Aldo Sterone : « Macron représente la quintessence de l'anti-France ! »

Aldo Sterone, a British-Algerian YouTuber born in Oran, discusses his path from Algeria to the UK and his political views on sovereignty, the EU, and Emmanuel Macron. He covers his YouTube format, immigration, Islam, and online censorship during COVID.
Bonsoir à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro des Incorrectibles. Je suis ravi de vous retrouver après l'émission de la semaine dernière qui a fait un véritable carton. À l'heure où on enregistre cette émission, vous êtes pas loin de 200 000 à l'avoir visionnée, ce qui est absolument énorme. Et puis c'était aussi une première puisque c'est très rare qu'un officiel russe s'exprime, et encore plus dans une émission en ligne puisque c'était une première. et nous en étions donc particulièrement fiers. Alors cette semaine, vous l'avez constaté, la Grande-Bretagne était particulièrement à l'honneur. Alors nous avons hésité à inviter le roi Charles III, mais on s'est dit que ça n'était pas assez incorrect pour notre émission. Donc j'ai décidé, après avoir un petit peu hésité mais pas beaucoup, d'inviter une personnalité, un citoyen britannique qui est de passage lui aussi, en France, donc c'était l'occasion de lui sauter dessus, puisque c'est un YouTubeur, il va nous dire comment il se présente, mais en tout cas, quelqu'un qui cartonne sur YouTube, où il nous fait part exactement, lui aussi, comme ici d'ailleurs, de sujets qu'il commente, avec son ton si particulier. Ça faisait longtemps que je voulais l'inviter, et justement, lors de cette première heure, on va essayer d'en savoir plus sur lui, il s'appelle Aldosterone. Bonsoir Aldo.
Bonsoir Eric, merci de m'inviter sur ton canal.
On peut se tutoyer puisqu'en effet, on a fait connaissance, mais il y a assez peu de temps, puisque c'était en marge d'une table ronde sur la liberté d'expression à Arras, dans le nord, près de l'île. D'ailleurs, c'était la première fois que je me rendais avec mon compère André Bercoff et puis avec Laurent Firode également. Et René Chiche, d'ailleurs, nous étions donc conviés à nous exprimer. Et puis, en marge de cette table ronde, eh bien, tu t'es exprimé. Et là, je me suis dit, c'est évident qu'il faut qu'il vienne sur cette banquette. Alors, Chéraldo Steyron, comme c'est donc la première fois que je vous reçois, que je te reçois sur ce canapé orange, je vais te proposer de commencer, c'est une tradition dans cette émission, en parlant de toi, de ton parcours et de tes idées pour permettre donc à ceux qui nous écoutent de mieux te connaître et sans doute pour certains de te découvrir comme je l'ai fait. Alors d'abord on va parler de ta jeunesse, tu es né en Algérie, c'est bien ça ?
Absolument oui, je suis né à Oran en Algérie.
Qu'est-ce qu'il te reste justement de cette enfance en Algérie ?
Oh il me reste beaucoup de choses, j'ai toujours mes parents qui sont en Algérie, je vais régulièrement les voir. Quand je suis en Algérie, je suis aussi chez moi, je ne me sens pas étranger. Je dirais que même ces dernières années, je me suis un peu plus réconcilié quelque part avec mes origines. Ça a été un parcours, un parcours très difficile qui a été d'ailleurs très largement illustré sur mon canal parce que ce que je fais sur YouTube, ce n'est pas seulement, en réalité, mon but n'est même pas de commenter l'actualité, mais faire une expérience humaine. je peux revenir dix ans en arrière et voir quel était mon état d'esprit, qu'est-ce que je pensais à ce temps-là. Je ne suis pas toujours d'accord avec moi-même et il y a beaucoup de vidéos, si je devais les refaire, je ne les referais pas de la même manière parce que je ne suis plus la même personne. On va forcément… on change avec le temps et je peux le voir en regardant mon canal par moments.
L'Algérie, c'est un pays très différent de la France.
Très différent de la France, de plus en plus différent de la France, je dirais, parce que ce n'est pas le même cheminement civilisationnel. Alors peut-être, si la question avait été posée à quelqu'un dans les années, je ne sais pas, 70, la personne aurait dit non, l'Algérie est similaire à la France. Ces temps-là, tout le monde était francophone, l'héritage de la France. Donc l'Algérie post-62, quand la France est partie, L'inertie étant ce qu'elle est, l'Algérie a continué à garder un certain nombre de caractéristiques liant à la France. Mais je dois dire qu'aujourd'hui, j'en vois de moins en moins. Exemple tout simple. Toute ma génération, la génération plus âgée, parle en français. Ils lisent en français. C'est pour eux quelque chose de très naturel. Les nouvelles générations, Eh bien, pas tant que cela. Aujourd'hui, je peux aller à Alger ou à Oran. Je prends un jeune de 17 ans, je m'adresse à lui en français. Je ne suis pas complètement sûr qu'il me comprendra et qu'il saura répondre. Il y a une sorte... Le divorce est peut-être plus consommé aujourd'hui, je dirais.
Tu ressens les restes de ce que certains appellent l'héritage colonial de la France ?
Oui, absolument, absolument. Il y a toujours des villages. Je sais qu'il y a un village que j'aime bien visiter, qui n'est pas loin d'Oran. Ma grand-mère y travaillait, elle était infirmière. Quand on est au cœur du village, on reconnaît toujours ce qui était l'église à l'époque, le dispensaire qui avait été construit à l'époque aussi par la France, a grandi depuis. Le village a beaucoup changé, énorme, très grand, mais le cœur, ça rappelle un petit peu cet héritage colonial.
Pourquoi tu as fait le choix de quitter ce pays l'Algérie ?
Je suis parti, j'étais jeune, il y avait la guerre, la guerre civile. Et c'était une guerre à laquelle je ne voulais pas participer, ni à un titre, ni à un autre. Donc, quand on est jeune dans une guerre civile, on est attiré par les différents belligérants, les islamistes. On m'avait même proposé des armes, c'est-à-dire que des armes circulaient facilement, librement, gratuitement. Donc, attire les jeunes vers eux, mais aussi en même temps, les forces de l'État qui ont besoin toujours de, j'ai presque envie de dire, bon, ça c'est peut-être pas respectueux, mais de chair à canon, quelque part, maintenir cette guerre-là. Et donc moi, j'avais envie de jouer ni dans un camp ni dans l'autre. J'ai décidé de partir. C'est peut-être une forme de lâcher.
C'est un pays autoritaire, l'Algérie ?
Pas tant que cela aujourd'hui. Ça l'était. Je pense que ça l'était. Surtout à l'époque de la guerre, oui. Il y avait une suspension. C'est un état d'urgence. Ça signifie avec beaucoup de pouvoirs discrétionnaires pour la police et tout. Mais franchement, depuis Non, pas tant que ça. C'est rigoureux, mais je n'utiliserai pas ce qualificatif.
Et d'un point de vue religieux, est-ce qu'on peut dire qu'il existe une liberté religieuse en Algérie ?
Alors en Algérie, jusqu'à cette époque de ce qu'on appelait la guerre civile, les années noires, il y avait des islamistes qui étaient très présents. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, ils ont mis de l'eau dans leur vin, ça signifie qu'ils sont un petit peu, j'ai presque envie de dire assagi. Ils sont toujours aussi radicaux, mais moins portés sur la violence. De toute façon, ils ont constaté une chose, les islamistes, que pourquoi aller dans la violence quand on peut obtenir la même chose, voire même plus avec le sociétal, juste en étant plus patient, prenant plus son temps. C'est tout. Aujourd'hui, ils ont gagné quelque part. En termes de liberté religieuse, non, je ne dirais pas qu'il y a une liberté religieuse en Algérie. Je pense qu'il y a des minorités juives, des minorités chrétiennes et tout ça, mais elles ne pourront pas s'afficher comme, par exemple, elles pourraient le faire dans un pays occident.
Sans être indiscret, quel est ton rapport à la religion ?
C'est un rapport, comme on dirait sur Facebook, le statut est compliqué. C'est-à-dire, je suis toujours quelqu'un qui explore. Aujourd'hui, je suis peut-être sorti de mon époque anti-religion. J'essaie aujourd'hui de composer avec, c'est-à-dire accepter la réalité telle qu'elle est, non pas telle que je veux qu'elle soit. Donc j'ai un rapport peut-être plus apaisé, mais toujours très critique. Je critique toujours, mais aujourd'hui j'arrive à critiquer peut-être sans faire des... sans susciter des levées de boucliers, comme une époque. Je pense que j'étais à Serbe, un certain temps, j'étais peut-être un peu dur. Mais l'époque le voulait. À l'époque où on avait des attentats partout, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, où il y avait des jeunes qui partaient en Syrie, rejoindre des groupes terroristes. C'est vrai que mon champ sémantique a dû s'élargir pour faire face à cette situation-là. Alors si les mêmes vidéos, je devais les faire aujourd'hui, les valeurs seraient les mêmes, on est d'accord, les messages seraient les mêmes, mais peut-être je choisirais une méthode un peu plus diplomatique.
Pourquoi, selon toi, les enfants d'Algériens et les Algériens qui vivent en France ont tendance, on a l'impression, parfois à idéaliser l'Algérie qu'ils connaissent parfois même pas pour certains ?
C'est un attachement qu'ils ont, j'ai presque envie de dire un attachement atavique quelque part, c'est-à-dire que par le biais de leurs parents, de leurs grands-parents, il y a un narratif familial, un narratif historique qui va les lier forcément à l'Algérie d'une certaine manière. Mais je dirais aussi un autre problème, c'est que la France n'a peut-être pas pu leur donner, ou ils n'ont pas, eux, pu trouver dans la France, un terrain d'intégration, un terrain d'assimilation, de sorte que, forcément, les références les plus solides vont rester pour certains, les références algériennes. Juste un exemple, et sans vouloir critiquer les uns et les autres, je vois souvent que, par exemple, des personnes décèdent, mettons un vieux monsieur va décéder, il a toujours vécu en France, ou depuis 30, 40 ans, ou il est peut-être né pour certains, et puis il est enterré en Algérie. J'ai presque l'impression des fois que peut-être au moment de contempler sa finitude, sa finalité, l'humain peut-être renoue avec sa vraie patrie, quelque part. C'est une réponse. Mais chacun a fait son choix, je ne critique pas.
C'est intéressant que tu fasses mention de ce fait, que tu as remarqué. Qu'est-ce que tu penses de tous ces jeunes maghrébins qui parfois détestent la France ?
C'est un rapport très conflictuel et j'ai tenté de m'adresser à beaucoup d'entre eux, j'ai tenté d'être le médiateur, j'ai tenté de jouer l'apaisement, j'ai tenté de jouer... J'utilisais toutes les cartes, y compris celle de la provocation par moment.
Tu la comprends cette haine qu'ils ont pour certains ?
Non, la haine, non, je ne comprends pas la haine. Je comprends le mal-être, je peux comprendre, c'est-à-dire qu'ils sont au centre d'une expérience sociétale très particulière. On a pris des jeunes, on a pris des familles qu'on a importées en masse depuis l'Algérie, Elles étaient désireuses de venir en France, il ne faut pas non plus se leurrer. Ce n'est pas qu'on ne les a pas forcées, on est d'accord. Mais on a créé des politiques publiques, on a créé des conditions permettant l'arrivée de beaucoup de monde. Mais parce qu'on avait besoin, peut-être certains groupes de BTP ou de routes, autres avaient besoin de main d'œuvre bon marché. Donc on a, on s'est dit, parce qu'il y a des gens quand même qui regardent le monde comme une sorte de carte de monopolie. J'ai besoin de tant de puants d'ici à ici, je les déplace et puis c'est tout. Ça marche sur le plan financier pour eux. Mais par la suite, tous ces gens, tous ces puants qu'on a déplacés, se retrouvent au centre de cette expérience humaine et le différentiel civilisationnel entre un pays à référence arabo-musulmane comme l'Algérie, Et un pays comme la France, c'est créer un décalage qui va rendre l'intégration, je ne vais pas dire impossible, il y a des cas très heureux d'intégration. Mais si on prend des masses, c'est très difficile de les intégrer. Puis forcément, on va avoir des cas extrêmes où on aura de la haine, où on aura des gens même qui porteront les armes contre la France, quand on pousse ça jusqu'à son paroxysme.
Comment ce serait possible selon toi, justement, d'inverser les choses et de faire que ces jeunes puissent aimer la France ?
Je vois de plus en plus de jeunes qui aiment la France aujourd'hui. Des jeunes de nouvelles générations, mais des jeunes qui sont dans un esprit constructif. Des jeunes qui veulent créer des entreprises, des jeunes qui sont actifs sur les réseaux sociaux, qui sont modernisés quelque part. d'un côté, sont contents ou fiers de leurs origines, on les tousse plus ou moins, même quand on est de France, on est content d'être de tel ou tel endroit de France, on a toujours cet attachement. Un Corse, même s'il vit à Paris depuis trois générations, sera toujours content de dire oui, moi j'ai mon grand-père, il est Corse et tout ça, donc il y a toujours cet attachement.
Tu te sens encore algérien dans l'âme, toi ?
Je me sens algérien, oui. Je me sens algérien, je dirais. Je ne renie pas la part... d'algérianité en moi, ni d'ailleurs même la part d'africanité en moi. Très souvent dans mes vidéos, je dis je suis africain ou je résonne comme un africain.
C'est quoi tes nationalités d'ailleurs ? Tu habites, je le disais, donc en Grande-Bretagne. Tu es britannique ?
Je suis britannique.
Tu es de la nationalité britannique.
Britannique, algérienne et j'ai aussi une autre nationalité que je garde secrète. C'est pas une nationalité israélienne, ne vous inquiétez pas. C'est une nationalité européenne qui fait partie de mon parcours.
C'est marrant que tu aies dit ça, parce que... Pourquoi t'as dit... Beaucoup de gens te soupçonnent de faire de la taquilla pour Israël, c'est ça ?
En fait, on m'a soupçonné de tout, c'est-à-dire... D'être un agent... Un agent de tout. Je suis un agent de l'Iran, du Mossad, de la Russie, de la DRS algérienne... plein de choses, des choses aussi qui ne peuvent pas être vraies toutes en même temps. C'est-à-dire que...
Il n'y en a aucune de vraie ?
Non, il n'y en a aucune de vraie. Et dans notre monde aujourd'hui...
Tu n'as jamais été approché par des.
Pays... Non, non, non. Non, ils n'approchent pas les gens comme ça, je pense. Non, non, ils n'approchent pas les... Moi, tu ne nous le dirais pas en même temps. Oui, donc c'est vrai que c'est une... Ouais, j'arriverai peut-être pas à répondre de manière satisfaisante aux gens qui nous écoutent, mais la réalité, c'est que par exemple, on peut pas travailler pour l'Iran et pour Israël en même temps, c'est pas possible. J'aurais voulu en réalité, ça m'aurait permis d'être l'artisan d'une paix impossible. D'accord ? Mais c'est pas possible, c'est du rêve tout ça.
T'aurais pu être le dieu d'année, si j'osais.
Non, donc effectivement, Je garde, c'est mon parcours en réalité aujourd'hui. Si tu veux, j'ai passé plus de temps en dehors de l'Algérie qu'en Algérie, dans ma vie. La plus grande partie de ma vie.
Pourquoi alors ? Donc il y a une nationalité que tu as et que tu ne veux pas dire, c'est ça ?
Oui, voilà. Donc juste je garde le secret dessus.
Et pour quelle raison alors ? Sans nous le dire.
Juste comme ça. Juste comme ça, pour un truc d'artiste. Il n'y a pas de vraie... Si un jour tu dois demander l'exil, ça... Oui, voilà.
Est-ce que tu as gardé donc un lien finalement aujourd'hui avec l'Algérie, donc ce pays d'origine que tu as ? Il est fort quand même, tu disais, tu as encore de la famille là-bas ?
J'ai de la famille là-bas, j'ai des contacts régulièrement, je vais les voir de temps en temps. J'y ai été deux fois l'année dernière, je n'y ai pas été du tout cette année. Durant toute la période Covid, les frontières du pays étaient fermées, donc pendant trois, quatre ans en plus même. Je n'ai pas pu y aller du tout. Mon travail, plus cette histoire de la crise sanitaire et la fermeture des frontières, donc je n'ai pas pu y aller. Mais sinon, je garde un bon contact. Et puis les gens me le rendent bien. Quand je vais en Algérie, je croise les gens. — Tu es bien accueilli. — Non, je suis bien accueilli. Je croise les gens dans l'armée.
— T'es devenu tellement populaire en même.
Temps que... — Mais ils ont compris, en réalité, parce que j'avais peur qu'ils ne comprennent pas mon attitude, qu'ils ne comprennent pas mon discours. Mais finalement, au départ, il y a eu quelques heures. Mais maintenant, les choses sont apaisées.
Alors c'est vrai que tu as un point commun avec notre invité de la semaine dernière, même si, évidemment, je pense que tu l'as appris beaucoup plus tôt que lui, mais tu parles un français, tu fais usage d'un vocabulaire vraiment que je tiens vraiment à souligner tellement il est remarquable. Alors j'aimerais qu'on revienne justement à ta jeunesse, si tu veux bien, Aldosterone, puisque c'est un pseudonyme, évidemment, on ne va pas dévoiler... Enfin, en même temps, je crois qu'il est quand même sur Internet, ton prénom.
Absolument, tout le monde le connaît.
Bon, on va revenir à ta jeunesse, tu veux bien, donc tu as quitté l'Algérie pour tes études. Quelles sont les formations que tu as suivies, les écoles, universités dans lesquelles tu as étudié, Aldo ?
Alors quand je suis arrivé d'Algérie, j'étais en Suisse au départ, j'avais une tante qui vivait, c'est elle qui m'a prise sous son aile. Donc je suis arrivé chez elle et puis c'est là que j'ai commencé à étudier en Suisse. Donc j'ai fait le bac français en Suisse. Pourquoi ? Parce que tout simplement le système suisse qu'on appelle la maturité est tellement éloigné. Donc là peut-être pour rebondir sur ta question du début, la relation entre l'Algérie et la France, le bac algérien que j'avais est plus proche du bac français. Donc, il m'a conseillé de faire un bac français, ce que j'ai fait. Par la suite, j'ai étudié à l'école polytechnique de Lausanne. J'ai fait, je ne le disais pas beaucoup en ces temps-là, parce que c'était assez mal vu, j'ai étudié chimie.
Tu es chimiste, toi.
J'ai fait une formation de chimie, donc...
Comme quoi, ça mène à tout.
Oui, tu meurs, c'est clair. Donc, voilà, j'ai étudié l'aviation par la suite. J'ai étudié dans une...
C'est ta spécialité, ça.
Voilà. J'ai étudié l'aviation et mon... Pourquoi cette voix, d'ailleurs ? Parce que c'est un rêve d'enfance, en fait. J'en ai rêvé depuis que j'étais enfant. Je voulais devenir pilote. Donc fondamentalement, c'est ce que j'ai poursuivi. C'était un des buts en venant en Suisse. Sauf que je n'ai pas eu beaucoup de chance sur le plan global parce que quand j'ai fini ma formation, grosso modo, on était au lendemain du 11 septembre, des attentats du 11 septembre. Et là, l'aviation va traverser une période noire. Ça signifie pendant des années, il y avait une réduction du trafic aérien, les compagnies viraient des pilotes extrêmement qualifiés qui se retrouvaient sur le marché. Donc, quand il y avait des rares cas de compagnies qui recrutaient, on n'allait pas recruter le gars qui sort de l'école, ce n'était pas possible. On va recruter le type qui a 20 ans d'expérience parce qu'il est plus rapidement opérationnel. Donc, ce qui fait qu'à un moment donné, j'ai compris que l'aviation serait peut-être pour une autre incarnation. Pour cette vie-là, ce n'est pas possible. Donc, ce que j'ai fait, j'ai quitté l'aviation, je suis venu en France. Et là, j'ai réfléchi. Et je me suis dit, j'ai peut-être intérêt à faire une profession libérale. Pourquoi libérale ? Parce que ça a été un tel traumatisme quand j'ai fini l'aviation et que c'était une galère étudier l'aviation. Franchement, l'émission n'est pas sur ce sujet. ça a été un parcours du combattant, parce que je n'avais pas beaucoup de moyens. Par exemple, quand j'ai passé mes examens à Toulouse, j'ai dû faire ce qu'on appelait à l'époque le grand chlem, ça signifie passer tous les examens de pilote de ligne d'un coup. Les gens disaient « Waouh ! Tu les tentes tous d'un coup ! » parce qu'ils venaient les passer par Un, deux examens à la fois. Mais en réalité, ce n'est pas parce que je n'étais plus motivé que les autres. C'est parce que j'habitais en Suisse et puis je n'avais pas beaucoup d'argent pour payer le billet d'avion pour aller à Toulouse passer les examens. Donc je me disais, si tu y vas mon ami, tu prépares tout, tu passes tout en même temps. Voilà, donc il n'y avait pas vraiment de mystère derrière. Mais le trauma était que je me suis retrouvé tributaire ou dépendant de compagnies aériennes m'ignorer mes messages ou mes demandes d'emploi ou me répondre avec les fameuses lettres « Nous avons le regret de… » et puis je ne lisais même pas la suite. Donc je voulais une profession libérale. Je me suis rappelé parmi d'anciennes passions, c'était la médecine. Je suis arrivé en France pour utiliser la médecine. Voilà, j'ai utilisé la médecine, j'ai passé le concours médical PCM1. P1, je suis passé. Il fallait faire carré, comme on dit, parce que je l'ai dû passer deux fois. Parce qu'il y a beaucoup de l'amphi plein, on a un amphi, on se croirait à Heathrow Terminal 5 le matin, un départ de vacances. Et puis il n'y a que peu de place. Et puis les profs ne nous donnaient pas beaucoup de considérations parce que tout simplement, Ils savaient que la majorité des gens qui sont là ne deviendraient jamais médecins et ils vont partir. Parce que le concours, c'est un concours classant. Très, très peu de place. J'ai fini par passer le concours. Et puis, j'ai eu une place en chirurgie dentaire. Donc voilà, j'étais à Lyon, faire chirurgie dentaire. J'ai failli mal tourner, devenir dentiste, n'est-ce pas ? Et puis, ce qui se passe, c'est que tout a capoté. Encore une fois, pour une histoire de quart de séjour. Je ne sais pas pourquoi, c'était un mystère dans ma vie. Je n'ai jamais compris. Des jeunes venaient d'Algérie, faisaient des demandes. Certains n'étaient même pas sincères dans leurs études. Je connais des gars, ils venaient... –.
Ils obtenaient leur visa.
– Mais comme ça ! Parce qu'un visa d'étudiant, honnêtement, même aujourd'hui, un visa d'étudiant, c'est le truc le plus simple à obtenir, quoi. C'est quelques formulaires, remplir, signer, envoyer, je.
Connais peu de... – Petite parenthèse, ça t'a choqué, là, cette semaine, tu as peut-être vu ce youtubeur, justement, qui a donné le mode d'emploi pour obtenir des allocs, enfin... Et il avait l'air de dire que c'était très facile d'obtenir 1800 balles par mois sans rien faire, en restant tranquillement peut-être en Algérie justement.
– J'aurais dû le connaître à l'époque où j'avais besoin d'un visa d'étudiant, elles m'ont redonné des tuyaux. Le problème c'est que… – Ça t'a.
Choqué ça, petite parenthèse ?
– Non, oui, c'est clair, c'est clair, ça m'a choqué. Et je vais être… j'aime pas les gens qui foncent là. Pourquoi ? Il y a l'une des raisons, je peux en donner plein, mais je vais donner l'une des raisons. En Algérie, Moi j'ai par exemple mes parents qui y vivent jusqu'à maintenant, ils sont retraités, ils vivent avec leur retraite. Comment ils pourraient faire face ? avec le retraite, dans un marché où il y a une inflation qui est poussée par des gens qui ramènent de l'argent, on dirait qu'ils sont en train de l'imprimer, en utilisant des méthodes comme celle-ci. Donc moi franchement, j'aimerais bien que la France arrête d'arroser avec ses services sociaux, arrête d'arroser des gens qui des fois n'existent même plus en Algérie, parce que les gens qui existent, et les gens qui eux travaillent ou ont une retraite ou autre, ne peuvent pas se permettre de faire face à cet afflux d'argent gratuit. Mais c'est vrai que ça m'a choqué.
On avance, tu étais en France, tu as quitté la France. Pourquoi t'es pas resté en France ? Parce que t'as eu ces problèmes ?
Oui, parce que j'ai eu ces problèmes, moi j'étais...
Tu t'es pas battu pour essayer... Oui.
Je me suis battu, je me suis battu rétrospectivement. Si j'avais su comment me battre, j'aurais pu gagner, parce que les refus qui m'avaient opposé ne tenaient pas la route. Sur le plan administratif, sur le plan légal, j'aurais pu, en un claquement de doigts, ce que je suis aujourd'hui, en un claquement de doigts, j'aurais retourné dans une telle situation. Sauf que si on se remet dans le contexte de l'époque, je n'avais ni les soutiens, ni l'argent, ni les... J'étais coincé. Ça signifie qu'à un moment donné, j'avais un échec émat dans ma vie, et je ne savais pas comment agir. Donc si j'avais à l'époque trouvé des personnes qui m'auraient conseillé, soutenu et tout ça, je pense que j'aurais pu passer à travers et puis j'aurais pu régler cette situation et continuer mes études en France. Mais sur le moment, il y a toute ma vie qui est collapsée autour de moi encore une fois. C'est-à-dire que moi, le truc, c'est que je suis né beaucoup de fois dans ma vie. J'ai plusieurs actes de naissance. J'ai recommencé ma vie à de nombreuses reprises avec un sac à dos et une petite valise, une petite valise comme ça. Et quand je suis rentré dans ces études médicales, honnêtement, je pensais que c'était fini cette époque. Je pensais que cette fois-ci, je tiens le bon bout. Cette fois-ci, je sais ce que je suis en train de faire et ça va marcher. Je m'étais donné à fond des nuits blanches à apprendre tous les muscles, leurs insertions, leurs innervations, les organes, tout ça. C'est compliqué, la médecine. Et j'ai appris ça. Voilà. Et c'est une galère presque équivalente à celle pour passer le diplôme de pilote de ligne. Pour finalement, encore une fois, me retrouvais littéralement par terre. Par terre dans le sens du... Je me souviens, j'étais jeté par terre chez moi et... Je savais que c'était foutu, qu'il fallait recommencer encore. Avec un sac à dos et une petite valise. C'est ce que j'ai fait.
Et donc tu as choisi l'Angleterre, puisque tu vis désormais en Angleterre. Est-ce qu'aujourd'hui tu te sens anglais ? Au-delà de la nationalité que tu as acquise ?
Je me sens britannique, faisant partie de cet empire. C'est-à-dire... En termes de légitimité, c'est-à-dire que ce que je vois en France, pour revenir à cette question, si tu posais cette question à beaucoup de Français, des fois d'origine maghrébine ou africaine, combien même ils seraient nés ici, j'en ai vu beaucoup qui se définissent par leur pays d'origine. Par exemple, le gars va dire, moi je suis algérien ou je suis marocain. Puis si j'insiste un peu, ah t'es né au Maroc, t'as grandi au Maroc, tout ça, ou je cherche à creuser. Ah non, non, moi je suis né plutôt, je suis né dans un F3 ou autre, mais sauf que je suis marocain parce que mon père, mon grand-père était marocain. D'accord ? Donc il y a cette définition-là. Il n'ose pas se définir par... Et.
C'Est pas le cas en Angleterre ?
C'est pas le cas en Angleterre.
Une fois qu'on acquiert la nationalité, on est anglais, et on se définit plus par ses origines.
On peut toujours, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de problème à avoir un... être fier de ses origines ou être connecté à ses origines. Ce n'est pas un pays qui exige l'assimilation. Mais en même temps, on fait partie de plein de droits de l'Empire britannique et on est britannique complètement. Je ne suis pas écossais, parce que je n'ai pas de racines écossaises, je ne suis pas des pays de Galles, je ne suis pas d'Irlande du Nord, je ne suis pas anglais, mais je suis 100% britannique. T'es devenu royaliste ? Forcément, parce que mon certificat de naturalisation est signé par la reine d'Angleterre. Donc la reine d'Angleterre, elle a cet empire. Si elle décide que quelqu'un est britannique, personne d'autre au monde ne peut dire « ah non, et moi j'ai des doutes ». Non, non, tu ne peux pas avoir de doutes. Parce que c'est celle qui règne sur cet empire qui décide qui est britannique.
Donc le roi Charles III aujourd'hui.
Donc aujourd'hui ce serait le roi Charles III.
Tu fais quel bilan du Brexit ? Comment ça se passe, le Brexit ? Toi qui vis en Angleterre, t'es le mieux placé pour observer ce qui se passe. Et ça a été d'ailleurs une des larges parties de ton intervention lorsqu'on s'est rencontrés lors de cette, on va dire, conférence, table ronde. Enfin, en marge de cette table ronde, c'était donc à l'occasion ces journées de rentrée du parti Les Patriotes de Florent Philippot. D'ailleurs, puisque tu es apolitique, on va en parler un peu plus tard dans l'émission, mais comment tu observes ce Brexit ?
Alors le Brexit, pour moi, j'ai voté pour le Brexit. Full disclosure, comme on dit. Donc oui, j'ai voté pour le Brexit. Maintenant, je ne m'attendais pas au miracle. Je n'attendais pas à avant et après. Ça signifie, si on est... Mettons qu'un Français pense au Brexit, si la France quitte l'Union européenne, Il faut pas croire que soudainement, les décennies d'Union européenne vont disparaître, puis qu'on se lève lundi matin et qu'on est dans un autre pays. Ce n'est pas comme ça. Il y a une inertie. Il y a une inertie, inertie due aussi au fait qu'on a changé D'accord, on est sortis de l'Union Européenne, mais on n'a pas changé les élites qu'on avait en ces temps-là. Donc ces gens-là ont les mêmes réflexes. Par exemple, prenons le cas de l'immigration, même si ça fait partie des raisons pour lesquelles les gens ont voté Brexit. Ce n'est même pas le... – Sujet.
Plus que l'actualité avec ce qui se passe à Lampedusa.
– Voilà. Il disait à l'époque, si on vote Brexit, on va reprendre le contrôle de nos frontières. Alors oui, on a repris le contrôle de nos frontières, sauf qu'il a été repris par qui ? Il a été repris par des gens qui sont très immigrationnistes, dans l'âme. Donc, le nombre de traversés à travers le Tchènes et à travers la Manche a doublé. Et donc, depuis le Brexit, ça a augmenté. Et ils sont attendus par des autocars sur les plages, avec des traducteurs, avec des associations, il y a des prises en charge et tout. Mais aussi un business, il ne faut pas non plus se leurrer, c'est aussi un business. Le migrant est une véritable denrée aujourd'hui, une véritable matière première d'une industrie de la migration. Et là, il y a beaucoup de gens qui gagnent leur vie avec ça. Donc le Brexit, pour l'instant, c'est une étape nécessaire vers quelque chose d'autre, mais pas en elle-même suffisante. Il faut aller au-delà de cela.
Qu'est-ce que tu penses du traitement médiatique qui est fait justement du Brexit en France et en Europe ? On a l'impression parfois que le Royaume-Uni tombe dans le chaos à en écouter certains.
Oui, on nous a fait le coup même au Royaume-Uni. Même les médias britanniques ont utilisé les mêmes tactiques qu'on retrouve chez les médias européens. Ils l'ont fait avant le référendum, pendant et après. Ça signifie que tous les jours, il y avait ce qu'on appelait le project fear, le projet peur ou terreur, où on voulait nous effrayer avec des unes aussi apocalyptiques les unes que les autres, en nous disant Dès qu'on sort de l'Union Européenne, voilà ce qui va se passer. Il n'y aura pas de médicaments dans les hôpitaux, des gens vont mourir en masse, on ne pourra pas accéder à l'alimentation, on va se battre dans le supermarché et tout ça. Et avec des arguments très très grotesques. Le but a été que les gens votent pour. l'Union Européenne. Après, par la suite, le but était de casser le résultat du référendum parce qu'il y a eu des efforts très, très sérieux qui ont été faits pour que l'on refasse un autre référendum ou bien qu'on annule ce résultat-là. Et donc, il fallait rajouter toujours ces couches de terreur. Et la réalité, c'est qu'on n'est pas mieux lotis que les autres, mais on n'est pas pire non plus.
— Tu conseillerais aux Français de choisir la voie du Frexit, comme on dit ?
— Absolument.
— C'est Florent Philippe qui l'apporte.
— Oui. Absolument. Je pense que les Français ont intérêt à aller vers un Frexit, parce qu'il y a soit ça, soit il y a le Frexit. On peut développer aussi une ligne idéologique, souverainiste, défendre le Frexit.
— Ça marche moins qu'en Bretagne, parce que les Français sont quand même très défavorables à une sortie L'Union Européenne, d'ailleurs, comment tu expliques ça ?
Oui, c'est bizarre. Alors, au Royaume-Uni, ce qui s'est passé, c'est que c'était les personnes d'un certain âge, les seniors, qui ont voté pour le Brexit. Les jeunes, eux, ont voté contre le Brexit massivement. Mais ils se sont abstenus, donc ils se sont fait avoir.
Politiquement, justement, Aldo, Aldo Steyr, d'ailleurs, il faudra que tu nous expliques pourquoi tu as pris ce pseudo. Comment tu te situes ? Est-ce que tu te considères comme souverainiste ?
Tu me disais, est-ce que tu te sens toujours algérien ? Ben voilà la réponse, oui, souverainiste. Parce que j'ai grandi avec l'idée de la souveraineté. Pour moi, s'il n'y a pas de souveraineté, il n'y a pas de pays. Aussi simple que cela. Et la preuve, c'est que, je vais te dire un truc, quand je parle de Frexit ou je parle de Brexit, je fais quoi ? J'utilise des arguments, je critique. Alors qu'au fond de moi, franchement, l'Union européenne aurait été l'union parfaite, aurait apporté que des bienfaits et du bien-être. J'aurais été contre l'Union européenne. Pour moi, si on n'a pas de souveraineté, on n'a pas de pays. On est dilué quelque part. Et puis on ne pourra jamais faire ses choix de manière libre, les choix pour l'intérêt de son pays.
– Donc tu n'en penses que du mal de l'Union européenne, en dépit de, comme tu disais, des potentiels, peut-être des effets bénéfiques qu'elle aurait pu apporter ?
J'en pense que du mal, en réalité. C'est pour moi le grossissme des souverainetés. C'est une organisation qui prend les souverainetés et puis qui va les donner à des...
Ils osent parler d'une souveraineté européenne.
Ça n'existe pas. Les Européens se sont entretués pendant des siècles. Je veux dire, c'est pas aujourd'hui qu'ils vont inventer une souveraineté européenne. Moi, je suis... C'est un peu comme le wokisme, des choses comme ça. Moi, je suis pas contre une évolution d'une conscience de la population qui se fasse de manière naturelle, gracieuse, et que sur le moment, avec les générations, que les Européens développent une conscience d'Européen. Ils se disent, moi je ne suis pas Français, je suis Européen. Si c'était passé naturellement, j'aurais peut-être été pour, je ne sais pas, on aurait essayé de voir. Sauf que là, la réalité c'est que c'est artificiel, ça n'existe pas ça. C'est imposé par un système technocratique.
Alors, cher Aldo, je te propose à présent qu'on en vienne à tes activités professionnelles aujourd'hui. D'abord, comment es-tu arrivé à faire des vidéos sur Internet qui ont eu le succès qu'on connaît ? Et puis pour ceux qui ne les connaîtraient pas, je vous encourage à aller sur la chaîne YouTube d'Aldo, Aldosterone. Donc d'abord, pourquoi ce pseudo ? Et puis pourquoi ce choix ?
Alors le pseudo, c'est un clin d'œil à mes études d'aviation, pas d'aviation, de médecine plutôt. L'aldostérone, qui est une hormone, importante dans le corps humain, et je cherchais un...
Je croyais qu'il y avait un lien avec AldoMansion.
Non, non, pas du tout. Et je cherchais un pseudo, et ce pseudo devait sonner comme un pseudo. Ça signifie que quelqu'un qui entend ce pseudo-là doit tout de suite et immédiatement savoir que c'est un pseudo. Donc j'ai pris le nom d'une hormone, je l'ai cassé en deux, séparé les deux parties, Aldosterone, et je me suis dit, n'importe quelle personne raisonnable c'est qu'on entend dans cela que je ne m'appelle pas Aldosterone, mais c'est mon pseudo. Donc voilà, c'était ça le but, fondamentalement.
Et comment tu en es arrivé donc à faire des vidéos sur Internet ?
Alors au départ, je n'étais pas dans la vidéo. Au départ, ce que je faisais, c'est que je voulais participer. Je voulais participer au débat de ce qui se passe. Je réfléchissais à ce qui se passe dans notre société, à notre vie collective. Et je voulais, dans un mouvement citoyen, je voulais participer à ces conversations-là. Et en fait, ou même les initier, pourquoi pas ? Alors j'ai commencé par des forums au départ. J'allais vers des forums. Les années 2000, c'était quelque chose de très couru. Les gens fréquentaient souvent les forums. Le problème, c'est que je me faisais virer au bout de deux ou trois postes. Pourtant, tout le monde me connaît. Je veux dire, voilà à quoi je suis très carré, pas un mot au-dessus de l'autre.
Enfin, t'es plutôt politiquement incorrect aujourd'hui. T'es classé... T'as ce tampon, hein, que j'ai aussi, d'ailleurs.
Oui, je fais des...
On en est fiers, d'ailleurs. On fait des efforts pour le garder.
Donc je disais qu'en me montrant la porte, ça signifie très rapidement, les modérateurs arrivaient...
On ne t'a jamais vu dans les médias mainstream, pardon, mais moi je ne te connaissais pas, d'ailleurs j'ai quelqu'un dans l'équipe qui m'a parlé de toi un jour, voilà, je suis allé te voir et je me suis dit c'est incroyable, comment se fait-il qu'on ne le connaisse pas plus, enfin qu'on ne l'ait pas vu dans les médias dits classiques ?
Alors les médias classiques, ils ont parlé de moi quelques fois, mais en mauvais terme. Voilà. J'ai été décodé quelquefois.
C'était quoi, les fact-checkers, comme on dit ?
Les fact-checkers, oui. Je les avais sur le dos à une époque. Je ne pouvais plus tweeter.
Ça, c'est la médaille.
Oui, je ne pouvais plus tweeter sans les avoir sur le dos.
On les entend moins maintenant.
Oui, ils sont disparus. Je ne sais pas ce qu'ils deviennent.
Je crois qu'il y a un petit truc qui se prépare. Il va y avoir des révélations. J'ai un ami, Greg Tabibian, qui est en train de regarder ça avec attention.
On attend ça, alors.
Oui, avec impatience. Alors, comment tu expliques justement ce succès que tu as rencontré ? Tu es passé des forums. Ah c'est une voiture ? Parce que tu as une particularité, on le dit pour les gens qui nous regardent. Tu t'exprimes donc à quelle fréquence à peu près, une fois ?
Ça dépend, j'ai pas de fréquence spéciale, mais une fois par semaine minimum.
À peu près. Et donc tu es sur un parking, on sait pas où, dans cette voiture, et c'est ta marque de fabrique, c'est ton... C'est ton style.
Ça a commencé comme ça parce que je cherchais un endroit pour enregistrer, un endroit minimaliste.
Je croyais que tu étais même aux États-Unis. Je m'y mettais dans cette idée qu'il y avait ces grands parkings.
Il y avait plusieurs raisons. Une des raisons, c'était la qualité du son. J'aime bien le son feutré de la voiture. Je n'ai pas de bruit ni rien. Je conduis des fois pour réfléchir. Je ne sais pas si je peux le dire, brûler du carburant. Sans aller nulle part. Je démarre et je roule au hasard pour réfléchir. Ça me relaxe le fait de conduire. Ça me permet de préparer le sujet que je vais aborder. Il y a ça. Il y avait aussi une autre raison. Il y avait un petit clin d'œil que je faisais. Ça se voit moins avec ma dernière caméra, mais on voyait que le volant était à droite. Ce qui voulait dire que je ne suis pas en France. J'ai dit des choses, à une époque, pas maintenant, qui auraient pu tomber sous le coup de la loi en France. J'ai dit des choses. Donc le fait de montrer que le volant est à droite, n'essayez pas, je ne suis pas en France, je suis en dehors de la France, je suis ailleurs. C'était ça aussi l'idée derrière.
Comment tu définirais aujourd'hui, comme un youtubeur politique, comme un simple citoyen qui exprime ses opinions ? On l'a vu, tu as un parcours brillant d'études. Il y a peut-être des choses que tu revendiques plus que d'autres. Youtubeur, d'ailleurs, moi j'ai eu aussi ce questionnement et je l'assume parfaitement maintenant, mais j'ai mis un peu de temps. Tu l'assumes, t'es youtubeur ?
Oui, je l'assume de plus en plus, oui, au départ. Au départ, je n'aimais pas l'idée du youtubeur. Les gens me disaient que j'étais un influenceur. Je disais que je n'influence personne, moi. Je disais, je laisse les gens tranquilles.
Ah si, je pense que tu as... Non, là, on va faire le faux modeste. Tu as une capacité d'influence énorme, je pense.
Mais je l'ai mesurée avec le temps. Mais au départ, moi, je n'étais pas là pour influencer les gens. Surtout que je partage, ça signifie... Quand je partage des vidéos, des fois, je partage aussi mes doutes, je partage mes inquiétudes, je partage mes errements.
Par exemple, tu as fait une vidéo récemment, que j'encourage les gens à regarder, qui s'appelle... Enfin, qui était sur la baïa. Moi j'avais un parti pris bien installé, et j'avoue que t'as réussi à me faire un petit peu douter sur mon jugement. Donc voilà, tes choix aujourd'hui, tu disais, bon, tu es complètement libre, mais tu essayes de faire passer quand même des messages, on est d'accord ? Ou pas ?
Non, il n'y a pas de... Est-ce que j'essaye de faire passer des messages ? C'est dur à dire.
Tu es militant ou pas ? D'une quelconque idéologie, quelle qu'elle soit.
Non, pas vraiment. Pas vraiment, parce qu'en fait... T'es difficile.
À situer, je reconnais.
Oui, parce qu'en fait, si j'étais militant, j'aurais mon catalogue de causes, mon catalogue de positionnements, alors qu'en fait... D'ailleurs, c'est pour ça que je suis seul, souvent. C'est-à-dire que, par exemple, si on prend... Prenons les anti-islam. Pour eux, je suis pas assez anti-islam. Prenons les musulmans. Ah, pour eux, je suis anti-islam. Et puis on peut dire ça pour tous les camps en réalité. Chaque camp trouve que je peux dire des choses qui vont leur plaire. Le temps d'une ou deux vidéos, ils vont dire « Ah oui, j'adore, j'aime bien Aldo ». Et puis soudainement, je fais une sortie inqualifiable. Ils disent « Mais c'est pas possible, mais pourquoi il dit ça ? ». Eh oui, l'être humain est compliqué.
Tu connais le public qui te suit, quel est le public qui te suit ? Il est assez mélangé selon moi.
C'est assez mélangé, c'est des francophones de partout dans le monde. J'en ai même... même au Pérou, au Japon, les francophones qui me contactent. Mais la majorité sont en France, j'en ai beaucoup au Maghreb, principalement des hommes, 80% je pense des hommes. Donc oui, c'est un public de plus en plus large et aujourd'hui je leur donne un je partage mon WhatsApp avec eux, ils peuvent me contacter directement, ce qui me permet de recevoir...
Tu laisses même un numéro de téléphone.
Ah oui, je laisse même un numéro de téléphone, je leur dis « contactez-moi », et j'ai dû répondre à des milliers de personnes. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement que je leur donne ce numéro, mais je travaille tous les jours, j'ai un temps où je réponds au maximum de messages que je peux, ce qui me permet d'être proche d'eux et comprendre un petit peu à quoi ils tournent et comment ils perçoivent mon message.
Alors c'est intéressant parce que juste avant tu parlais de ce volant à droite pour répondre aux potentielles attaques que tu pourrais subir. Plus largement internet justement permettant à des gens, à des profils comme les tiens, de s'exprimer librement sans passer justement par le filtre des médias mainstream, on en parlait. C'est un vrai espace de liberté et d'émancipation selon toi ? Moi j'ai déjà la réponse mais... Ah.
Oui et non, avec ses limites.
Parce que t'es sur YouTube quand même.
Oui, mais c'est avec ses limites, c'est avec ses limites. Ça signifie, je ne peux pas dire tout ce que j'ai envie de dire. C'est pour ça que des fois, certaines vidéos ont un parcours sinueux, tortueux, compliqué.
Il faut que t'arrives sur Player, je t'en parlerai après.
D'accord, avec plaisir. Et donc, je fais passer mon idée, ceux qui ont suivi la comprennent, mais il est très difficile de censurer, parce que pour censurer, ils ont besoin d'une phrase, un début, une fin, de tel time code à tel time code, il y a ça. Ça, c'est litigieux. Ça, ça n'existe pas dans mes vidéos. Mais je peux dire la même chose, je peux dire même pire, sauf que je vais le faire selon un narratif tellement tortueux qu'il va se dire, c'est pas possible, on comprend rien à ce qu'il dit ce gars, on passe à autre chose.
Est-ce que tu ne penses pas quand même que les médias en ligne vont finir par supplanter les médias dits mainstream et les journalistes traditionnels ? Moi, c'est ma conviction.
C'est ma conviction aussi. Ils s'en passent de le faire et d'ailleurs on sent de plus en plus de nervosité dans le système. Parce que autant les médias traditionnels, on le sait en France, ça appartient à un certain nombre de familles et tout ça, puis au Royaume-Uni c'est pareil, enfin c'est partout pareil, il y a un contrôle facile, étatique, puis de toute façon c'est une corporation qui sait où est son intérêt donc elle va défendre toujours le narratif. Maintenant, ils savent et ils se rendent compte que les médias sociaux sont en train de prendre le pas sur eux. Et ça les rend de plus en plus nerveux. Donc je m'attends à de plus en plus de lois libertines.
— Eh ben voilà, on les a, puisque l'Union européenne, en tout cas... Qu'est-ce que t'en penses de ces textes adoptés par l'Union européenne ou en cours de discussion en France qui visent à réguler Internet ?
Et il ne me surprend pas, il ne me surprend pas du tout.
Ils y arriveront tu crois ?
Non, ce n'est pas possible. Parce que l'Internet a été créé à l'origine par le département de la défense américain, a été créé pour fonctionner même en cas d'attaque nucléaire. C'était ça fondamentalement. Ils ne voulaient pas créer des sites de shopping au départ. Ils ont créé un réseau qui était décentralisé par l'armée. C'était l'armée, au départ c'était ça. Et après ça a été adopté aux civils et puis transformé en ce qu'on sait. Ça va être très difficile de réguler l'Internet. Alors ils pourront toujours embêter des gens, oui. Mais réguler l'Internet à la chinoise, ça va être très dur dans le contexte européen, à moins qu'on devienne une autre Chine. Ça, c'est autre chose.
— Mais tu crains pas quand même une restriction de la liberté d'expression ? D'ailleurs, quel est ton regard sur cet état de la liberté d'expression en France, notamment ? plus largement en Occident, bien sûr.
Elle est désastreuse. Elle est désastreuse dans les médias sociaux et en dehors aussi. Ça signifie qu'aujourd'hui, ils ont créé la peur, la peur même entre les gens, socialement.
Quand on t'explique cet affaiblissement, justement, cette.
Peur qu'ils ont réussi à créer ? C'est la terreur intellectuelle. Constante, constante, on matraque dans les médias sur chaque thématique qui importe pour nous. On nous matraque sur la position respectable et la position non respectable. Par exemple, nous pour le Brexit, on nous disait, ceux qui sont pour le Brexit, voilà, ça c'est des vilains, les autres c'est le con du bien. Et pratiquement sur toutes les thématiques sociétales, on n'a plus de nuances de gris, on n'a plus de débats intelligents. On n'a que le bien, le mal. Et donc, les gens ont tellement peur de recevoir la mauvaise étiquette qu'ils n'osent pas parler. J'étais avec des amis au Royaume-Uni, on était, je crois, cinq ou six sur une table, et il y en a un qui, à un moment donné, s'est levé et nous a dit, écoutez les gars, si on se disait qu'est-ce qu'on a voté pour le Brexit, oui ou non ? Il y a eu un silence de mort, parce que les gens n'osaient pas, parce qu'on se connaissait bien, mais personne n'osait dire à l'autre ce qu'il a voté. Finalement, on a décidé de révéler les uns aux autres ce qu'on a fait. Puis alors, le premier qui lève la main, Brexit. Brexit. Et en fait, on a fait le tour de la table, nous avions tous voté pour le Brexit. Nous avions peur les uns des autres. Nous avions peur d'en parler.
Alors ça, c'est pour le Brexit. Je reviens au Covid-19. Le Covid-19, ça a été un tournant pour la liberté d'expression, selon toi ?
Absolument. Ça a été un tournant. Ça a permis de voir qu'il y a des choses qui étaient inimaginables en Occident.
Tu t'es beaucoup exprimé sur ce sujet.
Pour toi, ça a été une sorte de... Oui. D'ailleurs, j'ai failli perdre mon canal en ces temps-là.
J'ai vu, je crois que c'est nos amis des fact-checkers ont un bel article qui te mettait en valeur. Ils disaient que tu avais gagné un nombre d'abonnés colossal sur Twitter pendant ces périodes de confinement.
Oui, c'est ce qu'ils m'ont dit.
Donc tu as failli perdre ton canal, tu disais ?
Mon canal YouTube, oui, j'étais à deux doigts de le perdre. Parce que j'ai dit des choses qui n'étaient pas dans la doxa et j'ai eu des vidéos supprimées. J'ai eu une vingtaine de vidéos qui ont été supprimées, tout ça. J'ai eu des warnings et tout. J'étais à deux doigts de… Aldosterone, j'étais à deux doigts de disparaître complètement. J'aurais pu tirer ma révérence.
Qu'est-ce que tu disais ? Essayez de le dire de manière délicate. Tu contestais un char.
Je contestais, j'avais des opinions différentes. Des opinions basées sur des faits.
Parce que t'es un scientifique dans l'âme, toi.
Oui, je n'assénais pas mes opinions de manière péremptoire. J'apportais des éléments de réflexion, tout du moins, même si ce n'était pas des preuves tangibles. Quand il y a de gros crimes, des fois, on n'arrive pas à trouver des preuves tangibles ou des preuves formelles. C'est pareil dans les tribunaux. Moi, j'aimais bien aller aux tribunaux, puis finalement, on entend l'accusation, puis on entend la défense, puis franchement... Ni l'un ni l'autre des narratives ne tient la route. Mais bon, c'est comme ça. À la fin, il faut qu'on rentre chez nous. Il faut que le jury décide qui est coupable, qui ne l'est pas. C'est tout. Moi, je suis revenu de beaucoup de choses.
Tu es revenu de beaucoup de choses. Mais en tout cas, comment ça se fait, selon toi, justement, que cette censure, elle révolte pas plus de gens, justement, surtout en France, le pays de Voltaire et des droits de l'homme, comme on le sait ?
Parce qu'on les a habitués. On les a habitués bien avant les médias sociaux, on leur parlait. Il a fait un dérapage, il a dérapé. Donc ça veut dire qu'il y a une route, qu'il y a un chemin, il y a des rails en réalité, qu'on doit suivre. Et puis lui, il a fait une sortie d'hôte. Puis il y a quand même un tribunal ici en France, à Paris d'ailleurs, je crois que c'est dans le 17ème, enfin c'est la 17ème chambre.
La 17ème chambre, oui.
Oui, très célèbre, célèbre jusqu'à Londres, on entend parler de la 17ème.
D'ailleurs, on gagne souvent nous les incorrectifs face à ceux qui essayent de nous chercher les noises.
Oui, donc...
Enfin, on a un bon avocat aussi, c'est pour ça.
Ça aide. Donc, il y a eu déjà cette ambiance, et aujourd'hui qui est en train de s'industrialiser. où l'État veut de plus en plus de contrôle de narratif qui est en train de lui échapper. Mais à mon avis, c'est peine perdue. Et plus ils tenteront de contrôler le narratif, ils pourront nous embêter, ils pourront nous mettre des bâtons dans les roues, ça c'est sûr. Mais plus ils tenteront de faire cela, plus ils vont réveiller des gens. Parce que là, ça commence à devenir suspect.
Justement, ça a commencé à devenir suspect, donc on va en parler. Ton parcours au-delà, comment est-ce que tu te définis, s'il te plaît, politiquement, à nous ?
Si je pouvais trouver une étiquette qui me définisse politiquement, j'ai du mal.
En tout cas, tu parles beaucoup d'islam et d'immigration. Pourquoi un tel focus sur ces sujets ? Est-ce que ça n'a pas un lien avec un engagement politique ? Tu as un engagement politique, toi ?
Non, pas vraiment, non. Je ne suis pas encarté dans aucun parti. – Voilà, j'ai de la sympathie pour les patriotes, parce que… – De Florian Philippot. – De Florian Philippot, parce que j'ai beaucoup d'amitié pour Florian Philippot et aussi parce que je trouve un certain nombre de valeurs que de toute façon je défendais, comme par exemple le Frexit et tout, donc ça, la souveraineté, oui. Mais est-ce que j'ai une étiquette de droite ? Je ne pense pas, parce que je suis très à gauche parfois sur certaines thématiques, comme la thématique du travail, comme la thématique de lutter contre le pouvoir incessant des forces de l'argent. C'est-à-dire que moi, personnellement, je vois ce que j'aurais voulu.
– Excuse-moi, je t'interromps, mais c'est important, dans ta présentation Twitter, tu te définis comme un enfant de Jean-Marie Le Pen et d'Arlette Laguiller, donc c'est quand même assez fort de café.
– Oui, je suis… – Je suis croisement des deux.
– Donc t'as un fort engagement social.
– Oui.
– Et en même temps, je le disais, l'immigration, l'islam, t'en parles beaucoup. On peut être algérien et opposé à l'immigration, par exemple ?
– Oui, on peut être opposé à l'immigration. L'immigration sauvage, l'immigration de masse, l'immigration qui n'apporte pas. qui n'apporte pas de bénéfices clairs et directs au pays. Moi, je ne suis pas le gars qui dit oui, il faut absolument zéro immigration, fermer les frontières, mettre des miradors. Ce n'est pas ça ma vision. Ce n'est pas Eric Zemmour ? Non, non, pas du tout. Il me fait peur. Il va trop loin. Il va trop loin. Il a tellement caricaturé ses positions qu'il en a fait les frais au niveau électoral. Il a fait peur à beaucoup de monde. C'est-à-dire que j'ai une approche plus apaisée des choses. Il y a un vrai problème. Moi, ce que je pense aujourd'hui, je suis… Il y a un problème. On ne pourra pas, on est en 2023, On ne pourra pas revenir à il y a 30 ou 40 ans. Ce n'est pas possible. Il y a des dégâts qui ont été faits. Alors moi, je fais la part du feu. J'accepte, je suis réaliste. J'accepte qu'il y a des choses qui ont été détruites. On ne reviendra pas dessus. Mais par contre, ce que je dis, c'est qu'il y avait une publicité de Serge Gainsbourg qui faisait de la pub pour une pellicule et il se prenait en photo. Il disait la tête que vous avez maintenant, vous la regretterez dans dix ans. Donc moi, ce que je dis, c'est que 2023, ça nous semble une année extrêmement Une mauvaise année, comme dirait les gens qui font dans le vignoble, c'est une mauvaise année, d'accord ? Mais on peut avoir pire. Ça signifie qu'aujourd'hui, on a l'impression d'avoir atteint le pire, on n'est plus back-to-earth, on a cette impression-là. Si on attend dans 10 ans, on regrettera 2023. Alors moi, ce que je dis, préservons 2023. N'ayons pas ce discours de dire, on va revenir à 1953, ça ne va pas marcher. préservons ce qu'on peut. Voilà, je suis un petit peu dans cette posture-là.
Excuse-moi, je reviens encore à ce sujet de l'immigration. Tu parles souvent de l'islam. Tu n'as jamais accusé de considérer d'être un traître à ta communauté ?
Il y a eu des propos de cette nature. Je ne sais pas si le mot traître a été utilisé, mais je pense que possiblement, oui. Par des trolls, n'est-ce pas ? Des trolls de panif.
Et alors, comment tu réagis ? Ça ne te touche pas ?
Non, non, ça ne me touche plus. Si ça me touchait, je ne serais pas là. Ça fait longtemps que ça ne me touche plus, ces choses-là. Oui, au début, au début, quand j'ai... Pour te donner un exemple...
Quand tu n'es pas là, justement, tu es en Angleterre.
En fait, j'ai une amie, elle voulait ouvrir un canal YouTube. Je lui dis, attention, il faut être solide, parce que sinon, elle a ouvert son canal YouTube, elle a fait trois vidéos, elle a fermé. D'accord ? Donc, je veux dire, quand on va affronter les médias sociaux, Il faut se blinder à un moment donné. Et puis, si on commence à réagir à des trucs, à des noms d'oiseaux et tout ça, on ne va pas très loin.
On entend beaucoup parler en France de racisme systémique. C'est une notion qu'il parle ?
Racisme systémique, c'est difficile.
Tu as fait déjà face au racisme en France ou en Europe ?
Je vais raconter une histoire, je vais faire mon africain, d'accord ? J'ai un ami juif. Il est rentré de l'école, il m'a raconté son enfance, il est rentré de l'école et il a dit à sa maman, mes camarades sont antisémites. Il a reçu une claque, il a reçu une claque comme réponse. Alors l'idée c'est que, c'est pas parce que sa maman pensait qu'il n'y avait pas d'antisémites, mais elle voulait pas qu'ils grandissent en utilisant ce genre d'arguments, en faisant face à la vie avec ce genre d'arguments. Donc, si tu veux par rapport au racisme, Je suis partagé, dans le sens. J'ai tendance à le nier, à en nier l'existence. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, si je commence après à m'apitoyer sur mon sort, et à chaque fois il y a un truc qui ne marche pas, à commencer à accuser les autres de racisme, je sais que ma vie va s'arrêter là. Je sais que je vais coincer là, être aigri dans son coin, en critiquant les autres. Je ne pourrais pas changer les autres. Combien même le racisme serait réel ? Imaginons même, prenons le pire des cas, le racisme existe et il est réel. Est-ce que je vais pouvoir changer les gens ? Non. Donc ce n'est pas quelque chose qui va me servir dans ma vie de tous les jours. Je pense qu'il y a des tensions aujourd'hui. Il y a une fracture ethnique dans des pays qui ont subi l'immigration de masse. Une immigration sans intégration est la garantie d'aller vers des fossés, des fossés énormes. J'habitais en Suisse, il y avait le Rösti-Graben. Déjà, le Rösti-Graben, c'est le fossé du Rösti qui séparait la Suisse romande de la Suisse alémanique. On ne parle que de Suisse, on ne parle pas de Maghrébin, on ne parle que de Suisse entre eux. Infractures linguistiques, tout ça, ça crée des fois des tensions à l'intérieur du même pays, alors qu'ils descendent des mêmes personnes. Alors quand on prend un pays comme la France, Et puis on va ramener des peuples ou des tranches de peuples, littéralement. Ce n'est pas trois ou quatre personnes, on va ramener vraiment des masses. Forcément, on va créer un fossé. Qui parle fossé, on parle de racisme, on parle de rejet de l'autre. Mais le racisme, on va le trouver des fois même entre membres de communautés d'origine étrangère. On peut avoir un problème entre deux pays africains. Ce problème-là, on va le retrouver sous forme de rejet et tout dans la projection de ces pays en France.
Est-ce que tu dirais, comme le réalisateur Lajlili, récemment, dans le cadre de la promotion de son dernier film d'ailleurs, que la police française est raciste ?
Bon, là, j'ai quand même un problème, mais... Oui, non, la question est problématique. Parce que la question vient me titiller sur le plan idéologique. Parce que je ne suis pas mieux qu'un autre, moi. Ces derniers temps, depuis la crise sanitaire, j'ai développé une sorte de... T'es pas très propolis. Je suis pas très propolis, oui. Surtout depuis l'histoire sanitaire, je suis... D'accord, j'arrive plus. OK, ça c'est viscéral. Maintenant, c'est l'intellectuel qui va te répondre, pas le viscéral.
Tu es un homme de nuance.
Je suis un homme de nuance, donc forcément je suis obligé de... Voilà. Donc même si sur le plan viscéral j'ai un problème, sur le plan purement intellectuel, en parlant factuellement, de mes expériences personnelles avec la police. Je ne parle pas de oui-dire, je ne parle pas de cas qui sont montés en flèche sur Twitter, les réseaux sociaux. Je parle de moi, ma confrontation avec la police française. Et je ne parle pas d'aujourd'hui, je ne parle pas de tout à l'heure. Je parle sur les deux dernières décennies. Je suis obligé d'admettre que je n'ai pas eu un mot au-dessus de l'autre de la part de la police française. Ils ne m'ont jamais maltraité. Ils n'ont jamais cessé d'être professionnels dans toutes leurs interactions avec moi et en toutes situations. Je suis obligé de le dire. Et ce sont des professionnels. Et puis, en général, ce que je fais, je suis toujours carré avec eux. Je ne cherche pas à jouer le mariole. Si je suis en tort, j'admets que j'étais en tort. S'ils posent une question, j'y réponds. S'ils veulent voir un document, je leur donne. Et puis, généralement, la situation se diffuse.
Alors, justement, ça nous amène à parler des sujets, on va dire, plus proches d'actualité. Tout d'abord, quel est ton regard sur les émeutes du début de l'été 2023 ? Comment tu les expliques ?
L'histoire de Noël. Bon. Il y a beaucoup de... Les émeutes, c'est un phénomène, c'est un mouvement de foule très compliqué. La psychologie des foules, des fois, ça n'a rien à voir avec la psychologie des individus. Je peux avouer quelque chose. Quand j'étais adolescent, j'ai participé à des émeutes en Algérie. Voilà, il y avait des émeutes, c'était la nuit, on entendait un brouhaha, des sirènes, des machins. On dit, les gars, il y a une émeute, on sort. On sort, on participe à l'émeute. Tu veux savoir ? Je ne savais même pas c'était quoi la thématique de l'émeute. Moi, j'étais ado, il y avait de l'action, on s'ennuyait, les journées étaient interminables. On sort, on participe. Et moi, je me rappelle ma barrière par rapport aux émeutes. Et je pense que les gens avec qui je fréquentais avaient le même niveau par rapport à ça. C'est que dès qu'on entend des coups de feu, on rentre à la maison. Tant qu'on parle de bâton, de pierre, de choses comme ça, c'est bon, c'est bon l'enfant, comme le veut dire le français. Dès qu'on entend le claquement caractéristique d'un AK-47 ou, quand Dieu le plaise, un fusil de chasse, j'ai vu ça déjà, à ce moment-là, on rentre à la maison. Pourquoi on était dehors ? Je n'ai pas la moindre idée. Donc, il y a aussi dans les cités beaucoup de jeunes. qui sont dans l'oisiveté, qui sont dans une sorte de rébellion, qui cherchent une canalisation. Il y a des intensités qui ne sont pas canalisées.
Justement, sur Naël, c'est l'attitude de ce policier. Tu disais, quand on me demande un papier, je le montre. Qu'est-ce que tu penses de l'attitude du policier qui a tué Naël ?
Je viens du Royaume-Uni. Les flics ne sont même pas armés. Donc, pour moi, Je comprends toute l'histoire, sur le plan humain je la comprends et je respecte. Ce jeune, jamais il n'aurait dû faire ce qu'il a fait. Prise de risque, danger, il aurait pu écraser des gens, y compris des policiers. C'est absolument inacceptable ce qu'il a fait, il utilisait un véhicule pour lequel je croyais qu'il n'était pas qualifié à conduire, il n'avait pas de permis de conduire. Ça c'est absolument inqualifiable. De l'autre côté, la réponse de la police, arriver jusqu'à tirer, alors que même la police américaine aujourd'hui, la police américaine, on peut voir leurs vidéos en ligne, ils ont des caméras portées, ils portent des caméras. Et franchement, je dois dire, de la police américaine aujourd'hui, que des fois, ils tirent 30 secondes après que j'aurais considéré personnellement un tir comme légitime. Ça signifie que le gars est armé, le gars, il a son arme, il veut la lever, il voit qu'il a ses velléités là, ou un trembleur est déjà tiré et ils attendent. Des fois, ils attendent qu'il ouvre le feu pour répondre. Donc, je m'attends, j'ai un standard très élevé pour la police. C'est pas que je suis anti-police. J'ai un standard très élevé. Et je m'attends d'eux à faire ce travail difficile et ingrat de résoudre un problème comme celui de Nahel, sans en arriver à le flinguer. Et je comprends quand ils disent, oui, mais on ne nous respecte pas, oui, c'est des sauvages, oui, ils se comportent mal, oui, il y a l'éducation, je comprends tout ça. Franchement, je comprends. Mais malgré tout, tout en tenant compte de tout ce qu'ils disent dans la balance, Je veux qu'ils en arrivent à s'en sortir sans en arriver à envoyer quelqu'un à la morgue, c'est tout.
La cagnotte, justement, en faveur du policier, ça t'a choqué ?
Non, ça ne m'a pas choqué. C'était un vote, c'était un référendum. Je pense que la France a besoin de référendums. Et puis cette cagnotte-là était un référendum parce que la cagnotte a dépassé, en réalité, les besoins, on va dire, normaux de défense du policier. Mais il y avait aussi une sorte de… Il y avait des gens qui disaient « on a ras-le-bol, donc on va voter ». en donnant de l'argent. C'était une sorte de référendum, sans le dire.
Il y en a beaucoup qui font lien entre insécurité et immigration. Tu le ferais, toi ?
Entiers, qui sont désindustrialisés, qui sont habités par des autochtones, des Blancs, comme on dirait au Royaume-Uni. Et puis, là, on va retrouver toutes les tares sociales qu'on retrouve des fois dans certaines zones déshéritées en France. Et en fait, ils sont extrêmement violents. Donc, au Royaume-Uni, oui, il y a aussi l'immigration qui participe, mais pas nécessairement. Il faut développer le nez pour voir qui est qui. Mais on peut se faire agresser, se faire attaquer par des purs jeunes Anglais.
– Mais en France, tu le fais, ce lien ?
– En France, Ce lien, je pense qu'on peut dans une certaine mesure le faire. Bien sûr, toujours, on est dans un sujet délicat, mais il y a quand même une immigration à contrôler. Et la France, si je cite le roi Hassan II, la France n'est pas en train de récupérer les ingénieurs et les médecins. Elle récupère aussi. Quand elle récupère, on peut en parler aussi. Mais l'idée, c'est que les pays sont en train de déverser leur trop-plein démographique en France. et ce qu'ils vont envoyer, ils ne vont pas envoyer nécessairement leur meilleur. Parce qu'il y a des pays aujourd'hui africains qui sont dépassés par une démographie galopante. Donc leur intérêt, c'est quoi ? La démographie galopante, c'est une source d'instabilité dans le pays. Ces jeunes peuvent devenir des bandits dans leur pays, peuvent rejoindre des groupes armés, peuvent créer de l'insécurité dans leur propre pays. Donc l'intérêt pour le pays d'origine, c'est de les envoyer... — Alors parlons un.
Instant aussi de ce sujet de l'islam. On parlait tout à l'heure d'Arabien. Que ce soit l'occasion aussi que tu me reparles de cette position que tu as eue sur la question de la baille.
— Oui.
Alors... — D'abord, l'islam.
— L'islam. Bon. Est-ce qu'il est compatible avec la République ou pas ? Je pense que... Je ne sais pas ce qu'il a dit exactement, Zemmour, je ne me rappelle pas de son propos exact, mais moi, je ne dis jamais sur l'islam ce que l'islam ne dit pas sur lui-même. L'islam n'a pas été fondé pour être compatible avec la République française. Déjà, il prédate la République française. La République française est arrivée 1200 ans après l'islam. Donc l'islam, fondamentalement, au moment où il a été créé, il n'y a pas du tout ce concept de république dedans. Donc il serait quand même illusoire de s'attendre qu'aujourd'hui, cette religion dise « bon, je m'adapte à quelque chose venu longtemps après ». Non, c'est pas possible. Je ne pense pas que l'islam est compatible avec la République. Et ça, c'est pas de l'islamophobie ou des choses comme ça. C'est même pas une critique d'ailleurs, c'est juste un constat. Je critique même pas l'islam en disant cela. C'est juste, je constate, l'islam est une religion qui n'a pas... qui a été créé avec des sortes de doctrines très solides, qui sont relativement immuables. Et puis l'islam fait face aussi à une crise, c'est la crise du temps présent aussi, c'est-à-dire comment l'islam va se conjuguer dans la modernité. Et ça, c'est une crise qu'il y a dans l'islam, dans les sociétés islamiques, mais c'est une crise qu'il y a aussi dans les sociétés non musulmanes, mais qui font face à l'islam. Donc c'est une crise qu'il faut voir des deux côtés pour comprendre toutes les ramifications.
L'islam en tout cas gagne du terrain en France. Est-ce qu'on va, selon toi, vers un choc des civilisations ?
Je le croyais il y a un certain nombre d'années. Je le croyais. Je ne le crois plus maintenant. J'ai changé d'avis. C'est-à-dire qu'il y a dix ans, ça semblait relativement évident que nous allions vers un choc des civilisations. Aujourd'hui, je me dis, pour qu'il y ait choc de civilisation, il faut qu'il y ait deux civilisations. Les deux civilisations, les deux veulent vivre. Les deux, donc, sont en train de se battre pour le même territoire, se battre pour le même morceau de terrain. Et donc là, il y a un choc. Mais là, je ne vois pas de choc. Parce que si je prends la civilisation dite occidentale, Je vais dire aujourd'hui, je ne suis pas très loin des positions de René Guenand sur le sujet. C'est-à-dire que je vois que c'est une civilisation qui court à son autodestruction. Donc elle fera quoi comme choc avec l'islam ? Elle ne fera aucun choc. Elle s'effacera devant, tout simplement. Comme elle s'est effacée devant, comme elle s'efface au jour le jour devant toutes les idéologies. Même les idéologies les plus farfelues qui naissent dans la tête de jeunes détraqués des universités américaines. ces jeunes avec les cheveux colorés et tout ça.
Le wauquisme.
Le wauquisme.
C'est une religion d'ailleurs.
C'est même pas une religion. J'aurais voulu qu'il soit considéré comme une religion, ce qui nous permet de nous en protéger.
T'en penses quoi d'ailleurs de ce wauquisme ?
Le wauquisme, c'est une abomination. Et d'ailleurs, je crois même pas qu'il naisse dans la tête de ces jeunes. Je crois qu'il naît dans les forces de l'argent américain, dans les entreprises américaines, qui cherchent à s'acheter une virginité et qui cherchent aussi à changer notre perception du bien et du mal. C'est-à-dire que nous, en tant que société, fatalement, avec le temps, notre perception des choses évolue et change. Elle change de manière naturelle. C'est chacun de nous, tout un chacun qui va faire évoluer sa perception. On trouve aujourd'hui des femmes, dans Paris par exemple, habillées d'une manière telle que si elles s'étaient habillées comme ça dans un cabaret dans les années 60, ils auraient été fermés. Mais ça, c'est un changement sociétal qui s'est fait naturellement. Le problème, c'est que les sociétés et les entreprises aujourd'hui veulent diriger notre sensibilité et veulent dicter le bien et le mal. Et je ne veux pas, moi, d'un bien et d'un mal qui sortent du bureau du PDG d'Amazon ou qui sortent du bureau des ressources humaines d'une entreprise listée sur le Nasdaq ou sur le CAC 40. Ce n'est pas ma vision. Or, ces entreprises sont en train de s'emparer de ce narratif-là, des valeurs sociales.
Donc ça t'inquiète ?
Bien sûr ça m'inquiète parce qu'elles ont un pouvoir démesuré qui est le pouvoir de l'argent et on voit au jour le jour elles sont en train de nous imposer leur vision. Bien sûr par le relais médiatique et à travers les jeunes et tout ça.
Alors c'est intéressant de faire la transition justement entre ce que tu viens de dire. Tu parlais de l'habillement, des jeunes, du relais médiatique. Le sujet qui a monopolisé beaucoup la classe politique ces derniers temps c'était la question de la baïa. Est-ce que tu peux nous rappeler ta position sur la question de la baïa ?
Personnellement, je n'ai pas aimé la loi sur la baïa. J'ai eu l'impression que c'était une manière...
Mauvaise décision de Gabriel Attal, selon toi.
Oui, je pense que c'est une méthode un peu cheap... Pourquoi ? ...de balancer un jeton à la droite en disant « oui, regardez », en lutte contre l'immigration, en lutte contre ces choses-là.
Pourquoi ?
La loi, pour moi, doit être claire.
– Elle n'est pas applicable selon toi ?
– Non, elle n'est pas applicable. – Pourquoi ? – Parce qu'elle n'est pas précise, elle est vague. C'est quoi une abaya ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on dit… Je comprends l'idée, je comprends le malaise. Encore une fois, je comprends le malaise.
Des… – L'abaya, à la base, c'est quand même une tenue qui est considérée comme étant… religieuse, en tout cas faisant le prosélytisme de la religion musulmane. Et donc on dit, d'ailleurs on parle même peut-être du retour de l'uniforme à l'école. Ça c'est plutôt une bonne idée. Voilà, à part je trouvais ça plutôt... En Grande-Bretagne on n'en discute plus, en tout cas je crois pas. Mais l'Abaya explique-nous pourquoi ce qui d'après moi me semblait aussi, mais bon je suis pas là pour donner mon opinion, mais Je trouvais plutôt ça assez salutaire.
Mais explique-nous, toi, pourquoi... — La définition est vague. La définition est trop vague, la définition est légale. C'est-à-dire que par exemple, si on dit.
La loi... — Mais l'intention est peut-être bonne. Pardon.
Possiblement. En fait, on ne peut pas tout régler par des lois. Je comprends le malaise dans des lycées français ou autres qui commencent à voir que les filles s'habillent d'une certaine manière, qu'il y a des phénomènes de mode. Je comprends l'inquiétude des éducateurs, c'est clair. Et il va falloir répondre à cette inquiétude et voir qu'est-ce qui est en train de se passer, qui est en train de manipuler ces jeunes, qui est en train de faire du prosélytisme parce que ces jeunes-là ne vont pas inventer soudainement un habit et venir avec à l'école. Il y a un travail, c'est un symptôme de quelque chose. Moi, je veux voir au-delà de ce symptôme, je veux voir ce qu'il se passe. Or, pendre cette loi, elle est complètement inefficace. C'est-à-dire que la baïa n'est pas une définition super précise. Si la loi dit que c'est interdit d'aller au-delà de 100 km heure sur cette route, c'est précis, c'est clair, c'est mesurable. Il n'y a pas deux personnes qui peuvent avoir un doute sur ce que c'est 100 km heure. Une baïa, bon, on voit là chacun sa vision. La fille, bon, elle porte une sorte de robe blanc qui va jusqu'aux chevilles et puis qui va jusqu'aux poignets. OK, c'est interdit. Demain, elle la coupe en deux et puis elle vient avec un top et une jupe. Comment on fait ? Elle va la coudre au milieu et fabriquer des sortes de jambes comme ça. C'est une sorte de pantalon bouffant. Et là, on commence à entendre même des histoires. Justement, ça ouvre la porte à ces dépassements des filles qui ont été refusées. Parce qu'il y a une fille qui était un peu… Kimono, je crois. Oui, une fille qui était un peu kimono. Elle avait un peu, comme beaucoup les adolescents des fois le sont, qui était un peu nerveuse à cause de ses formes, un peu complexée. d'autres qui avaient quelques kilos de trop, et donc qui s'habillaient avec des habits amples. qui n'était pas… il n'y avait pas de revendication. Puis elle arrive, on lui dit « Ah toi, on ne voit pas assez tes formes, tu dois nous montrer tes formes, tes habits sont trop grands pour toi ». Donc là, c'est vrai que pour moi, on va prendre une problématique, on va jeter de l'huile sur le feu par une loi inapplicable. Et je pense que même la loi est morte maintenant, je suis sûr que si on va regarder à l'entrée des lycées, je crois qu'il n'y a plus personne qui va appliquer cette loi. Mais l'État, et ça c'est ce que j'aime pas un peu dans l'État français des fois, c'est qu'ils considèrent que j'ai un problème, j'ai une loi, problème, loi, problème, loi, sans vraiment les appliquer. Mais juste une manière de dire à l'électeur, vous voyez, on a quand même sorti une loi. Ça n'arrivera rien du tout.
Toi, on est dans une émission qui s'appelle Les Incorrectibles, on va essayer de ne pas faire de langue de bois. Est-ce que tu peux nous dire d'où tu parles ? Tu es de religion musulmane, tu peux nous le dire ou pas ?
Je mélange les religions en fait. Je suis une sorte de chemin personnel, une sorte de gnosticisme, d'accord ? Pas direct, j'ai jamais dit directement sur Youtube, mais il y a un mélange. Dans ce que je fais, il y a un mélange d'islam, de soufisme, il y a un mélange de christianisme, de judaïsme, j'étudie la... La Kabbalah et des choses dont je ne parle pas nécessairement, parce que peut-être considérées comme occultes ou dangereuses par certaines, qui font partie de ma sensibilité, qui parfois guident mes réductions.
Tu essaies de prendre un peu dans.
Chaque religion ce qu'il y a de bon. Oui, et les Gnostiques vivaient entre autres en Afrique du Nord. C'est une longue tradition d'Afrique du Nord. Ça signifie, au lieu de prendre le culte, on prend les idées, on considère que que Dieu s'exprime sous toutes les formes, sous toutes les couleurs, et puis que chacun a une fraction de cette lumière-là, et que si on va chez tout le monde chercher les fractions de lumière qu'ils ont, peut-être qu'on sera plus enrichi que si on va dans l'un des temples, on s'installe là, et puis on va dire nous avons toute la lumière et les autres sont tous dans le faux. Non, moi quand je parle à beaucoup de monde, on peut me retrouver dans des mosquées, on peut me retrouver dans des synagogues et dans des églises, Quand j'écoute et je parle à des gens qui ne se parlent pas, je constate des fois que ce qui les rapproche est supérieur à ce qui les éloigne. Sauf que chacun pense que lui a la lumière absolue. Voilà, donc c'est ma sensibilité sur ces choses-là.
Alors, on parlait de Dieu. Plus près de nous, entre Dieu et les hommes, il y a souvent un roi. Et donc, il y avait le roi Charles III, puisque c'est désormais le roi qui était cette semaine en France. D'abord, Quel regard tu portes sur cette tradition, et puis surtout sur cette tradition qui est encore une réalité ? Le regard que tu portes d'abord sur cette visite officielle, est-ce qu'il y a beaucoup de gens qui ont commencé à s'en choquer, et puis d'autres qui disent que c'est la moindre des choses, c'est normal ?
– Moi, ce qui m'a surpris lors de la visite du roi Charles III à Paris, c'est qu'ils ont coupé Paris en deux. Ils ont éloigné les gens, ils ont placé des grilles, des CRS, ils ont ramené des CRS de partout.
Il faut bien assurer sa protection, ça.
Le problème, c'est qu'il y avait des milliers et des milliers d'hommes, alors que quand le roi Charles se balade à Londres, c'est deux Range Rovers et deux motards. Ça aussi. Juste gire au phare et ils foncent. C'est tout.
Alors qu'ici... — Oui, mais il est pas annoncé. Alors que là, bon, on savait exactement où il était. Quand il est place de l'étoile, qu'il se recueille devant la tombe du soldat inconnu, il vaut mieux quand même assurer sa protection.
Et donc... — Oui, mais je soupçonne... Alors là, c'est le côté conspirationniste en moi qui parle. Il faut pas me prendre au premier degré. Je soupçonne que Macron ne voulait pas d'embarrassement devant son invité. Et donc il a préféré garder les Français à distance respectables pour que le roi britannique n'entende pas les sifflets qui deviennent malheureusement habituels à chaque manifestation de Macron.
Alors justement, ça m'amène à parler d'Emmanuel Macron. Pour toi, qu'est-ce que tu penses d'Emmanuel Macron ? Est-ce que c'est le pire président de la Ve République ?
Si c'est le pire président de tout ce que j'ai vu, Enfin, même aujourd'hui, il a réussi à me rendre Hollande sympathique.
Ça, c'est fort, c'est vrai.
Je regrette la période Hollande où il ne faisait rien.
Vous diriez qu'il est encore plus mauvais qu'Hollande.
Oui, parce qu'il agit. Parce que Hollande, pendant très longtemps, il ne se passait rien. Il s'occupait de sa vie, on ne l'entendait pas trop parler de lui, il n'était pas hyper actif. Là, Macron a quand même une forme d'hyperactivité, il agit beaucoup, et c'est quelqu'un de déterminé. Il représente pour moi la quintessence de l'anti-France. Pour lui, la France, ce n'est même pas un pays qui devrait exister sous sa forme actuelle. Lui, ses préoccupations ne sont pas de ce monde, ne sont pas de France, ses préoccupations. Lui, il est là pour régler des problèmes qui, dans sa vision, dépassent, sont plus grandes que la France. Il veut régler des problèmes en Ukraine, il veut régler des problèmes de climat, des problèmes de pays lointains. Le seul pays pour lequel il est payé pour justement travailler et défendre, c'est la France. Et là, c'est le dernier de ses soucis, clairement.
Comment tu expliques justement qu'il ait pu être réélu, alors, dans ces conditions ?
Parce qu'il y en a beaucoup qui.
Partagent ton avis sur cette question-là, mais dans les faits, il a été, sauf à se tromper, réélu, quand même.
Sur le plan psychologique, je pense que les Français ont eu l'habitude de sentir le lascar. Ils votent pour lui, forcément. Parce qu'aujourd'hui, tu reprends 10 candidats, tous avec un projet national sincère, et qu'ils l'expriment chacun à sa façon, mais ils s'expriment sincèrement, ils ne vont pas voter pour eux, ils vont voter pour le gars au milieu qui est un imposteur. Ils vont voter pour le gars, le Macron. Ils sont habitués à voir, ils ont eu tellement de mauvaise gouvernance, je dirais, pendant très longtemps, qu'ils sont habitués à reconnaître comme potentiel gouverneur quelqu'un qui présente les traits psychologiques de Macron. Quand ils voient ce genre de personne, ils disent « oui, je vote pour celui-là ». Et puis il y a aussi le plus grand parti de France, les abstentionnistes, qui eux sont des gens qui ne croient plus du tout en la vie politique. Et donc ceux-là, par leur désaffection des urnes, jouent un rôle important. Ça signifie qu'ils vont potentialiser les voix pro-Macron. Ça signifie qu'ils vont potentialiser ces voix de gens qui n'ont pas une forte éducation politique, éducation dans le sens british du terme, qui n'ont pas de grandes connaissances politiques, vont juste aller voter parce que oui, il a l'air d'être le gendre idéal, parce qu'il est souriant, il est sympa. Voilà. Et on a eu peur de Marine Le Pen et tout, donc on vote pour lui. Mais je pense que c'est plutôt la désaffection des urnes qui permet à des gens comme Macron de sévir.
On entend souvent que la France serait au bord de l'effondrement économique. C'est aussi ton avis ?
Je pense qu'économiquement, ça va mal. d'autant plus que la France joue perdante. Ça signifie, ce qui m'inquiète moins, ce n'est pas la situation actuelle, parce que les situations... actuelles peuvent être bonnes ou mauvaises ou très mauvaises. La France, quand même, au sortir de la guerre en 1945, elle ne menait pas très large non plus. Pourtant, elle est repartie sur des années glorieuses. D'ailleurs, je deviens suspicieux personnellement sur tout l'intérêt de la Deuxième Guerre mondiale, si juste après, je vois que l'économie était glorieuse et que les gens se faisaient de l'argent. Je me pose des questions quand même. Est-ce qu'il n'y aurait pas une sorte de... C'est comme un crime, on cherche toujours à qui profite-t-il. Donc les 30 glorieusement. Mais revenons aujourd'hui. Quand ils sont sortis de la guerre mondiale, ils étaient au plus mal, mais sauf qu'ils avaient une intention de vaincre, de vivre, de grandes réalisations. Et par la suite, ils ont réalisé des projets extraordinaires, comme le tunnel sous la Manche, le Concorde, Airbus, les grandes réalisations françaises, n'est-ce pas ? Parce que la France avait envie de vivre. Aujourd'hui, la France a envie de s'arrêter. Aujourd'hui, la France, c'est ce que je sens quand je regarde, pas les gens, pas les gens dans la rue, mais quand j'entends parler les élites françaises, C'est bon, le train de l'histoire est arrivé, au terminus, il faut qu'on descende maintenant, c'est fini. Maintenant, il faut qu'on ferme les centrales nucléaires, il faut qu'on interdise les voitures, il faut qu'on délocalise les usines, il faut qu'on n'a plus besoin de matières premières. D'ailleurs, c'est pour ça que le monde est en train de s'organiser sur la France, les BRICS. Les BRICS, ce n'est pas un anti-France. L'anti-France est à Paris. L'anti-France, ce n'est pas les BRICS. Les BRICS, c'est des pays qui se disent, là, c'est européens, ont peut-être perdu la boule, mais il faut les prendre au sérieux. Ils ne veulent vraiment pas de matière première, ils ne veulent vraiment pas d'énergie. Ils ont décidé que, civilisationnellement, c'est la fin. Et donc, ils s'organisent pour un lendemain où la France n'aura pas sa place. Donc, c'est ce qu'on est en train de voir. On est en train de voir un nouveau lendemain qui est en train de se créer. Et sans sursaut national rapide, ça va être très difficile d'empêcher cela.
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