
A French monologue arguing that modern companies display a stark contradiction: externally they compete in a (roughly) meritocratic liberal market where consumers choose by quality (examples: supermarket purchases, iPhone adoption), while internally they operate via arbitrary authority, nepotism, favoritism and personality cults. The speaker supports this with personal anecdotes — notably a failed internal server/file-sharing project imposed by management — and compares internal corporate culture to authoritarian regimes (e.g., Stalinist USSR, Mao-era famine) to warn that slogans and personality cults harm organizations.
Mes amis, bien le bonjour. L'une des crises de l'entreprise moderne, c'est la différence entre l'extérieur et l'intérieur. Je vais vous expliquer ça par quelques exemples. Vous savez, là, je reviens du supermarché. J'ai acheté quelques VICTUAI. Personne ne m'a obligé à acheter tel ou tel produit. J'ai acheté en réfléchissant en tant que consommateur. J'ai comparé la qualité, le prix, tout ça. J'ai pris certains produits et j'en ai laissé d'autres sur le rayonnage. D'accord ? C'est comme ça que certains produisent du succès et d'autres pas. C'est de la méritocratie. On est dans un marché libéral, même si en réalité, il est de moins en moins libéral parce qu'on a de plus en plus d'interventions régulatoires et statiques qui fossent de plus en plus la donne. Mais ne parlons pas de ça pour le moment. Partons du principe qu'on a un marché libéral. Je vous donne un exemple. Ce téléphone où vous m'envoyez régulièrement vos questions est un iPhone. L'iPhone coûte cher, d'accord, mais n'empêche que des millions de gens dans le monde l'achètent. Parfois, ils s'endettent sur des années. Parfois, ils mettent 3 ans, 4 ans des contrats de 3, 4 ans maintenant qu'on a pour payer un iPhone. Il coûte cher. C'est probablement au-dessus de leurs moyens, mais quand même, ils vont l'acheter. Est-ce qu'il y a une loi qui oblige un tel ou un tel à aller acheter un iPhone? Est-ce que vraiment elle existe cette loi? Mais non, pas du tout. C'est tout simplement la qualité du téléphone. qui va faire en sorte que des gens veulent l'obtenir à tout prix. D'accord ? Donc on est dans un marché méritocratique, libéral. Maintenant, ça c'est dehors, ça c'est l'extérieur de l'entreprise. Rentrons à l'intérieur de l'entreprise maintenant. Vous connaissez beaucoup d'entreprises qui sont libérales et méritocratiques à l'intérieur ? La vôtre, elle l'est par exemple ? Non. Non, c'est pas possible. Commencez à l'intérieur de la compagnie. À l'intérieur de la compagnie, le système s'inverse complètement. On n'est pas méritocratique. Les choses marchent avec la politique, avec le favoritisme, avec le népotisme, avec les clics. Tu appartiens à la bonne clique, tu es dans le bon groupe WhatsApp, tu es ami avec un tel, tu couches avec un tel, tu sors avec un tel. Là, effectivement, il y a des options, mais autrement, non, ce n'est pas du tout méritocratique. Ce n'est pas du tout au mérite. Je vous donne un exemple. Exemple, prenons par exemple deux employés. L'employé A, il a une idée, et mettons que cette idée peut rapporter 10 millions d'euros à la compagnie. L'employé B est une nana, elle a une idée qui rapporte rien du tout à la compagnie, mais par contre, quand elle rencontre son manager dans l'ascenseur, elle commence un petit peu à s'approcher de lui, à rentrer dans ses 6 mètres, comme on dit, n'est-ce pas, à se frotter contre lui. Quand il raconte une blague, elle éclate de rire à pleins dents et tout ça, et elle lui montre qu'il y a des potentialités. Vous voyez ce que je veux dire. Le manager. Sachant que dans la compagnie, on n'est pas dans le libéral, on est plutôt dans le fait du prince, on est plutôt sous le rein de l'arbitraire, d'accord ? Vous l'avez bien compris, on n'a pas vraiment de... de règles précises par rapport à beaucoup de choses. Elles sont laissées vraiment à la discrétion. Donc, il y a beaucoup de gens qui ont beaucoup de pouvoir discrétionnaire et ils l'utilisent et même ils en abusent très largement. C'est ce qu'on appelle le fait du prince dans l'ancien droit administratif français. Voilà, le prince a décidé, tu peux rien faire. Donc. Il va choisir quelle idée, le manager dans une boîte? Il va choisir l'idée qui rapporte 10 millions, l'idée qui rapporte la meuf, mais tout reste à sa place. Je veux dire, c'est clair, les 10 millions, il va choisir la meuf, pourquoi ? Parce que les 10 millions, parce qu'ils vont aller dans sa poche. Non, mais sincèrement, est-ce que les 10 millions vont aller dans sa poche ? Non. Non, on va lui taper sur le dos en disant, comme un toutou là, quand tu tapes sur le dos d'un chien ou d'un cheval, en disant, bravo, c'est bien ? Non, pas du tout. On est d'accord ? Pas du tout. Les 10 millions, ils rentrent dans la poche de l'actionnariat. Alors que la meuf, elle ira pas dans le lit de l'actionnariat, elle ira dans son lit à lui. Donc il va choisir effectivement, il va aller là où, il fallait dire autre chose, là où son intérêt le guide. D'accord ? C'est dans cette direction qu'il va aller. Donc on a ça dans l'entreprise. On a aussi le culte de la personnalité, des idées, des expressions. J'avais travaillé pour une entreprise pendant pas très longtemps. En fait, il y avait dans le siège américain, dans le siège américain, je vous assure, des citations, des expressions qui avaient été utilisées par le PDG étaient affichées dans les murs. Et puis, il fallait les apprendre par cœur. Et le PDG ou des responsables des ressources humaines pouvaient arrêter dans un couloir n'importe quel employé et lui dire, toi, stop. Lui donner le premier mot de l'expression, il devait la compléter de mémoire. Le culte de la personnalité qu'on trouve très florissant au sein des régimes communistes, par exemple. Qu'est-ce qu'on a à l'intérieur de l'entreprise ? Je disais que dehors, on a une inspiration vers un marché libéral et méritocratique. A l'intérieur, ces valeurs, donc dès qu'on arrive au niveau de la porte de l'entreprise, les valeurs méritocratiques et libérales s'arrêtent. On a le fait du prince, on a l'autoritarisme. Et forcément, là où tu as l'arbitraire, tu as l'autoritarisme qui vient avec. J'ai décidé, c'est moi. J'ai eu plein de projets capotés, vraiment plein de projets capotés. Un jour j'étais dans une réunion, je vous raconte, comme ça on parle d'exemples concrets. J'étais dans une réunion et puis ils voulaient installer un programme, enfin une sorte de serveur plutôt, pour partager des documents au sein de la compagnie. Alors le serveur faisait tourner un programme, un protocole, je ne me rappelle même plus le nom pour être honnête avec vous, je crois que c'est un truc qui datait des années 90, qui était très compliqué à déployer. Ça signifie que pour télécharger un fichier, tu devais installer un client, et puis sur d'outils, sur ton ordinateur, et le client ne marchait pas toujours, donc il fallait aller en ligne de commande, et commencer à taper des commandes interminables, juste pour voir si le fichier est là et téléchargé. Et dans 99% des cas, ça ne marchait pas. Le gars qui était en train de promouvoir cette idée, je veux dire, moi je ne comprenais pas ce qu'il était en train de faire. Je l'ai laissé faire durant la réunion, je l'ai laissé, laissé, laissé. Et à un moment donné, quand on est passé aux questions, j'ai dit, écoute, est-ce que tu peux nous démontrer que tu envoies un fichier sur le système et tu le récupères ? Bien sûr, je peux te démontrer. Ça n'a jamais marché. il a eu des erreurs, il a appelé son collègue, ils ont commencé à taper. Une fonctionnalité de base, fondamentale de base, il était incapable, lui-même, l'initiateur du projet, l'expert dans ce projet, était incapable de l'exécuter. C'était pas possible. Le projet datait de Mathusalem, c'était des anciens techniques, des anciens trucs, à l'époque où l'informatique était compliquée, l'informatique n'était pas basée sur l'expérience utilisateur, n'était pas basée sur l'ergonomie, était basée juste sur On sait que c'est compliqué, on sait que c'est difficile, on sait... Moi, mes premiers e-mails, vous savez, ça ne va rajeunir personne, ce que je vais vous dire, mes premiers e-mails, moi, mon premier compte e-mail du tout, du tout dans ma vie, vous savez comment j'y ai accédé ? Vous croyez que j'ai accédé sur un site web avec des couleurs et tout ça ? Non, non, pas du tout. J'avais une sorte de client qui s'appelait Telnet. Les anciens, avant de savoir, ceux qui sont en moins de 20 ans ne peuvent pas se rappeler de ça. c'est un clientel net, une sorte de fenêtre comme ça, avec un fond blanc ou noir, et je tapais. Et je devais taper pour me loguer, après taper pour voir s'il y a de nouvelles e-mails, et après me lister les e-mails, après je devais taper une commande pour ouvrir un e-mail et une commande pour y répondre. L'expérience utilisateur en ces temps-là n'était pas bonne par rapport à ce qu'on connaît aujourd'hui. Donc, ce programme qu'il sortait datait d'une autre époque. Et nous étions, je vous raconte, il y a quelques années seulement. Quand j'en ai parlé, quand on est arrivé à la période de décision, j'ai voté contre ce projet et j'ai donné mon argumentaire. Il fallait voter pour ou contre et donner son argumentaire. Mon argumentaire c'est que nous sommes arrivés aujourd'hui dans une phase, dans une période, dans une époque où L'expérience utilisateur compte, l'ergonomie compte, où le temps, notre temps est tout ce compté, et très important de pouvoir faire des choses simples rapidement, qu'on a des outils, qu'on a des... comme Google Drive, ou comme les autres, vous savez, la compétition, il y en a au moins une cinquantaine d'exemples différents, on a des systèmes basés sur le cloud ou d'autres, qui permettent très rapidement de mettre des fichiers, d'enlever des fichiers, de les partager, sans même y penser ! sans même y penser, ça marche dans 100% des cas. J'ai dit pourquoi utiliser ce genre de système d'attente Mathieu Zalem ? Vous savez ce qu'on m'a répondu ? Le responsable, un des managers responsables, vous savez ce qu'il m'a répondu ? Quand il a compris qu'il ne pouvait pas me bloquer sur la logique de mes arguments, sur la factualité de mes arguments, qui étaient basés d'ailleurs sur une démonstration qui avait foiré, vous savez ce qu'il m'a dit ? Alors de toute façon, j'ai parlé à un haut responsable, à un vice-président, et il m'a dit qu'il est derrière ce projet et que les gens devront, qu'ils veuillent ou qu'ils ne veuillent pas, devront l'utiliser. L'argument de l'autorité. Vous voyez qu'on n'est pas dans du libéralisme, on n'est même pas dans la méritocratie des idées ou la méritocratie des personnes. D'accord ? La méritocratie des idées n'existe pas, Les idées sont promues en fonction de qui les avance. Si quelqu'un qu'on aime bien et tout, l'idée remonte même si elle est complètement pourrie. Et si une idée géniale arrive de quelqu'un qu'on apprécie moins, l'idée sera écrasée. D'accord ? J'avais même donné à l'époque l'exemple de l'iPhone. J'ai dit l'iPhone, il n'y a aucune loi qui oblige qui que ce soit à acheter l'iPhone. Pourtant, il y a un taux d'adoption extraordinaire. Malgré le prix. Mes arguments n'étaient nulle part. Le projet a été implémenté. Vous savez quoi ? Un an et demi plus tard, il a capoté complètement. Le taux d'adoption était de zéro. Malgré tout ce qu'ils ont fait pour forcer les gens à l'utiliser, le système ne marchait pas. Les gens continuaient à échanger des fichiers par clé USB, par e-mail, par n'importe quel moyen. mais pas ça parce que ça ne marchait pas. Ils ont abandonné le projet. Après, le projet discrètement a été abandonné. Bon, moi, je ne suis pas du genre à arriver en disant « ah oui, je vous avais dit ». Mais le problème, c'est que ces gens-là sont pire que des bêtes. Ces gens-là ne vont pas apprendre, ne vont pas grandir, ne vont pas dire « on a fait une connerie et on ne la répétera pas ». Non, non, ces gens-là, le lendemain, tu vas les trouver ou le jour même. qu'un projet pareil capote, tu les trouveras exactement selon la même logique en train de se lancer dans un autre projet qui va coûter encore des millions et des millions et des millions. Toujours, toujours, toujours, sans arrêt, sans arrêt. Ils sont constamment dans la certitude, jamais dans... Toujours, en fait, ils sont toujours dans la certitude, comme ça, de leur bon droit et tout le temps ou très souvent dans l'erreur et jamais dans le doute. Ils doutent jamais, voilà. Et ça, à l'intérieur de l'entreprise, malheureusement, ça fait des dégâts aujourd'hui. Donc l'entreprise, on y trouve les grands slogans, on y trouve le culte de la personnalité, on trouve le fait du prince. Il n'y a pas de méritocratie, mais il y a plutôt des choses qui sont avancées. Il y a l'arbitraire, il y a le népotisme, la corruption, les conflits d'intérêts et tout. À l'intérêt de l'entreprise d'aujourd'hui, on est dans un pays communiste. Vous avez bien compris. À l'intérieur de l'entreprise d'aujourd'hui, on est en Allemagne de l'Est. On est en URSS. On est dans l'URSS de Staline. Voilà le problème. Alors aujourd'hui, c'est exactement ces mots, c'est avec ces exemples que je vous résume la problématique de l'entreprise moderne aujourd'hui. C'est ça l'idée. Tu existes, tu veux exister, tu souhaites exister dans un système libéral, mais alors qu'à l'intérieur, t'es parti comme les Chinois, on est au PCC. Et d'ailleurs, c'est pour ça que si vous remarquez, de plus en plus d'entreprises, même des très grandes, transpirent le communisme vers dehors. Vraiment. De plus en plus de compagnies vont vers dehors commencer à sointer ce genre d'idées. Sointer le totalitarisme, sointer le culte des personnalités, sointer l'idéologie, les phrases toutes faites qui ne nourrissent pas le peuple. Il y a des peuples qui sont morts en écoutant des grands slogans. Mais vraiment, mort... Quand je dis mort, c'est pas façon de parler, vraiment. En... En... Comment ça s'appelle ? En Chine ? 1958-1962 ? La Grande Famine ? 50 millions de morts ? avec des grands slogans. On ne les mange pas, les grands slogans. Et de la même manière, les grands slogans ne vont pas soutenir un cours en bourse. Les grands slogans ne vont pas faire avancer le marché de l'entreprise, ne vont pas augmenter ses bénéfices, ne vont pas la faire grandir, pas du tout. Les grands slogans l'emmènent vers le sol, comme ils ont emmené des pays entiers. Tu vois, toi, tu es dans une boîte de 1000, 2000, 10 000 personnes, des pays entiers. Je te parle de Chine qui en finit en famine avec les grands slogans. Est-ce que toi, tu feras mieux ? D'accord. Voilà. Merci, mes amis, d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. Vos questions sont tout le temps, tout le temps les bienvenus. dans ce dans ce ce whatsapp d'accord et qu'on se voit dans une dans une prochaine vidéo à très bientôt.
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