Ce Que Vous Ignorez sur le Naufrage du Costa Concordia

French-language YouTube monologue (Feb 2025) recounting the Costa Concordia disaster with a focus on human factors and technical evacuation problems. The speaker situates the accident on 13 January 2012 (Friday the 13th), describes the ship running aground near Isola del Giglio during a nighttime 'salute' maneuver, notes ~4,300 people onboard, explains how a hull breach and progressive list made movement, doors, stairways and lifeboat deployment deadly or impossible, describes chaotic crew/passenger responses and subsequent rescue by local boats and coast guard, reports 32 onboard deaths and later that captain Schettino received a 16-year prison sentence; the ship was later refloated and dismantled.
Questions this video answers
13 January 2012.
About 4,300.
32 deaths on the ship (plus one rescuer later).
16 years in prison.
Approximately 290 metres (speaker compares to a 322 m ship).
Mes amis, bien le bonsoir. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous abonner à ce canal et vraiment je vous en remercie. Il y a un truc bizarre. Avant d'enregistrer cette vidéo, j'avais un petit peu le trac. Et en fait, ce qui est drôle, c'est que quand tu as 50 abonnés, t'es tranquille, t'arrives, t'appuies sur rec, tu commences à parler. Quand on a beaucoup plus, c'est vrai qu'il y a une certaine nervosité qui s'empare de toi. Mais nous sommes, nous sommes entre nous, nous sommes entre amis, donc tout va bien se passer. Aujourd'hui, comme l'actualité aéronautique aux Etats-Unis en particulier est calme, ce qui en soit une bonne chose, j'aimerais vous parler de l'histoire, dans le contexte d'un orcerie, j'aimerais vous parler de l'histoire du Kostak en Cordia. D'une manière peut-être qui n'a pas été abordée ailleurs. Pourquoi ? J'ai déroger une règle super importante dans ce canal. D'habitude, quand je veux traiter une histoire, je ne regarde pas les autres vidéos sur le même sujet, je peux les regarder après, mais jamais avant, parce que, hein, la chair est faible, j'ai pas envie de me faire influencer ou de me faire intoxiquer ou autre, j'ai, je veux traiter les données brutes et puis faire la vidéo, puis par la suite regarder et puis voir si les autres sont arrivés aux mêmes conclusions ou pas. Pour cette histoire, j'ai fait cette exception et j'ai regardé les autres vidéos et puis, bon, Voilà, je vous dis un truc. À cause de ça, et souvent dans la vie on fait pareil, c'est qu'on a tendance à fermer des portes ouvertes. Je veux dire par là. Tellement de gens ont traité de l'histoire du Costa Cancordia que je me suis dit, attends, tout ce qu'il y a à dire, ils l'ont dit. Ils ont tout dit, t'as pas besoin. Qu'est-ce que tu vas apporter, toi ? Quelle est ta plus-value ? Venir parler du Costa Cancordia alors que sur YouTube, il y a 10 000 vidéos sur le sujet. J'ai regardé les vidéos, pas les 10 000, bien entendu. En fait, ils racontent tous la même histoire. Voilà, ils racontent tous la même histoire. Tous, voilà, le sinistre capitaine Schettino, voilà, il a été maladroit, tapé en rocher l'avion, enfin l'avion, vous voyez, l'appareil, enfin le bateau s'est couché, n'est-ce pas ? Et puis il a pris la fuite, il était le premier à sortir, voilà, il a été condamné, il s'est devenu la personne la plus détestée de l'Italie. Mais... beaucoup de choses n'ont pas été dites en réalité. On a juste focalisé sur certains aspects saillants de l'histoire et on a peut-être raté l'essentiel. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui je viens vous raconter l'histoire, peut-être sous un autre angle. Alors voilà, de quoi s'agit-il ? Nous sommes déjà, pour ceux qui aiment ce genre de symboles, nous sommes le 13 janvier 2012. 13 janvier 2012, il y a des gens qui vont courir sur leur téléphone dire C'était quoi comme jour ? Je vous le dis tout de suite, on n'a pas besoin de chercher. C'était un vendredi. C'était un vendredi 13. Alors nous avons le Costa Concordia qui est un méga navire de croisière. C'est un navire qui était en train de naviguer tranquille, pépère dans la Méditerranée, partant d'un port à l'autre et puis des gens venaient embarqué, puis resté deux jours, trois jours, une semaine, chacun combien il avait payé. À une époque, ce bateau s'arrêtait même en Tunisie. Et puis après, il a supprimé Costa, qui est la compagnie mère, ont supprimé cette escale, parce que la Tunisie avait des troubles et tout ça, c'était plus considéré comme un endroit sûr. Les gens, bien entendu, qui prennent ces navires, ne les prennent pas pour le transport, ne les prennent pas comme ils prendraient un avion, comme ils prendraient un ferry. Hein, aujourd'hui, mes amis, tu trouverais personne qui va s'inscrire, hein, il va prendre un, je sais pas moi, un billet chez Ryanair. Et puis il monte dans l'avion, tu lui dis tu vas où ? Ah non, moi je vais nulle part, je suis juste content d'être dans l'avion. J'adore tout ça, le confort, le personnel qui est très sympa avec nous, les sièges confortables, la nourriture qui est excellente, le service, la ponctualité. Donc ce que je fais, je prends un billet d'avion de temps en temps, voilà. Je pars le matin, je rentre le soir, je m'en fous où l'avion vole, je suis juste content d'être là-dedans. Ça, ça, ça ne t'arrivera pas dans cette incarnation, ça je peux te le dire, ça ne t'arrivera pas. Alors que dans les bateaux, les gens viennent pour le bateau, le bateau lui-même est la destination. Donc, je disais, le bateau va partir d'un port, j'ai même pas tenté de le prononcer, un port qui a eu à peu près une heure de rhum, qui est un port très important pour les navires de croisière. Jusqu'à maintenant, très couramment, il est utilisé. Le bateau part, il est en train de remonter, grosso modo, vers le nord-ouest. Il est tard. Il est tard, très important. Pourquoi tard ? Parce que ça vous permet de situer où sont les gens. Parce que si il est tard, ça veut dire la majorité des gens sont au lit. Certains, peut-être, sont encore en train de traîner quelque part, mais la majorité des gens sont déjà dans leur lit au moment où cette histoire va commencer. Combien de personnes il y a à bord ? 4300. Énormément de monde, il est plein comme un œuf, même si en réalité ces bateaux sont tellement grands que malgré le nombre de personnes, tu ne réalises pas vraiment combien il y en a. Alors, je disais, le bateau est en train de foncer dans le noir et qu'est-ce qu'on a sur le pont ? Là, ce qu'on appellerait, par abus de langage, le poste de pilotage. S'il s'agissait d'un avion, heureusement pas, c'est pas un avion. Alors, je disais, On a le captain, n'est-ce pas, et puis deux, trois personnes avec lui, et on a une sorte de danseuse, semble-t-il, il sortait avec, tout ça, bon... C'est pas la fin du monde, c'est pas la danseuse qui pilotait l'avion, enfin... le navire, le navire. Donc, je disais... Il a été décidé, donc là le capitaine a effectivement manqué de jugement, il a été décidé d'aller faire du rasmot près de l'île de Gigli. Alors c'est quoi le rasmot dans ce sens ? C'est qu'il voulait s'approcher le plus de l'île, toute lumière allumée pour un salut, pour dire bonjour. Il y avait un gars, le responsable de tous les restaurants du bateau, qui justement, le responsable de l'hospitalité, venait de cette île. Il est né dans cette île, ses parents y vivaient toujours, et il a été jugé opportun d'aller dire bonjour. Voilà. Donc, si on regarde les précédents voyages de ce navire, et d'ailleurs même d'autres, ce genre de passage, ce genre de pratique était régulière. Il arrivait souvent que le navire quitte le Chenal et puis aille raser l'île, n'est-ce pas ? Et puis après revenir en mer. Ça arrivait très souvent. Après reprendre le large, n'est-ce pas ? Donc, comme disait Alphonse Allais, une fois qu'on... une fois qu'on dépasse les bornes, il n'y a plus de limite. Ça veut dire une fois qu'on a quitté le Chenal cartographié et on va vers des hauts fonds et on commence à s'approcher des plages et des terres et tout ça, C'est juste une question de temps avant qu'un jour on s'approche trop et on se ramasse. Ce jour-là, le bateau s'est pris un rocher. Alors, un gros rocher a déchiré une partie de la coque, a fini par s'arracher et il est resté incrusté dans la coque. Voilà. Au niveau des passagers, ça n'a pas fait beaucoup de bruit, les gens ont juste senti une sorte de vibration bizarre, ce qui les a un peu surpris parce qu'en Méditerranée, ces bateaux ne bougent pas autant que quand ils sont ailleurs. Sur d'autres mers, ces navires, aussi grands qu'ils soient, peuvent vraiment bouger, bouger beaucoup. Mais en Méditerranée en général, ou dans la Manche, ils sont relativement stables, de sorte que la moindre vibration va attirer l'attention. le navire a continué, et soudainement. Pour beaucoup de passagers, la perception a été comme si leur chambre était soudainement hantée. Ça veut dire que les gens sont dans leur lit, regardent la télé ou lire un livre, et soudainement, le verre qui est sur la table et la bouteille commencent à bouger tout seul. On connaît tous ces bars avec de la techno à fond, où soudainement y'a ton verre qui part, tu dois l'arrêter, mais là, on est dans un endroit calme, tranquille, et soudainement y'a tout qui commence à bouger. Même la télé, même la télé a tendance à partir. Et puis, soudainement la lumière part, et elle revient. Donc, on est dans des situations, on a presque l'impression que la chambre est hantée. Alors ce qui s'est passé, c'est que les gens, doucement, ils se sont dit y'a un truc bizarre, y'a du louche, ils ont entendu du bruit dans les couloirs, tout ça, et ils sont sortis, ils ont pris leurs affaires, enfin leurs affaires, ils ont pris leurs gilets de sauvetage, on va parler des affaires, on va parler un p'tit peu de la tragédie qu'a été celle des survivants, et en fait, ils sont partis dans les couloirs, et là ils ont trouvé plein de monde ! Et donc, ils arrivent, là il y a du personnel qui leur dit écoutez, calmez-vous, la situation est sous contrôle, on a un problème électrique, il n'y a rien de méchant, revenez dans vos chambres ou allez vous installer dans un salon. Il y a des vidéos enregistrées par des gens où on voit du personnel leur dire il n'y a rien, rentrez, revenez dans vos chambres. Alors, certaines personnes reviennent dans la chambre, Et là, quand on est dans la chambre d'un bateau qui prend l'eau, ce bateau est en train de prendre l'eau à grande gorgée, n'est-ce pas? Et il est en train de s'incliner, eh bien il y a un danger, il y a un danger très important. Chaque fois que vous voyez un navire incliné ou penché ou couché sur le côté dans les news, j'aimerais que vous pensiez à quelque chose. J'aimerais que vous pensiez à ce que devient l'environnement une fois que le bateau est dans une position très incliné au coucher. Ça signifie que le sol, par exemple, sur lequel on marche, va devenir un mur latéral, n'est-ce pas ? On peut se retrouver à marcher sur les murs qui deviennent le plancher. La cabine, elle devient comme ça. Je vais vous montrer une petite vidéo que j'ai faite dans un navire de croisière à peu près de la taille du Costa Cancordia pour vous montrer un petit peu le danger qui a guetté justement les passagers auxquels on a demandé de revenir dans leur chambre. Voilà mes amis, nous sommes sur un navire de la taille du Costa Concordia. Celui-là fait 322 mètres. Le Concordia faisait 290 mètres mais on est à peu près dans le même gabarit. On va voir dans une cabine ce que ça donnerait l'inclinaison sur le côté de ce navire. Alors voilà, nous sommes donc Dans cette cabine, de ce côté on a la porte et de ce côté on a une fenêtre. Ok, je vais aller vers la fenêtre, vous retournez vers la porte et je vais vous montrer quelque chose. La distance de cette fenêtre à cette porte est à peu près 7-8 mètres grosso modo. Maintenant on va envisager la situation suivante. Imaginons que ce bateau soit couché sur le flanc avec cette fenêtre qui est derrière moi en bas. donc en fait il se passait tout ce que vous voyez là alors le gros mobilier est fixé au mur bien entendu par contre le matelas les bouteilles là bas la machine à café ses fauteuils tout ça se vase tout va arriver et tomber sur cette fenêtre ça c'est le premier point donc premier point c'est que cette fenêtre va être on va dire encombrée d'objets deuxièmement maintenant pour sortir de la cabine la porte elle est où ? elle est 7 mètres plus haut. Je suis au fond d'un puits maintenant. Et la porte, elle est à 7-8 mètres de là. Il faut escalader. Vous voyez la difficulté ? Donc, pour escalader, c'est très difficile. Je ne vois pas ce qu'on peut escalader par le biais de ces trucs. Je ne sais pas, c'est très dur. Je ne vois pas où s'accrocher peut-être encore à ce meuble. Mais une fois qu'on arrive là, une fois qu'on arrive là, ça va être très difficile de continuer. vers la porte, pour l'escalader, pour pouvoir l'ouvrir. Maintenant, dans l'autre sens, le problème est absolument pareil. Imaginons que le navire se couche, mais cette fois-ci, cette fenêtre-là et ce balcon ne sont pas en bas, ils sont en haut. Donc qu'est-ce que ça va se donner ? Qu'est-ce que ça va donner cette chose ? Plein d'objets vont tomber sur la porte. plein d'objets, ses fauteuils, ses oreillers, ses commodes qui bougent, tout ça, peuvent potentiellement rouler et tomber sous cette porte. Comment on fait pour l'ouvrir la porte ?
Je vous montre.
Elle s'ouvre vers l'intérieur. Donc, comme la porte s'ouvre vers l'intérieur, quand il y a des objets dessus, ça va être très difficile de l'ouvrir. Si cette porte maintenant est horizontale et vers le bas, et plein d'objets dessus, il va falloir jeter les objets, les éloigner, n'est-ce pas ? Et puis pouvoir libérer cette porte et l'ouvrir. Maintenant je vous montre quelque chose dans le couloir. On arrive dans le couloir. Et imaginez, bon maintenant ça c'est un couloir, je suis debout normal, ça va ? Imaginons maintenant que ce couloir se couche avec ce mur.
Ce mur, maintenant, représente le bas. Alors regardez quelque chose, regardez ces portes. Donc là, le danger, vraiment le danger, c'est que si cette porte-là est comme une trappe, rappelle-toi, les portes s'ouvrent vers l'intérieur et elles ne sont pas très solides. Ça signifie que si ce couloir est incliné et que ce mur-là se retrouve à l'horizontale, ces portes seront comme des trappes fragiles. Tu pourras toujours ramper ici, tu rampes ici, tu rampes ici. Mais si tu arrives à cette porte et tu mets ton poids dessus, potentiellement, elle peut s'ouvrir. Si elle peut s'ouvrir, c'est ce qui se passe. Elle s'ouvre et tu tombes 8 mètres en contrebas. Tu vois le problème ? Toutes ces portes sont un danger mortel dans ces situations-là. Et dans plein des cas, comme dans.
Staconcordia et d'autres, quand le navire se.
Retrouve couché, les gens ne font pas gaffe et se retrouvent après sur une porte qui s'ouvre et bam, comme une trappe, et ils tombent. Alors si ce côté-là, dans ce couloir en particulier, si ce côté était vers le bas, ça serait super. Il serait loisible à toute personne désireuse de fuir de rapidement évoluer le long de ce couloir. Les ascenseurs, bien entendu, dans une situation d'évacuation, vous l'auriez deviné, ce n'est pas quelque chose qu'il est possible de prendre. À partir d'une certaine inclinaison, ils ne vont pas fonctionner, ils peuvent même devenir des pièges mortels. Vous imaginez finir noyé dans un ascenseur. C'est quand même quelque chose d'éthérique. Maintenant, le cas de l'escalier. Dans notre escalier, s'il s'incline de côté, ça va être très dur d'évoluer donc.
Il est possible de marcher là-dessus oui.
Moi je veux bien mais viendra le moment donc ça va être très difficile d'autant plus que les escaliers sont une.
Sorte de piège je vous dis ce.
Que c'est c'est que les objets prenez par exemple cet objet qui est là-bas ce panneau que vous voyez ici les chaises tout ça que vont-ils faire ?
Ils seront charriés par l'eau et quand.
Ils arrivent au niveau des escaliers ils.
Vont bloqués dans les escaliers.
Donc bloquer les escaliers, créer une sorte de mur infranchissable. Je.
Vais vous montrer aussi Je vais vous montrer le problème sur des navires.
Inclinés, le problème avec les bateaux, les bateaux de secours. Il y a des canaux de secours sous diverses formes. Je vais voir si on peut sortir.
Au moins qu'ils aient fermé.
Non, c'est ouvert, on peut sortir. Je vais vous montrer. Alors.
Si vous regardez ici, ces canaux de sauvetage, il y a un souci. Donc là, ils sont sur un système qui les pousse vers l'extérieur et puis, vous voyez ces barres là-haut, c'est des barres télescopiques qui partent vers l'extérieur et après, on a un système de poulies qui va descendre le canot et le ramener au niveau de la mer. Donc normalement, le canot est rempli et on va le ramener au niveau de la mer. Voici le problème. Si le navire est incliné ici, donc si vous regardez cette image, si le.
Navire est incliné vers la droite, donc.
Vers ma droite à moi, donc incliné dans ce sens, ce navire, ce petit bateau, il n'y aura pas moyen de l'abaisser, parce qu'il va glisser le long de la coque, il va rouler le long de la coque. Vous voyez ? Dans l'autre sens, à la rigueur, ce système-là, il y a encore une chance, parce que dans certains endroits, dans certains bateaux, si le bateau est incliné dans cette direction-là, ce petit canot de sauvetage va pendre loin de la coque, ce qui n'est pas le cas ici. Avec cette inclinaison qui augmentait minute après minute, il devenait très difficile d'avancer dans les salons, dans les couloirs. Une porte par exemple qui permet de sortir, elle était plus face à soi, elle était en haut, il y avait une pente, cette pente, il fallait la gravir, et si la porte s'ouvre vers l'extérieur, ben elle est très lourde à ouvrir, c'est pas possible, c'est très difficile. Voici ce qui s'est passé. Après, les gens étaient en train de crier contre le personnel, leur disant « laissez-nous embarquer dans les bateaux, laissez-nous embarquer dans ces bateaux de secours ». Ces bateaux de secours qui sont accrochés sur le côté des navires ne sont pas seulement des bateaux utilisés dans un contexte de naufrage. Ils sont utilisés très souvent comme... Le mot en anglais, c'est « tender ». Je ne sais pas comment on dit en français, mais des fois, quand on arrive dans des ports petits, où ce genre de navires ne peuvent pas rentrer dans le port parce que le port est trop petit, eh bien on les utilise pour transbaûter les passagers vers le port et puis après les ramener. Donc c'est des bateaux qui comportent leurs propres moteurs, ils sont autonomes. La seule différence, quand ils sont utilisés dans un contexte d'urgence, on met plus de membres dedans. Alors que lorsqu'ils sont utilisés dans un contexte de transport, la réglementation exige un nombre moins élevé de personnes. Mais grosso modo, c'est des petits bateaux qui sont très puissants, qui sont bien protégés, et puis ils ont un moteur. Maintenant, le problème. c'est que ces bateaux-là sont placés sur des treuils. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... C'est quoi la procédure pour les utiliser ? On ouvre la porte, les passagers montent dedans avec une petite échelle, ils montent à l'intérieur, une fois qu'ils sont pleins, qu'est-ce qu'on fait ? On utilise un système de rails qui va pousser le bateau, qui va l'éloigner de la coque, et après un système de treuils avec des poulies et des cordes qui va le descendre, qui va l'abaisser jusqu'à la surface de la mer. Le problème maintenant, vous faites comment quand le navire est incliné ? C'est pas possible, ça marche plus. Je vous montre, j'ai un livre là. Au passage, c'est mon dernier livre qui est sorti ce mois-ci, Comment on finira avec la dépression. Il y a peut-être des mots que certains ont besoin d'entendre. Ces mots sont là-dedans. On le trouve sur Amazon. Ça, c'est la coque du navire. Quand notre petit bateau est là, et il descend comme ceci. Ça, ça va. Mais quand le navire est incliné, le bateau, il fait quoi ? Le petit bateau, eh bien, il peut pas descendre. Il va coincer là ou coincer sur le pont inférieur ou sur un balcon inférieur. Il pourra plus descendre. C'est terminé. Et de l'autre côté, c'est pareil. Les bateaux qui sont de l'autre côté, ils vont se retrouver dans le vide. Ils vont se retrouver à pencher dans le vide. Ça va être très difficile. Donc, quand il y a une évacuation, il faut la faire vite. Or, dans le cas du Kostak en Cordia, l'évacuation n'a pas été décide. Ça signifie que personne ne gérait personne, personne ne comprenait ce qui se passait, donc les passagers sont en train de s'agglutiner, ceux qui ont refusé de partir dans leur chambre sont en train de s'agglutiner sur les pans de promenade vers les bateaux de secours, mais l'équipage les empêche de monter. Les gens n'arrêtent pas de dire « laissez-nous monter dedans » et disent « non, on n'a pas reçu l'ordre ». À un moment donné, Bouddha au bout d'un grand moment de dérive, parce que ce qui s'est passé c'est que une fois que le bateau a tapé, il est parti un peu vers le large, il a continué en fait le chemin qu'il aurait dû faire s'il n'avait pas tapé, donc il est venu, hein, il est venu s'approcher, il a tapé sur le rocher, après il est parti vers le large, et là les problèmes ont commencé, problèmes électriques, problèmes de contrôle, il a commencé à prendre du gîte et tout ça, et que s'est-il passé ? C'est que monsieur... j'ai oublié son nom déjà, le capitaine du bateau. Ce qu'il a fait, il a eu cette idée géniale de ramener le bateau vers l'île et le faire échouer. C'est une décision qui a permis de sauver beaucoup de vies parce qu'on est dans des eaux qui sont rapidement très profondes. Il y a des endroits en Méditerranée vers des îles où 400 mètres des côtes, tu es à 400 mètres de profondeur. Donc, là, le gars, en venant échouer son bateau contre les hauts fonds de l'île, là, il a permis un petit peu de ralentir l'effondrement, de ralentir le naufrage, le coulage, et puis ça a aussi rapproché les gens de la terre, ce qui est une très bonne idée en soi. Toujours est-il que... il a fallu attendre très longtemps pour que il donne l'ordre d'évacuer. À ce moment-là, il dit « Ok, on évacue, abandonnez le bateau, abandonnez le bateau. » Le message est transmis par un parleur partout pour abandonner le bateau. Sauf que certains membres d'équipage, ils ont dit quoi ? Ils ont dit aux gens « Écoutez, on veut bien vous laisser embarquer sur le bateau de secours, Néanmoins, on veut qu'il y ait un peu d'ordre, parce que là, c'est un petit peu bordélique, ça va dans tous les sens, il y a de la bousculade, on veut que vous fassiez une ligne, on veut une jolie ligne, ce qui nous permettra décemment, tranquillement, de monter dans le bateau. OK. Il faut un bon moment, et encore rappelez-vous, pendant ce temps, le creuset à concordia est en train de prendre de l'eau, il est en train de s'incliner. Les gens font plus ou moins une sorte de fil, le bateau, la porte est ouverte, il commence à embarquer, après ça court dans tous les sens et tout ça, de la bousculade... Enfin. Les gens embarquent dans les bateaux de secours. Alors après, l'équipage, les membres d'équipage vont dire écoutez, d'accord, on arrête là, attendez, stop, on arrête. C'est écrit sur la coque que quand on l'utilise pour des opérations de secours, il faut qu'il y ait tant de personnes dedans. généralement, bon, mettons 150. Faut qu'il y ait 150 personnes dedans. Donc ce qu'on va faire, on va compter tout le monde. On va compter. Donc vous allez compter de la manière suivante. Vous allez dire, par exemple, toi au fond tu commences, tu dis 1. Et l'autre se lit à côté. Toi il dit 2. Donc chacun se compte lui-même. Après le problème c'est que Il y en a un qui compte en français, un autre en espagnol, un autre en russe, un autre en chinois, hein, toutes les nationalités sur ce navire. Et à un moment donné, le gars à côté, il a dit « Mais toi, c'est quoi ? C'est 30 ? 31 ? Je sais pas. » L'autre lui dit « Non, non, il a dit 32. » « Non, non, c'est pas 32, il est 35. » Bon, ils finissent par compter, n'est-ce pas, combien de personnes sont là. Après, ils font une opération de soustraction. Bon, on peut embarquer encore 40 personnes. Les opérations de secours se sont faites de cette manière-là. Donc, les bateaux qui étaient du côté où le navire penchait, très rapidement, cela a été inutilisable. Les bateaux qui étaient de l'autre côté, eux aussi, vu le temps qui a été perdu, une bonne partie n'ont pas pu être baissés. Pourquoi ? Parce qu'une fois que le bateau était plein et qu'on a dit « Ok, vas-y, abaisse ! », ben on a commencé à dérouler le treuil et le bateau est tombé contre la coque. C'est tout. Il est tombé sur la coque, s'est accroché à des choses, Et c'est fini, vous pouvez pas aller plus loin. Et donc qu'est-ce qu'on a fait ? Bon, vas-y, rappelle un petit peu les cordes, on ouvre la porte, mesdames et messieurs, je suis désolé, vous êtes obligés de descendre. Ce petit bateau n'ira nulle part. Donc, des gens qui étaient dans un bateau, par exemple, sont retrouvés à devoir descendre. Voilà. Ce qui s'est passé, c'est qu'avec le temps, il devenait clair que le navire allait sombrer et les bateaux qui n'ont pas pu être abaissés n'allaient plus jamais être abaissés. Alors, au fur et à mesure que le bateau s'inclinait, il y a des gens qui ont commencé à escalader pour monter sur le côté. Et il fallait le faire relativement tôt. C'est-à-dire, imagine tu es sur un pont de promenade. Le pont de promenade est en train de s'incliner. il va falloir choisir le moment opportun pour passer de l'autre côté de la rambarde. Pourquoi ? Parce que si tu ne le fais pas, vient le moment où le pont est incliné peut-être de 45°, 60°. En plus, il peut être mouillé. Des fois, il y a des endroits, c'est un petit peu visqueux. Il y a des fois, ça peut être de l'huile, ça peut être autre chose. Et à ce moment-là, si tu as 60° de pente, tu as le mur contre le... tu as le dos au mur, tu as la rambarde qui est à 3-4 mètres de toi, mais que tu as 60 degrés d'inclinaison, c'est trop tard, tu peux plus y aller. Il aurait fallu y aller avant. Donc il fallait choisir le moment pour aller de l'autre côté, mais il fallait pas choisir trop tôt, parce que si quelqu'un va trop tôt, il risque aussi de tomber, tomber dans l'eau, glisser tout le long de la coque, tomber, se prendre un truc au passage, etc. Et ça, ça peut être mortel également. Donc, c'était une situation très délicate. Alors, Le bateau s'inclinait. Pendant ce temps-là, les gens étaient en train de courir et d'essayer de monter sur la coque en espérant que pas tout le navire allait sombrer d'un coup. Alors, et nous sommes bien sûr en train de nous enfoncer dans la nuit. Et alors attention, nous sommes en hiver, nous sommes en janvier. le 13 janvier. Nous sommes en plein hiver, donc il fait très froid, même si c'est la midi de l'année. Et beaucoup de gens sont sortis, pas nécessairement dans leur simple appareil, mais ils sont sortis en pyjama, ils sont sortis en t-shirt, ils sont sortis parce qu'ils ont entendu un bruit, ils sont sortis, puis voilà, ils se sont retrouvés dans la situation que je suis en train de décrire. le bateau a fini par s'incliner. À ce moment-là, il y a un moment où le capitaine Schettino va partir, va quitter le navire, et il deviendra à cause de ce geste la personne la plus haïe d'Italie. Maintenant, juste un truc. À sa décharge, je ne suis pas son avocat ou autre, mais à sa décharge, j'aimerais dire un truc. Monsieur Schettino, Schettini, je ne me rappelle plus du nom, quand il est parti, on lui reproche que quand il est parti, il y avait combien de personnes à bord ? Il y avait 300 personnes à bord. Combien il y avait en tout au moment du début de cette histoire ? Il y en avait 4300. Donc M. Schettino n'est pas parti en premier, comme on peut le croire en écoutant distraitement les nouvelles sur cet accident. Il est parti, il était le 4000ème à partir. Ça change. Il n'est pas parmi les premiers, il n'est pas au milieu. Quand il part, il y a 4000 personnes qui sont déjà sorties. Deuxièmement, on lui reproche qu'il y avait 300 personnes à bord du bateau au moment où il est parti. Mais ça, vous et moi, nous savons qu'il y avait 300 personnes. Mais lui, sur le moment, il ne le sait pas. Parce que lui, ce qu'il voit, de sa perspective, tout le monde est parti. Le bateau est vide. Faut savoir une chose, ces bateaux, je vous ai dit plus tôt dans cette vidéo que malgré le fait qu'il y ait 4300 personnes à bord, ce n'est pas oppressant, on ne sent pas la foule. Ils sont très grands. Trois fois un terrain de foot. Quand il y a 300 personnes dedans, ça ressemble à quoi ? On a l'impression qu'ils sont vides. On a l'impression qu'il n'y a plus personne, que c'est fini. C'est comme si un TGV prend feu, le conducteur attend que tout le monde parte, sorte, après il dit « ouais mais y'avait quand même 3 personnes dedans ». « Oui mais un TGV d'un kilomètre de long, y'avait 3 personnes dedans, pour moi ça semblait vide ». Voilà, vous voyez le truc, c'est qu'il y a quand même des éléments à considérer. Alors, et entre nous, je suis pas... Je ne suis pas très emballé par le fait qu'il a été poursuivi, lui, condamné à de la prison, alors que son employeur n'a pas été poursuivi. Vous me connaissez peut-être parce qu'il y a ce background lié à l'aviation, n'est-ce pas, Annex 13, où on n'est pas là pour punir les gens, on est là pour comprendre un petit peu les responsabilités, mais il y a aussi, pour moi, ce que je trouve de l'injustice, c'est de le condamner, lui, alors que c'est un accident collectif. Les accidents d'avions, les accidents industriels, les accidents de navires comme ceux-ci ne sont pas des accidents qui arrivent à un individu, ce sont des accidents qui arrivent à une organisation. C'est des accidents très complexes. Ils ont des tenants, des aboutissants qui dépassent en réalité la personne. Lui, c'est vrai que c'est le chénon proximal dans cette histoire. Mais on peut regarder plus loin, on peut chercher plus loin. Qui l'a encadré, qui l'a formé, qui l'a recruté, qui a organisé ces voyages ? Comment ? Il y a plein de choses, il y a plein de leçons qu'on aurait pu comprendre si Costa avait été aussi jugé. mais comme voilà, à la bénéficier de la menséitude de la justice, effectivement, il y aura des questions qui resteront sans réponse. Donc, ce qui s'est passé, je disais, heureusement que certains marins, une fois qu'ils sont arrivés avec ces bateaux en moteur au port de Giglio, ils ont eu l'idée de revenir. Avec ces bateaux, ils ont vidé leur chargement et ils sont revenus vers les bateaux, vers le bateau, vers Costa Cancordia, pour récupérer d'autres personnes. Ils ont commencé doucement à tenter, dans la mesure du possible, à récupérer le maximum de personnes. Sur ce, les garde-côtes sont arrivés, ils ont commencé à crier par un mégaphone aux gens, ne sautez pas dans l'eau, ne sautez pas dans l'eau, parce qu'ils avaient peur qu'une fois qu'on les voit, les gens commencent à sauter en masse, et puis c'est clair qu'une bonne partie va se noyer avant qu'ils puissent les récupérer. Et donc, ils ont commencé à récupérer les gens qui étaient accrochés dans une position délicate sur la coque du navire. À ce moment, qu'est-ce qu'on a ? On a des gens qui ont été progressivement débarqués sur le port de cette petite ville, un petit village. Alors, à l'intérieur du navire, cette fois-ci, une fois qu'il est à 90 degrés, eh bien là, ça commence à devenir très sérieux. Ceux qui n'ont pas pu sortir à ce stade des entrailles du navire ne sortiront jamais malheureusement. Ceux-là resteront coincés pour toujours. Il y a eu 32 morts dans le navire. 32 passagers personnels qui sont morts, et aussi plus tard dans les opérations de secours, il y a une personne qui a trouvé la mort 1 des secouristes. Malheureusement, un des risques avec les accidents, c'est ce qu'on appelle le sur-accident. Quand il y a un accident, on a toujours un risque d'avoir un accident chez les secouristes, et ça c'est très important à considérer. Une fois que le bateau s'inclinait sur le côté, que l'immobilier bouge, que les verres se cassent. J'ai écouté le témoignage d'un plongeur dans un ferry. C'est pas le Costa Concordia qui était pas un ferry. Un des problèmes qu'ils avaient, par exemple, c'est qu'ils avaient à l'intérieur de l'eau, dans l'eau, des vitrines qui étaient cassées et puis ça faisait des morceaux de verre tranchants qui étaient dans l'eau, invisibles. Et donc un plongeur pouvait se les prendre, par exemple. Vous voyez, y'a plein de choses, y'a du mobilier qui va tomber, y'a de la vaisselle, des nappes, y'a plein de choses de mobilier qui sont vissées au sol, mais pas tout qui est vissé au sol. Y'a des choses qui vont sortir de l'organ et venir s'accumuler quelque part. Et puis, les moquettes se salissent, la nourriture se verse dessus, de la soupe, des boissons, tout ça, et ça devient ultra glissant. Et bien sûr, quelqu'un qui arrive dans un environnement pareil peut tomber, et puis bon, voilà, game over. Alors, je disais, Les gens qui se retrouvent sur l'île de Gigli, ils sont là, ça fait des heures qu'ils ont quitté leur chambre, certains ont été ramassés de l'eau, ils ont froid, tout ça, mais rien pour les accueillir. Il y a une ambulance du SAMU local, il y a des passagers qui vont leur demander une couverture, ils disent « est-ce que vous êtes en hypothermie ? » « Non, on n'est pas en hypothermie. » « Non, si vous n'êtes pas en hypothermie, je vous donne pas de couverture. » Cette couverture, c'est pour le secours, c'est uniquement réservé pour les gens qui sont en hypothermie. Voilà. Donc, les gens commencent à marcher, à errer, n'est-ce pas, dans la nuit, à la recherche d'un refuge. Certains dorment dans une église, d'autres sous un Porsche, et puis c'est un peu la désorganisation totale. D'autres arrivent dans un hôtel, un hôtelier qui a eu la générosité d'ouvrir ses portes, il a commencé à accueillir les gens et leur donner à boire gratuitement et tout ça, mais voilà, Certains ont demandé aux habitants de l'île, est-ce qu'il y a moyen de prendre un bus pour partir d'ici ? Ils ont dit non, on ne peut pas partir d'ici en bus, c'est une île. Le lendemain, on a apporté des bateaux et on a commencé à embarquer les gens sur un bateau pour les ramener sur le continent, pour les ramener à la côte italienne. Une fois qu'on les a ramenés, il y avait la Croix-Rouge qui les attendait et tout ça, on leur a donné des bars chocolatés on les a inscrits et puis on les a ramenés dans un gymnase. Et à partir de là, il y a des bus qui sont venus et puis on les a distribués vers des hôtels de la région. Les hôtels ont été bouqués et on les a mis à l'hôtel. Le problème, c'est qu'à partir de là, ils étaient livrés à eux-mêmes. Ils n'avaient pas d'argent, ils n'avaient pas de papiers. Parce que la pratique de Costa à l'époque, c'était qu'au moment du check-in, les gens donnent leur passeport, donnent leur passeport, et reçoivent là une carte. Cette carte va leur permettre de vivre à l'intérieur du bateau, de faire les achats, les paiements, tout ça. Et au moment de quitter le navire, on leur redonne leur passeport. Les passeports ont coulé avec le navire. De sorte que des gens se retrouvent à l'étranger, sans passeport, et sans argent, et sans moyen de paiement. Alors, On peut des fois, et là on revient peut-être rapidement vers l'aviation, on peut des fois reprocher aux gens, et ce reproche est complètement valide, je le remets pas en cause, quand il y a une évacuation d'un avion, quand ils commencent à prendre leur sac à dos ou autre, et partir avec. Bien entendu, c'est un grand danger, parce que des fois, les sacs à dos, si chacun prend un sac à dos, c'est un petit peu comme dans un embouteillage, regardez. Des fois t'es dans un embouteillage, et le gars devant toi, il laisse 100 mètres devant lui. Quand la voiture devant lui part, lui, il bouge pas. Si tu lui fais un signe de faire un rôtre, il dit de toute façon, où est-ce que tu vas aller ? Où est-ce qu'on va aller de toute manière ? Voilà, j'ai laissé 100 mètres et après, on va aller où ? Ce qu'il ne réalise pas, c'est que sur les milliers de voitures qui sont coincées là, si 10 personnes seulement laissent 100 mètres, le blocage, le bouchon s'allongera d'un kilomètre. Ça signifie, en arrière, il y aura plein de gens qui seront coincés dans des ronds-points, dans des carrefours, où ils ne pourront pas rentrer, ils seront coincés, ça ne bougera pas, parce qu'il y a des gens qui disent, de toute façon, moi je ne roule pas, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien pour toi, mais n'oublie pas que l'embouteillage n'est pas un problème personnel, c'est un problème collectif. On doit collectivement travailler pour le régler. C'est pareil là. Quand il y a une évacuation dans un avion, si chacun sort avec une valise ou un sac à dos ou autre, que va-t-il se passer ? Ça va prolonger l'embouteillage, et peut-être ça va le prolonger à tel point que pour les derniers, il n'y aura pas de sortie. Ça signifie qu'il viendra un moment où la fumée sera trop dense ou autre, et puis ceux qui ne pourront pas sortir ne sortiront pas. Et ceux qui ne seront pas sortis, c'est parce que leur vie, n'est-ce pas, a été jugée par d'autres moins importantes que le sac à dos, par exemple. Mais en même temps, les autorités n'aident pas beaucoup les gens qui sont dans des situations de détresse. Retrouvez-vous dans un aéroport, même après qu'un avion ait pris feu, sans votre passeport, sans votre porte-monnaie, sans votre téléphone, bonjour, d'accord ? Ce qui s'est passé dans le cas du Costa. Les gens, par exemple, j'ai lu le récit d'Américains qui ont voulu obtenir des papiers. L'ambassade leur dit, nous on peut pas vous aider, parce qu'il va falloir payer. Faut nous payer, y'a un émolument. Et en plus, on les engueule, parce qu'on leur dit, vous êtes le naufrage à lieu un week-end, normalement nous on travaille pas le week-end. Bah oui, parce que c'est arrivé le vendredi 13, donc après c'est samedi dimanche. On leur dit c'est le week-end, je suis désolé, nous on travaille pas normalement le week-end, on va ouvrir exceptionnellement, mais il va falloir payer, régler le passeport, il y a un frais de passeport. Et au passage, ramenez aussi, il y a la photo, il y a l'appareil, il va falloir que vous rameniez l'argent, parce que l'appareil il rend pas la monnaie, et il prend pas les pièces et rien du tout, enfin il prend les pièces, il prend pas les billets, il rend pas la monnaie, il faut ramener le change exact. Vous voyez ? t'es dans des habits mouillés qui sont en train de sécher sur toi, t'as pas d'argent, t'as rien du tout, et tu appelles, depuis le gars de l'hôtel qui te prête un téléphone, tu appelles ton ambassade, et qu'ils te disent, ramenez 135 dollars pour le passeport, et ramenez la monnaie exacte pour la machine. Et puis venez vous-même parce qu'on ne va pas vous envoyer de taxi. Quand les gens disaient, oui mais, moi je suis à l'hôtel, les taxis ils veulent pas me prendre, c'est loin, c'est à une heure de route, et puis il faut de l'argent, j'ai pas d'argent, Oui, mais l'ambassade n'a pas la politique d'aider les touristes en difficulté. Vous êtes un touriste en difficulté, voilà. Donc, les gens ont dû galérer à grande difficulté pour pouvoir obtenir justement des papiers, pour pouvoir obtenir, et le plus souvent c'était de la famille qui les avait aidés avec de l'argent et tout ça, il y a des gens qui étaient dans le bateau qui se sont retrouvés à mendier. Il y a des gens ils ont mendié. Il y a une personne raconte, elle a été dans un magasin en disant « Je veux acheter des habits. » Et puis, il lui restait très peu d'argent. Il lui restait une cinquantaine de dollars en tout et pour tout. Et ce qui se passe, c'est qu'elle dit « Est-ce que vous pouvez me faire une réduction ? J'ai pris les habits les moins chers. » Elle montre sa carte du bateau, du costat concordien, leur disant « J'étais dans le navire qui a coulé, qui est partout dans les news. Est-ce que vous pouvez me faire une réduction sur les habits ? » Et puis le manager, il regarde et il dit « Non, c'est pas mon problème. » Vous devez payer. Vous voyez ce que je veux dire? Ça signifie des personnes se sont retrouvées dans des situations où très peu de gens étaient généreux, très peu de gens les ont aidées, et encore moins leurs autorités qui étaient censées être là pour les aider, leurs autorités les ont pas aidées. Par exemple, les autorités chinoises, les gens qui ont été à l'ambassade, on leur a dit écoutez, Est-ce que vous pouvez pas aller attendre de l'autre côté du trottoir, juste traverser la route, rester un peu loin, parce qu'on a un gars là ce soir, donc y'a des gens qui vont venir en limousine, y'a un tapis rouge, y'a un gars là, voir vos gueules, n'est-ce pas, de rescaper, t'as vu la tête que t'as, tu vois, ça va un petit peu leur gâcher la soirée, donc allez de l'autre côté, n'est-ce pas? Et puis on vous appellera quand tous les invités seront rentrés. Vous voyez le truc ? Donc c'est très dur de se retrouver... même si ces gens ont eu quand même le privilège, quelque part, d'être en vie, finalement, une fois qu'ils ont été... Les secourus, quelque part, entre guillemets, se sont retrouvés abandonnés. Il a fallu beaucoup, beaucoup de temps, plusieurs jours, avant que des gens de la compagnie maritime commencent à s'approcher d'eux, et généralement, pas avec beaucoup d'aide, en leur disant, oui, je suis désolé, mais j'ai pas vraiment, on n'a pas d'argent, on n'a rien du tout, je sais pas ce que je peux faire pour vous, tout ça, ça va être très difficile. Vous voyez ? Ça a été très dur pour les gens. Donc, voilà. Le bilan total, c'est que Schettino, le capitaine, a pris 16 ans de prison. C'est devenu l'homme le plus détesté d'Italie. Je trouve quelque part qu'en partie, il a mérité les blâmes qu'on lui a posées, qu'on lui a posées sur son dos. Après, c'est le pacha, c'est lui le pacha, c'est lui le responsable. C'est un job à responsabilité. Tu ne le sens pas à la hauteur, tu ne le fais pas. Je veux dire, si on te donne un navire, ce n'est pas pour que tu ailles le planter contre les rochers. Donc voilà, on t'a donné un navire intact, il est planté contre les rochers. dans la balance des probabilités, c'est de ta faute. C'est comme ça que ça a été vu. Maintenant, la réalité, c'est qu'il fallait un coupable, il fallait, entre guillemets, un bouc émissaire, donc on est un petit peu trop chargé par rapport à la réalité des choses. Je pense que lui n'était pas là pour planter un bateau, il était là, bon, relax, la croisière s'amuse, c'est fun, on passe près de l'île, on le fait tout le temps. Ce jour-là, il faisait nuit, voilà, il a raté un petit peu, il n'y a pas de repère, bam ! il a tapé contre le rocher, peut-être d'un mètre plus loin, il n'aurait pas tapé, on serait pas en train de parler de cette histoire, sauf que... ça allait arriver tôt ou tard, hein, comme ils y allaient, ça allait arriver. Donc, 16 ans de prison, son employeur n'a pas été jugé, le bateau a finalement... D'ailleurs, certains marins du Cossac en Cordia, ils disaient aux passagers sur le port de Giglio ce soir-là, alors que le navire était couché, Ils leur disaient oui, moi je suis philippin et je suis un peu coincé sur cette île maintenant parce qu'on doit attendre des réparations pour pouvoir repartir. On va attendre qu'ils réparent ce navire pour partir. Alors que vraisemblablement, il n'y avait pas moyen de réparer ce navire qui a été qui a été renfloué par une méthode, une technique connue depuis longtemps. Elle a été utilisée à Pearl Harbor avant pour renflouer des bateaux qui sont couchés. Et puis là, ils ont utilisé des flotteurs et des câbles et tout ça, qu'ils ont remis à flot. Et puis après, ils l'ont entraîné vers un autre port où il a été démantelé. Donc le bateau, le bateau Costa Cancordia n'existe pas. Il a été démantelé et transformé en canne de Ce n'est pas une canne, c'est une boîte. Voilà. Une boîte de... Je ne sais pas pourquoi je dis une canne. Une boîte de concert. Voilà, mes amis. Donc, merci d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. Et merci de soutenir, de continuer à soutenir ce canal. Et on se voit dans une prochaine vidéo. À très bientôt.
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