
Monologue political commentary (French) recorded Dec 3, 2021: the speaker reflects on personal mood and uses metaphors (divided Germany, invisible walls) to argue that contemporary France is deeply divided into multiple 'Frances'. He discusses Éric Zemmour's presidential campaign challenge—arguing Zemmour risks being stuck in a ‘no man’s land’ if he cannot reach voters beyond the National Rally base—and warns that splitting the right could enable centrist candidates to reach the second round. The piece mixes personal anecdote, political analysis, and exhortation to vote.
Bonsoir mes amis, ne vous habituez pas à me voir en costume cravate, j'ai l'impression d'être en tenue de scaphandrier en termes de confort. Tout simplement, il est 22h, je rentre chez moi après une longue journée et puis je suis arrêté sur un parking qui commence à être couvert de brouillard donc je dois rentrer assez vite. En tout cas, vous savez, aujourd'hui, je n'avais pas trop le moral. Et puis, j'ai contacté une amie. J'ai pris le téléphone, j'ai appelé une amie. Et là, elle me parlait doucement. Je voulais qu'elle me raconte quelque chose qui me remonte un peu le moral, n'est-ce pas ? Et là, elle me dit « Écoute, je ne peux pas trop te parler en ce moment ». Elle parlait doucement comme ça. « Je suis chez un client. Toute la famille est dans la... dans la pièce à côté, ils sont autour de leur chien. Je vais l'euthanasier, n'est-ce pas ? Et donc, j'attends qu'ils me donnent le feu vert. Voilà. Elle est vétérinaire, vous l'avez deviné. Je suis tombé comme ça, comme un cheveu dans la soupe, en pleine tragédie familiale. Ça m'a remonté le moral quelque part en me disant Tu vois, j'ai peut-être une meilleure journée que ces gens-là. Des fois, rien que de relativiser, ça peut aider. Alors, je voulais vous parler. Je sais que je parle beaucoup de politique. J'avais deux idées un petit peu qui me trottaient dans la tête au sujet de la campagne électorale française et je ne pouvais pas les dormir sans les partager avec vous. Alors, la première, c'est la suivante. Vous savez, imaginez que nous sommes dans les années 80. Et à l'époque, vous savez, l'Allemagne était divisée en deux pays. L'Allemagne était divisée entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest, ce qu'on appelait respectivement la RDA et la RFA. Quand j'étais enfant, moi, quand on parlait d'Allemagne, On ne disait pas Allemagne, on disait RDA ou on disait RFA. Il fallait savoir de quelle Allemagne on parlait. C'était une Allemagne qui était divisée, entre autres au niveau de Berlin, par un mur. Bien sûr, le mur, on ne traversait pas l'Allemagne de part en part. Mais il se manifestait en particulier à Berlin. Mais n'empêche que dans le reste du pays, il y avait quand même des séparations assez strictes. Imaginons que nous ayons à cette époque un candidat, et puis que ce candidat a comme projet la réunification de l'Allemagne. Ce candidat va faire quoi ? Ce candidat, il devra aller parler aux Allemands de l'Est, N'est-ce pas ? Leur parler leur langage, leur parler de leurs préoccupations. N'est-ce pas ? Être proche d'eux, comprendre leurs problématiques. Et puis tenir une attitude équivalente, de manière parallèle, donc, en Allemagne de l'Ouest. Aujourd'hui, si je regarde un pays comme la France, c'est un pays qu'on peut comparer à l'Allemagne de l'Est. Mais ce n'est pas... Enfin... par certains aspects, oui, mais ce n'était pas le but de la démonstration. Je disais que, par certains aspects, on peut le comparer à l'Allemagne de l'époque. Ça veut dire que c'est un pays divisé. Mais autant l'Allemagne de l'époque a été divisée par un mur qui la divisait en deux parties, on va dire. Elle était divisée qu'en deux parties. Et c'était un peuple, on va dire, qui à l'origine était uni, qui avait été divisé depuis un certain nombre d'années. La France n'a pas un mur de Berlin, elle en a plein. C'est des murs qui sont invisibles, mais c'est des murs qui existent, qui sont même plus forts que les murs en maçonnerie. Parce que les murs en maçonnerie, il suffirait d'un bulldozer, il suffirait d'un... Vous voyez, on peut les faire tomber ces murs, ces murs physiques. On peut les faire tomber et un quart d'heure plus tard, on est en train de fêter ensemble. Les murs mentaux, les murs culturels, les murs ethniques, les murs religieux ne se traversent pas comme ça. On ne peut pas les faire tomber. Ce n'est pas de la maçonnerie, c'est beaucoup plus dur que cela et ce serait difficile de les séparer. Alors, donc je disais, si je prends mon candidat qui veut réunir l'Allemagne, c'est Eric Zemmour, c'est-à-dire que c'est un candidat et c'est en fait un challenge, c'est un défi qu'il fait face à tous les candidats, pas seulement à lui. Mais en fait, lui en particulier, parce qu'il parle de la France, il a une idée de la France unie. Mais le problème, c'est qu'il risque de se mettre dans un no man's land. Je vous explique mon idée, j'essaie d'éclairer mon idée malgré le brouillard qu'il y a autour. Le problème, c'est que lui, il parle à la France non pas telle qu'elle est, mais telle qu'il aimerait qu'elle soit. Ça veut dire qu'il parle à une France unie. La France unie n'existe pas. Il n'y a pas une France, il y a des Frances. Alors bien sûr, tout le sens de sa candidature et tout le sens de sa présidence s'il devenait président, serait justement de parler d'une seule France. Sauf que ceci est un aboutissement. Il pourrait, si jamais il faisait un mandat ou deux, et que son travail soit couronné de succès, il pourrait donc, dans ce futur-là, parler à la France qui est une, qui est une seule France. Mais à ce stade, à ce stade, il ne peut pas le faire. À ce stade justement, si la France était une, A ce stade, sa candidature n'aurait plus de sens. Vous voyez le nom d'Islande ? Vous voyez le truc ? C'est ça le problème. Donc, je regarde ses textes, je regardais sa vidéo de campagne, une langue étrangère, etc. C'est vrai que... Lui, quelque part, avec ses origines algériennes, si on va sur ce terrain-là, si on glisse vers ce terrain-là, qui est extrêmement glissant de toute façon, c'est pas quelqu'un qui est garanti croisade. C'est pareil ici. Regardez, je suis le pur produit de la mondialisation, personnellement. Pourquoi ? Je ne vis pas en France, je n'ai pas le projet d'y vivre, je ne peux pas voter, et je parle de la France en disant « nous » par moments. Tout simplement, je pense que lorsque les problèmes se mondialisent, les solutions doivent se mondialiser aussi. Et de toute façon, quand vous regardez ma hure, je ne suis pas quelqu'un qui pourrait demander une AOC et l'obtenir facilement. Cette tête là, elle ne peut pas avoir d'AOC. C'est pareil pour la tête de Zemmour. D'accord ? Donc on se comprend. Maintenant, le truc, c'est que s'il ne se transforme pas, s'il ne réussit pas à parler, s'il ne réussit pas à parler aux diverses France qu'il y a aujourd'hui, dans l'espoir, dans le but de les unir un jour, il n'ira nulle part. D'accord ? Cette France Une n'existe pas. D'accord. On s'est bien compris là-dessus. Autre chose, autre chose. Et là, ce qui explique un petit peu mon moral, peut-être pas très... un petit peu dans le jaune, vous savez. Je vous raconte quelque chose. Je parlais à un zémouriste, un zémouriste professionnel, très convaincu, très impliqué, très chaud, comme ça. Vous savez ce qu'il m'a dit ? Il m'a dit quelque chose. Il m'a laissé un message, il m'a dit C'est incroyable le nombre de personnes du Rassemblement National qui sont en train de nous rejoindre. Et vous savez, je suis les bras m'en sont tombés. Alors, vous savez, si vous réfléchissez sur le plan politique, vous pouvez trouver un intérêt à cette déclaration, à cette constatation plutôt, que le gars a faite. Mais si vous réfléchissez sur le plan mathématique, vous êtes dans cette équation tordue qui dit 1 plus 1 égale à 1. D'accord ? 1 plus 1 égale à 1. Pourquoi ? Je vous explique. Imaginons qu'on ait un parti qu'on appelle Rassemblement national qui a 30% de l'électorat. Imaginons qu'on a quelqu'un qui s'appelle Zemmour, qui, au moment où on commence notre équation, a zéro personne. Pourquoi il a zéro ? Parce que, tout simplement, il n'est pas candidat à la présidence, il n'a pas de partiste, un journaliste, un auteur, etc. OK. À un moment donné, il déclare, n'est-ce pas ? À un moment donné, il déclare qu'il veut devenir président. Et là, ce qu'on va avoir, c'est ce que ce monsieur décrivait, c'est quand on va avoir le Front National ou le Rassemblement National qui se vide, qui se vide, et de manière équivalente, le seau de M. Zemmour se remplit. C'est 1 plus 1 égale à 1. Ça veut dire qu'en fait, le jour où Zemmour atteindra 30%, le Rassemblement National atteindra 0%, à peu de choses près, Et puis, on a 30% du Rassemblement National, plus 30% de Zemmour, ça donne 30%. 30 plus 30, ça donne 30. 1 plus 1 égale à 1, ce que je vous disais au début. Vous voyez le problème ? Ça veut dire qu'en fait, Zemmour, s'il n'arrive pas à aller à la conquête d'un électorat nouveau, en particulier, je pense à un électorat qui n'aurait jamais absolument jamais voté Rassemblement National, peu importe les circonstances, je pense qu'il sera très difficile pour lui de faire mieux que ce qu'a fait le Rassemblement National. Parce que s'il se présente comme un Rassemblement National bis et commence à chasser sur les terres de ce parti-là, Je veux dire, pour apprendre des électeurs de là, les remettre ici, le résultat net sera le même, voire sera même pire. Sera même pire parce qu'on peut être dans une situation où on finit avec au premier tour La moitié des gens du candidat national voteront pour Marine Le Pen. L'autre moitié votera pour Zemmour. Quelques-uns votera un petit peu autour... Je sais pas qui va se présenter encore, mais on se comprend. Des petits candidats qui feront du 0,5%, 1%, 1,5% et tout. Et on risque de se retrouver avec Macron et Pécresse au second tour. D'accord ? Mais à ce moment-là, on arrête de regarder. En ce moment-là, de toute façon, on est foutu. À ce moment-là, c'est fini. En tout cas, vous voyez le truc ? C'était les deux choses qui me passaient un petit peu dans la tête ce soir. En tout cas, je vais vous laisser, mes amis. Je vais rentrer chez moi. Je suis fatigué. Et puis, comme je vous disais dans la dernière vidéo, je vais vous le répéter sans arrêt. Votez comme si votre vie en dépendait. Parce qu'en réalité, elle en dépend. D'accord. Très bientôt mes amis, puis... Puis bonne nuit, on se voit une autre fois.
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