
Aldo Sterone traces May 1st back to the 1886 Chicago strike for an eight-hour workday, arguing that modern wage labor extends slavery's logic. He connects precarious contracts, burnout, and algorithmic pricing to structural exploitation rooted in the Industrial Revolution, calling for workers to build class consciousness and fight daily, not just on May 1st.
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Mes amis, bien le bonjour. Dans un canal comme celui-ci, je ne pouvais pas ne pas faire la vidéo du 1er mai. 1er mai, c'est lié à un événement qui a eu lieu en 1886. C'était en mai, des travailleurs chicago aux États-Unis sont sortis pour réclamer plus de droits. En particulier, ce qu'ils réclamaient, c'est tout simplement une journée de 8 heures, qu'elle n'aille pas à 12 ou 16 heures ou qu'à Dieu ne plaise plus, parce qu'à l'époque on considérait que bon bah les gens travaillent jusqu'à ce qu'ils tombent, que c'est normal, je t'ai acheté. C'est-à-dire que tu regardes, on était dans un monde qui avait officiellement sur le papier aboli l'esclavage depuis peu. L'esclavage, si on est en 1886, l'esclavage est sur le papier aboli depuis à peu près 20 ans. Mais la mentalité esclavagiste n'était pas partie. La mentalité esclavagiste, c'est celle qui consiste à dire je le paye, donc je l'ai acheté, il est à moi. Alors elle peut s'exprimer sous forme d'esclavagisme, Quand on achète des personnes sur des marchés, puis on les fait travailler jusqu'à ce que mort s'ensuive, c'est une option. Elle peut s'exprimer sous forme d'impérialisme ou de colonialisme, quand on va prendre des pays entiers et on décide qu'on va extraire le fruit de leur travail, qu'on va extraire leurs matières premières et les prendre et les verser sur des comptes de nantis. Mais il y a aussi faire travailler des individus dans le contexte d'un salariat esclavagiste, ça signifie celui qui paye le salaire considère qu'il possède la personne qui la possède 24 heures sur 24, qui a le droit de l'utiliser comme il veut parce qu'il a payé, c'est tout. Et en fait, l'idée, si tu veux, avec le temps on constate, et malheureusement aujourd'hui c'est de plus en plus visible, c'est qu'on remarque qu'on a une suprématie quand même des forces de l'argent sur les forces du travail. Ça signifie que c'est les forces de l'argent qui contrôlent l'équation, qui ont la main. Alors il y a quelqu'un qui m'a demandé, il m'a dit ça date de quand cette histoire? Je vais te dire, ça date, ça date depuis toujours, pratiquement historiquement, depuis qu'il y avait 2 humains sur Terre, il y en a un qui a dit je vais exploiter l'autre. Et par la suite, ça n'a pas cessé, ça a juste changé, changé de visage, changé de forme, changé d'idéologie, de doctrine, de présentation même. Fondamentalement, c'est ça. Fondamentalement, c'est un— on vit dans une sorte de jungle, et puis il y a tout plein de gens qui veulent bouffer les autres, c'est ça. Alors, la dernière phase dans laquelle nous vivons aujourd'hui, c'est la phase qui est née avec la révolution industrielle, tu vois, qui a créé les industries et en même temps qui a divisé le travail et qui a aussi séparé l'humain de son outil de travail. Ça, c'est vraiment très important parce que c'est une caractéristique de notre époque. Elle n'est pas une caractéristique des époques précédentes. C'est-à-dire qu'avec l'industrialisation, on a des forces qui possèdent le monopole des outils de travail, des outils de production en fait. Et donc, c'est-à-dire qu'anciennement, tu avais des petites échoppes, des artisans, tout ça, qui travaillaient, chacun avait son outil, et puis qui était capable de produire. Tu as, je sais pas moi, le gars qui produit du carrelage ou le gars qui produit des tissus ou autre. Donc il produisait lui dans son atelier avec parfois 2-3 travailleurs ou en famille ou autre. Après, ce qui s'est passé, on a vu arriver en masse des industries avec de grosses machines. Ces grosses machines rendaient obsolètes le premier jour les outils basiques hérités des âges précédents de l'artisan. Donc l'artisan n'avait plus le choix, il se retrouvait, s'il voulait subsister, eh bien il devait travailler pour ces forces-là. Donc en fait, on a des forces qui ont le monopole des outils de subsistance. Ça, c'est la violence originale. Alors après, la toxicité de l'entreprise, la toxicité du travail, La pénibilité, les gens qui laissent leur santé, le harcèlement, le burn-out viennent tous, sont tous générés par cette violence originale où tu as des gens en ultra minorité ou des forces en ultra minorité parce que ce n'est pas nécessairement des gens, ça peut être des hedge funds, ça peut être des banques, ça peut être des personnes morales qui possèdent le monopole des outils de production. Si tu veux subsister, si tu veux, on parle pas de posséder un jet privé, on parle du b.a.-ba de l'humain, on parle du b.a.-ba que chaque animal a, tu vois. Un animal ici, tu peux regarder les oiseaux, ils peuvent aller faire leur nid, ils vont quelque part, ils font leur nid, ils vivent, ils ont des petits, ils nourrissent leurs petits, puis c'est tout. Ils payent de TVA à personne, tu vois. Ils s'endettent pas à 30 ans chez la banque des oiseaux pour avoir le droit de construire un nid, tu vois. Donc ce qu'on a fait nous en tant qu'humain, on a détruit l'ordre naturel et on l'a remplacé par un ordre financier, tu vois. On a financiarisé les besoins les plus élémentaires de l'humain. Il a fallu— il y a des pays aujourd'hui, par exemple il y a des États américains qui sont en train de faire passer des lois pour interdire le pricing algorithmique dans le supermarché. Parce qu'aujourd'hui il y a des supermarchés qui pensent installer, toujours dans une logique d'extraction, qui pensent installer des étiquettes électroniques sur les rayons avec les prix qui changent algorithmiquement sans arrêt. Donc tu peux avoir des caméras qui surveillent, et puis en fonction du trafic, des gens, de la météo, tout ça, les prix vont augmenter et baisser juste pour extraire le maximum de valeur des gens. Tu vois, on est dans cette logique-là. Donc ce que je cherche à te dire, c'est qu'il y a une sorte de guerre, il y a une sorte de guerre entre les forces de l'argent et les forces du travail. Ça, Alors il y a des gens qui vont venir et me dire oui, mais moi je travaille dans une entreprise et c'est tranquille et on n'a pas ça. Oui, je sais, c'est comme je peux trouver des gens qui ont vécu à travers la Première, la Deuxième Guerre mondiale dans un village, ils peuvent te dire on n'a rien vu, on n'a pas entendu tirer, on n'a pas été bombardés. Ça n'exclut pas qu'il y a eu la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale. OK, donc c'est pareil, tu peux toujours trouver une entreprise qui est préservée, mais en même temps, ceci n'empêche pas qu'il y a un combat globale entre deux forces. Les forces du travail cherchent à se préserver, comme elles l'ont fait le 1er mai 1886, chercher à réduire leur charge de travail. Et puis bien sûr, plus tard, on cherche à obtenir des vacances, des congés payés, on cherche à obtenir des week-ends, on cherche à obtenir des assurances maladie, etc. Alors que les forces de l'argent, elles, c'est extraire, prendre la personne, l'écraser comme un citron et prendre le maximum. Entre ces deux positions qui sont antagonistes, c'est la force qui l'emporte. C'est la force qui va décider. Et dans ce cas-là, voici ce qu'on va arriver. On va arriver à une situation qui va dépendre, qui va dépendre. C'est comme un bras de fer, tu vois, un bras de fer comme ça. Alors si on a un bras de fer, eh bien, des fois c'est ce bras qui va gagner, des fois c'est celui-là qui va gagner. Là, c'est exactement pareil. Le degré d'exploitation que tu vas subir, combien on va t'écraser, combien on va te forcer à travailler, combien on va t'essorer littéralement, va dépendre des circonstances économiques du moment. Alors quand par exemple on vit une époque un peu fast, ça signifie l'économie va bien, l'argent coule à flot, les gens se relaxent un petit peu, et puis voilà, les entreprises se développent, elles ouvrent des départements à droite à gauche, comme lorsque par exemple après le COVID il y a eu un argent facile, L'État commence à faire du dumping, balancer l'argent par hélicoptère avec un taux zéro sur les entreprises qui ont profité pour ouvrir partout, partout, partout. Et donc à ce moment-là, elles veulent recruter. Et là, que va-t-il se passer? Là, on va te donner le tapis rouge en tant qu'employé. Et puis ce qui va se passer, on va t'envoyer, on va t'envoyer un chasseur de têtes. Moi, j'étais déjà invité dans des gros restos londoniens par un chasseur de têtes. Genre, le chasseur de têtes, il t'invite soit toi-même tout seul, soit avec 2-3 autres personnes, 2-3 autres candidats, juste pour te montrer un petit peu peu, voilà, mon client c'est une startup extraordinaire, ils ont de la vision, ils sont dans le Magic Quadrant de Gartner ou machin, tu vois, où il te parle de la Wave de Forrester et tout ça, tu vois, ils sont très contents, ils te payent ce que tu veux, ils te respectent, on est une grande famille, tu arrives chez les ressources humaines, elle est là avec son sourire Colgate et tout ça. Donc ça, on est en train de bien tout traiter Parce que ça ne veut pas dire qu'il y a la paix. Non, ne crois pas que parce qu'on te traite bien et on te paye bien et tu peux négocier ton salaire que parce que la guerre est terminée. Non, c'est tout simplement il y a temporairement des conditions qui te sont favorables, qui sont favorables aux forces du travail, qui va obliger les forces de l'argent un petit peu à calmer un peu le jeu. Mais tu regardes plus tard, Tu regardes juste là maintenant des gens qui étaient recrutés en 2022-2023 avec le tapis rouge. Aujourd'hui, tu vas chez Oracle et puis ils te disent, ils envoient un email à 6h du matin bonjour, ceci est votre dernier jour de travail, tu dégages. Donc on passe de nous sommes une grande famille, on passe de voilà c'est génial, on vous apprécie, on vous aime, on vous paye des vacances au ski et tout ça, à tu prends tes affaires et tu dégages, d'accord? Donc c'est très important de développer cette conscience. C'est très important de savoir que nous sommes justement dans une situation qui malheureusement est conflictuelle. C'est un conflit qui est partout, c'est un conflit qui va perméer partout dans la société et qui va toujours conditionner notre rapport au travail, notre rapport au monde de l'entreprise. C'est vrai que ce discours-là que je suis en train de tenir aujourd'hui, un 1er mai, n'est pas un discours courant malheureusement. Parce que ce qu'on veut pas, on veut pas que tu développes une conscience. Moi, j'ai envie que tu aies une conscience de ce que tu es. C'est très important parce que si tu n'as pas cette conscience que tu es un travailleur et que tu as une forme, même si tu es bien payé, même si tu me dis j'ai un grand salaire, je suis cadre dans une grande banque à La Défense et tout, il y a un élément de coercition dans ce que tu fais. Tu es bien payé, mais tu as une coercition, tu es obligé d'aller travailler. Et quand tu regardes ce que tu produis, la plus grande partie du fruit de ton travail est capturée par ton entreprise. Ce qu'ils te lâchent, c'est une infime partie de ce que tu leur as rapporté. Parce que bien sûr, ils sont pas là pour— c'est pas une, c'est pas une œuvre caritative, tu vois. Mais au-delà de l'œuvre caritative, c'est intrinsèquement, c'est la problématique, c'est la problématique de ce qu'on appelle le de surplus de valeur, qu'est-ce qu'on en fait? Qu'est-ce qu'on fait de cette partie que tu produis en extra? Eh bien, ça c'est un point très important qui va définir pratiquement toute la société dans laquelle nous vivons, tu vois, et qui va définir, qui va littéralement définir les luttes, quoi. Ça signifie, est-ce que ce surplus de valeur qui est créé collectivement par les travailleurs va partir, par exemple, pour distribuer des biens immobiliers à prix coûtant Ou genre, tu arrives en Chine où plus de 90% des gens possèdent leur bien immobilier. Tu vois, c'est la Chine, c'est pas un pays de locataires. Les gens payent pas un loyer, payent pas une banque, ils sont propriétaires de plein droit de leur appartement ou de leur maison. Pratiquement tout le pays est comme ça, tu vois. Tu as plein de pays en Afrique et ailleurs où, je sais pas moi, tu es prof, tu vas chez la coopérative des profs, tu signes, tu remplis un papier, ils t'enlèvent un petit bout de ton salaire chaque mois, et au bout de 5-6 ans, ils t'appellent oui, il y a mon appart qui est sorti, T'arrives, bon bah voilà, tu l'as, il est à toi. Tu vas pas attendre 30 ans, tu vois. Tu vas pas payer jusqu'à ton dernier, jusqu'à l'approche de la mort, tu es en train de payer une banque pour leur payer l'actionnariat, tu vois. C'est ce surplus de valeur, qu'est-ce qu'on en fait? Ce surplus de valeur, en fonction de est-ce qu'on va le reverser vers le peuple, est-ce qu'on va le renvoyer vers le peuple, ou est-ce qu'on va le renvoyer vers l'actionnariat et vers les banques? C'est ça qui définit ce qu'on est comme société. Et voilà, donc aujourd'hui, aujourd'hui avec la crise et tout ça, nous allons vers la partie, on va dire, bestiale du système. On va vers la partie la plus, la plus brutale. Et cette brutalité, malheureusement, peut parfois aller jusqu'à forcer les forces, forcer les forces qui possèdent, qui possèdent donc les outils de production, à vouloir faire un reset, détruire l'outil de production pour le reconstruire. Ils ont fait ça, Première Guerre mondiale, Deuxième Guerre mondiale. Tu peux toujours tourner le problème comme tu veux, ça a été un reset des outils de production, c'était le but du jeu, d'accord? Et à partir de là, bon bah voilà. Et aujourd'hui on est dans cette période bestiale et c'est pour ça qu'il faut que nous développions tous collectivement une conscience encore plus forte de ce que nous sommes. Voilà. Merci mes amis d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici. Le combat va continuer au-delà du 1er mai, c'est un combat de tous les jours. À très bientôt.
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