
Dans cette vidéo, Aldo Sterone raconte l’accident mortel d’un Cessna 550 (jet privé) survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2023 près de Murrieta, Californie. Six personnes – un couple fortuné du commerce automobile, leurs compagnes et deux pilotes – décèdent, laissant derrière eux douze enfants (sept du couple client, cinq du copilote). Sterone décrit les circonstances : le commandant de bord, âgé de 25 ans, n’était pas qualifié sur le jet, le copilote était en état d’ébriété, aucun des deux n’a consulté la météo avant le décollage, et la visibilité à destination s’est détériorée brutalement (nuages à 300 ft, visibilité < 800 m). Malgré l’atteinte de la hauteur de décision, l’équipage a continué la descente à l’aveugle, percutant le sol à 200 m de la piste. Sterone critique la culture de sécurité des jets privés, soulignant la démocratisation du coût (environ 3 200 $ / vol) qui attire des clients non‑professionnels, et recommande de privilégier les transporteurs commerciaux. Il profite de la conclusion pour promouvoir son livre « Le Titan », qui relate d’autres morts coûteuses dans le monde du jet privé, et remercie ses soutiens Patreon.
Chapters
Mes amis, bien le bonjour. Je viens aujourd'hui pour vous raconter une histoire dramatique où il y a eu aucune veuve mais beaucoup d'orphelins. 12, je les ai comptés. Nous sommes le 7 juillet 2023 en Californie, à Murrieta. On a un couple qui cherche à aller passer la soirée à Las Vegas. C'est un couple de gens qui ont fait fortune dans le commerce des voitures. Ils possèdent des concessions Ford dans la région. Eh bien, le mari va téléphoner à un ami à lui, pilote, 25 ans, et lui dit s'il peut pas arranger un jet privé pour aller passer la soirée à Las Vegas. Le pilote est très content de rendre service, il trouve un Cessna 550, c'est un biréacteur, et puis il demande aussi au client s'il peut ramener sa copine. Le client, il s'empaille, il dit écoute, il y a de la place, ramène-la. Le copilote, pareil, ramène sa femme. En réalité, le commandant de bord avait ramené son ex à l'été chez elle. Il l'appelle, dit Tu as envie d'aller à Vegas? Elle dit D'accord. Donc ils vont se retrouver à 6 dans cet appareil. Ils décollent de Murrieta en fin de journée vers 21h et ils atterrissent à 22h à Las Vegas. Sur ce, ils vont se se séparer. Le couple de clients vont partir vers des bars et des casinos et tout ça. Pendant ce temps, les pilotes et leurs compagnes vont partir vers un club qui s'appelle le 66, et puis ils vont passer la soirée là-bas. Le copilote, semble-t-il, avait bu plus que de raison. C'est très difficile de dire combien il a bu. Je vais vous dire pourquoi. Parce que sur le plan légal, Quand on cherche à définir l'alcoolémie de quelqu'un dans un contexte d'autopsie, eh bien, ça reste discutable parce qu'il y a de l'alcool qui se forme dans le corps humain en post-mortem, de sorte que tu arrives pas à savoir ce qui a été consommé avant et ce qui a été généré après. C'est pour ça que je vous donne ça un petit peu entre guillemets. Mais il semblerait, il semblerait qu'à un moment donné, durant la soirée, durant la nuit, il eh bien, son jugement était impacté par des spiritueux qu'il avait consommés, à telle enseigne que le INTSB, qui est toujours mesuré dans ses propos, dit que ce gars n'a pas été en mesure d'apporter ou de fournir un apport positif à la conduite du vol. D'accord, donc il était assez limité à un moment donné. Vers 3 heures du matin, nous sommes donc dans la nuit du 7 au 8 juillet, Vers 3 heures du matin, toute cette équipe va se rencontrer à l'aéroport de Las Vegas. Ils sont donc, je vous rappelle, 6. Ils montent dans l'appareil, les clients se ramassent à la petite cuillère, il faut les aider à monter, les installer, tout ça. Et puis sur ces entrefaits, l'appareil décolle pour revenir à Murrieta dans la French Valley, c'est la vallée française comme on dit là-bas. Donc ce qui se passe, c'est que pendant le vol, on a une situation qui va s'installer assez rapidement et de manière peut-être surprenante à destination. Alors, que se passe-t-il? Nous sommes dans cette région du Nevada, nous sommes dans les confins de la Californie, dans une zone extrêmement désertique. Et dans cette partie du globe, les températures sont très élevées le jour, en particulier l'été. Nous sommes en juillet, rappelez-vous, ça peut atteindre 49, 50 degrés et plus sans problème. C'est des endroits, quand tu t'arrêtes pour prendre une photo, tu laisses le moteur en route parce que tu n'as pas envie qu'il ne redémarre pas et te mettre dans une situation de survival assez rapidement. Donc le jour, extrêmement chaud. Une fois que le soleil se couche, la température baisse brutalement. Donc on peut avoir plusieurs dizaines de degrés de différence entre le jour et la nuit, entre les températures diurnes et les températures nocturnes, ce qu'on appelle les variations nyctémérales. Durant cette nuit-là, eh bien, la météo à destination va changer en 10 minutes. Ça signifie, voilà, voilà la situation initiale. Initialement, on a un ciel complètement dégagé, on voit les étoiles, on voit pas encore la Lune parce qu'elle va se lever vers 5 heures du matin. Et puis tout est clair, visibilité illimitée. Et 10 minutes plus tard, on a les nuages qui sont à 300 pieds, donc 100 mètres sol. Donc il y a certains bâtiments qui vont s'enfoncer dans les nuages. Donc on a une couverture totale, donc 8 octa à 300 pieds. Et puis ce qu'on a aussi, c'est que la visibilité va tomber à 800 mètres. Alors ça, c'est la visibilité prévalente annoncée par les services météorologique, mais selon les témoignages anecdotiques de personnes qui étaient dehors vers cette heure-là, vers 4 heures du matin, eh bien, un homme qui marchait ne pouvait même pas voir l'autre côté de la route, d'accord. Donc c'est une visibilité extrêmement limitée. Il faut savoir une chose les pilotes n'ont pas regardé la météo avant de décoller vers 3 heures du matin, n'ont pas regardé la météo à destination. Donc ça, c'est le premier point. Le deuxième point que j'aimerais vous annoncer, c'est que ce qu'on appelle le commandant de bord, ce jeune de 25 ans qui est l'organisateur du vol, même si on n'en est pas l'instigateur, eh bien, il n'était pas qualifié pour piloter un Cessna 550. En fait, les qualifications qu'il a sont sur avion mono-moteur. Ça signifie c'est un pilote d'aéroclub, il aurait été dans son rôle à piloter un Cessna 172 ou autre, mais mais il n'a rien à faire dans un jet privé. Eh bien, il est dans le siège de gauche d'un jet privé. Autre chose, le gars à sa droite, qui est, comme je vous ai dit, ivre, eh bien, lui est qualifié sur le Cessna 550, mais uniquement sur le siège de droite, et uniquement, ça signifie en tant que copilote, et uniquement s'il est avec un commandant de bord qualifié sur cet appareil. Donc on est ici avec un équipage qui n'est pas qualifié, déjà, mais deuxièmement qui ne fait pas son travail. Ça signifie que quelque part, si un pilote qui a 20 000 heures de vol oublie de regarder la météo, on aurait pu dire ouais, il est trop sûr de lui, c'est avec le temps, les gens commencent à ne plus faire attention et tout ça. On aurait pu à la rigueur expliquer sur le plan humain qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête. Mais là, ce qui est extraordinaire, c'est qu'on a des gens qui ne sont pas qualifiés sur cet avion-là, mais en plus ne font aucun effort pour améliorer leur situation. L'appareil, à propos, se trouvait, il se trouve jusqu'à maintenant d'ailleurs, sur certains sites en location pour à peu près 3000, ça commence à 3200 par vol. Donc juste pour vous dire que ça s'est beaucoup démocratisé, les jets, les jets privés. Si on part à 4-5 personnes dedans et qu'on partage, qu'on partage les frais du vol. Bon, ça sera toujours plus cher que Ryanair, mais vous voyez bien qu'on est en dessous, en dessous des 1000 boissons et Uber inclus, d'accord. Donc je disais, il commence leur approche vers Murrieta, piste 18. Nous sommes dans une approche de type air-nav GPS avec des minimas qui sont équivalents à peu près à un ILS de catégorie 1. Eh bien, ils descendent, ils descendent et descendent jusqu'à ce qu'ils atteignent la hauteur de décision. Une fois qu'ils atteignent la hauteur de décision, alors normalement, soit on voit la piste à cette hauteur-là, elle est là devant nous et on continue l'atterrissage. Donc soit on voit la piste, soit les lumières de celle-ci, on y va, on continue. Soit on voit rien du tout et là on interrompt l'atterrissage et on remet les gaz. Alors ce qu'ils vont faire, c'est qu'ils vont stabiliser leur vol à la hauteur de Décision et ils vont continuer tout droit pendant un petit moment, ce qui est complètement anormal, mais qui montre que déjà on est dans une— on commence déjà à voir de la violation. Donc ils voient pas la piste, ils remettent les gaz et ils repartent. Alors après, ce qu'ils vont faire, ils vont faire demi-tour et revenir se présenter. En réalité, ça ne servait à rien. Pourquoi? Parce que les services météorologiques avaient annoncé une visibilité de 1200 mètres, après de 800 mètres. Et les conditions météorologiques étaient en dégradation, en fait, ce qui veut dire qu'ils auraient mieux fait, ils auraient mieux fait d'aller vers un aéroport de dégagement, parce que Murrieta, ça n'allait pas se dégager avant au moins 9-10 h du matin, quand le soleil va remonter, commencer à taper fort. Alors, deuxième approche vers la piste 18, descendre, toujours zéro visibilité, il y a arrivent à la hauteur de décision. Et à ce moment-là, ils vont faire quoi? Eh bien, ils vont continuer. Et là, l'accidentologie aérienne, on a littéralement un annuaire Paris banlieue de, de pilotes qui ont décidé de continuer à descendre une fois qu'ils arrivent à une altitude où ils doivent voir la piste, mais ils ont continué à descendre sans voir la piste. Donc ils descendent en aveugle. Par moment, le variomètre affiche -2300 pieds, ça signifie qu'ils ont voulu plonger sur la piste en se disant Elle est là devant nous, elle ne peut pas être ailleurs. Et quelque part, je vais te dire un truc, quelque part ils avaient raison. Parce que si tu regardes le lieu où ils se sont écrasés, ils étaient quand même à 200 mètres de la piste. Donc ils se sont écrasés à 200 mètres avant la piste. S'ils avaient été 200 mètres plus loin, ils seraient écrasés, ils seraient morts aussi sur la piste cette fois-ci. En tout cas, Grande explosion, un feu se déclare, les pompiers arrivent, la police, tout ça. Et puis rien à faire, les 6 personnes qui étaient dans cet avion ont été tuées lors de l'accident. Pour vous donner, pour vous donner la partie tragique de cette histoire, c'est que le couple qui avait commandité le vol, eh bien, ils ont laissé 7 enfants à la maison. Ils avaient 7 enfants. Le pilote, celui qui était assis à droite, le copilote, qui était venu aussi avec sa femme, il avait laissé 5 enfants à la maison. Le plus jeune avait 1 an, le plus âgé 14 ans. À tous ces enfants-là, il fallait annoncer que, eh bien, leurs parents malheureusement vont pas rentrer aujourd'hui ni demain parce que tout simplement ils sont partis dans un jet privé avec un pilote ou des pilotes qui n'étaient pas qualifiés dessus, qui n'ont pas regardé la météo, qui sont arrivés à la hauteur de décision, qui ont décidé de continuer. Vous voyez ce que je veux dire? C'est atroce malheureusement, mais ça vous donne une idée assez juste de comment sont exploités beaucoup de jets privés aux États-Unis, mais aussi en Europe. Je vous cache pas que personnellement, j'ai encouragé un ami pilote à démissionner d'une compagnie de jets privés qui est basée en Suisse. Non seulement l'entreprise était extrêmement toxique, mais en plus, sur la sécurité des vols, c'est la catastrophe. Donc voilà. Je vous dis tout de suite, ces jets, malgré qu'ils se sont démocratisés, vaut mieux, vaut mieux prendre Air France, EasyJet, Ryanair, laisser faire les pros et rester en vie. Voilà, avant de partir, je vous montre mon livre, mon dernier livre, Le Titan. C'est aussi, on va trouver dedans 5 personnes qui représentent un peu un échantillon des gens qu'on trouve ou qui peuplent les jets privés. Ces gens ont payé 250 000 par personne pour se retrouver dans ce tube en fibre de carbone qui craquait pendant qu'il descendait dans les profondeurs noires de l'Atlantique Nord pour voir, pour aller voir une épave. Ils sont morts sans avoir vu l'épave. Ils font partie de son histoire. Aujourd'hui, on n'arrive plus à évoquer le Titanic sans les évoquer. Donc quelque part, ils ont eu une mort, une mort assez spectaculaire, mais c'est des morts extrêmement, extrêmement coûteuses. Je Je vous en parle dans ce livre que vous trouvez chez Amazon. Merci à ceux qui soutiennent ce canal par Patreon et sur la partie payante qui lui permet d'exister. Et puis on se voit dans la prochaine vidéo. À très bientôt.
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