Crash d'Hercules à Eindhoven : Suppositions Mortelles

In 1996, a Belgian Air Force Hercules C-130 crashed near Eindhoven airport. The speaker recounts the disaster and how emergency responders made fatal assumptions instead of checking facts, then shares a personal tram accident story to show why suppositions kill.
Mes amis, bien le bonjour. Je connaissais quelqu'un qui faisait des suppositions. Il est mort. Je vais vous raconter aujourd'hui une histoire qui s'est passée en 1996, en été. On a la troupe de fanfare de l'armée des Pays-Bas qui se produisait en Italie, dans la région de Modène. Après une semaine de tournée, il y a un avion qui va venir les prendre. Alors c'était un avion des forces aériennes belges. On a tout simplement demandé à une armée d'un pays ami d'aller chercher cette fanfare. Là pareil, on est un lundi, on est le 15 juillet 1996, on arrive à Rimini en Italie. embarquent ces gens, et puis redécollent pour aller vers la base d'Eindhoven. Alors, Eindhoven, c'est un aéroport, jusqu'à maintenant, il est mixte. Il y a une moitié nord qui est utilisée par les civils, il y a une partie sud qui est réservée aux militaires. C'était le cas en 1996. Dans le cockpit, on a l'équipage classique qu'on trouve sur l'Hercule, c'est-à-dire on a un commandant de bord, Il a 26 ans, on est très jeune dans l'armée, il y a un copilote qui a également 26 ans. Ce copilote d'ailleurs ne devait pas être là, il a remplacé quelqu'un qui était tombé malade à la dernière minute. On a un mécanicien naviguant et aussi un responsable de chargement, un loadmaster. En termes de chargement, on avait plutôt des gens, on avait 37 personnes, donc 37 passagers, 80 équipages, 41 personnes en tout. L'appareil arrive vers l'aéroport d'Eindhoven et reçoit l'autorisation d'atterrir sur la piste 04. C'est le copilote qui est en train de faire cette étape-là, donc c'est lui qui pilote l'avion pendant cette approche. Près de l'aéroport, en cette saison-là, il y avait des étourneaux, des oiseaux, qui avaient créé des nids et qui commençaient à rôder autour de l'aéroport. Les étourneaux, c'est très léger. Quand on en prend un dans la main, ça ne pèse pratiquement rien. Comme la majorité des oiseaux, ils sont constitués de plumes et de vides, plus qu'autre chose. C'est pour ça qu'ils peuvent voler l'air. En tout cas, un étourneau, tout seul, ou quelques spécimens ne sont pas dangereux, ne vont pas représenter un danger pour la navigation aérienne. Sauf que, ce jour-là, et très souvent d'ailleurs, ils forment des nuées, ça signifie des milliers et des milliers d'individus, décollent tous ensemble, évoluent autour de l'aéroport, ça forme des nuages, ça forme des fois des sortes de tapis volants qui peuvent avoir plusieurs centaines de mètres. Et puis cette fois-ci, ça peut devenir extrêmement menaçant pour les avions. Alors, Normalement, l'aéroport avait recruté un effaroucheur, ce métier existe. Un effaroucheur qui vient avec sa voiture et puis il a un fusil de chasse, il vise les nuées, il tire au hasard en espérant les effrayer, les éloigner de l'aéroport pendant que les opérations d'atterrissage et de décoffre se font. Cela dit, ce jour-là, cet après-midi, nous sommes le lundi, en fin d'après-midi, il n'avait plus de cartouches, tellement il avait effarouché les oiseaux que quand il a regardé dans sa musette, il n'y avait plus rien. Donc, il était parti chercher des cartouches, mais il n'était plus revenu. Notre copilote est en train de contrôler son avion. La piste remplit complètement ses hublots. Il est sur le point d'atterrir. quand soudainement, il voit se profiler devant lui, sur sa trajectoire, ce nuage-là. À ce stade, c'était inévitable. Donc, à partir de ce point, il y a typiquement deux écoles. Il y a l'école qui dirait, de toute façon, il va se les prendre, il va se les prendre, il n'y a pas moyen d'y échapper, il y a quelques dizaines de pieds du sol, il vaut mieux continuer, puis poser, puis c'est tout. Il y a une autre école, et c'est celle qui aura généralement le plus de supporters, c'est de se dire, on met les gaz à fond, puis on essaye d'y échapper. C'est ce qu'il va faire. Donc il va prendre les manettes des gaz, les pousser à fond. Les hélices, sur l'Hercule, n'accélèrent pas si on a mis des gaz. Elles sont toujours, depuis le roulage au décollage à l'approche, elles tournent toujours à 100% de tour. Toujours à 1000, 20 tours par minute, tout le temps. Quand il pousse les gaz, c'est plutôt le pas des hélices ou le calage des hélices qui va augmenter. Elles vont commencer à mordre l'air avec un angle plus élevé et produire plus de traction. L'appareil commence à accélérer, sauf que l'instant d'après, il traverse ce nuage détournant. Alors, ce qui va se passer, on a un quadrimoteur. L'Hercule C130 est un quadrimoteur. Les moteurs qui vont morfler le plus sont les moteurs gauche, le 1 et le 2. Assez rapidement, ils vont s'éteindre. Au moment où ils commencent à avaler ces oiseaux, qu'ils font au niveau de la verrière, au niveau des hublots de l'hercule, ils font un effet d'un nuage de grêle, littéralement. C'est comme si c'était des gros grelans qui tombaient, qui explosaient sur le pare-brise en laissant des taches rouges. Il y en avait plein. Les moteurs vont les avaler. Les compresseurs les avalent. La vitesse des compresseurs tombe, les moteurs étouffent, les vannes de décharge s'ouvrent. Il faut savoir une chose, qu'en dessous de 94% des régimes, les moteurs de type Allison T15 comme il y a sur ces avions-là, ils ont cette faiblesse. Si le régime tombe en dessous de 94%, il y a un risque de pompage du compresseur axial et à ce moment-là, il y a un système qui automatiquement va ouvrir des vannes de décharge au niveau du 10ème et du 5ème étage. Et là, le régime du moteur va vraiment tomber. Là, la puissance du moteur arrive à 94%, puis immédiatement après, l'aiguille va aller vers zéro. Donc, les deux moteurs gauche vont s'arrêter et les hélices partent en drapeau. À partir de cet instant, la situation est déjà assez désespérée, assez délicate, dirions-nous. Mais une erreur va être commise dans le cockpit. On ne saura pas par qui, on ne saura pas qui a dit quoi à qui, qui a pris la décision. Pourquoi ? Parce que tout simplement, il n'y a pas de boîte noire sur cet Hercule. Les militaires ne travaillent pas sur les mêmes codes ou la même réglementation que les civils. Et pour eux, les boîtes noires, c'est à bien plaire. Il y a certains de leurs avions qui en ont, d'autres qui n'en ont pas. Celui-là n'en était pas équipé. En tout cas, il y a une main dans le cockpit, peut-être le commandant de bord, peut-être le copilote, vraisemblablement pas parce que lui contrôlait l'avion, peut-être le mécanicien naviguant. En tout cas, quelqu'un a pris le moteur numéro 3 et l'a éteint. Ça veut dire que cette fois-ci, on a deux moteurs à l'arrêt et on a un moteur de l'autre côté qui s'arrête aussi. Donc trois moteurs sur quatre, ce n'est pas quelque chose de survivable sur une remise des gaz. Ça aurait été en descente. On peut toujours discuter avec le dernier moteur. Ils auraient pu peut-être essayer de ne pas voler horizontalement. Enfin, au moins essayer de freiner le taux de chute. Mais là, il n'y a pas le choix. Le crash est assuré. Le copilote perd le contrôle. La gouverne de direction à cette vitesse-là n'a pas d'autorité suffisante pour contrôler l'appareil avec un seul moteur en route. Donc l'avion, qu'est-ce qu'il fait ? Il pivote sur lui-même et il va vers le sol et il tape au niveau de la piste et sort de celle-ci et va sur le terrain gazonné à côté. Alors, l'Hercule est un avion assez solide, donc il va tomber, il va rester en un seul morceau. L'espace vital n'est pas compromis, donc on peut dire que, quelque part, on peut dire que l'accident est survivable. Et d'ailleurs, il est tellement que les 41 personnes à l'intérieur sont vivantes au moment de l'impact. Donc ça, jusque là, tout va bien. Alors, les membres d'équipage, ils sont quatre dans le cockpit. Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont se ruer vers l'arrière pour aider les passagers, parce qu'il y a une erreur qui a été faite lors de l'embarquement à Rimini, en Italie. C'est-à-dire qu'ils ont oublié, enfin, ça ne faisait pas partie de leur tradition, ils n'en étaient pas dans le civil, d'aller faire un briefing aux passagers. Ça signifie d'expliquer en cas d'évacuation, voici les issues de secours, voici comment elles s'ouvrent, etc. Ce travail-là n'était pas fait, de sorte qu'au moment de l'impact, Dès que ça s'est arrêté, les passagers ne savaient pas à quel sein se vouer littéralement. Au niveau du cockpit, il y a une issue de secours. C'est une sorte de lucarne qui se trouve au-dessus des pilotes. On peut l'ouvrir et ils auraient pu l'ouvrir et partir. Sauf que ils ne pouvaient pas laisser leurs passagers derrière. D'autant plus qu'ils se sont écrasés, enfin atterris dans un aéroport. Donc, ils savent que dans les secondes qui viennent, les pompiers seront là. C'était une supposition que les pilotes avaient faite. Donc, ils arrivent là où sont les passagers, il y a un peu de chaos comme on peut s'imaginer, et ils veulent ouvrir les études secours. Elles ne s'ouvrent pas. Une partie, à cause de l'incendie qui s'est déclaré, elles n'étaient pas praticables, et d'autres, vu la déformation du métal, de l'appareil, Elles ne s'ouvraient pas. On le voit lors d'accidents de voitures des fois, même les portes de voitures ne s'ouvrent pas. Il faut utiliser des pinces spéciales, des pinces hydrauliques pour pouvoir les ouvrir. C'est tout simplement parce qu'elles sont ajustées dans leur logement et quand tout se déforme, il y a une friction qui fait qu'on ne peut pas les ouvrir. En tout cas, sur ces entrefaits, les pompiers arrivent. Les pompiers militaires. Alors qu'est-ce qu'ils vont voir ? Ils vont voir un feu qui s'était déclaré en particulier sur la zone du cockpit. Et de grosses flammes. Des flammes d'ailleurs particulièrement suspectes. On vient de se casser la gueule. Pourquoi des flammes de plusieurs mètres au-dessus du cockpit ? c'est que dans le cockpit, il y a un système d'oxygène, un circuit d'oxygène qui, en cas de dépressurisation, permet de fournir de l'oxygène au pilote. Et ce système-là, eh bien, il s'était ouvert, il s'était cassé lors de l'impact, et il a commencé à envoyer de l'oxygène dans le cockpit. Donc l'atmosphère enrichie a nourri un incendie qui était plus gros que ce qu'on pourrait s'attendre en temps normal. En tout cas. Les pompiers vont faire la supposition suivante, eux aussi ils vont supposer. Ils connaissent l'Hercule C-130 parce que l'armée des Pays-Bas a l'habitude de faire circuler ce genre d'avion sur cet aéroport. Ils savent, enfin dans leur tête, c'est un avion cargo. qu'à l'arrière, il y a du cargo. Or, c'est pas vrai ! Le C-130, il a été conçu dans les années 50, 1951, à l'époque de la guerre de Corée. Bon, depuis, il y a eu d'autres guerres, mais bon, à chaque époque, il y a sa guerre, donc il a été conçu à cette époque-là. Et c'était pour le transport de cargo, mais aussi le transport de troupes. Sauf que les pompiers avaient l'habitude de voir l'Hercule transportant seulement du cargo. Donc, ils ont supposé qu'à l'arrière, on n'a que du cargo. Voilà. Deuxièmement, comme il y avait de grosses flammes qui sortaient au niveau du cockpit, eux, ils ont l'habitude de voir les pilotes assis au niveau du cockpit. Les quatre gars qu'on trouve habituellement dans l'Hercule, ils ont l'habitude de s'installer dans le cockpit. Eh bien, ils se sont dit vu l'incendie qui sort de là, les quatre gars sont morts. Il n'y a plus rien à faire pour eux. Donc, ils ont lancé une opération assez assez de faible intensité. Ils n'ont pas lancé une opération de secours. Ils ont juste commencé à éteindre l'incendie de loin. Puis c'est tout. Ils se sont dit bon, tranquille, de toute façon, c'est trop tard pour les pilotes. Il n'y a rien à faire. On éteint l'incendie. Quand on aura fini, on regardera. Ils ont lancé une opération du même, de même dimension que ce qu'on aurait pour un avion d'aéroclub qui s'écrase. Ça veut dire une opération où on aurait deux à quatre victimes. Voilà, c'est tout. Pas plus. les pompiers civils veulent venir aider. Sauf qu'eux, ils sont coincés par deux problèmes. Un problème administratif, ça signifie qu'il n'y avait pas de collaboration formelle entre eux et les pompiers militaires, donc il n'y a pas de communication. On ne sait pas trop à qui parler. Est-ce qu'ils ont besoin d'aide ? Est-ce qu'ils le maîtrisent ? Est-ce qu'ils veulent qu'on s'approche ? En plus, il y avait un grillage, un fossé qui a empêché la circulation vers le site des pompiers civils. Et en tout cas, l'opération va durer pendant un bon moment comme ceci. Le contrôleur aérien n'avait pas communiqué le nombre d'occupants aux pompiers. Lui-même, les Italiens ne lui avaient pas dit. Il avait reçu un plan de vol tronqué. Il ne savait pas combien de personnes il y avait dans l'Hercule. Il avait supposé qu'il y en avait quatre, comme d'habitude. Les pilotes et les passagers qui sont dans l'Hercule cherchent maintenant à ouvrir, cherchent à casser à la hache, cherchent à ouvrir les portes. Les pompiers arrivent, mais les pompiers ne vont pas les aider, parce qu'ils ne savent pas qu'il y a des gens à l'intérieur. Donc qu'est-ce qu'ils vont commencer à faire ? Ils vont de loin commencer à éteindre, ils balancent leurs lances sur la zone du cockpit et ils se disent de toute façon quand ça sera éteint, on ira voir. Ça va durer, un bon moment cette histoire, ça va durer 25 minutes. Au bout de 25 minutes, quand les flammes commencent doucement à trémétriser, ils vont prendre deux pompiers et vont leur dire écoute, tu vas à la porte là-bas, tu vas la casser, tu vas casser cette porte et puis comme ça tu pourras rentrer à l'intérieur, ton collègue te passera le tuyau et tu pourras arroser à l'intérieur de l'avion. Ce qu'ils décident de faire, ils se disent bon, maintenant on peut s'approcher et éteindre depuis L'intérieur, il faut savoir une chose, l'équipe de pompiers militaires d'Eindhoven avait été réduite suite à une coupe budgétaire. Il faut savoir qu'il y a du budget pour tout en Occident, sauf pour l'essentiel. Donc, le nombre de pompiers a été réduit de 11 à 8 et en même temps, leur équipement a été réduit et puis même leur entraînement a été réduit et tout ça. Donc, quelque part, ces gars-là faisaient ce qu'ils pouvaient, en tout cas. Ces deux pompiers arrivent vers la porte qui était un peu entre-ouverte, ils utilisent une barre, ils commencent à vouloir l'ouvrir, l'ouvrir, et ils ont réussi ce bout d'un moment à l'ouvrir. Et sur ce, il y a plusieurs corps qui leur tombent dessus. C'est des gens qui étaient morts. C'est à cet instant seulement qu'ils réalisent l'étendue de la catastrophe, qu'ils voient que le cockpit était vide, que l'équipage était à l'arrière, et qu'il y a plein de monde à l'arrière. Ce n'est pas du cargo, mais des humains là-dedans. Alors là, l'opération va augmenter en intensité, augmenter en ampleur, mais c'est trop tard, c'est trop tard pour la majorité des gens qui sont là. À l'intérieur de cet avion, ils vont trouver 7 personnes entre la vie et la mort. Les autres sont toutes mortes. L'équipage, les 4 membres d'équipage sont tous tués. En fait, ce drame va causer 34 morts. Il y aura 7 personnes blessées. à divers degrés, mais généralement brûlés. Les gens qui sont morts sont morts d'inhalations de fumée toxique. Certains, semble-t-il, ont été noyés par la mousse et les produits d'extinction qui ont été déversés en grande quantité sans considération, en pensant qu'il y avait du cargo. Voilà, ce jour-là, c'était un drame pour les forces belges, pour les forces aussi des Pays-Bas, mais très rapidement a commencé une histoire de cachoterie. Ça signifie qu'on est au niveau de l'armée. Généralement, même chez le civil, les gens ne veulent pas prendre leurs responsabilités, mais dans l'armée, c'est puissance 10. L'histoire va traîner en longueur. D'ailleurs, assez rapidement, avant même qu'on établisse la raison du crash, la Belgique avait déjà donné des décorations militaires aux quatre pilotes à titre posthume, aux quatre membres d'équipage morts. Ça veut dire tout simplement, c'est une manière de dire, voilà, on les glorifie, on leur donne des breloques. C'est comme ça que ça marche en armée. Et puis, voilà, on les canonise. Puis on arrête de parler. Puis c'est tout. L'histoire va traîner en justice pendant très longtemps. Il paraît qu'à un moment donné, le dossier de ce crash a fait jusqu'à un mètre d'épaisseur. Mais il n'y avait pas de vérité qui en est sortie, parce qu'il y avait juste des responsabilités les unes jetées sur les autres. On a jugé en 2001, on a jugé le contrôleur aérien, on a jugé aussi le responsable des pompiers pour les suppositions qu'ils ont faites. Et finalement, ils ont été acquittés. Puis en 2004, on leur présenta des excuses, on leur paya le solde, leur salaire, parce qu'ils étaient suspendus sans salaire depuis 1996, depuis huit ans déjà. Et puis, tout ça est resté, tout ce monde est resté avec une impression de gâchis suite à Cette intervention des pompiers, où ils arrivent sur un avion et ils supposent qu'il n'y a pas de gens dedans, où ils supposent que les pilotes sont morts, où ils supposent qu'il n'y a rien à faire. Voilà. Alors qu'il y avait 41 personnes, 41 passagers qui attendaient d'être secours. Voilà, mes amis. Donc... Vous savez, les suppositions sont très mauvaises. Je vais vous raconter une histoire. Si vous avez cinq minutes, la vidéo se termine. Si vous avez cinq minutes, je vous raconte autre chose. Il y a longtemps de cela, j'étais pompier volontaire. Je travaillais, on avait une journée, c'était un dimanche, et on devait aider la mairie pour une histoire de course cycliste. Il y avait une course cycliste à travers la ville. À ce moment-là, c'était une grande course, il fallait fermer beaucoup d'artères de la ville. On avait demandé de l'aide des pompiers, de la police et de la protection civile. Moi-même, j'avais un axe routier et un carrefour. Au niveau du carrefour, il y avait un flic qui était à 150 mètres de là. Et puis moi j'étais au niveau de la route, et puis on attendait les cyclistes. Ils n'étaient pas venus encore. Et à un moment donné, j'ai entendu un grand boom derrière moi. Un bruit énorme. Je l'ai juste remettant dans les oreilles. Et en fait, je me retourne. Il y avait le tram. Il y avait un tram à cet endroit là. Le tram avait freiné brutalement. Je cours vers le tram. Il avait tapé sur quelqu'un en fait. Je cours vers le tram. J'arrive. Je suis le premier sur site, en fait. Et là, il y a une vieille dame qui était couchée par terre. Il l'avait, il l'avait tapé dessus. Il n'avait pas écrasé, il n'avait pas roulé dessus. En fait, le tram à cet endroit là, il roule assez vite. Allez, 80 kilomètres. En fait, quand il a tapé sur la personne. Au moment de l'impact, elle est à la même vitesse que le tram. Ça veut dire qu'elle a été projetée, comme on dirait. Mais en fait, c'est juste au moment de l'impact, la personne est à la même vitesse soudainement que le tram. C'est d'ailleurs ce qui cause la mort. C'est cette accélération brutale. Et en fait, immédiatement, le chauffeur a commencé à freiner. Et puis, le tram s'arrête et la personne tombe au sol. Elle a été projetée, donc elle tombe au sol. Et puis une fille née, c'est quoi ? Une fille née, elle est là, à 2-3 mètres devant le trap. J'arrive et je ne prodigue pas les gestes de premier secours. Je suppose qu'elle est morte. Vu l'impact, vu la brutalité de l'impact, pour moi, c'est dans le code. Tu reçois un impact. Comme ça, t'es un homme mort ou t'es une femme morte. Ce qui m'interpelle surtout, c'est une odeur, une odeur de fumée. et des gens qui frappent sur les vitres, qui veulent sortir du tram. Le tram est assez haut. On ne réalise pas quand on est au niveau d'une... On ne réalise pas quand on voit ces rames au niveau d'une station. Parce qu'au niveau d'une station, il y a des quais. Les quais sont surélevés. Mais quand le tram est arrêté en rase campagne ou là, dans une ville, eh bien, il est assez haut. Il arrive assez haut, le plancher du tram. Et les gens ont eu du mal à ouvrir les portes. Les issues de secours ne s'ouvraient pas. Sentant la fumée, je me suis dit... il y a peut-être un début d'incendie dans le tram. J'aide les gens à ouvrir les portes, donc je pousse depuis dehors, depuis l'intérieur et on finit par bloquer les portes, mais il fallait les tenir à la main parce que dès qu'on les relâchait, le système les refermait. Le truc de secours ne fonctionnait pas et les gens commençaient à sauter du tram. Dans les quelques minutes, il y a le flic qui arrive avec sa radio, je vois appeler. Au bout de quelques minutes, il y avait, j'entends des sirènes arriver de loin. Et puis, une ambulance arrive, une autre, une voiture de médecin, tout ça, un dispositif médical impressionnant. Et puis là, il y a un truc qui me surprend. C'est que je vois plusieurs médecins autour de cette femme. Et je vois un flic tenant une bouteille de sérum comme ça, il la tenait, le tube allait vers cette personne. Et là, je commence à poser des questions. Je commence à me dire que... Est-ce que j'ai fait le bon geste ? Est-ce que... Est-ce que j'étais en droit de supposer qu'elle était morte ? Parce que je n'ai pas fourni de premiers secours. Je n'ai rien fait. Je n'ai pas... Je n'ai pas fait de CPR alors que j'étais entraîné à le faire. Je ne l'ai pas mise en position latérale de sécurité alors que j'aurais pu le faire. Je n'ai pas fait de... Je n'ai pas cherché à empêcher de saignement alors que j'étais entraîné à le faire. Toutes ces choses-là, je ne les ai pas faites parce que j'ai supposé qu'elle était morte. Vous voyez ? Supposition... Très mauvaise supposition. Ce qui fait que j'ai perdu peut-être ces dix minutes avant que les services, les secours médicalisés arrivent. Et donc ces minutes-là que j'ai perdues, ça se trouve, ça a coûté la vie à cette femme. En tout cas, quelques jours plus tard, quelques jours plus tard, j'ai été... Elle est morte, la femme. Quelques jours plus tard, j'ai été convoqué chez la police. Tout simplement, il y a une mort violente, ils convoquent tout le monde. Voilà, c'est juste pour une déposition, pour le rapport, c'est tout. Et là, je raconte un peu ma version des faits, où j'étais, ce que j'ai vu, ils avaient un dessin, ils avaient une carte, je suis là, elle était là, le tram était ici, tout ça. Voilà ce que m'a dit l'inspecteur chargé de l'enquête en aparté. Il m'a expliqué quelque chose. Il m'a dit que cette personne, c'était une vieille dame, elle était assez âgée. une toute petite vieille dame, elle devait faire 1m60 comme ça, elle avait l'habitude, les voisins l'ont vu à de nombreuses reprises, elle avait l'habitude, quand le train passait par là, il y avait deux barrières qui se fermaient, et les voisins avaient l'habitude de la voir passer sous les barrières, donc elle passait régulièrement sous les barrières, et bon, ce jour-là, elle a matriculé son coup, elle s'est ramassée, donc c'est déjà ça. Deuxièmement, elle m'a dit que ce que j'ai vu comme secours, médicalisés, ce que j'ai vu, leurs interventions au sol et tout ça, Il m'a dit tout ça, c'était du cinéma. Il avait lu le rapport d'autopsie, elle était morte à l'impact. Les blessures qu'elle avait étaient incompatibles avec toute forme de vie. Elle était morte à l'impact. Donc quand je suis arrivé, je pensais qu'elle était morte, j'avais raison. Je n'avais pas le droit de le supposer. Mais a posteriori, j'avais raison, mais je ne pouvais pas le savoir. Et en fait, tout ce cinéma était pour la raison suivante, c'est que nous étions un dimanche, il y avait une course cycliste à travers la ville et Un truc, c'est que si elle s'est déclarée morte sur place, il aurait fallu attendre déplacement de je ne sais pas qui. Un juge ou un procureur ou je ne sais pas qui doit se déplacer sur site et puis signer la levée du cas. Alors souvent, ce qu'ils font, ce type de loi existe dans beaucoup de pays. Souvent, ce qu'ils font, c'est ce qu'ils suivent. Ils arrivent, ils injectent des trucs, ils mettent la personne en condition, l'emballent, arrivent à l'hôpital et à l'hôpital, la déclare morte ou la déclare morte en route. Elle est morte dans l'ambulance, elle est morte à l'arrivée, ce qui justifie pourquoi ils ont ramassé de la route. S'il déclare, elle est morte sur la route. Fini pour ne pas prendre le corps, ils doivent le laisser. En tout cas, voilà, je vous raconte une histoire qui n'a rien à faire avec l'aviation. Mais voilà, les suppositions sont terribles, mes amis. Les suppositions sont terribles. Ces pompiers ont été poursuivis en justice, mais ont été poursuivis aussi par leur conscience, par tout ça, pour tout le reste de leur vie. Ils sont arrivés devant un avion plein de passagers, plein de gens qui cherchaient à sortir et ils en avaient pu. les aider, ils auraient pu en une minute casser une porte, ils auraient pu les ventrer avec leur camion, ils auraient pu y attacher un filet en acier et l'arracher, ils auraient pu en quelques instants le faire. Ils ne l'ont pas fait. Ils ne l'ont pas fait pendant 25 minutes parce qu'ils ont supposé qu'il n'y avait personne à l'intérêt. Voilà mes amis, merci d'avoir écouté cette vidéo. Et puis, juste par rapport à ce T-shirt, bon, je vous le montre un petit peu à quoi il ressemble. Si vous avez regardé mes vidéos, vous savez que ce T-shirt peut sauver des vies. Bon, c'est un peu trop grand le motif et je vais le refaire en plus petit. Il n'est pas à vendre, il n'est pas à vendre tout simplement parce que l'imprimeur, si vous voyez le prix qu'il m'a facturé, je peux rajouter 10 euros et faire faire le même t-shirt par Christian Dior. Merci en tout cas d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici et puis voilà, faites pas de suppositions, pas du tout. Travaillons sur les faits, uniquement sur les faits.
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