Est-ce qu'il faut appliquer la Sharia à Tarik Ramadan ?

Vidéo monologue en français (YouTube) dans laquelle le narrateur commente l'acquittement de Tariq Ramadan par le tribunal de Genève, exprime son désaveu personnel envers Ramadan tout en défendant la décision judiciaire en l'absence de preuves matérielles, discute de la définition personnelle du viol et de la difficulté des affaires fondées sur la parole contre la parole, et évoque la question d'appliquer la charia versus les lois suisses.
Les amis, bien le bonjour ! Depuis que l'histoire Tariq Ramadan a commencé en 2017, chaque fois que je l'ai évoquée sur ce canal ou ailleurs, je vous disais une chose... Le dossier est vide. Il n'y a pas matière à condamner. Aujourd'hui, le tribunal de Genève a innocenté Tariq Ramadan. Il a été acquitté des charges. Et même, ils vont lui verser 150 000 francs suisses à titre de dédommagement, qui est quand même ridicule par rapport à ce qu'il a subi. Alors, je vais vous dire un truc. Juste avant de commencer, vous rentrez dans le vif de cette vidéo. Laissez-moi partager avec vous ma sensibilité sur ces choses-là. Très peu de gens le font, très peu de journalistes, très peu d'intervenants sur des affaires et d'autres partagent avec vous leur sensibilité. Numéro un, je n'aime pas Tariq Ramadan, je ne l'ai jamais aimé. Ça, c'est le premier point. Deuxièmement, quand il s'agit de violeurs, vous savez en Iran comment on les condamne ? Vous savez qu'en Iran, on peut même donner l'arme à la famille ou à la victime pour lui laisser le loisir d'exécuter la peine si tel est son désir. Vous savez quoi ? Je soutiens complètement cette façon d'affaire. Et si vous cherchez, au fond de moi, au microscope électronique, vous ne trouverez pas le moindre doute ou la moindre hésitation sur que ces gens ont mérité la peine ignoble qui est la leur. D'accord ? Donc vous avez face à vous un extrémiste quand il s'agit de ces choses-là. Maintenant, en retour de mon extrémisme ou en compensation de mon extrémisme, j'ai une définition assez précise ou assez pointue du viol. Pour moi, cette accusation infamante n'est pas là pour gérer les différents amoureux des uns et des autres, n'est pas là pour qu'à la fin d'une relation, que dix ans plus tard, le partenaire qui a gardé une amertume par rapport à certaines mésententes, certaines pratiques, certains malentendus, vienne étaler sa vie sexuelle devant les greffiers, devant les juges et les avocats, pour qu'ils regardent dedans et voient s'il n'y a pas matière à condamner son partenaire d'avant. D'accord ? D'ailleurs, je suis extrêmement... J'ai même une dent contre ceux qui font cela. Regardez, je vous parle le cœur ouvert, comme d'habitude. J'ai une dent contre ceux qui font cela. Vous savez pourquoi ? Parce qu'ils engorgent le tribunal avec des accusations fantaisistes. Des accusations des fois formulées juste pour régler des comptes avec une page qu'ils n'ont pas pu tourner. En fait, il se passe quoi par la suite ? Que fait la vraie victime ? Comment elle se sent la vraie victime ? La vraie victime n'ose pas s'approcher. Je vous dis un truc. Dans l'histoire du tribunal de Genève, Il ne s'agissait pas de juger Tariq Ramadan sur le fait que c'est un prédicateur musulman qui a tenu un double discours. Qui a dit que, voilà, la charia est une bonne chose, l'islam, les valeurs morales, tout ça. Et que par derrière, enfin, pardon pour son jeu de mots, il était en train de courir la gueuze. D'accord ? Ils ne l'ont pas jugé sur ça. Parce que ceci n'est pas condamnable. Si un mec sort avec une nana, si un mec sort avec une nana et que la nana est totalement d'accord d'être avec lui dans son lit, dans sa chambre et de faire des choses avec lui. Que par la suite, il la jette comme une merde. Par la suite, il se comporte comme un goujard avec elle. Est-ce que c'est moralement répréhensible? Oui, moralement, c'est répréhensible. Ce n'est pas bien. Est-ce que socialement, c'est acceptable? Non, ça se fait, mais on sait qu'il n'y a que des sales types qui font ça. Est-ce que ça tombe sous le coup de la loi? Non. Des fois, j'avais à éduquer des jeunes filles et il m'est arrivé des fois de dire quand une jeune fille me disait oui, je vais aller passer la nuit. J'ai un nouveau copain, je vais passer la nuit avec lui. Je lui dis tu veux passer la nuit chez lui? Je pense que tu vas aller loin, n'est ce pas? Tu sais ce que tu fais? Ah non, c'est juste pour passer la nuit comme ça avec lui. Alors moi, je disais non, non, non, si tu vas passer la nuit chez lui, Suis prête. Si tu n'es pas prête, vaut mieux rester chez toi. D'accord ? Je ne suis pas du tout en train de suggérer que si elle va passer la nuit chez lui, il a le droit de la violer. Je ne suis pas du tout en train de dire ça. Mais le problème, c'est que dans la balance des probabilités, si on laisse une situation, si on se met dans une situation pareille, par la suite, devant la justice, ça donne des acquittements. Parce que ça donne des situations où c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre. Alors si la victime, bien sûr, était sortie à 3 heures du matin, hurlée dans les couloirs de l'hôtel, à noter tout le monde, on appelait au client, au personnel, demandait qu'on ramène la police tout de suite, c'est enceinte. Alors effectivement, effectivement, oui, là, il y aurait eu des éléments, il y aurait eu des choses claires et tout. Mais dans la situation présente, on a une relation, parce que c'est des gens qui avaient quand même une romance. On a des gens qui, 15 ans plus tard, disent oui, tu sais quoi, il y a 15 ans, j'ai eu une relation avec quelqu'un et puis finalement, c'est un sale type. D'accord, c'est un sale type. Il ne faut pas compter sur la loi des hommes pour régler toutes les affaires qui sont commises par les sales types. C'est tout, ce n'est pas un viol. Si on sait qu'il y a eu du sadomasochisme et des choses comme ça. Si une femme monte dans la chambre d'un homme et qu'elle est d'accord pour coucher avec lui, elle est d'accord. Et que par la suite, après avoir couché avec elle, il a soumis à des violences ou à des actes dégradants ou autres, des humiliations. C'est mal. C'est mal. Ce n'est pas bien. C'est inconvenant. Mais ce n'est pas un viol. C'était violence, alors peut-être, oui, il aurait dû porter plainte pour des violences. Oui, il m'a battu, il m'a tabassé, il m'a esquinté, il m'a fait ceci, cela. Oui, d'accord. Mais ce n'est pas un viol. On ne peut pas retirer son consentement a posteriori, ça ne marche pas comme ça. Il faut choisir ses partenaires, les choisir avec soin. Généralement, quand on évolue dans un milieu religieux comme ça, il faut éviter d'aller vers le gouron-chef. En général, ça se passe mal. Parce que ce n'est pas seul d'avoir eu cette idée. Tout le monde va faire un gourou, c'est normal. Donc, pour moi, cet acquittement, malgré toute l'aversion que j'ai pour ce type, cet acquittement me semble tout à fait légitime. Je ne vois pas le problème. Je ne vois pas le problème. C'est la parole de l'un contre la parole de l'autre. Oui, il y a l'avocat de la victime, enfin de la plaignante à ce stade, qui dit Oui, bah regardez là, elle pleure, elle tremble, tout ça, ça peut pas être fin. Ça peut pas être fin, mais être. C'est-à-dire que si vous avez passé trois jours dans un tribunal, qu'on n'avait pas vu des scènes, on n'avait pas vu des gens simuler des choses et d'autres, des gens mentir et tout ça, c'est que franchement, vous dormiez quoi pour l'instant. Bien sûr, ça peut être fin. Bien entendu, ça peut être fin. Les tribunaux sont pleins de gens qui feignent plein de choses, dans plein d'affaires, dans des affaires d'escroquerie, dans des affaires de vol, des affaires de kidnapping, d'assassinat, plein de choses, bien sûr. C'est normal, c'est un classique, ça, les tribunaux. Mais on ne peut pas, à moins de partir sur un procès de type inquisition, où on prend le fait que la femme, visiblement, elle pleure devant nous et elle tremble, et on le prend ça pour argent comptant, et on dit, regarde, le fait qu'elle pleure, c'est ensuite une preuve. C'est pas une preuve du tout, il faut des preuves matérielles. Claire. Sans preuves matérielles, non. Ça sert à rien. Et c'est ça. Et le problème, c'est que quand des femmes s'exposent à des situations pareilles, par la suite, elles se retrouvent dans une situation où c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre. Alors, on demande quoi ? On demande à appliquer la charia à Tariq Ramadan ? Qu'est-ce qu'on lui fait ? On applique la charia ? On lui applique la charia dont lui-même faisait la promotion. Bien sûr, il faisait la promotion à cette charia, mais il ne serait pas d'accord qu'on lui l'applique. Mais la Suisse ne tourne pas la charia. Donc elle tourne avec des lois qui sont très claires, précises, noir sur blanc. Est-ce qu'il y a viol ? Non, il n'y a pas de viol. C'est tout. Le truc, c'est qu'en France, les dossiers qu'il y a contre lui sont exactement du même acabit. C'est du même akabie qu'il y a en France. Donc on va voir comment la justice française va agir là-dedans. Mais fondamentalement, il n'y a rien. Merci mes amis d'avoir écouté cette vidéo jusque là et on se voit dans une...
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