Comment faire une SAUVEGARDE de ses fichiers ?

Vidéo YouTube (français) où l'auteur expose sa philosophie des sauvegardes à partir d'anecdotes (ransomware, pannes, incendies, inondations) et de recommandations pratiques: ne pas se contenter de quelques sauvegardes récentes, prévoir une rétention étalée (7 jours quotidiens, 4 semaines hebdo, 12 mois mensuels), et répartir les sauvegardes chez des opérateurs et localisations différentes pour résilience.
Questions this video answers
Sur les 25 dernières années, il n'a jamais perdu un fichier.
Ils effectuaient des sauvegardes quotidiennes et en gardaient seulement 3 (les 3 dernières).
Backups quotidiens pendant 7 jours, une sauvegarde par semaine conservée sur 4 semaines, et une sauvegarde mensuelle conservée 12 mois.
Un serveur chez OVH à Paris avec backups effectués chez "Herzner" en Allemagne (mentionnés tels quels par le locuteur).
Mes amis, bien le bonjour. Je suis suivi par beaucoup de gens qui sont dans l'IT, qui sont dans l'informatique. Et une des conversations qui revient tout le temps, c'est comment proprement faire une sauvegarde ? Comment faire une sauvegarde ? Alors, je vais vous expliquer ma philosophie personnelle de la sauvegarde. Vous faites ce que vous voulez, mais je peux vous dire, j'ai peut-être une information à partager avec vous avant de commencer. C'est que sur les 25 dernières années, je n'ai jamais perdu un fichier. Je n'ai jamais perdu de données. Pourtant, j'ai vu des désastres de toutes les sortes. D'accord ? Donc, je me dis que j'ai peut-être quelque chose à partager avec vous. Alors, je vous commence peut-être par une anecdote. J'étais en train de discuter avec un bureau de shérif aux Etats-Unis. Je travaillais pour une compagnie, on vendait des systèmes de stockage de données un peu partout dans le monde. Et puis, parmi nos clients, on avait les Américains. Le gars, il appelle. Catastrophe ! Qu'est-ce qui se passe ? On est échoué un lundi matin. Tous nos serveurs sont chiffrés. Ils ont été frappés par un ransomware. Vous savez, ransomware, c'est un virus qui arrive dans tes machines. En plus, certains ont la capacité d'être comme un ver, un worm, comme on dit. Ça signifie qu'ils vont se propager parce que généralement, s'ils ont réussi à infecter l'une de tes machines, c'est qu'elle a une faille. Et comme généralement, toutes les machines dans un environnement professionnel sont les mêmes parce qu'on utilise la même image, on utilise la même version de Windows, le même logiciel. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si le virus a réussi à infecter une machine, c'est qu'exactement avec le même procédé, il pourra infecter les autres. C'est ça le principe du verre, c'est ça le principe du worm. Donc qu'est-ce qu'il va faire ? Il va se propager. Donc les gars, ils sont frappés par un worm. Bam ! Lundi matin, ils arrivent. Ils trouvent quoi ? Toutes les machines chiffrées. Ça signifie inaccessible. Les données sont inaccessibles. C'est un grand bureau de shérif avec des dizaines et des dizaines d'employés. En plus, ils travaillent avec le tribunal parce que les prévenus devaient aller au tribunal. Tout leur témoignage, les dossiers, tout ça a été capturé dans des machines, sur des serveurs, sur des ordinateurs. Le problème, c'est qu'on est dans un système très régulé. Ça signifie que s'il est prévenu, on n'arrive pas à l'envoyer au tribunal. On est obligé de le libérer, par exemple. Oui, il y a des conséquences légales très importantes, ou bien son avocat peut après invoquer un vice de forme ou des trucs comme ça. Donc, lundi matin, tout est corrompu. Alors je lui dis, vous avez des sauvegardes ? Il me répond, oui, nous avons des sauvegardes. Parce que je lui dis, écoutez, monsieur, on est en train de nous orienter vers une situation où il faudra tout restaurer à partir de sauvegardes, malheureusement. Je ne vois pas comment on peut s'en sortir autrement. Il me dit, oui, j'ai des sauvegardes. Je lui dis, quelle est votre politique de sauvegarde ? Décrivez-moi en vos propres mots, comment vous faites des sauvegardes ? Et voilà ce qu'il me répond. Alors, nous faisons une sauvegarde chaque jour, automatiquement, quotidienne. C'est bien ça, j'étais content, c'est bien, une sauvegarde quotidienne, je suis très heureux, c'est bien. Et c'est là le choc, il va me dire, et nous en gardons trois. Ça veut dire qu'ils font une sauvegarde, deux, trois. Le quatrième jour, le quatrième jour, la première sauvegarde sera écrasée et ainsi de suite. Donc, on gardera toujours les trois dernières sauvegardes. Ok, on était lundi matin. C'était vers Noël ou Nouvel An. Je crois que le jeudi et le vendredi étaient fériés aussi. Il y a eu un pont avec des jours fériés, puis Noël, Nouvel An, tout ça. Et donc, que s'est-il passé ? On a eu la situation suivante. On a eu... On a eu, je crois... Mercredi, ils ont travaillé. Ils sortent le mercredi. Le mercredi soir, le virus frappe et détruit leur machine. À ce stade, ce mercredi soir, ils avaient trois backups valables. Jeudi, ils n'ont que deux backups valables parce que maintenant, le système a automatiquement fait une sauvegarde, il a écrasé la première sauvegarde valable. Le vendredi, un deuxième sauvegarde valable a été écrite. Le samedi, la troisième a été écrite. Le dimanche, c'est fini. Quand ils arrivent lundi matin, alors oui, il va voir, il trouve des sauvegardes, sauf que les sauvegardes sont toutes contaminées, sont toutes, contiennent toutes des fichiers qui ont été déjà écrasés, qui ont été déjà chiffrés et tout ça. Donc, c'était foutu. Alors. La première question qu'on doit considérer quand on fait une sauvegarde, c'est quel est le temps de manière très réaliste? Quel est le pire temps ? Quel est le temps le plus lent que vous allez mettre à détecter que vous avez un problème ? Et ne dites pas 3 minutes, ne dites pas 3 heures. D'accord ? J'ai eu par exemple une fois un blog, et puis il y a un gars qui écrit, il me dit, il y a tel article à telle page, il m'envoie le lien, il n'est pas lisible, je n'arrive pas à le lire. Ah bon ? J'y vais, oui, il y une a page blanche. En fait, tout simplement, je l'avais probablement édité. Il y avait des fautes ou des erreurs dedans. J'ai dû faire un copier-coller de tout l'article depuis WordPress. Je l'ai enlevé. Je l'ai copié dans Word. J'ai dû le corriger. Puis après, j'ai sauvegardé sur une page blanche et j'ai oublié de mettre l'article ou un truc comme ça. Sauf que comme cet article n'était pas très lu. Ou bien il était lu, mais personne ne m'a contacté. Quand les gens rentraient dans la page, ils trouvaient une page blanche, ils passaient à autre chose. Et qu'il a fallu peut-être deux mois pour que quelqu'un m'écrive. Vous voyez ce que je veux dire ? deux mois pour se rendre compte qu'il y a un problème. Alors, il faut toujours penser que réaliser qu'il y a des problèmes, c'est quelque chose de très long, un processus pas facile. Et c'est pour ça qu'il faut prévoir des sauvegardes assez étalées dans le temps. Je vous donne un exemple. J'ai un serveur chez OVH à Paris. Les backups, je les fais de cette manière-là et j'ai fait faire ça à beaucoup d'entreprises. Il y a beaucoup de clients qui étaient très heureux avec ça. je fais un an de backup, voici comment. Des backups quotidiens pendant 7 jours, ça veut dire que je commence par exemple le lundi, je fais un backup lundi, un backup mardi, un backup mercredi, donc je fais 7 jours de backup. Le lundi prochain, la nouvelle sauvegarde écrasera celle du lundi passé, donc j'ai une semaine de sauvegarde. Maintenant, Je fais une sauvegarde par semaine. Par exemple, je fais une sauvegarde le dimanche à 3 heures du matin et je garde 4. Ça veut dire que j'ai 4 semaines de backup. Après, je fais une sauvegarde mensuelle chaque mois, par exemple le premier du mois, et j'en garde 12. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si je dois revenir en arrière sur les 7 derniers jours, je peux revenir avec une granularité ou avec une résolution d'une journée. On est jeudi, si tu veux le backup de lundi dernier, je te le trouve tout de suite. Par la suite, plus tard, si par exemple tu veux un backup d'il y a trois semaines, je peux te le trouver mais avec une résolution d'une semaine. Avec un peu de chance, si ça se trouve, il a été pris le jour où tu voulais. Ou il a été pris peut-être la veille ou le jour d'après. D'accord ? Ça va, c'est important. Maintenant, si tu veux un backup datant de août dernier, à ce moment-là, je peux te l'obtenir aussi. Mais si tu veux le 25 août, je te dirais, non, je n'ai pas le 25 août, j'ai le 1er août. Ou bien si tu veux, je peux tenter le 1er septembre. Si tu penses que le 1er septembre est valable, je peux tenter le 1er septembre. Généralement, on s'intéresse au backup d'avant, pas au backup d'après. Alors, s'il y a un problème, généralement, on veut le backup d'avant le problème, pas le backup d'après le problème. Tu vois ce que je veux dire. J'ai un an. Maintenant, il y a aussi une philosophie derrière. La philosophie est la suivante. C'est que plus une page ou une information ou un fichier sont importants, plus vite on va détecter qu'il y a un problème avec. Ça veut dire que si je détecte qu'il y a un problème dans la semaine avec un fichier, c'est que ce fichier est important. Et dans ce cas-là, j'ai une résolution d'une journée sur ce fichier. Si je mets trois semaines pour le détecter, c'est qu'il est un peu moins important Je ne l'ai pas utilisé pendant longtemps, un peu moins important. Et là, effectivement, j'ai une résolution d'une semaine. Pour les fichiers encore moins importants, j'ai 12 mois avec une résolution de un mois. D'accord ? Donc ça, c'est super essentiel d'avoir cet étalement dans le temps. Maintenant, autre chose. J'ai un backup d'un serveur OVH qui est à Paris. Et puis, le backup, lui, se fait pas chez OVH. Lui, se fait chez Herzner en Allemagne. Pourquoi ? Pourquoi je prends pas le même serveur chez OVH ? Je vous raconte. Il faut toujours avoir plusieurs sauvegardes, mais en plus, des sauvegardes qui ne sont pas dans le même lieu géographique, ni chez le même opérateur. Je vais te dire pourquoi pas chez le même opérateur. Parce qu'il y a... Bon, je suis au même endroit parce que les datacenters peuvent prendre feu, par exemple. OVH, l'année dernière, ils ont un datacenter qui a pris feu. On peut avoir des inondations. Ça m'est arrivé un jour, je gérais des serveurs pour une compagnie, et puis un jour, les serveurs étaient en Floride, ils sont tombés, tous d'un coup. J'ai commencé à envoyer des e-mails aux datacenters en leur disant, s'il vous plaît, faites quelque chose, faites quelque chose, on a des clients qui râlent. Ils m'ont envoyé une photo, et dans la photo, ce qu'on voyait, c'était un... je ne l'ai pas, je vous l'aurai montré. On voit l'escalier qui descend, et puis on voit de l'eau, et on a les racs qui dépassent de ceci. En fait, il y a eu une inondation, comme souvent la météo est pourrie en Floride, il y a eu une inondation qui a inondé le Data Center, et en fait, les serveurs étaient sous plusieurs mètres d'eau. Ils ne sont jamais revenus, en fait. D'ailleurs, le Data Center a fermé, ils ont fait faillite par la suite. Heureusement que j'avais des copies, des sauvegardes, en dehors de ce Data Center. Il y a aussi le risque financier. C'est-à-dire qu'une fois j'avais des serveurs que je gérais chez une compagnie française. Je ne me rappelle plus leur nom. Cette compagnie, je ne me rappelle plus leur nom. Je vous le dirai si je me rappelle. Je ne sais plus. Cette compagnie, du jour au lendemain, ils ont fait faillite. Voilà, il y a le risque financier. Ils ont fait faillite, bam, c'est terminé. Il y avait une fois un datacenter où j'avais des serveurs. Pareil, il y a... Il y a une pelleteuse qui arrive, les gars ils devaient planter, mettre des canalisations d'eau. Et puis par erreur, ils sont passés à travers des câbles électriques, pas des câbles électriques, des câbles réseaux. Ils ont cassé des fibres optiques, tout ça. Le Data Center était dans le noir. Ils ont mis, je crois, dix jours à tout réparer. Dix jours, des sites de e-commerce, des sites importants, ils ont fait faillite. Heureusement que j'avais des sauvegardes ailleurs. Une fois, je me rappelle, la redondance, je ne crois pas, je suis à l'ancienne école, si j'étais longtemps dans ce métier, c'est que je ne crois pas aux redondances. J'étais par exemple, j'avais des machines dans un datacenter, trois alimentations électriques par serveur, trois alimentations, trois réseaux indépendants. Il y a un mec qui arrive au datacenter, Et puis il veut faire une réparation, il se fait électrocuter, il s'est shooté, il s'est électrocuté. Il a survécu après, mais quand les pompiers sont arrivés, il était inconscient par terre et les gens n'osaient pas s'approcher de lui parce qu'ils avaient peur de se faire électrocuter. Vous savez ce qu'ils ont fait les pompiers ? Ils ont coupé l'électricité sur tout le Data Center. Les trois réseaux redondants sont partis, pour pouvoir sauver ce mec. Donc, qu'est-ce qu'on obtient à partir de là ? À partir de là, on a tout qui est dans le noir. Ils ont mis toute la journée avant de restaurer. Pendant ce temps-là, moi, les sites les plus critiques, je les avais déjà en opérationnel ailleurs, parce que j'avais un backup ailleurs encore une fois. Vous voyez, il ne faut jamais, jamais, jamais croire que parce que c'est redondant, parce que machin, tu n'as pas besoin de sauvegarde. Toujours sauvegarder plusieurs fois ailleurs. J'ai même des sauvegardes sur le cloud, sur Amazon, AWS et tout ça, sur les S3. Donc, sauvegarder plusieurs endroits. Sauvegarder sur un endroit où il n'y a pas la même exposition financière, donc chez une autre compagnie. Sauvegarder de multiples fois. Sauvegarder sur longue durée pour si jamais il y a un problème, on peut reprendre. Et honnêtement, dans ma vie, Je ne panique jamais pour les problèmes de données. Bon, il y eu a une carte RAID qui a déconné, elle a corrompu toutes les données. Et après, what next ? Ok, c'est ennuyeux, c'est embêtant, mais en quelques minutes, j'ai tout restauré, je ramène des backups, je redémarre, puis c'est tout. Alors que je vois des gens pleurer, s'arracher les cheveux. Des années de travail sont perdues. Mais ça ne va pas, des années de travail, tu n'as même pas fait de backup d'années de travail. Voilà mes amis, c'était juste ma philosophie sur les backups. D'accord ? On se voit dans une prochaine vidéo. Il commence à faire chaud dans cette voiture. Ça tape très fort ici. Je ne sais pas quelle température on a maintenant. Attendez, ça s'affiche des fois. Je ne sais pas comment ça s'affiche. Ah non, ça va, il fait 22 degrés. Hier, il faisait 27. En plein mois de février. Merci. On se voit une autre fois. A bientôt.
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