Attentat de Liège: rien n'est fait contre le terrorisme

Monologue reacting to the Liège attack: the speaker argues that terrorism has become normalized in Europe and criticizes "legalistic" responses that avoid exceptional measures. Drawing on personal experience in Algeria, the speaker describes more forceful counter-terrorism tactics used there (state of emergency, curfews, ratissages, checkpoints, special forces) and urges Europe to adopt more visible, decisive actions to prevent attacks.
Bonjour mes amis, donc hier il y a eu un attentat à Liège en Belgique et je peux vous dire que jusqu'à une demi-heure j'étais en train de me demander si vraiment il valait la peine d'en parler. Pourquoi ? Parce que le terrorisme est devenu d'une telle banalité en Europe que ce n'est même plus une nouvelle. Un jour il y aura un attentat dans une capitale européenne et ça sera littéralement dans la rubrique des faits divers. Comme le disait il n'y a pas longtemps Saddiq Khan, le maire de Londres, les attentats terroristes font partie intégrante de la vie dans les grandes villes d'aujourd'hui. Grandes villes occidentales, il faut peut-être rappeler, parce que dans les pays, même pays arabo-musulmans, les attentats ne sont pas considérés comme une normalité ou comme une fatalité avec laquelle il faut vivre. Aujourd'hui, les occidentaux sont réduits à attendre le prochain attentat sortir les fleurs, sortir les bougies, ramasser des corps, et puis une minute de silence et on passe à la suite. Un jour, il n'y aura peut-être même pas la minute de silence. Hier, en Belgique, il y a eu un attentat. Dans ce cas précis, c'était, comme d'hab, relativement les mêmes profils. C'était quelqu'un qui s'était converti à l'islam sunnite, donc le culte du califat, le culte des hommes de pouvoir, sans les pieds desquels tu n'arrives pas à Dieu. C'est clair, je l'ai résumé. Il va falloir que je refasse une série de vidéos dans ce sens pour expliquer réellement ou réexpliquer à ceux qui n'ont pas vu les précédentes vidéos la domination absolue et totale de l'homme de pouvoir sur cette idéologie qui se veut religion, qu'on appelle l'islam sunnite. Alors, il s'est converti, il sortait de prison la veille, n'est-ce pas ? Et donc, il a commis cet attentat et il a tué trois personnes, dont deux femmes flics. OK. J'aimerais vous dire un truc. J'ai vécu en Algérie à l'époque du terrorisme, même si d'autres Algériens ont vécu plus longtemps que moi à cette époque, faisant partie des gens qui ont préféré sur le moment, qui ont eu l'opportunité de partir. Je n'ai aucun mérite que d'avoir survécu à cette époque en partant. Mais j'aimerais vous dire un truc. Je vois que l'Algérie, toute proportion gardée, a quand même réussi à vaincre le terrorisme quand on compare à des pays comme la Belgique ou la France. Il y a aujourd'hui moins d'attentats en Algérie, il y a quasiment plus d'attentats en Algérie, alors que c'est une occurrence régulière en France et en Belgique. Qu'a fait l'Algérie que ne fait pas la France, que ne fait pas la Belgique ? Je vais vous le dire. Répondre au terrorisme ne se fait pas dans le légalisme. Il doit se faire. C'est une menace exceptionnelle et elle doit connaître une réponse exceptionnelle en dehors du cadre classique. Je sais bien qu'il y a des gens très légalistes et je peux les comprendre. Je salue même les sentiments honorables qui les animent. Ce n'est pas cela. Mais il faut savoir un truc. Idéalement, quand tu veux que ton pays continue à vivre dans le légalisme, idéalement, tu évites les situations qui te permettent d'avoir des terroristes sur ton sol. D'accord ? C'est-à-dire que, par exemple, juste pour donner un exemple, si tu es légaliste, à la base, tu interdises strictement, sous une peine très lourde, que des gens viennent sans le moindre papier, sans présenter le moindre document, et affluent vers ta frontière, et en plus, en invoquant ce crime qu'ils ont commis contre ton pays, ils obtiennent des avantages en nature. Ceci ne doit pas arriver parce que tu ne peux pas me dire tu es ultra, tu n'es pas légaliste, tu t'en fiches des gens qui traversent la frontière et qui arrivent sans papiers par exemple. mais tu deviens légaliste au moment où il s'agit de lutter contre le terrorisme. Je veux dire, le légalisme, soit il est absolu et appliqué partout, soit, ma foi, je te demande le même écart au légalisme pour la lutte contre le terrorisme que lorsqu'il s'agit de donner carte blanche à des gens pour traverser la frontière comme ils veulent. D'accord ? Tu comprends ce que je veux dire ? C'est ça. Soit on l'applique partout, soit nulle part, mais on ne peut pas faire entre les deux. C'est juste un exemple, il ne faut pas s'attacher à ça. Alors, pourquoi j'aimerais vous parler un peu de l'Algérie ? Parce que j'aimerais bien que vous voyez à quoi ressemble un pays qui lutte contre le terrorisme. En Algérie, on a compris qu'il y avait une menace exceptionnelle. Et à celle-ci, il fallait apporter une réponse exceptionnelle. Tout d'abord, il y avait un état d'urgence. Un état d'urgence avec des lois extrêmement spécifiques et énormément de protections démocratiques qui existent en temps normal tombent. Malheureusement, ça ouvre la voie, ça ouvre la brèche à des abus, ça ouvre la brèche à des excès. Je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est vrai. Mais en général, il faut déjà éviter d'avoir terrorisme chez toi. Mais une fois qu'il est chez toi, C'est comme lorsque t'es malade, t'as une grave maladie, t'as attrapé le paludisme ou n'importe quoi, puis t'es à l'hôpital, tu peux pas dire, oui j'aimerais des médicaments qui n'ont pas d'effet secondaire, c'est trop tard, il fallait pas attraper le paludisme au départ, mais celui-là je l'ai chopé, mais il faut aujourd'hui faire avec les effets secondaires. Il y avait, par exemple, sur certaines régions des couvre-feu. L'avantage du couvre-feu, c'est qu'il empêche, il restreint la liberté de mouvement des terroristes. Il les empêche de se déplacer, en particulier la nuit ou le soir, et donc il permet aux autorités, si jamais elles veulent tomber sur quelqu'un, de savoir qu'elles peuvent le loger exactement à l'endroit où il est, qu'il n'y a pas de... qu'il n'y a pas de mouvement de terroristes. Est-ce qu'il y a des endroits en France ou en Belgique où il y a un couvre-feu ? Non, ça n'existe pas. Deuxièmement, ils font très régulièrement ce qu'on appelait des ratissages. Alors ratissage, ça signifie que s'ils suspectent qu'il y a une zone de laquelle arrivent régulièrement des terroristes ou il y a des terroristes qui ont été signalés ou autre, qu'est-ce qu'ils font ? Ils tombent dessus des opérations conjointes armées et police et tout cela. Et ils vont faire un ratissage, ça signifie qu'ils vont passer la zone au panier fin. Ils trouvent quoi quand ils foncent là ? Ils trouvent des personnes recherchées. Ils trouvent des terroristes armés. Parfois, ils ont même des accrochages armés avec eux, des échanges de tirs, et ils finissent par les tuer. Ils trouvent de l'argent. Ils trouvent des caches d'armes. Ils trouvent des pièces à conviction. Ils trouvent des carnets. Ils trouvent des cahiers. Ils trouvent des documents. Ils trouvent des usines de faux papiers. Ils trouvent plein de choses comme ça. J'aimerais juste vous donner un exemple. Si vous faites un ratissage à Molenbeek, je peux vous dire qu'un vrai ratissage digne de ce nom, par surprise, je peux vous assurer que vous divisez le nombre d'attentats futurs sur votre sol par deux. Mais vous n'allez pas oser le faire. C'est ça le problème. C'est que je ne vous dis pas qu'il faut utiliser toutes les cartes qui sont utilisées, par exemple, qui ont été utilisées en Algérie. Je ne vous dis pas qu'il faut faire exactement la même chose. Mais en fait, je cherche à vous dire que dans un pays que tu luttes contre le terrorisme, il y a une action anti-terroriste quotidienne très spectaculaire, très visible. L'important, c'est qu'elle soit visible aussi. Il ne s'agit pas d'être là, jouer au PMU comme jouer au PMU, puis dire tiens, celui-là, c'est fiché S. Et puis après, quand il commet un attentat, tu sors le truc. Non, ce n'est pas cela. C'est beaucoup plus violent que cela. En Algérie, quand on lisait Le journal, quand il y avait par exemple une demi-page sur des attentats commis la veille, il y avait cinq pages sur le nombre de terroristes abattus, le nombre de ratissages réalisés, le nombre d'arrestations faites. C'est ça le truc. Il y avait une lutte qui se passait. En Europe, il ne se passe rien du tout, mes amis. Il n'y a personne qui lutte contre le terrorisme. Ça n'existe pas. Les prochains terroristes sont là, sont dans toute liberté, en toute latitude, dans un contexte purement légaliste, de sortir et puis se faire exploser ou tuer des gens en gueulant « Allahu akbar ». Le jour, ils choisiront. C'est tout. C'est eux qui choisiront l'heure et le jour. Et vous, vous n'en savez rien. Juste vous veillez et vous attendez avec les bougies à la main et les fleurs à la main. Ça ne peut pas exister. Ça ne peut pas continuer comme ça. C'est pas possible. Il va falloir le rentrer dedans. Il va falloir arrêter avec cela. Il va falloir vraiment avoir des autorités qui sont motivées et puis aller au bout de l'action. L'Algérie avait créé des forces spéciales, des forces spéciales, des droits extrêmement étendus qui étaient là pour lutter contre le terrorisme. Personne ne pouvait les arrêter ou les bloquer ou leur parler quand il s'agissait de lutte contre le terrorisme. Ils avaient pouvoir absolu au total pour dénicher le malin. Est-ce que vous avez aimé mon Europe ? Non. C'est pas possible. Donc, je cherche à vous dire que je ne suis pas en train de vous dire que l'Algérie doit devenir, l'Europe doit devenir comme l'Algérie. Ce n'est pas cela. Mais je cherche à vous dire que j'ai vécu dans un pays qui était gangrénés par le terrorisme, et j'ai vu la réponse des autorités. Il y avait des barrages, il y avait des contrôles inopinés, il y avait des barrages qui étaient placés sur des routes nationales, sur des carrefours, des trucs comme ça, et soit ils laissent passer, soit ils les arrêtent en fonction des critères qui sont les leurs. Ça leur permet de trouver des gens recherchés, ça leur permet de créer une insécurité chez les groupes terroristes. Aujourd'hui, Un terroriste, il sait qu'il peut remplir une voiture d'armes et traverser pratiquement tout le pays de part en part, mais il n'y a personne qui va l'arrêter ou va le déranger ou autre. En Algérie, ce n'était pas possible. Si le gars est recherché ou le gars a des armes, il veut les transférer. il a du mal parce qu'il sait que s'il fait 300 km, il va probablement passer à travers 5 ou 6 barrages et il y en aura forcément un qui va probablement l'arrêter, lui demander d'ouvrir le coffre, regarder ses papiers. Donc si le gars est recherché ou il a des armes ou autre, ça restreint sa liberté de déplacement alors que l'impact sur la population en général est relativement bas. C'est ça le truc. Ce que je cherche à dire, je ne veux pas encore une fois transposer toutes ces méthodes en Europe, mais ce que je cherche à dire c'est que quand un pays lutte contre le terrorisme, ça se voit, il y a des actions spectaculaires qui sont réalisées, que n'importe quel membre du public peut voir, et ça va beaucoup plus loin qu'il y a un attentat on fait un plan Vigipirate, on rajoute juste un cran au niveau d'alerte, on sort des soldats, des jeunes appelés, on les met dans des coins, des fois avec des chargeurs, des fois sans, et puis ils sont là avec des jeunes qui leur crachent dessus, qui les insultent, qui le provoquent, et puis au bout d'une semaine, quand ça se tasse un peu, ils rentrent dans leur caserne, puis c'est tout. Ça ne s'appelle pas lutter contre le terrorisme. Je suis désolé, ça ne s'appelle pas. Et le problème, c'est qu'avec le temps, j'ai peur que qui nous arrivions de nouvelle génération d'Européens qui n'ont jamais rien connu d'autre, pour lesquels ça deviendra une normalité. Ils ouvriront les yeux et ça devra. C'est une normalité depuis leur petite enfance que ma foi régulièrement, il y a des égorgeurs qui sortent au nom d'Allah ou Akbar et puis qui tuent des gens. Il n'y a rien de pire, mes amis, parce que quand je vous dis un truc, parce que les Européens se sentent bien là dedans. Et moi je vous dis un truc, quand on commence à se sentir bien dans la merde, c'est qu'on n'est pas très loin d'y crever. C'est ça le problème. D'accord ? Parce qu'il y a pire encore qui peut venir. Parce que ces choses-là vont crescendo. Ce n'est pas comme les attentats qui ont été commis par des fois des mouvements anarchistes ou des mouvements d'ultra gauche ou autres qui connaissent et recrutent des sens puis qui disparaissent. C'est des attentats liés à des menaces intemporelles, liés à des menaces basé sur des doctrines qui sont en cours depuis 1400 ans. Si vous prenez la planète, ça fait 1400 ans que le terrorisme ne s'est pas arrêté. Différents endroits. Mais ça fait 1400 ans, il n'y a pas eu une journée sans terrorisme. D'accord ? Dans la définition qu'on accepte aujourd'hui. D'accord ? Même il y a 400 ans, il y a 100 ans, il y a 1000 ans il y avait le terrorisme. D'accord ? Donc, il s'est peut-être relativement calmé À l'époque où il y avait, par exemple, les pays occidentaux qui contrôlaient les pays d'hyarbo-musulmans, c'est eux qui les administraient, et encore. Et il n'y avait pas d'immigration en Europe. Mais aujourd'hui, c'est devenu quelque chose de très courant, et avec la potentialité que ça augmente encore. Voilà. Je vous laisse, mes amis. C'est juste... Je ne voulais pas me taire. Je ne voulais pas être... Je ne voulais pas le faire passer comme si c'était un non-événement. À bientôt, mes amis.
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