
Marine Le Pen agreed to debate Macron, a mistake. Macron has institutional knowledge, practiced debating skills, and a poker player's demeanor. Le Pen struggles with technical subjects like the McKinsey affair and COVID response.
Bonjour mes amis, Marine Le Pen a décidé donc d'accepter de débattre avec Macron. Mais je peux vous dire tout de suite, c'est une mauvaise idée et elle va se casser la gueule. Je vais vous dire pourquoi. Tout d'abord, quel que soit le débatteur qui va face à Macron aujourd'hui, mettons par exemple Zemmour qui, si on prend tous les candidats qui sont alignés pour la présidentielle, c'est un débatteur né, c'est le débatteur, on va dire, le plus fort. même quelqu'un comme lui, se serait cassé la gueule face à Macron. Pourquoi ? On ne peut pas débattre aujourd'hui avec Macron. Première raison, c'est quelqu'un qui a passé 5 ans dans les rouages de la présidence. Il a accès à des dossiers, il a accès à des secrets défense, il a accès à tous les éléments qui constituent des décisions qui ont eu lieu, Je veux dire, comment tu vas débattre avec quelqu'un pareil ? C'est quelqu'un qui connaît, quand il arrive dans le studio, face à qui que ce soit, il connaît mille fois plus d'éléments que la personne qui vient débattre avec lui. Donc il peut, sans nécessairement dévoiler des secrets d'État, il peut, en utilisant ne sera-ce que le 0,5% des éléments que lui connaît, mais que le gars en face ne connaît pas, il peut tout à fait mettre la personne dans la situation de chaos technique. Ça, c'est un premier point. Deuxième point, Macron, si on regarde son débat en 2017, c'est quelqu'un qui a une attitude de joueur de poker. Il sait être désarmant, il sait mentir en regardant les gens droit dans les yeux avec un aplomb, une effronterie sans limite. Il a même travaillé son langage corporel qui ne laisse rien transparaître. Il est relaxé, calme et il peut balancer une énormité. Il joue à une technique très connue dans l'art de la désinformation qui est de balancer un mensonge en première page et un démenti en page 28. C'est-à-dire que ce jour-là, il y a des millions de Français qui regardent. Donc, il peut tout à fait balancer quelque chose de pas complètement vrai ou de directement mensonger ou prise hors son contexte. Il peut balancer cela. marque un point par rapport à son adversaire qui ne pourra pas se lever, aller courir en dehors des studios, faire les vérifications qui s'imposent et revenir. Il ne pourra rien faire. L'interlocuteur sera obligé d'accepter la chose telle qu'elle est. s'il s'avère quelques heures plus tard ou quelques jours plus tard que finalement Macron a menti, bon c'est pas grave, ça sera débunké, on twittera cela, ça sera partagé avec 3000 personnes, mais ça n'atteindra pas les millions de personnes qui ont vu le mensonge en live, donc ça c'est quand même un grand problème. Autre chose, Marine Le Pen, et c'est un constat, c'est pas nécessairement une critique, c'est un constat, ce n'est pas une bonne débatteuse, ce n'est pas une débatteuse née, Et si je calibre un peu mon jugement sur la performance qu'on a vue d'elle en 2017 et même par la suite, On constate que c'est une personne qui tente de déstabiliser l'adversaire en surfant sur des scandales extrêmement bien connus. Mais malheureusement, elle ne maîtrise que la partie émergée, la partie caricaturale qui circule dans les médias sociaux. Mais une fois qu'elle fait face à un discours pondéré, à une réalité peut-être un peu plus pas complètement noire, pas complètement blanche, elle peut se retrouver déstabilisée. Exemple. Si elle parle de l'affaire McKinsey, et je pense qu'elle a la tentation d'en parler, c'est clair, et je suis sûr qu'elle y succombera, parce que c'est quand même un éléphant dans le couloir, c'est quelque chose qu'elle ne pourra pas s'empêcher de mentionner. Le problème, c'est que si elle parle de cette affaire, c'est Macron qui sera président à l'issue du deuxième tour. Ça, c'est clair, parce qu'elle va se casser la gueule. Pourquoi ? Parce que lui, il a des arguments complètement désarmants. Oui, la République française et pas seulement la République française, prenez le Royaume-Uni, d'autres pays dans le monde. font appel à des cabinets de conseil et dépensent beaucoup d'argent dans des cabinets de conseil pour acheter l'expertise, surtout en situation d'urgence, quand il y a besoin d'experts, quand il y a besoin d'une expertise rapide et immédiate, et qu'on ne l'a pas en local, parce que ça prendrait trop de temps ou parce qu'on a besoin d'un avis extérieur, un rouage classique habituel, on peut tout à fait recourir à une aide extérieure. Il peut même, comme il l'avait fait la dernière fois, la prendre un peu de haut et lui dire vous ne savez pas comment se gère un pays, vous n'avez aucune expérience de la présidence, vous n'avez aucune expérience de pouvoir, mis à part le pouvoir dans votre parti. Mais quand on est à ce niveau-là, on a effectivement accès à énormément d'experts et c'est une tradition en France et chez tous nos partenaires. Vous pouvez regarder aussi lors du quinquennat de François Hollande, de Sarkozy, il y a eu à de nombreuses reprises, je peux même donner des chiffres, il y a eu accès à des cabinets, McKinsey ou d'autres. Le problème, c'est que voilà, Il n'aura pas tort, même s'il y a un problème aujourd'hui, puisqu'on confie à ces organismes des décisions qui sont très importantes, qui sont liées à la souveraineté. Quelque part, on a un problème de recel de souveraineté, où la souveraineté est quand même donnée à des entreprises privées américaines. Mais il peut tout à fait dire que non, c'est pas McKinsey qui dirige la France, c'est moi qui dirige la France. Il y a des institutions démocratiques et McKinsey, on leur achète un avis, on leur achète une expertise, mais on n'applique pas nécessairement leurs avis. On tient compte de leurs avis, mais leurs avis font partie, c'est un élément parmi tant d'autres dans la prise de décision. Il peut même dire, je peux vous montrer des rapports de McKinsey, je peux vous montrer des conclusions. Et on a fait exactement l'inverse sur le terrain parce que nous avons pondéré d'autres éléments que nous avions à notre disposition. Marine Le Pen peut aussi balancer le double scandale de McKinsey en disant qu'ils ne payent pas d'impôts. Ils ne payent pas leurs impôts, ils ne sont pas à jour, ils ont évité leur imposition en France. C'est un scandale, effectivement. C'est un scandale qui est bien tourné dans les médias sociaux. On a bien fait mousser avec ça à nos autres. J'ai même fait partie de ceux qui ont tweeté ce genre de choses. Mais effectivement, quand tu arrives face dans un débat présidentiel, ce genre d'argument ne va pas aller très loin parce que tout simplement, elle va se faire expliquer que lorsque, par exemple, le laitier de l'Élysée ou lorsque le boulanger qui est en contrat avec l'Élysée qui ramène le pain à la viennoiserie le matin, eh bien, si ce professionnel-là a un redressement fiscal et on découvre qu'il n'était peut-être pas à jour avec ses obligations de déclaration ou avec sa TVA ou que sa comptabilité n'était pas tout à fait aux normes ou n'était pas tout à fait conforme, ce n'est pas quelque chose qui relève des présidents de la République. Le président de la République n'a pas à vérifier ou à contrôler toutes les fiscalités, les tenants, les aboutissants, les comptabilités des innombrables professionnels, qu'ils soient individuels ou institutionnels ou entreprises, qui gravitent autour de l'Élysée. Simple, n'est-ce pas ? Vous voyez, c'est son style. C'est comme ça qu'il fait toujours le dorant. Il balance, il normalise ce qu'il a fait. Il le met toujours dans un contexte. Il rajoute des informations de son creux. Et à partir de ce moment-là, quelque chose qui était à Charles va glisser, revenir un petit peu vers le centre. Et puis après, bon, ça fait... Il n'y a pas d'impact. Il n'y a pas d'impact sur lui. Pareil sur le Covid. Marine Le Pen probablement, qui elle au départ était extrêmement covidiste, mais elle en est revenue. si elle attaque sur cette thématique, elle n'ira pas très loin non plus. Je peux comprendre, ça fait partie quand même des éléments énormes, des éléphants, on va dire, du quinquennat Macron, mais ce n'est pas quelque chose qu'elle pourra emporter extrêmement loin. Il va tout simplement lui rappeler, avec sa condescendance habituelle, il va lui rappeler que ce n'est pas une affaire française, que ce n'est pas une affaire liée à la présidence française, mais c'est une histoire mondiale, Si elle a regardé la télé, elle va voir que ce n'était pas seulement en France, c'était partout dans le monde. Et que la réponse française, si on compare au Canada, si on compare à la Nouvelle-Zélande, on compare à l'Australie, juste pour parler de démocratie occidentale, pour ne pas comparer à la Chine, la réponse française n'était pas nécessairement la plus restrictive, quelque part. Il va même lui dire que voilà, qu'on a pris la mesure des choses, on a cherché à avoir une réponse équilibrée, balancée, que nous avons adaptée selon les informations scientifiques qui nous parvenaient des médecins et des professionnels du terrain, qui remontaient du terrain, et on a voulu protéger nos concitoyens. Voilà qu'il y a d'autres pays où il y a eu peut-être des éléments excessifs, si on compare à la France, mais qu'à la France, c'était quelque chose d'équilibré et fait en harmonie avec d'autres partenaires européens, comme par exemple le passeport sanitaire ou vaccinal, etc., qui, à la base, est un passeport européen. Ce n'est pas un passeport inventé par Macron. À la base, c'est une réponse européenne et concertée avec d'autres pays. Vous voyez, le problème de Macron, c'est que c'est quelqu'un qui a été entraîné à répandre du tac au tac à toutes les attaques. Il est capable de faire les pires saloperies du monde. Mais en même temps, il peut regarder droit dans les yeux et puis se dire ce que j'ai fait est normal et si je le remets dans le contexte, c'est tout à fait OK. C'est comme lorsque le prédicateur évangéliste, comment il s'appelait, James Weggart aux Etats-Unis, il avait un empire d'évangélisation, des hélicos, des avions privés, des chaînes de télévision et tout, un peu comme souvent les évangélistes sont aux Etats-Unis. Et un jour, il a été gaulé dans une histoire où il avait couché avec une prostituée, je crois. Et en fait, il avait commis un péché absolument abominable que lui-même dénonçait tout le temps à la télévision. Il y avait, je crois, son bras droit qui était venu à la télé pour essayer de le défendre. Et il avait fait une sortie qui était restée assez célèbre. Il a dit oui, mais... Voilà, c'est une... Oui, il a commis le péché, mais c'était avec une femme. Déjà, c'est pas mal, que ce soit avec une femme, par les temps qui courent, on aurait pu trouver autre chose. Elle était adulte, ce qui est déjà extraordinaire aux États-Unis. Elle était consentante. Et en plus, elle était chrétienne, voilà. La chair est faible, il dénonce lui-même tout un nombre de travers, un certain nombre de péchés, et il en connaît. Elle prie pour... Vous comprenez ? Vous voyez ce que je veux dire ? C'est ça l'idée. C'est toujours dans le calme, dans la sérénité. Défendre l'indéfendable en le comparant à des situations qui s'empirent. En France, notre réaction n'a pas été la même que par exemple l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, où on peut peut-être le reprocher un certain excès. Quoique de notre position, on n'est pas à leur place. une population avec un profil de risque différent, ils ont dû s'adapter. C'est aussi des réponses qui tiennent compte aussi d'un contexte culturel. Vous voyez ce que je veux dire ? Et puis banaliser. Oui, c'est quelque chose aujourd'hui de très commun. les différents États doivent utiliser des consultants externes. Nos partenaires britanniques le font, les Allemands le font également, vous voyez ? Banalisé, ça a été fait sous Hollande, ça a été fait sous... donc je ne suis pas l'inventeur de ça, ce n'est pas moi qui ai commencé à faire ça. Le péché de la fornication, ce n'est pas moi qui l'ai inventé, n'est-ce pas ? Et puis aussi, minimiser, c'est important, minimiser. Toujours, oui, c'est vrai, effectivement, mais... Ce n'est pas McKinsey qui gère la France, il nous apporte une expertise sur des points précis que nous comparons aussi avec une expertise interne, que nous comparons avec des éléments venant de nos fonctionnaires, venant de notre enseignement, venant de notre expérience. Et après, ces éléments sont utilisés pour construire un consensus qui tient compte d'énormément de sources d'informations. Mais ce serait injuste de dire, ce serait faux de dire que c'est McKinsey qui a la présidence de la France, qui gère la France, tout simplement parce qu'il apporte un avis. On regarde à l'Élysée, on regarde les news, on a plusieurs canaux de news qui sont ouverts tout le temps. Ce n'est pas une raison pour dire que nous informant exclusivement sur ces chaînes de télévision, ou que ce qui se passe sur ces chaînes de télévision guide nos décisions au jour le jour. Ça fait partie d'éléments d'appréciation parmi tant d'autres, parmi des milliers d'autres, qui font toute la complexité de gérer un état moderne aujourd'hui. Vous voyez le truc ? C'est ça. C'est que dans sa position, vous voyez, dans sa position, il est très facile de lui balancer n'importe quoi et il pourra y répondre calmement et avec aplomb et en donnant une réponse qui va satisfaire une bonne partie de l'auditoire. Vous voyez ? C'est ça. Je pense, moi, personnellement, qu'aller converser avec lui ou aller débattre avec lui est une erreur. Tout le monde sait qui est Macron aujourd'hui. Tout le monde, à moins que les gens vivaient sous une pierre, tout le monde sait qui est Marine Le Pen. Et donc partir vers ce débat-là ne va rien apporter. Il y avait une solution honorable qui aurait consisté à dire, oui, il n'a pas voulu qu'en descendre à débattre avec nous avant le premier tour. On n'a pas de raison d'aller le voir aujourd'hui, par exemple. C'est juste un des exemples. même si c'est complètement de mauvaise foi, c'est la politique, mais elle a préféré y aller. J'espère qu'elle n'ira pas avec des papiers, qu'elle n'ira pas avec des dossiers, parce qu'en termes de dossiers, elle, c'est du pipi de chat. Elle a des dossiers construits sur des Ouidirs et sur Google et Twitter, alors que le mec, Il a des dossiers qui sont construits sur les secrets défense et sur ces interactions avec des gens et des institutions au sommet de l'État pendant cinq ans. Je veux dire, tu ne peux pas battre ça. Il n'y a pas moyen. Donc, je ne sais pas. Je ne sais pas, mais je trouve que c'est une mauvaise idée. Merci mes amis, en tout cas. Merci d'avoir suivi jusque là. Et puis, je reviendrai une autre fois.
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