La Grande Fatigue : les Français sont épuisés au travail !

In this French‑language monologue, Aldo Sterone warns that French workers are increasingly exhausted, citing recent statistics that show a rise from 47 % in 2000 to over 70 % in 2022 reporting severe fatigue, with even higher figures in the United States. He links this fatigue to a broader pattern of exploitation, describing its consequences for families, mental health, and society. Sterone then provides a historical parallel, recounting the 1863 case of Mary‑Anne Walkley, a 20‑year‑old seamstress who died of exhaustion in a London workshop, and the limited reforms of the 1833 Factory Act, to illustrate that over‑work has long been a tool of capital. He shares his own three burn‑out experiences, including emergency‑room visits, and explains how he was naïve about the “electronic leash” of work devices and after‑hours expectations. By setting firm boundaries—refusing non‑urgent calls, turning off notifications, and demanding respect—he eventually earned better treatment from his employer. Sterone concludes with a call to action: protect one’s health, prioritize family, and read his book Toxic to become a “warrior” for personal well‑being rather than a tool for corporate profit.
Chapters
Mes amis, bien le bonjour. Les Français sont épuisés au travail. Je vous donne un chiffre du Monde. En 2000, 47% des Français se déclaraient très fatigués au travail. En 2022, ce chiffre était de 67%. Aujourd'hui, je pense qu'on dépasse les 70%. Ça montre que le taux d'exploitation est en train d'augmenter, qu'on est en train de serrer la vis aux gens, qu'on est en train de les essorer. Aux États-Unis, c'est pire. Aux États-Unis, 80% des Américains déclarent qu'à la fin de la journée de travail, ils sont trop épuisés pour préparer à manger, pour se préparer à manger. Quelque chose d'aussi basique. J'imagine que beaucoup ont du mal à prendre une douche, ont du mal à s'occuper de leurs enfants. Tout ça, ça donne quoi? Résultat ça donne des générations de gamins à l'abandon qui grandissent devant des écrans. Ça donne la malbouffe, ça donne le stress, ça donne la dépression. Tout ça, tu vois, les Français J'ai vu un chiffre 32 se déclarent en fatigue extrême. Ce chiffre passe, tiens-toi bien, à 96 chez le personnel soignant. On peut dire que chez eux, c'est encore plus systémique. Et puis 26 déclarent, des Français déclarent que le travail affecte leur santé mentale négativement. Bien entendu, c'est pas des gens qui se disent waouh, c'est génial. 40 connaît un burnout. J'ai connu moi-même 3 burnouts. Je suis venu 3 fois dans des hôpitaux, ça signifie dans les urgences, OK. Vous croyez que j'allais mourir? Burnout, trop de travail. J'étais naïf, je me tuais au travail, j'avais pas besoin. Je vais vous expliquer ça. Alors je vous dis un truc, ce n'est pas quelque chose de nouveau, ce n'est pas quelque chose qui vient d'arriver, ça ne date pas de ce siècle ni du siècle passé. Ni même du siècle avant. On va lire en 1863 à Londres. On a les journaux, on est en juin, on a un journaux, les journaux locaux qui parlent d'une certaine gamine qui s'appelle Mary-Anne Walkley, 20 ans, qui était venue travailler chez Madame Élise. Madame Élise, elle tenait un de ses nombreux ateliers de couture. Pourquoi? Parce qu'il fallait coudre des robes, des robes pour les demoiselles, de de la bourgeoisie, de la noblesse, qui était en train de courir les bals et les festivités à l'occasion de l'arrivée de la nouvelle princesse de Galles. Je ne suis pas le Stéphane Bern de ces choses-là, mais je crois, ne me citez pas là-dessus, que la demoiselle en question, la princesse, venait de Danemark. C'est une tradition bien établie chez les familles royales d'Europe jusqu'à maintenant d'ailleurs. S'échanger le pool génétique comme ça pour éviter de devenir trop demeuré. Mais ça ne marche pas très bien parce que le pool est trop petit malgré tout. Alors je disais que pendant que, pendant les temps normaux, dans les ateliers de Londres, on travaillait, la durée de travail, tiens-toi bien, normale, temps normal, était de 16h30 par jour. Ça signifie les couturières commençaient leur travail à le matin quand elles se réveillaient à 6 h, elles devaient être là et puis travailler jusqu'à presque minuit. Et après, elles tombaient de sommeil, se réveillaient le matin et recommençaient. Elles travaillaient dans un atelier où elles étaient 30 dans une pièce, 30 dans une pièce bondée, sans éclairage naturel, souvent sans aération suffisante. Et elles devaient travailler, travailler, travailler pour avancer vite. Madame Élise, qui était d'ailleurs reconnue comme étant meilleure patronne que les autres. C'est pas Madame Élise, c'était quand même quelqu'un de plus sympa que la moyenne à Londres dans ces choses-là. Alors je disais, mais nous sommes en juin 63 et c'est vraiment la haute saison. Et là, la durée de travail va passer de 16h30 par jour à 26h par jour. Ce qui était gentil parce que dans certains ateliers, c'était 30 heures par jour. Ça signifie qu'on commençait à travailler, puis on y allait jusqu'au lendemain, jusqu'à l'épuisement. Quand les gens étaient fatigués, on faisait pas du commuting en ces temps-là. Eh bien, à côté de l'atelier, il y avait une petite chambre, des planches et entre les planches, des paillasses. Et les filles allaient dormir là, épuisées, elles tombaient d'épuisement. Quand elles ouvraient les yeux, retour à l'atelier jusqu'à ce que mort s'ensuive. À cette époque-là, il y a eu dans des endroits du Royaume-Uni où l'espérance de vie pour les riches était de l'ordre de 30 ans et pour les pauvres était de l'ordre de 15 ans. Les enfants étaient crevés au travail, rampés à l'intérieur de cheminées, rampés à l'intérieur de machines à vapeur pour les nettoyer de l'intérieur. À 7-8 ans, ils avaient déjà les poumons encrassés, ils avaient déjà les premiers signes du mal. Qui allaient les tuer avant l'âge de 15 ans. D'accord, il y a strictement aucune limite, mes amis. Je cherche juste à ouvrir vos yeux à ça. Quand le Factory Act de 1833— il faut que je vous fasse une vidéo rien que sur ça— quand la loi de 1833 est arrivée au Royaume-Uni pour limiter le travail des enfants, c'était pas pour dire on fait pas travailler les enfants, non, c'était juste pour dire on va peut-être humaniser un peu, on va peut-être limiter le nombre d'heures le patronat a crié au scandale, le patronat a dit c'est pas possible, on peut plus travailler dans ce pays, il y a trop de gens, trop de droits, on peut pas, si on peut pas faire travailler les enfants, nous bon, on peut pas faire du business ici, d'accord? Juste pour vous dire. Marianne Walker-Lee, qu'est-ce qui s'est passé avec elle? Walkley. En juin 1863, eh bien le matin, lundi, c'était un lundi, quand Madame Elise a arrive dans l'atelier, elle voit que le travail n'avance pas pour Marianne. La robe est là, elle est en retard et elle va voir dans la paillasse et elle trouve la fille morte. Morte à 20 ans, morte d'épuisement. Et pourquoi cette histoire est devenue célèbre? Parce que tous les médias de Londres s'en emparaient. C'était une époque où on parlait beaucoup d'esclavage blanc parce que, pour vous donner une petite idée, une référence temporelle, On est en 1863, l'esclavage aux États-Unis allait être arrêté en 1865, mais déjà là en 63, il était extrêmement mal vu, mal perçu. Donc il y avait déjà quelque chose qui disait que la fin de l'esclavage arrive. Et on a réalisé que pendant qu'on focalisait sur l'esclavage des Noirs, eh bien, il y avait les salariés, les salariés Blanc de Landres qui était en train de mourir. Et il y a mourir de travail, mourir d'épuisement à tout âge. On en avait qui mouraient à 12 ans, d'autres à 20 ans, d'autres à 25 ans, peu importe. Mais je cherche à te dire que les forces de l'argent te considèrent comme un citron, t'écrasent. Il y a aucune limite, la limite c'est toi qui la poses, ils vont pas s'arrêter eux. Cette pauvre fille, quand elle est morte, il y a eu une gravure qui est restée célèbre où on voit une femme habillée d'une très belle robe, eh bien, elle se regarde dans le miroir, et dans le miroir, on voit une jeune femme couchée qui est morte. On voit la couturière qui a fabriqué la robe. On a réalisé que, parce que tu sais que pour ces bals, pour ces festivités, attention, il faut pas qu'on te voit 2 fois avec la même robe, tu vois. Et on a réalisé que pour cette classe dominante Pour obtenir le futile, une robe pour un bal qui allait être portée une seule fois, on n'hésitait pas à sacrifier des vies humaines. Ça signifie que ta vie, ton bonheur, le bonheur de tes enfants, ton équilibre familial, ta santé, tout ça, ça vaut moins qu'une robe qui sera portée pendant 2 ans. Ça veut dire quoi? Ça veut dire ce que je suis en train de te dire. Si ce n'est pas toi qui poses les limites, c'est pas ton employeur qui va les poser. Je vais dire même pire. Après avoir morflé plusieurs fois par naïveté, par sottise dans le travail, j'ai décidé de focaliser sur mon job, faire pour quoi on me payait, rentrer chez moi. Quand je sortais du travail, je considérais que j'avais démissionné jusqu'au lendemain. Tu sais ce que je faisais? Je te dis l'avant, l'après le burnout. Avant, quand je partais du travail, je prenais mon ordinateur et mon téléphone qui m'étaient donnés comme une laisse électronique par mon employeur. Et ce que je faisais dès que j'arrivais à la maison, je branchais l'ordi, je regardais. Si tu te reconnais là-dedans, c'est que tu es en train de filer un mauvais coton, je te le dis tout de suite. Je regardais s'il n'y avait pas des emails qui étaient apparus après. Ah oui, celui-là, je lui réponds, tic-tic-tic, machin. Ah oui, attends, je vais appeler celui-là rapidement. OK. Ce n'est pas l'entreprise de ton père, OK? Tu ne vas pas l'hériter. Tu peux faire ça à la rigueur, moi j'ai rien contre, si tu vas hériter cette entreprise. Ça oui, y a pas de souci. En dessous de ça, je vois pas pourquoi tu le fais. Je te dis un truc, quand j'ai changé, OK, après un passage aux urgences, après que le médecin m'ait arrêté pendant 3 semaines et tout ça, c'est dur, hein? Royaume-Uni, si on t'arrête pendant 3 semaines, c'est qu'on considère que t'es à l'article de la mort, sincèrement. Eh bien, je suis revenu au travail, je laissais l'ordinateur en partant. Et en partant, ce que je faisais, je prenais le téléphone, je mettais la sonnerie à fond, je le posais sur l'ordinateur de sorte que si on m'appelait en dehors des heures de bureau, ça sonnait là-bas, ça sonnait sur mon bureau. Certains avaient trouvé mon numéro personnel. Quand ils m'appelaient, je leur disais «Est-ce que c'est urgent?» «Dis-moi si c'est urgent.» Je veux savoir, est-ce que c'est une vraie urgence pour laquelle tu m'appelles? Ils disent oui, c'est une vraie urgence. OK, alors si c'est une vraie urgence, tu vas raccrocher maintenant tout de suite et tu vas appeler une ambulance tout de suite, vraiment, ou les pompiers, d'accord? Parce que moi, moi je fais pas les urgences. S'il y a un gars qui est devenu bleu, qui respire pas, son cœur ne bat pas, ou si tu as un incendie au deuxième étage, ça sert à rien de m'appeler. Raccroche, appelle les urgences, OK? Merci, je vais raccrocher avec toi maintenant. Point à la ligne. S'il disait «Non, c'est pas urgent.» «OK, c'est pas urgent, je recommence le travail demain, OK? Merci.» Clac, raccroche. Tu peux pas gagner. Et tu sais ce qui s'est passé? Je vais te dire un truc extraordinaire qui s'est passé. C'est qu'on a commencé à me respecter. On a commencé à me traiter mieux. Pourquoi? Parce que là où je mettais une nie, C'est une situation d'un pacte avec le diable. Le pacte avec le diable, c'est il te dit «T'avances, tu sais, moi je suis le mal, ne signe pas avec moi, je vais rien t'apporter, je t'oblige pas, je te force pas de faire ce que tu es en train de faire, mais si tu le fais, tu vas te détruire. Moi je t'ai rien dit, d'accord, je me lave les mains de toute responsabilité.» C'est pareil au travail, c'est le diable. Pourquoi? Si tu te tues au travail, c'est ce qu'ils vont te dire. C'est arrivé à beaucoup de gens. Ouais, mais nous on t'a pas demandé tant. Nous on t'a vu te donner à fond, on t'a vu travailler le soir, on t'a vu répondre à des emails à 22h, on t'a vu répondre à des emails durant ton week-end, on t'a vu, on t'a vu. Mais nous on peut pas te contrôler, je veux dire, le travail on a tout le temps, il s'arrête jamais. C'est toi qui dois poser ton hygiène de vie, ton hygiène de travail. Tu es quand même un adulte, c'est quand même un professionnel. Regarde, un petit peu de gaslighting, regarde, regarde, un petit peu de gaslighting, tu vois, c'est bien ça. Donc un petit peu de gaslighting, je disais, donc ouais, c'est à toi de te contrôler aussi. Tu veux dire, personne t'a dit de te tuer. Respire, prends un peu d'air. OK, arrive à l'heure et pars à l'heure, d'accord, mais personne te dit de travailler pendant tes vacances, personne te dit de répondre à 23h, ça peut attendre le lendemain, tu vois ce que je veux dire. OK, sans comme ça Donc ils comptent sur ta naïveté, ils comptent sur ton inexpérience pour te donner à fond et te détruire. Et ils le voient quand t'es naïf, t'es en train de te détruire. Ils disent rien. Pourquoi? Parce qu'ils en profitent. Voilà, je te laisse faire. Ne va pas en burn-out, ne t'épuise pas, ça vaut pas la peine. C'est pas ton employeur qui sera là sur ton lit de mort, c'est tes enfants. Occupe-toi de tes enfants, occupe-toi de ta famille, de ta santé. Les emplois, ça va, ça vient, ça part. OK, OK, s'ils n'aiment pas ton rythme, ils te virent ou tu pars ou ils te montrent la porte. Mais tu sais, tu restes en bonne santé physique et mentale, tu peux aller loin. Mais si tu laisses ta santé physique et mentale pour un emploi, le jour où ta boîte ferme, où elle est rachetée par d'autres, elle fait un plan social, elle te vire, bon ben voilà quoi, tu as une main devant, une main derrière quoi. Tu as tout détruit pour une boîte qui qui n'existe même plus maintenant dans le registre. OK, faites très attention à vous, mes amis. OK, et avant de partir, lisez mon livre Toxic. Toxic, je l'ai écrit, je suis devenu quelqu'un de différent. Tu peux le lire, tu peux pas le dé-lire. Une fois que tu vois ce qu'il y a dedans, c'est terminé, tu peux plus revenir en arrière. OK, je veux que tu deviennes un combattant, voilà, combattant pour ta cause. Je veux pas que tu deviennes un combattant pour ton patron, pour l'actionnariat de celui-ci, d'accord? Deviens Deviens un warrior, un combattant pour les causes qui en valent la peine, toi, ta famille. À très bientôt, mes amis.
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