
A father speaks in French about losing his daughter to illness. He reflects on grief, the medical system, and what life and death mean to him, recorded in May 2016.
Questions this video answers
18 April
30 April; it was also the speaker's birthday.
Since December.
Aïda
Bonsoir mes amis, ça fait longtemps que je n'ai pas fait de vidéo. Beaucoup de gens m'écrivent pour me demander comment je vais. Je ne sais pas comment je vais. Pour être parfaitement honnête avec vous, c'est la question à laquelle j'ai du mal à apporter une réponse. Alors, en attendant de savoir comment je vais, j'essaye de reprendre une vie normal si possible et dans cette normalité il y a le fait que je fasse des vidéos donc voilà donc c'est pour cet exemple je suis là je fais une vidéo et puis j'enregistre je la mets en ligne vous pouvez commenter aimer pas aimer critiquer débattre insulter c'est permis c'est C'est juste une tentative de ma part d'établir une normalité. Pour ceux qui ont raté peut-être cet épisode parce que je sais que beaucoup me regardent sur YouTube mais sans nécessairement être abonné à ma page Facebook, je vous avais parlé peut-être une ou deux reprises que j'avais une fille qui était malade, qui était à l'hôpital Elle est décédée le 18 avril, puis elle a été enterrée le 30 avril, qui était accessoirement le jour de mon anniversaire également. Donc je suis aujourd'hui, comme on dit, je suis en train de traverser une épreuve, une épreuve difficile, les mots me trahissent un petit peu, j'ai du mal à trouver les mots adéquats pour poser sur ce que je vis. C'est très difficile à décrire. C'est pas que je ne veux pas le décrire, j'aimerais bien, mais j'ai un ressenti que je ne connaissais pas avant et c'est difficile de mettre les mots dessus. En tout cas, Je suis une personne éprouvée, je ne suis pas une personne brisée. Je pense que dans des moments comme ça, c'est le moment peut-être de remercier Dieu de m'avoir envoyé une telle épreuve, de m'avoir donné peut-être cette opportunité aujourd'hui peut-être quelqu'un de différent, j'espère, peut-être quelqu'un de meilleur, en me mesurant aux choses les plus extrêmes qu'on puisse vivre. Je sais que c'est facile d'être reconnaissant quand nous vivons, quand nous avons gagné à la loterie, n'est-ce pas? C'est très facile de remercier, de se sentir reconnaissant. Mais je pense que la vraie reconnaissance arrive en ces moments-là, en des moments comme celui-ci. Quand j'ai appris, quand nous avons appris que la petite avait un problème de santé et qu'il y avait des risques, il y avait des risques que cela limite sa vie de manière significative, pour utiliser la terminologie médicale, Le premier réflexe c'était, écoute, Dieu c'est très sympa de ta part, je suis très touché par la confiance, mais ce genre d'épreuve c'est pas pour moi. Tu ne devrais pas choisir un type comme moi, tu ne devrais pas choisir des parents comme nous, et leur dealer une carte de ce niveau-là. C'est pas pour nous ça, ça c'est peut-être un peu gros, merci quand même. Ça serait très sympa si tu pouvais reprendre cette carte et puis la garder. On voit nous quelque chose de... un autre niveau. Un autre niveau, quelque chose avec lequel on peut... on peut... on peut dealer. Mais malheureusement, ça marche pas comme ça. Malheureusement, c'est des épreuves qui te sont... Tu retournes la carte, c'est ça, et puis... il n'y a pas de machine. le personnel médical, certains individuellement ont été extraordinaires durant cette époque, cette période. D'autres ont été...
Voilà.
Mais collectivement, collectivement, le système médical n'a peut-être pas été à la hauteur. Vous savez, je vous dis un truc, ayant perdu ma fille il y a peu de temps dans un hôpital, je ne suis peut-être pas la personne la plus objective que vous pouvez rencontrer quand il s'agit de parler de personnel médical. D'accord ? J'aurais été quelqu'un qui regarde les vidéos blogs et qui essaye de recueillir les sentiments des gens sur la performance du système médical d'aujourd'hui. J'aurais pris avec beaucoup de pincettes une vidéo comme celle que vous êtes en train de regarder. Quand il s'agit de... Quand il s'agit de médical, j'avais une idée, j'avais une idée peut-être qui venait de la série Urgence. J'imaginais les gens courir avec des brancards, se bousculer, réveiller du monde, faire décoller des avions, je ne sais pas, n'importe quoi. la caméra, tout ça, la réalité, la réalité est différente. Ce que je peux vous dire aujourd'hui, je vous en parlerai peut-être plus tard quand je serai en mesure d'apporter un discours objectif, mais je peux vous dire aujourd'hui que les médecins n'ont pas voulu relever le défi, n'ont pas voulu. C'est une épreuve pour moi, c'est une épreuve Pour nous tous, en même temps, c'est une épreuve qui nous donne la possibilité de nous mesurer à des choses qui semblent nous dépasser peut-être, et puis c'est peut-être l'occasion d'apprendre de nouvelles choses, c'est l'occasion d'aller plus loin, découvrir. Ce que je peux vous dire de ma perspective, j'ai l'impression que Le système médical n'a pas voulu s'engager dans cette... Il n'a pas voulu s'engager, ou peut-être pas suffisamment, dans cette foi. C'est comme on dit, il a refusé le combat. Il n'a pas souhaité se confronter à cela. Donc, voilà. J'ai... J'ai l'impression d'être profondément changé. Comment ? Je ne sais pas. Je suis comme un château de cartes qu'on souffle avec une hélice. Les cartes montent dans le ciel et retombent. Je ne sais pas comment elles retomberont. Mais je peux vous dire que les cartes volent dans tous les sens. Ça je peux vous l'affirmer aujourd'hui. C'est terrible. Je ne me pose pas des questions sur... Je ne me pose pas des questions sur... Sur la mort, je me pose des questions sur la vie. C'est...
C'est.
Pénible, c'est pénible. J'ai... Ça fait depuis décembre qu'elle était à l'hôpital. On continue. Depuis le mois de décembre. Et c'était beaucoup de souffrance, beaucoup de souffrance pour moi en la voyant elle, en luttant pour elle, mais aussi en voyant énormément d'autres enfants. Vous savez, je ne savais pas qu'il y avait des enfants qui souffraient autant. J'ai vu énormément d'enfants. qu'il y avait beaucoup de problèmes, des petits bobos parfois, mais souvent des problèmes vitaux. Souvent, tu vois un enfant et tu n'es pas sûr si dans trois jours il sera là. Et j'ai été exposé à tout cela, j'ai parlé à des parents certains. Je suis toujours en relation avec, une en particulier, dont la fille a été admise, la semaine dernière au département où la mienne est morte. Et elle était là-bas. Ses messages criaient presque au secours. Et il a été question d'aller la voir. Moi, je ne voulais pas aller la voir. Vous savez, moi, je suis comme tout le monde. Moi, je préfère voir les amis quand ils ont un mariage, un anniversaire, n'est-ce pas? Mais c'est peut-être pas en ces moments qu'ils ont le plus besoin de nous. J'ai été la voir. J'ai été la voir, même si j'aurais voulu ne pas. Et je sentais dans cet endroit, je sentais encore l'esprit de ma fille flotter, l'esprit d'Aïda. Et j'avais l'impression qu'elle était là. Je ne sais pas sur quoi tout ça va déboucher. Je n'en ai pas la moindre idée. C'est juste de dire que tout cela a un sens, même si aujourd'hui je ne comprends pas ce sens. Aujourd'hui je ne comprends pas, mais je me dis que j'espère que je comprendrai un jour, que tout cela s'éclairera. Je ne sais pas si ça arrivera ou pas. Mais en tout cas, je peux vous dire que même si je meurs à 95 ans, je sais que ma dernière pensée sera un sourire parce que je penserais que j'irais rejoindre ma fille où qu'elle soit.
Voilà. Merci.
De votre soutien. Merci d'avoir été là pour moi. Beaucoup d'entre vous, qui parfois, quand ils m'écrient, se qualifient d'anonyme ou utilisent des substances TIF réducteurs de cet akabie. Mais le soutien que vous m'avez apporté durant cette période et que vous continuez à m'apporter a été extrêmement important et a probablement fait la différence sur beaucoup de choses. Voilà, je vous souhaite tout de bon, je vais essayer de revenir plus vite, ça se trouve demain, la semaine prochaine, je ne sais pas, je vais essayer de revenir, il faut que je me reconnecte à la vie.
Bonne.
Nuit tout le monde.
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