
A French speaker argues that racism as understood in the West doesn't map onto Arab and Maghreb societies, where tribal genealogy, land attachment, and conquest history created different attitudes toward outsiders. He weaves personal stories, religious texts, and historical accounts to show how these societies worked.
Bonjour mes amis. Alors, tout d'abord, il y a certains qui m'ont parlé du son de mes vidéos. Vous remarquez que je suis en train de parler fort. Et puis, bien sûr, quand je parle, j'aime bien, je le fais naturellement, varier le temps, des fois parler fort, des fois moins fort, des fois insister sur certains mots. Mais le problème, c'est que le micro que j'ai ici ne me permet pas une telle subtilité, on va dire, dans l'expression, dans la tonalité. Quelqu'un m'a très gentiment écrit, il m'a dit Aldosterone, tu veux que je t'achète un micro, je t'achète un micro. C'était très sympa de sa part. Alors, hier j'ai eu une idée. Je me suis dit, je trouvais une caméra comme celle qu'utilise ces gamines qui présentent du maquillage. Et puis, elle est faite par Sony, elle est faite spécialement pour les vidéo-blogueurs. Et puis j'ai voulu lancer une souscription pour justement pouvoir financer cette caméra. Parce qu'il faut savoir que cette chaîne-là, J'ai pas de publicité dessus. Je refuse les placements de produits. On me contacte tout le temps pour me dire « Allo, est-ce que tu peux me placer pour moi un jeu ou un truc ? » Et les gens paieraient pour ça, mais je refuse toujours. Je respecte ceux qui le font, mais moi, je ne veux pas le faire. Et puis, j'avais donc cette idée en tête en allant dormir. Et puis, j'étais à la salle de bain, je regardais les miroirs, et là, il y a une voix dans ma tête qui m'a dit « Mais t'as honte de rien. t'as honte de rien. Tu penses que les gens en pleine crise économique n'ont rien d'autre à faire que d'aller financer la caméra, une caméra pour un blogueur. Tu crois que chaque fois qu'ils regardent une vidéo sur YouTube, ils devraient payer la caméra qui est utilisée pour filmer. T'as envie de bloguer, achète toi une caméra. D'accord. Bon, voilà, j'ai une voix à l'intérieur comme ça, qui est extrêmement dure avec moi. Des fois, je me suis dit non, j'arrête. Ce que je vais faire, je vais acheter une caméra sur mes propres déniés. Je le ferai dans les mois qui viennent. À un moment donné, je vais acheter une caméra et puis on va améliorer tout ça. Je sais que sur la forme de mes vidéos, en tout cas, c'est un petit peu 2015. La qualité de la vidéo a eu du sens. C'était acceptable il y a des années. Ça ne l'est plus aujourd'hui. Je le comprends. Alors, vous savez, Aujourd'hui, j'aimerais vous parler un petit peu de certaines choses. La culture, la culture arabe, la culture arabe par rapport à ce qu'on appelle le racisme. Alors, vous savez, de par chez nous, dans l'ouest de l'Algérie, on a des gens qu'on appelle Aïssawa. Ce sont des gens, ce sont des confréries. Vous savez, il y a énormément de confréries religieuses. dans le Maghreb, j'en parlerai un jour, c'est une histoire assez fascinante. Et en fait, une de ses confréries religieuses s'appelle Issaoua. Et Issaoua, qu'est-ce qu'ils font ? Ils ont la capacité, d'après leur dire, de justement manipuler les serpents, manipuler les scorpions, manipuler des bêtes extrêmement dangereuses. Et puis, leur arrive rien grâce à l'invocation bénéfique de Sidi et Bénéissa. Sidi et Bénéissa, c'était leur patriarche de leur confrérie. Et quand ils invoquent son nom et ils touchent tant qu'aux serpents, rien leur arrive. On trouve ça très volontiers dans les souks, les marchés et tout ça. Ils viennent de temps en temps s'amuser les enfants. Alors, du folklore, on est en plein folklore. Et en fait, il y a une expression qui dit, il y a une expression qui dit Ça veut dire quoi? Parce qu'aujourd'hui, nous sommes partis doucement sur un voyage où j'aimerais peut-être essayer de partager avec vous certains aspects de la culture, de la culture, on va dire, des Arabes ou du Maghreb ou autre. Je vais revenir sur cette histoire d'Arabes et Maghreb et tout. Et ça veut dire quoi? Ça veut dire je ne mets pas mon bras, je ne mets pas mon bras dans la crevasse. Et je ne dis pas, je n'invoque pas Sidi Benaïs. Ça veut dire quoi exactement ? Parce que eux, ce qu'ils font, c'est que quand ils voient, par exemple, une sorte de trou dans la roche ou autre, il y a une pierre ou des rochers, puis un crevasse là-dedans, ils rentrent le bras à l'intérieur pour aller chercher s'il n'y a pas. C'est là où se cachent, justement, certaines bêtes. Alors, ils vont chercher comme ça. Et pour ne pas se faire piquer, pour ne pas se faire empoisonner, ils vont invoquer le nom de Sidi Bénéissa pendant qu'ils font ça. Et il y a une expression dans le ouest algérien qui dit je ne mets pas mon bras dans le terrier, ou dans le nid, ou dans la crevasse, et je ne dis pas, et je n'invoque pas Sidi Benhaïssa. Ça signifie, ni je ne cause le problème, d'accord ? Ni je ne cause le problème, ni je vais utiliser l'antidote réelle ou supposée. Alors, si on regarde, si on compare ça par rapport, prenons par exemple l'Occident, toutes ces histoires aujourd'hui qu'on a avec le racisme par exemple, on ne va pas les retrouver dans les pays arabes. Pourquoi ? Parce que cette histoire de racisme. Vous savez, moi, je prends un pays comme la France. J'ai lu mes classiques quand même, comme tout le monde. Je ne suis pas meilleur qu'un autre. J'ai lu des centaines de livres de littérature classique française. Je ne me rappelle pas, alors si quelqu'un est tombé sur quelque chose comme ça, il peut me dire, il peut me montrer, j'ai dû rater peut-être. Mais je ne suis pas tombé. En tout cas, elle ne m'a pas semblé être une préoccupation centrale. Le racisme ne m'a pas semblé être une préoccupation centrale dans un roman ou dans une histoire, ou ne sera-ce qu'une scène, ne sera-ce qu'un passage de la littérature classique française. Le racisme ou l'anti-racisme, appelez-le comme vous voulez, n'était pas une préoccupation centrale. Ça signifie quoi ? Ça signifie que c'est seulement quand on a appris, quand certains peuples occidentaux ont décidé de prendre leur terre et se dire, tu sais quoi, Finalement, il y a des pays dans le monde, il y a des frontières et tout ça, mais nous, nous sommes contre. Et puis, pour montrer que nous sommes contre, nous allons ramener des gens d'ailleurs et vivre ensemble avec eux. Et c'est seulement là que ce genre de problème et la question du racisme s'est posé, parce qu'avant, ça n'était pas posé. Donc, chez les Arabes, ce qu'ils font, il y a cette logique là, je ne mets pas mon bras, n'est-ce pas ? Ni je ramène d'autres peuples sur ma terre, ni je commence à trouver des solutions au racisme. D'accord ? Donc, il y a un petit peu une approche, on va dire, chez les Arabes comparativement aux Occidentaux. Sur ce point-là, par exemple, il y a une approche extrêmement pragmatique, on va dire. Alors, vous savez, Quand on regarde chez les Arabes, est-ce qu'il y a du racisme chez les Arabes ? Est-ce que les Arabes sont racistes ? La culture arabe ou la sensibilité arabe est indissociable de la religion islamique. Il faut garder les deux en parallèle dans l'équation. Même chez les gens qui ne sont pas particulièrement pratiquants ou même les gens qui se disent non musulmans ou autres, il reste toujours ce fond de culture arabo-islamique. D'accord, elle est toujours là. Je veux dire, quelqu'un, par exemple, qui traite l'islam, s'il aimait le couscous avant, il va toujours manger du couscous. Ça ne va rien changer. Mais sur le plan des idées, il y a des sensibilités, il y a des idées dans lesquelles on baigne quand on est enfant. Il est très difficile de s'y soustraire après. Alors, je vous disais que si vous regardez chez les... Je parle assez fort comme ça. J'espère que je parle assez fort. Alors je disais que chez les Arabes, si vous regardez dans l'islam, il y a un hadith qui dit les gens sont égaux comme les dents d'un peigne. C'est un hadith daif, un hadith faible. C'est un hadith faible. On le trouve dans les livres des hadiths faibles. Il fait même partie de ce qu'on appelle Mawduat. Ça signifie littéralement des créations. C'est un hadith qui est clairement faux, n'est-ce pas? Et il n'y a même pas besoin, je veux dire, il n'y a même pas besoin d'aller chercher dans la chaîne de narration ou autre. Quand tu entends un hadith comme ça, qui est assez répété d'ailleurs, Tu connais la mentalité qu'il y a derrière, tu connais la mentalité, tu connais la réalité de la société, on va dire, arabo-musulmane. Bon, forcément, tu sais bien que ce hadith est faux. Tu sais bien qu'il fait partie des hadiths faibles. Et comme on dit en arabe, ça signifie que le faible n'est pas un argument, n'est pas quelque chose sur laquelle on peut reposer quoi que ce soit. Donc ce hadith est faux. Donc je disais que dans le... Dans le système, dans le corpus arabo-musulman, il y a deux choses. Il y a un hadith sahih déjà. Je vais vous donner le hadith sahih. Sinon, il y a des islamistes qui regardent mes vidéos et qui vont bouffer tout cru parce qu'il y a beaucoup d'islamistes qui regardent mes vidéos malgré tout, malgré des fois les critiques que je fais envers leur religion. Mais certains m'écrivent et me disent que des fois ils regardent parce que tout simplement ils savent que je ne fais pas feu de tout bois. Ça signifie oui, je suis un adversaire, mais je suis un adversaire loyal. Je garde mon âme, je garde mon intégrité. Je sais que beaucoup de gens me regardent, me font confiance. Et puis moi-même, je me regarde dans le miroir et je vous ai dit au début de la vidéo, comme des fois, il est dur avec moi. Et voilà, je suis obligé de dire les choses telles que... Je ne dis pas que je dis... Je ne prétends pas avoir accès à la vérité absolue moi-même, mais en tout cas, je prétends dire les choses que réellement je pense, auxquelles réellement je crois et que réellement je ressens. Et quand je parle de faits, ce sont des faits que j'ai réellement vérifiés. Alors, Je disais, il y a un hadith, au passage je suis en train de crever de faim, je vous parle là, je ne sais pas pour vous mais durant le confinement j'ai pris pratiquement 6 kilos, je ne vous cache rien, j'ai pris 6 kilos, parce que je ne suis pas actif, vous ne pouvez pas sortir, tout ça. Je commençais à prendre littéralement 800 grammes par semaine. Chaque fois que je mesurais, ça partait vers le haut. Et là, depuis une dizaine de jours, je suis au régime sec. Je ne sais pas si vous connaissez, c'est matzo, c'est une sorte de pain juif. Ce qu'il y a dedans, c'est farine eau. Une sorte de plaquette comme ça, dure, qui se casse. Il n'y a même pas de sel dedans, il n'y a pas d'huile, il n'y a rien. Ça, avec de la tapenade d'olive et des olives noires, des fois du Maroc. Alors voilà ce que je mange. Alors, je peux vous dire, là, je vois un humain passer, j'ai envie de lui sauter dessus et le manger. Je suis au bord du cannibalisme. J'ai perdu, sur les 6 kilos que j'ai pris, j'en ai perdu 3. C'est déjà en bon... Je suis en bon chemin. Mais c'est vrai qu'il faut accepter de vivre avec la fin ventre. Ce n'est pas possible. C'est comme ça. Alors, je vous disais qu'il y a un hadith sahih qui dit qu'il n'y a pas de différence entre un arabe et un non-arabe et un étranger ou un blanc ou un noir. Je n'ai pas le hadith entier en tête, sauf par la crainte d'Allah, sauf par la crainte de Dieu. il y a déjà une première échelle qui est définie. Mais cette échelle, malgré que le hadith soit sahih, n'est pas réellement respectée. N'est pas réellement respectée. Je vous donne un exemple. Pourquoi quand on dit, par exemple, à un maghrébin, t'es pas arabe ou t'es pas complètement arabe, la discussion va très rapidement dégénérer. Elle va très rapidement devenir... On dirait que tu le menaces personnellement. On dirait que c'est une menace, une attaque personnelle. Tu n'es pas arabe, Il y en a qui vivent comme une menace. Pourquoi ? Je vous explique pourquoi ils vivent comme une menace. Parce que réellement c'est une menace, c'était une menace. Dans quel sens ? Quand le califat Omeyad est arrivé, Le califat que bénissent aujourd'hui les descendants des esclaves d'hier. Donc quand le califat est arrivé au Maghreb, il a commencé à tuer ceux qui résistaient, à envoyer ce qu'ils appelaient les têtes d'esclaves vers le calife parce que le calife prenait toujours une part. Donc lui, il envoyait ses armées, il organisait. Les gens n'étaient pas liés par un pacte républicain. Il y avait un petit côté mercenariat quand même dans tout ça. Les gens, ils partaient. Tu pars avec nous, tu as des esclaves ou bien tu fais le djihad avec nous. Au bout, tu as quoi ? Soit tu meurs, soit tu meurs, tu vas chez Allah. Bon, direct, ça, c'est clair. La récompense suprême, tu sauves ta famille, tout ça. Bon, voilà. Et puis, si tu ne meurs pas, bon, Il y a des esclaves, les mecs, ils ont des nanas, ils ont des chameaux, ils ont des chevaux, ils ont des biens, ils ont des temples pleins d'or et tout ça. Tu prends tout, il y a une part pour toi. Voilà comment ça marchait. Le calife recevait bien sûr sa part, le cinquième, 20%. Le calife aujourd'hui, il prend plus ici en Occident. Je veux dire, les impôts, le califat, c'était presque le paradis fiscal, on va dire. C'est un paradis fiscal et d'un autre côté, il y avait un petit côté open source. C'était l'open source de la guerre. C'était le crowdfunding, comme on dit, de la guerre. Ce que je voulais faire avec ma caméra, ils le faisaient pour des guerres entières. Donc une guerre de crowdfunding, ça signifie Un matin, on organise du monde, on va lancer une bataille. Non, je vous assure, c'est comme je vous raconte. Les gens viennent, on attaque tel pays, le calife a donné sa bénédiction, on a une fatwa. Puis voilà, on part avec l'aide d'Allah. Puis celui qu'on trouve, on lui rentre dedans. S'il y a des femmes, on ramène. S'il y a des biens, on ramène. C'est comme ça. Donc les gens partaient. C'était une sorte d'open source de la guerre. Et en fait, quand ils sont arrivés au Maghreb, donc ils ont commencé à envoyer des têtes d'esclaves vers l'arrière qui étaient vendues dans les marchés et tout ça. Le problème, c'est que voilà, en islam, il est interdit de mettre en esclavage des musulmans. Il faut le savoir. D'accord, l'islam, le blanc, le noir, tout ça, c'est vrai. C'est là peut être un petit peu la différence. Il y a des esclaves blancs en islam. Beaucoup de blancs ont été mis en esclavage. lisez l'histoire, beaucoup de blancs ont été capturés, vendus sur les marchés, tout ça, tout aussi bien que les noirs. Mais ils étaient traités peut-être différemment, je vous donnerai peut-être un exemple tout à l'heure, peut-être qu'il est un peu trop scabreux pour être donné, je ne sais pas, je réfléchirai. Alors je vous disais que quand Les tribus du Maghreb ont commencé justement à perdre la bataille face aux ordres. du califat qui était dans une sorte de forme très moderne de guerre, c'était comme je vous disais du crowdsourcing, etc. C'était une guerre extrêmement moderne dans sa façon de déployer des moyens, donc pouvait arriver avec des vagues humaines de gens prêts à tout. Ils étaient un petit peu coincés, donc ils ont compris que si par exemple ils se font envahir leurs petits villages, le lendemain toutes leurs fillettes, leurs filles, leurs vont se retrouver embarqués. Attachés, embarqués. Celui qui cherche à les défendre, il se fera décapité sur place. Et voilà, même les enfants étaient pris et tout ça. Donc, c'était très très difficile pour eux. Donc qu'est-ce qu'ils ont fait ? La seule option réaliste qu'il leur restait, c'était de se convertir à l'islam. Donc ils ont fait quoi ? il se convertissait à l'islam, ne serait-ce qu'en apparence à la rigueur, ne serait-ce qu'en apparence pour commencer, mais après à force de jouer le rôle au bout de quelques générations, on est tellement dedans qu'on ne se rappelle plus qu'on a commencé juste parce qu'on avait peur. Alors l'idée c'est que les tribus, dès qu'elles sentaient qu'elles n'étaient plus en mesure de résister, commençaient à dire, ok, drapeau blanc, votre religion est magnifique, on a réfléchi, on a discuté entre les sages du village, vous avez une religion extraordinaire, on n'a jamais vu un truc pareil, et puis, vous savez quoi, on est prêts à nous convertir. Tout le village, les sages ont parlé, on a une unanimité totale, tout le monde se convertit, nous sommes musulmans, il y a même ce bout de terrain-là, on va construire une mosquée, on va égranger un mouton, des trucs comme ça. C'est ce qu'ils ont fait, mettez-vous à leur place. Le problème c'est que le califat, parce que pour se convertir à l'islam, c'est très simple, c'est éclat quoi, l'éclat comment il suffit de le dire. Le califat a eu un problème. Parce qu'assez rapidement, l'arrivage en tête d'esclave, qui quand même représentait une grande manne, on est à une époque où il n'y a pas le pétrole. Donc, l'arrivée d'esclaves de la région du Maghreb commençait doucement à s'étarir, et même très rapidement à s'étarir. Donc, le calife a vu que le nombre d'esclaves baissait. C'est très problématique parce que après tu fais quoi ? Tu fais comment pour payer ta guerre ? Tu fais comment pour financer ta guerre ? Tu promets quoi aux gens qui vont aller se battre et tout ça ? Donc, il y a eu quelque chose de très embêtant. Les califes ont décidé que finalement, c'est pas seulement, on va pas dire que si t'es musulman, t'es pas soumis, à l'esclavage, parce que sinon, tout le monde se dit musulman et puis on n'a plus d'esclaves. Mais il faut être arabe, il faut être musulman et arabe pour ne pas être mis en esclavage. Et donc, moyennant cela, l'esclavage a repris un bon moment. T'es musulman, oui, t'es converti, mais bon, t'es pas arabe, je suis désolé, je te prends tout. Alors, le truc, c'est qu'à ce moment-là, pour survivre, et là c'est devenu une affaire de vie ou de mort, pour survivre, les tribus arabes ont commencé, les tribus du Maghreb, qui sont non arabes, ont commencé à se dire, ben nous sommes arabes. Quand on est arrivé vers eux, ils montraient des gamins qui parlaient l'arabe, eux-mêmes ils parlaient l'arabe, ils disaient arabe, on est à une époque où il n'y avait pas encore les registres d'état civil. D'accord ? On n'y avait pas de moyens de savoir qui était arabe et qui ne l'était pas, au-delà de ce que la personne qui est en train de t'annoncer. Si le gars est en train de te parler avec une langue arabe parfaite, voilà, c'est un arabe, tu ne peux pas dire que ce n'est pas un arabe. Alors voilà ce qu'ils ont fait. C'était une affaire de vie ou de mort. Et si un enfant disait « oui, mais papa, nous ne sommes pas arabes », clac, il ne finissait pas la phrase littéralement parce que S'il sort une connerie comme ça, c'est ses soeurs, et lui-même peut-être, qui finiront sur des marchés en Syrie, ou en Irak, ou ailleurs. OK ? Donc il fallait faire gaffe. Fallait faire gaffe. Fallait pas raconter n'importe quoi, d'accord ? OK ? Donc... Voilà. L'idée à partir de laquelle, beaucoup après au Maghreb, et c'est resté, il y a des sortes d'atavisme, c'est tellement enraciné, génération après génération, que les gens le refont et le refont sans savoir réellement pourquoi. Mais bon, voilà, on sent bien pourquoi il y a un côté viscéral derrière. Maintenant, si vous regardez dans la société arabe, Les noms, comment ils s'appellent ? Il y a beaucoup de noms. Ben entel, ou bien Ouled entel. Ouled, c'est les enfants d'eux ou les fils d'eux. Ben, c'est le fils d'eux. Ben entel. Exceptionnellement, on peut trouver des définitions inverses. De sorte, Abu Bakr. Ça signifie le fils de Bakr. Alors, en général, les gens se définissent par leurs ancêtres, par leurs pères, leurs grands-pères, par leurs ancêtres. On va rarement trouver quelqu'un se définir par sa descendance, c'est-à-dire moi, je suis le père d'eux. Oui, t'es le père d'un tel, mais avant que l'un tel soit né, tu t'appelais comment ? D'accord ? Parce que tu vois ce que je veux dire. Donc, c'est rare de trouver quelqu'un qui se définit par sa descendance. Alors comme Abu Bakr, par exemple, pourquoi j'ai cité ce nom ? Parce que c'est le premier calife de l'islam. D'ailleurs, il n'avait pas de fils qui s'appelait Bakr, donc c'est Abu Bakr, ça ne veut rien dire. En réalité, il voulait juste cacher le fait que son nom, c'est Ibn Fis. Voilà, ça c'est mieux. Ibn Abi Quhafa. Ibn Abi Quhafa, qui ne faisait pas nécessairement partie de la noblesse de l'époque. Donc, c'est pour ça qu'il cherchait un petit peu à cacher sa descendance. D'ailleurs, lui-même, quand il a été passé calife, il a dit oui, je sais que je ne suis pas le meilleur d'entre vous. Et bien sûr, il n'était pas le meilleur d'entre eux parce que c'était vraiment le bas étage, on va dire, le bas, bas, bas, bas étage de la société arabe. C'est les pires voyous, les derniers qui sont devenus, après, au pouvoir. D'ailleurs, c'est pour ça qu'après, ils étaient tellement enragés contre les gens, ils faisaient brûler des gens vivants et tout ça, c'était une boucherie, quoi, les livres islamiques sont pleins de ça. Le Ben veut dire quoi ? Le Ben, ou l'aide et tout ça, est en train de te suggérer une société extrêmement tribale qui insiste sur le pédigré. Parce que quand tu t'appelles Ben Hentel, en réalité, c'est pas juste Ben Hentel parce que t'as besoin d'un état civil. En réalité, t'es en train d'annoncer qui est ton père. Ça signifie que j'arrive, je suis Ben Hentel. Moi, quand j'étais en Algérie, on m'appelait World Hentel, avec le nom de mon père. D'accord ? C'est... On t'annonce, quand t'es annoncé, t'es annoncé par le nom de tes aïeux. Soit le nom de ton père, soit le nom de ton grand-père aussi. Mais quand on dit le nom de ton grand-père, c'est toujours Walde, on dit pas petit-fils d'eux. On dit Walde, Walden tells, ça va très bien. Donc... Je disais qu'on veut voir un pédigré, on veut entendre un pédigré. Donc c'est une société extrêmement tribale, pédigré-orientée, de sorte que c'est complètement verrouillé à ce qui vient de l'extérieur. Nos grands-parents disaient, Vous savez ce qu'ils disaient ? Celui que la mer rejette ne nous convient pas. littéralement. Alors qu'est-ce qu'il voulait dire par celui que la mer rejette ? Il voulait dire, par celui qui arrive, c'est une manière imagée, il n'y avait pas de gens qui arrivaient dans des barques à l'époque et que la mer rejetait, il n'y avait pas ça du tout. C'est juste une manière de dire, si quelqu'un est rejeté par la mer, c'est une façon de dire, on ne connaît pas qui est son père, qui est son grand-père, qui est sa famille, on ne connaît pas son arbre généalogique, on n'a pas son pédigré. Celui-là ne nous convient pas, ça signifie celui-là ne rentre pas, il ne se marie pas avec nous, il ne rentre pas chez nous, on ne fait pas ver avec, on ne reste pas au village, la nuit quand on ferme les fortifications du village, il reste dehors. D'accord ? C'était ça. Donc c'est quelque chose de très fort chez les Arabes. Et aujourd'hui, on va retrouver cette culture, on va la retrouver au Maghreb, on va la retrouver partout. Dans les pays arabes, dans les pays musulmans, c'est des sociétés qui vont être extrêmement... C'est pas des sociétés, on va dire, racistes. Parce que le concept de racisme est un concept on va dire post-moderne littéralement, c'est un concept qui a été créé dans des sociétés dites plurielles qui ont choisi, qui ont fait un choix historique de dévier par rapport à leur prémisse historique, qui ont décidé d'aller dans un chemin très particulier, c'est littéralement de l'expérimentation humaine, c'est un chemin où littéralement je vais dévier de l'histoire qui m'a fait jusque là et je vais inventer quelque chose de nouveau. C'est un truc de fou. Vu du côté arabe, c'est considéré comme un truc de malade. L'arabe, il y a la tribu, il y a la généalogie, comme je vous ai dit, mais il y a l'attachement à la terre. Il y a aussi un attachement extrêmement fort, quasi charnel à la terre. Donc, tu as une terre, une tribu, une relation comme ça qui fait qu'il y a très peu de possibilités de créer une société plurielle ou de réfléchir au vivre ensemble, un truc comme ça. Le vivre ensemble, le vivre ensemble n'est pas une question quant à des gens de la même tribu, quant à des gens qui regardent dans la même direction. Prenons par exemple, si je vous prends le cas de l'Algérie, je peux vous montrer, je peux vous faire, je peux prendre Photoshop et vous ramener des images d'algériens de partout. Il n'y a pas un phénotype particulier. Je peux trouver des gens aux yeux bleus, je peux trouver des blondes, je peux trouver des rouges, je peux trouver des noirs, et ils sont tous à gérer. Il n'y a pas de racisme, parce qu'il n'y a pas de question de vivre ensemble les uns avec les autres. Pourquoi ? Parce qu'ils ont tous les mêmes repères, au-delà de leur généalogie, ils ont tous, ce n'est pas la généalogie de l'Islande, ils ont tous les mêmes repères civilisationnels, ils ont les mêmes repères idéologiques, ils ont les mêmes repères historiques, ils ont les mêmes repères religieux. Donc forcément, la question de vivre ensemble ne se pose pas. La question de vivre ensemble se poserait si on leur ramenait des gens d'ailleurs, on leur dit maintenant, il faudra faire Algérie avec eux. C'est là où les problèmes commencent. Mais personne ne s'amuse à le faire parce que les gens font leur choix. Les gens ne sont pas bêtes quand même. Les gens qui viennent de loin, ils savent ce que je suis en train de vous raconter sur les pays arabes, donc ils ne vont pas nécessairement viser Alors, l'esclavage, si vous voulez, dans les pays rares, il a été aboli plus ou moins avec l'arrivée de la colonisation occidentale. Il a même duré après, ils ne sont pas arrivés et puis on dit bonjour, on arrête l'exclavage. Ils n'étaient pas venus pour ça non plus. Ce n'est pas en top de l'agenda non plus. Ce n'était pas le but premier de l'histoire. Mais progressivement, c'est une pratique qui a été abolie de manière institutionnelle. Et vous savez, quand on abolit quelque chose de manière institutionnelle, elle va mettre une génération ou deux à disparaître réellement, puisqu'on va la retrouver toujours à un niveau informel, en pire tout pire et tout ça. Par exemple, dans les années 80, Il y avait une vieille dame de ma famille éloignée. Elle devait avoir, allez, dans les années 80, elle devait avoir au-delà de 80 ans. Donc, nous sommes en train de parler de quelqu'un qui est né au début des années 1900, voire la fin des années 1800. Donc, ça vous donne une idée un petit peu de... Et elle était dans un mariage et elle voulait un verre d'eau. Donc, la vieille voulait un verre d'eau. Et une femme lui a ramené un verre d'eau. Elle a causé des problèmes en fait, il y a eu un incident diplomatique avec la vieille parce que la dame était noire et elle a dit c'est pas possible, une noire ne peut pas me ramener un verre d'eau, une esclave noire ne peut pas me ramener un verre d'eau, textuel ce qu'elle a dit. Elle veut une esclave blanc pour un verre d'eau. Pourquoi ? Ils avaient des esclaves blancs, ils avaient des esclaves noirs, et il semblerait, alors moi je ne connais pas plus ce que je suis en train de vous dire, c'est juste un événement particulier que je vous raconte. Il semblerait qu'ils avaient des esclaves blancs, des esclaves noirs, et que les tâches entre les esclaves étaient réparties d'une certaine manière. Il semblerait que ramener un verre d'eau était la prérogative d'un esclave blanc. Voilà, quoi. Qu'est-ce que tu veux ? La noire, tu lui trouvais un esclave blanc qui a bien voulu lui ramener un verre d'eau. Les aînés, c'est comme ça. Tu peux rien faire. Voilà, quoi. Enfin, je vous disais que moi-même, je regrette Mais bon, c'est un petit peu délicat quand même. Tu ne peux pas aller juste comme ça. J'aurais voulu que dans les pays arabes, il y ait peut-être plus de conscience sur l'esclavagisme arabe. J'aurais voulu. Mais je pense, parce que moi, dans un pays arabe, je fais figure de progressiste. Dites ce que vous voulez. Honnêtement, franchement, catégorisez-moi quand vous voulez sur le spectre occidental. Dans un pays arabe, je sais qu'il y a des gens qui ne vont peut-être pas le croire. Ça va être un petit peu dur. Je fais preuve de progressiste, vraiment. Je suis vraiment le gauchiste extrême dans un pays. Enfin, je disais que j'aurais voulu que, par exemple, les jeunes soient plus sensibilisés à l'esclavage et tout ça. Mais malheureusement, les extrêmes occidentaux, les extrêmes occidentaux et leur hystérie, leur caricature et tout, vont perturber cet effort et le rendre complètement caduque. Dans le sens où aujourd'hui, si je vais vers des arabes, je leur dis, oui, il va falloir peut-être se sensibiliser plus pour se sensibiliser à l'esclavage et tout ça. Ils vont me dire, tu sais, nous, on se met à genoux que pour Dieu. On ne se met pas à genoux pour les gens. Tu veux quoi ? Tu veux nous voir à genoux ? Tout le monde observe l'expérience occidentale, tout le monde l'observe. C'est comme avec l'algébétisme par exemple. Aujourd'hui les droits des homosexuels n'existent pas dans les pays arabes et je ne pense pas que de notre vivant on verra une évolution. dans un certain sens, on ne verra pas une ouverture dans notre vivant. Pourquoi ? Parce que quand on regarde l'expérience occidentale où on a fini avec des passages piétons, représentons la LGBT, on a fini avec des gens en genoux, etc., c'est qu'on n'a pas le but. D'accord ? On a fini avec des gens qui viennent montrer leur sexe à des enfants à l'école en dansant sur des pieux, en dansant sur des tubes, etc. C'est vrai qu'aujourd'hui, la société arabe observe un petit peu le zèle et l'extrémisme occidental sur ces choses-là. Et donc c'est vrai qu'ils vont se dire non, non, non, on ne va même pas commencer, on ne va même pas mettre nos bras dans le trou, ni crier ou invoquer Sidi Ben Eissa. Enfin, mes amis, voilà, c'était juste pour partager avec vous un certain nombre de mentions. Et puis, Je vous laisse et je reviens une autre fois.
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