
On the Byford Dolphin platform in 1974, saturation divers lived in pressurized chambers at 9 bar for up to 28 days. A misclosed hatch caused the decompression capsule to release, dropping pressure from 9 bar to 1 bar in seconds. The five divers died instantly, their bodies ravaged by explosive decompression.
Questions this video answers
1974
About 80 metres
Approximately 9 bar
Around 4–7 days (the narrator says 4–5 days up to a week)
Up to 28 days
C'Est une semaine de décompression. Ça veut dire qu'ils sont toujours dans leur tube en acier et cette fois-ci on va ouvrir une valve qui progressivement va relâcher l'air pour baisser la pression à un bar et elle va mettre 4-5 jours jusqu'à une semaine de décompression. Ça dépend combien de temps ils étaient en dessous. Donc ils ne vont pas s'apparencer très James Bond. On a une plateforme, on a des sortes de piliers verticaux. En réalité ce ne sont pas des piliers qui vont toucher le fond de la mer, ce sont tout simplement des flotteurs. Et bien entendu, la plateforme est munie de moteurs diesel, d'hélices et tout ça, lui permettant de se déplacer par ses propres moyens si nécessaire, mais aussi et surtout garder très précisément une position. Grâce à sa construction, c'est une plateforme qui peut tenir des vents de 180 km heure et des houles de 30 mètres. Elle sert à quoi ? En fait, elle a été construite en 1974, quelques années après la découverte de gisements offshore au large de la Norvège, et elle est capable d'aller à travers 600 mètres d'eau. et puis plusieurs milliers de mètres de roches envoyant des pipelines pour trouver des gisements de pétrole et l'extraire de là. C'est des plateformes qui tournent jour et nuit. La maintenance s'est obligée de la faire in situ. Il n'est pas envisageable, même si ça arrive de loin en loin, je disais, il n'est pas envisageable de... Pour un problème technique, d'arrêter toute la production, emmener la plateforme en cale sèche pour la réparer. Donc on a des techniciens qui tournent 24 heures sur 24 pour maintenir la chose en production. Parmi ces techniciens, on a ce qu'on appelle des plongeurs. C'est des plongeurs dits de saturation. Qu'est-ce qu'ils font ceux-là ? Eh bien ceux-là, ils sont sous la plateforme, jusqu'à 80 mètres de profondeur, et ils opèrent justement des soudures pour leur ramener la nourriture, leur prêter assistance. Et ceux qui les aident sont des assistants, mais c'est aussi des plongeurs. C'est des plongeurs confirmés. D'accord ? Donc, voilà la situation à 4 heures du matin. 4 personnes là-dedans, 2 personnes dehors. La capsule est là, elle est dans l'eau. C'était quoi le geste correct ? Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ? Il aurait fallu faire ceci. Une fois que ces plongeurs passent à travers ce canal qui fait 60 cm de diamètre, ils arrivent là-dedans, ils commencent à enlever leurs tenues qui sont mouillées et tout ça, et puis ils ferment ici. Il y a une sorte d'écoutille, ils vont la fermer. Ce que vous voyez en vert. Ils vont la fermer. Une fois qu'ils la ferment bien et qu'elle est verrouillée, on va dépressuriser ce tube, on va le ramener à une atmosphère, et après on peut libérer cette capsule qui sera utilisée plus tard pour d'autres plongeurs. Vous voyez, c'est ce système-là qui est tous les jours pratiqué plusieurs fois pendant que les plongeurs arrivent et repartent. Sauf que ce jour-là, à 4 heures du matin, il y a une erreur. La voici. Je vais vous parler de ses conséquences extrêmement dramatiques. Alors, ici, On a donc nos deux plongeurs norvégiens qui passent de la capsule à travers le tube et qui arrivent donc dans cette chambre. La connexion entre les deux chambres est ouverte. Il y a ici une sorte d'écoutille qui est également ouverte. Donc celui-ci que vous voyez coucher là, cherche à fermer cette porte. Il cherche à fermer cette écoutille. Sauf que pendant qu'il cherche à la fermer, elle est coincée, il n'arrive pas, il tente à plusieurs reprises, il est debout devant, il tente de la fermer, mais il n'arrive pas à la fermer, il doit se reprendre à plusieurs fois. Donc à un moment donné, elle est partiellement fermée et elle laisse une lumière, parce qu'imaginez un disque qui tente de fermer un autre, mais le deuxième disque n'est pas complet. On a constaté, avec les recherches du US Navy, qu'une fois quelqu'un est sous l'eau, eh bien, vient un moment où son corps va se saturer des gaz qu'il respire. Donc une personne est, par exemple, à 80 mètres, comme dans le cas précis ici, elle respire un mélange particulier de gaz qui vont se dissoudre dans son corps, mais viendra un moment où ils ne vont plus se dissoudre encore. On atteint ce qu'on appelle la saturation. C'est comme lorsque vous prenez, par exemple, un verre d'eau, vous mettez Du sucre dedans, vous mélangez, le sucre va se dissoudre. Mais si vous continuez à rajouter du sucre, viendra le moment où le sucre commencera à se déposer au fond. Il ne va plus se dissoudre. On dit que cette eau est maintenant saturée. Pareil, quand un gaz se dissout dans le sang humain, vient un moment où il y a une saturation. Alors, ils ont inventé ce qu'on appelle la plongée de saturation. Ça marche comme ceci. Nos gars vont plonger à 80 mètres. Et ils vont travailler aussi longtemps qu'ils peuvent. Une fois qu'ils ont fini de travailler, on va les faire entrer dans une capsule. Une capsule qui est maintenue à la même pression qu'il y a à 80 mètres. Une capsule où il y a de l'air. Mais cet air est à 9 bars, comme la pression qui règne à 80 mètres. Ils ouvrent la capsule par dessous, ils rentrent, ils enlèvent leurs tenues, leurs masques, ils respirent librement à l'intérieur. Ils la ferment et cette capsule est remontée. Donc depuis la plateforme, elle est remontée progressivement jusqu'à la surface, tout en maintenant sa pression intérieure. Donc, on a maintenant nos plongeurs qui sont remontés à la surface, mais comme ils sont à la même pression qu'à laquelle ils étaient, il n'y a pas de décompression nécessaire. Après, on fait quoi ? la capsule sera attachée à un système de chambres. Ces chambres-là sont toujours maintenues, ce sont des tubes en acier qui sont maintenus aussi à 9 bar. Une fois que la capsule est attachée, on ouvre avec un volant une autre écoutille, on rentre par un sas dans le système de chambres et on va se reposer. Et donc, nos plongeurs vont donc aller sur leur couchette, regarder la télé, jouer aux cartes, on leur fait passer à travers un système de sas à boire et à manger. Et puis, Plus tard, quand ils seront reposés, ils pourront reprendre leur shift de la même manière. Donc, il revient dans la capsule qui va les redescendre à 80 m. C'est un cycle de travail qui peut durer jusqu'à un mois, jusqu'à 28 jours. Donc, ils peuvent avoir 28 jours qui se divisent comme ceci. On a les premières trois semaines qui sont des semaines de travail où nos plongeurs sont constamment en saturation. Trois semaines, ils vivent à 9 bar. Soit ils sont sous l'eau à 9 bar, soit ils sont sur la plateforme à 9 bar dans une chambre spéciale où ils sont toujours compressés à 9 bar. La dernière lettre n'est pas complètement alignée avec la première. Que va-t-il se passer ? Ils vont laisser un espace comme un croissant lunaire. D'ailleurs, le croissant lunaire vient d'où ? C'est justement la projection d'une partie d'un disque circulaire sur un autre. Donc, ça donne une ouverture sous forme de croissant lunaire. Dans sa partie la plus épaisse, il y avait 9 cm. Donc, il était presque sur le point de la fermer. Maintenant, ces plongeurs là dehors, ne le voient pas parce qu'ils sont dehors. Ils ne voient pas que celui-là a du mal à fermer. Ils n'avaient pas établi un moyen de communication entre eux. Genre, quand je ferme, je vais taper. Ou bien, il n'y avait pas des indicateurs. Par exemple, ils auraient pu avoir des manomètres à l'extérieur qui montrent que ce tube a été maintenant fermé ou a été évacué à l'air libre et qu'il y a une atmosphère dedans. Ils n'avaient pas le moyen de savoir ce qui se passe. Pour eux, ils sont dans l'eau, ils ont accroché, avec l'aide de la grue, ils ont accroché cette capsule et puis maintenant, ils attendent, ils savent que la prochaine séquence c'est les plongeurs qui sortent et après qu'ils ferment derrière eux. Donc ils ont mentalement l'habitude que ceci prenne un certain temps, comme dirait Fernand Reynaud, ça prend un certain temps. Donc, quand ce temps s'est écoulé, il déverrouille la capsule. Ce qui va se passer, c'est que l'un des plongeurs ici, l'un des plongeurs ici, pensant que la procédure est finie, que ça a été fermé, que ça a été évacué vers l'air libre, qu'est-ce qu'il fait ? Il va ici et puis il tire sur une manette qui déverrouille la connexion entre ce tube et cette capsule. Alors, il faut savoir une chose, c'est que cette capsule, vu la pression d'air qui rentre dans tout le système, elle est poussée par une force énorme. Donc elle tient grâce à un système d'attache très solide qui la rime ici. Quand il est déconnecté, il se passe quoi ? La cloche est poussée brutalement. Elle est poussée par la force justement, par la force de la pression d'air. L'air immédiatement sort. comme ceci, la pression à l'intérieur de ce système de chambre passe de 9 atmosphères à 1 atmosphère en quelques fractions de secondes, en 1 à 2 secondes, le système s'est vidé brutalement. Et c'est quoi l'impact sur les gens qu'il y a là-dedans et les gens qu'il y a autour ? Alors, celui qui a déverrouillé, il a été tué. parce que la brutalité justement du départ de cette cloche, il était devant en train de la déverrouiller, au moment où il a fini de la déverrouiller, elle est partie brutalement par la pression, elle lui a tapé contre, il est mort. Celui qui était à côté a été blessé également, mais il a réussi à remonter à la surface et donner l'alerte. Lui s'en sort. Que se passe-t-il pour les quatre personnes qui sont à l'intérieur de ce système de chambre ? Alors, celui qui était en train de fermer, celui qui était en train de fermer la... L'écoutille a été projetée à travers les 9 cm d'ouverture de la porte. Il a été littéralement désintégré à travers. Parce que, tout simplement, il y a une pression qui l'a attiré vers cette lumière-là, vers cette ouverture. Mais comme elle était trop petite pour qu'il soit projeté au dehors, tout simplement, il est passé à travers cette ouverture-là. Il est arrivé chez les légistes en 4 sacs différents. Ceux qui étaient à l'intérieur, celui-là qui était en train de se changer et celui-là qui dormait. Ils sont morts sur le coup. Mais ils n'ont pas explosé ou autre comme ça a été dit. Ils sont dans leur couchette comme s'ils dormaient. Il n'y a rien dans leur apparence qui indique que quelque chose de spécial s'est passé. On dirait qu'ils dorment et ils sont morts en fait. Pourquoi ? c'est une dépressurisation brutale qui a eu lieu, c'est-à-dire que… Vu qu'ils étaient en saturation, ça veut dire qu'il fallait maintenir leur corps à 9 bars pour veiller à ce que les gaz qui saturent leur système sanguin restent sous forme diluée. C'est à peu près le même principe qu'une bouteille d'eau minérale. Cette bouteille d'eau minérale, vous voyez, l'eau est super claire, il n'y a rien de spécial dedans et tout. Pourtant, on sait qu'il y a du gaz dilué à l'intérieur, d'accord ? le gaz reste dans l'eau et n'apparaît pas sous forme de bulle tant que la pression reste élevée. Si j'ouvre la bouteille, que se passe-t-il ? Vous voyez, parce qu'il fait le gaz, le gaz commence justement à apparaître sous forme de bulle. C'est ça qui tue. En fait, ce qui est dangereux avec la plongée, justement, c'est si les personnes remontent trop vite, le gaz qui est dissous, tant qu'il est dissous, il ne dérange pas. Tant qu'il est dissous dans le sang, ça va jusqu'à une certaine proportion. Je disais au début de vidéo que les gaz sont toxiques. Mais jusqu'à une certaine proportion, on peut se permettre des gaz dissous dans le sang. Mais si soudainement on baisse la pression, que se passe-t-il ? Eh bien, il se forme sous forme de bulle, et celle-ci tue. A l'autopsie, ils ont découvert une chose. Ils ont découvert que dans les vaisseaux sanguins de ces plongeurs, il y avait énormément de graisse déposée. Ils se sont demandé d'où elle venait, cette graisse, et comment elle s'était déposée là. Alors, il ne s'agissait pas d'une embolie, dit le rapport. C'est-à-dire que l'embolie, c'est la graisse qui peut... Par exemple, quelqu'un se casse le fémur, comme il y a du gras à l'intérieur, ça arrive que les gens se cassent le fémur et meurent. Parce que, comme il y a du gras à l'intérieur, Ce gras peut être libéré dans la circulation sanguine et peut justement aller quelque part et boucher des vaisseaux importants et causer la mort. Là, il n'y a pas eu de circulation. Pourquoi ? Parce que les gens sont morts sur le coup, instantanément. Donc une fois que la circulation s'est arrêtée instantanément, cette grasse n'a pas eu le temps de circuler, donc elle s'est déposée in situ, à l'endroit où on l'a trouvée. Comment ? Alors, ils ont théorisé, les médecins qui ont fait l'autopsie ont théorisé que comme le sang a commencé à, entre guillemets, bouillir, même si ce n'est pas vraiment de... Ce n'est pas de l'ébullition, mais on peut accepter le terme. C'est tout simplement, il a commencé à faire ça. Donc, il a commencé à avoir des bulles en très grand nombre. Donc, c'est comme s'il était en train de bouillir. Ceci a dénaturé des protéines, des protéines, des lipoprotéines. Ces lipoprotéines permettent le transfert de gaz dans le sang parce que le sang, il est à queue, il ne va pas pouvoir transporter du gras. Si on mélange du gras à du sang, le gras va flotter au-dessus du sang. Donc comment on fait pour le transporter à l'intérieur du corps ? Donc il y a des protéines, c'est celles que vous voyez des fois dans vos analyses de sang, qu'on appelle LDL et HDL, le bon et mauvais cholestérol, entre guillemets. Et en fait, ces protéines-là font une sorte de... font comme du savant, en fait. Elles vont entourer le gras et permettre qu'il se dissolvent dans le sang. ces protéines ont été détruites justement par cette action-là, par la suite, par cette ébullition de sang. Quand les protéines ont été détruites, alors qu'est-ce qui se passe avec le gras ? Maintenant que les protéines ont été dénaturées, ça veut dire détruites, le gras va se déposer là où il était. Et c'est ça qui a créé ces schémas très caractéristiques après cet accident. Alors, il y a eu des changements par la suite, des changements au niveau de la sécurité. En réalité, les changements sur la sécurité existaient avant. Il existait même au moment de l'accident. Cette plateforme, ce n'est pas vraiment qu'elle n'était pas aux normes. Il existait des normes qui auraient empêché cet accident, mais n'étaient pas rétroactives. Comme la plateforme a été construite en 1974, on trouve le pétrole en 1971, on construit trois ans plus tard la plateforme, elle a été l'une des premières construites. Comme les normes commencent à arriver plus vers le début des années 80, vers la fin des années 70, ils se sont dit, pour des raisons économiques, on ne va pas les rendre rétroactives. Rétroactivité veut dire arrêt de la production, beaucoup d'argent qu'il faut dépenser pour mettre aux normes l'équipement déjà existant. Donc l'État norvégien a permis à des plateformes comme Biford et Dolphin de continuer à opérer selon d'anciennes normes. Malheureusement, ceci a fait que cet accident est arrivé. Juste un dernier détail avant de finir. C'est que si on regarde ici le système, au-delà de l'investissement, de l'argent, de l'équipement, de la mise aux normes et tout ça, des fois, très souvent, la manière de procéder, la manière de faire les choses peut améliorer la sécurité sans mettre d'argent par-dessus. Je vous montre. Regardez. Cette porte ici. cette porte, si elle avait été juste fermée, à chaque fois qu'il y a une opération de la cloche, chaque fois qu'on opère la cloche, on ferme cette porte. Ça aurait pu épargner la vie de ces deux. C'est-à-dire, dans la vie, quand on pense en termes de sécurité, il faut penser parano. Si on est là, dans cette chambre, et qu'on sait qu'il y a des gars qui sont en train de manœuvrer, cette capsule et qui vont ouvrir et fermer des sas et pressuriser, dépressuriser cette zone et tout. Pourquoi prendre le risque gratuit d'avoir cette porte ouverte ? Pourquoi ne pas avoir un mauvais coup d'avance sur les choses en se disant, c'est quoi juste par acquis de conscience ? Je ferme la chose. Voilà, ça aurait épargné la vie de ces gens parce que ce compartiment serait resté à neuf atmosphères malgré tout. Merci d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. On se voit dans une prochaine.
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