Grand Reset & Censure : de Bill Clinton à Klaus Schwab

Monologue français expliquant comment, à partir des années 1990 (Procès Prodigy/Stratton Oakmont) et de la loi américaine de 1996 (Communications Decency Act, Section 230), la censure a été partiellement externalisée aux entreprises privées, permettant aux plateformes de devenir des arbitres de l'expression — jusqu'à bloquer des présidents (cas Trump) et des applications concurrentes (Parler). L'auteur relie cette évolution à une perte de souveraineté des États et à l'émergence d'un "stakeholder capitalism" (Grand Reset) qui renforcerait le pouvoir des PDG et des entreprises aux dépens des citoyens.
Mes amis, bien le bonsoir. J'ai vu que M. Attal est devenu Premier ministre en France. Quand j'ai vu ça, j'ai fermé les news. J'avais pas envie d'en savoir plus et je crois que vous non plus. On va feindre d'ignorer pour le moment. On en parlera une autre fois. Aujourd'hui, je voulais vous parler d'autre chose. Je suis venu pour évoquer un sujet qui me tient à cœur. Vous savez, les médias sociaux, comment ils sont devenus très puissants, trop puissants, plus puissants même que des États. Et c'est eux qui décident ce qui se dit, ce qui ne se dit pas. C'est eux qui décident les idées, les courants politiques ou autres auxquels on est exposé ou bien pas. Ils ont acquis une force de censure et peuvent aussi par cette force manipuler des élections, ils peuvent par cette force-là manipuler des opinions sur des questions sociétales extrêmement importantes et nous arracher, nous en tant que citoyens, le droit justement d'intervenir, de discuter et de débattre de ces questions-là. Je vais vous raconter comment ça a commencé et d'où ils puisent leur force. Alors, ça sera très centré sur les Etats-Unis. Pourquoi ? Parce que les médias sociaux que nous subissons viennent des Etats-Unis. Tout simplement, l'Europe a raté le virage des médias sociaux. Simple. Youtube, Instagram, Facebook, Twitter, tout ça vient des Etats-Unis. Pourquoi ces start-up, quand elles étaient à l'état de start-up, ne sont pas nées en Europe ? Probablement parce qu'en Europe, elles auraient déjà tué, sous la réglementation, la taxation, et tout, et tout, et tout. Donc, ce qui veut dire beaucoup de choses sur l'Europe, en termes de capacité d'innovation. Ça signifie qu'aujourd'hui, oublions le virage des médias sociaux, on l'a raté en Europe. La question que je me pose, quel est le prochain virage qu'on ratera ? On peut quand même se demander. Quelle sera la prochaine donne ? Ce sera quoi la grande itération ? Je ne sais pas quel nom lui donner, qui arrivera et qu'on ratera et qui se lancera aux Etats-Unis et qu'on n'aura qu'à subir au final. Nous sommes dans les années 90. Vous savez qu'aux Etats-Unis, il y a une constitution dont le premier amendement dit que Voilà, grosso modo, tel qu'on le présente, de manière un petit peu sommaire, garantit la liberté d'expression. Mais en fait, il ne garantit pas vraiment la liberté d'expression. Si on le lit, il est beaucoup plus subtil que ça. Il dit que le Congrès américain n'a pas le droit de restreindre la liberté de parole des Américains. Donc, premier amendement, protège les Américains, protège leur liberté d'expression contre les attaques venant de qui ? venant du Congrès américain, en d'autres termes venant de l'État américain. Ça veut dire quoi en d'autres termes ? Ça veut dire que si l'attaque sur la liberté de parole vient d'une entreprise, on ne peut pas lui opposer le premier amendement ? Vous voyez ce que je veux dire ? Et c'est ça d'où vient toute la perversité de ce que je suis en train de vous raconter. Nous sommes dans les années 90 et on va avoir, nous on est sous la présidence de Clinton, Clinton à l'époque était jeune, il faisait un petit peu Macron, il jouait au saxophone, tout ça, il était très populaire dans les médias. Mais lui, c'était un gars dont on n'a pas fini de mesurer toute la perversité jusqu'à nos jours d'ailleurs. Et en fait, ce qu'il a voulu faire, c'est trouver le moyen d'externaliser la censure ou de sous-traiter la censure au niveau du privé, d'ailleurs. C'est une évolution sociétale, et pas seulement sur l'expression, c'est une évolution sociétale qui correspond à un mouvement très profond en Europe et aux États-Unis et en Occident de manière générale, où on a des États de plus en plus faibles parce qu'ils ont donné leur pouvoir à des entreprises. Ça veut dire que viendra un jour où la Constitution, le Code civil, le Code pénal, tout ça, ça ne voudra rien dire. Ce qu'il voudra dire, c'est les conditions et les termes d'utilisation d'un média social ou d'une entreprise. C'est le règlement d'une entreprise qui sera plus important que la loi. Tu peux, aux yeux de la loi, n'avoir rien fait, mais par rapport à une entreprise, ta posture intellectuelle ou idéologique ou tes propos ou ta tête ou autre, peuvent tomber sous le coup de leur loi.
D'accord ?
Donc, on voit qu'on a, si on regarde bien, On a les États qui perdent leur souveraineté. Ils ont vendu leurs moyens de production, ils ont tout vendu, ils ont tout privatisé. Donc l'État vend, vend tout, vend jusqu'à ses immeubles et tout ça. Vend sa souveraineté en transférant. Ça fait partie, ça fait partie de la chose. Regardez, quand on parle du Frexit, on apprenait, je sais pas moi, je prends le parti de Florian Philippot, il parle de Frexit. C'est quoi le Frexit ? Le Frexit, en d'autres termes, c'est une nationalisation de la souveraineté nationale. C'est simple, vous voyez le truc ? Quand on a des pays, prenez des pays africains par exemple, en particulier, par exemple, je prends l'Algérie 1962, France en indépendance, tout ça, l'Algérie moderne née, que se passe-t-il ? L'Algérie part par la suite dans un mouvement de nationalisation, ça signifie ils veulent que les moyens de production, l'hydrocarbure par exemple, appartiennent à l'État. On a un mouvement de nationalisation, c'est quoi le contraire ? C'est un mouvement de privatisation. Donc, le Frexit est un mouvement en réalité de nationalisation, mais pas d'un outil de production d'une matière première, mais c'est un outil de nationalisation de souveraineté. Donc que font les États ? Les États, une fois qu'ils ont vendu leurs outils de production, les matières premières et tout, ils ont vendu les autoroutes, les aéroports, les compagnies aériennes, toutes les mines, tout ça, tout ça, tout ça, Qu'est-ce qu'ils font ? Ils ont commencé à vendre leur souveraineté. Donc, par exemple, à l'Union Européenne, à l'OMS, à l'ONU, signe des pactes, des pactes opposables qui font que le pouvoir de décision est de plus en plus retiré des États. En réalité, l'État est en train de se saborder. Pourquoi ? Pourquoi l'État se saborde ? Enfin, l'État se s'aborde pour te s'aborder, toi. C'est-à-dire que l'État, dans un système démocratique, finalement, la volonté étatique n'existe pas. La volonté étatique n'est que... Elle émane de la volonté populaire.
D'accord ?
Alors, qu'est-ce qu'on veut ? On veut que l'État soit un coquille vide. Ça signifie, on veut en réalité que ta volonté populaire ne puisse aller nulle part. Tout est imposé depuis dehors. Alors, les États perdent leur souveraineté. Je disais économique, mais aussi leur souveraineté sur le sens politique. Par la suite, Nous, en tant qu'individus, en tant que citoyens, on perd aussi nos droits et on perd aussi notre souveraineté, parce qu'on a un état de plus en plus faible qui finalement ne peut pas incarner notre volonté, parce qu'il est inexistant. Ce que je disais, c'est que dans le principe global, on est en train de chercher à faire en sorte que les entreprises puissent, elles, finalement, avec leurs lois, avec ce qu'ils appellent leurs termes et conditions et leurs conditions générales et règlements généraux, puissent supplanter les constitutions et les lois et tout ça.
D'accord ?
Bill Clinton, je disais, cherchait à défoncer la protection constitutionnelle sur la liberté de parole, d'autant plus qu'on est dans les années 90, que se passe-t-il ? Il y a l'Internet. L'Internet n'est pas né dans les années 90, il est né bien avant, il est né deux décennies avant, mais avant, c'était plutôt un réseau militaire. Sauf que dans les années 90, il a commencé à se libérer, il a commencé à se démocratiser, il a commencé à devenir grand public. Il fallait trouver le moyen d'empêcher les gens de parler. D'autant plus que parler, il y a parler et parler. Du moment qu'on t'interdit d'utiliser des moyens d'expression efficace, par exemple, on t'interdit de véhiculer telle ou telle idée sur Internet. On n'a pas besoin de t'interdire autre chose. Regarde bien. Je m'explique. Si on t'élimine, on t'enlève les moyens de communication de masse. Par la suite, on s'en fiche pas mal si on te laisse tout seul, tu vas dans un parking, tu montes sur une chaise ou sur un carton et tu parles. Il y aura 2-3 personnes pour t'écouter. Tes idées ne vont pas porter loin. Tu vois ce que je veux dire ? Donc la censure sur Internet est extrêmement importante pour Bill Clinton. Alors, que va-t-il se passer ? Dans quel ordre les choses vont arriver ? On va avoir, en 1995, on va avoir la volonté de Bill Clinton de faire passer une loi. Sauf qu'il fallait Il fallait qu'il y ait de la demande. Il fallait qu'il y ait une demande. Alors, c'est né comme ça. 1995, la Cour suprême de New York. On a une compagnie qui s'appelle Stratton Oakmont qui porte plainte. C'est une compagnie financière. Ils font des investissements et tout ça. Cette compagnie-là porte plainte contre un fournisseur d'accès qui s'appelle Prodigy. Prodigy fournit de l'accès et l'un des utilisateurs de Prodigy, du réseau Prodigy, a posté sur un BBS, c'est l'ancêtre du forum, a posté un message disant que la compagnie financière Stratton Oakmont mentait sur ses comptes, falsifiait ses comptes, arnaquait ses clients, qu'elle manipulait le cours des actions et que c'était finalement une grosse arnaque, une grosse escroquerie. Cette compagnie a porté plainte contre Prodigio. Prodigy en dit, oui, mais nous, vous ne pouvez pas porter plainte contre nous, nous, on est un transporteur de données. Tout simplement, c'est comme si quelqu'un t'appelle au téléphone et il te menace de mort ou il t'insulte. Tu ne peux pas porter plainte contre la compagnie de téléphone en disant qu'ils sont complices, qu'ils ont transféré le message, donc ils sont complices. Tu ne peux pas faire ça. L'affaire arrive devant la Cour suprême de New York. Que va-t-il se passer ? Eh bien, Prodigy va perdre face à Stratton Oakmont. Et pourquoi ? Quelle est la raison ? Parce que, devant cette même cour, si on revient à les années précédentes, il y a eu des plaintes contre un autre fournisseur célèbre à l'époque, Campuserve. Il y a eu des plaintes exactement similaires pour les mêmes raisons. Campuserve a toujours gagné ses procès devant cette même cour. Pourquoi Prodigy l'a perdu ? C'est dans ce détail que se niche le diable. Alors, que s'est-il passé ? Le juge et les avocats, justement, de Straton, Oakmont, On dit que Prodigy censurait les messages. Il y avait des modérateurs qui censuraient les messages sur son réseau, alors que CompuServe ne le faisait pas. De la sorte, le juge a dit, du moment qu'il censure les messages, ce ne sont plus juste un fournisseur ou un transporteur de données neutre. Ils ont une ligne éditoriale, donc ils modifient les messages. Prodigy en dit oui, mais ce message-là en particulier, cet utilisateur, on ne l'a jamais censuré, on n'a jamais traité ces messages. Le juge a dit je m'en fiche. Du moment que vous traitez ou que vous censuriez, ne sera-ce qu'un seul message. sur votre réseau social, nous, nous considérons en tant que cours que vous avez l'inéditoriale, que vous participez à l'édition des messages. Donc, si ce message qui dit « Femmes, Straton Augment » est passé, c'est qu'il correspondait finalement à votre ligne éditoriale, même si dans l'absolu, on vous croit. Vous ne l'avez peut-être même pas vu, mais bon, c'est comme ça. Prodigy perd, Straton Augmente gagne. Et en plus, le détail de l'histoire, on va parler d'autres choses maintenant, mais le détail qui tue dans cette histoire, c'est que l'utilisateur qui a posté ce message sur le BBS avait 100% raison sur Straton Augmente. Oui, c'était des escrocs. Oui, c'était une compagnie de voyous. D'ailleurs, plus tard, Cette compagnie-là et son PDG qui fera de la prison, d'ailleurs la compagnie quelques mois plus tard sera interdite de trader par le régulateur, il y aura une enquête financière par le gendarme de la bourse, par la police. Son PDG fera de la prison et il sera rendu célèbre bien plus tard dans un film avec Leonardo DiCaprio, le loup de Wall Street. Le loup de Wall Street basé sur une histoire réelle, l'histoire de qui ? L'histoire de la compagnie Stratton Oakmont et de son PDG, de son sinistre PDG. Vous voyez l'idée ? Que se passe-t-il ? Les fournisseurs d'accès, quand ils ont vu que Prodigy a perdu parce qu'elle censurait alors que CompuServe n'a pas perdu parce qu'elle ne censurait pas, à ce moment-là, les fournisseurs d'accès ont dit « Oula, on arrête, nous on ne censure plus, on ne touche plus aux messages d'Internet, on laisse les choses passer, on ne les touche plus parce que toucher le moindre message va faire en sorte qu'on déclenche une responsabilité financière, on déclenche une responsabilité devant la justice. » Les défenseurs de l'Internet libre, les premiers anarchistes de l'Internet ont raté une occasion en or de se taire. Qu'est-ce qu'ils ont commencé à faire ? Ils ont commencé à monter au créneau, ils ont commencé à dire on va tuer l'Internet, on va tuer l'Internet. Ils auraient dû juste se taire et laisser les choses se faire. Ils sont montés au créneau, ils ont été bien sûr agités par des médias, par des médias classiques, n'est-ce pas, qui eux, bien entendu, ne portaient pas nécessairement l'Internet sur leur cœur. Et puis, les médias militants ont porté cette voie-là. Et puis après, Bill Clinton a dit, non, on va quand même faire quelque chose, ce n'est pas possible, on va quand même protéger l'Internet. C'est là qu'arrive deux choses. Arrive en 96, un an après, arrive la loi de 1996, le Decency Act. Decency of Communications Act, la décence des communications. Regardez comme ils appellent toujours leurs lois, ils leur donnent toujours un nom qui va plaire à l'aménagère moyenne, parce qu'ils savent bien que les gens ne lisent pas au-delà du titre. Donc, l'aménagère moyenne, on lui dit écoutez, on veut défendre un Internet propre, voilà, on veut retirer du contenu indécent et tout, donc oui. Là, l'aménagère moyenne va approuver et elle dira, Bill Clinton est un bon président. D'ailleurs, il a fait deux mandats. Maintenant, que s'est-il passé ? Ils vont tenter de faire passer le Decency Act. Ils ont eu quelques soucis au départ parce que les définitions de ce qui était indécent étaient tellement vagues qu'il y a des constitutionnalistes qui ont réalisé l'arnaque. Donc ils ont essayé de bloquer certains partis de la loi. Ils ont réussi. Et là, on va adjoindre à la dernière minute à la loi ce qu'on a appelé la section 230 avec son principe de ban samaritain. C'est quoi le ban samaritain, le concept de ban samaritain ? Le ban samaritain, c'est quelqu'un qui sauve une personne alors qu'il n'est pas du tout impliqué dans la situation et il n'a pas du tout à le faire. Il n'aurait même pas été poursuivi s'il sauve la personne. Genre, il y a un immeuble en feu. Il n'y a aucune obligation pour quelqu'un qui regarde dehors de rentrer dans le feu, de se prendre des risques pour aller sauver des gens. Il a l'obligation de téléphoner aux pompiers, par exemple. Il a l'obligation d'aider quelqu'un s'il ne prend pas lui-même de risque. Pareil. t'es devant une mer déchaînée, il y a quelqu'un qui s'approche pour prendre une photo, il tombe dans l'eau. Il n'y a aucune obligation légale pour toi d'aller sauter derrière pour le sauver. On ne va pas te poursuivre pour non-assistance à personne en danger. La non-assistance, c'est seulement quand il n'y a pas de risque et qu'on n'assiste pas et qu'on ne prête pas secours. Mais la loi n'oblige pas les gens à prendre des risques pour d'autres. Mais par contre, effectivement, on est obligé quand même de téléphoner aux pompiers ou à l'artélémètre nageur ou lui jeter une bouée si on peut le faire et tout ça. Maintenant, ils vont créer un concept de bon samaritain sur cette loi. Ils vont dire quoi ? Ils vont dire que le fournisseur d'accès agit en bon samaritain, si en toute bonne foi, il retire un contenu pour protéger les gens.
D'accord ?
Donc, quand il bloque une idée, Quand il bloque quelque chose parce qu'il ne veut pas que tu penses cela, ou bien que toi tu penses quelque chose, tu as une analyse politique ou une analyse sociétale et tu la partages, il faut voir une chose, on n'a jamais été, je crois, de l'histoire de l'humanité, on n'a jamais été, on n'a jamais eu une humanité aussi formée que maintenant. On n'a jamais eu une humanité qui a le plus de bac+, qui a le plus de diplômes, qui a accès à plus d'informations, à plus de livres et tout ça, qui parle le plus de langues, qui voyage le plus, d'accord ? Si on compare au siècle passé, je veux dire, tout ce que nous avons aujourd'hui de manière démocratique, était très élitiste. Pourtant, aujourd'hui, on a des gens, on a des modérateurs qui peuvent venir bloquer des professeurs, qui peuvent venir bloquer des bacs plus 10, qui peuvent venir bloquer des prix Nobel et tout ça. Et je vais vous raconter comment ça s'est mis en place. Donc, ils vont déclarer le principe que le fournisseur d'accès était un bon samaritain et le bon samaritain ne peut pas le poursuivre. Je donne un exemple. Quelqu'un fait une crise cardiaque. Ce que tu fais, tu vas essayer de lui faire un massage cardiaque. Tu casses une côte. Ça ne va pas arriver. Il ne pourra pas porter plainte contre toi parce que tu es un bon samaritain, tu as agi en bonne foi pour le sauver.
D'accord ?
Il ne pourra pas se retourner contre toi. Et pourquoi existe la loi du bon samaritain ou le concept de bon samaritain ? Il existe dans les principes du droit. C'est pour éviter qu'on arrive à des situations comme la Chine, par exemple, où il voit quelqu'un tomber devant eux ou autre et il ne touche pas parce qu'ils se disent si je le touche, j'arrive devant la police. Ils vont dire c'est de ta faute. Si tu l'as aidé, c'est que c'est toi qui es responsable de son état et tu dois le payer ou le dédommager toute sa vie ou aller en prison pour lui.
D'accord ?
Donc c'est pour ça qu'il y a cette loi. Maintenant, ils ont rajouté ce qu'on appelle, donc au cœur de ce principe de banque samaritain, ils ont créé ce qu'on appelle la section 230. Alors la section 230, qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit que le fournisseur d'accès ne sera pas poursuivi si, en toute bonne foi, il va supprimer du contenu qu'il trouve choquant, qu'il trouve indécent. Donc il y a un certain nombre de qualificatifs qui sont mis en place. Mais le pire, c'est ce qui arrive à la fin. Et il rajoute que ce contenu soit protégé par la Constitution ou non. Voilà l'idée. Toute cette loi, tout ce que je vous raconte depuis le début, c'était pour Bill Clinton. C'est une manœuvre pour faire passer cette histoire de qu'il soit constitutionnel ou non. Ça veut dire, à ce stade, 1996, l'État américain réussit à sous-traiter la censure, qui est anti-constitutionnelle aux États-Unis, réussit à la sous-traiter aux entreprises. Il y a des gens qui ont tenté pendant des années d'attaquer cette loi sur la base que le censeur, l'entreprise qui fait de la censure, devient, par le biais de cette loi, devient un acteur étatique. Ça signifie qu'on peut dire que, quelque part, l'État américain est en train de censurer les gens en utilisant les entreprises qu'on bat, qu'on bat de censure.
D'accord ?
Parce que la loi n'est pas restrictive. Elle dit que l'état américain n'a pas le droit de censurer, mais elle limite pas les moyens qu'il pourrait utiliser pour atteindre cette censure. Donc, ils ont tenté cela, et il y a eu à l'époque de Trump, si vous vous rappelez, il y a eu des mouvements, qui ont été soutenus même par Trump, si je me souviens bien, qui disaient qu'il fallait faire sauter la section 230 du Decency Act de 1996. Vous voyez le truc ? On arrive donc progressivement. 2000, c'est quand ? On arrive en 2000... Je ne me rappelle plus la date. C'est quand qu'il a sauté Trump ? On est en 2020 ? Non, non, pas en 2020. Bon allez, grosso modo en 2020, 2019. Un trou de mémoire. Je disais. Que se passe-t-il ? Il y a Facebook qui bloque le président des Etats-Unis, qui bloque Trump. Dans la foulée, il y a Twitter, c'est avant le rachat par Elon Musk, qui bloque également Trump. Et on se retrouve dans cette situation abracadabrante où des entreprises privées bloquent le président des Etats-Unis et l'empêchent de communiquer avec le peuple américain. à un moment où ces médias sociaux sont le moyen par défaut de communication. C'est comme si on lui avait bloqué le téléphone ou autre. C'est comme si à l'époque Kennedy, on lui avait bloqué le téléphone à la Maison Blanche, on lui avait bloqué le fax par exemple et empêché de parler à la télévision. C'est littéralement un coup d'État. Les entreprises, donc Trump, se retrouvent à faire appel pour pouvoir parler au peuple, non pas, alors attention c'est extraordinaire, non pas à une cour suprême par exemple ou à une institution étatique, mais se retrouvent à faire appel à des entreprises privées. Et c'est dans le bureau de PDG que ça se décide si le président doit parler ou pas, ou peut parler ou pas, et ils disent non, il ne parlera pas et on le bloque.
D'accord ?
Vous voyez le truc ? Les entreprises, chez qui l'État a externalisé son pouvoir. Ça signifie, n'avait pas ce pouvoir régalien aux États-Unis. Mais finalement, il leur a donné cette possibilité-là. Ça signifie qu'ils sont devenus plus puissants que l'État. L'État n'a pas le droit de censurer aux États-Unis, mais les entreprises si. De sorte que finalement, elles censurent l'État. Elles censurent même le chef de l'État.
D'accord ?
C'est une manière de montrer leur indépendance et leur force. Il y a un réseau social parlé. Parler avait décidé à l'époque de ne pas bloquer le président des Etats-Unis. Que se passe-t-il ? Google bloque l'application Parler sur sa place de marché. Apple fait pareil. Deux compagnies concurrentes Deux compagnies qui ne sont pas censées faire de l'entente. Vous savez, l'entente entre des compagnies concurrentes, ça s'appelle de l'entente illicite. Quand elles s'entendent sur les prix ou des choses comme ça, c'est de l'entente illicite. Là, elles font une entente pour bloquer sur les plateformes Android et les plateformes iOS l'application Parler. Le régulateur américain ne trouve rien à redire.
D'accord ?
Par la suite, donc il y avait 15 millions d'utilisateurs de Parler à l'époque. Les gens qui avaient l'application sur leur téléphone pouvaient continuer à l'utiliser, mais les nouveaux qui voyaient Trump disparaître des réseaux sociaux classiques, qui voulaient aller sur Parler, ne pouvaient pas parce que l'application ne pouvait pas télécharger. Ils pouvaient encore l'utiliser sur PC, mais ils ne pouvaient pas télécharger sur leur système mobile. Que se passe-t-il ? Les gens qui suivent AWS, Amazon, fournisseurs de cloud, bloquent Parler. Du jour au lendemain, ils leur verrouillent tout. Et en fait, c'est là que le Big IT, a fait un coup d'état et s'est défini comme force politique à part entière. Ils ont fait sauter Parley, donc Parley a dû fermer. Et puis, il est mort. Il a tenté de renaître de ses cendres quelques mois plus tard, mais il n'a jamais. C'est trop tard. C'était foutu. Il ne pouvait plus fonctionner parce que quand un réseau social s'interrompt pendant des mois et des mois, il ne faut pas croire que les utilisateurs vont juste attendre qu'ils reviennent en ligne pour se reconnecter. Donc, c'est foutu. Il est fermé à ce jour. Donc, il faut savoir une chose. Quand on rentre dans le data center de n'importe quelle société, qu'elle soit une banque ou un réseau social, on a ce qu'on appelle un système multivendeur. On va trouver du Juniper, on va trouver du Cisco, du Microsoft, du Red Hat, du ServiceNow, on va trouver plein de compagnies, de l'HP, du Dell, du machin, du VMware, de l'EMC, on va trouver des dizaines, si ce n'est pas des centaines de vendeurs différents. On dit que c'est un environnement multivendeur. Maintenant, le truc, c'est que ces compagnies, aussi bien concurrentes qu'elles soient, ont une vision convergente quand il s'agit de renforcer leurs forces et renforcer la force de frappe politique de leurs PDG, de leurs actionnaires et de leurs directeurs et de leurs responsables. nous sommes en train de glisser vers le concept de grand reset de Schwab, vers le capitalisme des parties prenantes, shareholders capitalisme. C'est le capitalisme des parties prenantes. Ce capitalisme dit quoi ? Ce capitalisme dit que... Regardez le vice. Il dit que la société ou l'entreprise n'a pas de devoir uniquement envers ses actionnaires, d'accord ? Elle a un devoir envers la société en général. Elle a un devoir envers toutes les parties prenantes. Les parties prenantes, c'est qui ? Les parties prenantes, c'est les citoyens, les gens, les chiens, les chats, la nature, le climat. les peuples opprimés, les gens qui sont dans une transsectionnalité, qui sont discriminés pour des raisons XY, les migrants, les réfugiés, vous voyez ce que je veux dire ? Les générations futures, ça signifie que l'entreprise a un devoir envers tout ce monde. Vous voyez, Friedman a eu dans les années 70, Milton Friedman a eu un prix Nobel en disant, la seule responsabilité d'une entreprise, la seule responsabilité sociale d'une entreprise, c'est faire de l'argent pour ses actionnaires.
D'accord ?
Une autre manière de dire, vous faites de l'argent et vous vous taisez. D'accord ? On ne veut plus entendre parler de vous. Or, ce n'est pas ce que veulent les entreprises. Les entreprises veulent avoir le droit. Mais quand on regarde le chauvabisme, quand on regarde le chauvabisme, c'est pris dans l'autre sens. On ne va pas te dire que l'entreprise a des droits sur toi. L'entreprise a le droit de t'éduquer, a le droit de faire en sorte que tu ne penses pas à certaines choses, tu ne dises pas à certaines choses, d'accord ? Elle a le devoir de t'imposer certains choix, elle a le devoir de t'imposer des choix alimentaires, des choix vestimentaires, des choix de vie. L'entreprise, on ne va pas te dire ça, parce que là tu vas crier au fascisme, d'accord ? On ne va pas te dire ça. On va te dire le contraire. On va dire l'entreprise a le devoir d'agir pour toutes ses parties prenantes, d'accord ? Et là, c'est là qu'on ouvre la boîte de Panda. Et c'est là qu'effectivement, on commence à avoir des entreprises plus puissantes que des Etats.
D'accord ?
Pour les entreprises, il faut que je vous fasse peut-être une vidéo spéciale sur le Stakeholder Capitalism. Parce que vous savez quoi ? Le capitalisme est parti prenant. C'est une horreur absolue. C'est une des théories de ce siècle qui causera beaucoup de morts, je vous le dis. D'ici la fin du siècle, il y aura beaucoup de morts à cause de ça. Les entreprises aiment bien entendre cette histoire, aiment bien cette logique de Stakeholder Capitalism parce que ça renforce leur pouvoir et ça renforce le pouvoir de leur PDG. Regardez combien de PDG ont voulu devenir président ou ont fait de la politique. Juste chercher, googler combien de PDG ont voulu faire de la politique. D'ailleurs Trump, c'était quoi avant de faire de la politique ? C'était un PDG quoi, d'accord ? Il y a toujours des gens qui arrivent, qui se hisent très haut dans le business, très rapidement se disent, moi j'aimerais bien faire de la politique. Ok, il n'y a pas de problème s'il veut faire de la politique. Si un PDG veut faire de la politique, il n'y a aucun problème, il y a un mécanisme pour ça qui s'appelle le vote. Il n'a qu'à créer un parti politique ou se faire nominer par un parti politique et aller devant les urnes. Or, eux, ils ne veulent pas ça. Ils ne veulent pas aller devant les urnes. Eux, ce qu'ils veulent, c'est, dans leur bureau, décider et nous imposer, justement, nous imposer leurs décisions. Et c'est pour ça qu'ils disent nous avons le devoir, nous avons des devoirs envers vous, d'accord ? Nous avons le devoir d'améliorer votre vie, d'améliorer votre univers mental, d'améliorer la nature, de protéger vos enfants, de protéger les générations futures et tout ça. Et en fait, c'est une manière dictatoriale, totalitaire de te dire tu subis notre diktat, d'accord ? Voilà, je pense qu'on est assez dit pour aujourd'hui. Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire sur le sujet. Je vous ferai peut-être une autre vidéo, voilà. Tout ça pour ne pas penser à Tal, d'accord ? Voilà, c'est tout. Je vous laisse, mes amis. Merci d'avoir écouté jusqu'ici. Et puis aussi, pour ceux qui sont jusque-là, mon livre, vous savez, je ne fais jamais de publicité pour mes livres. Je ne suis pas très bon en pub. Mon dernier livre sur le covidisme, le climatisme et tout ça, vous savez, le wokisme, les nouvelles religions de l'Occident. Il est très, très bien, très bien en train de se vendre sur Amazon. Les gens aiment beaucoup. J'ai des commentaires très élogieux à ce sujet. N'hésitez pas à l'acheter, à l'offrir et le lire et venir me dire ce que vous en pensez. Merci beaucoup encore une fois et à très bientôt.
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