
Vidéo monologue en français où le narrateur mélange réflexions sociales et anecdotes personnelles: critique des inégalités et du mode de vie des très riches, avertissements sur les dangers quotidiens (parasols, incendies), et une explication technique et historique centrée sur le nitrate d'ammonium et l’explosion de Beyrouth. Il donne aussi des conseils de sécurité et raconte des souvenirs personnels.
Bonjour mes amis. En venant ici, j'étais coincé dans un bouteillage de malade. Ils sont en train de faire une piste cyclable. Vous savez, quand je suis arrivé en Occident, je me souviens les mots-clés que j'entendais autour de moi. C'était réacteur nucléaire de quatrième génération, le tunnel sous la Manche, la construction européenne, le projet Airbus. C'était ce genre de mots-clés que j'entendais, un monde en construction qui se surpassait. Et en fait, aujourd'hui, l'horizon de l'Occident, c'est la piste cyclable, parce qu'on sait qu'à terme, l'homme moyen passera 95% de sa vie à 8000 mètres autour de son lieu de naissance. Les déplacements seront pour les seigneurs. Beaucoup de choses seront pour les seigneurs. La douche. Le bain. Le bain, c'est fabuleux. Le bain, vous n'y pensez plus déjà. La bouffe chaude, je disais. Les voyages, les sorties. Tout ça, ce sera du passé. Il faut laisser de l'espace. Vous savez, quand vous regardez quelqu'un comme Bill Gates, par exemple, je ne veux pas critiquer, mais quand vous regardez quelqu'un comme Bill Gates, qui pensent qu'il y a trop de monde sur Terre. Moi, je vais vous dire un truc. Quand on dit il y a trop de monde sur Terre, ce n'est pas tout le monde qui occupe le même espace. Ce n'est pas tout le monde qui a besoin de la même énergie, de la même étendue. Alors des gens qui sont extrêmement riches, prenez des gens comme Bill Gates, par exemple. Par exemple, je ne cite pas que lui. Ceux-là, ils ont besoin de beaucoup d'espace, ils ont besoin de vide, ils ont besoin d'espace pour leur golf, ils ont besoin d'une île entière. Vous, vous allez à la plage, quand vous allez à la plage, vous cherchez quoi ? Vous cherchez un lieu où construire votre tente temporaire, où planter votre parasol. C'est ce que vous cherchez. Ils veulent une île entière, rien que pour eux. Et en fait, Quand ils ont une résidence, je veux dire la niche des chiens, elle est plus grande que ta maison. Ils ont besoin d'espace. Tellement d'espace qu'en réalité, ces gens-là, on est aujourd'hui 8 milliards, tu prends quelqu'un comme Bill Gates, si ça se trouve, lui et sa famille, ils ont besoin d'autant d'espace que 500 millions d'humains peut-être. De sorte qu'en réalité, si tu mettais, imaginons que la Terre était vide et qu'il y avait 16 personnes Quand Bill Gates et sa famille, imagine il y a 16 familles Bill Gates, la 17ème qui arrivera, la 17ème pensera qu'il y a trop de monde, pensera que la Terre est trop pleine, commencera à avoir littéralement des idées de génisme. C'est ça le truc. Ces gens ne voient pas la vie comme vous et moi. La personne normale, par exemple, va payer une fortune pour son énergie. Il y a des gens qui remplissent le carburant de leur voiture. Ils ont une dépression post-plein. Elle est connue, cette dépression. C'est pas le problème. Non, pas ce genre de problème. Toi, tu veux acheter un billet d'avion pour 275 euros. Tu l'achètes pas tout de suite. Tu reviens le lendemain, le prix a augmenté de 15 euros. Tu te sens mal. Lui, quand il prend un vol, il a un jet privé qui, déjà, même sans voler, lui coûte une fortune. Le jour où il vole, ça lui coûte 25 000 euros de l'heure. Je veux dire, il ne vit pas dans la même dimension que toi et moi. Il n'est pas dans cette même dimension. Lui, il s'en fiche que le plein de la voiture coûte 1 000 euros. Après, qu'est-ce qu'on a à foutre ? L'essence coûte 25 euros le litre. Et après ? Et après, lui, il voit des avantages. Parce que toi, si l'essence coûtait 25 euros le litre, c'est tout ton salaire qui partirait, c'est 100% de ton revenu. Mais lui, si l'essence coûtait 25 euros le litre, c'est même pas le 0,01% de son revenu qui y passerait. Pour lui, c'est rien du tout. Pour lui, c'est comme si pour toi, quelque chose coûte 5 centimes et puis après, elle coûte 20. 20 centimes, je veux dire, c'est rien, tu sentiras pas la différence. Voilà comment il réfléchit. Mais en échange, si l'essence coûtait 25 euros le litre, Les routes seraient vides pour eux. Si un billet d'avion Paris-Londres coûtait 5000 euros, il n'y a pas de problème. Ils seraient prêts à le payer. Ça coûte toujours moins cher que le jet privé. Et l'aéroport serait vide. Ils auraient un service première classe. Ils auraient peut-être, même comme à l'époque du Titanic, ils auraient même l'orchestre sur le tarmac avant le décollage de chaque avion. On ne vit pas dans la même dimension. Je ne sais pas pourquoi je vous ai parlé de ces gens-là. À propos de parasols, j'aimerais attirer votre attention de manière particulière sur le danger des parasols. J'étais à la plage l'autre jour. On ne peut pas aller plus loin, on ne peut pas aller qu'à la plage maintenant. Nos maîtres ont dit, non, tu ne vas pas en haut, tu restes à la maison. C'est essentiel ta sortie. Vous voyez, on atteint des sommets là maintenant. Mais attention, c'est le COVID. Alors aujourd'hui, ils nous ont dit que la loi... Je vous raconte pas de conneries. La loi, elle date de 1984. Sérieux, textuel, c'est comme je te le dis. Qui permettrait de détruire les maisons des gens affectés de COVID. Oui, oui. Si genre une personne arrive, demande l'adresse, t'es positif, OK, d'accord. OK, ça va, cette fois-ci, on dit rien. OK, cette fois-ci, on passe la main. Deux jours plus tard, il y a ton conjoint ou ton fils qui arrive et puis c'est Covid. Là, ça finira au JCB, cette histoire. Ils ont le droit de raser. Et la voiture, pareil. La caisse, elle va à la casse. Ils vont l'écraser comme ça. Il sortira en conserve. J'espère pas, parce qu'après, tous les gens qui mangeront des conserves, ils auront le Covid. Non, c'est un sale temps, mes amis. Nous vivons une sale époque. Alors, je disais que les parasols... J'étais à la plage. Et à un moment donné, j'entends des gens crier. Je me retourne, je vois quoi ? Je vois un parasol qui est en train de tourner. Alors, parasol, ça ressemble à un gros parapluie, n'est-ce pas ? Énorme, avec une prise de vent énorme. Prise au vent énorme. Surmontée de quoi ? Surmontée. Je vous le donne en mille d'un javelot, pointu comme ça. Je l'ai chopé, je l'ai attrapé. Il était à 30 centimètres du visage de ma fille. Il était en train de jouer, elle n'a rien remarqué. Je l'ai attrapé. Je l'ai rendu à son propriétaire. Et honnêtement, je pensais que c'était un truc qui arrive une fois sur un million. Après, je vais plus tard à la plage, une semaine plus tard. Je suis assis, je vois quoi ? J'entends des gens crier, je vois un parasol en train de tourner. Parmi les gens, il a évité plusieurs personnes de justesse, y compris des enfants. Toujours surmonté de sang javelot. Je fais une recherche Google aujourd'hui. Aux Etats-Unis, l'année dernière, 32 000 personnes blessées par des parasols. Une personne a été tuée par un parasol. C'est planté dans son cœur. Donc voilà, c'est hyper inquiétant, mes amis. Il y a beaucoup de choses dangereuses dans ce monde. Et on ne peut jamais savoir d'où les saloperies peuvent nous tomber dessus. À propos de choses dangereuses, je voulais vous parler des Libans. Vous savez, je suis comme vous, j'ai vu cette horrible explosion de Beyrouth. En fait, il y a eu dans l'histoire énormément d'explosions qui ont eu lieu à cause de ce qu'on appelle du nitrate d'ammonium. Alors le nitrate d'ammonium, Vous savez, je ne crie pas trop sur les toits, mais entre nous, on peut se le dire, j'ai étudié chimie pendant des années. Chimie pour l'ingénieur, je ne le dis pas trop parce que par les temps qui courent, un rebeu ayant étudié la chimie, c'est vrai, surtout que j'ai étudié l'aviation aussi. C'est vrai que des fois, moi-même, je suis juste comme ça, tout seul, je me sens coupable. Je veux dire, je n'ai rien fait, je suis juste comme ça. Je me dis, ce n'est pas possible. Il y a des fois qui me disent, mais tu es suspect, toi. Un arabe qui a étudié l'aviation et la chimie, non, non, non, non, c'est pas possible ça. Mais je vous assure, je suis blanc comme neige. Et en fait, je vous disais que le nitrate d'ammonium est une substance cristalline, une sorte de poudre qui ressemble à du sucre, une poudre blanche. Beaucoup de gens qui me regardent de Paris, les bien-pensants, ça va leur rappeler des souvenirs, la poudre blanche. Mais c'est pas celle dont je parle. Alors bon, vous me connaissez, toujours, D'accord ? Héros. Zéro héros, comme disait Gainsbourg. C'est vrai que les produits chimiques sont produits par mon cerveau. Vous savez que nous avons tous des usines à produits chimiques. Si on doit ouvrir ton cerveau et regarder ce qu'il y a dedans, tu serais aux arrêts immédiatement. Il y a des pays où on te condamnerait à mort pour les substances chimiques que tu as dans ton corps. C'est dingue. Mais il y a des gens qui, au lieu de... de se mettre dans des conditions, dans des situations qui font que leur cerveau génère des choses agréables, vont vouloir prendre des produits chimiques et se les injecter aux autres. Ça, c'est de véritables saloperies. Je disais que c'est une substance cristalline blanche qui est utilisée comme engrais. Elle ne coûte pas cher. Tous les pays du monde, tous les ports du monde, tu vas regarder aujourd'hui au port d'Amsterdam ou de Rotterdam d'Alger ou de Marseille ou Tunis, tu vas en trouver des montagnes de cette matière-là. C'est une substance blanche cristalline. La formule chimique NH4NO3. Vous savez, les produits azotés, les plantes adorent. Mais la chimie de l'azote est une chimie où il y a beaucoup de veuves et d'orphelins. L'azote, vous savez, par exemple, quand on écrit oxyde d'azote, il y a des oxydes d'azote dans l'air. Je respire de l'azote, principalement, là, maintenant, je suis comme vous. Azote, on a plus d'azote que d'oxygène dans l'air qui nous entoure. Grosso modo, 20 %, 80 %, le reste, des bricoles. Mais 80 % d'azote qui nous entoure. Et il y a de l'oxygène aussi. Ils ne réagissent pas ensemble. Ils ne réagissent pas. Par contre, quand on a des conditions, moteur de voiture, moteur d'avion et tout ça, ils peuvent réagir ensemble. Et on crée des oxydes d'azote. On les écrit comment, les oxydes d'azote ? C'est quoi la formule ? On écrit N-O-X. Pourquoi on écrit N-O-X ? Pourquoi quand on parle, par exemple, oxyde de carbone, on n'en a que deux en fait, on a le CO2, et le monoxyde n'est même pas super stable en soi. Alors que les oxydes d'azote, il y a toute une famille. C'est cette versatilité de l'azote qui lui permet de faire des liaisons dans tous les sens. Le problème, c'est que certaines de ces liaisons sont stables et d'autres sont instables. Et quand on dit instable en chimie, c'est que ça peut réagir brutalement. C'est le cas du... de beaucoup de produits chimiques qui contiennent justement de l'azote. Par exemple TNT. Le N, c'est quoi dans TNT ? Trinitrotoluene. Nitro. On est en train de parler d'azote. Un autre. Nitroglycérine. Pareil. Nitro. Là où il y a du nitro, c'est comme là où il y a des perchlorates, par exemple. Des choses comme ça, quoi. Acide picrique. Quoi ? Que l'acide picrique ? Je ne me rappelle plus, ça a été utilisé dans les grenades à main durant la Première Guerre mondiale, l'acide picrique. Je ne me rappelle plus, peut-être s'il y avait de l'azote dedans. Je parie qu'il y a de l'azote dedans, mais je ne suis pas sûr. En tout cas, notre NH4NO3, nitrate d'ammonium, il a nitrate d'ammonium. L'ammonium aussi contient de l'azote. Vous voyez, il y a deux azotes dedans. Il y a deux, mais sous deux formes différentes, dans la même molécule. Donc, il est prêt à réagir. Il a déjà détruit des villes entières. Texas City, 1917, je crois, il y avait une barge pleine de nitrates d'ammonium. Il n'est pas cher, il en faut des tonnes. Un agriculteur ne va pas en acheter 2 kilos. Ils en achètent des tonnes. Puis après soleil, il fait quoi le nitrate d'ammonium ? Il fait comme le sucre. Il se mouille. Il est très hydrophile. Il est capable de choper beaucoup d'humidité dans l'air, surtout quand ça tombe dessus directement. Et après, quand il sèche, il forme des blocs. Le sucre ferait pareil. Le gars, il fait quoi ? Le gars, pour pouvoir vider la barge, il est coincé. Le jour où Barbara arrive, on lui demande de vider la barge. Il y a des blocs de plusieurs tonnes. Il fait quoi ? Mettez-vous à sa place. Il prend un marteau-piqueur. Il prend un marteau-piqueur. Il arrive et commence... Je veux dire... Voilà quoi. Le reste, c'est... Le reste, c'est de l'histoire. Jusqu'à maintenant, il y a des mémoriaux dans cette ville pour cette tragédie. 600 personnes, je crois, avaient été tuées. Je pense qu'à Beyrouth, ça finira probablement avec un bilan similaire. Partie de la ville rasée. Désastre. Un autre désastre plus proche de nous, terrorisme cette fois-ci. Timothy McVeigh, Oklahoma City, le bâtiment des FBI. Le mec avait ramené une composition à base justement de deux tonnes de nitrate d'ammonium dans un fourgon. Il a fait exploser tout ça en face du building. Le building est soufflé. Vous regardez le building, il y a 777. comme on a cette onde de choc qui part à 2500 mètres par seconde, plus rapide que le son, je veux dire, elle t'éclate avant que tu l'entendes. Et le building est complètement éventré. Le gars, il a utilisé, j'ai essayé de bloguer responsable, je ne vais pas parler des détails, mais ils sont dans le dossier, dans le dossier d'accusation et tout ça. Et donc, Ce n'est ni la première, ni la dernière fois, malheureusement, cette histoire. Il y en a d'autres, il y a d'autres cas. Il y en a eu une fois, je crois, au Nevada aussi. Ça a tué pas mal de monde. Malheureusement, ce produit, on le trouve partout. Et donc, il n'explose pas tout seul. Je peux en avoir un sac de 50 kilos dans ma voiture. Rien ne va arriver, il ne va pas exploser tout seul. Il est assez stable, on va dire. Il tolère les chocs, il tolère beaucoup de choses. Je vous ai dit que le gars pour le faire sauter, il a dû utiliser un marteau piquant. Par contre, là, ce qui a dû se passer vraisemblablement à Beyrouth, c'est que Il y avait un stock de 2700 tonnes. C'est énorme, 2700 tonnes. Il a fallu 2 tonnes à Timothy McVeigh pour arracher un building entier. Donc, 2700 tonnes, il y a de quoi faire. Ça a été entendu jusqu'à Chypre. Chypre, c'est au large, 200 km de là. Donc, il y a 2700 tonnes de ce produit qui sont là depuis des années, semble-t-il, cristallisées, poussiéreux, tout ça, je pense que personne n'avait envie d'aller toucher ça. Et la vie reprend son cours. Et donc, d'autres produits ont été stockés à côté. Vous savez, quand j'étais étudiant en chimie, on avait au laboratoire, on avait des armoires pour stocker les produits chimiques. Alors, au fond, On avait une armoire avec les occidents, par exemple, on va trouver, je ne sais pas moi, de l'acide chlorhydrique, de l'acide nitrique, des trucs comme ça, les acides en particulier, les acides forts. Et de l'autre côté, on allait trouver ce qu'on appelait les réducteurs. Par exemple, on allait trouver les produits aromatiques, les alcools à chaîne longue, etc. Donc, on les mettait de l'autre côté. Il y avait dix mètres entre les deux armoires. Jamais on les stockait ensemble. Pourquoi ? Parce qu'on sait bien qu'ils peuvent réagir ensemble. Le truc, c'est que dans ce port de Beyrouth, avec le temps, les gens ont oublié ce qu'il y avait, ont oublié ces montagnes d'ammonium, nitrate d'ammonium. Ça fait des années que c'est là, ça n'a jamais explosé, ça n'a jamais gêné personne. Bon, considère ça comme de la farine ou comme du sucre. Personne ne s'en inquiète. Ils ont commencé à stocker des choses à côté, je ne sais pas, des fûts de carburant, peut-être des armes, des munitions, des choses comme ça, d'autres produits chimiques. D'accord. qu'on trouve normalement dans les imports. Ils sont en transit, ils sont à l'arrivée, ils sont au départ. Puis à un moment donné, il y a eu un feu. Donc c'est ce qu'on voit, on voit le feu d'abord, ce feu avec cette grande fumée qui monte dans le ciel. Et quand ceux qui filment montrent un petit peu de près, on voit des crépitements, on voit des flashs, des flashs, des flashs. Ça m'a l'air plus d'être des flashs de... peut-être de munitions ou d'armes que des flashs de... Parce que ça a été dit au départ que c'était des feux d'artifice. Je suis pas très chaud sur le feu d'artifice. J'ai vu des... J'ai comparé avec des feux de feu d'artifice. On voit... On voit la colonne de fumée montée, mais elle est pleine de feux d'artifice qui explosent. Là, on n'a pas de feux d'artifice qui explosent. Enfin... Ça... Ça a fait que les gens ont commencé à filmer. Certains se sont même arrêtés sur la corniche sur la route. Ils ont commencé à regarder. Et ça, j'aimerais attirer votre attention de manière particulière. C'est plus dangereux que les parasols. Si vous voyez un truc, un merdier en train de brûler, usine, port, un truc, juste éloignez-vous, quoi. Déjà, même une voiture qui brûle, qui brûle bien, tu restes pas à côté. Bon, ça n'explose pas toujours comme dans Hollywood, mais ça peut. Là, quand tu vois une usine ou tu vois un entrepôt industriel ou une zone industrielle en train de brûler, tu sais quoi ? Juste dégage, quoi. Casse-toi, ne reste pas là, parce que la plus grande partie, la plupart des morts, arrive justement sur les explosions secondaires après. Parce qu'après, t'as des... t'as des tours qui contiennent du gaz, t'as des gazonmètres, t'as d'autres produits chimiques, t'as plein de choses, t'as des citernes avec des produits dont t'as même pas envie d'entendre parler, qui peuvent exploser. Et à ce moment-là, c'est ce qui est arrivé. Les gens qui étaient sur la Courneiche ont été déchiquetés, c'est clair. Les gens qui filmaient, depuis leurs apparts et tout, un truc super important. Vous savez, ma tante, Habitait à Lausanne une époque. Elle habitait à Écublan, à Écublan, canton de Vaud, pas très loin de l'école polytechnique où j'étudiais après. Et il y a eu une explosion de gaz dans son immeuble. En fait, il y avait un tuyau de gaz qui reliait plusieurs immeubles dans le quartier. Et puis, il commençait à la cave en dessous de chez elle. Elle était au premier étage. Enfin, au rez-de-chaussée, on va dire, même s'il était un peu élevé, ce bâtiment. Et puis, en dessous, il y avait la cave. Et donc, les gens du service du gaz sont arrivés. Ils ont ouvert ce tube. Ils l'ont mis à l'air à plusieurs endroits dans le quartier. Et ils sont partis prendre un verre, quelque part, dans un bistrot, un d'ici, de Chasselas, Voilà. Et puis... Ils sont revenus une heure plus tard. Voilà. Une heure plus tard, dans leur sens, le tuyau de gaz était vide. Le gaz était parti, à leur sens. Et le mec, il arrive, une clope... Sérieux, c'est comme je vous le dis. Une clope à la bouche, et il se penche vers le tube, comme ça, pour regarder. Voilà. Il se passe quoi ? Pam ! Explosion. Ma tante était assise sur son divan. Elle m'a dit que le sol, la dalle, s'est ouverte en deux et elle est retombée. Elle a échappé belle parce que, et c'est là le danger sur lequel je voulais attirer votre attention, c'est que dans ce genre d'explosion, Le danger, quand t'es proche, c'est clair, quand t'es proche, bon, là, c'est clair, t'es parti, t'es dans un autre monde. Par contre, si t'es un peu plus loin, il y a une onde de choc. L'onde de choc, elle peut faire mal aux oreilles, peut faire tomber par terre. Un ami qui était dans les chars, il m'avait dit qu'il fallait garder la bouche ouverte. C'est ce qu'ils faisaient, eux, quand ils tiraient, paraît-il, au canon, pour que la pression soit la même du côté du tympan. Mais le danger vient des vitres, les vitres, les baies vitrées, les vitres, parce qu'elles explosent sous l'ordre de choc et donc ces morceaux de verre, grands, petits, autres, s'en soufflaient et ils peuvent venir frapper la personne. Et donc ça peut faire mal jusqu'à tuer. C'est pour ça qu'on voit des gens qui circulent avec des t-shirts immaculés de sang. Justement, à cause de ces blessures, des fois c'est superficiel, plus souvent c'est superficiel, mais ça peut tuer. Elle, elle a eu de la chance parce que la vitre a explosé. Elle a explosé vers l'extérieur et puis elle a été enroulée, elle a été enroulée de rideaux. Elle était assise près des rideaux. Et donc, la seule chose qu'elle sait, c'est que le sol s'est soulevé. Elle entend une explosion énorme. Elle est enroulée dans son rideau. Elle est par terre. Voilà le truc. Et dehors, elle sort, il y a toutes les affaires de son placard et tout, qui était dans l'arbre en face. D'ailleurs, elle avait parlé aux journalistes à l'époque, ici, de son témoignage dans une gazette, dans une gazette locale. Donc, pour vous dire, le danger, justement, c'est ça, c'est... Vous voyez les gens regarder. Alors qu'à l'évidence, ça pourrait y avoir des explosions secondaires. Il faut s'éloigner des vitres. Il faut s'éloigner le plus rapidement de l'endroit. L'énergie de l'explosion diminue très vite avec la distance. Je crois qu'elle diminue au carré de la distance. C'était au cube ou au carré de la distance ? Non, je crois que l'énergie, c'est au carré de la distance. Je dois vérifier ça, mais elle diminue très rapidement avec la distance. Plus on est loin, si on est en voiture, il vaut mieux faire demi-tour et puis s'éloigner, s'éloigner. On s'en fout des caméras qui flash et tout ça et des points de permis. S'éloigner le plus possible. Si on est à la maison, dernière chose, le mort, le mort, il est derrière sa vitre en train de regarder. Ça, c'est le mort. Il est derrière sa vitre. en train de regarder, parce que quand ça explosera, la vitre va passer à travers. Et donc, il faut essayer de se planquer dans un endroit où il n'y a pas de... où il n'y a pas de verre. Juste aller se coucher sous un lit, par exemple, ou un truc comme ça. Juste aller se coucher sous un lit, attendre la déflagration, et puis... Voilà. C'est terrible. Et ce que j'espère, moi, j'espère que d'autres villes portuaires aujourd'hui, on voit des inspecteurs aller regarder un petit peu s'il n'y a pas des saloperies qui traînent depuis des années parce que ce qui est arrivé, ce qui est arrivé là à Beyrouth, honnêtement, ça aurait pu arriver dans n'importe quelle ville portuaire. Je suis sûr que... C'est vrai que les Arabes sont un petit peu moins procéduriers que les autres, mais je suis sûr que potentiellement, on pourrait trouver des choses similaires, même en Europe, aux États-Unis. C'est déjà arrivé aux États-Unis plusieurs fois. Donc... J'espère que les gens iront regarder et puis voir s'il n'y a pas moyen de sécuriser un petit peu leurs cargaisons ou les séparer en petits blocs ou accélérer le flux pour que ça ne traîne pas trop près des villes et tout. Et malheureusement, le problème, c'est ça, c'est que là où t'as des ports, t'as des villes, des villes portuaires, t'as le port et puis voilà, des milliers et des milliers d'habitations autour, donc forcément. Enfin, mes amis, Je vous laisse. Je vous laisse. Vous voyez, le temps d'une vidéo, je passe par tous les... Je passe par tous les... tous les tempéraments, par toutes les... par toutes les émotions. C'est normal, c'est la vie, on est comme ça. On est comme ça, des fois. Des fois, on est drôle, des fois, on est triste, des fois... Mais... Vous savez, je vais vous raconter une histoire pour la route. Vous savez, j'allais partir, mais je vous raconte une autre. Il y avait un gars, il s'appelait... Je vais pas dire son nom quand même, putain. Le nombre de personnes qui écoutent. Oui, un gars en Algérie, en Algérie. Je connaissais un gars en Algérie. Et puis, il rêvait de partir. Il rêvait de partir en Europe, le pauvre. Il rêvait de partir et... Il n'a jamais réussi vraiment à partir. Il a tenté plusieurs fois, il n'avait pas de chance. Chaque fois, il se faisait gauler et puis... Il l'expulsait. Il avait tenté beaucoup de fois. Et puis, la dernière fois, il s'est fait arrêter par un chien. C'était une époque où c'était mal vu de griller les frontières. Je vous parle dans les années 80, 90, début 90. C'était mal vu de griller les frontières européennes. Aujourd'hui, c'est un droit humain. Le mec, il traversait avec ses copains entre l'Autriche et l'Allemagne. Il s'était couché Au moment où la police des frontières arrive, il s'était couché sous les sièges du train. Il s'était couché sous les sièges, lui et ses amis. Chacun a pris un siège et s'est couché pour que la police ne les voit pas. Le problème, c'est qu'au moment où ils voient les bottes de la police, ils voient aussi les quatre pattes du chien. Mais bon, le chien l'a sorti. Il est revenu en Algérie, il a eu des difficultés dans sa vie. Son père est mort. Il a abandonné tout espoir de partir. Au bout d'un moment, il a commencé à perdre. Après avoir perdu l'espoir de partir, après avoir perdu l'espoir d'une vie meilleure, il a commencé à perdre la tête. Je me souviens qu'il rôdait, il rôdait dans la ville avec un sac, un petit sac de voyages à Didas, plein de revues de karaté, des revues de karaté. Il y en a des revues de karaté, des revues... Bon, j'espère qu'il y en a toujours, je ne sais pas, mais à l'époque, il y en avait. Il avait plein de revues de karaté, anciennes le plus souvent, marchées avec, comme ça. Puis quand il me croisait, il savait que j'habitais à l'étranger, il me disait, est-ce que tu as ramené des revues de karaté ? Je lui en ai ramené des fois. Est-ce que tu as ramené des revues de karaté ? N'importe quoi, karaté, même judo je prends. Et j'essayais des fois de discuter avec lui. J'essayais de discuter avec lui. Et tu lui dis n'importe quoi, tu lui dis, tu sais... On lui parlait, on lui parlait de choses des fois de plus en plus grosses, pour essayer de sentir un peu son attachement au monde. Il avait une réponse tout le temps la même, invariable. Tu lui dis par exemple, tu sais, ils ont frappé l'Irak. C'est ce qu'il te répondait ? Ouais, mais tu sais, de ma part, ils niquent leur mère. Tu lui dis n'importe quoi. Tu sais, le président de tel pays est mort. Ah oui, mais... De ma part, tu sais, mon frère, de ma part, nique sa mère. N'importe quoi, tu vois. Machin, il y a eu une tragédie dans tel pays, un tremblement de terre, il y a eu 10 000... Ouais, mais mon frère, de ma part, moi, nique leur mère. Donc, tu comprends, il vivait dans son monde, et tout le reste, c'était nique sa mère. Et il y a des jours où, réellement, j'ai envie, ça... la paix dans laquelle il vivait. Je me demande peut-être qu'à l'époque, nous pensions qu'il avait perdu la tête. Aujourd'hui, je me demande s'il n'avait pas trouvé la sagesse, s'il n'avait pas atteint une forme de Nirvana. Il y a des jours où j'ai envie d'être pareil. Il y a des jours où j'ai envie de tout oublier, tout abandonner, m'acheter peut-être une planche de surf, l'attacher sur cette voiture, sur le toit, aller à la mer tous les jours, la jeter dans l'eau, nager, puis rentrer le soir. Puis si quelqu'un me dit, oui, tu sais, il y a le confinement, il y a le Covid, il y a un truc au Liban, il y a Trump qui a perdu les élections, il y a Trump qui a gagné les élections. Ils s'entretuent et ils ont manifesté. Tu sais ce que je répondrais ? Je répondrais, tu sais quoi, mon frère, de ma part, de ma part, tu sais, moi, tu me connais, de ma part, c'est nique sa mère, quoi. Voilà. Peut-être je deviendrai comme ça un jour. J'ai du chemin à faire, en tout cas. À bientôt, mes amis.
More from Aldo

La FIN du Royaume-Uni ? L'Ecosse, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles veulent partir !

Analyse Présidentielles 2027 : Marine le Pen remet ENCORE le voile sur la table !

Scandale "60 Millions de Consommateurs" : la France mange des pâtes contaminées au Cadmium !

2 dossiers : Accident d'autogyre en Italie & un pilote sauvé par le parachute du Cirrus






