
A man recounts his friendship with Christian, who descended into severe alcoholism, drinking cheap liquor daily before dying within two years. He also describes a tenant destroyed by alcohol and reflects on the guilt and helplessness of watching someone drink themselves to death.
Questions this video answers
17
About two to two-and-a-half years
5,000 Swiss francs
Bonjour mes amis, je suis désolé de l'obscurité de l'image. En fait, ces temps-ci, il fait nuit assez rapidement. Je m'étais habitué à faire des vidéos des fois tardivement. Mais là, je vois qu'il n'est même pas 20 heures et il fait nuit. Donc je devrais faire attention. Alors, vous savez, j'aimerais vous parler de quelqu'un, enfin de quelques personnes. Quand j'étais arrivé en Suisse, j'avais 17 ans, je venais de quitter mon pays. Je venais de quitter mon pays pour l'inconnu en fait. Je ne savais pas que j'allais finir là. J'étais très très loin à l'époque de penser que j'allais à cet âge-là être en Angleterre. Ça ne m'avait pas effleuré l'esprit. Et en fait, j'avais connu une famille. Une famille, c'est trop dire. C'était plutôt un ami qui était plus âgé que moi à l'époque. Je l'ai connu pendant trois ans, j'avais entre 17 et 20 ans, lui avait la quarantaine. Et puis il s'appelait Christian parce que, clairement, à la fin de cette histoire, il est mort. Donc, cette personne, il m'a beaucoup aidé. Il m'a beaucoup aidé parce que ça fait partie de ces rencontres. amicales, mais très fortes, qui changent une vie. Je pense qu'on peut dire, ou il serait juste dire que mon parcours aurait probablement été différent si je n'avais pas rencontré cette famille-là, et en particulier cette personne. Alors, j'arrivais d'Algérie, j'étais gauche, j'étais timide, je n'osais pas parler en public, j'étais un petit peu traumatisé pour résumer si vous voulez j'étais traumatisé je pense qu'on peut résumer ça comme ça et si vous voulez il m'a aidé à faire les premiers pas d'un chemin très long, et ce chemin, je ne dis pas que je l'ai parcouru, je n'aurais pas cette prétention-là, mais je pense qu'il m'a aidé dans ces premiers pas qui sont souvent les plus difficiles quand on considère un parcours pareil. Et même s'il m'a fallu des années et des années pour commencer à me sentir à peu près ou correctement mieux, j'allais falloir dire bien, mais mieux en Occident, C'est vrai que lui m'a aidé un petit peu à accélérer ce processus-là. Et puis, si vous voulez, quand je l'ai connu, il vivait chez sa mère. Enfin, il avait trouvé asile ou refuge chez sa mère. Raison, c'est qu'il avait ce qu'on appelle en Suisse l'office des poursuites. Au cul, pour faire poli. L'office des poursuites, c'est quand une personne en Suisse, c'est quand une personne est en faillite, est en faillite personnelle, qu'elle a beaucoup de créanciers qui lui courent après. elle tombe à un moment donné, ce cas-là, ou ce genre de problématique, tombe sous la juridiction de l'office des poursuites. Alors l'office des poursuites, il va, comme son nom l'indique, poursuivre la personne, et en fait, la personne n'a plus le droit d'avoir des biens, n'a plus le droit d'avoir des rentrées d'argent, parce qu'elle s'en saisit, en réalité. Alors c'est vrai que la loi prévoit de... Il y a un minimum, ils ne peuvent pas te saisir un lit, te laisser dormir par terre, par exemple, il y a des limites. Ils ne peuvent pas te saisir la télé, mais... Le reste, ils le prennent. Et donc, c'est pour ça qu'il s'est retrouvé chez sa mère à un âge où il croyait, peu de temps avant, il croyait avoir réussi. Sa réussite était fondée sur des bases douteuses. Il avait, il me suffit de vous dire qu'il avait vécu en Italie, à une époque où aucun homme honnête n'avait le tampon de l'immigration italienne dans son passeport. Les gens honnêtes ne se baladaient pas avec de la lire italienne dans leur porte-monnaie. Il a utilisé la ruse, le faux en écriture, la fraude. Je suis très enclin à penser qu'il a même utilisé la coercition. pour séparer un certain nombre d'institutions de leur dénié, de leur argent, d'accord ? Donc il a eu une époque comme ça. Mais vous savez, c'est des personnes qui vivent ainsi. On dit souvent que le bien mal acquis ne profite jamais. La réalité, c'est que le bien mal acquis, généralement, les gens qui l'obtiennent ont tendance à le claquer, à le dépenser, C'est une vie de démesure en quelque sorte. Et généralement, ils ne vont pas après en profiter, en tout cas pas sur le long terme. De sorte que lui, à un moment donné, il y a tout son système qui s'est écroulé. Il s'est retrouvé chez sa mère. Alors moi, au moment où je le connais, il était chez sa mère déjà. Il était, je ne le savais pas, j'étais trop jeune pour le savoir, à 17 ans, tu ne peux pas analyser une vie comme ça. Il était sur la pente savonneuse. Et au départ, j'avais perçu qu'il avait une relation difficile avec l'alcool, mais il ne buvait pas plus que de raison. Mais il avait toujours cette... Comme ils disent dans les visiteurs, tu t'expangiais dans la vinas. Mais au départ, c'était quelque chose de contrôlé. Et en fait, rapidement, les choses se sont dégradées. Pour vous donner un exemple, pour vous situer à peu près quel était son degré d'implication dans la boisson alcoolisée, Alors imaginez, j'allais chez lui, on discutait, c'est un homme très intelligent, c'est un homme très... qui avait parcouru le monde. Il avait des photos avec les musiciens d'Elvis Presley. Il avait des disques collectors qui valaient des fortunes. Un en particulier de RCA Records. C'était la première... Non, pas RCA. Oui, il avait du RCA, mais même du Sun Records. Il était amateur d'Elvis Presley. Et il avait des objets extrêmement rares. Et certains de ces 45 tours, je le dis pour une nouvelle génération, vous savez les disques, il y avait 33, 33 tours sont grands et 45 sont petits. Et il y avait même, je crois, 76 tours. Mais ça, ce n'est plus de ma génération. Des gens plus âgés que moi peuvent répondre à cette question. En fait, l'un de ces disques qui était le plus précieux dans la collection, il valait 5000 francs suisses. 5000 francs suisses, à l'époque où 5000 francs suisses, c'était de l'argent. Et en fait, le poursuite, je pense, parce que maintenant, puisque je vous en parle, j'y pense, je n'y ai jamais pensé. Regardez, ça fait du bien de vous en parler parce que soudainement, j'y pense que finalement, les poursuites, malgré de nombreuses visites chez lui et tout, ont raté le fait que certains des objets de collection qui étaient là valaient extrêmement cher. Mais voilà, tout le monde n'est pas expert en Elvis Presley. En tout cas, toujours est-il que Je voulais vous dire comment il buvait, donc on refaisait le monde. Je dormais dans le salon, j'allais sur un divan, je dormais entouré de tous ces objets de voyage et de collection. Le matin, je me réveillais sur les coups de, allez, je vais vous dire, entre 7 et 8 heures, quand vers ces âges-là, on dort beaucoup. Et en fait, je le trouvais dans la cuisine, d'accord, je le trouvais dans la cuisine, arborant une sorte de... pas de chemise, de robe de chambre, voilà, de robe de chambre en soie noire et déjà assis devant une bouteille de rosé. Alors le rosé en question, c'était du... Alors, pardonnez-moi la prononciation, on dit Rumila, ça s'écrit Jumila en français. D'accord, c'est du rosé qui se vend par bouteille d'un litre. Alors en Suisse, l'alcool, le vin se vend en déci. les bouteilles normales que les gens boivent comportent 750 millilitres ou 7,5 déci. Donc la bouteille d'un litre, le litrant, est déjà extrêmement mal vu. Je sais qu'il y a des professionnels chez des professionnels. J'avais travaillé à une époque dans un resto et je me rappelle, même si je n'étais pas au bar, mais je me rappelle qu'au bar, il y avait des bouteilles d'un litre. Mais je ne vous dis pas d'où certaines venaient. Enfin, on était à Genève, je vais vous le dire quand même, c'est il y a longtemps. Certains de ces bouteilles étaient trafiquées par la valise diplomatique d'un certain nombre de pays. D'accord, en fait, parce que c'est des bouteilles d'un litre, si vous voulez, que les professionnels utilisent. Et puis, il y a des diplomates. Genève, c'est bourré de diplomates. Et donc, il les ramenait sous couvert de valise diplomatique et les vendait. Il y avait des réseaux, ça se vendait. Alors bon, je crois, je ne sais pas si ça se fait toujours, mais voilà, les gens, ils arrondissaient leur fin de mois. Toujours est-il que lui, il buvait des bouteilles d'un litre. Donc, c'est du vin de cuisine pour faire simple, du litrant. Il était livré, il était livré par cajou entier, par un épicier qui était en bas de la rue. Alors l'épicier, il envoyait un jeune, c'était un jeune qui ne devait même pas, je crois qu'il n'était même pas majeur, qui arrivait avec un diable, avec des cajous. Je ne sais pas combien il y avait de cajous sur le diable, 4, 5, d'accord ? Un cajou, c'est 12 bouteilles. Il recevait ça, n'est-ce pas ? Et il stockait ça dans la cuisine et il buvait ça comme de l'eau minérale. Ce vin rosé, je ne l'ai jamais goûté, il puait, il n'était pas attirant, il n'était pas appétissant. Et donc, il buvait ce vin-là comme de l'eau minérale, pratiquement au réveil le matin. Il remplit un gobelet, il boit. Avec le temps, il avait développé une certaine résilience à l'alcool, de sorte qu'il pouvait boire de grandes quantités et il avait l'impression d'être OK. Pourquoi je suis en train de raconter tout ça ? Parce que je m'élève contre l'image de l'alcoolique dans les médias, dans la littérature, tout ça, qui parfois présente des gens qui boivent, qui éclusent au kilomètre littéralement, n'est-ce pas ? Et on a cette impression que c'est quelque chose qui peut s'installer sur la durée, sur le long terme. J'aimerais vous dire que ça dégrade la santé de la personne et que ça tue beaucoup plus rapidement que la personne moyenne pense. Alors, lui, il buvait cet alcool-là. Ce vin, ce n'est même pas de l'alcool pour lui, c'est de l'eau minérale, c'est de l'évian. L'après-midi, il commençait à boire ce qu'on appelle du Plumly. Le Plumly, c'était un alcool qui se vendait chez... Je sais pas, ça existe toujours, ça t'enseigne, chez Denner. Alors, Denner, c'était un discount. C'est comme on dit, je crois, en France, une sorte de Liederpreis. C'est moins cher. Et le Plumly, C'était le rapport entre le franc, combien de francs tu mets à la caisse, et combien d'alcool t'obtiens. C'était le meilleur rapport possible et imaginable, pratiquement dans tout le pays. C'était l'alcool le plus fort et le moins cher possible et imaginable. Celui-là, je l'ai goûté, il a un goût de parfum. C'est fait à base de prune. C'est de la prune distillée, je crois qu'il titre du 40. À l'époque, il mettait du 40, aujourd'hui, c'est en 37,5. C'est du vol, ça. Mais bon. Si il avait bu du 37,5, il aurait peut-être vécu 6 mois de plus. Mais en tout cas, je vous disais que cet homme, qui était un très bon ami à moi, vous savez, il avait des hauts et des bas dans sa vie, même sur le plan moral, même sur le plan de... de l'exécution, on va dire. Il avait des côtés obscurs, en fait, que j'ai jamais réussi complètement à percer. Avec lui, il a parfois été dur de savoir où finit la réalité, où commence la légende, vous savez. Il disait beaucoup de choses. Et en fait, à un moment donné, je ne vous le cache pas, il est mort, je peux le dire, je ne savais pas, au fond de moi, si j'avais affaire en face de moi à un gars bien ou pas. D'accord ? Maintenant, je ne vais pas vous dire si c'était un salaud, c'était un ange. Tous les humains sont des salauds et des anges. Alors que lui, il était cette composition mi-salaud, mi-ange, je pense. Maintenant, avec sa mort, la considération d'une telle question doit s'arrêter, doit cesser. Et c'est pour ça qu'il y a une personne ou deux dans ma vie quand même qui est dans ce cas-là, où la mort m'a obligé à classer un dossier parce qu'on ne peut plus répondre à la question. Mais la question reste là, quand même, même si je sais que pour l'éternité, jamais elle n'aura de réponse. Et en fait... Et en fait, je pense qu'elle est très personnelle, cette vidéo à ce stade. Je devrais probablement la mettre sous... dans la liste sous... Je verrai, sous blog ou quelque chose comme ça. En fait, l'après-midi, donc il buvait cet alcool. Alors, où a été le problème en réalité? Le problème est le suivant, c'est qu'au bout d'un moment, au bout d'un moment, j'ai commencé à me sentir mal parce que voilà ce qui s'est passé et ça a glissé très rapidement. Il y a eu une dégradation de sa santé qui s'est manifestée, qui a une manifestation extrêmement impressionnante. Je peux vous dire le symptôme, mais On saura jamais pourquoi. Il a pratiquement perdu toutes ses dents en l'espace de quelques semaines. En quelques semaines, il a perdu toutes ses dents. Alors, vous voyez, le gars, il avait une belle gueule. Il avait une gueule à organiser des vaux de ville et tout ça. Donc, sa gueule est une sorte de passe-partout pour lui. Donc, c'est vrai que ça l'a complètement cassé. En psychologiquement parlant, moralement parlant, il était très bas. Il voulait pas aller chez le médecin, il pouvait pas aller chez le médecin, semble-t-il, il disait. Il n'avait pas les fonds parce qu'il pouvait aller chez le médecin, j'imagine, en Suisse, ils sont couverts par des assurances et tout ça. Mais je crois qu'il était dans une situation délicate, financièrement parlant, qui l'empêchait d'accéder à de la médecine à laquelle il accédait avant, donc la médecine privée, par exemple. Et donc, Il espérait revenir à une meilleure fortune, mais il n'y avait pas de meilleure fortune possible parce qu'il ne travaillait plus. Le peu de rentrée d'argent qu'il pouvait avoir était confisqué par l'office des poursuites de Lausanne. Donc, il n'y avait pas réellement de solution. Et à ce moment-là, il a arrêté de sortir. Il a arrêté de payer l'assurance de sa voiture et tout ça. Il a retiré les plaques, comme on dit en Suisse, parce qu'elles sont amovibles, et il a couvert sa voiture avec une bâche. À ce moment-là, puisqu'il sortait plus, puisqu'il sortait plus, il commençait... Et là, il faut... Je n'ai pas un rôle glorieux dans l'affaire, je vous le dis tout de suite. L'histoire ne va pas aller dans ce sens. Il a commencé à avoir besoin de moi pour acheter son alcool. D'accord. Donc, je me souviens, il me donnait un billet de 100 francs, 100 francs suisse. D'ailleurs, je vais vous dire ce que je lui ai acheté pour 100 francs suisse, si ça vous permet de voir s'il y a eu de l'inflation ou pas. Alors, avec 100 francs suisse, je lui ai acheté la chose suivante. C'est la même liste, je la connais par cœur. Alors, il fallait acheter la bouteille de Plumli, donc l'alcool de prune chez Daener, chez Daener, en sous-gare. C'est sous-gare, oui, c'est sous-gare. Il y avait un Daener à l'époque, sous la gare de Lausanne. Je lui ai acheté, chez un buraliste, une cartouche de Mekarios. C'est des petits cigars, des cigarios puants comme ça. Je lui ai acheté une boîte d'aspirine, une boîte de vitamine C, parce que le problème des alcooliques, c'est que très souvent, ils vont développer des techniques du genre, tu sais quoi, j'ai lu d'après une recherche scientifique, c'est faux ce que je vais vous dire, d'après une recherche scientifique, c'est que si tu prends une bouteille d'alcool pur, mais tu prends avec une aspirine au début et une vitamine C à la fin, tu protèges ton foie et il n'y a rien qui se passe. C'est faux, ça, d'accord ? Mais beaucoup d'alcooliques rationalisent comme ça. Ils comptent pas l'alcool bu avant une certaine heure ou après une certaine heure ou consommé d'une certaine manière ou à une telle vitesse ou concomitamment à tel ou tel médicament ou à tel ou tel produit. Mais ça, c'est juste une façon de justifier quelque chose qu'ils sont en train de faire. Ils savent que c'est mal. D'accord ? Ça ne les sauve pas. Ça ne va pas très loin, ça. Et en fait, Et il me restait encore de la monnaie, et là il me demandait de lui jouer à la loterie. Il espérait gagner à la loterie, donc je jouais encore une grille de loterie. Et voilà, les 100 francs étaient partis. Je ne suis pas sûr que 100 francs ramèneraient tout ça de nos jours. Je me sentais mal, d'accord ? Je me sentais mal. C'est-à-dire qu'il me disait en plus quand tu rentres à la maison, quand tu viens, quand tu me cherches ça, d'accord ? Donc moi, j'étais... J'étais des fois loin, j'étais à mes études, tout ça, j'étais très loin. Et il pouvait m'appeler et me dire, s'il te plaît, ou bien je l'appelais pour savoir comment il va, pour des cabines, tu sais, tu mets une carte, tu mets des pièces, « Salut, comment ça va ? », tout ça, puis clac, clac, clac, tu entends la cabine. Et puis le mec, il te dit, oui, là, s'il te plaît, je veux que tu passes rapidement, si tu peux m'aider là. Et puis, moi, je commençais à me sentir mal parce que j'avais l'impression de lui acheter le poison qu'il tuait. C'est vrai, c'est ce que je faisais. Je participais à le tuer. Je n'avais pas les ressources mentales de faire face à cette culpabilité. Et quand je refusais, Il partait sur une culpabilisation, un chantage émotionnel. Oui, je pensais que tu étais un ami, des trucs comme ça. Voyez le genre. Donc, j'étais déchiré. J'étais partagé intérieurement. Je ne savais pas quoi faire. J'étais paniqué. Acheté, pas acheté. Et des fois, par gain de paix, J'allais lui acheter, ce qu'il demandait. Je passais chez lui, voir comment il allait, je lui prenais quelque chose à manger, mais il ne voulait plus manger, il avait pris de l'appétit, il ne mangeait rien du tout. Et puis, il me donnait ses 100 francs, je sortais, je revenais 20 minutes plus tard avec lui. Et il me disait de faire très attention à ne pas montrer, à faire en sorte que la bouteille ne fasse pas de bruit ou autre, parce qu'il me disait, ma mère est alcoolique. Si elle sait que je ramène de l'alcool, elle peut venir le déguster. Alors, il prend la bouteille, il la dégoupillait, et en fait, il la versait un peu partout. Il avait des bouteilles en métal, des fois, certaines commémoratives, etc. Et il le planquait partout, en fait. Il remplissait ce truc-là. Et en fait, ça servait à rien parce qu'il va remplir, il va dispatcher cet alcool un peu partout dans la maison. Et puis, plus tard, il va aller le boire. Sa mère était alcoolique, mais sa mère à lui... Et là, je vais vous dire un truc, pas tout le monde est égal devant l'alcoolisme. Parce que sa mère, elle était alcoolique à cette époque-là. Elle était alcoolique. Et elle buvait, si ça se trouve, bien plus que lui. Depuis plusieurs décennies. Depuis bien 30 ans. C'est une femme qui a perdu son mari et depuis elle était vouée au bleu et au blanc. Donc elle regardait les jeux à la télé, les chaînes françaises, TSR, etc. Elle regardait les jeux. Et puis les séries, vous savez, les séries classiques. Et Santa Barbara, des trucs comme ça. À l'époque où je regardais la télé, moi aussi, enfin je savais ce qu'il y avait dedans. Et Madame Fletcher et tout. Et en fait, elle regardait ces émissions en buvant sans arrêt. Et elle buvait depuis plusieurs décennies. Et vous savez quoi ? Je peux même vous dire qu'il y a des années, j'étais en Suisse et j'ai été là où elle habitait, où lui habitait. J'ai parlé à une concierge. Vous savez, les concierges sont des pipelettes. Elles veulent juste parler et tout ça. Je dis voilà, je suis de la famille. Comment ? Elle m'a raconté. La dame, elle est morte, je pense, de sa belle mort parce qu'elle a perdu la tête à un moment donné et tout ça. Quand elle a perdu la tête, j'étais parti depuis 15 ans. Elle était toujours en vie, elle buvait toujours, elle était toujours solide. Enfin, un jour, je lui fais face, je lui dis, écoute, Christian, t'es alcoolique. Il a fallu que je crache ça, il a fallu que je le sorte. Je me suis dit, parce que j'avais lu un article, reconnaître, n'est-ce pas ? Reconnaître était probablement le début de la guérison. J'avais lu ça. t'es alcoolique. Alors, c'était encore l'époque juste avant qu'il perde l'usage de sa voiture, il m'a dit, viens avec moi. Le lendemain, je crois, ou deux jours plus tard, il m'a dit, viens, on va sortir rapidement en voiture. On est parti en voiture, on a été à Lausanne, avenue de cour, je ne sais pas si ça existe toujours, il y avait un bar qui s'appelle le Gros Minet. Quand on rentre au Gros Minet, on s'installe, il commande encore du rosé, c'est le matin, il me montre deux, trois gars qui étaient là. Il dit tu vois ces gens, il m'a dit ça, c'est des alcooliques. Ils passent leur temps à boire. Ils sont au bar au moment de l'ouverture. Ils boivent et ça, c'est des alcooliques. Moi, je ne suis pas alcoolique. Il était dans une forme de déni. Bon, allez, je voulais faire court parce que sinon, on va y passer la nuit. À un moment donné, à un moment donné, J'ai craqué sous la pression psychologique. Je ne suis pas fier du tout. Je ne suis pas fier du tout. Mais il faut que je vous le dise. Ce que j'ai fait, c'est que je déménageais. Je partais de Lausanne à Genève. et je l'ai appelé. J'ai tenu des propos assez durs. Je me suis dit, il faut un warning. Quand je dis un warning, c'est pratiquement que je t'ai tiré une balle à côté de la tête. C'est ça, c'est de ce niveau-là. Je lui ai parlé, je lui ai dit deux, trois vérités qui me tenaient à cœur. Je lui ai raccroché à la figure. Ils ne pouvaient pas me contacter parce qu'il n'y avait pas de téléphone portable à l'époque. Là où j'allais, je louais une chambre, je n'avais pas de téléphone. Comme ils ne sortaient plus, c'était carré. Et je me suis dit, je lui ai dit dans 6 mois, il a besoin d'un flash, il a besoin d'un... Il a besoin. Et j'en pouvais plus. Je vous cache pas, j'en pouvais plus. Je cherche pas à me trouver des excuses, mais j'avais quoi ? J'avais peut-être 19 ans, 20 ans à l'époque. C'était psychologiquement, c'était trop pour moi. Je n'ai pas pu, je n'ai pas pu trouver l'énergie pour l'été. Et vous savez quoi ? Allez, trois mois plus tard, quatre mois plus tard, J'apprends qu'il a été dans la salle de bain et puis il n'a pas ouvert après un temps assez lent. Sa mère s'en est inquiétée, elle a frappé, il n'a pas ouvert. Elle a décidé donc d'appeler les pompiers. Ils sont venus avec un médecin. Ils ont fracassé la porte. Ils l'ont trouvé par terre dans la salle de bain. Il était tombé de sa hauteur, comme disent les pompiers, ça signifie qu'il n'est pas tombé d'un escalier ou d'une échelle ou autre, donc il tombait de sa hauteur, il était sur pied et tombé. Il avait plusieurs os fracturés, comme un qui serait tombé du troisième étage. Et il était mort. Vous savez combien de temps ça a pris entre son engagement dans de l'alcoolisme sérieux Et sa mort, il s'est passé grosso modo, allez, deux ans, deux ans et demi. Juste pour vous dire, c'est parce que parfois, la dépiction, je ne sais pas si on dit la dépiction, mais la représentation peut-être de l'alcoolisme dans les médias, dans les films, dans la littérature, tout ça, peut laisser penser que les gens peuvent être alcooliques pendant 30 ans. Mais sa mère, sa mère, je le concède, sa mère était alcoolique pendant 30 ans. Mais il y a des phénomènes très difficiles. On n'est pas égaux devant certaines choses. Je ne vous cache pas que depuis, j'ai du mal avec les alcooliques. Ça signifie que je peux aider tout le monde. Je peux aider n'importe qui. Si je vois un alcoolique, En général, c'est un point de faiblesse en moi. Je ne peux pas l'aider. En général, je vais le laisser. Je ne vais pas toucher, je vais le laisser. Ça signifie, c'est quelque part au fond de moi, pour avoir échoué à aider cette personne, et qu'elle soit morte, c'est quelque part, je considère comme si c'était incurable. Je ne dis pas que c'est incurable, parce que je sais qu'il y a des gens qui m'écoutent, ils sont peut-être alcooliques et ils ne voudraient pas que je passe un jugement aussi catégorique, aussi définitif sur leur situation. Ce n'est pas le but de la vidéo, mais c'est pour vous dire que moi, j'ai failli, face à cela, face à aider une personne dans cette situation, et de sorte qu'aujourd'hui, je suis incapable d'aider une telle personne. Quelques années, j'ai été exposé à cela. Il y a un ami à qui je louais une chambre à l'époque. Il a une grande maison, il loue des chambres. Ses enfants sont partis pour arrondir ses fins de mois et il loue des chambres. Il avait loué une chambre à une jeune femme qui a été ramenée par une famille qui avait l'air bien, la famille. Vous savez quoi ? Très rapidement, la maison commence à puer. Il y a une puanteur qui est arrivée dans le couloir. Elle n'est pas morte. Une puanteur est arrivée dans le couloir. et elle sortait pas. Il commençait à s'inquiéter. Et un jour, il a décidé de frapper, parce qu'elle répondait pas, mais un jour, il a entendu du bruit, donc il a frappé et elle l'a ouverte. Et c'était la catastrophe. En fait, vous savez quoi ? Elle était alcoolique. La chambre était pleine de bouteilles, janchées de bouteilles, des bouteilles partout. Elle sortait la nuit et les achetait. Elle sortait nuitamment pour aller les acheter. J'ai ce qu'on appelle des newsagents ici. C'est des petites échoppes comme ça qui vendent des journaux, tabac, tout ça. Et elle faisait ses besoins dans la chambre. Elle portait des nappies, comme on dit des nappies en français. Elle portait des couches culottes, qu'elle souillait, qu'elle jetait. Et en fait, elle ne servait à rien, ces couches culottes, parce que une fois que sa couche culotte était souillée, elle la jetait dans la chambre et le reste, elle le faisait sur le matelas. C'était une grosse affaire. C'était une grosse affaire, je me souviens. Elle était dans un état de délabrement avancée, la fille. J'ai trouvé sa famille sur Facebook, je les ai contactés. Ils m'ont envoyé balader. Je pense qu'ils voulaient se débarrasser d'elle. Je parlais à son frère, il s'en foutait. Il me dit, on peut pas, on peut pas. On a tout fait, mais là, je suis désolé. Il m'a dit, monsieur, je suis désolé. On ne peut rien faire. Ne nous contactez plus à ce sujet. Débrouillez-vous, contactez la police, débrouillez-vous, mais pas nous. Le gars, il a eu du mal à se débarrasser d'elle. Un jour, elle est partie avec des gens, elle a trouvé des gens, elle a dit, j'ai des amis. Deux personnes, peut-être de losers, sont arrivées. Elle est partie avec. Elle savait qu'elle n'était pas désirée dans la maison, donc elle est partie avec. Trois jours plus tard, on a eu les flics, parce qu'ils l'ont retrouvée errante à des kilomètres de là. Ils l'avaient dépouillée. Ils lui ont pris sa voiture. Elle n'a pas été abusée ou frappée ou autre. Ce n'était pas leur genre. J'ai vu les bouilles. C'est du genre à te dépouiller et te lâcher dans la nature. Ce n'est pas du genre à te violer ou te menacer d'un couteau ou autre. C'est des nanas, c'est des nanas un petit peu. Enfin, elles avaient la tête de l'emploi, quoi. Elles avaient la tête de l'emploi. Et puis, à lui, on piquait la voiture et tout ça, pour ce qu'elle valait. Et il a dû... Vous savez qu'il a dû enlever, quand il a dû repeindre la chambre, il a dû enlever les... Le plancher, vous savez, les lattes en bois qui ouvrent le plancher, il a dû les enlever tellement ça pue la pisse humaine qui était passée à travers. C'était la mort dans cette chambre. Jamais vu une chambre en cet état-là. Jamais, jamais, jamais. Jamais pensé qu'un humain pouvait vivre là. Donc, vous voyez que son alcoolisme à elle, cette fille était hors contrôle. Je ne suis pas sûr que ce soit en vie à cette heure-ci. Je vous disais, elle n'est pas morte sur le moment parce que disait dans sa chambre, elle ne sort pas sans l'odeur. Les gens peuvent dire c'est quoi de la putressine, de la cadavérine, odeur caractéristique de la mort. Non, je n'ai pas voulu que vous pensiez cela. Donc voilà, je ne pense pas qu'elle soit en vie à cette heure. Enfin, voilà mes amis. Donc, je vous dis, c'est vrai que dans mon entourage, j'ai des amis qui ont une relation conflictuelle avec l'alcool et j'ai cette tendance, je ne vous cache pas, j'ai tendance à à ne pas les aider. J'ai tendance à les laisser tomber. Oui, je suis désolé de dire ça. Je vais vous le dire tel que je le pense. J'ai tendance à les laisser tomber. Il faut que je le redise assez fort pour que j'entende moi-même. Merci mes amis d'avoir écouté cette vidéo qui n'est pas heureuse, hélas. Mais voilà, la vie n'est pas faite que de choses heureuses. Je vous laisse et puis je reviens une autre.
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