
Vidéo d'introduction (en français) à la science du hadith : le conférencier explique pourquoi la tradition orale a posé un problème historique pour la mémoire islamique, présente les deux compilateurs majeurs (al-Bukhari et Muslim), décrit leurs méthodes (histoire générale, biographies des narrateurs, jarh wa ta'dil), expose les trois grandes catégories de hadith (sahih, hasan, daif), et cite des ouvrages explicatifs (Fath al-Bari, Sharh al-Nawawi, Al-Mustadrak). L'auteur souligne aussi limites et biais (impossibilité de corriger les dégâts politiques et la sacralisation des compagnons).
... ... ... ... ... Salut à ceux qui ont fait de l'amour, saluez-le et saluez la mort.
Bonjour mes amis. En regardant mon canal, je réalise que ça fait très longtemps que je n'ai pas parlé d'Islam. Je suis désolé pour cet oubli. Je sais que beaucoup de personnes qui me suivent m'attendent sur ce sujet-là. Alors on va doucement reprendre. Il y aura quelques vidéos sur cette thématique. Si vous le réservez le meilleur accueil, il y en aura d'autres. Pour préciser, comme à mon habitude, il ne s'agit pas d'attaquer l'Islam ou de défendre l'islam, il s'agit tout simplement d'en parler. Ça veut dire qu'il s'agit de partager le plus possible sans passion, partager un certain nombre de choses et puis chacun en fait ce qu'il veut. Je dois dire que ces derniers temps j'ai plongé dans les anciens livres de l'islam Et j'ai trouvé, vous allez être surpris, que dans l'époque que nous vivons, la plongée dans ces livres-là a quelque chose de rafraîchissant, cul-de-creux. Mais en tout cas, ça nous permet de nous éloigner un peu de la folie ambiante. Alors aujourd'hui, j'aimerais commencer cette thématique par vous parler des hadiths. et les types de hadith. Alors c'est quoi un hadith ? Un hadith c'est des histoires qui sont répétées très souvent par les musulmans, qui sont répétées dans les mosquées, dans les écoles, qu'on trouve dans les livres et tout ça. Et c'est des histoires qui sont racontées d'après un certain nombre de personnes, ce qu'on appelle une chaîne de narration. Un tel nous a dit que d'après un tel, d'après un tel, d'après son père, il a vu que le prophète a dit ou que le prophète a fait. Donc en fait, ce sont des histoires qui vont consacrer quelque part une forme de jurisprudence prophétique chez les musulmans. Alors, d'où viennent les hadiths ? Les hadiths, c'est une tentative de réparer une mémoire chez les musulmans. Je m'explique. À l'époque du prophète, on ne consignait pas, par écrit, ses faits et gestes. On ne consignait pas ses jugements. Mais, comme il agissait en public, les mémoires enregistraient ce qui était en train de se passer, et ceci était transmis par tradition orale. Un peu comme on trouve, avec assez de succès, chez les Juifs. Au départ, on s'est dit que, comptant sur quelque chose d'aussi solide et d'aussi fiable que la mémoire humaine, on n'a rien à craindre. Il y a peu de risque que le patrimoine historique et que le patrimoine religieux et spirituel de l'islam se perdent ou se falsifient à travers les âges. Or, il y a eu un problème. Il y eut un problème. chez les musulmans, et il n'y a pas nécessairement d'équivalent chez les juifs. La mémoire collective ou la tradition orale ont besoin d'une communauté, d'une communauté stable, d'une communauté unie. La communauté en question peut être persécutée, comme par exemple chez les juifs, mais elle doit rester unie. Si la communauté éclate, éclate à cause d'interventions de politique, éclate à cause de guerres, éclate à cause de scissions diverses, et puis le temps qui passe aussi, le temps qui passe va progressivement causer une décomposition des récits, des témoignages. Ah ben, on va arriver à une situation où on a une mémoire qui est détruite. parce qu'on peut avoir par exemple, par leur intervention, des hommes politiques peuvent favoriser une version. Ils peuvent par exemple payer pour qu'une version arrive dans la place publique. Ils peuvent même la rendre obligatoire en contrôlant les imams, en contrôlant les mosquées, les lieux de rassemblement des musulmans. Ils peuvent donc rendre obligatoire un narratif et en même temps ils peuvent censurer un autre narratif. La censure peut s'abattre sur des gens qui vont se retrouver exclus de la cité, qui vont se retrouver emprisonnés, ramenés au silence. Le politique n'est pas là pour défendre l'authenticité d'une mémoire. Il est là pour défendre un narratif qui lui permet d'asseoir son pouvoir, qui lui permet de puiser légitimité, justifier ses guerres, justifier ses actions, justifier ses politiques, ses décisions. Il n'est pas là pour chercher la vérité. Pareil quand il y a une scission au niveau d'une communauté. Dieu sait que les musulmans ont eu des guerres civiles, se sont déportés les uns les autres, se sont entretués les uns les autres. Et ceci a fait qu'il n'y a pas un narratif, mais plusieurs narratifs qui vont devenir concurrents et qui vont devenir aussi partisans. Et à ce moment-là, on ne cherche plus la vérité, mais on cherche tout simplement à dire, manquant un mois à raison et les autres en tort. Donc, le problème, c'est que deux siècles après la mort du prophète des musulmans, il est mort début des années 600. Nous sommes au début des années 800, de l'an 800. Et à ce moment-là, la mémoire de l'islam est sur le point d'être effacée, sur le point d'être perdue de manière définitive. Apparaissent à ce moment-là, à deux endroits différents, apparaissent deux hommes. Deux hommes qui vont tenter de réparer les choses. Ces hommes vont écrire chacun un livre qui porte leur nom. Je parle de Sahih Muslim et Sahih Bukhari. Sahih Bukhari, c'est un livre qui a été écrit par M. Bukhari. Si je parle en termes d'aujourd'hui, je dirais que M. Bukhari est un ouzbek. Sten Ouzbé, qui est parti à l'âge de 16 ans avec sa maman, parti dans un grand voyage où il a été à la Mecque, il a été à ce qu'on appelle aujourd'hui l'Arabie Saoudite. Il a visité énormément de villes du Moyen-Orient, il a rencontré beaucoup de personnes. Son voyage lui a pris plus de 16 ans de sa vie. Il a rencontré, à se dire, plus des milliers de personnes. C'était un historien, tout comme un autre. l'autre c'était Mousseline ibn al-Hajjaj. Mousseline ibn al-Hajjaj, si on doit parler de lui en termes de frontières d'aujourd'hui, on dirait que c'est un iranien. Mousseline ibn al-Hajjaj vivait à Naïsabour ou Naïsabour. C'est une ville qui se trouve pratiquement au nord-est de l'Iran, presque aux confins, aux frontières avec l'Afghanistan d'aujourd'hui. Et en fait, C'est une ville qui va donner énormément d'auteurs islamiques très prolifiques. Bukhari, qui était un peu plus âgé que Mouslim, à peu près 5 ans de plus, ils sont nés pratiquement, je crois que Bukhari était né en 810 et Mouslim est né en 815, n'est-ce pas ? Donc quand ces deux hommes arrivent à l'âge de 20 ans, le prophète des musulmans est mort depuis deux siècles. Deux siècles en ces temps-là, c'est presque comme 2000 ans aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, on est à une époque où on n'a pas l'imprimerie, on n'a pas l'écrit. Les supports, c'est la mémoire, c'est ce que les gens disent, c'est ce que les gens se répètent, se répètent dans les cercles, dans les souks, dans les cafés, dans les mosquées, dans les familles. Vous voyez, ça veut dire qu'il y a une très faible présence, on va dire, de supports infalsifiables. Il y a aussi les distances. À l'époque, vous voyez que pour partir littéralement d'Ouzbékistan d'aujourd'hui, pour aller jusqu'à l'Amèque, faire un grand tour et revenir, ça lui a pris 16 ans. pour faire ce voyage-là. À l'époque, quand on voyageait, on voyageait à pied, on voyageait avec les caravanes, les gens devaient faire attention et calculer avec les saisons. Quand le froid arrivait, quand la saison difficile arrivait, avec des pluies, des sommets, on neigeait, tout ça. Il fallait des fois qu'ils s'arrêtent pendant plusieurs mois avant de reprendre leur voyage. Et ce n'est pas toujours qu'ils voyaient le bout de leur voyage. Alors, je disais que Mousseline et Bukhari, ils vont commencer la première tentative systématique de rassembler des hadiths. Ils ne sont pas les premiers à avoir rassemblé les hadiths. Ils ne sont pas les premiers à avoir eu l'idée de le faire, mais ils sont les premiers à avoir systématisé l'approche. Alors, que vont-ils faire ? Bukhari, pour parler de M. Bukhari en premier, il va écouter beaucoup de gens et il va très rapidement comprendre que s'il veut savoir, dans tout ce qui se raconte autour de lui, ce qui a le plus de chances d'être authentique, il a besoin d'étudier deux choses. Il a besoin d'étudier l'histoire, avec un grand H, donc c'était un historien, il a écrit beaucoup de livres sur l'histoire, il y a au moins trois livres d'histoire de Bukhari qui nous sont parvenus. Et c'était très important pour lui de remettre les narrateurs sur les 200 ans qui le séparaient du prophète des musulmans, il fallait les remettre dans un contexte historique, dans un lieu, dans un pays, dans une ville, et savoir ce qu'ils vivaient. Ça c'était très important. La première science qui était importante pour fonder ce qu'on appelait après la science du hadith, c'était la science dite l'histoire, tout simplement. Donc il fallait être historien. Ça, c'est le premier point. La deuxième science qu'ils ont utilisée et qu'ils ont pratiquement lancée en ces temps-là, c'était ce qu'ils ont appelé Elmer Riegel, la science des hommes ou la science des biographies. Ça veut dire qu'il fallait étudier la vie de beaucoup de gens et essayer de comprendre leur interaction, qui était de la famille de qui, qui était le maître de qui, qui a voyagé avec un tel, qui a vécu avec un tel. Il fallait d'abord les situer en termes de leur relation les uns aux autres, mais aussi, et là c'était très important, ça faisait partie de Elmer Riegel, de la science des hommes ou des biographies, c'était ce qu'on appelait al jarh wa ta'dil. Ça veut dire qu'il fallait décider pour chaque personne, il fallait lui donner quelque part un score de confiance. Confiance qui allait s'articuler autour de plusieurs points. D'abord, est-ce que la personne était honnête déjà? Est-ce que c'est quelqu'un de confiance? Est-ce que c'est ce qu'on appelle tiqa en arabe? Est-ce que c'est quelqu'un de confiance? Est-ce qu'on peut faire confiance à son récit déjà? Et autre chose, est-ce qu'on pouvait faire confiance à sa mémoire ? Parce qu'il y a des gens qui confondaient, qui oubliaient, qui n'étaient pas précis quand ils racontaient les choses, n'est-ce pas ? Donc, la science des hommes avait pour but de définir en qui on peut faire confiance. Par la suite, Bukhari et Muslim, qui se sont rencontrés d'ailleurs parce que M. Bukhari, vers la fin de sa vie, a vécu à Naïsabourg, a vécu dans la ville de M. Muslim bin al-Hajaj, donc il se sent se sont fréquentés, ils ont appris beaucoup de choses les uns des autres, même si le plus senior des deux était Bukhari, qui était pratiquement le maître, on va dire, de M. Mousslim. Et Bukhari, à la fin de sa vie, a quitté la ville de Naïsabour, il est mort ailleurs, mais il a vécu vers la fin de sa vie dans cette ville-là où il y avait donc M. Mousslim. Ils ont décidé de se dire Quelles sont les histoires qui, à leur époque, circulaient sur le prophète des musulmans, auxquelles on pouvait faire confiance, auxquelles on pouvait donner une sorte de saut d'authenticité, dire ça c'est authentique. Alors, très important, l'authenticité d'un hadith n'a jamais trait au contenu d'un hadith, parce que Bukhari et Moussime n'étaient pas là de toute façon. quelque chose se passait deux siècles avant eux. Donc c'est clair que la question pour eux n'était pas de juger l'histoire qu'ils rapportaient, mais c'était la juger sur la base de ce qu'on appelle la chaîne de narration. Donc la qualité de la chaîne de narration. Alors, chacun des deux hommes a défini sa condition. Buhari a défini ceci comme condition. Il a dit je veux que Quand on me répète une histoire, quand il va écouter les gens, s'il avait vécu aujourd'hui, il aurait été un enquêteur, il aurait eu un ordinateur, un enregistreur, un micro, il aurait été rencontrer des gens pour enregistrer et étudier des témoignages. À l'époque, il faisait à peu près pareil avec les moyens qu'il avait à 60 ans. Donc il disait, je veux que quand quelqu'un me parle et me dise, Mon père me disait que, d'après son grand-père, d'après Enthel, d'après Enthel, le prophète a dit ou le prophète a fait, il a dit je veux que lorsque j'étudie la biographie de chacune de ces personnes, je trouve que leur vie se chevauche. Il y a un concept de ce qu'on appelle Al-Hidra, que ça signifie Enthel, a vécu effectivement à l'époque d'Enthel. Si on trouve par exemple qu'une personne qui est morte en l'an 680 racontait quelque chose. Mais elle raconte d'après une personne qui est morte dix ans avant que ce raconteur naisse. Là, on a une interruption. Effectivement, il n'a pas pu entendre parler de lui. Ce n'est pas possible. N'est-ce pas? Il y a une interruption. À ce moment-là, le hadith ne peut pas être authentique. Donc, ce qu'il fallait, il fallait que les gens et des vies qui se chevauchent, qu'effectivement ils ont vécu à la même époque. D'accord ? Ça c'est un premier point. Deuxièmement, pour Bukhari, il fallait avoir la preuve que l'un a entendu de l'autre. Ça veut dire qu'il a étudié chez lui, ou c'était son grand-père, ou c'était son imam, ou c'était... Il fallait Il fallait, pour lui, qu'il ait la démonstration que ces deux personnes se sont réellement rencontrées. Ça, c'est ce qu'on appelle Chalt al-Bukhari, la condition de Bukhari. Mousslim, lui, Mousslim ibn al-Hajjaj, lui, va se contenter de dire les deux hommes qui sont dans la chaîne de narration, qui se suivent dans une chaîne de narration, parce qu'une chaîne de narration peut comporter beaucoup d'hommes ou même des femmes. Pour moi, je veux tout simplement qu'ils aient vécu à la même époque. Je ne cherche pas à aller rentrer dans le détail de savoir s'ils s'en rencontraient ou pas. Ceci a poussé donc la majorité des gens à considérer Sahih Bukhari comme étant plus solide dans la méthodologie, sur le plan de la méthodologie, que Sahih Mousseline. Même si les deux livres sont très respectés, la majorité des gens considèrent Bukhari plus solide que Mousseline. Mais bien sûr, et là il faut garder l'esprit ouvert quand on étudie ces histoires, vous allez trouver des gens qui prétendent le contraire. Effectivement, on trouvera une école, on va trouver des gens, en particulier vers le Maghreb, il y a eu des gens qui ont dit que Sahih Muslim est plus solide que Sahih Bukhari. Et bien sûr, quand vous étudiez ces choses-là, vous allez toujours trouver une opinion dominante, mais si vous regardez vers les opinions moins dominantes, vous allez trouver effectivement l'opposé et toutes sortes de variantes de l'opinion donc dite dominante. Les livres de Bukhari et muslims donc comportent chacun à peu près 4000 hadiths. Chez Bukhari, il y en a 7000 et quelques. Mais si on enlève les répétitions, si on enlève les variations, parce que parfois il a entendu un hadith avec un mot de différence, donc il va il va lister toutes les variantes qu'il a entendues de ce hadith et si on enlève tout ce qui est comme ça, on double, on va se retrouver avec à peu près 4000 hadiths chez Mousselet mais 4000 hadiths chez Boukhari. Ces hadiths-là s'appellent des hadiths authentiques. Authentiques parce que Ils ont une chaîne de narration ininterrompue. Donc il y a une continuité dans la chaîne de narration. Et puis, tous les hommes de la chaîne de narration sont de confiance quand on étudie la biographie. Alors, au passage, il y a une faiblesse. Il y a une faiblesse dans la méthodologie de Bukhari et une faiblesse dans la méthodologie des muslims. Je vais vous dire lesquels. Tout d'abord, Bukhari et muslim, ne vont pas corriger les dégâts faits par le temps, ne vont pas corriger les dégâts que j'ai cités en début de vidéo, les dégâts commis par les différentes maisons politiques, par les différentes scissions, ils ne pourront pas les corriger, parce que quand ils arrivent, ce mal est déjà fait, ce mal est déjà derrière eux, ça a été fait, donc ils ne pourront pas réellement démêler ce côté-là des choses. Mais ce qu'ils pourraient en faire, c'est prendre un instantané de leur époque pour éviter que, s'ils n'avaient pas fait cet instantané là, peut-être un siècle ou deux plus tard, la mémoire islamique aurait été complètement perdue. D'accord ? Donc eux, ce qu'ils ont fait, c'est un travail de conservation de ce qu'ils avaient à l'époque. Point. Maintenant, allons plus loin. Une autre erreur qui, de nos jours, C'est une erreur épistémologique évidente. Mais voici le problème. Le problème, c'est quand on regarde le hadith, il va toujours partir, donc, d'une personne, qui dit à une personne, qui dit à une personne, qui dit que le prophète a dit ou le prophète a fait. Or, souvent, le dernier témoin juste avant le prophète était un compagnon du prophète. Forcément ! C'est quelqu'un qui a vécu en même temps que lui. si le dernier qui raconte n'a pas vécu à la même époque que le prophète, le hadith ne serait pas considéré comme authentique, parce qu'il y aurait une coupure dedans. Le hadith s'arrêterait avant le prophète. D'accord ? Donc, le problème, c'est que, dans leur étude de la science des hommes, dans le Jarrah wa Ta'adil, les deux imams ou les deux historiens n'osent pas faire de la biographie, on va dire critique, de l'entourage du prophète des musulmans. D'accord ? Et ça, parce qu'ils ont eu peur, probablement, parce que ça aurait eu des retombées politiques, parce que ces personnes, déjà en ces temps-là, étaient considérées comme littéralement sacrées. Et ceux-ci, bien sûr, ne résistent pas à cette sacralisation ne résiste pas à l'analyse. On ne peut pas dire de personnes qui s'entretuaient à l'époque, des amis ou des compagnons du prophète des musulmans sont morts les uns aux mains des autres. Rappelez-vous, j'avais parlé une fois d'Uthman ibn Rafan al-Umawi, qui était un calife éclairé dans le langage musulman. Ce calife-là était tué par des musulmans. Lui-même était proche du prophète des musulmans, mais il a été tué par d'autres proches du prophète des musulmans. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc il y en a bien un qui a raison, il y en a bien un qui a tort. On ne peut pas prendre des factions qui s'entretuent et dire tout le monde est juste et tout le monde a raison et personne n'a tort. Il y a bien une approche critique qu'on peut fonder sur les interactions qu'ils avaient les uns avec les autres. Ceci n'était pas permis. Donc, le problème, ça a fait que le point le plus faible, on va dire, du hadith est très souvent la première partie de la chaîne. Ça signifie quand des personnes qui sont par définition, par tabou, on va dire, par tabou épistémologique, au-dessus de toute critique, vous racontez des choses et on n'ose pas. à les creuser dans leurs conflits d'intérêts, on n'ose pas les creuser dans leurs contradictions, on n'ose pas les creuser dans leurs alliances. Et puis finalement, on dit non, on est obligé de le croire parce qu'il vivait à la même époque que le prophète. Donc là, c'est un gros problème. Les hadiths, il y a trois familles de hadiths, trois principales. Par la suite, bien sûr, on va trouver des sous-familles. Donc aujourd'hui, ce que je vais faire, Je vais vous parler des grandes familles de hadiths, et je m'arrêterai sur ça. Et la prochaine vidéo, sur ce sujet, on parlera des sous-familles de hadiths. Et on parlera aussi d'autres choses, parce qu'il faut savoir que Sahih Bukhari, Sahih Muslim, ont déclenché beaucoup d'études, que ce soit des études universitaires qu'on trouve aujourd'hui, mais aussi, tout le long de l'histoire, en déclencher l'écriture de livres qui les expliquaient, qui les analysaient. Je vais vous en parler dans une minute. Alors, c'est quoi les trois familles de Hadith ? Il y a d'abord le Hadith authentique, dit authentique. Authentique sur la foi de sa chaîne de narration. D'accord ? M. Bukhari, M. Mousseline, ne collectionnaient dans leurs livres que les hadiths qui ont atteint, à leur sens, d'après leurs conditions et d'après leurs études, le niveau dit authentique. Il y a, à l'autre bout du spectre, des hadiths dits faibles, hadiths faibles. Et là, il y a énormément de hadiths faibles. Alors, le hadith faible ne veut pas dire nécessairement que le contenu qu'il rapporte est faux. D'accord. Par exemple, si je vous dis que mon frère m'a dit que Kennedy, que le président Kennedy a été tué. OK, c'est un hadith d'arrivée, c'est un hadith faible. Pourquoi? Parce que mon frère, l'ami Udric Kennedy, ça signifie mon frère n'était pas né à l'époque où cet événement était arrivé. Donc, mon frère, quelqu'un lui a raconté. D'accord, vous voyez que Le hadith est faible sur la fois qu'il y a une interruption dedans. Ça ne veut pas dire que l'événement n'est pas arrivé, mais on ne peut pas savoir vraiment. Alors que par exemple, la même histoire racontée de cette façon, mon frère m'a dit, d'après notre père, Kennedy a été tué au Texas. C'est un hadith sahih. Oui, parce qu'il y a une continuité. D'après la condition de Mousseline. D'après la condition de Bukhari, ça ne serait pas sahih parce qu'il aurait fallu prouver que mon père était au Texas quand c'est arrivé et qu'il a vu l'événement. Donc, c'est juste grosso modo, n'est-ce pas ? Pour que vous puissiez comprendre. On a le hadith sahih, l'authentique, continuité et justesse des gens qui sont dedans. On a le hadith daif qui a des défauts. qui a des défauts. C'est une histoire qui a été trouvée. Des auteurs ont dit que cette histoire n'est pas sans intérêt. On va l'écrire quand même, on va la consigner. Mais ils vont dire attention, il y a un défaut dedans. Le voici. Le défaut, c'est qu'au milieu, il y a un menteur. Au milieu, il y a un gars qui raconte des choses d'après d'autres, mais qui les modifie, qui les falsifie. Au milieu, il y a un inconnu. Au milieu, il y a une interruption. Celui-là raconte d'après celui-là, mais ce n'est pas possible. Quand celui-là est né, celui-là est mort depuis 50 ans. Donc c'est un hadith faible. Il y a ce qu'on appelle le hadith faible. Entre les deux, il y a ce qu'on appelle le hadith Hassan, on va dire valable, le hadith valable. Alors le hadith valable, le Hassan, est un hadith qui est continu, il a une chaîne de narration continue. Elle doit être continue, c'est obligatoire, mais elle a des défauts. elle peut avoir des défauts qui font que ce hadith n'arrive pas à monter la dignité d'un authentique, d'un sahih. Mais il reste quand même un hadith valable, dit Hassan. Alors, ça c'est trois grandes familles. Quand on regarde au niveau de l'argumentaire islamique, on dit que... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... Si on est dans un argumentaire, que ce soit dans une vidéo comme celle-ci, ou dans un débat, ou dans un texte, ou dans une thèse, ou dans un livre, on peut utiliser comme argument valable un hadith hassan, donc de type valable, ou un hadith authentique. Donc hassan est au-dessus. Donc le hassan, malgré qu'il n'est pas considéré aussi fort que l'authentique, il est encore considéré comme valable. Le faible n'est pas utilisé, comme n'a pas de force, il a juste une valeur documentaire, mais il n'a pas une force, on va dire argumentaire. Quoiqu'on va retrouver énormément de gens qui des fois par ignorance, mais des fois aussi par manipulation, se servir de hadiths faibles, qui n'ont qu'une valeur documentaire, mais ils vont les utiliser comme étant des sources on va dire de preuves alors qu'en fait ils n'en sont pas. Voilà, ça c'est les trois grandes familles du hadith et dans une autre vidéo j'aimerais bien les détailler, j'aimerais bien aller après dans les sous-ensembles. Un peu plus loin, je disais que plusieurs livres, beaucoup de livres en fait, beaucoup d'encre a coulé au sujet des livres de Bukhari et musulmans. Un des livres importants c'est Fath al-Bari, qui s'appelle Al-Fath. Al-Fath, c'est un livre qui explique le livre de Sahih Bukhari. Donc, on a Sahih Bukhari et on a Fath al-Bari qui charge Sahih Bukhari. Et en fait, ce livre-là va détailler et expliquer Al-Bukhari. Et on a de l'autre côté, de manière parallèle, On a un livre qui s'appelle Sharha Nawawi, qui est un livre qui a été écrit parmi tant d'autres, mais c'est le plus important, pour expliquer Sahih Muslim. Donc chacun de ces deux livres, donc on a Sahih Bukhari et Sahih Muslim, et chacun, il y a une œuvre énorme derrière, écrite par d'autres, qui vient l'expliquer. Donc quand on commence à voir dans une étagère, avec ses livres en cuir et tout, on commence à voir du volume parce qu'on a les tomes de Bukhari et de Mousseline, mais on a aussi les tomes de livres qui les expliquent. Il y a aussi une initiative intéressante qui a été faite par quelqu'un qui a vécu à peu près un siècle après les deux, après Mousseline et Bukhari, Il a vécu dans la même ville que M. Mousslim Ibn Hajjar. Et puis, le Hakim al-Naysabouri, ce qu'il a voulu faire, il a écrit un livre qu'il a appelé le livre du rattrapage des deux livres authentiques. C'est le rattrapage des livres authentiques. Alors, c'est quoi? C'est Al-Mustadrak al-Sahihayn. C'est le Mustadrak, on l'appelle juste le Mustadrak. Souvent, ces livres arabes ont des titres très lents et vous allez les voir souvent cités juste par le premier mot du livre, juste un mot. On va dire Al-Mustadrak. On va rarement dire Al-Mustadrak al-Sahihayn. Donc, c'est quoi le Mustadrak? C'est un livre de rattrapage. Donc, le Hakim al-Naysabouri, il a pris les conditions de Bouhari et de Mousseline. Il a pris les conditions de Bouhari et de Mousseline, donc la continuité de la chaîne de narration, la justesse et la précision des gens qui sont dedans et tout ça. Et il s'est dit, si je prends Bouhari et Mousseline, leurs conditions, il y a plein de hadiths qui seraient authentiques, mais qui n'ont pas été pris. dans les livres en question. Donc qu'est-ce qu'il a dit ? Je vais moi les reprendre. Donc il a créé, il a écrit un livre en reprenant plein de hadiths qui d'après lui sont des hadiths authentiques mais qui n'ont pas été pris par rapport à l'Arabie musulmane. Bien sûr le livre est très cité, le livre est très crédible mais malgré tout Il n'arrive pas, au niveau de crédibilité de Sahih Muslim et Sahih Bukhari, la raison pour laquelle il n'arrive pas, c'est qu'on a accusé Naïf Sabouri d'être un petit peu « mutasahilan ». Ça signifie, on a dit qu'il avait un peu de facilité, il était un peu trop léger à faire rentrer des hadiths dans son livre et le considérer comme authentique. Donc beaucoup de ces chaînes de narration, beaucoup de ces hadiths ne résistent pas, n'est-ce pas, à l'analyse. Voilà, c'était une introduction. Ça fait très longtemps que je n'ai pas parlé d'Islam. Donc aujourd'hui, je partage avec vous cette introduction sur ce que les musulmans appellent la science du hadith, qui est fondée sur, d'un côté l'histoire, d'un côté les biographies, avec les manquements. que j'ai cité. Je reviendrai une autre fois dans une autre vidéo sur cette thématique-là, et on parlera d'autres livres créés autour de cette thématique-là, et aussi les sous-catégories de Hadith, et je ferai des graphiques permettant de visuellement illustrer les choses. D'accord, mes amis ? Merci d'avoir suivi jusque-là, n'hésitez pas à mettre vos commentaires, vos questions, et je reviendrai une autre fois.
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