
A defense of comedian Dieudonné's right to perform in Algeria, criticizing French calls to ban him as colonialist moralizing. The speaker argues Algeria has been independent since 1962 and should set its own rules, contrasting France's multicultural constraints with Algeria's communal norms.
Questions this video answers
Dieudonné
1962
Bonjour tout le monde. Il y a un certain nombre de personnes qui m'écrivent pour me demander ce que je pense du projet de Dieudonné d'aller faire un spectacle en Algérie. Alors avant de vous parler de cela, j'aimerais quand même réagir à un autre point sur ce thème-là. C'est qu'il semblerait qu'une certaine gauche française voudrait interdire le spectacle de Dieudonné en Algérie. Alors bon, je sais que la gauche est extrêmement colonialiste, et puis nous, nous sommes en Afrique, on nous considère comme une race sous-humaine et autres, je sais cela, d'accord, c'est pas un problème, je respecte votre liberté d'opinion, mais il faut savoir que nous sommes extrêmement sensibles, que ce soit le pouvoir algérien ou l'homme de la rue en Algérie, nous sommes extrêmement sensibles aux questions de souveraineté, aux questions de frontières. Contrairement, on va dire, à la gauche qui rêve que d'une seule chose, qui rêve que de dissoudre son pays, sa nation, ses frontières, tout ça. Nous, nous sommes exactement le contraire. Donc on ne peut pas être des amis, on ne peut pas s'entendre. On peut même se clasher très facilement. Il faut savoir que l'Algérie n'est plus française depuis 1962. Donc si vous avez envie d'appliquer vos lois, vous avez envie d'appliquer vos arrêtés et autres, je vous invite à aller les appliquer dans un certain nombre de cités chez vous où vos lois ne s'appliquent plus. Je pourrais aussi, si on commence à parler sur ce thème là, je pourrais aussi vous dire, tant qu'à balkaniser votre pays, allez-y jusqu'au bout. Pourquoi, par exemple, vous ne donnez pas leur indépendance à un certain nombre de villes françaises ? Parce que c'est des villes qui sont peuplées majoritairement de gens qui n'ont pas envie d'avoir vos institutions, ils jettent même des pierres sur vos pompiers, qui n'ont pas envie de suivre vos lois qui ne se sentent pas, qui ne partagent pas vos valeurs. Et je me demande aujourd'hui pourquoi vous voulez absolument les garder par la force au sein de votre République alors qu'ils sont en train de vous rejeter et ils le manifestent de manière assez violente parfois. D'accord ? Donc je peux aussi vous tenir le discours des pays non-alignés et vous parler de Vous parlez d'autodétermination des peuples, le droit à l'autodétermination des peuples, et vous dire, laissez-les voter, voir s'ils ont envie de rester en France. D'accord ? Donc absolument, pour être des amis, parce que vous savez, les humoristes, ça va, ça vient, les problèmes d'humoristes et tout ça, c'est... bon, voilà, il y a des hauts débats par rapport à ça. Par contre, évitez, parce qu'on sait que vous êtes complètement dans l'hystérie, vous, Dieu donné, il y a des gens qui ont appelé à sa mort, bon, je sais que c'est un humoriste, il a peut-être dit 2-3 trucs pas sympas, peut-être, ok, mais je ne vois pas... Je ne vois pas de justification à cette hystérie. Ça signifie qu'aujourd'hui, on se demande s'il ne faudrait pas utiliser la bombe atomique contre Dieudonné. Il faut juste savoir où il est et lui balancer une bombe atomique. Donc il faut savoir raison garder dans ces choses-là. Or, il y a plein de pays comme la Suisse, l'Angleterre, les États-Unis, l'Ingérie, où ce gars peut se produire, ça ne veut pas dire que les autorités ou les gens en général sont pour ou contre lui, ou d'accord ou pas d'accord. Mais après tout, c'est un humoriste. Bon, s'il est un peu saucisson à l'ail et puis il dit des choses qui ne plaisent pas et tout, bon, c'est un humoriste. Après tout, voilà quoi. Si ça ne te plaît pas, ne regarde pas. Et puis, ferme ta gueule et écrase. C'est tout ce que j'ai envie de dire. Donc, le truc en France, c'est que la première fois que j'ai entendu cette histoire, je me suis dit bon, les Français vont nous envoyer encore un cadeau empoisonné, ils vont envoyer leur débat chez nous. Mais après tout, en réfléchissant, je me dis que ce n'est pas quelqu'un qui remplit le stade de France ou qui remplirait le stade de France, par exemple. Donc l'Algérie est un grand pays, on ne va pas se sentir menacé, on ne va pas se sentir déstabilisé par un spectacle de Dieu donné, quand même. S'il a envie de se représenter, de faire une représentation en Algérie, qu'il le fasse. Voilà ce que je voulais vous dire. Mais un truc, c'est qu'il ne faut pas penser, parce que les Français, vous savez, cette gauche extrêmement moralisatrice et moralisante, pense qu'elle a une autorité morale au-delà des frontières françaises. Alors je vais vous dire qu'au-delà des frontières françaises, vous ne valez rien. Déjà à l'intérieur des frontières françaises, vous ne valez rien. Alors à l'extérieur, je peux vous dire, vu de dehors, pour moi, La France, le régime français, c'est un régime qui soutient ouvertement le terrorisme international. Ce qui fait que, franchement, en termes d'autorité morale, c'est pas parce que vous avez interdit un type... A la rigueur, je vais vous dire un truc, si vous avez interdit un type, moi j'ai presque tendance à penser que c'est un type bien. parce que ça aurait été un salopard comme vous, d'accord, ça aurait été une espèce de sale race comme vous êtes, je suis sûr que vous l'auriez trouvé sympathique. D'accord ? Juste pour vous dire. Alors c'est vrai que ça m'a extrêmement fâché de voir que cette gauche française replonge dans ses réflexes colonialistes et pense une demi-seconde qu'elle peut venir nous donner la leçon. D'accord ? C'est... Maintenant, Pour revenir encore à ce débat au sujet de Dieudonné, je ne comprends pas non plus. Vous savez, nous Algériens, on dit de notre côté, notre perspective vue d'Algérie, c'est oui, Dieudonné fait des blagues sur les juifs. Et puis, en France, bon, il n'aime pas ça. Et tout ça, c'est bizarre. Pourquoi il n'aime pas ça? On est un petit peu. Comment je veux dire? On est un petit peu inconsistants sur ça, parce que d'un côté, on ne comprenne pas qu'on veuille lui interdire de faire des blagues sur les juifs, alors que dans notre pays, si tu fais des blagues sur le prophète ou si tu fais des blagues sur le président, ça peut se passer très mal et très vite. C'est vrai que chez nous, on n'est pas un navre de liberté d'expression. Par contre, La différence entre vous, c'est que nous, on n'est pas un pays basé sur des communautés. Je vous explique. Je vais rassembler mes idées, je vous explique. C'est que chez nous, il y a une seule communauté. Donc une communauté peut se reconnaître dans un certain nombre de valeurs et elle peut même aller jusqu'à considérer ses valeurs sacrées. Et à ce moment-là, ses valeurs, on va dire, deviennent exclues de toute forme d'humour ou autre. Maintenant, le problème, c'est quand vous constituez une société balkanique, un peu comme la France, constituée d'énormément de communautés différentes, chaque communauté peut avoir un certain nombre de limites qui ne sont pas accessibles à l'humour. Alors, si nous devrions respecter chacune, à ce moment-là, on ne rit plus, on devient un petit peu comme Hollande, on devient un peu moche et coincé. C'est ça le problème qu'il y a chez vous. Parce que si vous faites une blague sur les juifs, les juifs peuvent dire, oui, ils nous détestent, c'est de l'antisémitisme, etc. Vous faites une autre sur les Noirs, vous vous faites attaquer par les Noirs, vous faites une blague sur les musulmans, vous vous faites attaquer par les musulmans, et ainsi de suite. Donc il n'y a plus moyen, en fait, de retrouver la paix dans une société multiculturelle. C'est à moins de se taire et fermer sa gueule. Donc ça, c'est encore autre chose. Vous savez, je vais vous dire un truc. Je sais qu'il y a énormément de juifs qui me regardent, donc peut-être que certains pourraient m'écrire par commentaire ou par message privé, et me dire, c'est quoi là ? C'est quoi ce truc que vous avez à lui donner ? Je vais vous le dire un petit peu en toute franchise. Lorsqu'en 1967, il y avait eu une guerre entre plusieurs pays arabes et Israël, ils sont tombés sur Israël, je crois, à 3 contre 1, et c'était la guerre des 6 jours. D'ailleurs, elle porte bien le nom de la guerre des 6 jours, c'est qu'en 6 jours, Israël a donné un raclé à ses pays arabes. Je pense qu'en termes de mort, ils étaient à 15 contre 1, ça signifie 15 fois plus de morts chez les Arabes que chez les Israéliens. Quelques années plus tard, en 1973, la guerre du Yom Kippour encore rebelote. Là, je crois qu'il tient trois semaines et puis il n'y a plus une armée arabe qui est debout. Quand je regarde aujourd'hui chez le peuple juif, je veux dire, on n'est pas en quarantaine non plus. Je n'ai pas l'impression que ce peuple doit se sentir menacé par les blagues d'un humoriste, même si c'est humoriste. Vous agissez comme si vous étiez pratiquement menacé d'extinction par les blagues d'un humoriste. Ok, même s'il ne vous aime pas, admettons, admettons, je ne sais même pas s'il est antisémite ou pas, je n'ai pas envie de dire des choses que je ne connais pas, mais admettons même, allons jusqu'au bout, admettons même qu'il soit antisémite et qu'il dise des blagues sur vous. En quoi ça vous dérange ? Je veux dire, par tête de pipe, si je prends les juifs aujourd'hui, par tête de pipe, vous avez plus de... Proportionnellement parlant, vous avez plus de prix Nobel que toutes les autres nations réunies. Je veux dire, en 67, en 73, j'étais même pas né, vous étiez capable de... A vous seul, vous étiez capable de mettre à genoux plusieurs pays arabes en 6 jours. Depuis vous, vous n'avez fait que vous développer, nous on a fait que développer des moustachus, des porteurs de valise et des corrompus. Je veux dire, si on refaisait la guerre aujourd'hui, on tiendrait huit heures. D'accord ? Ça, c'est la vérité. Donc, pourquoi vous sentir comme ça menacé ? Et en plus, je vais vous dire un truc, je vais vous dire encore un autre truc. Quand on est dans une communauté, que ce soit dans un bureau, dans un club de tennis ou autre, on a tendance à faire des blagues les uns sur les autres, des blagues un petit peu potache, des fois il y a toujours quelqu'un qui a l'humour un peu lourd et tout ça. Par contre, ces blagues, ces provocations et tout, sont Sente une manière de vivre ensemble, sente une manière d'être intégré. Imaginez, vous êtes dans un bureau, et puis on fait des blagues à tout le monde, on rigole avec tout le monde, et vous, on ne vous touche pas. Vous, quand vous pensez, personne ne vous parle. Vous penseriez que vous étiez intégrés ? Vous penseriez être intégrés dans cette communauté-là si on ne vous touche plus avec ces choses-là ? Moi, si je suis dans un environnement pareil, je ne sentirais pas que les gens me détestent s'ils m'incluent dans leur rigolade. Surtout que Dieu donné, ils rigolaient tout le monde. Vous avez vu son sketch sur l'Asiatique, dont le fils a été tué dans un bus, il a été tué par qui ? Il a été tué par un musulman, il lui a coupé la tête. Il a fait un sketch dessus, c'est pas drôle du tout, mais ça fait rire quand même, et on rigole, parce que c'est les porcs qui font ça, c'est les porcs pourris, que voulez-vous que je vous dise ? Mais de là à vous sentir carrément... Voir en lui un autre Hitler comme certains, je veux dire, il faut savoir raison garder. Oh les gars, c'est quoi ça ? Ça fait un peu... Enfin, voilà, c'était juste une vidéo sur ce point-là. Et puis... Ouais, puis c'est de rire un peu. Personne ne va en mourir. Allez, bye.
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