
Jean-Marie Le Pen, founder of France's National Front, died in 2025. A French speaker reflects on his political legacy, particularly his shock 2002 presidential run and the controversial statements that defined his decades in politics.
Questions this video answers
96 years old.
2002 (French presidential election).
About 87%.
Approximately between 1971 and 1974 (speaker gives ±6 months uncertainty).
Mes amis, bien le bonjour. La roche tarpaïenne est proche du Capitole. C'est par ces mots que Jean-Marie Le Pen est arrivé en 2002, devant les caméras, après qu'il soit gagnant, un des deux gagnants de cette première manche des élections présidentielles, les premières élections présidentielles de ce siècle, de ce millénaire des élections présidentielles, qui opposait en ce moment-là Jacques Chirac, président sortant. Président qui sortait après 7 ans, 7 ans très difficiles, je vais vous en parler dans une minute, et qui opposait Jean-Marie Le Pen. Dans ce combat où il n'y aurait qu'un seul survivant, et ce combat en réalité allait bien au-delà des élections présidentielles, ce combat c'était autour d'un référendum, d'un référendum historique, qu'allait définir la France, la France de ce nouveau millénaire, la France de ce siècle ? Est-ce que ça aurait été une France qui défend sa frontière, qui défend son identité, sa culture, son être, son existence, et peut-être de manière ultime aussi, sa dignité ? Ou est-ce que c'est une France qui va s'inscrire dans le chemin de Chirac, Sarkozy, François Hollande, Macron et d'autres ? Peut-être même pire, qu'on ne connaît pas encore. Il y a pire que Macron, ne vous inquiétez pas, ils arrivent. Ils sont aujourd'hui en train d'être préparés pour lui succéder. Alors, je disais qu'à l'époque, en 2002, une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître en réalité, En 2002, Chirac était sortant et il avait plein de casseroles. Parmi ces casseroles, les emplois fictifs du RPR à la mairie de Paris, les frais de Bush, la cassette de Jean Méry, pour ceux qui s'en souviennent. Alors, je disais qu'en ces temps-là, la France s'était réveillée avec ce choc. Jean-Marie Le Pen était au deuxième tour, il était le président, allait au premier tour, il avait gagné le premier tour, il arrivait, il se présentait pour le deuxième tour, il était le président de ce qu'on appelait le Front National, parti qui n'existe plus aujourd'hui. Certains, je respecte, peuvent considérer que le Rassemblement National en est l'héritier. Je doute de cela. En une journée pareille, je ne veux pas aller vers les polémiques, mais je doute qu'il y ait une continuité historique entre les deux partis que je viens d'évoquer. Alors je disais que Chirac était arrivé pour jouer son second mandat et en fait, face à lui, il y avait Jean-Marie Le Pen. les Français ont été appelés à faire barrage. L'économie française est basée, enfin, la politique française est basée sur l'idée, le concept du barrage. Il faut faire un barrage à la haine. Peu importe l'insatisfaction, on peut s'enfoncer, on peut s'enfoncer dans la misère, on peut perdre du pouvoir d'achat, on peut vivre dans l'insécurité, on peut s'inquiéter pour le sort de sa famille, son pays, son propre sort, sa propre tête. Mais en même temps, au moment de voter, Il ne faut surtout pas réfléchir à tout ça, il ne faut surtout pas réfléchir à l'avenir de son pays et de ses enfants, il faut réfléchir à faire barrage, comme le demandent les célébrités dans les médias. Ils ont tout ramené à l'époque. Ils ont ramené l'amicale des boullistes, ils ont ramené les jongleurs, ils ont ramené les footballeurs, les humoristes, les acteurs, les chanteurs, même des stars inconnus, ils ont ramené. pour qu'elles enjoignent aux Français d'aller voter contre leurs intérêts. Il y a quelque chose qui... Si vous regardez un petit peu les pays occidentaux, qu'ils soient France, Royaume-Uni ou autre, tous ces pays, avant de partir au tout à l'égout, eh bien, ils ont eu... ils ont eu des avertissements, des avertissements qui ont été formulés en des mots non incertains. Et dans le cas de la France, des avertissements qui étaient formulés avec la verve qu'on connaissait à Jean-Marie Le Pen, qui est décédée aujourd'hui à l'âge de 96 ans. Donc cet homme a passé une bonne partie de sa vie à militer, je disais. Et l'un de ses plus grands succès, c'était cette élection de 2002. Plus qu'une élection, parce que si on parle d'élection, ça aurait opposé Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Les deux sont morts aujourd'hui. Ce n'est pas une question d'homme. C'est une question de destin, de destin, une question de chemin. La France, à l'époque, est sortie répandre comme un seul homme. Elle est, si j'utilise aujourd'hui les termes d'aujourd'hui, elle a répondu comme un seul homme, comme une seule femme, comme un seul nom binaire. Elle est sortie répondre à l'injonction des médias et elle a voté contre elle-même. Elle a raté par cela la dernière. C'est la première occasion de ce siècle, de ce millénaire, mais la dernière de faire quelque chose, de renverser la vapeur. Et elle s'est inscrite. dans un cycle, dans un cycle infernal, qui a renouvelé la confiance à Jacques Chirac. Il a été élu avec un score de maréchal 87% des Français qui étaient contre lui, qui savaient le danger que représentaient Chirac et son système, sont partis voter pour lui en se bouchant le nez tellement ils étaient conscients de la saloperie qu'ils étaient en train de faire. Ils sont bouchés le nez devant la caméra en disant je suis contre Chirac, il pue ce type, mais je vote pour lui parce que je veux prouver que je ne suis pas haineux. Le français était prêt à disparaître pour administrer la preuve au monde entier, devant les caméras, que lui n'est pas haineux, qu'on peut le critiquer sur tout, on peut tout dire, on peut dire que le camembert pue. Mais une chose qu'on ne peut pas dire du français, on ne peut pas dire qu'il est haineux et il est prêt aujourd'hui à sacrifier son pays, sacrifier les générations futures, sacrifier ses enfants pour montrer cela à la terre entière. Dans Acte, je vote Chirac. Ils ont voté pour le cycle infernal. Ils ont voté pour le deuxième mandat de Chirac, je disais. Ils ont voté pour Sarkozy. Sarkozy qui les a aliénés à l'Union Européenne. Traité de Lisbonne, terminé. On n'est plus un pays souverain, c'est bon. Vous avez voté en 2002. Vous ne vouliez pas le souverainisme. Vous aviez le souverainisme. Vous avez le nationalisme. Vous ne le vouliez pas. Vous avez voté à 87% pour Chirac. OK, on va s'occuper de vous maintenant. Merci. Traité de Lisbonne. Après, On a, il part, M. Sarkozy, et on a à sa place François Hollande. François Hollande part, et on a à sa place Macron. La France va bientôt, en deux ans, va compléter dix ans de Macronie, dix ans de scandales, dix ans où le pays est en train de s'enfoncer sur tous les marqueurs objectifs. Vous voyez ? Mais c'est le vote de 2002 qui a donné cette licence au système pour aller aussi loin. Personnellement, j'ai grandi, comme vous connaissez, j'ai grandi dans le monde dits arabo-musulman. Depuis mon enfance, j'ai écouté, j'ai vu, y compris à l'école, le panarabisme, le nationalisme arabe. Et je ne trouvais pas, si j'utilise le même barème de jugement. Je ne trouvais pas que Jean-Marie Le Pen était dans la moindre forme d'excès. Je dirais même que c'était quelqu'un de plus modéré, de plus civilisé dans son propos que beaucoup d'autres que j'ai écouté et qui ne sont pas considérés comme extrémistes, comme extrémistes dans le monde dit arabo musulman, encore une fois. Donc, son discours était, à mon sens, extrêmement raisonnable. Il y avait ce qu'on appelait les dérapages. Oui, les dérapages. Si je regarde les dérapages, je n'ai rien que le mot déraper. Ça veut dire qu'il est sorti de la route, il a fait une sortie de route. Ça veut dire que quand on parle, en France, de plus en plus, on doit parler le long d'un chemin tracé. On doit rester dans ces jalons-là, rester dans ce chemin. On doit quitter ce chemin. Le dérapage faisait partie des fois de stratégies de provocation. On l'attendait des fois. Des fois, je dirais que même pas de la provocation. Quand vous regardez certains interviews qui ont fini par ce qu'on a appelé les fameux dérapages, Vous allez voir que ce n'était pas lui qui a dérapé. Vous allez voir que c'était une réponse à des provocations. Il ne cherchait pas à provoquer. Il voulait, au bout d'un moment, répondre à des journalistes qui l'assaillaient, qui étaient comme des procureurs. Vous savez, un criminel, même le pire criminel de la Terre, quand il est dans un tribunal d'assises, il a un procureur face à lui. Parfois, Jean-Marie Le Pen, on en avait 12 autour de lui. Tous l'attaquaient, finissaient par répondre avec le sens de la formule qui était le sien. Il fait partie aussi d'une génération qui n'avait pas les décos d'or, qui n'avait pas toutes ces lois qui existent pour t'emmener en prison pour propos inacceptables. C'est une génération qui avait le parler libre, qui avait l'image forte. Nous avons tous eu un grand-père ou une grand-mère avec le vocabulaire parfois extrêmement fleuri, Jean-Marie Le Pen. C'était une génération qui a grandi libre. C'est pas comme aujourd'hui. Aujourd'hui, il me semble une génération enchaînée, enchaînée mentalement et bientôt enchaînée physiquement par des QR codes, par des applications, par de la monnaie digitale. On n'a rien vu encore. Donc, c'était une génération libre qui avait parfois le sens de la formule. Et lui, quand il répondait à certaines provocations, ça donnait ce qu'on appelait des dérapages. OK. Mais si je regarde aujourd'hui, Quand vous voyez, par exemple, Born allant à Mayotte, dans un contexte où il y a une tragédie, les habitants sont en train de lui parler, sont en train de se plaindre, de lui dire qu'on les a abandonnés, que personne n'est venu. Et qu'est-ce qu'elle fait ? Elle l'éclate de rire. Elle fait demi-tour et elle part. Ça, c'est sincère. Quand Macron dit « je vais emmerder les français », ça c'est pas un dérapage, c'est pas un homme qui était aux abois, c'est pas un homme sur lequel étaient tombés des journalistes et qui est en train de lui casser les pieds avec mauvaise foi pendant des heures. C'était un choix sincère, vous voyez. Ça n'a rien à voir avec les sorties qui faisaient partie du répertoire large de Jean-Marie Le Pen. Le temps lui a donné raison. Son plus grand tort, le plus grand tort de Jean-Marie Le Pen, c'était d'avoir eu raison avant tout le monde. Aujourd'hui, il s'éteint, mais le temps est là et montre que ce qu'il a dit s'est matérialisé. Il avait raison avant tout le monde et les Français ne l'ont pas compris. Pourquoi ? Parce qu'il leur a parlé de choses, au moins il a la même chose ici au Royaume-Uni, il leur a parlé de choses à une époque qui... où la majorité des gens ne voyaient pas venir. Je te situe. Le Front National a été créé en... Je te dis ça à plus ou moins 6 mois entre 1971 et 1974. Grosso modo, à plus ou moins 6 mois. Dans ces eaux-là. Regarde en ligne, tu verras. Donc, je me rappelle plus la date exacte. Donc, à cette époque-là, quand tu arrives en France, et tu leur dis l'immigration massive, Tu leur dis les frontières ouvertes, tu leur dis la perte de souveraineté, tu leur dis tout ça ? Ils vont te regarder et te dire mais t'es fou ou quoi ? Où est-ce que tu vois le problème ? Il est où le problème ? Tu la vois où l'immigration massive ? Tu la vois où la perte de souveraineté ? Mais tu rêves ! Mais tu délires ! Vous voyez ? C'est ça. Parce que lui voyait le plan s'écrire. Mais la majorité des français, l'aménageur moyen, l'électeur moyen, lui, ne voyait pas le plan. Il ne voyait pas venir. Il ne voyait pas se matérialiser. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, tout ce que Jean-Marie Le Pen a dit, toutes les questions taboues qu'il avait osées ramener dans l'incompréhension générale parfois, aujourd'hui font partie du discours public de tous les jours. Aujourd'hui, tout le monde en parle. La gauche, la droite, les écolos, les républicains, tout le monde en parle aujourd'hui. Sauf qu'on en parle au passé parce que lui en parlait au futur. Lui disait voilà ce qui va venir. Aujourd'hui on est là, la moitié déplore, les autres disent avec fatalisme on n'y peut rien. D'autres te donnent des solutions extrêmes et non réalistes, non réalisables. Et puis on est coincé dans un système qui s'enfonce de plus en plus. Tu vois le truc ? C'est ça, c'est ça quand on a raison trop tôt. C'est le gars qui arrive et qui dit le Titanic va taper contre un iceberg. Bon, aujourd'hui, le Titanic a tapé contre l'iceberg et puis on a l'eau jusqu'au genou ou peut être jusqu'à la taille, jusqu'au cou, je ne sais pas. Et là, on est en train de débattre, c'est quoi la meilleure solution? La meilleure solution aurait été d'éviter cette situation, aurait été d'éviter l'iceberg. On ne l'a pas évité, on se l'est pris alors qu'il y avait des avertissements extrêmement clairs et ont des mots non incertains. Voilà, mes amis. Donc, je vous disais que Jean-Marie Le Pen s'est éteint aujourd'hui. 96 ans, grande vie de lutte, tort d'avoir eu raison avant tout le monde. Merci mes amis d'avoir écouté jusqu'ici et on se voit dans une prochaine vidéo. A très bientôt.
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