
A French speaker explains why they've stopped supporting the Front National after an electoral campaign. They felt isolated among politically aware people, criticize the party's maturity and effectiveness, and express hope that the collapse of traditional parties could make room for new political movements.
Bonjour mes amis, je ne suis pas revenu depuis la fin de la campagne électorale. J'ai reçu comme beaucoup d'entre vous une grande baffe, ou bien peut-être aussi un rappel à la réalité. Vous savez, j'évoluais au sein de gens lors de toutes mes interactions en ligne par exemple. J'avais l'habitude d'interagir avec des gens qui étaient relativement conscients des enjeux de ce siècle. Et j'avais tendance à me moquer des gens qui avaient l'impression d'être en 1935. Et la réalité est venue déranger tout cela. Vous, vous êtes des gens qui s'informent sur des médias alternatifs, vous lisez des blogs, Vous cherchez, vous écoutez des gens qui parlent depuis une voiture. En somme, vous êtes ce qu'on appelle une brebis galeuse. Alors, je vous explique cette mythologie de brebis galeuse. Elle est très importante. J'avais suivi un cours avec la Société de Recherche Philosophique, PRS. C'est une petite université qui existe en Californie. Elle a été fondée il y a très longtemps. Et puis, ils n'ont pas du tout de moyens. La philosophie n'a jamais nourri son homme. Et en fait, Ils avaient parlé de ce personnage mythologique parce qu'on le retrouve dans beaucoup de contes ou dans beaucoup d'histoires, des histoires même bibliques. Et ce personnage, si vous voulez, est exclu de sa famille, de sa société, de son groupe, de son village. On le traite avec hostilité parce qu'il pense autrement. Et en fait, on va l'exclure du groupe et il va sortir des sentiers battus. Il va aller à l'extérieur. Et ce faisant, lui, malgré la façon dont son groupe le traite, il n'a jamais perdu sa loyauté envers son groupe. Et ce qui se passe, c'est que, parce qu'on l'expulse, Il va trouver des dangers, il va aller sur des terres où il va voir un danger énorme qui menace le groupe. Et il n'a qu'une seule envie, c'est d'avertir son groupe. Il a envie de lui dire ce qui va se passer. Mais le groupe n'aime pas entendre les messagers de malheur, n'aime pas entendre les mauvaises nouvelles. Le groupe se sent très bien comme il est. Et puis il va finir par détester, si vous voulez, cette brebis galeuse qui a l'impression que lorsqu'elle viendra avec les preuves du danger, aura la reconnaissance du groupe et puis ce groupe va l'admettre en son sein et comprendre le danger qu'il a. Mais généralement, cet espoir-là se trouve le plus souvent frustré ou déçu. Et puis voilà, la brebis galeuse est condamnée à la solitude. Voilà, c'était un cours extrêmement intéressant parce qu'en étudiant justement les anciennes histoires, les anciennes mythologies, les contes populaires et tout, on peut arriver justement à comprendre nous-mêmes, à comprendre notre société. Et en fait, le cours que j'avais suivi, la thématique était très intéressante. L'idée, si vous voulez, c'était Si votre vie, si toute votre vie ne servait qu'à écrire votre autobiographie, si votre vie ne servait qu'à écrire un livre, quel genre de livre ça serait ? Voilà. Quel genre de livre ça serait ? Et c'est là que, justement, c'est parti sur les grands concepts, les grandes thématiques, on va dire, de la mythologie. Et très souvent, on va les retrouver dans la vie de tout un chacun. Beaucoup de gens vivent un drame, une tragédie, une épopée, vous comprenez, à leur niveau. Et puis, c'est très intéressant. Voilà. Et je disais que le fait d'interagir ou d'être entouré, si vous voulez, même de manière virtuelle, de gens comme vous, ça m'a donné l'idée, ça m'a donné l'idée fausse que la plupart des gens étaient conscients, étaient conscients des enjeux. Et en fait non, nous sommes une minorité, nous sommes des brebis galeuses, c'est pas le troupeau qui est galeux, c'est juste la brebis. Nous sommes une minorité, il faut bien l'admettre. Vous savez, personnellement, par rapport aux menaces qui plaignent sur vous, j'ai la barre extrêmement basse, j'ai mon seuil de réaction qui est extrêmement bas, la preuve c'est que j'avais visité la France en... 80... je ne sais plus, 97, 98, et déjà à ce moment-là, je tirais la sonnette d'alarme, vous comprenez ? Voilà, c'est... Mais beaucoup de français attendent de voir, pour comprendre. Ils finiront par comprendre, mais il sera trop tard. J'ai vu ce phénomène détruire mon pays, j'avais pas envie que ça détruise le vôtre, c'est tout. Vous savez, moi j'ai grandi en Algérie, c'était à l'époque avant qu'on baisse notre froc. On était la Mecque des révolutionnaires avant de devenir la Mecque des soumis, de toutes sortes, avant qu'on vende, n'est-ce pas, notre pays à qui vous savez. A l'époque, j'avais grandi littéralement avec cette idée que défendait l'Algérie, qui était le droit des peuples à l'autodétermination. Donc moi je soutiens chaque peuple, peu importe qui il est, que j'en fasse partie ou pas, peu importe. Je soutiens le droit d'un peuple à l'autodétermination. Bon, pour vous ça va être un petit peu difficile. Je vais vous dire un truc aussi, je vais vous annoncer un truc. Je ne soutiens plus le Front National. Ça signifie à partir d'aujourd'hui, il faut le prendre clairement, je ne soutiens plus du tout le Front National parce que je commence à penser que Ce parti, malgré, malgré, on se serait attendu à une certaine maturité de sa part, après des décennies, on va dire, de lutte ou de décidence, ou rappelez-la comme vous voulez, on se serait attendu quand même à plus de maturité, à plus de contrôle, à un discours beaucoup plus affiné, un marketing beaucoup plus vendeur. Et en fait, La réalité est qu'une personne, la personne on va dire moyenne, qui n'a pas le temps, qui n'a pas le temps de regarder la politique dans le détail, qui vit parce qu'elle a sa famille, elle a son travail, elle a ses préoccupations. C'est vrai que si on parle de produits marketing, Macron est un produit marketing beaucoup plus vendeur. C'est clair, le gars il sait parler, il présente bien. Il ne faut pas trop en vouloir aux gens qui ont voté pour lui. avec une campagne extrêmement élaborée, extrêmement bien pensée, bien construite, avec un message qu'il a bien défendu, bien présenté, et puis que les gens ont voté contre. Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas passé comme ça du tout. Je veux dire, moi-même, j'aurais été inattentif à la politique française, j'aurais soutenu Macron. Il faut être juste avec les gens. Le Front National, Il y a beaucoup de gens, il y a beaucoup de militants du terrain, il y a beaucoup de blogueurs, je veux dire, j'en fais partie, je ne suis même pas français, je n'ai même pas de carte du Front National, je ne suis même pas en contact avec eux, je risque ma gueule dans l'affaire, je me fais traiter de tous les noms, je perds des amis, je reçois des menaces sur la gueule, etc. Je les défends, et puis on est quand même, on est peut-être des millions de gens qui sont sur le terrain, qui défendent ce parti, pour essayer de le porter, pour avoir une autre solution, différente de ce système pourri. Malheureusement, ce parti, une fois qu'il arrive sur les starting blocks, il est comme ce chien. Vous savez, le Sloughi, il est connu que... quand il participe à la chasse, la chasse à la cour, au moment où la chasse commence, Ben Al-Soulghi, c'est le moment où il choisit pour faire ses besoins, vous comprenez, c'est là qu'il a un besoin pressant et puis il a envie de faire autre chose. C'est ça, donc malheureusement, malheureusement aujourd'hui, je pense que le Front National ne sera jamais une opposition lourde, une opposition crédible. C'est malheureux, je ne cesse pas de vous soutenir, je ne cesse pas de juger les dangers qui vous guettent exactement de la même manière qu'avant. Mais aujourd'hui, il faut être juste. Aujourd'hui, le Front National fait partie du problème. Il ne fait plus partie des solutions. Parce que toujours, il cristallise des craintes, des espoirs, des attentes extrêmement légitimes, extrêmement honorables. Mais une fois qu'il les a en main, ne va pas être à la hauteur de la confiance des gens. Il va toujours foirer à la dernière minute. En tout cas, toujours est-il que j'espère que je vois que les partis sont en train de s'écrouler, même le Front National, je pense que c'est juste une... il est comme un poulet à la tête coupée qui... qui court, mais je crois que c'est fini. C'est comme le PS, les Républicains, tout ça. Peut-être qu'on peut essayer d'avoir un espoir en disant que cette histoire, cette campagne a probablement fait la table rase du système politique français. Et j'espère que ce sera l'occasion pour la naissance de nouvelles dynamiques, la naissance de nouvelles têtes, de nouvelles solutions. Et moi, je les soutiendrai le jour où elles arrivent. qui sera à la hauteur des attentes, à la hauteur des enjeux. C'est ça, en fait. C'est vrai que je pouvais reprocher à certains de ceux qui soutenaient En Marche ou Macron de vivre en 1935, mais c'est vrai que le FN, il vit en 1975, en Russie. C'est pas que le FN vive en 2017. il y a un japonais qui m'a écrit aujourd'hui c'est vrai que c'est ça qui m'a encouragé à faire cette vidéo en fait c'est ça qui m'a donné peut-être le 10 clics dont j'avais besoin il m'a dit est-ce que tu crois vraiment réveiller les français ? Est-ce que tu crois vraiment réveiller les français ? Ou est-ce que tu fais tout ça pour l'honneur ? Vous comprenez, au Japon, il y a un sens de l'honneur beaucoup plus puissant que ce qu'il y a en Europe. Enfin, il y avait un certain sens de l'honneur en Europe, mais bon, ça a disparu, beaucoup de choses. Mais ça m'a donné la réponse, cette question m'a donné la réponse. Je peux vous dire qu'à partir de maintenant, je le fais pour l'honneur, plus que pour autre chose. C'est un moteur, c'est un moteur comme un autre, c'est une motivation comme une autre, c'est valable comme motivation. Mais il va falloir rebondir, il va falloir trouver quelque chose de nouveau. Voilà mes amis, je vous laisse, c'était juste une vidéo pour reprendre contact, pour essayer de... Essayez de vous dire où j'en suis dans ma tête et puis essayez un petit peu de choper à travers les commentaires et les messages, essayez de choper votre sentiment à vous. Savoir où vous en êtes, qu'est-ce que vous en pensez, comment vous voyez l'avenir, comment vous pensez qu'il faut réagir. Voilà quoi. On se voit une autre fois, d'accord ? Et puis d'ici là, prenez soin de vous.
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