Erreur CRITIQUE : Ne défendez pas l’entreprise contre elle-même !

A French-language YouTube monologue in which the speaker recounts their past tendency to violate company rules to save clients and deals, describes concrete bureaucracy-related obstacles (time-zone delays, required authorizations), and shares an anecdote where supplying parts from the wrong stock led to a client complaint recorded on corporate email. The speaker warns that such rule-bending rarely yields career credit and can expose you to blame or job loss, and ultimately advises listeners to stop rescuing the company by transgressing its rules. The video closes with a brief plug for the speaker’s book (available on Amazon).
Mes amis, bien le bonsoir. Merci d'être ici. On est là entre nous. J'aimerais vous donner un conseil par rapport à certains messages que j'ai reçus. Vous savez, des fois, je réponds à un message spécifique et des fois, je réponds à certaines interrogations qui sont venues dans plusieurs messages. Je vous raconte quelque chose. Quand j'étais dans le monde de l'entreprise, J'avais une caractéristique. Je ne vais pas vous encourager à être comme ça. Au contraire, même le but de la vidéo, c'est vous décourager d'être comme j'étais. Ça veut dire. J'étais très efficace, je faisais du bon travail, mais j'avais un défaut. Le défaut que j'avais, c'est que le règlement de l'entreprise ne m'empêchait pas de dormir. Si vous voyez ce que je veux dire, ça veut dire que moi, je privilégiais l'efficacité à tout prix. Si je vois qu'un client, par exemple, je suis sûr qu'on va le perdre. Il a de gros soucis, on va le perdre et on va perdre des millions. Ce n'est pas moi qui vais perdre des millions. Les millions n'allaient pas rentrer dans ma poche. Mais l'entreprise va perdre un client. Il va aller chez la concurrence. La situation est délicate et il y a des blocages en interne. Il y a des blocages, il y a des bureaucraties, un décideur qui se trouve dans une autre zone. de temps, tu peux avoir le décideur à Singapour, tu peux avoir le décideur en Californie, et ben voilà, c'est le matin, mais là-bas, c'est la nuit. Ou bien on te dit, il n'est pas là, il rentre dans une semaine, ou on te dit, non, mais tu sais, il faut remplir tel papier, attendre, obtenir telle autorisation. Tu sais, les entreprises d'aujourd'hui, c'est ça, c'est de la démocratie à tous les niveaux. Alors moi, je vais te dire, et je le faisais de manière consciente, ce n'était pas si il y a une situation comme ça, où Je m'asseyais sur le règlement. Je faisais des violations. énorme, énorme, énorme. Je n'avais pas de limite. Bien sûr, j'ai toujours été éthique. Je n'ai jamais, je n'ai jamais fait des choses non éthiques. Je n'ai jamais transgressé la loi parce que je n'ai pas envie de finir chez la police ou faire débarquer la police ou le fisc ou autre dans la compagnie. Ça, on est d'accord. Par contre, quand je voyais que c'était des absurdités bureaucratiques de la compagnie qui était en train de nous faire perdre de l'argent, Je peux te dire, j'y allais au missile. J'avais pas de... C'était sans pitié, direct. Je sauvais des clients. Maintenant, attention. C'est quelque chose de très, très, très dangereux. Pourquoi ? Parce que tout peut se passer. Ça signifie que quand tu quittes, quand tu quittes les clous, quand tu quittes les rails, tu engages ta gueule, tu engages ta responsabilité personnelle dans tout ce qui peut se passer. Imagine, tu sauves un deal, tu sauves un client, tu sauves une situation. C'est bien, c'est bien, c'est excellent. Parfait. On va t'applaudir. Génial. Peut-être qu'on ira regarder. Généralement, on ne regarde pas. Un train qui arrive à l'heure n'est pas une news. En général, personne ne va voir ce que tu as fait. Personne ne va voir à quel point la situation était dangereuse et ce que tu as pris comme risque, ce que tu as pris comme initiative pour sauver la situation. Donc, en termes de point de carrière, tu n'en reçois zéro. Tu ne reçois rien du tout. Parce que quand la compagnie perd un grand client, mettons qu'ils avaient BMP Paribas comme client ou ils avaient le groupe Volkswagen comme client, ils le perdent. Là, c'est la méga news. Même jusqu'au PDG, il apprend. Par contre, si le gros Volkswagen était sur le point d'être perdu et toi tu l'as sauvé en tordant le coup au règlement, est-ce qu'ils vont le savoir ? Non, personne ne le sait. Il n'y a que toi dans ton forat intérieur, tu sais que tu l'as fait. Il n'y a que toi. Mais donc, tu gagnes quoi ? En termes de points de carrière, tu ne gagnes rien du tout. Tu ne pourras même pas aller avait crié sur les toits que tu l'as fait parce que généralement tu le fais. Et aujourd'hui, de plus en plus, on est obligé de travailler comme ça. On va défendre la compagnie contre elle-même. Ça signifie qu'on est obligé de transgresser les règles de la compagnie pour sauver la compagnie. Et je peux te dire un truc. Il y a beaucoup de compagnies là dehors. Si les employés travaillaient absolument avec le code qui est écrit par la compagnie, Je veux dire, vaut mieux fermer demain, vaut mieux aller à Nanterre, vaut mieux aller au tribunal de commerce et déposer le bilan. On serait en cessation de paiement dans trois mois. Donc beaucoup d'employés prennent sur eux. Sauf que c'est dangereux parce que tu peux rien gagner. Il n'y a rien à gagner là-dessus. Et tu peux perdre si ça se passe mal. Parce que des fois, voilà, tu as tordu le coup au règlement, tu as fait des choses, tout ça. La situation a capoté quand même. C'est pas ta faute, c'est pas ta faute, mais t'as tenté. Voilà, c'était bien tenté, c'est bien joué, mais... C'était un coup d'épée dans l'eau. Ça n'a pas marché. Ça a planté quand même. Là, ça va se voir. Là, ça va remonter au directeur général, au PDG, qu'on a perdu le groupe, par exemple, le groupe Volkswagen ou le groupe Peugeot PSA, où on a perdu Bank of America, où on a perdu, je ne sais pas quoi, le NHS britannique, où on a perdu la Sécurité sociale italienne, où on a perdu la Société de Navigation Corse, où on a perdu machin. On fait quoi, là ? Là, on va regarder dans le détail, on va regarder à la loupe. Qu'est-ce qu'on va voir ? On va voir que le chaînon le plus proximal, c'est toi. On va voir le gars qui a tenté de faire quelque chose, mais qui n'est pas réglementaire. Et tu sais, dans ces situations là, quand le PDG appelle en disant j'ai vu qu'on a perdu le groupe Volkswagen, il veut quoi ? Il veut des têtes. Et les gens veulent trouver un responsable, veulent trouver un coupable, veulent trouver celui qui s'en foute. S'il est vraiment responsable ou pas, c'est pas ça la question. La question, ils veulent dévier la responsabilité de leur propre personne. Donc, ils veulent trouver un coupable idéal. Et imagine le coupable idéal, c'est souvent celui qui a transgressé. Il n'est pas couvert, lui. Il n'est pas couvert. Il a transgressé le règlement. C'est lui qui a fait ça. On peut très facilement t'accuser toi et tu vas te retrouver en ligne de mire. Je te donne aussi une. Celle ci est plus celle ci. Je dirais pas plus subtil, ça peut arriver. Ça m'est arrivé une fois. Une fois, j'ai fait un truc que je n'aurais pas dû faire. J'ai envoyé des pièces à un client. Je les ai pris d'un stock qui était réservé à d'autres clients. On avait plusieurs stocks de pièces, si tu veux. Et puis, on n'avait pas le droit de faire circuler les pièces entre les stocks. C'était un truc administratif, machin. On pouvait, on pouvait, c'est pas qu'on pouvait pas du tout, du tout, mais il fallait obtenir des autorisations et remplir de la paperasse et attendre 3, 4 jours et tout ça. Ça valait pas la peine. J'avais un client. Qui était en situation très délicate. Il y avait un système critique en panne et ce que j'ai fait, j'ai pris sur moi de faire l'abruti parce que je me suis dit bon, je lui fournis des pièces de ce stock, qui va voir et puis de toute façon, quand il y aura dans ce stock là, je vais les transvaser et puis je vais budouiller le numéro de série dans le système et ni vu ni connu. Je ne suis pas en train de voler des pièces pour les ramener à la maison, les revendre sur Ebay, je suis juste en train de dédier les clients de la compagnie. Mais la bureaucratie envahissante faisait que. Je dis au client bon, voilà, je vais vous donner une pièce. Je ne devrais pas. Je dis ça comme ça. Je ne devrais pas. Ce n'est pas une pièce qui vient du bon stock. Voilà, je suis désolé, mais on le garde entre nous. Tout ça, je le mets dans la confidence. J'avais, je devais le mettre en confidence qu'il y avait des détails techniques qui faisaient que je devais. OK, super. Il est très content. Julien envoie la pièce. Il la reçoit. Il installe cette pièce. Durant l'installation, ils ont fait une erreur. Et il y a autre chose qui a déconné. Je te parle de systèmes très complexes, vraiment des usines à gaz. Tu touches un truc, tu fais planter un autre. C'est ce qui est arrivé. Ça peut arriver à tout le monde. Il m'écrit quoi ? Il m'écrit un email en me disant. Oui, écoute, lui, il avait l'air bête. Pourquoi il avait l'air bête ? Il avait l'air bête devant sa propre hiérarchie. Parce que, imagine, il a un système à genoux. Moi, je l'aide comme je peux, je lui fournis la pièce. Au moment où je lui fournis. Il déconne, il casse un truc et tout ça sur sur autre chose. Et le système est encore à genoux. Mais là, pour une autre raison, et cette fois ci, c'est de sa faute. Et là, il m'écrit un email. En disant un truc du genre. Ouais, tu sais, question responsabilité. Tu sais que c'est pas vraiment, c'est pas vraiment carré ce que tu as fait comme ça dans l'e-mail. Ce n'est pas carré ce que tu as fait. C'est que ces e-mails sont écrits sur mon outlook, c'est écrit. Ces e-mails sont conservés pour la loi machin machin sont conservés pendant cinq ans. Il m'envoie dans mon e-mail de travail, pas personnellement, mais le dit pas perso. Elle m'appelle pas pour me dire non. Il m'envoie sur mon e-mail professionnel, me disant Tu sais, voilà, le système est encore un autre problème. Tout ça, puis bon, ce que ce qui a été fait comme comme truc avec la pièce et tout, c'était pas carré. OK. Sur mon e-mail professionnel, catastrophe, si jamais un problème. et la compagnie va enquêter sur ce client ou autre, ils vont sortir tous les e-mails échangés. Et sur l'e-mail échangé, écrit noir sur blanc. C'était pas carré ce que tu as fait. Donc le gars, j'ai pris ça comme un casus belli. Le gars me menaçait, c'est-à-dire, c'est-à-dire maintenant, je peux te faire perdre ton travail. C'est-à-dire maintenant, voilà, maintenant, tu es là, tu es comme, tu es entre mes bras maintenant. Tu vois, tu as fait un truc pas correct avec ta compagnie, je le sais. Ce n'était pas carré ce que tu as fait et je l'écris maintenant sur ton e-mail de travail et ça sera enregistré dans ta compagnie et pendant cinq ans, ça sera dans les sauvegardes. Voilà, tu es dans mes bras là maintenant, dans ma main. OK, tu vas m'aider maintenant. OK, très attention. Très souvent, dans le monde de l'entreprise, là, je vous ai dit, méfiez-vous des fois des collègues, méfiez-vous du management, méfiez-vous des ressources humaines. Mais malheureusement, parfois, tu dois te méfier des clients aussi. Tu dois te méfier des partenaires, tu dois te méfier des autres entreprises avec lesquelles tu interagis. Parce que des fois, on comprend. Des fois, tu es quelqu'un qui est porté. Moi, je suis pas porté sur le règlement intérieur, je suis porté sur l'efficacité. Je veux être rapide, je veux que les choses avancent, je veux que les problèmes se règlent vite, vite, vite, vite. Des fois, tu te retrouves freiné par la bureaucratie. Tu te dis, je vais prendre des libertés. Et puis, les clients en fassent le sait. Si les choses tournent mal ou s'il n'est pas content ou si tu tombes sur un salopard, il est le premier à te plomber. Il est le premier à te flinguer. Il ne va pas te lâcher. Il va te rentrer dedans direct. Ce gars aurait pu me faire perdre mon travail. J'aurais pu me faire licencier pour ce qu'il a dit. Ça, c'est assez. je lui ai trouvé un technicien, je lui ai réglé son second problème, tout ça. Mais pour te dire, fais très, très, très attention. Quand tu es en train de sortir du règlement de la compagnie, tu peux morfler pour plein de raisons, y compris si le client en face n'est pas content. Maintenant, moi, pendant longtemps, j'étais dans la posture de celui qui viole le règlement pour sauver la compagnie. Je déconseille de faire ça. Si tu es du genre à faire ça, vraiment, je t'enjoins aujourd'hui de ne plus le faire. Aujourd'hui, si j'étais de retour dans une entreprise, ce qui ne va pas m'arriver, mais mettons que je suis de retour dans une entreprise, je t'assure, tu perds le groupe Volkswagen, tu perds le groupe Air France, tu perds le groupe Renault PSA, tu perds qui tu veux. j'amènerai le dossier jusqu'au précipice et je le verrai tomber au fond et ça me fera ni chaud, ni froid. Je respecte le règlement. Moi, ce que dit le règlement, j'ai suivi le règlement jusqu'à la lettre. Parce que si tu cherches à sauver l'entreprise contre elle-même, tu vas morfler, tu seras dans le siège du mort, tu seras dans le siège éjectable. Et s'il y a, si tu résous le problème, C'est pour eux. Tu as créé de la valeur pour l'actionnariat. Si tu ne résout pas le problème et les choses tournent mal, c'est toi qui vas chercher du travail. C'est toi qui va pointer au chômage. Faire très attention. Merci, mes amis, d'avoir écouté jusqu'ici. Je vous conseille mon livre toxique qu'on trouve sur sur Amazon en papier, en Kindle. Et puis, on se voit dans une autre vidéo à très bientôt.
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