
Narration tracing the origins of modern jihadism through Pakistan's 1970s–80s history: in 1976–77 Prime Minister Ali Bhutto elevates General Zia ul Haq, who stages a coup, prosecutes Bhutto, and then pursues an Islamist program to consolidate power. During the 1979 Soviet invasion of Afghanistan the US (CIA) and later Reagan-era actors support anti-Soviet fighters via Pakistan, turning Pakistan into a hub that attracted foreign volunteers and weapons (including Stinger missiles). The speaker links US/CIA marketing (religious incentives) to recruitment, recounts a 1988 weapons-depot explosion with large casualties (reported here as ~1,300+) and the C-130 crash that killed Zia (and the US ambassador), and argues these developments seeded transnational terrorism reaching into Europe.
Questions this video answers
Ali Bhutto (also spelled Bhutto).
General Zia ul Haq (called Général Zia in the narration).
1979 (end of 1979).
Colonel Muammar Gaddafi (Libya).
Stinger missiles (man-portable air-defense missiles).
Bonjour tout le monde, je vais vous raconter une petite histoire. Si ça vous intéresse, vous pouvez toujours aller la creuser pour avoir les détails. Alors, l'histoire commence en 1976. Le premier ministre pakistanais s'appelle Ali Bhuttou. Il est là dans un contexte démocratique et il fait partie d'un clan politico-financier très important au Pakistan. Il avait pour mission de promouvoir un militaire au rang de général 4 étoiles, qui est le rang le plus élevé dans l'armée pakistanaise. Boutou va réfléchir en tiers-mandiste, c'est-à-dire que vous savez le concept du tiers-mande c'est quoi ? Ça signifie qu'au lieu de mettre au pouvoir ou au poste à responsabilité les personnes les plus compétentes, on va mettre les personnes les moins dangereuses. Ça signifie les personnes qui ne vont pas menacer les clans qui les ont mis au pouvoir. Alors, Boutou va sauter cette personne qui avait la séniorité requise pour ce poste de général 4 étoiles. Il va prendre un type qui a une sorte de charisme d'une porte de placard, qui a les cheveux plaqués sur la tête à la pommade et tout ça. Et en fait, dans sa logique, Boutou se dit, ce gars ne va jamais avoir des prétentions politiques. Et bien sûr, les mauvaises idées qui vont avec. Et en fait, là, Boutou se trompe complètement. Le gars s'appelle le Général Zia. On l'appelle Général Zia, mais en fait, son nom complet, c'est Zia ul Haq, ou bien Zia ul Haq, qui signifie lumière de la vérité. Enfin, tout un programme. Le général Silla, une fois qu'il arrive à son bureau, juste après la cérémonie, en fait, dans l'heure pratiquement, il commence à planifier un coup d'État. Ça signifie que Ali Boutou s'est trompé complètement. Mais en fait, il va le payer très cher, Ali Boutou, vous allez voir. Et ce qui se passe, c'est qu'Ali Boutou reçoit un certain nombre d'alertes, de signes avant-coureurs que quelque chose de mauvais se trame. Mais il ne va pas en tenir compte. Il refusera de croire. Un an plus tard, il y avait une période de tensions, de troubles entre le gouvernement, l'opposition et tout ça. Et qu'est-ce qui se passe ? La police militaire envahit le bureau du premier ministre de Bhutto et l'arrête. Il veut téléphoner, il trouve que les lignes sont coupées. C'est foutu, il est arrêté. Alors, je vous la fais court, quelques semaines plus tard, Bhutto est poursuivi pour une histoire d'assassinat politique. Ça signifie que ce qui se passe, nous sommes en 77. Et aux ordres de Zia, il est poursuivi pour une histoire d'assassinat qui a eu lieu en 1974, qui n'a jamais été absolument élucidée. Et qu'est-ce qui se passe ? La cour le condamne à mort. Et en fait, Boutou n'arrive pas à le croire parce que jusque là, il se dit que c'est peut-être un coup de bluff, c'est peut-être une sorte de mauvaise blague. Et en fait, Plus ça s'approche, plus ces avocats arrivent, essayent de déposer des recours et tout ça, plus les diverses instances judiciaires du pays confirment la peine de mort. Le dernier coup, le dernier qui a essayé de le sauver, c'est Gaddafi, c'est le colonel Gaddafi. président, ou le guide de la révolution libyenne, si vous voulez. Il faut savoir que Gaddafi est très célèbre en Pakistan. Il a fait de très bonnes relations avec le Pakistan, surtout durant les années 70. D'ailleurs, il y a même le stade de Lahore. C'est un stade de criquet. Les Pakistanais sont très forts en criquet. Le plus grand stade du criquet du pays, c'est le stade de Lahore. Il fait 60 000 places. Le stade de France, 80 000 places, pour permettre de comparer. Il porte le nom du colonel Gaddafi, jusqu'à maintenant, jusqu'à nos jours. Et en fait, Gaddafi, il essaie d'utiliser son influence pour sauver Ali Boutou. Il envoie son avion avec son premier ministre. L'avion passe pratiquement une semaine sur le tarmac d'Islamabad. Et pratiquement, son discours, c'est bon, le gars est à genoux. Tu n'as pas besoin de le tuer. Juste, tu le relâches. La Libye lui offre l'asile et puis tu n'entendras plus parler de lui. Et en fait, Zia refuse. Ça signifie que l'avion rentre sans Boutou. et Boutou est pondu. Ce qui se passe c'est que Boutou est pondu, Ziya devient l'homme le plus fort du pays et à ce moment là Ziya a un plan. absolument spécial, c'est-à-dire qu'il veut islamiser le Pakistan, il veut ramener le Pakistan au Moyen-Âge, parce que lui-même c'est un islamiste déjà, et puis le fait de ramener la charlatanerie, la sorcellerie, toutes ces choses-là dans la société pakistanaise, ça lui permet de mettre à genoux la société civile et commander à peu près comme il veut. Le problème avec ça, c'est que Il ne peut pas le faire tout seul, il a besoin de soutien à l'étranger. Et là, il va recevoir un soutien absolument inattendu. Il va recevoir un soutien des néo-conservateurs américains. A l'époque, il y avait Carter. Puis plus tard, il y aura en 81, je crois, il y aura Reagan. Mais les deux trouvent que le général Zia peut leur rendre service. Pourquoi ? Parce qu'en 79, ce qui s'est passé en 79, c'est dans les très riches en géostratégie, Les... Février, l'ambassadeur américain... l'ambassadeur américain en Afghanistan se fait flinguer. Il s'est fait arrêter, il était dans sa voiture, voiture blindée. Il y a des militaires, enfin des flics qui l'arrêtent, des gens en tenue de flics, il y en a 4, ils l'arrêtent. Qu'est-ce qu'il se passe ? Le chauffeur, par grande connerie, il abaisse la vitre et donc à ce moment-là, ça ne sert à rien d'être dans une voiture vitrée, blindée. Donc, il l'arrête, il le flingue, à bout portant. Dans l'après-midi, le KGB flingue les preneurs de... parce que le KGB était très présent là-bas, par la cause du gouvernement communiste afghan. Et qu'est-ce qui se passe ? Le KGB flingue les ravisseurs et puis offre leur corps aux Américains en signe de bonne foi, on va dire. On a fait notre possible. Mais en fait, la piste s'arrête là. Les Américains, bien sûr, prennent très mal et ne vont jamais, en tout cas pendant de très longues années, ne vont pas remplacer leur ambassadeur en afghaniste. 79, à la fin de l'année 79, les russes, l'armée rouge, pénètrent en Afghanistan. Qu'est-ce qui se passe ? Les américains, bien sûr, ils ont envie de faire la guerre aux russes, aux soviétiques. Ils ont envie de les virer de là, de l'Afghanistan, en lutte d'influence. Mais qu'est-ce qui se passe ? Ils savent bien que cette guerre qui commence là va devenir une guerre absolument meurtrière, ça va devenir une boucherie. Ils n'ont pas envie d'envoyer leurs soldats se faire flinguer dans les montagnes de l'Afghanistan. Donc, qu'est-ce qu'ils font ? Ils ont besoin de gens qui viennent sur pied et qui sont prêts à mourir. Ça signifie des expandables, ça signifie des gens qui n'ont aucune valeur et on peut... C'est une source renouvelable, c'est une énergie pratiquement renouvelable qu'on peut envoyer mourir là-dedans. Le problème, c'est que... Comment vendre une guerre aussi mortiaire ? Et là, la CIA a absolument une idée de génie. Ça signifie que par un coup de marketing, ils transforment L'inconvénient même de cette guerre, le fait qu'il soit une boucherie, il le transforme en avantage. Donc qu'est-ce qu'ils disent ? Premier point, mourir pour Allah est la meilleure chose qu'un musulman puisse faire. Ça c'est le premier point. Deuxième point, juste pour peser sur la balance encore, tu as 72 vierges si tu meurs pour Allah. L'avantage avec ça c'est que Tu parles à des sociétés ou à des gens qui vivent dans une misère sexuelle, en extrêmement freudien là, qui vivent dans une misère sexuelle absolue, ce genre d'argument peut porter. Troisièmement, tu peux sauver toute ta famille. Si tu es mort pour Allah, tu emmènes toute ta famille au paradis plus tard. Qu'est-ce qui se passe ? Avec ça, le Pakistan devient la plaque tourlante du djihadisme. Ça signifie que du Maghreb, d'Algérie, du Maroc, d'Egypte, de partout, des jeunes arrivent sur pied Ils arrivent au Pakistan. D'ailleurs, à l'époque, vous savez, les autorités algériennes, dès qu'ils voyaient un Algérien avec un visa du Pakistan, parce qu'ils n'allaient pas en Afghanistan directement, ils allaient au Pakistan. Le Pakistan était la plaque tournante du djihadisme. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Dès que les Algériens voyaient quelqu'un avec un visa pakistanais, il était soit surveillé, soit arrêté, etc. Ils partent en Pakistan. Du Pakistan, on les met dans des camions, on les arme. Il y avait des dépôts d'armes, ça va jouer un rôle après. Ils avaient des dépôts d'armes qui étaient maintenus par les Américains. Ils les arment et on les balance en Afghanistan. Ils allaient se faire tuer, la majorité ne revenait pas. Malheureusement, ceux qui sont revenus ont causé des désastres, sont revenus causés du terrorisme dans leur pays d'origine et après, par ricochet, par l'immigration, on en retrouvait même cette mentalité, on la retrouve même aujourd'hui dans les rues de Paris par exemple. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Le général Zia devient l'homme absolument fort du pays, il islamise son pays, il réveille le fondamentalisme islamiste avec l'aide de l'administration Carter, l'administration Reagan et la CIA. Tout le monde va bien. A ce stade, si vous avez compté, le général Zia, comme un ennemi, les arabes, les régimes arabes, parce que de toute façon, il est en train de leur envoyer des terroristes parce que ceux qui ne meurent pas en Afghanistan, c'est des bombes ambulantes. C'est un petit peu comme ceux qui vont en Syrie et qui reviennent. C'est des bombes sur pied, littéralement. Il a le Gaddafi sur le dos. Il a les Russes parce qu'il est en train de leur ramener des djihadistes partout dans le monde arabe, même s'ils les écrasent comme des insectes, mais quand même, il y en a beaucoup. Il a le clan Boutou aussi. Il a le clan Boutou parce que le clan Boutou est un clan très puissant au Pakistan. Et rappelez-vous, il a pondu leur père. il va se mettre d'autres gens à dos encore. Il va se mettre la CIA à dos, je vais vous dire comment. 1988, qu'est-ce qui se passe? Il y a une explosion aux environs d'Islamabad. Il y a un camp militaire qui explose. Et en fait, ce camp militaire contenait des armes. Ces armes étaient destinées donc aux djihadistes, étaient ramenées par les Américains, entreposées là-bas. Et chaque fois qu'un djihadiste arrivait, on l'envoie en Afghanistan. Le problème, c'est que tout le camp saute. Il y a des missiles, des bombes, des trucs qui vont pleuvoir sur la région pendant près d'une heure. A 15 kilomètres, ils retrouvent des morceaux. Ça tue, alors dans un pays où il n'y a pas de recensement, c'est très difficile de dire combien de personnes sont mortes. On parle de centaines, de milliers, en tout cas, beaucoup de gens. Probablement, le plus crédible, c'est qu'on est un petit peu au nord de 1300 morts et plusieurs milliers de blessés et beaucoup d'habitations détruites. Alors Zia, le général Zia commence à faire son malin, commence à faire le mariol, il monte au créneau. en accusant les Russes et les services secrets afghanistans, le HAD, parce que le HAD afghan, ou le KGB, avait des raisons d'aller faire sauter cet entrepôt d'armes qui servait pour les djihadistes qui venaient en Afghanistan. Pourtant, les soviétiques se fâchent et vont convoquer l'ambassadeur américain à Moscou. Et diplomatiquement, c'est quelque chose de très intéressant. Parce que normalement, quand on est fâché contre un pays, on appelle son ambassadeur. Mais en fait, non, ils appellent l'ambassadeur américain, leur disant, votre marionnette, le gars à la pommade d'Islamabad, on va lui régler son compte. Parce qu'ils sont extrêmement fâchés. D'abord, ce n'est pas eux qui ont fait sauter le camp. Deuxièmement, ils apprennent aux Américains qu'en fait, c'est le général Zia lui-même qui a fait sauter le dépôt d'armes. Pourquoi ? Parce que le petit salopard, il vendait les armes en cachette à l'Iran. Ça signifie que les armes, une partie des armes qui étaient destinées, qui étaient données très généreusement par l'administration Reagan pour les djihadistes, lui, il détournait une partie, en particulier les missiles Stinger, qui sont des missiles portables qui permettent d'abattre des avions. Lui, il les donnait aux Iraniens. Enfin, il les vendait aux Iraniens, il faisait de l'argent avec ça. Et les soviétiques disent aux américains, on vous prévient, ce gars va lui régler son compte. Ils disent qu'on va lui donner le sang, en fait. Mais en réalité, ils vont lui régler son compte. Ce qui se passe, c'est qu'il ne va pas tenir longtemps. Un mois plus tard, et c'est là qu'il y a une embrouille. Parce que ce qui se passe, c'est qu'un mois plus tard, il va avoir une démonstration militaire. Il part dans un avion, un Hercule C-130, avec une capsule climatisée et tout à l'intérieur. Il va voir l'exercice militaire, et puis à la fin de la journée, il doit rentrer. Et ce qui se passe, c'est que pendant que l'Hercule est stationné, il y a des gens qui vont le piéger. Ça signifie qu'ils vont mettre une cartouche avec du poison et un petit explosif, ils vont la mettre dans le cockpit de l'avion. Ça signifie que lorsqu'elle explosera, les pilotes sont morts pratiquement au moment où elle explose. Et qu'est-ce qui se passe ? Alors, c'est possible que ce soit le clan Boutou qui l'a fait, c'est possible que ce soit le HAD afghan, ou le KGB, ou un pays arabe, c'est possible aussi que ce soit la CIA, parce qu'ils ont découvert qu'ils étaient en train de les doubler en vendant des armes à l'Iran. D'ailleurs, juste avant que le camp explose, il y avait une mission américaine qui devait venir pour faire un audit des armes, pour voir ce qui est rentré, ce qui est sorti, et il a sauté juste avant. Et qu'est-ce qui se passe ? Il y a eu un incident, ça signifie que le gars, donc le général Zia, monte dans l'Hercule, et à ce moment-là, il est en train de discuter avec l'ambassadeur des États-Unis au Pakistan, qui devait rentrer par son propre avion, par un avion appartenant à l'US Air Force, et qu'est-ce qu'il lui dit ? Il lui invite, il dit, reste avec moi dans l'avion, on va continuer la conversation. Et en fait, c'est un gros merdier, parce que la bombe est déjà placée dans le C-130, et l'ambassadeur des États-Unis monte dans le C-130 avec le général Zia. L'avion décolle, 5 minutes plus tard, comme ça partait dans tous les sens, il a été observé faisant un mouvement qu'on appelle le mouvement fugoïde, un mouvement très caractéristique. C'est des sortes de montagnes russes. C'est quand on abandonne les commandes qu'un avion fait ça. Si on lâche complètement les commandes, c'est le mouvement que fait un avion. C'est le mouvement que va faire le Japan Airlines 123 vers la fin, quand il n'y a plus de commandes. Et en fait, l'avion s'écrase. Alors, bien sûr, il y a des gens du clan Boutou qui téléphonent tout de suite à l'AFP pour revendiquer l'attentat. Ce qui se passe, c'est qu'après, ils apprennent qu'il y avait l'ambassadeur américain. Donc ils appellent, ils disent non, c'est pas à nous. Ils raccrochent parce que personne n'a envie d'avoir un ambassadeur américain sur le dos. C'est quand même assez grave. Mais après avoir perdu l'ambassadeur de l'Afghanistan, ils ont perdu aussi l'ambassadeur du Pakistan, les Américains. En tout cas, l'affaire n'a jamais été réglée. On ne sait pas qui l'a tué. Mais je voulais vous raconter un petit peu cette histoire pour que vous puissiez voir un petit peu où est né le djihadisme. C'est très important parce que plus tard, tout ce mouvement-là, on va le retrouver jusqu'au cœur de l'Europe. Mais en tout cas, regardez un petit peu la personnalité du général Zia et ça vous dit exactement c'est quoi la personnalité des islamistes. A bientôt.
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