L'Affaire O. J. Simpson - meurtres sur fond de racisme institutionnel

French-language YouTube commentary (Aug 2017) analyzing the O.J. Simpson murder case. The speaker reviews primary sources (trial recordings, autopsies), books by prosecution and defense figures, and highlights investigative failures (poor evidence handling, chain-of-custody breaks, Mark Furman’s problematic conduct). He situates the trial within racial tensions after Rodney King, explains how defense counsel racialized the case, and concludes he would have voted 'not guilty' because of reasonable-doubt failures despite personally believing Simpson could have been the killer.
Bonjour mes amis. Vous savez, M. O. Simpson, qui a aujourd'hui 70 ans, va bientôt sortir de prison. Et en fait, cette annonce a suscité énormément de débats. Il y a des gens qui lui sont très hostiles, des gens qui sont pro-O. Simpson. Et en fait, c'est comme si le débat était relancé. Donc j'aimerais venir vous dire un petit peu ce que j'en pense parce que pendant très longtemps, cette affaire pour moi se résumait à quelque chose de très simple. C'était Un gars qui a tué sa femme mais qui a été assez riche pour échapper à un jury d'assises et puis sortir avec un acquittement. En fait, l'histoire est beaucoup plus compliquée que ça. Alors, ce que j'ai fait à un moment donné, j'ai commencé à m'informer sur cette histoire. Alors, qu'est-ce que j'ai fait ? Au départ, en ligne, il y a l'enregistrement complet des plaidoiries de la défense et de l'accusation. J'ai regardé cela. J'ai lu les rapports d'autopsie. Je dis bien les rapports d'autopsie parce qu'en fait, il y a eu deux morts. Je vais vous expliquer dans le détail dans une seconde. Et puis, j'ai lu un certain nombre de livres. Alors, j'ai lu le livre de Christopher Darden. Christopher Darden, c'est un des procureurs. Donc, il travaille pour le D.A. comme ils disent là-bas. Donc, c'est l'accusation. J'ai lu le livre de Johnny Cochrane qui est l'avocat principal de la défense parce que M. Ogilvy Simpson avait une équipe à sa défense, c'était pas seulement lui, il y avait lui, il y avait Robert Shapiro, j'ai écouté plusieurs interviews de Robert Shapiro sur ce sujet là, il y avait Kardashian, Les filles sont très connues aujourd'hui. D'ailleurs, je pense même que la saga Kardashian est née avec cette affaire-là parce que c'était pratiquement, je pense, la première fois que la télévision se rend compte de la puissance de la réalité par rapport à la fiction. Ça signifie ce qu'on appelle réalité show en fait. Ça signifie on prend la réalité, on la transforme en show. C'était cette affaire J. Simpson qui avait passionné l'Amérique et même le monde à cette époque-là. était probablement le précurseur ou l'ancêtre de toutes les réalités show que vous connaissez. Et j'ai lu aussi le livre de Mark Furman. Alors Marc Furman, c'est un personnage très particulier, c'est un des premiers à être arrivé sur la scène du crime, c'est un flic et c'est en fait par lui que pratiquement toute l'affaire va s'écrouler et on va arriver à l'acquittement à la fin. Alors, je vous explique ce qui s'est passé et ce que je vais vous dire à la fin, plus tard, je vais vous dire un petit peu si j'avais été dans le jury, connaissant tout ça, j'ai essayé d'avoir un maximum d'informations, Par certains, par endroits, j'en sais peut-être plus que le jury parce qu'il y a des choses qui n'ont pas été communiquées au jury alors que j'ai pu y accéder. Et puis, il y a peut-être d'autres choses que le jury a entendu mais que moi je n'ai pas lues. Mais j'ai essayé de me mettre dans la peau d'un jury et puis je vous dirai à la fin qu'est-ce que j'aurais voté. Est-ce que j'aurais voté coupable ou non coupable. Alors, tout d'abord, l'histoire va commencer, on est en 94, je vous dis ça de mémoire, on est en 94, juin 94. Et ce qui se passe c'est que Il y a un gars qui sort son chien, on est à Los Angeles, il est tard, il est 22h, il y a un gars qui sort son chien et puis à un moment donné, il arrive sur un trottoir qui est couvert de sang et le chien déjà, il a les pattes pleines de sang et quand il se penche vers une maison, il va voir que littéralement à l'entrée de la maison parce que la maison est assez en recul par rapport au trottoir mais il y a une sorte de chemin qui arrive vers la rue et en fait, il y a un petit portail Et le portail est ouvert et devant le portail, près d'un petit escalier, il y a une femme recroquevillée et puis elle est dans une mare de sang. Alors, ce qui se passe, c'est un voisin qui découvre cela et puis il va appeler immédiatement la police. Ce que vous devez savoir, c'est que dès le départ, c'est une affaire où il n'y a pas de témoin direct. Il n'y a pas de témoin. Personne n'a vu le crime. Personne. Ni caméra, ni rien. Il n'y a pas d'arme du crime. L'arme du crime ne sera jamais retrouvée. Et puis, il n'y a pas d'aveu. Donc, vous voyez déjà le genre de procès que ça va donner plus tard. Donc, un des premiers flics sur site, le gars était chez lui. On le réveille. On lui dit viens, il y a un crime. Il débarque. Et puis, c'est lui, c'est M. Furman. Donc, il débarque. Et qu'est-ce qu'il va trouver? Il va trouver en fait, deux corps. Il va trouver ce qu'on appelle Nicole Brown, c'est une femme, elle est couchée là, elle est en chemise de nuit, elle est couchée dans du sang. Et puis, pas très long à côté, il y a un gars qui s'appelle Ron Goldman. C'est un mec assez fort qui est là et qui est aussi mort. Donc, il y a deux cas. Il faut savoir un détail, c'est que dans la maison, à l'intérieur de la maison, il y a des enfants qui dorment. Il y a les enfants de Nicole Brown et de OG Simpson. Les enfants sont dans la maison. Personne ne les a touchés. Ils dorment tranquillement. Il y a même un bain avec des bougies et tout cela qui avait été préparé mais qui n'avait jamais été utilisé. Alors là, à partir de là, il y a énormément d'erreurs qui vont être commises. Première erreur, c'est que la police discute, ils disent oui, je sais qui c'est, c'est la femme d'O.J. Simpson. Et puis, Furman, celui-là, qui a écrit ce livre, le flic, leur dit je sais où il habite, si vous voulez, on va aller chez lui, on va aller voir parce que peut-être qu'il est en danger, peut-être qu'il y a quelque chose. Et donc il décide d'aller chez lui. Alors, pourquoi j'ai dit que c'est une erreur ? Ils auraient dû envoyer d'autres flics chez lui, pas eux aller chez lui. Parce que le truc, c'est que vous savez, il y a une théorie qui dit quand quelqu'un arrive sur une scène de crime, il prend quelque chose avec lui, il laisse quelque chose. Donc, un flic qui est en train de patauger littéralement dans du sang, dans une scène de crime, prend sa voiture et il va vers une autre scène quelques kilomètres de là. Qu'est-ce qu'il va faire ? Il va par exemple prendre avec lui du sang, il va prendre avec lui des pièces à conviction, vous comprenez ? Donc ce qui se passe, c'est que déjà le fait que ces flics, un groupe de trois flics soient partis d'une scène à l'autre, déjà avait sapé les fondements du procès dès le départ. Alors, ils arrivent chez OG Simpson, la maison semble inoccupée, il n'y a personne, enfin il y a un gars qui dort là, mais bon, passons. Ce qui se passe, c'est qu'ils décident de sauter D'accord ? Par-dessus le portail, un portail très haut, il décide de sauter. Et en fait, ce qui se passe, c'est que Furman va trouver une des pièces à conviction les plus discutées de cette affaire. Il va trouver un gant. C'est ce gant qui est montré ici. Il va trouver un gant. Il va le trouver où ? Il va le trouver sur un passage étroit, derrière la maison. En fait, derrière une annexe de la maison, il y a un passage étroit, un mètre de large que personne ne franchit. Ce n'est pas un passage où les gens passent, c'est un passage juste entre le mur et la maison. C'est un espace mort pratiquement. Là-dedans, il est passé minuit, il va trouver un gant ensanglanté. Cette histoire est déjà absolument extraordinaire. Ça signifie, c'est comme s'il y a un crime qui arrive au sud de Paris et deux heures plus tard, un flic va retrouver une pièce à conviction extraordinaire au nord de Paris. En pleine nuit, derrière un mur, derrière une maison. Je veux dire, d'habitude, il faut peut-être des jours de peine, faim et de recherche pour trouver un truc pareil. Là, il la trouve pratiquement par hasard. Il y a une providence absolument extraordinaire et en réalité, cette providence va le poursuivre et personne ne va réellement croire, en tout cas dans le jury, personne ne va réellement croire qu'il a trouvé le gant. Beaucoup de gens pensent qu'il a trouvé le gant sur la scène du crime. qu'il a trouvé sur la scène du crime, qu'il a pris avec lui et qu'il a balancé là-bas. Le fait qu'il soit rentré sans mandat, le fait qu'il ait sauté le mur et tout ça, joue en sa défaveur. Beaucoup d'autres choses vont jouer en sa défaveur par la suite. En tout cas, Ce qui se passe, c'est que M. O. Simpson a quitté la ville. A quitté la ville à un moment donné. Alors, il a quitté la ville, est-ce que c'était au moment du meurtre ? Peu après le meurtre ? Peu avant le meurtre ? Alors là, ça a été débattu pendant... En tout cas, il a pris un avion à un moment donné. Et puis, la question, ça se joue tellement dans un... C'est tellement... Il y a photos, comme on dit, qu'il cherche à établir quand est-ce que le meurtre a eu lieu. Mais la minute précise du meurtre n'a jamais pu être établie. On sait à peu près quand, Selon l'incertitude qu'il y a sur le moment du meurtre, il se pourrait que M. O. J. Simpson ait un alibi. Ça signifie qu'il aurait été incapable de tuer et de prendre l'avion, ou bien il serait peut-être possible qu'il ait tué et qu'il ait pris l'avion après. Et en fait, ce qu'il se passe, c'est que M. O.J. Simpson était une célébrité. A l'époque, il était déjà à la retraite. C'est un sportif, c'est un sportif de haut niveau. Il était un des dieux du NFL, du football américain, ce football avec ce ballon ovale comme ça, qu'il tient comme ça sous le bras et court. et était considéré comme un des dieux du stade. Donc c'est vrai que l'histoire a immédiatement, c'est devenu un cirque. L'histoire est devenue un cirque médiatique. Et le moindre témoin, le moindre jury, le moindre flic, le moindre magistrat, qui de près ou de loin participait à cela, a été, bien sûr, chassé par les journalistes. Certains ont raconté des histoires aux journalistes, d'autres ont vendu parce qu'il y avait un marché à un moment donné pour le scoop. Donc certains ont vendu. Vendu quoi ? On ne sait pas. Est-ce qu'ils ont dit la vérité en échange de l'argent ? Est-ce qu'ils ont inventé parce qu'ils voulaient se donner un rôle dans ce cirque ou parce qu'il y avait de l'argent ? Les gens se sont tentés de dire « j'étais là, j'ai vu », vous comprenez ? C'est ça aussi. Donc, l'histoire, dès le départ, a été très, très mal gérée. Ogier Simpson, au départ, il appelle un avocat, un des ténors du baron, comme ils disent, qui est Robert Shapiro. Shapiro, M. Shapiro a été le premier qui est arrivé là. Robert Shapiro, après, va être secondé par un autre, qui va après devenir le principal avocat de la défense, qui est Johnny Cochrane. Et Johnny Cochrane, ce qu'il va faire, il va avoir une intuition, Il va sauver son client, in fine. Il va racialiser l'affaire. Ça signifie que si on revient en 1994, il y a quelque chose d'extraordinaire. Si on se remet dans ce contexte, il y a quelque chose d'absolument important à savoir. Le meurtre a lieu en 1994. Mais si on revient en 1991, il y a eu quoi ? En 1991, il y a eu l'affaire Rodney King. Rodney King, c'était un noir. un chauffeur de taxi noir qui a eu maille à partir avec la police de Los Angeles à ce qu'on appelle LAPD, le département de police de Los Angeles. Et en fait, ce qui se passe, c'est que le gars, il l'arrête. Il l'arrête, il descend de la voiture et pendant qu'il est par terre, n'offrant aucune résistance, il y a des flics qui sont autour de lui en train de le massacrer avec des bâtons, des coups de pied et tout. On dirait une meute de voyous en train de le massacrer. C'était pas la première fois que ça arrive au LAPD. Sauf que cette fois-ci, ça avait été filmé. Il y a quelqu'un qui a tout filmé, une extinction. Le film est disponible, l'original disponible sur YouTube. Alors qu'est-ce qui se passe ? Je ne peux pas vous le reprendre ici pour des raisons de droits d'auteur. Vous pouvez le chercher, vous allez le trouver. Je vais vous le mettre dans le descriptif. En tout cas, road-making se fait massacrer. La terre entière voit les images. Les images sont données à une télé locale qui va les diffuser. Et après, tout le monde les diffuse. Les flics sont arrêtés. L'année prochaine, en 92, ils sont jugés. Et là, un coup de canon extraordinaire. La majorité sont acquittés. Le juré n'arrive plus vraiment à décider. C'est le jury de Blanc, surtout. Il n'arrive plus vraiment à décider s'ils sont coupables de violences policières ou pas. Alors que les images, les images ne laissent aucun doute. Le gars est par terre et ils sont en train de le massacrer comme des voyous. Ce n'est pas le comportement de représentant de la loi. Donc, qu'est-ce qui se passe ? il y a les émeutes, ça déclenche des émeutes en Californie. C'est ce qu'on appelle les émeutes de 1992. Et c'est des émeutes tellement puissantes qui mettent à feu et à sang la Californie qu'il a fallu l'intervention de l'armée, ce qui est absolument extraordinaire aux États-Unis, puisque l'armée qui mène l'ordre, c'est quelque chose de très délicat aux États-Unis. Je pense que même constitutionnellement, je ne sais pas comment ils ont fait pour faire intervenir l'armée sur le sol américain. Toujours est-il que la Californie est à feu et à sang. Voilà, des destructions, des émeutes, des couvre-feu, ce que vous voulez. Donc, c'est dans ce climat, c'est pour ça que M. Cochrane va jouer sur ça, parce que sa théorie à lui, c'est qu'on ne peut pas faire confiance au LAPD de gérer une affaire où il y a un noir qui est soupçonné d'avoir tué deux blancs, d'avoir tué une blanche et d'avoir tué l'autre gars qui était avec elle qui était un blanc aussi. Voilà le truc. Et là, ça va payer, parce que Ce gars, Marc Furman, il arrive au procès. Il est très professionnel comme gars. D'ailleurs, comme il écrit, c'est extrêmement professionnel. Il est extrêmement carré. Je fais confiance à son professionnalisme. Il est extrêmement pointu comme gars. Sauf que... Il y a des casseroles, il y a des casseroles. Parmi les casseroles qui sont retrouvées, c'est qu'il y a des enregistrements audios de lui en train de raconter comment il aimait frapper les Noirs, comment il aimait massacrer les Noirs, comment il aimait les accuser de choses qu'il n'avait pas fait, de monter des affaires contre eux. Alors, ça a été raconté dans un contexte. C'était une nana qui voulait écrire un scénario, un film sur la police. Et puis, lui, il est flic, donc elle l'invite chez elle et puis Elle veut qu'il enregistre, elle veut qu'il raconte des confidences. Alors en fait, ce qu'il a raconté comme truc, ça n'a jamais pu être coupé. C'était probablement de la fantaisie ou bien il a modifié des trucs quand il a raconté pour éviter que ça puisse être coupé. D'accord, on saura jamais. Sauf que le gars, Voilà, sa crédibilité est extrêmement entachée, d'autant plus que c'est lui qui a trouvé le fameux gant, d'accord ? Alors en plus, l'histoire du gant, il y a énormément de choses, il y a énormément de preuves qui n'ont pas été correctement traitées. Par exemple, je vous donne un exemple tout simple. Les chaussures de la victime. Les chaussures de la victime avec du sang. Le sang qui devait être analysé goutte par goutte, analysé pour voir s'il n'y a pas d'où il vient. Peut-être que le meurtrier a laissé aussi du sang sur la victime. C'est possible. C'est ce qui s'est blessé aussi avec le couteau qu'il a utilisé. Mais qu'est-ce qu'il se passe ? La paire de chaussures, un des flics, pas Furman mais un autre, va la mettre, va la mettre où ? Va la mettre dans le coffre de sa voiture et il va partir avec où ? A la maison et il va la laisser toute la nuit. Et ce gars habite en fait dans le quartier où il y a eu l'affaire Rodney King. Donc, les pièces à conviction, normalement, elles doivent être photographiées sur place, recueillies, préservées, et puis il y a une chaîne qu'ils appellent chain of custody, c'est le paquet signé, chaque flic qui prend, qui passe à quelqu'un, l'autre signe la date, l'heure, son nom, jusqu'à ce que ça arrive sous scellé. Et après, ça arrive chez la justice, de sorte que le tribunal, la cour, est convaincue que l'objet qu'elle a sous les mains, c'est le même qui a été récolté sur la scène du crime. Sauf que là, le gars, il a gardé les chaussures dans sa voiture. Il y a des taches de sang qui n'ont pas été recueillies, qui étaient là. Certains, on les voit sur les photos. Personne ne les a analysées. Elles ont été nettoyées à grand dos. Elles n'ont pas été. Donc, en fait, ce qui se passe, c'est que l'histoire, l'enquête a été un massacre total. L'enquête a été extrêmement mal foutue. Et oui, aussi, elle a été menée à charge. Ça signifie que dès le départ, dès le départ, Pour les flics, il y avait un seul meurtrier. Il y avait un seul meurtrier, pas deux ou trois ou quatre. Il y avait un seul. Et qui c'était ? C'était OG Simpson. Donc qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont tout construit sur ça. Toute leur théorie était construite sur ça. Mais le problème, c'est qu'une fois que soit on démontre qu'il n'y avait pas qu'un seul meurtrier, ce n'est pas possible qu'un seul le fasse, ou bien qu'on démontre que ce n'est pas OG Simpson, qu'est-ce qui se passe ? Il y a toute l'affaire qui s'écroule. Voilà ce qui s'est passé. Le gant par exemple, un des exemples tout simple avec le gant, c'est que à un moment donné on demande devant le tribunal à O.J. Simpson de tester le gant, il arrive, il veut le mettre et le gant ne rentre pas. Et qu'est-ce qui se passe ? C'est là qu'on retrouve une fameuse phrase de celui-là, de Cochrane, qui dit aux jurés, si le gant ne va pas, vous devez la quitter, c'est tout, aussi simple que cela. Parce que ce gant, c'est le gant du meurtrier. Le meurtrier a utilisé ce gant, des gants en cuir, et il a utilisé un couteau pour tuer, et c'est un couteau assez petit, c'est un couteau suisse, semble-t-il, quelque chose de cette taille-là, qui n'a jamais été retrouvé. La nana, Nicole Brown, elle est massacrée, elle est littéralement décapitée. Le rapport d'autopsie, c'est incroyable, le nombre de blessures qu'elle a. Et il semblerait qu'elle était sur le pas de la porte quand le meurtrier est arrivé pour la tuer. Le meurtrier lui donne des coups de couteau. Elle tombe. Et à ce moment là, le meurtrier est surpris, surpris par le gars qui arrive, Ron Goldman. Ron Goldman travaille dans un resto, c'est un serveur. Certains disent qu'il était l'amant de la femme. Peu importe. Il arrive pour lui donner officiellement des lunettes qu'elle aurait oublié au resto, que sa mère aurait oublié au resto. Il arrive sur la scène du crime en fait, semble-t-il, d'après les reconstitutions. Il arrive sur la scène du crime. Qu'est-ce qu'il se passe ? Il a une ceinture noire de karaté. Il va se battre avec le tueur, le tueur armé d'un couteau. Et le tueur, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va lui donner un ombre, il va le larder de couteau, de coup de couteau, d'une petite lame, jusqu'à ce que le gars tombe, et le gars tombe mort. Et qu'est-ce qu'il se passe ? Le tueur revient vers Nicole Brown, qui est entre la vie et la mort, et il va la décapiter. Donc c'est pour ça qu'il y a absolument ce bain de sang. Et le tueur avait, semble-t-il, ces gants-là, le gant plein de sang. Et qu'est-ce qui se passe ? Le gant ne va pas à Oji-Semsa. Donc, doucement, l'accusation commence à patauger parce qu'ils n'ont rien à avancer, d'ailleurs même dans leur livre, celui-là et celui-là n'ont rien à avancer pour la culpabilité d'O.J. Simpson que leurs convictions personnelles. D'ailleurs quand lui, M. Fuhrman, tente dans son livre de créer un scénario de comment à son avis le crime a eu lieu, je peux vous dire, je ne vais pas vous le lire, je l'ai marqué là, je peux vous dire qu'il n'y a pratiquement rien qui se tient dans ce scénario. S'il fait une reconstitution honnête et sérieuse avec ce scénario-là, il va voir que c'est impossible que son scénario tienne, il y a énormément de trous dans ce scénario-là. M. Furman, une fois qu'il est confondu en cours à cause justement de ses enregistrements et qu'il est confondu, qu'il se retrouve littéralement aux abois, qu'est-ce qu'il va faire ? À un moment donné où Cochrane lui pose une question, une question toute bête, il répond comment ? Il répond j'invoque mon droit au second amendement. Le second amendement, c'est un des amendements de la Constitution américaine qui dit que personne n'est obligé de témoigner contre lui-même. Ça signifie, si quelqu'un est dans une situation où, juridiquement, s'il répond, ça peut être utilisé contre lui, donc ça devient un témoignage contre lui-même, il a le droit de garder le silence. Donc il dit j'invoque le deuxième amendement. Il lui pose une deuxième question encore, il dit j'invoque mon second amendement, mon droit au second amendement. Et à ce moment-là, Cochrane, il a un coup de génie, absolument un coup de génie. Qu'est-ce qu'il va faire ? Il va lui dire, j'ai juste une question à vous poser. Est-ce que vous avez commis des malversations dans cette affaire pour accuser mon client OG Simpson ? Est-ce que vous avez magouillé dans cette affaire ? Et qu'est-ce qu'il répond, M. Furman ? Pardon. Qu'est-ce qu'il répond ? Il répond, j'invoque mon droit au second amendement. Et là, c'est... Là, tout s'écroule, en fait. Tout s'écroule. D'ailleurs, il a été poursuivi plus tard pour parjure. Il a été poursuivi plus tard en justice parce qu'il avait menti sous serment, en fait. Donc, il y a tout qui commence à s'écrouler. Dans un jury de court pénal comme cela, je ne sais pas comment ça se passe dans d'autres pays, mais aux États-Unis, le jury doit répondre selon une conviction qui est au-delà de tout doute raisonnable. Ça signifie qu'il ne suffit pas de pencher légèrement pour que le gars soit coupable. Il ne faut pas dire, ouais, je pense à 51% qu'il soit coupable. Ça ne marche pas comme ça. Il faut qu'il soit à 99% coupable. Donc la charge de la preuve est chez le ministère public. Et le ministère public foire complètement. Foire par son style, mais foire aussi par les éléments que la police lui fournit d'une enquête qui est complètement foireuse. On trouve par exemple, une enquête foireuse, juste un exemple, on trouve même de l'EDTA dans les exemples de sang qu'on trouve sur des objets. Vous savez que le DTA existe dans les tubes. Le DTA, c'est une molécule qu'on trouve dans les tubes de prélèvement de sang, et qui est en fait là pour éviter que le sang ne coagule. Parce que si on vous prend du sang et le met dans un tube, quelques heures plus tard, ce sera un bloc, il va coaguler. Donc qu'est-ce qui se passe ? Il y a de l'EDTA dedans. Une molécule qui n'existe pas dans le sang humain. Mais en fait, elle est mise dans les tubes pour empêcher que ça coagule. On retrouve le DTA sur des objets. Alors comment fait-on, comment il fait M. O. J. Simpson pour saigner et sans sang qu'on tient de l'O.D.T.A. Donc vous comprenez, il est très possible que ce soit un flic qui a essayé de... Voilà. Ce qui fait qu'au moment où ils en arrivent, le jury part pour une délibération qui est très courte. Les gens sont surpris, mais en fait on comprend bien qu'elle est très courte. Ils arrivent, ils disent au juge Lance Ito, c'est le seul qui n'a pas écrit de livre d'ailleurs dans cette affaire, ils disent qu'ils ont un verdict. C'est quoi le verdict ? Non coupable. Et le gars est libéré pour ce crime là. Alors, plus tard, il est poursuivi en civil par la famille de la victime, par des victimes en fait, des deux, qui veulent des dédommagements, donc il est poursuivi au civil. Et au civil, il perd son procès. Alors il perd son procès au civil, pourquoi ? Parce qu'aux États-Unis, encore une fois, au civil, ça marche sur ce qu'ils appellent la prépondérance des charges. Ça signifie au civil, s'ils arrivent à prouver à 51% qu'il est coupable, c'est que c'est bon, ça suffit. Alors qu'au pénal, il faut prouver vraiment au-delà de tout doute raisonnable. Alors qu'en civil, c'est la prépondérance des charges. Donc du moment que les pièces à conviction sont de manière, on va dire, légèrement dominantes pour la culpabilité, c'est qu'il est coupable, au civil. Mais au civil, il ne s'agit pas d'aller en prison, il s'agit de payer, c'est tout. C'est une question d'argent. Voilà, il sort libre le gars. Pourquoi il est en prison aujourd'hui ? Ce n'est pas pour ce crime-là. Ce crime-là, c'est bon, il a été acquitté. Plus tard, il a attaqué, parce que l'affaire est devenue tellement excitante pour le public, que beaucoup de collectionneurs achetaient très cher tout ce qui était lié à cette affaire. Tout ce qui était lié à cette affaire, les gens l'achetaient. Donc il y avait un marché de collectionneurs, si vous voulez. Et à un moment donné, il a appris qu'il y avait au Nevada, à Las Vegas, il y avait dans un petit hôtel, il y avait un collectionneur qui avait des produits à lui. Et O.J. Simpson ne savait pas comment ce gars peut obtenir ces choses. Par exemple, il avait le costume blanc qu'il portait le jour où il a été acquitté. Et puis, qu'est-ce qu'il a voulu faire ? Il a voulu récupérer ses objets. Et là, il l'a fait tambour battant. Il a pris quelques voyous avec lui, un flingue. Je veux dire, il a attaqué le gars dans la chambre, il en fait peur, il en fait la grosse voix. Sauf que, bon, selon la loi, ils l'ont kidnappé parce qu'ils ne l'ont pas laissé partir. Ils ont dit, je veux partir, je veux sortir. Ils ont dit, non, tu ne sors pas sous la menace d'un flingue. Ça s'appelle un kidnapping. Donc, voilà, ils lui ont fait jambon, oeufs, fromage. Je pense qu'ils voulaient aussi... Je pense que la justice était très frustrée de l'avoir raté dans l'affaire du meurtre. Donc, ils lui ont mis tout sur cette histoire-là. Et c'est pour ça qu'il a... Bientôt, il va être libéré. C'est dans le cadre de cette affaire, pas dans le cadre de l'affaire du meurtre qui a été classée, qui est finie, qui a été classée. Donc, voilà. Maintenant, Avec toutes ces informations, tout ce que j'ai lu, j'ai lu des livres à charge, j'ai lu des livres à décharge, j'ai lu les éléments factuels comme la descriptive des pièces à conviction, les photos des pièces à conviction, les rapports d'autopsie et tout ça, je peux vous dire que si j'avais été dans le jury d'assises ce jour-là, j'aurais voté non coupable. Je n'aurais pas eu la moindre hésitation à voter non coupable parce qu'on ne condamne pas quelqu'un sur la conviction personnelle de flic et puis monter avec des pièces à conviction complètement mal tenues, complètement mal foutues et tout ça. Ils n'ont pas d'affaires qui tiennent. Il n'y a pas de Il n'y a pas de dossier béton là-dessus. Il n'y a pas de billes en fait. On est sûr que c'est lui. Mais on ne condamne pas quelqu'un. On ne condamne pas quelqu'un à vie ou à mort. On est sûr que c'est lui. Il faut des éléments. Il n'y a pas d'éléments. C'est tout. Et le moindre élément qu'il y a peut être discuté à cause justement du manque de professionnalisme du LAPD. Et justement, le LAPD, comme je vous ai dit, on ne peut même pas lui faire confiance de pouvoir gérer l'affaire Dan Noir de manière équilibrée. Maintenant, autrement personnellement, ce que je peux vous dire, juste comme ça, j'ai une petite théorie. J'ai une petite théorie comme ça que je peux vous dire, elle vaut ce qu'elle vaut. Il est très possible que ce soit lui qui l'a tué. Il est très possible. Comment ? Je ne sais même pas comment il l'aurait fait, mais imaginons qu'il l'ait tué. Qu'il ait tué sa femme et ce gars qui est arrivé au milieu comme ça, comme un cheveu sur la soupe et puis qu'il a payé de sa vie. La police, Dès le départ, le soupçonne lui parce qu'il y a eu des affaires de violences domestiques. Par exemple, Furman a été appelé un jour sur une affaire de violences domestiques. Et puis, il est arrivé chez eux. Il est arrivé chez Nicole Brown et OG Simpson. Donc, il est allé deux, trois fois chez eux. Mais ça n'a pas été plus loin. Imaginons qu'il l'a tué. Mais les flics sont sûrs que c'est lui mais ils n'ont pas assez de preuves. Donc qu'est-ce qu'ils vont faire ? Parce qu'il s'est débarrassé très rapidement de l'arme du crime, il n'y a pas eu de témoins, tout ça, donc ils savent qu'il est en très bonne posture pour se défendre. Donc qu'est-ce qu'ils font ? Ils essayent d'améliorer le dossier, n'est-ce pas ? Ils veulent améliorer le dossier en créant des preuves, en créant des preuves supplémentaires, en plantant des preuves pour que le dossier soit mieux ficelé. Problème avec cette attitude-là. Je vous dis le cas. C'est qu'après, une fois que l'affaire va au tribunal, ils vont se retrouver avec un adversaire redoutable. Parce que si l'adversaire a commis le crime et qu'il est en train de plaider non coupable, il connaît mieux la scène du crime qu'eux. Il sait exactement comment le crime a eu lieu. Il sait exactement Le genre de pièce, sa conviction qu'il a pu laisser ou qu'il n'a pas pu laisser. Donc, quand eux commencent à déballer leurs cartes, quand eux commencent à retourner leurs cartes et qu'on commence à voir la face des cartes, lui sait précisément quelle carte est fausse. Il sait quelle carte a été plantée. S'il a jeté les gants sur place, Il en est sûr. Si la police dit on les a trouvés chez lui, il sait à quoi ils sont en train de jouer. Donc, il sait quelle carte attaquer, il sait quelle carte a des faiblesses. Et il lance ses avocats dessus. Une fois que ses avocats cassent la carte en question, ça crée le doute sur tout le reste, sur tout le reste du jeu, en fait. Donc, j'ai l'impression que la police, en voulant améliorer l'affaire, ils l'ont fait capoter. Alors, pour résumer, il y a une interview de M. Robert Shapiro, un des avocats principaux. Il faut savoir que Kardashian jouait un rôle très secondaire dans l'affaire. Robert Shapiro, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit dans une affaire de ce niveau-là, dans une affaire qui va au tribunal comme ça, il y a deux types de justice. Il y a la justice quand on regarde les choses sur le point de vue de la loi et il y a la justice quand on regarde sur le point de vue de la morale. Il a dit dans ce cas-là, le verdict correspond très bien à la justice quand on la rend sous, quand on la voit sous l'angle de la loi ou quand on la rend en considérant la loi. Il a dit par contre, la justice, sur le point de vue moral, il a dit j'en ai jamais parlé à personne. Vous voyez ce que je veux dire ? Ça signifie que du point de vue légal, du point de vue des preuves matérielles, du point de vue de la procédure de la loi, effectivement, On comprend qu'il a été acquitté. Sur le reste, il y en a peut-être beaucoup plus derrière. Merci d'avoir écouté jusque là et à bientôt.
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