Alain Delon : Hommage à ce Cinéma qui nous Rassemblait

A personal tribute video reacting to the reported death of French actor Alain Delon. The speaker (in French) announces Delon’s death and age, reflects nostalgically on mid-20th-century French cinema (1960s–1980s), names many leading and character actors and actresses (e.g., Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Jean Gabin, Brigitte Bardot, Romy Schneider, Catherine Deneuve, Pierre Richard, Michel Piccoli), praises the era’s strong masculine/feminine screen presences, contrasts it with contemporary (2024) cinema which the speaker criticizes as militant/woke and aesthetically degraded, and laments broader cultural decline. The tone is nostalgic, critical, and elegiac; the content is a monologue rather than an interview or documentary.
Questions this video answers
1935.
88.
Mes amis, bien le bonjour. J'ai appris ce matin le décès d'Alain Delon, à l'âge de 88 ans. C'est un acteur qui est né en 1935 et il est mort aujourd'hui. Et en fait, avec son départ, c'est vrai qu'on se met des fois, ceux qui ont connu ces époques-là, on rentre dans une phase des fois nostalgique. On se rappelle quand nous étions enfants, on se rappelle de nos parents, ils étaient plus jeunes, ils étaient en bonne santé, ils étaient là, ce qui est déjà quelque chose. On avait aussi la bénédiction d'avoir nos grands-parents, de pouvoir leur parler, de pouvoir les toucher. Une époque qui semblait, alors peut-être qu'elle était vraiment meilleure, ou peut-être c'est juste la nostalgie qui nous donne l'illusion qu'elle était meilleure. Mais on sait une chose, on sait qu'avec la disparition d'icônes, quand ces icônes partent comme un indolent, On réalise que nous sommes sur une sorte de tapis roulant qui inexorablement est en train d'avancer et nous emmener tous vers une sorte de précipice. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Alain Delon, c'était un des plus grands acteurs, un des piliers du cinéma français. Mais c'est aussi un homme de contradiction. C'est-à-dire que d'un côté, il était le pilier du cinéma français, mais en même temps il semblait évoluer à la lisière de celui-ci. C'est un personnage avec des manières sophistiquées, mais en même temps avec un instinct brut qui était juste là, sous la surface. C'est un acteur qui correspond à une époque révolue. Si on se remet dans les années où il a été très actif, si on se remet aux années 60, 70, même 80, dans une certaine mesure, 80 qui était le début de la chute du cinéma français. Et on commence à se rémémorer des noms. Quels sont les noms d'acteurs qui viennent de cette époque-là ? Et qu'est-ce qu'ils ont de commun ? Qu'est-ce qu'ils ont de... Qu'est-ce qui les lie ? Quel est le lien entre des acteurs principaux ? Comme par exemple Alain Delon, comme Jean-Paul Belmondo, qui a fait, à ma connaissance au moins, deux films avec Alain Delon. Si on pense aux acteurs principaux, je disais, comme Alain Delonge, Jean-Paul Belmondo, Ventura, Gabin, mais aussi à des acteurs peut-être qui étaient juste... Le cinéma français était très fort à avoir des acteurs secondaires très importants. Si je réfléchis à Francis Blanche, je réfléchis à Claude Rich, à Dalban, à André Pousse. à Constantin, Michel Constantin. Retrouvez Michel Constantin dans l'un des films les plus extraordinaires qu'il ait fait, le film qu'il a révélé, une histoire vraie. des hommes cherchant à s'échapper d'une prison. Je ne sais plus laquelle c'était. Peut-être la Santé, je pense. C'était la Santé ou... Fren. D'ailleurs, Alain Deland a aussi taquiné ce sujet. Où il s'échappe d'une prison avec... Derrière lui, à ses trousses, Ventura qui les poursuit. En fait, c'est une thématique qui a été récurrente parce que, tout simplement, là où il y a un homme, Il y a quelqu'un qui cherche à s'évader d'une prison. Et si on regarde le cinéma de l'époque, je disais, il y a un lien entre tous ces acteurs ou ces comédiens. J'ai la chanson d'Aznavour, « Viens voir les comédiens qui passent dans ma tête », là. Mais si on regarde cette époque, qu'est-ce qui lie tous ces acteurs ? Eh bien, tous ces acteurs étaient des symboles masculins extrêmement forts. C'était des gens, des tranches, des gueules. Je vous montre une photo que j'ai imprimée, juste m'accompagner dans la voiture, qu'elle soit avec moi ici, pour donner le temps, si vous le souhaitez. Donc ça, on reconnaît bien sûr ici, on reconnaît Alain Delon, plus jeune. Cette image doit être prise dans les années, peut-être fin des années 60, début 70, je ne sais pas. Je situe, juste comme ça. Le bonhomme au milieu, je ne le connais pas, si quelqu'un peut m'aider à enrichir ma culture cinématographique. Le bonhomme au milieu, je ne le connais pas. Et cet homme-là, cet homme, bien sûr, c'est beaucoup en reconnu. Regardez cette tranche, regardez cette gueule, regardez ce nez presque macronien. C'est Bruno Kremer. Je disais que ces acteurs étaient des hommes. Il y avait une masculinité très forte. qui était sous-jacente, même le plus fragile d'entre eux, je pense que tout le monde acceptera que le plus fragile c'était le fèvre, Jean le fèvre, et bien malgré tout ça, c'était quand même quelqu'un qui dégageait quelque chose, qui l'imposait d'une certaine manière, même si c'est à son niveau. Les femmes aussi étaient de vraies femmes. Je sais pas, je donne quelques noms au hasard qui me viennent en tête. Pensez à Brigitte Bardot, pensez... Brigitte Bardot, elle a joué dans un film, le mépris. Le mépris avec Gabin. Regardez ce film, très intéressant. Vous la prenez mon affaire. Quand je regarde dans mon serveur de vidéos que j'ai à la maison, j'ai que ces films-là, en fait. Pour vous dire la vérité, ce que je suis en train de vous citer, c'est de mémoire. Mais j'ai du mal à vous dire quel cinéma se passe en 2024. Avant de venir ici, faire cette vidéo, j'ai dû googler. J'ai dû googler. Ma grande honte. Mais c'est pas une honte, c'est une démission. J'ai exprès abandonné le cinéma français. de nos jours. C'est un cinéma entendu, c'est un cinéma qui... qui cherche à faire passer un message, qui cherche à militer, qui met en avant la fragilité, qui met en avant... Parce que vous avez compris, on en a parlé lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Aujourd'hui, ce que l'art français a été capturé, qu'il soit cinéma, peinture, musique ou autre, a été capturé par une sorte de caste qui a perdu le sens de l'esthétique. C'est une caste, lorsqu'elle sort quelque chose, ça doit être moche, ça doit être menaçant, ça doit être blasphématoire. Ça ne peut plus se mesurer ou se distinguer par rapport aux gens que j'ai eu l'honneur de citer précédemment. Ce n'est pas possible. Il leur arriverait même pas la cheville. Ils en sont incapables et ils ne tentent même pas. Ils ne pourraient pas. Donc, c'est pour ça qu'ils se surpassent dans l'excès. Je disais, pour savoir ce qui se passe en 2024, je peux vous parler du cinéma français des années 60 ou des années 70. Mais si je dois vous parler de celui de 2024, j'ai pas la moindre idée. J'ai été googler. Qu'est-ce qu'il y a à l'affiche ? Alors, il y a plein de films. J'ai vu aucun film français. J'ai vu des films, surtout américains, avec des noms anglais, un petit peu. Voilà la production de l'époque. Et je suis désolé. Je suis vraiment désolé pour les jeunes d'aujourd'hui auxquels on livre ces modèles. Parce que si on regarde les femmes, je disais, Prenez Romy Schneider, Catherine Deneuve, Marie Laforêt, Brigitte Bardot et d'autres. Ceux que j'oublie, je les oublie parce que je n'ai pas de liste devant moi. Mais j'y penserai tout à l'heure quand j'aurai fini d'enregistrer. Si vous regardez les hommes et les femmes, ils étaient extrêmement marqués. C'était des symboles forts. Des symboles présents à l'écran. C'est nécessaire, cette présence-là à l'écran. Tu ne peux pas faire un grand film avec des demi-celles. Je te montre une autre image. Quand tu vois une image comme celle-ci, une photo comme celle-là, regarde, on a Alain Deland, on a au milieu le pacha, le gabin, on a Lino Ventura. On les a assis ici. C'est le pacha qui est assis. C'est Gabin qui est au milieu. Je ne sais pas quel film. Ça doit être « Mélodie en sous-sol ». C'est le seul film qui me vient en tête où ces trois jouent ensemble. « Le clan des Siciliens ». Bien, « Le clan des Siciliens ». C'est possible. Je confonds. Vous voyez, les mémoires s'estompent doucement. C'est le tapis roulant dont je parlais au début de la vidéo. Et je disais qu'avec le temps qui avance, ce cinéma a été perdu. Il a été remplacé par un cinéma militant, emprunt d'une culture woke. Nous, quand on était jeunes, quand on était enfants, on était adolescents, et on pouvait accéder parfois à certains films, genre tu as 13 ans et tu peux regarder un film, ou parfois même t'es plus jeune, mais t'arrives à y accéder malgré tout. Eh bien, à des époques, ou à des moments charnières de nos vies, des moments d'interrogation, des moments de recherche, de questionnement, Tu voyais ces acteurs très forts, il y en avait pour les femmes, il y en avait pour les hommes. Et des fois, tu pouvais y trouver des réponses à tes questions, tu pouvais trouver des modèles, tu pouvais trouver des influences, si tu veux. Et c'était les influences qui te rendaient plus que tu étais, qui te permettaient de chercher le meilleur de toi-même, qui te permettaient de te renforcer, de te forger, de te créer. Il y avait quelque chose de positif qui se dégageait d'eux. Ce qui m'a rendu triste aujourd'hui, en plus de toute cette phase nostalgique dans laquelle je suis plongé depuis que j'ai appris la mort d'Alain Delon, j'ai vu certaines réactions extrêmement négatives de Français en ligne. Quand ils ont appris sa mort, j'ai vu des messages sur Twitter. Twitter est en train de devenir, je ne vous cache pas, un des Peut-être un des réseaux sociaux les plus libres en termes de liberté d'expression, ce qui est bien. Mais en même temps, il est en train de devenir le réseau social le plus toxique. Ce qui est quand même un grand révélateur de notre époque. Liberté rime avec toxicité. Ça dit long sur ce que les gens vivent, les uns et les autres. Parce que cette toxicité, ce n'est pas X au Twitter qui l'a créée, il la révèle. C'est comme la vacuité des gens qui sont sur TikTok. Cette vacuité n'est pas créée par TikTok, elle est juste amplifiée et elle est apportée à notre connaissance. Je disais qu'à sa mort, il y a beaucoup de Français qui ont critiqué Alain Delon. Je veux dire, ils n'ont même pas attendu qu'il soit enterré pour commencer à critiquer. Et ce réflexe, je l'attendais, je l'attendais. Il est prévisible et je vais vous dire d'où il vient. Les français, on leur a appris, quand tu veux détruire une nation, quand tu veux détruire un pays, tu commences par où ? Quel est le début ? C'est quoi la première étape, vraiment ? Tu leur apprends à se détester eux-mêmes. Tu leur apprends à se mépriser. Et comment ça s'exprime ? Ils doivent mépriser leur art, leur histoire, leur passé, leur cuisine. leurs grands-parents, leur héritage, leur héritage qu'il soit spirituel ou culturel ou autre, ils doivent apprendre à le détester, à le mépriser. C'est dans ce mépris-là que justement on trouve ces réactions, certaines réactions que j'ai vues aujourd'hui. C'est nécessaire, il faut que ça passe par là, c'est obligatoire. Si les Français étaient fiers de ce qu'ils étaient, ils ne seraient pas devenus ce qu'ils sont aujourd'hui. Forcément, ça coule de source, je n'ai pas besoin de le démontrer. Donc voilà mes amis, c'est l'un des derniers géants qui s'en va, des acteurs de cette génération, de cette époque, que reste-t-il vivant aujourd'hui ? On a Pierre Richard, qui a fait souvent des films drôles, regardez par exemple... Des films drôles, mais des fois des films... Des films avec des messages assez puissants, sans l'avoir l'air de vouloir les donner. Regardez... Je suis timide, et je me soigne avec Aldo Machione, ça si vous voulez rire. Il n'y a pas de message là-dedans, il y a du rire. Mais regardez le jouet aussi, un jouet très intéressant. Il fait rire, par moments, mais il y a quelque chose. Il y a une relation très forte. À un moment donné, le PDG d'une boîte, un gars très riche, il appelle un personnage incarné par Pierre Richard. Il l'appelle à son bureau et lui dit, est-ce que vous voulez baisser votre pantalon ? Il dit, ah bon, monsieur ? Oui, baisser votre pantalon et aller faire le tour des bureaux. J'ai besoin d'apprécier ou j'ai envie d'apprécier l'effet humoristique. Il regarde à droite, à gauche et puis il baisse son pantalon. Pierre Richard baisse son pantalon et il part, il est sur le point de partir pour aller vers les bureaux, se balader dans cette tenue grotesque, dans cette posture grotesque devant les autres employés parce que le PDG lui a demandé. Et celui-ci l'arrête et lui dit... Qui est le plus grand monstre d'entre nous deux? Moi qui vous demande d'ôter votre pantalon et aller le faire autour des bureaux? Ou bien vous qui acceptez de le faire? Vous voyez, il y avait des fois des messages très puissants dans certains films. Regardez un film avec Michel Piccoli. Michel Piccoli, un film qu'on appelle... qui montre les dérives de la télévision, du direct, du show. Le prix du danger. Le prix du danger. Un film très intéressant. Des messages très puissants, mais il n'y avait pas de... qui n'était pas ostentatoire, comme il le sent, comme il le sent aujourd'hui. Puis au passage, puisque vous y êtes dans Michel Piccoli, regardez aussi La Grande Bouffe. C'est très intéressant aussi, je ne vous en dis pas plus. Maintenant, voilà, c'est... Qui reste vivante, je disais Pierre Richard, Brigitte Bardot, elle est vivante aussi, et elle partage avec Alain Deland une sorte d'amour des animaux. Alain Deland, c'est... C'est quelqu'un qui était très proche de nos amis les bêtes, peut-être un peu moins de nos amis les humains et on peut le comprendre. Il y avait des fois dans son attitude, quand on regarde dans certains films ou même des fois sur certains plateaux, quand il était invité, on sentait des fois qu'il y avait quelque chose juste sous la surface, qu'il y avait une sorte de... une sorte de grand drame quelque chose et on se disait que l'instant d'après il va le révéler mais cet instant n'est jamais venu c'est un petit peu ça fait partie de ces mystères que la vie décide de ne jamais ouvrir, de ne jamais dévoiler donc voilà mes amis qu'ils reposent en paix et puis Et puis voilà, le cinéma meurt, mais il reste encore du cinéma dans des anciennes bobines, il reste vraiment de quoi se faire plaisir. J'espère pouvoir, quand ma fille sera plus grande, j'espère pouvoir l'initier à ce cinéma-là, le vrai, le vrai. Vous savez, quand on veut aujourd'hui regarder, admirer des toiles, on va dans un musée, on regarde, des anciennes toiles on regarde je sais pas moi on regarde du Monet ou on regarde du Van Gogh on regarde des anciennes toiles on regarde pas les toiles d'aujourd'hui parce qu'une toile peinte en 2024 il va y avoir quoi dedans j'ai pas envie d'être trop scabreux dans une vidéo rendant hommage à Alain Delon mais on se comprend donc quand on veut regarder les oeuvres d'art qu'elles soient des sculptures, on va regarder des sculptures qui datent d'il y a 2000 ans. Quand on veut regarder des toiles, on regarde des toiles qui datent d'il y a plusieurs siècles. De la même manière, dans la même lancée, quand on veut voir du cinéma, on regarde du cinéma qui date d'il y a 40 ou 50 ans. Parce que ça, c'est le vrai cinéma et il sera vrai, même dans un siècle ou deux. Je suis objectif, on en parlera dans 100 ans, Alain Delon, même s'il ne faisait pas partie de l'équipe de de ce film que tout le monde a déjà reconnu. Vous voyez, c'est ça la force. C'est ça la force du cinéma de l'époque. Une allusion, n'est-ce pas ? Une allusion. Et vous savez de quoi je parle. C'est ce lien. C'est ce lien qui lie tous les francophones du monde entier. Je ne suis pas français, mais on est lié par cette culture, par ce cinéma. On aurait du mal à faire la même chose aujourd'hui. C'est comme ça. Pourquoi ? Peut-être que nous avons dégénéré tout simplement. Peut-être que tous, collectivement, nous avons... dégénéré. Boeing n'arrive plus à fabriquer des avions qui volent correctement. La NASA n'arrive plus à envoyer des gens dans l'espace. En restaurant, on n'arrive pas à me livrer de la nourriture digne de ce nom. On critique peut-être le cinéma. C'est ça, peut-être je vais finir sur ça, mais on critique le cinéma. On se dit, ouais, le cinéma, c'est dégradé. Après, quelqu'un va dire oui, mais la chanson aussi. Un autre te dira oui, mais Boeing aussi, c'est dégradé. La NASA, tout ça. Après, tu te demandes si Ce n'est pas tout qui est en train de se dégrader. En tant qu'humanité, nous ne sommes pas en train de nous oxyder, nous ne sommes pas en train de nous rouiller collectivement. C'est peut-être ça aussi. Voilà mes amis, merci de m'avoir écouté, de m'avoir partagé ce moment avec moi. J'avais envie de vous dire ces choses-là. A très bientôt.
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