"Aidez-nous !" Mort d'une Youtubeuse : TNFlygirl (#N5891J)

Dans cette vidéo, Aldo Sterone décortique le crash mortel du 7 décembre 2023 d’une jeune YouTubeuse qui documentait son parcours aéronautique (TNFlygirl). Il utilise l’accident comme étude de cas pour dénoncer les dysfonctionnements systémiques de la formation des pilotes, tant aux États-Unis qu’en Europe. Il décrit le modèle « tapis volant » qui privilégie l’autopilote au détriment des compétences de pilotage manuel, ainsi que la pratique de « acheter » une licence de pilote en insistant sur le rôle du client‑élève. Il détaille le profil de la pilote : licence privée obtenue en 2022, acquisition d’un Beech 35 Debonair, difficultés récurrentes avec le trim et les surfaces de vol, anxiété et dépression traitées par trois médicaments sédatifs. Le vol de 600 km vers le Tennessee est narré : montée à 2 500 ft, passage à 6 500 ft, puis oscillations d’altitude et de vitesse amplifiées par une mauvaise gestion du trim et un autopilote limité. Sterone explique les dynamiques d’oscillation (effet « zig‑zag »), la perte de contrôle progressive, les appels d’urgence du père à bord, et la désintégration de l’avion. Il mentionne l’absence de données exploitables (GoPro détruites), l’enquête de la FAA/NTSB et la lettre émotive de la sœur de la victime. Enfin, il conclut sur la nécessité de réformer la formation, de réapprendre à « faire moins » en vol, et insère des appels à l’abonnement et la promotion de son livre. Le contenu mêle analyse technique, critique systémique, témoignage humain et promotion personnelle.
Chapters
Mes amis, bien le bonjour. Ça a été une mort terrible, effectivement. Nous avons une femme qui documentait sur YouTube, une YouTubeuse qui documentait son parcours aéronautique. Donc elle avait passé sa licence de pilote privé et chaque étape de ce parcours était filmée, partagée sur YouTube, sur un canal qui existe jusqu'à maintenant, même si la plupart des vidéos ont été supprimées. Et puis elle documentait ça aussi sur Instagram. On va arriver au 7 décembre 2023 et on va ici voir le fruit d'un système. Ça signifie, dans ce débrief, il s'agit pas de, il s'agit pas de dire, ah, regardez comme cette personne n'était pas, n'avait pas le niveau pour piloter un avion. Il s'agit de voir, c'est le procès littéralement du système de formation, que ça soit aux États-Unis mais de plus en plus en Non. Alors, que se passe-t-il? Il y a d'abord un type de formation que j'appelle la formation tapis volant. Tapis volant, c'est ceci au lieu d'apprendre à la personne à vraiment piloter son avion, on va lui apprendre à utiliser le pilote automatique. On va lui dire tu accélères le long de la piste, tu tires sur le manche, ça s'appelle un décollage. Par la suite, tu appuies sur le pilote automatique, tu as ton iPad dans l'autre main et tu vas le nourrir. Tu vas lui dire quoi faire et il va t'emmener partout. Quand comme un tapis volant. Une fois que tu arrives à 500 pieds de la piste, à l'arrivée, puis elle est très grande là devant toi, qu'elle remplit tout le hublot, tu déconnectes le tapis roulant, enfin le tapis volant, le pilote automatique, pardon, et tu vas atterrir. C'est une manière d'enseigner qu'on retrouve dans beaucoup d'écoles américaines et qui touche même des jets privés. C'est pas seulement dans les, c'est pas seulement sur les petits avions à hélice, on va retrouver ça sur de gros avions privés. Et on a eu des accidents, on a réalisé que les personnes n'étaient pas du tout, du tout en mesure de piloter. Pourquoi? Parce que quelque part, l'élève est un client et on peut aujourd'hui acheter une licence de pilote. On peut l'acheter littéralement. On vit à une époque où tout se vend, tout s'achète. Bien entendu, j'imagine que vous n'avez pas raté ceci. En réalité, je ne suis pas en train de parler d'acheter une licence dans le sens fraude, dans le sens j'achète une licence tombée du camion, n'est-ce pas, fausse. Non, c'est pas ça du tout. La licence est authentique, elle sort de chez les autorités, mais elle a été achetée. Ça veut dire quoi? Ça veut dire avec suffisamment d'argent sur la table, on finit toujours par avoir sa licence, peu importe qu'on soit compétent, pas compétent. On rate l'examen une fois, deux fois, trois fois, on change d'examinateur, d'instructeur, d'avion, d'école, d'aéroclub. Et avec le brute force, comme disent les informaticiens, À force de brutaliser le système, bon bah, on finit par, il finit par nous laisser tomber une licence, c'est tout. Et donc, vous savez, dans le monde des véhicules, des voitures, c'est pas différent. On connaît tous des gens qui ont un permis de conduire, qui est en règle, mais qui n'ont rien à faire derrière le volant, quoi. C'est pareil, c'est pareil en avion. Et j'aimerais juste vous dire, à la décharge de cette pilote, vous savez, elle savait pas manipuler ou manier son avion. Mais quelque part, je dirais que j'ai vu des pilotes d'Airbus ou des pilotes de Boeing avec des fois 180 personnes derrière qui avaient du mal avec les bases du pilotage de leur avion. Quelque part, voilà quoi, c'est pas dans le grand ordre des choses, elle n'est pas, elle n'est pas la pire. Donc voilà, on va aller donc vers décembre 2023. Et que s'est-il passé en décembre 2023? Eh bien, durant l'année, elle avait passé sa licence, d'accord. Elle a obtenu en fait l'année d'avant, je crois que c'était 2022 qu'elle avait obtenu sa licence de pilote privé. Mais en 2023, elle va acheter un avion, elle va acheter un Beech 35 Debonair. C'est un avion compliqué, c'est un avion complexe même d'après la réglementation. Il est très puissant, 260 chevaux, il a le train d'atterrissage rentrant et bien sûr le pilote automatique. Cette femme a été décrite par ses instructeurs comme étant tout le temps derrière l'avion, tout le temps dépassée par l'avion. Ça signifie toujours en retard, pas d'une mais des fois de plusieurs guerres. Elle était capable d'ailleurs, à l'époque où elle partageait ses vidéos sur YouTube, beaucoup de commentaires avaient fait couler de l'encre parce que des fois elle était perdue en pleine tempête de ciel bleu. Genre, elle va décoller d'un aéroport et puis après, au lieu de tourner par exemple à gauche, elle va décoller d'une piste, au lieu de tourner à gauche, elle tourne à droite. Après, elle réalise qu'elle a fait une erreur. Après, elle commence à faire des tours dans le ciel, des 360, tout ça, complètement perdue. Il y a des instructeurs qui ont dit que, par exemple, sur le compensateur, elle savait pas, par exemple sur le compensateur de profondeur, elles savaient pas dans quelle direction il fallait le faire tourner. Tu vois, si par exemple elles sentaient que le manche était lourd, que l'avion avait tendance à piquer, elles savaient pas trop s'il fallait faire le trim, emmener le trim à cabrer ou emmener le trim à piquer. Tu vois, ça c'est très grave. Pourquoi? Parce qu'ici on est— le trim, les compensateurs, c'est quand même des surfaces de vol. Ici on est dans un avion alors qu'on ne sait pas trop on ne sait pas trop ce que font les surfaces de vol, on ne sait pas ce que fait un aileron qui se lève, on ne sait pas ce que fait un tab qui baisse, etc. Si on ne sait pas tout ça, si on n'est pas clair tout de suite avec, c'est vrai que l'accident, l'accident c'est juste une question de temps. Si ce n'est pas ce vol-là, c'est le suivant. Donc on va, ça je vous ai donné juste le contexte, on va dire, de formation qui est catastrophique. Et j'aimerais vous dire qu'en Europe, ça va dans la même direction. Dans l'Europe, on n'est pas beaucoup mieux. Donc là, je suis pas en train de critiquer les Américains. Souvent, ils inventent un système qui est d'ailleurs adopté parfois avec encore plus de zèle en Europe. Je peux vous dire que, par exemple, il y a de moins en moins d'aéroclubs où il y a des cours. Il n'y a pas de cours dans les aéroclubs. Tu t'inscris dans un aéroclub, on va te dire bon, ben, pour passer l'examen de météo, navigation, tout ça, c'est un QCM. T'as pas besoin d'apprendre, tu vas juste acheter une banque de questions dans le site web, tu paies un aimant, tu apprends les questions, tu vas passer. OK, on se retrouve ainsi avec des gens qui sont à droite sur un 737 et qui ont des problèmes avec l'altimétrie, quoi. OK, c'est juste pour vous dire, c'est— mais je suis pas non plus en train d'accuser les pilotes d'incompétence parce que c'est pas, c'est pas mon but, c'est parce que je pense vraiment, je pense qu'on a des problèmes systémiques qui touchent tout le monde, même en médecine, même dans d'autres métiers de pointe, tu vas retrouver exactement les mêmes choses. Et tout le monde a rencontré dans ces domaines-là des personnes qui donnent froid dans le dos. En tout cas, on va arriver en décembre 2023 et elle va décoller avec son père à bord de ce Debonair. Son père volait souvent avec elle, on le voit souvent dans les images, monsieur 78 ans. Et quelque part, honnêtement, tu te demandes en tant que parent, tu te dis est-ce qu'il volait avec elle parce qu'il avait une grande confiance en ses capacités de pilotage? Ou bien est-ce qu'il volait avec elle pour une raison totalement opposée à ce que je viens de dire? Ça signifie qu'en tant que père, il préférait être là dans l'avion et savoir ce qui se passe que d'attendre anxieusement devant un téléphone. Qu'elle le rappelle à l'issue d'un vol et puis commencer à s'inquiéter pour le suivant, tu vois. Donc voilà, il était très régulièrement avec elle, il portait ses lunettes de soleil et il l'observait. Je tiens à dire pour la suite que le père n'a pas de formation aéronautique, il n'a pas été pilote dans une autre vie ou autre, c'est juste un monsieur qui accompagne sa fille à travers ses tours aux États-Unis. Donc j'ai cité le mot, le mot anxiété, j'aimerais vous dire que C'est pas seulement le père qui était possiblement anxieux, la fille aussi, beaucoup, très très anxieuse. Et elle prenait des médicaments pour l'anxiété, elle prenait aussi des médicaments pour la dépression sévère. Et c'était des pilules assez puissantes quand même, des pilules. Elle prenait 3 médicaments différents et sur chacun c'était écrit à ne pas utiliser si on conduit des machines, des véhicules à moteur et autres. C'est des médicaments qui sont très connus, c'est des noms barbares, mais c'est des médicaments que les médecins connaissent. Et généralement, on peut pas les prendre quand on conduit, ne serait-ce qu'une mobylette ou une voiture, déjà. Et elle en prenait, elle en prenait 3. Et dans toutes ces molécules qu'elle consommait, il y avait une synergie sédative. Ça signifie que tout, si on te donne aujourd'hui ces médicaments-là comme ça de but en blanc, il est très probable que tu seras en train de saliver avant d'avoir fini cette vidéo, quoi. Tu te rappelleras peut-être même pas de ton nom, tu vois, parce que que c'est des médicaments très puissants et à force de les prendre, donc on finit peut-être par un peu se sentir invulnérable, sentir qu'on contrôle la situation, mais malgré tout on a du retard cognitif quand on les prend, on est un peu en retard par rapport aux événements, on réalise pas, on mesure pas le danger, en particulier les médicaments pour l'anxiété qui sont complètement inhibiteurs, quand on est là en train de voir sa mort arriver puis On a l'impression de regarder ça comme si c'était un film catastrophe à la télévision, qu'on n'est pas, qu'on participe pas là-dedans, tu vois. Plus ralentissement des réflexes, tout ça. Donc, et ça c'est documenté, je veux dire, c'est plus fort que toi, c'est des molécules chimiques, c'est pas une question de volonté ou autre. Et bien entendu, comme souvent, c'était caché, caché à la FAA. Donc vous imaginez le nombre d'ingrédients qu'on a empilé dans cette vidéo maintenant. Donc j'ai envie de dire en substance que la personne était complètement inapte, on va dire, à piloter cet avion. Mais pourtant tous les documents, tous les documents étaient en règle, tous les papiers étaient là, que veux-tu en voilà. Donc ils montent dans cet avion, ils doivent aller faire une navigation d'à peu près, qui va les entraîner à travers le Tennessee, une navigation de l'ordre de 600 km. Donc ils décollent, ils montent à 2500 pieds, elle branche le pilote automatique ils montent après à 6500 pieds. Et là, quand ils arrivent à 6500 pieds, les problèmes commencent. C'est quoi comme problème? Les problèmes, c'est que l'avion commence à faire des oscillations. Alors, je vais te raconter un petit peu les oscillations. C'est des oscillations d'altitude et de vitesse et qui vont monter crescendo, devenir de plus en plus brutales. Je te raconte juste un exemple. J'habitais, j'habitais dans une cité Et en fait, il y avait un jeune qui réparait les motos et les testait, donc il revendait des motos. Il les achetait à l'état d'épave, quoique je dis les acheter à l'état d'épave, c'est par modération. En général, c'était des motos qui étaient plus ou moins tombées du camion, n'est-ce pas. Donc il ramenait la moto, et puis je me rappelle un jour, il fonçait le long d'une route droite et il a commencé à zigzaguer, donc il s'incline à gauche, après à droite, à gauche, à droite, et à chaque fois on sent que l'amplitude de l'inclinaison est en train d'augmenter. Il est rentré dans une sorte de, il est entré en déphasage par rapport à sa moto. Quand elle commençait à revenir à gauche, lui était en train de corriger à droite, il était en retard, et ainsi de suite. De sorte qu'avec le temps, l'amplitude de ses mouvements a augmenté, il avait l'impression qu'il contrôlait plus rien, et puis ce qui devait arriver arriva. Donc au bout d'un moment, tu voyais, il a commencé à rouler une fois la moto au-dessus, une fois lui au-dessous, Et puis bon, voilà, plus de peur que de mal. Bon, le véhicule est parti, la roue voilée, sa veste déchirée, tout ça. Mais on va dire qu'il était en un seul morceau. Voilà, donc là, on va appliquer cela à l'avion. Alors, ce qui se passe, c'est qu'il y a un pilote automatique dans cet appareil qui est un petit peu basique. Je veux dire quoi par là? Si on regarde sur un Airbus ou sur un Boeing, tu peux brancher le pilote automatique. Pilote automatique et il va s'occuper de tout. Il va s'occuper de, par exemple, sur 737, il y a un moteur, un pilote automatique à 2 axes, donc il va s'occuper de l'axe latéral, il va s'occuper de l'axe de tangage, donc il pourra cabrer l'avion, faire piquer l'avion ce qu'il faut pour tenir une altitude ou aller chercher une altitude ou une vitesse ou un vario, peu importe ce qu'on lui a donné de faire, ou même suivre, suivre la navigation, c'est le mode navigation, il suit le, il suit donc le plan de vol, le vol programmé. Il a un autre canal qui est capable de gérer des gaz, d'accord. Et tout ce qui est trim, par exemple, il touche pas au compensateur sauf le trim de profondeur qu'il est capable de gérer tout seul comme un grand. Donc tu vois, tu peux pratiquement, je dis pas qu'il faut le faire, mais tu peux pratiquement le brancher, mettre un sac à dos, un sac de couchage dans le cockpit, aller te coucher, fermer les yeux, éteindre la lumière, et puis mettre une alarme pour te réveiller avant d'arriver. Donc Pratiquement, tu peux faire ça. Ce n'est pas le cas des pilotes automatiques des avions privés, en particulier celui-là. Donc elle avait un pilote automatique qui était incapable de gérer le trim, le trim de profondeur, le compensateur. Donc il n'y avait pas de moteur électrique, parce qu'il faut qu'il y ait un moteur électrique pour qu'il puisse lui donner des impulsions. Il n'y avait pas ça. Donc qu'est-ce qu'il faisait? Il utilisait l'humain, le pilote humain, comme agent pour qu'il fasse le travail pour lui. Donc il avait des petites diodes qui s'illuminaient dans un sens ou dans l'autre, qui te disent, alors ça dépend la fréquence, si ça s'illumine à faible fréquence ou bien à forte fréquence, ou bien ça commence même, qu'à Dieu ne plaise, ça commence à biper. À ce moment-là, ça te dit que tu es hors trim et plus ou moins hors trim. Plus les signalements deviennent pressants, plus tu es hors trim. Et donc tu dois corriger toi-même, ça signifie tu dois surveiller le pilote automatique et en fonction de ce qu'il te dit, tu corriges. Et après, si tu corriges correctement, il s'arrête de te flasher les lumières. Tu vois, on est dans un système assez, bon, assez simple, mais on est quand même dans de l'archaïque. On se rappelle que cette pilote avait du mal à corriger le trim, qu'elle savait jamais dans quelle direction ça devait aller. Et donc voici le cocktail explosif au moment où elle arrive à 6 500 pieds, là la vitesse est très très basse, là elle est vers 80 nœuds, donc donc en réalité ce qu'elle a fait, c'est qu'elle a confié la montée au pilote automatique, sauf que là, la vitesse est en train de chuter, donc lui en faisait trop. Et puis parce qu'il y a des boutons qui te permettent de définir quelle vitesse ascensionnelle tu veux. Mais alors attention, le pilote automatique sur cet avion-là, en réalité même sur beaucoup d'avions de ligne, si tu lui donnes une vitesse ascensionnelle, Je veux dire, tu dois surveiller tes paramètres parce que sinon lui il va la garder, quitte à faire décrocher l'avion, il s'en fiche, tu vois. Donc dans le cas précis, mettons elle veut aller à 6500 pieds et qu'elle mette, je sais pas moi, 1000 pieds par minute, mais que son avion n'a pas la performance pour atteindre 1000 pieds par minute, et ben il va commencer à échanger de la vitesse contre de l'altitude, et ça peut aller jusqu'au décrochage inclus. En tout cas, au moment où elle arrive à 6500 pieds Là, pareil, sur le bord du décrochage. Bonne nouvelle, on arrive à l'altitude, donc il n'y a plus besoin de continuer à insister et décrocher. L'avion a plani sa trajectoire. Que va-t-il se passer maintenant? Il va commencer à accélérer, il monte à 130 nœuds. Le problème, c'est que quand tu as un changement de vitesse dans un avion, tu dois avoir— il s'accompagne systématiquement, que ce soit un Débonair ou que ce soit un Boeing 737, Ça s'accompagne tout le temps d'un changement de position du trim. Rappelle-toi, elle a un problème avec ça et elle trim dans le mauvais sens en réalité, donc elle empire le cas. Alors elle va commencer à jouer avec le trim, à dire bon, je tourne dans quel sens, qu'est-ce que je fais là, dans quelle direction il faut tourner, qu'est-ce qu'il veut de moi. Alors elle tourne et elle tourne dans le mauvais sens. Donc que fait l'avion de 6500 pieds? Bon bah il va piquer. Après, elle le voit piquer, elle dit alors je me suis trompée, dans l'autre sens, l'autre sens. Donc elle va commencer à corriger dans l'autre sens, donc l'avion il remonte. Et ainsi de suite. Et quand on regarde, on a des amplitudes qui vont croissantes. Donc on a des amplitudes vers le haut, vers le bas, vers le haut, vers le bas. On a un avion qui est en train de faire n'importe quoi dans le ciel. Le graphique que je vais te montrer, regarde la ligne rouge qui correspond à l'altitude, les autres lignes correspondent à la vitesse sol pour la ligne verte et pour la vitesse air pour la ligne bleue. Eh bien, j'aimerais te dire que ce graphique-là, qui est assez terrifiant, c'est un graphique en en montagnes russes. Si tu regardes, tu sais combien elles durent? 25 minutes, d'accord? Ça, c'est les 25 dernières minutes de vol. Donc pendant 25 minutes, ils sont en train de subir des montagnes russes à leurs corps défendants, et elle sait pas quoi faire. Et chaque fois, elle se dit bon bah, s'il fait ça, c'est que j'ai tourné dans le mauvais sens, et puis allez, on va corriger dans l'autre sens. Et on voit que si on loupe un petit peu, si on regarde un petit, si on zoome un petit peu dans le graphique, on On va voir qu'il y a d'autres cycles également, des cycles plus courts. On a des cycles de 3-4 minutes, c'est des cycles fugueux qui sont entretenus par le pilote. C'est des cycles très, très connus. C'est ce qui se passe quand on laisse un avion à l'abandon, et là elle les entretient avec son trim. Et après, il y a d'autres cycles plus courts que tu vois, ça correspond à des vibrations et tout ça. Et elle va enchaîner sans arrêt. Et alors ce qui va se passer, c'est qu'à un moment donné, le contrôleur aérien intervient parce qu'il réalise qu'elle a dévié de sa route. Vous avez dévié vers la gauche de votre route, pas mal dévié. Et elle répond Oui, oui, on va corriger, on va corriger. Mais en fait, elle continue à se battre avec l'avion. J'aimerais vous dire un truc, tu sais, j'avais, quoique dans ce cas-là, je doute fort que ça puisse aider. Là, on est dans des oscillations entretenues par le pilote. C'est très connu, cela peut arriver sur tout type d'avion quand le pilote agit trop sur les commandes. Et puis, plus il agit sur les commandes, plus il aggrave la situation. D'ailleurs, on apprend ça relativement tôt dans sa carrière de pilote à l'aéroclub. Et l'un des points sur lesquels les bons instructeurs insistent, c'est qu'ils te disent lâche, lâche tout, lâche tout. OK, donc tu lâches l'avion et tu réalises, peut-être ton ego prend un coup, tu réalises qu'il n'a pas besoin de toi tant que ça, qu'il peut voler sans toi, qu'il reste relativement stable sans tes besoins constamment d'agir sur les commandes. Mais ça, c'est, si tu veux, c'est comme dans tout. Devenir professionnel, c'est apprendre à faire moins. Tu prends, je sais pas, la plongée sous-marine. Tu regardes le gars qui a l'habitude de plonger, bah il est sous l'eau, il est très immobile, économe de ses gestes, il respire régulièrement, calmement. Et le novice, il est en train de bouger sans arrêt, il forme des bulles, des bulles, des bulles, des bulles, et il consomme sa bouteille d'air en quelques minutes seulement. Tu vois, c'est juste une, c'est juste partout, c'est des leçons universelles en réalité. Alors ce qui va se passer, c'est qu'à un moment donné, on a plusieurs pilotes qui parlent dans la fréquence parce que ça a été relâché l'enregistrement par la FAA, mais très difficile de tout entendre. Mais en tout cas, il y a quelque chose de poignant qui va arriver à un moment donné, et ça c'est terrible, c'est qu'on entend, on entend à la fréquence quelqu'un qui dit «Aidez-nous!» «Aidez-nous.» Et en fait, c'est pas une voix de femme, c'est une voix d'homme. «Oh merde, monsieur.» Là, c'est le papa qui a paniqué. Ça signifie on a atteint un stade où le père voit la vitesse. Tu sais que par moments ils sont montés à 230 nœuds, c'est énorme pour cet avion, c'est vraiment la VNE pour cet avion. Un petit peu, il éclate tout seul. 230 nœuds avec une vitesse de descente au radar de -10 000 pieds par minute. Je veux dire, là c'est plus, là c'est des, comment on appelle ça, des montagnes russes particulièrement effrayantes, quoi. On a un avion qui monte, qui fait une chandelle littéralement, qui monte quasi verticalement dans le ciel, jusqu'aussi haut que son énergie lui permet d'aller. Et après, quand il arrive tout en haut, il retombe en piquant avec le sol qui remplit tout le hublot, quoi, et la vitesse qui augmente. Et elle, c'est pas toujours avec son trim, non c'est de ce côté, non je suis pas sûr, non machin, Googlez, regardez. C'est une catastrophe, c'est juste une catastrophe qu'on ait lâché quelqu'un comme ça sur un avion. Mais malheureusement, comme je vous ai dit, on les lâche même sur des avions de ligne. Et ce qui s'est passé, c'est qu'à un moment donné, le père a paniqué, il a appuyé sur donc sur le bouton pour la radio, il a dit aidez-nous il a entendu des gens parler, il a entendu des contrôleurs, des pilotes échanger aidez-nous, aidez-nous L'avion a été, tu regardes l'impact, L'avion a été déchiqueté, déchiqueté. C'est, il y a des petits morceaux, en fait tu as du mal à identifier quel morceau vient de quoi. La dernière fois que j'ai vu quelque chose comme ça, c'était dans un hangar à l'aéroport de Charles de Gaulle, le 737 de Flash Airlines. J'étais dans cet hangar et je peux te dire que tu as du mal à reconnaître une pièce d'un 737 et savoir d'où elle vient. T'as l'impression que c'est un avion qui est passé à travers une broyeuse et qu'il y a des morceaux comme ça, comme dans ces voitures qui passent dans les ferrailles, les broient, et puis après t'as une pluie comme ça de morceaux de métal tordus, déchiquetés. Tu sais même plus ce qui venait d'une porte, ce qui venait d'une roue, ce qui venait d'un siège, quoi. C'est pareil, l'avion est complètement pulvérisé, il y a rien qu'on puisse reconnaître. À telle enseigne, je vous dis, il y avait une GoPro, par exemple, les deux GoPros dans l'avion, parce que voilà, il y a pas mal de mise en scène quand même dans ces histoires. L'une des GoPros, la 360, elle fonctionnait pas, elle était pas armée durant ce vol. L'autre GoPro, celle qui est devant souvent dans cet avion, eh bien, la brutalité du choc a fait que la puce à l'intérieur, la micro SD card, s'est cassée. Ils l'ont analysée, l'ont analysée même aux rayons X, etc., puis ils ont vu que la partie silicone à l'intérieur était fissurée. Il n'y avait pas moyen de la récupérer parce qu'il y a des gens capables de récupérer ces données, même la carte complètement éclatée. Ils sont capables d'aller au microscope, enlever le plastique, etc., ramener des bancs spécialisés, tout ça, connecter toutes les pattes et tout ça et lire les données qu'il y a dedans. Mais dans ce cas-là, ça n'a pas été possible. Ça aurait permis un débrief peut-être encore plus, encore plus visuel. Donc en tout cas, mes amis, Voilà, ils sont morts, tu vois. Et ce qui est terrible, c'est que souvent c'est tragédie, parce que tu sais que l'avion peut devenir le pire endroit de la Terre. Il faut pas croire, c'est passionnant, c'est amusant, c'est sympa, mais tu dois faire ton métier, tu dois vraiment faire ton métier pour vivre entier et heureux, comme dit la fameuse checklist, pour ceux qui ont la référence. C'est pas simple de piloter un avion. Et puis si tu regardes même dans les documentations, je me rappelle on avait à l'aéroclub un avion, je me rappelle plus ce que c'était, mais quand tu ouvrais la documentation, la première page c'est écrit la mauvaise utilisation de cet appareil peut causer des blessures ou peut causer la mort C'est les Américains qui utilisent ce genre de terminologie juste pour se protéger, genre viens pas porter plainte. Mais pour te dire, pour finir sur un détail, c'est que quelques mois après l'accident, donc l'accident a eu lieu en décembre, En avril de l'année d'après, en avril 2024, donc on est 4 mois après l'accident, il y a la sœur de cette femme qui écrit au NTSB dans le cadre de leur enquête et elle leur dit «Ma maman est morte.» Et drôle, c'est un moment d'humanité dans ce torrent d'éléments techniques, graphiques, Excel, CSV, tout ça, enregistrement radar et tout. Ils rajoutent, ils vont verser cette lettre au dossier alors qu'elle n'a pas de— tu regardes sur le plan technique, elle n'a aucune valeur probative, elle démontre rien du tout. Mais sur le plan humain, elle est importante. Tu réalises que la pauvre femme, la pauvre vieille, voilà, un jour, bam, elle apprend la mort de sa fille, la mort de son mari, et puis 4 mois plus tard, elle meurt. Tu vois, c'est aussi ce coup-là humain dans l'œil. D'ailleurs, les accidents d'avion, j'en parle pas beaucoup, si tu remarques. Dans ce canal parce qu'on est pas sur un canal plutôt technique, mais bon, des fois on parle d'humain parce que c'est important, parce que quand même c'est des histoires humaines après tout. Mais il y a beaucoup de tragédies quand tu regardes, quand tu vois, c'est des prix qui sont payés très cher. Les leçons, les leçons qu'on apprend. Moi, pourquoi je fais ces vidéos des fois, tu sais, parce que les leçons qu'on apprend ici, moi je préfère qu'on les apprenne devant, devant sa télévision, quoi. Qu'on les apprenne quand on est dans un cockpit avec le sol qui est en train d'arriver à 10 000 pieds par minute, tu vois. C'est pas le même prix qu'on paye, c'est tout. Voilà, mes amis, merci d'avoir écouté cette triste histoire jusqu'ici. Merci à ceux qui s'abonnent. Abonnez-vous s'il vous plaît pour m'encourager. Si je parle pas de— si je dis pas abonnez-vous, généralement le compteur d'abonnement commence un petit peu à stagner. Donc abonnez-vous s'il vous plaît. Merci à ceux qui s'abonnent aussi sur la partie payante, qui accèdent à des vidéos exclusives et qui permettent à ce canal d'exister aussi. Il y en a qui le font sur Patreon, d'autres sur YouTube directement. Ils accèdent aux mêmes vidéos exclusives. Et puis je vous rappelle mon livre sorti récemment, Le Titan, notre tragédie, 5 personnes qui ont fumé, qui ont fini en qui ont fini en nuage rose pas loin du Titanic lors d'une implosion. Malheureusement, là encore, on va retrouver énormément d'illusions humaines qui sont perdues, qui sont perdues l'espace d'un instant. Une coque qui craque, et là on a peut-être une fraction de seconde pour réaliser qu'on a fait les mauvais calculs, voilà, mais qu'il est trop tard pour revenir. On le trouve sur Amazon, un livre intéressant je trouve, même si je suis l'auteur, donc je suis pas objectif, mais je trouve que c'est un livre qui t'emmène à travers énormément d'histoires humaines. Voilà, merci mes amis d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici et on se retrouve dans la prochaine. À bientôt!
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