Ex-Musulman : est-ce que je laisse mon enfant manger du porc à la cantine ?

Aldo Sterone advises a father of Maghreb origin against letting his daughter eat pork at school, even if she can at home. He argues it risks damaging the family's religious identity card, a strategic tool to protect the child with school administration later. The choice sits between assimilation and preserving leverage.
Mes amis, bien bonjour. J'ai reçu une question très intéressante sur ce WhatsApp que je partage depuis très longtemps et qui est d'ailleurs la raison d'être de ce canal. Alors, la question vient de quelqu'un qui vit en France, qui est originaire du Maghreb, un père de famille, et il me dit ceci. J'ai ma fille qui va à l'école maintenant, et puis il se pose la question, est-ce qu'on doit la laisser manger du porc ou pas ? Il me dit que lui-même s'en fiche. Que lui-même, à la maison, il en mange, il en mangerait, il n'a pas de problème. avec ceci. C'est quelqu'un, comme vous pouvez l'imaginer, c'est une famille qui vit une réalité, on va dire, post-islamique. C'est pas l'islam, je sais pas s'ils sont musulmans ou pas, mais ce n'est plus quelque chose qui est, on va dire, au cœur de leurs préoccupations. Maintenant, la question c'est est-ce que la gamine, il la laisse manger du porc à l'école ou pas, sachant deux choses. Sachant la première chose, c'est que s'il la laisse, il a peur que par la suite, elle se fasse attaquer par ses camarades. Parce que si ses camarades voient une fille, a priori d'origine maghrébine, manger du jambon à la cantine, par exemple, pour tenter qu'on en serve en France, je ne suis pas sûr. La France est quand même un pays, je ne vais pas dire islamique, ça serait méchant, mais c'est un pays pré-islamique ou pseudo-islamique, si vous voulez, ou proto-islamique. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait dans toutes les cantines. Maintenant, imaginons qu'il y en ait. Et la question c'est, est-ce que je vais la laisser manger ou pas ? Alors bon, je vais te répondre. Ce ne sera pas une vidéo très longue. Je vais te donner mon sentiment. Bien sûr, chacun fait ce qu'il veut. Je ne suis pas en train de dire que j'ai la vérité suprême. Je ne suis pas en train de dire que ma version est la meilleure. Mais j'aimerais que, quoi que tu décides, j'aimerais que tu prennes ma version et que tu en tiens compte dans ta réflexion à toi et que tu l'associes avec ta propre sensibilité, tes propres projets et tout ça. Voilà. Il y a quelque chose d'important à garder dans la vie. Quand on est d'origine étrangère, on a une carte à jouer. D'accord ? On a une carte. Cette carte, elle permet des fois d'obtenir des privilèges. Elle permet d'obtenir des protections. Que d'autres, malheureusement, n'ont pas. Je ne dis pas que c'est bien. Je ne dis pas que c'est bien. Je ne suis même pas en train d'encourager le communautarisme, comme on dirait, ou dire que c'est une situation normale, tout ça. Mais c'est une réalité que je te donne. La réalité aujourd'hui, c'est que si tu viens d'origine étrangère, que tes enfants sont d'origine étrangère, tu as pas mal de discrimination, on est d'accord, tu as pas mal de difficultés que d'autres personnes n'ont pas, on est absolument d'accord sur ça, mais tu as aussi certains avantages que d'autres n'ont pas. Tu as certaines cartes à jouer que d'autres ne peuvent pas jouer. D'accord ? Moi, je te dis, ne grilles pas cette carte. Cette carte, elle peut te sauver un jour. Un jour, tu sais l'école, l'école c'est devenu aujourd'hui le combat, le lieu de combat de toutes les idéologies. Les enfants sont visés, visés par des groupes militants, d'accord, qui font de l'antrisme, de toutes sortes. Et un jour, tu auras peut-être besoin de protéger ton enfant. Et pour protéger ton enfant, la carte que tu pourras jouer, c'est la carte de « Je suis musulman ». Ah oui ! Je veux dire, je suis musulman, t'es pas obligé de dire comme ça aussi brutalement, nous sommes de culture musulmane, nous avons des traditions musulmanes, nous venons à l'origine d'un pays musulman, ou bien, si t'as même, t'as pas envie de mentir, nous avons une famille musulmane, d'accord ? Et ceci peut te permettre de jouer une carte. dans certains circonstances, je ne te dis pas à lesquelles, mais je te laisse imaginer que des fois, il sera dans ton intérêt d'aller voir l'administration et dire écoutez, bonjour avec votre dernier programme là, ou avec votre dernière sortie, ou votre dernière lubie, ou votre dernière je ne sais pas quoi, tu verras, déjà l'école maintenant est dans un sale état, mais je te dis on n'a rien vu encore. Dans le futur, il faut s'attendre de plus en plus à des sorties de plus en plus inqualifiables. Maintenant, Si tu ne grilles pas ta carte pour une histoire de jambon à la cantine, tu pourras toujours la servir cette carte. Tu pourras dire écoutez, j'ai vu ce qui se passe mais nous avons des réticences, nous avons des limites et nous vous demandons de respecter notre culture. Nous vous demandons de respecter notre religion, la religion de nos ancêtres, la religion de notre famille. Nous vous demandons de respecter la sensibilité familiale dans laquelle cette gamine va évoluer à un moment donné. D'accord ? Et c'est une carte très forte, crois-moi. C'est une carte que ne peut pas jouer quelqu'un d'autre. Toi, tu peux la jouer. D'accord ? C'est ce que je te dis. C'est-à-dire que, honnêtement, j'aurais pas voulu avoir joué à cette carte. Et je veux dire à ceux qui nous écoutent, qui disent « Oui, t'as vu, ils sont privilégiés ». Ils ne sont pas privilégiés, je vous assure. Si tu m'enlevais, si tu m'enlevais maintenant la carte communautaire, je t'en ferais vraiment cadeau. Je te prends la carte et je la déchire devant toi. Je t'en fais cadeau. mais prends-moi avec la carte de discrimination sans arrêt. D'accord ? Vraiment. Si tu me prends la carte de discrimination au jour le jour, je te donne la carte communautaire moi avec. Parce que si tu prends la discrimination que nous subissons et tu lui rajoutes les cartes communautaires que de loin en loin on peut jouer, on est perdant. Je t'assure qu'on est perdant. On n'est pas gagnant du tout. Je t'assure. Dans le lot, on est vraiment perdant. D'accord ? C'est pour ça que je te dis, pour ta fille, Si il est vital pour elle de manger du jambon par exemple, achète-le, mets-le au frigo à la maison. D'accord ? Quand elle rentre, elle le rentre, elle rentre et puis elle peut manger ça sans problème. D'accord ? Mais ne le fais pas à l'école. Et tu sais, je suis même pas... Sincèrement, j'ai compris ton argument du harcèlement par ses collègues et tout ça, ses camarades de classe et tout. Je comprends et je respecte cet argument. Je sais que des fois les enfants peuvent être très cruels, d'accord ? Donc... C'est un argument qui me touche. Mais honnêtement, ce n'est même pas le moteur de ma réflexion. Il me touche, je le considère, mais ce n'est pas l'argument le plus important pour moi. L'argument le plus important pour moi, c'est de ne pas griller ta carte. Parce que je te dis un truc, on va être honnête. Tu veux t'assimiler, c'est bien, tu fais preuve d'assimilation. C'est bien l'assimilation, moi je n'ai rien contre. Je viens d'Algérie, et je t'assure, on est un pays qui, sur le plan de l'immigration, on est un pays très assimilationniste. Ça veut dire que ça m'est arrivé des fois de rencontrer des étrangers. J'ai rencontré une fois une Allemande, par exemple, en Algérie. Je t'assure que je ne savais même pas qu'elle était Allemande. J'avais une Algérienne devant moi. D'accord ? Je trouvais l'accent, un petit accent, mais je croyais qu'il venait de l'Est de l'Algérie, ou tu sais, on a plein d'accents en Algérie. Donc, son accent, je l'ai pris pour un accent algérien de telle ou telle région. Finalement on m'a dit plus tard qu'elle était allemande, née en Allemagne, et elle a immigré en Algérie. Ça arrive, ça existe, c'est rare que ça existe. Mais on est un pays très assimilationniste. D'ailleurs l'assimilation, en théorie, c'est elle qui va détruire le racisme, c'est elle qui normalement viendra faire cesser le discrimination, tout simplement parce que Quand tu es assimilé, les gens te voient comme eux. Tu es vu comme les autres. On ne va pas te voir de manière distinguée, de manière séparée. Ça, c'est en théorie, mais en pratique, ce n'est pas vraiment et complètement comme ça. En pratique, on va toujours te renvoyer, même si tu es super assimilé, on va toujours te renvoyer tes origines. Au moindre écart ou même sans écart du tout, il y aura plein de gens qui vont te renvoyer tes origines. Au bout d'un moment, je te dis, juste assume-les, puis voilà, assume-les, puis comme ça, tu es tranquille, on arrête les malentendus. Ça, c'est un point que je veux faire passer. Deuxième point, super important. C'est que si tu t'assimiles, tu vas t'assimiler à qui ? Tu vas t'assimiler à des... Oh, j'ai pas de meilleure formule, je vais te la dire comme ça. Tu vas t'assimiler à des Blancs post-chrétiens ? Tu t'assimiles à qui finalement ? Tu t'assimiles à la classe qui est aujourd'hui une classe sans dents, une classe qui se fait taper dessus ? D'accord ? C'est ça aussi. Faut que tu réfléchisses à ça également. C'est quoi ton but ? Tu veux t'assimiler à qui ? Tu veux dire, oui ben voilà, nous sommes des français blancs. Voilà, ok. Ben, bienvenue au club, hein. Bienvenue au club, va voir les français blancs, comment ils vivent. Ils se font taper dessus sans arrêt. Pour beaucoup, ils vivent un cauchemar. C'est vrai qu'ils n'ont pas à voir la discrimination au faciès. Par exemple au travail, c'est clair que ce n'est pas quelque chose qu'ils vont avoir. On est bien d'accord. Mais ils ont aussi énormément de soucis que tu n'as pas envie d'embarquer avec eux. Tu n'as pas envie d'être avec eux dans ce cheminement. Voilà. C'est très délicat, je t'assure. C'est très délicat, il n'y a pas de... Je n'ai pas de réponse simple, c'est toujours des réponses compliquées. Il n'y a pas de réponse parfaite, il n'y a pas de réponse complètement fausse, ni de réponse complètement vraie, comme très souvent dans les problèmes de la vie. Et voilà, on vit avec. Merci en tout cas d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. Pour les questions, c'est toujours ce numéro-là, c'est un numéro WhatsApp. N'envoyez pas de SMS parce que je n'ai pas de crédit sur cette carte, donc si vous envoyez un SMS, je ne vais pas pouvoir vous répondre. N'envoyez pas des messages disant « Aldo, salut ! Est-ce que tu réponds aux messages ? » les gens qui écrivent cela, je ne réponds pas en général, d'accord ? Envoyez votre message, émettez, d'accord ? Emettez, vous êtes sur le WhatsApp, tu prends le WhatsApp et tu envoies ton message. Écris-le ou enregistre-le, peu importe. Mais émets directement, d'accord ? Bonjour Aldo, pam, tu es là, d'accord ? Tu n'as pas besoin de dire salut à ce que tu réponds à ce numéro. Je ne vais pas te répondre oui, après tu me dis que tu es sûr. Non, s'il te plaît, aimez directement. D'accord ? Merci en tout cas pour avoir écouté jusqu'ici et on se voit dans une prochaine vidéo.
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