquement des organismes pour leur permettre de tolérer des pesticides. Donc c'est vraiment deux choses qui vont l'une avec l'autre, même si on peut utiliser des pesticides sans avoir recours à des OGM. Mais vraiment, quand on parle d'OGM, ça vient forcément avec le package «OGM, pesticides». Et d'ailleurs, les compagnies qui vendent les OGM ce sont les mêmes compagnies qui vendent les pesticides. C'est vraiment le duo qu'elles proposent dans leur offre de services.
C'est une grosse business, ça là.
Oh oui, oui, oui. Puis on parle aussi de structures, il y a très, très peu de monde finalement sur le marché. On parle de 4-5 grosses compagnies qui ont la majorité du marché et donc ça les rend puissante, vraiment, vraiment très puissante face au gouvernement notamment. En fait, c'est même débalancé et ils arrivent à parfois être plus puissants que la population, la capacité d'un gouvernement à s'opposer à, etc. C'est un ministre de l'Environnement du Québec qui l'a dit d'ailleurs. Monsanto, donc une compagnie qui maintenant a été rachetée par Bayer. Il a dit un jour Monsanto est plus puissante que le gouvernement. Il était ministre de l'Agriculture.
C'est incroyable!
Monsieur Pierre Paradis. Donc ça veut dire ce que ça veut dire, c'est des grosses compagnies avec beaucoup, beaucoup de moyens et malheureusement qui dirigent. Là, il y a de la démocratie, il y a des gouvernements, mais c'est beaucoup socio-politique ou c'est comme C'est une question, les OGM, les pesticides. Qui oriente beaucoup, beaucoup de décisions dans le monde et notamment tout ce qui est agricole. C'est ça, c'est orienté depuis très longtemps en fonction des intérêts de ces compagnies-là.
Incroyable, ça me fait penser un petit peu à la guerre avec Big Pharma aussi, quand il y a eu les vaccins ou autres, les médicaments qui sont prescrits facilement. Il y a tout le temps une question d'argent derrière ça qu'on se rend compte. Quand ça devient très puissant.
Mais tu vois, je te dirais que souvent on fait le lien sur ce qu'on peut observer qui se passe en ce moment sur la question des pesticides et des OGM avec ce qui a pu se passer pour le tabac ou l'industrie du pétrole. Par exemple, l'industrie du tabac, on sait que depuis très très longtemps, elle savait que fumer donnait le cancer. Mais consciemment, ils ont travaillé à empêcher la sortie de cette information-là, essayer de la minimiser, essayer de détourner l'attention pour qu'on regarde plutôt autre chose, comme le vin donne le cancer, les bananes donnent le cancer, tout donne le cancer, fait que ben oui, le tabac donne le cancer, mais en fait, qu'est-ce qui donne pas le cancer? Un peu détourner l'attention. Et donc ils savaient depuis très très longtemps et ils ont mis en place des techniques pour éviter au maximum d'avoir à changer leur modèle d'affaires et pouvoir continuer leurs ventes. Puis, ben, c'est pareil pour le pétrole. Pour le pétrole, l'industrie du pétrole connaissait les enjeux de ses activités sur les changements climatiques des dizaines d'années avant que le grand public, les instances publiques même, ne le savent. Mais ils ont mis en place des stratégies pour essayer de minimiser orienter les discours publics, orienter les décisions pour pas que ça se fasse, pour pouvoir continuer à développer leur marché. Et on voit la même chose pour l'industrie des OGM et des pesticides.
C'est quand même incroyable parce que ça fait après une population un peu endormie sur ce sujet-là. Je me suis fait même critiquer par des professionnels de la santé en disant Ben voyons donc, t'achètes bio, t'as juste à laver tes fruits puis t'auras plus de pesticides. pesticides là-dedans. Puis j'ai été agréablement surprise quand tu m'as dit non, non, il existe deux sortes de pesticides, que ça va sur les fruits par exemple et dans les fruits. Tu pourrais-tu m'en parler un peu?
Oui, mais dans le fond, il y a deux sortes de pesticides. Donc il y a des pesticides qui vont rester en surface de l'aliment, et donc là, de façon assez évidente, ben oui, si on frotte, si on enlève la pelure, etc., on devrait avoir on devrait ne plus avoir de traces de pesticides. Mais il y a aussi une sorte de pesticides qui s'appellent les pesticides systémiques, ils rentrent dans l'aliment et donc du coup ça veut dire que même la chair en fait va pouvoir contenir des pesticides. Donc on voit la limite. Et peut-être si on veut aller plus loin dans tout ça, on pourrait se dire «Bah ok, comment je fais?» pour limiter l'exposition aux pesticides. Donc bon, faut pas virer fou.
Moi je suis cinglée maintenant, depuis que je t'ai parlé, depuis que je me renseigne beaucoup, j'étudie beaucoup dans le domaine, je ne vais presque plus à l'épicerie. Moi personnellement je vais toujours acheter local dans des fermes à côté de chez moi, il y a Mathurin aussi que je connais maintenant.
Mais ce que Ce que je dirais, c'est ça, c'est que ce n'est pas facile aujourd'hui de s'échapper des pesticides.
Exactement.
Il y en a dans l'eau, il y en a dans l'air qu'on respire, il y en a partout.
J'ai 3 purificateurs dans ma maison d'air.
Et pour ce qui est de la question de l'alimentation, il y a aussi un enjeu de justice environnemental, justice sociale derrière ça, c'est que tout le monde n'est pas en capacité des fois de pouvoir acheter biologique, de pouvoir acheter local. Donc comment on fait vis-à-vis de tout ça? Donc bon, en règle générale, c'est sûr que dès qu'on peut acheter bio, c'est mieux. Local aussi, on sait que par rapport à d'autres pays, des fois on va quand même avoir moins de traces de pesticides. Sur nos fruits et légumes. Ensuite, laver à grande eau, éplucher quand du coup il y a des pesticides dessus. On parle aussi de bicarbonate de soude pour frotter, etc. Ça peut aller plus loin. Ensuite, il y a aussi des petites astuces comme, tu sais, on ne veut pas être parfait puis tout acheter bio, puis tout Ça coûte vraiment cher. Des fois, on peut essayer d'avoir des choix en tout cas qui sont logiques et il existe des listes.
Exactement.
Avec donc la liste des 12 fruits et légumes avec le plus de résidus de pesticides. Donc ceux-là, si on les mange, il faut les éviter. Oui, allez vers du bio. Exactement. S'assurer que ceux-là, il faut vraiment faire attention. Puis après, il y a une liste aussi de 12 aliments avec le moins de résidus de pesticides. Et donc à ce moment-là, on peut se dire Ah ben, c'est peut-être ceux-là que je vais acheter en conventionnel pour me permettre d'acheter d'autres achats plus sécuritaires en biologique.
J'ai souvent parlé, moi, que mon opinion, c'est une grosse guerre le bio-saco de char et tout, mais j'ai dit À quoi bon nourrir ta famille ou te nourrir avec plus d'aliments mais qui sont en train de t'empoisonner. Parce que souvent, les gens vont surconsommer, suracheter des— Tu vas rentrer dans les frigos des gens, leur frigo est plein, mais c'est de la malbouffe ou c'est des choses qui ont aucun nutriment. Parce que ça a été prouvé que les trucs bio, les aliments bio étaient beaucoup plus nutritifs comparément, à cause des sols et autres, comparément au non bio. Donc je dis, si tu as 200 pour ton épicerie, pourquoi pas acheter des aliments sains, nutritifs, qui vont vraiment te nourrir et qui va pas t'empoisonner, parce qu'après on va parler des répercussions sur l'environnement et la santé, que contrairement prendre 200 mais avoir plus d'aliments, mais finalement c'est pas bon, tu sais. Je dis toujours, faut faire des choix intelligents justement. Et moi je pense que c'est important de quand même consommer des aliments, mais que ça soit bon pour toi. C'est ton énergie, c'est vital.
Ouais, ouais.
Puis des fois, ce qui peut permettre, c'est d'aller le moins possible vers des produits transformés, exactement, de racheter en fait un aliment de base, parce que des Tout ce qui est transformé, ça coûte cher et ça, ta satiété augmente pas, t'as encore plus faim, donc tu vas encore plus manger. Et c'est sûr, moi en tant que naturopathe, je vais te le dire, tout ça vient débalancer tes hormones, donc tout ce qu'il y a dans ton corps en fait. Donc c'est important de manger sainement et le bio en fait partie aussi. Donc faire des choix, puis je trouve que cette liste-là, c'est une très bonne idée justement de la connaître.
Ouais, deux listes à bien connaître, comme celle qu'il faut vraiment éviter, puis celle où au contraire peut-être qu'on peut aller pour trouver un équilibre, parce que c'est sûr que c'est pas forcément facile.
Exactement, faire des choix intelligents. Si vous voulez cette liste, ces deux listes-là, en fait je vais vous le mettre dans mon groupe Facebook Parlons Santé, à la fin du podcast vous allez avoir le lien si vous voulez aller les chercher. J'aimerais savoir, toi selon tes connaissances à toi, est-ce que tu sais, parce que tu baignes beaucoup là-dedans en ce moment, ça serait quoi les effets secondaires sur la santé la santé. Je sais que j'ai vu en lien avec l'autisme le Parkinson. Qu'est-ce que tu pourrais parler en lien avec ça?
Oui, ben, dans le fond, il y a beaucoup d'études qui— la science évolue tous les jours.
La science est falsifiable, comme je dis.
Mais je te dirais qu'il y a de plus en plus, moi, d'études qui sortent, et de plus en plus d'études des fois qui qui peuvent être indépendantes.
Oui, on va parler de ça aussi.
Il y a les études qui sont réalisées par l'industrie et donc qui montrent beaucoup, par exemple, il faut savoir qu'on n'est pas tous égaux devant, par exemple, une exposition aux pesticides. Par exemple, les femmes enceintes et les enfants sont beaucoup plus beaucoup plus vulnérable parce que dans les pesticides il y a des perturbateurs endocriniens. Oui, des xéno-œstrogènes je les appelle. Ça joue des rôles très importants à des moments dans le développement. Donc une femme enceinte est vraiment à risque et à risque pour son bébé parce qu'il y a plein de choses qui se passent, des à ce moment-là. Et puis les enfants aussi, ils sont plus sensibles parce qu'ils sont plus petits. Exactement. Et aussi, par exemple, on en parle pour les pesticides qu'on peut mettre dans le jardin. Tu sais, un enfant qui va ramper sur le sol, proportionnellement à toi, un enfant il a plus de peau de surface par rapport à son poids. Et donc ça fait que son exposition, elle va être d'autant plus grande. On parle aussi de troubles de l'attention, TDAH, exactement, que tout ça aussi augmente beaucoup en fait ces dernières années partout dans le monde auprès de tous les jeunes. Il y a de plus en plus de cas comme ça. On parle de cancer, donc il y a le Parkinson, Y'a le lymphome non hodgkinien, y'a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui viennent en lien. Pis là, c'est ça, c'est— Ouais, non, je pourrais m'arrêter là-dessus.
Ça fait peur, je trouve, de se dire que des pesticides peuvent causer ça, mais que là, en ce moment, ce que tu dis, c'est qu'au Canada, ils les utilisent beaucoup. Tu m'avais parlé aussi de lobbyisme. Donc qu'est-ce que tu pourrais dire en lien avec ça? Je ne connaissais même pas ce mot-là avant de te parler en fait. Qu'est-ce que c'est lobbyisme?
Le lobbyisme, en fait, c'est quand il y a des groupes d'intérêts privés qui vont aller vers des décideurs publics pour essayer d'influencer les décisions qui vont être prises. Et donc nous, à Vigilance OGM, en fait, on regarde beaucoup le lobbyisme qui est fait sur les pesticides et les OGM par les compagnies qui les vendent. Et donc aujourd'hui on a un système d'homologation des pesticides qui est porté par Santé Canada et par l'ARLA, l'Agence de la réglementation de la lutte antiparasitaire. Donc c'est ce monde-là qui va s'occuper de comment on gère les pesticides au Québec. Mais en fait, quand on regarde de plus près, on se rend compte que ce milieu-là est vraiment gangréné par les gens du milieu des affaires qui vendent des pesticides et des OGM.
Puis là, après les recherches, c'est ces compagnies-là qui vont les faire justement se donner aux recherches scientifiques?
En fait, le lobbyisme, il est tel qu'il parce qu'il est en fait mis en place depuis tellement longtemps que notre système de réglementation, notre système d'homologation des pesticides, donc quand on va dire, quand on va accepter de mettre un pesticide par exemple sur le marché, il est à la faveur des entreprises. Par exemple, nous à Vigilance OGM, on a 3 grandes critiques sur l'évaluation des pesticides. Un, le fait que les études sur lesquelles se base Santé Canada sont en majorité fournies par les entreprises privées.
C'est insensé.
Ça, c'est vraiment un cas de conflit d'intérêt majeur. Tu étudies ton propre produit pour dire qu'il est bien.
Un peu la même histoire que le tabac qui essaie de protéger.
Exact, exact. Et donc, ben, tu sais, tu peux avoir tendance à essayer essayer d'utiliser un protocole qui va pas forcément montrer exactement le revers de la médaille. C'est des fois, on parle là dans les études de la longévité des rats, c'est comme on va faire une étude et tout ça, puis on tue les rats à tel moment. Mais en fait, si on les avait fait vivre jusqu'à un âge comme plus—
qu'est-ce qui serait passé?
Là, il y a des développements de tumeurs. Ça peut vraiment poser problème. Ensuite, c'est que les études sur lesquelles on se base en ce moment pour homologuer un pesticide, elles sont pas rendues publiques. Ça, c'est la base de la science. La science, là, c'est faire un protocole, rédiger ton analyse, ton papier, tout ça, le publier. Il y a des gens ailleurs dans le monde qui sont d'autres spécialistes que toi-même qui vont pouvoir prendre ce protocole, voir s'il est valide, le refaire, le reproduire.
Ça, je dis que c'est falsifiable, toujours prouver le contraire ou prouver que c'est vrai.
Et donc là, ben non, c'est un secret industriel, pardi, on n'a pas le droit de savoir c'est quoi ces études-là.
Et c'est qui qui dit ça? C'est Santé Canada qui disent?
Oui, Santé Canada, comme je disais.
On va peut-être être censuré à partir de ce moment-là, je sais pas si on va avoir le droit de publier ça, on continue.
Mais c'est ça que je dis, je disais tout à l'heure, le lobby se met en place depuis longtemps. En fait, aujourd'hui, il y a plein de choses qui sont déjà à la faveur de l'industrie, dont ce système d'homologation. Et donc ça, c'est Santé Canada qui l'a mis, qui l'a mis en place. Et ensuite, un autre, un autre point majeur, c'est qu'on étudie pour l'homologation d'un pesticide, on va utiliser étudier un seul ingrédient d'un produit. Donc par exemple, le pesticide le plus connu, c'est le Roundup.
Roundup.
Roundup. De Monsanto, qui a été revendu à Bayer. Puis le Roundup, c'est un pesticide à base de glyphosate. Ouais. Donc dans le fond, on étudie seulement le glyphosate dans le Roundup.
Dans toutes les études, c'est ce qu'ils vont étudier?
C'est ça. C'est l'ingrédient qu'on dit actif. L'industrie a réussi à faire passer ce truc de dire au gouvernement «OK, mais non, dans notre produit, il y a juste un ingrédient qu'il faut regarder, le reste, ça sert à rien de le regarder. Regardez ça, nous on fait des études là-dessus et on montre qu'il y a pas de problème.» Par contre, ils savent Et on l'a vu dans des Monsanto Papers, donc dans des documents qu'on a eu, des documents de l'entreprise qu'on a pu avoir grâce à un procès. Et en fait, dans les documents, on sait qu'ils savaient que c'est cancérogène, puis tout ça.
Puis dans le fond, ils étudiaient pas le cocktail.
Si on étudie l'ensemble du produit. C'est ça. Et du coup, Dans le Roundup, il y a des produits qui sont jusqu'à 1000 fois plus toxiques que le glyphosate. Et il y a des produits qui sont censés en fait aussi renforcer le pouvoir du glyphosate. Et un chimiste, il sait très bien que par exemple en fait en chimie, c'est pas 1 1 1, ça peut être des multiplications d'indication de risque. Chaque produit, chaque transformation, chaque mélange. Exact, exact. Et donc en fait, étudier silo par silo comme ça, même les produits, faut vraiment étudier l'interaction entre les produits.
Parce que même eux créent quelque chose.
C'est ça, c'est ça qui peut créer quelque chose qui du coup là est comme genre cancérogène, alors que les deux autres avant l'étaient pas. Mais ensemble, ils qui font quelque chose qui est pas cool. Et donc on étudie seulement un des produits de tous les produits, puis c'est à peu près 40 Et combien il y a de produits, tu crois? En tout cas, en pourcentage, c'est à peu près 40 de glyphosate et 60 d'autres choses.
C'est même pas la moitié.
Avec plein de cochonneries.
C'est tout transformé, c'est synthétique, donc on s'éloigne de la nature.
Ouais, c'est sûr. C'est sûr. Et puis dans tout ça, c'est notre système d'homologation. Donc on voit à la base que même pour homologuer un produit, il y a des problèmes. Mais c'est qu'on regarde pas non plus avec une vision d'ensemble. On homologue pesticide par ingrédient actif, par ingrédient actif.
C'est très individualiste et non holiste.
On le fait par silo. Et on n'étudie pas en fait, ben, et si je valide en fait du Roundup et du Dicamba, ça va faire quoi ensemble les deux? Alors que c'est pourtant ça qu'on épand dans nos champs, puis en fait, tu sais, notre salade, elle va avoir plusieurs pesticides, on va lui faire subir un traitement de plusieurs pesticides.
Incroyable.
Et ça, c'est une des très, très grandes limites de ce qui se passe aujourd'hui.
Et là, c'est beaucoup au Canada, puis moi je voyage beaucoup avec mon mari, je me rends compte que c'est pas partout pareil en termes d'avertissement. Comme par exemple en Europe, tu vas à certains endroits, puis sur les étiquettes, ça va être écrit si c'est bio, si ça contenait des pesticides, si c'est avec des ronds de couleurs. Au Canada, ils font rien de ça.
Ouais, alors on a effectivement, et Vigilance OGM a très longtemps lutté pour avoir un étiquetage obligatoire des OGM, ce qu'on n'a pas réussi à avoir, soyons honnêtes. Alors que par exemple en Europe, il y a cet étiquetage. Et puis alors c'est moins ma spécialité mais je sais qu'en Europe il y a comme des Nutri-Score, que tu disais là en fait ça va du rouge au vert pour dire ok bah ça c'est pas trop bon à consommer, ça tu peux en consommer, ça moins. C'est comme si tu en consommes, tu en consommes pas trop. C'est ça, après sur tout ce qui est des des labels. Il faut faire attention à ça, à qu'est-ce qu'il y a derrière le label, quel organisme, quelle organisation il y a derrière le label. Parce que l'industrie a tendance à aussi favoriser la création de certains labels qui sont beaucoup moins, avec un cahier des charges arabais, etc., et qui est plus en fait un argument marketing.
Et qu'est-ce que tu conseilles qui devrait être écrit?
Mais pour le moment, en fait, c'est le biologique. C'est celui-ci qui est le plus simple.
C'est ça, j'ai appris avec Paul de la ferme Saint-Vincent que j'allais voir que vraiment quand c'est écrit bio, c'est bio parce qu'au Canada, il y a des réglementations.
Et puis c'est cette certification qui a un cahier des charges qui est le plus simple, qui est le plus béton. Alors que pas de résidus de pesticides, zéro résidu de pesticides.
Ça, j'en ai vu sur des trucs de fruits, pas de pesticides, mais c'est pas écrit bio.
Ouais, ouais, c'est marketing. Il faut regarder c'est quoi le cahier des charges derrière. Puis aujourd'hui, celui qui a un cahier des charges qui est quand même vraiment tout béton, c'est en biologique.
Et tu m'avais parlé aussi que, tu sais, on essaie de trouver des moyens pour sensibiliser les gens en lien avec les pesticides, les OGM, mais aussi tu me disais qu'il n'y avait pas beaucoup de communication entre les agriculteurs et ceux qui produisent les pesticides en fait, qu'il manque d'enseignement.
Alors en fait, donc nous à Vigilance OGM, on a fait une liste d'épiceries pour se dire comme ok, comment on pourrait réduire drastiquement politiquement demain notre dépendance aux pesticides. Puis on a fait 15 revendications, ça s'appelle Sortir du glyphosate et tout, c'est un manifeste qu'on peut signer. Et dedans, il y a mettre beaucoup plus de ce qu'on appelle des agronomes sur le terrain. Les agronomes, c'est des gens en fait qui vont pouvoir conseiller les agriculteurs dans l'usage des pesticides. Et on se rend compte que des fois, en fait, les agronomes, c'est eux qui vont faire le pont entre la recherche qui est faite et le milieu agricole. Et ce qu'on se rend compte aujourd'hui, c'est qu'il y a toujours besoin de plus de recherche scientifique, mais qu'il y en a quand même beaucoup qui a été faite de la recherche scientifique, et qu'il y a plutôt un engorgement sur la mise en place des connaissances qu'on a au travers de la recherche dans les champs et donc ça prendrait plein d'agronomes sur le terrain qui pourraient aller discuter avec les agriculteurs pour leur apprendre.
Exact, parce qu'ils sont peut-être pas au courant.
C'est ça, et tu as mille choses à faire quand tu es agriculteur.
Puis biologique aussi, j'ai vu Paul, c'est demandant. Oui, c'est méchant.
Paul, comme un agriculteur conventionnel, il a besoin d'un agronome pour mieux comprendre son sol. C'est pas que de l'usage des pesticides, d'un agronome c'est mieux comprendre ton sol, etc. La biodiversité. Et donc ça, ça serait vraiment utile. Mais là encore, il y a toujours des entourloupes avec l'industrie et les vendeurs de pesticides. C'est qu'il y a beaucoup d'agronomes liés.
C'est fou hein?
C'est des agronomes qui sont embauchés par des entreprises qui vendent des pesticides et donc du coup ils conseillent et vendent en même temps. C'est comme si ton médecin c'est ton pharmacien, parce qu'il a quand même un intérêt à vendre plus même si tu n'en aurais pas de besoin.
Exactement.
Tu aimes ça séparer?
Ça vient de deux endroits différents en fait.
C'est ça, comme chacun son rôle, puis du coup on se protège de cette façon-là.
Mais c'est fou comment cette guerre de pesticides, ça remonte depuis quand? Moi j'ai commencé à lire le livre de Rachel Carson, super intéressant, qui parlait en fait que, puis je vais vous le conseiller, c'est quoi déjà le nom?
C'est Printemps silencieux.
Printemps silencieux. Et ça a commencé qu'elle disait qu'elle n'entendait plus les oiseaux chanter.
C'est ça, avec l'usage du DDT à l'époque et tout, puis ça a été la première en fait qui a lancé l'alerte sur la question des pesticides. En fait, il faut savoir que les pesticides, c'est du recyclage des produits qu'on avait développés pendant la guerre.
C'est ça.
Donc c'est après la Seconde Guerre mondiale qu'on avait comme des produits pas cool, comme l'agent orange au Vietnam.
C'est la même histoire que l'huile de palme et canola.
Et donc c'est à partir de ce moment-là qu'on a commencé à développer l'agro-industrie et tout ça.
Ça remonte pas d'hier en fait.
Non, mais c'est pas non plus si vieux. On a su faire autrement avant. Des fois on dit «oh là là les écolos, l'âge de pierre» Non, l'âge de pierre, c'était pas l'âge de pierre à ce moment-là. Et donc à ce moment-là, on voulait produire beaucoup pour beaucoup de monde et tout ça. Mais aujourd'hui, on se rend bien compte que, tu sais, on fait face à un mur. Pas un, tu sais, on n'arrive pas à nourrir le monde finalement, tu sais, même avec toute cette, les OGM et l'industrialisation, ça ne résout pas tous les problèmes, puis qu'en fait aussi face au changement climatique, ça nous met dans une vulnérabilité incroyable. On réduit la quantité de cultures qui vont nourrir le monde, on réduit la biodiversité dans les champs et on se rend très vulnérable à des COVID, de ce monde des parasites qui pourraient atteindre toutes ces cultures-là, alors qu'on sait que dans un milieu avec un écosystème riche, ben tu sais, un parasite, tu sais, t'imagines là, t'as je sais pas quoi qui mange je ne sais quoi qui arrive dans son champ de maïs, c'est ça que tu manges dans vie, puis c'est juste du maïs.
Ouais.
Tu sais, t'es quand même alléluia, j'ai Alors que si tu es dans un système qui est beaucoup plus, avec un écosystème beaucoup plus fort, bah c'est ça, avant de tomber sur un autre pied de maïs, il y aura plein d'autres choses avant. Et donc tu vas pas pulluler comme ça parce qu'en fait il y a que ça quoi. Et donc ça permet un équilibre naturel.
Et tu crois que dans le futur on s'en va où avec au Canada?
Alors, est-ce qu'on va dans la bonne direction? Oui, c'est ça! Pas sûr sûr. L'industrie sent bien qu'elle est attaquée sur les pesticides et tout ça et donc souvent en fait ce qui est important c'est pas de travailler molécule par molécule parce qu'en fait l'industrie va laisser tomber une molécule quand ils en auront une qui est prête pour remplacer. Et tu sais, le Roundup, le glyphosate, on se bat contre, c'est celui qui est le plus utilisé dans le monde. Mais tu sais, on sait que dans 4 ans là, ils sont prêts pour mettre quelque chose d'autre sur le marché. Donc c'est quand même important de travailler de façon systémique, par exemple sur le système d'évaluation dont on parlait tout à l'heure, pour s'assurer que les prochains, bah tu sais, on On se rend pas compte autant après que là, ça donne des cancers. Oups. Ils savent aussi que sur les pesticides, on va quand même vers une réduction et tout. Et eux, qu'est-ce qu'ils veulent? C'est développer du marché. C'est une entreprise privée qui veut développer du marché. Donc là, de plus en plus, c'est—
Mais tu m'avais parlé qu'ils augmentaient maintenant l'utilisation, le pourcentage que Santé Canada demandait d'augmenter la dose.
Oui, alors ça c'est encore une autre histoire, mais juste pour terminer ça, par exemple, tu sais, en ce moment ils sont en train de développer l'agriculture dite de précision, ou genre un agriculteur il va falloir qu'il achète un drone pour pouvoir observer sa parcelle et tout ça, avec tous les ordinateurs pour permettre de comprendre qu'est-ce qu'il voit sur le truc, pour dire ah ici Faut que tu mettes des pesticides mais pas ici. Et donc ça va venir renforcer le truc de Ah, pour réduire les pesticides il faut passer à l'agriculture de précision. Et l'idée en fait c'est juste de vendre plus de trucs aux agriculteurs.
Donner de l'argent en plus à quelqu'un.
Et ils vont encore s'endetter et en tout cas c'est—
C'est fou parce que dans le temps ils utilisaient pas ça des drones, le voyant d'eau.
Ben oui, non, non, non. Donc c'est ça, ils sont toujours en train de développer des marchés et Ils savent où ils s'en vont. De ce que tu me parlais, donc Santé Canada, pour s'assurer que genre on n'est pas exposé à trop de pesticides, comment ils font? C'est qu'ils déterminent une limite maximale de résidus sur les aliments qu'on peut vendre au Canada, donc pour chaque limite maximale. Donc on détermine une limite maximale de résidus pour chaque aliment, pour chaque pesticide. Ça veut dire qu'il y en a beaucoup des LMR, parce qu'il y a plus de 600 pesticides qui sont homologués au Canada, et des denrées alimentaires, on en a beaucoup. Et donc il y a eu un scandale en fait ces dernières années En 2021, ils ont voulu augmenter la LMR de beaucoup d'aliments vis-à-vis du glyphosate.
Ok, donc ils voulaient augmenter la dose, le pourcentage?
Pourquoi? Le seuil de résidus qui serait autorisé.
Mais pourquoi?
Pourquoi?
Ça pourrit trop mieux?
Non, c'est pour faciliter les échanges commerciaux.
C'est ça, exact.
Donc pas pour une question de santé ou même des agriculteurs qui disent Hey, on a vraiment de la misère, on se rend compte qu'on a besoin d'en mettre plus. Non, non, c'est juste la compagnie privée qui vend les pesticides qui est comme Ah ouais, non mais ça faciliterait les échanges commerciaux, ça me permettrait d'en vendre plus au final. Et donc je vais le demander à Santé Canada et là Santé Canada fait comme OK. «On va l'augmenter.» On fait une consultation publique pour dire on propose l'augmentation. Et donc on tombe là-dessus, ça sort dans les médias avec Thomas Gerbère, Radio-Canada, qui sort un article. Puis là l'article est vraiment super partagé, repris par tous les autres journaux et tout et tout. On est genre 3 jours avant la fin de la consultation publique là parce que tu sais genre toi le matin, je sais pas si tu fais ça, mais tu vas pas sur le site de Santé Canada pour voir c'est quoi les consultations qu'il y a en ce moment. Et donc on continue les recherches et on découvre qu'il y a d'autres consultations qui sont en ce moment en cours sur les petits fruits. Donc tu sais, au Québec, les petits fruits, les fraises, les bleuets, tout ça c'est important. Elles aussi allaient subir des augmentations dans notre PCQF.
Moi je conseille à tout le monde de manger des baies toujours. Mais les fraises c'est les pires, j'ai cru comprendre.
Oui, c'est ça, le pire du pire c'est les fraises. Et un tout petit peu après, il y a Thomas Gerbet qui a fait une demande d'accès à l'information pour savoir qui avait fait ces demandes d'augmentation de LMR et là on découvre On ne savait pas avant que c'est les vendeurs de pesticides qui ont fait de la demande. Et là, comme, hey mon Dieu, comment Santé Canada peut permettre ça? Ça fait un effet boule de neige, tout le monde en parle et tout. Et les élections s'en viennent, fédérales, à ce moment-là. Et donc à un moment donné, le gouvernement, il sent que la soupe est chaude. C'est ça. Et donc il coupe le feu là et il annonce comme, ok, on gèle les augmentations de LMR. On n'ira pas plus loin là-dessus avant des prochaines consultations. Et puis on veut se redorer le blason, on fait un processus de transformation de l'ARLA, donc la fameuse agence qui gère tous les pesticides. Et donc là on est 3 ans plus tard, je saurais pas quoi dire sur le processus de transformation.
Pour le moment, tu sais, mais c'est toujours sur la discussion de dire qu'il faut les augmenter en fait.
Alors oui, oui, oui, donc il y a un processus de transformation à l'ARLA, on sait pas encore où est-ce qu'il va s'en aller, tu sais, est-ce que ça va être positif, négatif, on le sait pas trop. Mais par contre, pendant ce processus de transformation et tout, on a validé il y a un an la reprise des augmentations de LMR. Donc tu es comme est-ce que Santé Canada a bien compris le nerf de la guerre? Je suis pas sûre, d'autant que c'est toujours des vendeurs de pesticides qui font la demande d'augmenter. Et que ben c'est ça qui se passe, on demande et puis on dit, on fait une consultation pour le principe, puis OK. Et par exemple, à Vigilance, on a fait une demande d'accès à l'information pour savoir c'était quoi les études sur lesquelles s'était basé Santé Canada pour augmenter la limite maximale des résidus de pesticides de glyphosate en 2021. Là, c'était ça le scandale. On a reçu 229 pages de documentation en réponse et elles étaient toutes blanches, caviardées, pas lisables en fait. Ouais, c'est ça, censuré.
C'est incroyable.
Fait que transparence, on joue.
Ouais, c'est ça, on voit qu'ils cachent quelque chose derrière tout ça, tu sais. Sinon, comme tu dis, il serait transparent, il montrerait.
C'est ça, puis il cache quelque chose, c'est l'industrie qui se cache en fait derrière tout ça. Puis peut-être, c'est ça, on revient, on boucle la boucle avec ce qu'on disait au début, sur notre exposition aux pesticides, manger bio, pas bio, lesquels fruits et légumes. Mais il y a des études là qui sont vraiment alarmantes, notamment une qui vient de sortir de l'Université de Sherbrooke qui dit que des petites doses d'exposition aux pesticides égale une grosse exposition aux pesticides.
Ok.
C'est un peu ça qui ressort, tu sais, comme de leur étude. Et ça, ça questionne la LMR parce que la LMR, c'est justement ça on permet une petite dose sur chacun de nos produits de chacun des pesticides.
Et là, ils prouvent en fait que même si c'est une petite dose, ça équivaut comme une grosse dose.
Ben, que l'accumulation de petites doses est une grosse être une grosse dose. Et en même temps, ça semble logique, mais du coup ça montre bien en fait qu'en ce moment on est quand même— notre système d'évaluation des pesticides, il atteint des limites. On le fait pas bien, on n'étudie pas l'ensemble du produit, exactement, sans très réductionniste. C'est ça, exactement, exactement. On n'étudie pas l'ensemble des produits qu'on met, puis l'approche, ben tu sais, c'est la dose qui fait le poison. Il faut faire attention parce que ben non, pour certains produits, c'est pas la dose qui fait le poison, non, c'est le produit, c'est l'accumulation comme tu dis. Ouais, et tu sais, par exemple un néonicotide les rétinoïdes, en fait, une mini dose est dramatique. Donc là, il y a pas de dose qui fait le poison. C'est fou.
Puis là, comme tu dis, c'est des gros perturbateurs endocriniens, des xéno-œstrogènes, cancer, fertilité et autres. Exact, exact.
Il y a les agriculteurs, tu sais, c'est des personnes qui sont hyper exposées.
Ben, Paul, il m'avait raconté son histoire, en fait, de la ferme Saint-Vincent. 100%, puis avant c'était pas bio. C'est son père qui a pris la ferme puis qui s'est rendu compte que exactement il y avait des gens qui mouraient autour d'eux, de la famille, des amis. Et c'est bien rendu compte parce que dans le temps en fait ils utilisaient les pesticides, la nourriture avec leurs mains et tout, et ça causait beaucoup de maladies. C'est là que son père il a dit non, moi je vais aller avec le bio. Donc directement il l'a vu autour de lui là les impacts.
Mais tu vois, il y a 2 ans 2-3 ans, il y a la maladie de Parkinson qui a été ajoutée comme maladie professionnelle liée à l'exposition aux pesticides. Et c'est drôle parce que l'étude sur laquelle le gouvernement s'est basé pour faire ça indiquait 4 autres maladies avec autant de liens, de présomptions de liens entre l'usage des pesticides et l'apparition de la maladie. On en a mis qu'une.
Et tu sais pas c'est quoi? Les autres maladies? C'est quoi?
C'est le lymphome non Hodgkinien, ce dont on parlait tout à l'heure et tout ça. Et donc tu sais, c'est pas très scientifique comme approche. On dirait que souvent en fait c'est des enjeux de communication, comme la maladie de Parkinson, c'est une maladie dont on parle beaucoup, qu'on connaît, qui va faire réagir. Le lymphome non Hodgkinien, ok bon. «Celui-là, bof.» Tu sais, on dirait que c'est la pièce comme ça et tout. Puis tu sais, c'est sûr que chaque... Ça vient avec un coût, effectivement. Si on reconnaît une maladie, le gouvernement, c'est une sortie du budget. Et donc comment on balance? Et malheureusement, même s'ils ont rajouté la maladie de Parkinson, Ils ont mis tellement d'astérisques, tu sais, pour OK, il faut avoir fait ça, il faut avoir fait ça, il faut avoir fait ça qui sont pas réalistes par rapport à la réalité d'un agriculteur que 2 ans après, donc ouais ça fait 3 ans que c'est en place, et bah 2 ans après il y avait encore aucun agriculteur qui était reconnu dans sa maladie. C'était que des paysagistes ou des choses comme ça. Des personnes et pas des agriculteurs.
Incroyable! J'aurais une dernière question pour toi, en fait, savoir de comment on pourrait contribuer nous en tant que citoyen pour essayer, je sais pas, mieux sensibiliser les gens, ou qu'est-ce qu'on peut faire dans notre quotidien, beaucoup en lien avec la longévité aussi, parce que moi je veux vivre jusqu'à 180 ans grâce au biohacking, on en parle beaucoup, puis c'est le but de de ce podcast-là. Qu'est-ce qu'on peut faire en tant que biohacker pour éviter, sensibiliser? Quels conseils tu nous donnes?
Ben, c'est sûr que moi je suis une militante écologiste et tout, puis tu sais, il y a oui les gestes individuels qu'on peut porter, tu sais, comme genre par exemple les, tu sais, comme qu'est-ce que tu disais, la liste de fruits et légumes que tu disais, ouais. Mais tu sais, c'est pas suffisant Ouais, tu sais, tout ça, c'est pas suffisant. Et donc, par exemple, soutenir le travail de Vigilance OGM, qui lui fait de la veille sur des consultations qui ont lieu, fait des lettres ouvertes pour essayer de mettre de la pression, qui des fois fait appel à tous les signataires de son manifeste Sortir du glyphosate pour dire «Hey, en ce moment, il y a la réhomologation du glyphosate. Il faut taper fort, faut dire au gouvernement non.» Qui essayent de servir les momentum pour qu'il y ait des changements plus systémiques, plus globaux de la part des gouvernements pour que, après, ça redescende, que notre système soit plus juste, qu'il protège la santé. Mais en ce moment, il y a vraiment en fait, je pense à il faut donner de l'écho à tout ce qui est de la question du lobbyisme sur le gouvernement. Ça n'a pas d'allure qu'un gouvernement défende d'abord les intérêts privés d'une entreprise plutôt que défendre l'intérêt commun de sa population.
Et notre santé.
C'est ça. Santé Canada, sa mission première, c'est de défendre la santé des Canadiens et des Canadiennes, pas de défendre la santé d'une entreprise ou le portefeuille de l'entreprise. Ouais, c'est ça, et c'est fou parce que c'est ça qui s'y sent vraiment faire. Je veux bien leur laisser le bénéfice du doute, mais pour vrai, il y en a pas beaucoup. Et dans mon travail, je le vois mille fois À un moment donné, Santé Canada nous donne un document en ligne pour une consultation. On regarde dans les propriétés du document qui a créé le document et il y a écrit Madame CropLife. Madame, je ne sais plus son nom, mais une directrice de CropLife qui est le lobby des lobbys des vendeurs de pesticides.
Ah c'est ça!
Dans CropLife, il y a tous les vendeurs de pesticides. Le travail de CropLife, c'est juste de faire du lobby. Et c'est la directrice qui a écrit le document que nous a donné Santé Canada.
C'est incroyable.
Genre, à un moment donné, c'est fou.
Ils nous prennent comme des cons.
C'est fou, là, ça va vraiment loin.
Est-ce que tu peux nous parler de votre campagne de pétition? En fait en ce moment, je crois que c'est en lien avec le glyphosate justement.
Ouais, ben c'est ça, je disais tout à l'heure, c'est 15 revendications pour essayer de sortir rapidement de notre dépendance aux pesticides. Tu sais, ça va avec reconnaître qu'il y a des maladies professionnelles liées aux pesticides pour défendre les agriculteurs. Ça va aussi influencer les municipalités pour qu'elles interdisent l'usage des pesticides comme esthétique, genre juste pour tes bégonias Est-ce que tu veux mettre la santé du monde en danger? Tes petits-enfants?
Pour la couleur d'un fruit?
Et ça va aussi beaucoup, nous on a 3 revendications au niveau fédéral qui sont vraiment sur l'évaluation des pesticides. Donc toutes ces petites choses mises bout à bout, souvent là on dit qu'on pourrait réduire demain de 40 notre utilisation utilisation de pesticides.
C'est incroyable!
Il y a une étude qui est sortie au Québec il y a quelques années qui dit que 95% des néonicotinoïdes qui étaient utilisés, je crois, dans les champs de soya étaient inutiles. Et il y a toute une affaire qui a été, qui a été créée, toute une histoire qui a été créée autour de cette recherche-là, parce que cette recherche-là, elle a été réalisée par un centre de recherche public du Québec, donc super, des chercheurs qui font leurs recherches, génial. Mais elle a été— ils ont essayé— il y a des gens de l'industrie qui étaient sur le conseil d'administration de ce centre de recherche, qui ont essayé d'empêcher la sortie de cette recherche et de la discréditer parce que ça arrête les ventes de néonicotinoïdes. Si on dit qu'ils sont 95% inutiles. Et du coup, ça a lancé l'affaire Louis Robert, parce que Louis Robert, il savait ça. Il a dénoncé dans les— qui était un agronome, on en parlait tout à l'heure, du métier d'agronome, un agronome du gouvernement. Il a dénoncé, il s'est fait congédier par le ministre de l'Agriculture, Monsieur Lamontagne, qui a dû le réintégrer parce qu'en fait, ben, c'était pas mal ce qu'il avait fait. Et il a Il y avait juste, tu sais, comme lancer l'alerte sur quelque chose qui n'est pas normal.
Exactement, il était là pour les bonnes raisons. C'est ça, c'est ça.
Et en fait, on a vraiment besoin de personnes comme ça qui voient les choses.
Des Rachel Carson qu'on dit.
Mais c'est un, oui, c'en est un. Oui, oui, oui.
C'est incroyable tout ça, puis on parlait tantôt, on va revenir à ça, mais tu me parlais que c'était le soya, le maïs, les pures, le coton.
Donc en fait, Sur les OGM, des fois on imagine que tout est OGM, genre je peux plus rien faire pour les éviter. On peut éviter quand même les OGM, c'est quand même une idée parce qu'en fait 98% de la culture des OGM c'est 4 cultures donc le coton, maïs, soya et canola.
C'est faux parce que ce sont exactement les aliments que j'interdis entre guillemets à mes clientes, que je parle beaucoup des pesticides justement, les sols avec ces aliments.
Et par contre, là où c'est tendancieux, c'est qu'en fait, avec le fait que par exemple le canola est dedans, c'est une huile qu'on fait avec le canola et c'est une huile qu'on va utiliser dans tous les produits transformés.
Et oui, c'est de l'acide linoléique en fait, et c'est vraiment pas bon pour la santé, c'est inflammatoire.
Et donc du coup, ben tu sais, ça va pas être est-ce que ma courgette elle est OGM, un peu moins.
Je comprends.
On en a qui arrivent, tu sais, il y a un ananas OGM et qui est rose à l'intérieur, tu sais, il y a des choses comme ça. Mais finalement, en fait, 98% du problème c'est ces 4-là.
Donc déjà, si tu as conscience de ça, c'est génial. Voilà.
Mais ce qui est insidieux, c'est qu'avec l'huile de canola C'est partout. C'est toutes les barres tendres, c'est tous les produits transformés.
Exactement. Moi, c'est toujours l'ingrédient que je dis à mes clients ne prenez pas ça.
Mais tu vois, et là où ça rejoint, et tant mieux que tous les combats se rejoignent, mais tu sais, c'est des produits qu'on disait tout à l'heure, c'est pour le porte-monnaie, c'est pas bon, pour la santé, c'est pas bon, et puis tu vois, pour les OGM et tout ça, c'est pas bon non plus. Au moins, il y a une logique dans tout ça. Exactement.
On fait des choix intelligents et puis si on peut couper ces aliments-là déjà, on le sait, regardez les ingrédients. Je dis tout le temps aux gens, regardez les ingrédients de ce que vous mangez. Comme tu dis, les sauces, les huiles, les barres tendres, les biscuits, tous les produits transformés en fait souvent vont en prendre.
Puis tu sais, ça vient avec genre plein d'autres enjeux, genre trop de sel, trop de sucre. Ouais, c'est ça.
Quand on s'éloigne de la nature, c'est là qu'on fait souvent des mauvais choix.
Un beau mot de la fin.
Merci beaucoup. Comment on peut vous rejoindre, toi puis Vigilance OGM?
Ben écoute, on a un site page internet, on est sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, on n'est pas sur TikTok.
Je suis même dans un groupe moi je crois sur Facebook.
Ouais, on a un groupe de Mobilisés.
C'est vraiment cool, je suis dedans ouais.
C'est ça, c'est comme des fois, si les gens se disent Mobilisés, on va un peu plus leur jaser pour faire des trucs. «Eh, aujourd'hui il faudrait appeler tel ministère pour montrer qu'on est vraiment pas content de ce qu'ils viennent de faire», ce genre d'affaires-là, puis Pour vrai, dans tout ça, le tableau est vraiment noir. Tout ce qu'on a parlé aujourd'hui, franchement, le tableau est noir. On parle de cancer, on parle de mort, puis d'un système qui est bien en place et qui ne va pas forcément changer demain. Mais n'empêche qu'à Vigilance EGM, en ce moment, depuis un mois, on est 4 employés. C'est incroyable. Pendant longtemps, 1, 2, puis 3, c'est vraiment tout doux, tu vois. Mais à seulement ce peu d'employés-là, on arrive vraiment des fois à faire des petits changements, justement, en tout cas au moins à alerter. Genre, épique, ah merde, ouais, on vient de se faire taper dessus publiquement en ce lundi Pis je me dis que des fois, tu sais, dans les ministères, ils sont comme Ok, ben...
Y'en a 4 qui grattent là quelque part.
Ben tu sais, je pense qu'on est un petit peu plus, mais tu sais, genre, c'est au moins important de leur dire On vous voit. Tu sais, on vous voit le faire, c'est pas correct. Et en fait, ce que fait Vigilance OGM, c'est de travailler sur des questions d'éthique, tu sais, comme de défense de la science. Indépendantes, pas de toutes les sciences. Et c'est ça, et se battre contre le lobby qui intentionnellement met en place des stratégies mais horribles pour juste continuer un business.
Souvent c'est les portefeuilles qui s'enrichissent là-dedans, c'est tout le temps une question d'argent. Puis comme je parlais de Big Pharma avec les vaccins ou autre, c'est un sujet très controversé. Merci beaucoup Laure d'avoir été ici. J'espère que vous avez apprécié l'épisode, que vous avez bien compris en lien avec la longévité, les pesticides, l'OGM, c'est quelque chose qu'il faut être averti, qu'il faut comprendre, comme on dit, on ne peut pas les éviter à 100 mais on peut faire des meilleurs choix, puis je pense que si toi, chez toi, t'es capable de faire de meilleurs choix dans ce lien-là, peut-être que tu vas vivre avec nous jusqu'à 180 ans. On se retrouve la semaine prochaine avec un autre épisode, j'espère que t'as beaucoup apprécié, puis si tu aimerais avoir la liste des les deux listes en lien avec les aliments à éviter et à prioriser, ben t'as juste à venir sur mon groupe Facebook. Bye!
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