France : la Repentance rencontre la Victimisation

A monologue on how France's colonial past and school narratives have created opposing psychological trajectories: victimhood in some communities, guilt in others. The speaker argues that repentance can reinforce victimization and calls for dialogue to prevent intercommunal violence.
Bonjour mes amis ! Vous savez, une sorte de calme est tombé après cette campagne électorale, campagne électorale de très mauvaise qualité, je crois que c'est un euphémisme de dire cela parce que je ne me rappelle pas avoir assisté à une campagne électorale de bonne qualité, que ce soit en France ou ailleurs. M. Macron, M. Macron n'a pas le capital patience, n'a pas le capital psychologique pour agir, on va dire, comme bon lui semble. Je m'explique. Quand un enfant a envie de faire une bêtise, très souvent il va jauger pour essayer de voir quel est le capital de passion qu'il y a chez les adultes. Il sait qu'il l'a entamé et ce qu'il va faire va dépendre en fait de la tension qu'il pète. Aujourd'hui, la France, d'après les messages que je reçois, d'après ce que je ressens, est un pays qui est extrêmement tendu. Ça signifie que ce n'est pas l'Allemagne de 2014 ou de 2013. Ça signifie que M. Macron n'a pas la même, si vous voulez, liberté d'action, psychologiquement parlant, par rapport aux réactions épidermiques qu'il peut causer. Il n'a pas la même liberté qu'avait Merkel à l'époque. Voilà ce que je cherche à dire depuis le début de cette vidéo. Il y a une tension et cette tension, je la trouve extrêmement regrettable. Et aujourd'hui, j'aimerais vous dire que nous devrions essayer de voir comment on peut la diffuser, comment on peut vivre avec. Mais vivre avec, ce n'est pas l'accepter. Comme disait Val, c'est accepter le terrorisme. Non, vivre avec, c'est essayer de trouver comment intégrer cette tension dans les Croatiens et essayer de voir comment on peut, peut être par la parole, nous en débarrasser la parole, quelque chose de très puissant. Vous savez, c'est le Verbe qui a créé ce monde littéralement. Donc le Verbe peut essayer aussi, peut tenter de ramener la paix dans ce monde. J'aimerais vous lire un cour e-mail que quelqu'un m'a envoyé. Et avant cela, sachant que je suis africain, on a bien parlé un petit peu de mon histoire, mon allégorie, mon parabole. Vous savez, quand on fabrique l'Airbus, on ne le fabrique pas, les pièces ne sont pas toutes fabriquées sur le même site. Les pièces sont fabriquées, des fois, dans divers pays. Et après, elles sont envoyées sur le site de montage. Et le site de montage, quand il cherche à placer les pièces, les unes avec les autres, qu'est-ce qui se passe ? Elles s'emboîtent, elles s'emboîtent parfaitement. Alors, quand on voit des pièces qui s'emboîtent parfaitement, des pièces d'un puzzle, elles s'emboîtent parfaitement, Il y a une cohérence entre ces pièces de puzzle. Et s'il y a une cohérence, il y a forcément une intention, pour ne pas dire une volonté. Ce n'est pas par hasard. Ce n'est pas deux usines qui se trouvent à divers endroits, qui travaillent au hasard, qui envoient les pièces et qui par hasard le collent. Donc aujourd'hui, je vais vous parler d'un puzzle. Et vous allez voir comment ce puzzle colle. Et on va essayer de sentir l'intention, la volonté qu'il y a derrière. Si tu veux comprendre pourquoi nous les blancs occidentaux sont des poules mouillées, eh bien je vais te donner une idée sur mon enfance. Je suis né en, il donne une date, déjà au jardin d'enfants, une date avant 1900, dans les années 60, juste pour vous situer. Déjà au jardin d'enfants, il y avait un Européen qui se battait avec un Africain, Arabe ou Asiatique. Le nom blanc était toujours excusé à tort ou à raison. Ça, pour moi, c'est un sujet très douloureux et je pense que ce point-là en particulier, c'est le diable qu'il y a dans ce gauchisme paternaliste. Ce gauchisme-là considère que si on juge le blanc et le non-blanc sur les mêmes critères, ça serait équivalent à prendre mixer ou merger les jeux paralympiques et les jeux olympiques et merger les athlètes valides et invalides dans le même lot et leur appliquer les mêmes règles. Donc ce système là nous considère, nous, comme des êtres inférieurs et à ce moment là, il nous applique conséquemment, il nous applique un repère moral simplifié, basique, très bas, où la barre est très bas, à notre niveau. Alors qu'au petit blanc, il va appliquer un repère moral plus raffiné, plus élevé. Et puis, on peut s'attendre quand même d'un blanc à ce qu'il s'élève au niveau de ce repère moral-là, aussi difficile d'axer que ce repère moral soit. Et vous voyez l'expression, ce que ça donne sur le terrain. L'autre expression, c'est des gens qui ont 30 lignes dans leur casier judiciaire, qui sont toujours en liberté. Alors, l'école nous culpabilisait sur la question des colonies, à tort ou à raison, peu importe. On nous gavait d'histoires de la guerre et des massacres que les Allemands ont fait. Entre autres, l'histoire de l'Holocauste. Il n'est pas allemand le gars, il est français. Chaque année, on nous traînait au cinéma pour voir des films interminables sur des sujets, jusqu'à quatre sur ces sujets, quatre à cinq heures, et écrire des rédactions sur ces sujets, des visites dans la mosquée, les synagogues, où nous devions entendre des propos culpabilisants. Exemple, les croisades, les oppressions envers les juifs. On nous a mis dans la tête que nous sommes des individus, mais que le reste du monde sont des groupes. Imagine un match de rugby, ça c'est le gars qui dit. Imagine un match de rugby, entre une équipe qui travaille comme une équipe et une autre qui ne comprend que des individus choisis au dernier moment et qui ne font qu'à leur tête. On nous a gavé de films et de bouquins sur l'esclavage des Noirs d'Amérique et l'oppression des Amérindiens. Le gars n'est pas américain, il est français encore une fois. On nous a fait comprendre que l'apartheid, les famines en Afrique, c'était notre faute. Pour être court, on nous a fait haïr nous-mêmes. Je sais pas, ils ont raté, je pense, le massacre des pygmées en Afrique. Je suis sûr que si on cherche, c'est aussi la responsabilité de ce gars. Je vais te dire, Aldo, à certains moments de ma vie, je trouvais les enfants blancs non intéressants et presque moches. Mais par contre, les petits Africains, Asiatiques, etc. étaient mignons. J'ai mis 30 ans pour me remettre de ces choses-là. Vous voyez, moi je suis de ceux qui croient que l'individu se construit à l'enfance. Il y a une base qu'on met dans sa tête et même s'il l'ignore, cette base-là qu'on lui met dans la tête durant les premières années de sa vie va le poursuivre même quand il sera un vieux monsieur. Et c'est pour ça que tous les systèmes totalitaires, tous les systèmes déviants s'intéressent à l'enfance. Et au lieu d'apprendre à l'enfant à lire et à écrire, ce qu'on peut raisonnablement attendre d'eux, à compter, à dessiner, ils vont profiter pour lui mettre ces saletés là dans la tête. Et le monsieur, il a mis 30 ans, 30 ans, trois décennies de sa vie. Vous imaginez la tension psychologique qui était la sienne pendant 30 ans pour pouvoir remettre les choses à l'endroit. Nous, quand par hasard, donc moi par exemple, On nous a donné une éducation dans nos écoles qui était complémentaire à celle-ci, qui s'emboîte avec cette éducation-là comme deux pièces de puzzle s'emboîtent. Nous, qu'est-ce qu'on nous a dit ? Nous, on nous a dit que nous étions les victimes, que nous sommes les victimes éternelles, que nous avons traversé l'histoire en prenant des coups de la part de tout le monde. Nous étions, n'est-ce pas, des pays arabes. Nous étions des pays arabes, n'est-ce pas, musulmans. Et puis, notre lumière brillait sur le monde entier. Nous étions cultivés, nous avions les sciences, nous avions les arts, nous avions la paix. Notre lumière rayonnait sur l'humanité, n'est-ce pas. On était très fort, on savait tout. Pendant ce temps-là, les Européens étaient littéralement à l'état sauvage. Et un jour, comme ça, par une forme de jalousie excessive de leur part, ils nous ont attaqués. Ils ont lancé les croisades. Ils ont tout détruit chez nous. Ils nous ont pris notre science, notre savoir. Et ils se sont développés sur cette base-là. Tu sais, moi j'étais petit, on m'a raconté ça. J'aime bien comparer souvent avec aujourd'hui parce que c'est très difficile des fois de se projeter dans le passé. Ça fait un petit peu comme si, je te dis que les Etats-Unis sont extrêmement développés. On voit des gens dans le ciel, dans l'espace, fabriquer des avions, des lasers, des missiles intercontinentaux, des sous-marins, des micro-ondes, l'Handorger, vous comprenez. Et puis un jour, les Somaliens sont jaloux d'eux. Puis la Somalie attaque les Etats-Unis. Et ils détruisent les Etats-Unis, ils déchirent les Etats-Unis. Juste comme ça, sans raison. Et puis après, les Américains, les pauvres, après, tu vois, ils sont dans la misère, ils sont dans la galère, ils sont obligés de mettre leur femme dans un sac, etc. Je vais repartir sur un autre sujet de prédilection. En termes de féminisme, je suis pire qu'une femme. Vous savez, je vais vous dire un truc, juste, je vais sortir du sujet, mais permettez-moi, je pense que c'est la marque de fabrique de l'Africain de sortir du sujet, de faire des parenthèses sans arrêt. Je peux vous dire un truc, moi, à l'époque où, vous savez, ce film qui s'appelle Pretty Woman est sorti, et puis que j'ai vu, j'étais psy, j'ai vu les femmes littéralement en pleurs devant ce film là, j'ai compris que le féminisme est une affaire trop sérieuse pour être laissé aux femmes, d'accord ? Donc, oui, parce qu'après tout, c'est quoi ? C'est une prostitution, c'est une prostituée, qu'il tombe sur un client riche qui va l'arroser de cadeaux et de trucs comme ça. Je suis désolé mais ce n'est pas un repère moral ou un repère de vie derrière lequel je trouve, je ne sais pas, ce n'est pas un exemple à fournir aux femmes en tout cas. Toujours est-il que voilà, C'est pour ça que je suis très très agressif aujourd'hui sur tout ce qui est droit de la femme. C'est pas pour la femme, faut pas croire, c'est pas comme ça. C'est parce que quand on attaque une société, on commence par les femmes en premier, c'est tout. Il faut qu'ils mettent les femmes à genoux, c'est notre tour. Donc c'est pour ça que les femmes, si tu veux, c'est... C'est la première qu'on attaque. C'est comme... Écoute, je t'explique. C'est comme si on marche dans un groupe de 3 personnes ou 4 personnes, peu importe. On est des mecs, il y a une femme avec nous, il y a quelqu'un qui vient lui donner une baffe. Quelqu'un vient l'agresser ou veut lui voler son portable. Je veux dire, quand on va la défendre, c'est pas par féminisme en quelque sorte. On la défend parce que c'est un membre d'autre groupe. C'est un autre groupe qui a été attaqué. Donc c'est comme ça que je le vis, quoi. Mais bon. Toujours est-il que je reviens à mon sujet. Je disais que notre éducation, n'est-ce pas, notre éducation a été faite sur mesure, le colonialisme. Le colonialisme, nous, c'est très simple. On nous faisait voir des films sans arrêt, des livres sans arrêt. D'ailleurs, une fois, j'ai été voir un éditeur à Alger et puis j'avais un livre à l'époque que je voulais lui proposer. Et puis, je crois que le gars, il a disparu avec l'argent, un truc comme ça. Sale histoire, je vous raconterai un jour. Et en fait, il m'a dit d'emblée comme ça. Il m'a dit, est-ce que ton livre, c'est sur le colonialisme ? J'ai dit non. J'ai réfléchi. Non, non, non. J'ai dit non. Il n'y a pas du tout. Je n'évoque pas ça. Il a soufflé. Il m'a dit franchement, les trois quarts des livres qu'on nous propose sont sur le colonialisme et la moitié des livres qu'on imprime sont sur le colonialisme. Je veux vraiment lire autre chose. Je comprends juste pour te situer. Colonialisme. Ils ont tellement bassiné avec des livres, il fallait écrire des dissertations interminables, faire des dessins, des collages, ça dépend de ton âge, ça dépend de ton niveau intellectuel, je veux dire, au bas mot, tu fais un dessin en monochrome ou tu fais un petit collage, quoi, quand tu n'es pas porté sur la dissertation, tu comprends ? Et je veux dire, il fallait fleurnicher à longueur de page, il fallait, il fallait... Et en fait, jouer la victime. Alors, Déchirement, douleur, deux choses m'avaient frappé. Déjà, quand j'observais les aînés, la génération de ma grand-mère et plus, c'était des gens qui faisaient la part des choses. Ils avaient vécu une guerre, un truc, ils ne savent même pas comment il a commencé, comment il a fini. Eux, ils étaient pris là-dedans, tu comprends ? En tant que civil, tu ne sais même pas... Cette guerre, tu ne sais même pas qui a commencé, en vérité. C'est comme ça, tu subis. Tu n'es pas un acteur. Je reproche souvent à cette nouvelle génération d'être acteur de n'importe quoi. Je veux dire, il y a des éléments géostratégiques énormes qu'ils n'ont même pas vécu, des mouvements énormes qui les dépassent, dont ils ne comprennent même pas les 1 %, et puis ils veulent être acteurs là-dedans. la nouvelle génération est beaucoup plus aigrie, beaucoup plus amère grâce à cette éducation. Cette éducation qu'on a reçue, nous, d'accord ? Et je pense que la douleur, tu sais, la douleur du colonialisme, surtout chez les nouvelles générations qui n'ont pas vécu cela, nous a un petit peu égarés, nous a fermé les yeux sur certaines réalités, que par exemple, avant l'arrivée des Français en 1830, il y avait les Turcs qui étaient là depuis trois siècles. Et l'Algérie n'était pas dirigée par les Algériens. Je veux dire, en 1962, nous on a fondé un pays, enfin pas nous, pas moi, nos grands-parents, ils ont fondé un pays. Ils n'ont pas appelé la Turquie pour dire, écoute, reprends-t'en bien. Ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Tu comprends ? Si les français n'étaient pas arrivés en 1830, moi aujourd'hui, je serais en train de servir des limonades à des touristes, à des gros touristes britanniques sur une plage d'Alger ou de Mostaganem. Il ne faut pas se raconter des illusions. Je serais Turc, je m'appellerais Mehmet ou un truc comme ça, et puis je servirais la limonade. C'est ça le truc. Il y a une histoire, une histoire très compliquée, une histoire où il y a des hauts et des bas. Il y a des points positifs dedans, des points négatifs. Toujours est-il que c'est un passé, nous sommes en 2017, d'accord ? Nous sommes en 2017 et j'aimerais bien que nous rentrions dans ce siècle. Toujours est-il que le gars, il me raconte une histoire. Tu vois, il me raconte une histoire qu'il a mis 30 ans à s'en sortir. Moi aussi, j'ai mis 30 ans à m'en sortir parce que moi, on m'a mis dans la position de victime de ce gars, tu vois ? OK. Après, on prend les deux pièces du puzzle, son éducation et la mienne, et on arrive et elles sont très congruentes, on les colle ensemble. Ça s'appelle réunir les deux pièces du puzzle. On les réunit comment ? On les réunit par l'immigration. C'est comme ça qu'on les réunit. Mais tu remarques qu'il n'y a pas de hasard. Mon éducation à moi colle parfaitement à ton éducation à toi. Tu es en train de m'attendre dans ta vie et moi, je t'attends dans ma vie. On est fait l'un pour l'autre. Tu comprends ? On est fait pour nous haïr, on est fait pour nous détester. Parce que ce qu'il va se passer, c'est que par l'immigration, moi je vais arriver, puis je vais t'en vouloir, parce que j'ai été victime, tu vois ? J'ai été victime. Alors c'est pas moi qui ai été victime, ni toi t'as été le bourreau, mais bon, mes grands-parents à moi ont souffert sous tes grands-parents à toi, bon voilà. Et on a toujours des comptes à régler, la preuve c'est que c'est actualisé sans arrêt, on laisse pas... Je ne suis pas du genre, je vous raconte des choses qui sont passées 1400 ans et avec beaucoup de détails des fois. Je ne suis pas quelqu'un qui est pour l'oubli. D'accord, je respecte tout à fait. Je pense qu'il y a, nous devons savoir ce qui s'est passé dans le passé. Nous devons faire un travail de mémoire, mais nous ne devons pas émotionaliser ce travail de mémoire. C'est ce que je cherche à dire. C'est parce que regarde, C'est comme dans la vie de tous les jours. T'as des gens de ta famille, tu t'entends pas avec eux. Ok, t'as eu des maux, on va dire, ou un malentendu. Ça crée un démon, c'est un démon psychologique. Et ce démon-là, si tu continues à le nourrir, tu continues toujours à voir leurs défauts, à se rappeler sur les dix dernières années les moindres problèmes que t'as eu avec eux et puis les rajouter, les réémotionaliser, les réénergiser. Tu vas ramener toutes ces histoires là, tu vas les ramener au premier plan et puis tu es en train de nourrir ce démon, voilà. Donc les démons du passé, ces démons qui ont fait des guerres, qui ont causé des guerres, où il y a eu des millions de morts et tout ça, il ne faut pas les réénergiser, il ne faut pas les recharger, il ne faut pas les sortir la momie et puis mettre des piles dedans et puis les démarrer. Ce n'est pas ça le but, d'accord ? C'est ça le truc. Toi et moi, donc, on est là pour nous détester. Ce qui fait que moi, je te tape dessus. Tôt ou tard, toi, t'en as ras-le-bol. T'en as ras-le-bol, tu dis bon, mais si c'est comme ça, j'ai eu beau demander pardon, j'ai eu beau faire de la repentance, ça marche pas. Fais gaffe à la repentance, ça peut me toucher parce que la repentance, ta repentance à toi, la repentance française, la repentance française, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle vient énergiser la victimisation du sud de la Méditerranée. Parce que quand tu viens t'excuser, j'ai donné cet exemple déjà, quelqu'un, imagine quelqu'un, il frappe chez toi, tu es en train de regarder la télé, il frappe chez toi, tu ouvres la porte, il y a un type, je ne sais pas, il a une boîte de chocolat, il a des fleurs, et puis tu dis, oui, c'est quel sujet ? Il dit, oui, pardon, voilà, je viens m'excuser, tu sais, je viens m'excuser très humblement parce que, voilà, j'ai violé ta petite sœur et puis j'ai ramené là des fleurs et des chocolats pour m'excuser. Tu as compris le truc ? C'est ça la repentance. La repentance, c'est exactement ça. Toi, tu ne vois pas le type qui s'excuse. Toi, tu as envie de lui mettre une tarte dans la figure. Tu comprends ? C'est ça le truc. Et la repentance, c'est-à-dire que nous, nous sommes élevés littéralement comme des victimes éternelles. Nous sommes les victimes. Nous avons traversé le temps en étant victimisés. Toi, quand tu viens faire la repentance chez moi, ça confirme ce qu'on m'a raconté, tu comprends ? Après, il faut beaucoup de travail sur soi pour comprendre qu'on nous a simplifié l'histoire, qu'on nous a raconté l'histoire de manière binaire, avec des zéros et des uns. D'accord ? Et que le monde était un merdier et il l'a été pendant des millions d'années. Tu sais, tu prends une machine à remonter le temps, tu reviens dans le temps, tu descends de la machine, tu reçois un coup de massue sur la tête ou tu reçois une flèche à travers le cœur dans les 30 secondes. Je veux dire, ta machine à remonter le temps, Elle ne tiendra pas longtemps. C'est ça le truc. Il faut bien comprendre que le monde a été emmerdié. Mais on ne va pas retransformer notre monde d'aujourd'hui en merdier juste pour rendre hommage à nos ancêtres. Je ne pense pas que ce soit le but. Le truc c'est que... Il y a beaucoup de tensions en France entre les communautés. Et j'espère que le mandat de M. Macron ne va pas venir les exacerber. D'autant plus qu'il y a beaucoup de gens qui sont des, on va dire, des nationaux. Et tu sais, le nationalisme ou le patriotisme, c'est une des raisons. C'est une des raisons, des fois, de guerre. Je ne dis pas que ça cause les guerres automatiquement et forcément. C'est comme l'honneur, par exemple. Il y a des gens, ils ont tué parce qu'ils ont senti que leur honneur était floué. Ça ne veut pas dire que l'honneur est mauvais en soi. C'est juste... Quand c'est frustré, quand c'est mal tourné, ça finit par s'exacerber et ça finit par... Tu comprends ? Si on prend quelqu'un comme ça et l'humilier, l'humilier, l'humilier, il finira par devenir violent. Ça ne veut pas dire que l'honneur, à la base, est une mauvaise chose. Non, ce n'est pas cela. C'est pareil. C'est quelqu'un... Chaque humain, un, voire un pays, même t'as des gens, ils ont des pays, mais franchement, ils ont la taille de... la taille de... Je ne sais pas moi, de la Corrèze, les pays microscopiques dans le monde. Et quand les gars, ils ont un drapeau, ils ont un gouvernement, ils ont un président, un premier ministre, une histoire à raconter. Ils remontent le drapeau le matin, ils ont même un, comment on appelle ça? Là, ces champs là, que la Marseillaise, c'est quoi la Marseillaise? C'est un. J'oublie les mots, tu vois, les mots me manquent des fois, tu comprends? Alors la Marseillaise est un. Ok, mais tu comprends, tu as compris ce que je voulais dire. Et ils ont besoin de se rattacher à ça, ils ont besoin de se rattacher à une culture. Je veux dire, même des gens comme les Danois, pardon, j'espère qu'il n'y a pas de Danois qui écoutent, mais je veux dire, le Danois, mais je n'ai jamais vu un étranger apprendre le Danois parce que tu n'as pas à apprendre le Danois pour... parler à ces grandes personnes, tu comprends ? Même malgré tout, ils ont le droit d'exister. Malgré tout, il faut rendre honneur à ces pays, à ces cultures, à leur apport. Ils ont apporté quelque chose, tu comprends ? C'est ça. Et la frustration qui s'accumule peut donner la violence. Alors, qu'est-ce qui donne la violence ? Si on regarde les guerres passées, elles ont eu lieu à cause de quoi ? Elles ont eu lieu en général à cause, sur les mille dernières années, à cause de la religion, d'accord, classique. Je ne dis même pas que la religion, c'est un mauvais truc, mais voilà, ça peut causer des guerres sur cause des ethnies, une identité. L'identité n'est pas nécessairement mauvaise, mais quand elle est flouée, quand on marche dessus, quand elle se retrouve sous les pieds, c'est clair, ça peut aller vers ça. Le foot, oui, il y a eu une guerre pour le foot. C'est vrai, c'est officiel, il y a eu une guerre. Elle a duré, je crois, 3 ou 4 jours. Mais bon, c'est pas très courant. C'est le poisson volant, ça. Il y a le nationalisme ou le patriotisme, on peut prendre ça comme une seule entité. Et en France aujourd'hui, il y a énormément de ces choses-là qui sont flouées, qui sont clairement flouées. Donc ça crée des tensions. Et il y a plein de gens qui commencent à vraiment aller dans des intentions, littéralement de guerre entre communautés. Et ça, c'est absolument insupportable. Ça m'est insupportable. Donc j'essaie, mes amis, en prenant des gants de boxe, montant sur un ring, donnant-nous des coups sur le visage, je ne sais pas, pour le colonialisme, pour la traite des Blanches ou pour n'importe quoi, réglant ça. Après, on boit un verre ensemble. Je veux dire, il faut aujourd'hui qu'il y ait de la parole. Il faut que le verbe se libère. Il faut qu'on puisse parler. J'ai envie de prendre un mégaphone et sortir et gueuler là, vous comprenez ? Il faut qu'on puisse parler. Il faut parce que ce qui se passe, les pièces du puzzle ne sont pas à la base. Alors je vous ai dit, il y a une cohérence. Cohérence veut dire intention, volonté, parfois même conspiration, permettez-moi. Ce n'est pas par hasard. Des guerres ne sont pas lancées comme ça. Il y a des spécialistes de lancer des guerres. Les guerres, c'est un business. Je peux te dire, si moi et toi, on commence à se taper dessus, d'accord ? Si je commence à te taper dessus, tu me tapes aussi. Je te garantis qu'il y aura des gens qui viendront m'armer moi pour te taper dessus, qui viendront t'armer toi pour que tu puisses me taper dessus et qui se feront du fric sur nous deux. Je veux dire, soyons... Parlons. Regardez, je vous explique un truc. Dans la vie, tous les jours, il t'arrive des fois d'être manipulé. On te dit un truc mauvais, quelqu'un... Il y a des fois, il y a des fois des gens comme ça, des gens qui foutent la merde entre les gens, qui racontent des trucs à celui-là, à celui-là, ils aiment bien la zizanie. On est manipulé, d'accord ? Donc la personne conspire pour créer. clash entre les gens. Comment les gens peuvent résoudre ce problème ? Généralement, en se faisant confiance et en parlant. Carte sur table, voilà ce qu'on m'a raconté, voilà ce que je pense, voilà ce qu'on m'a dit. Toi aussi, vas-y, raconte-moi, dis-moi tout, n'aie pas peur, tu ne veux pas me fâcher, vas-y, raconte-tout. Et à ce moment-là, on va se rendre compte qu'on est les dindons d'une grosse farce. Et c'est à ce moment là qu'ils ont rajouté une couche extraordinaire qu'on appelle le politiquement correct. Le politiquement correct nous empêche de nous parler parce que nous sommes, nous avons des trajectoires convergentes, nous allons au clash. Mes amis, je vous le dis, on va se taper dessus. On va se taper dessus. Alors je vous dis parlons. Il y a des gens qui disent attention, gendarmes, gendarmes, politiquement correct. Non, là, il va falloir faire des choix. Il va falloir qu'on parle. Si vous voulez, on parle. J'enlève ma chemise. On s'assoit autour d'un, je ne sais pas, d'un verre, d'un ring de boxe, de ce que vous voulez et on parle et on met tout sur le sol et on discute. C'est mieux que de se taper dessus. Voilà, mes amis, je vous laisse. Je vais partir et j'espère que j'espère que.
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