
A lecture on salafism as a mentality seeking return to Islam's origins, born from social failure in Muslim societies. The speaker identifies three types: political, quietist, and violent. Saudi money and Wahhabi doctrine shaped the movement, which spread through media and migration to Algeria and France.
Bonjour mes amis, je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, je suis complètement dans le cirage. Mais malgré tout, je viens faire une vidéo. Vous savez, si vous regardez dans la Bible, il y a une réponse au sujet de la construction du Temple de Salomon. C'est dans Actes. 847, où il est écrit que Dieu ne vit pas ou Dieu ne se balade pas dans des temples construits par les mains de l'homme. En fait, si vous regardez les chrétiens, ils construisent des édifices absolument extraordinaires, des temples. où l'homme se sent petit, où l'homme trouve des fois la sérénité pour réfléchir, pour revenir sur sa propre spiritualité, c'est très intéressant sur le plan psychologique. Par contre, il y a un point très important à avoir, c'est que Dieu ne se balade pas dans des temples construits par les mains de l'homme. Donc si tu ne trouves pas Dieu dehors, à l'extérieur d'une cathédrale ou à l'extérieur d'une église, tu ne vas pas le retrouver à l'intérieur, ça c'est sûr. Alors, Les Arabes, si on regarde l'Islam, les Arabes ont fait quelque chose de similaire, mais autrement. Comme ils vivaient dans le désert, ils n'étaient pas très férus d'architecture, comme tous les peuples du désert. Par contre, c'était des gens qui aimaient bien la langue, qui aimaient bien le verbe, qui écrivaient des poèmes, qui des fois même se faisaient des... Il y avait des fois des rivalités, voire des guerres de mots, qui se faisaient par poèmes et par textes interposés. Les Arabes, eux, n'ont pas trouvé, avaient encore moins de chance de trouver dans leur désert aride, avaient encore moins de chance de trouver Dieu, alors que les Occidentaux, eux-mêmes, ne l'ont pas trouvé dans une nature qui est un peu plus luxuriante que celle de la presqu'île arabe. Donc, les Arabes ont fait quelque chose, on va dire, de similaire aux chrétiens avec leur temple. Ils ont pris un document, le Coran, et ils ont dit, Dieu nous a envoyé littéralement une lettre, Dieu nous a écrit avec ses mains, nous a écrit quelque chose et nous l'a fourni tel quel, textuel. Ils ont regardé dedans et ils n'ont pas trouvé Dieu malheureusement. Ils ont trouvé plein de choses, des chroniques au sujet des Arabes, des guerres, des rivalités personnelles, des histoires qui sont des fois partiellement racontées, qui commencent, qui ne se terminent pas. Et en fait, ils ont dû aller vers d'autres livres. Donc, des livres ont été écrits pour expliquer le corps, des exégètes. Et il y en a beaucoup, des milliers et des milliers de pages. Puis après, ces livres renvoient vers d'autres, renvoient vers des livres de Sunna, des livres de biographie, des livres de... Et en fait, Ils sont retrouvés avec des tonnes et des tonnes de papiers correspondant à un héritage, un héritage écrit. Et j'ai presque envie de leur dire, en paraphrasant un peu la Bible, que Dieu ne vit pas dans des textes écrits par la main de l'homme. D'accord ? Parce que, vous voyez, quelque part, ils ont oublié de chercher Dieu dehors et ils le cherchent dans des textes. Voilà, ça c'était juste une introduction. Comprenez, je suis né en Afrique, alors j'ai besoin d'introductions qui parfois n'ont rien à voir avec le cœur de la vidéo elle-même. Alors, le salafisme. Avant de parler de salafisme, permettez à l'africain que je suis d'y graisser sur un autre sujet. Le gauchisme. Si je prends le gauchisme, comment le gauchisme s'exprime-t-il ? Je prends tous les gauchistes, qu'ils soient socialistes, marxistes, communistes. Le gauchisme. à grosso modo, trois niveaux d'expression. Vous avez le niveau politique, donc vous avez le gauchiste qui essaye d'implémenter les idées de la gauche ou faire avancer l'agenda de la gauche en faisant de la politique, donc en se faisant élire, en faisant du militantisme politique, en participant au sein de partis. Ça, c'est le gauchiste politique. Vous avez aussi le gauchiste social. Vous avez le gauchiste qui est peut-être pas extrêmement politisé, mais qui va essayer de travailler sur des idées liées au monde associatif. Il va travailler dans le monde associatif. il va essayer d'aller vers la société directement, au lieu d'aller vers l'État. Il travaille au niveau social, au niveau vraiment de son quartier, au niveau de sa communauté. Et puis vous avez le gauchiste, comme par exemple le gauchiste du Sentier Lumineux ou le gauchiste des Farcs, qui lui est beaucoup plus pressé et lui, il se dit, la seule façon d'implémenter le gauchisme, c'est par la violence. Et donc il va prendre des otages, il va poser des bombes, il va créer des mouvements de guérilla, il va tuer des gens et tout ça. Non, c'est à peu près les trois grosses déclinaisons du gauchisme. Pratiquement toutes les idéologies se déclinent comme ça. Le salafisme aussi. Le salafisme, vous avez trois types de salafistes. Vous avez le salafiste politisé, il peut porter une cravate, et puis on va plutôt le retrouver dans les... dans des structures construites par les mains de l'homme, on va le retrouver dans des assemblées, dans des mairies, dans des préfectures, dans des partis. C'est quelqu'un qui croit que le salafisme, que la société deviendra, qu'un état islamique arrivera en fait, un califat en d'autres termes, qu'un califat arrivera, mais il arrivera par la politique, il arrivera quand des partis politiques islamistes seront au pouvoir. Il y a un autre type de salafiste. Il y a le salafiste qui, lui, ne croit pas en la politique. Il ne croit pas que la politique des hommes rende justice à son projet. Il croit même que c'est une forme de mécréance de pratiquer de la politique parce que finalement, la politique s'exerce comment ? La politique s'exerce au sein d'un système démocratique. Or, le système démocratique affirme le pouvoir de l'homme. pas le pouvoir de Dieu, alors que le salafiste pense que le pouvoir est à Dieu et l'homme n'a pas à choisir. C'est pour ça que les salafistes, en réalité, quels qu'ils soient, sont tous contre la démocratie. Ils n'en font pas mystère, parce que pour eux, le peuple n'a pas à voter ou pas voter contre un édit divin. Si Dieu dit que telle chose doit être interdite ou telle chose doit être obligatoire, ainsi soit-il. L'homme n'a pas à voter pour accepter ou refuser des commandements divins. Et puis, vous avez le troisième type de salafistes, qui est le salafiste qui va participer à des groupes terroristes, le salafiste qui va poser des bombes, qui va tuer des gens parce qu'il pense que c'est la façon la plus rapide de faire ramener, par la violence, de faire ramener l'État islamique. D'accord ? Donc, sur le plan... qui pose le plus grand danger, en fait, sur le plan purement sécuritaire, si on pense à court terme, en termes d'attentats, en termes de choses comme ça, c'est clair qu'il faut investir ses ressources sur le salafiste, pas le quiétiste, pas le politique, mais bien sûr sur le salafiste violent, c'est clair, parce que, comme vous savez, C'est un peu... Les ressources, les flics, tout ça, sont disponibles en quantité limitée. Donc ça ne sert à rien d'aller surveiller un salafiste qui crée une association caritative, quoi que, alors qu'il y en a d'autres qui seraient peut-être des priorités beaucoup plus cuisantes. Ça, sur le plan purement sécuritaire, je parle, bien sûr. Maintenant, si on parle sur le plan de danger, n'est-ce pas, Si on compare au gauchisme, bien sûr, le gauchisme avance beaucoup plus vite par les gens qui font de la politique, par les gens qui font du social, que par des anarchistes qui tirent sur la foule. On est bien d'accord là-dessus. Donc, même si, par exemple, nous en Algérie, on a énormément de salafistes quiétistes, ça signifie que ce sont des gens qui ne représentent aucun danger en termes sécuritaires. Je parle uniquement en termes sécuritaires. Par contre, ce sont des gens qui travaillent, qui ont une conviction, qui se disent Dieu nous a promis la terre. Dieu a promis que l'État islamique règnera sur la terre entière et nous y allons. Et puis, ils ne sont pas pressés, ils savent que le temps joue pour eux. Et puis, ils travaillent progressivement dans la société à faire avancer leur agenda. Et en termes de force de frappe, on va dire, ils sont beaucoup plus efficaces que les terroristes. C'est clair que... Donc, ça, c'est grosso modo la logique du salafisme. Donc, le salafisme, juste pour essayer d'aller plus loin, avant d'être un mouvement ou d'être un courant, C'est une mentalité. C'est déjà une mentalité. Pourquoi ? Si vous regardez, si vous posez la question à n'importe quel musulman, vous démarrez, vous lancez un musulman sunnite sur la question du vrai islam. Si vous avez un ami musulman sunnite, à la prochaine occasion, lancez-le, démarrez-le sur le vrai islam, le véritable islam. Dites-lui, c'est quoi le vrai islam ? Ou bien ce que les sociétés dites musulmanes, comme l'Algérie ou le Maroc ou autre, pratiquent le vrai islam ? Et vous allez voir, c'est assez systématique, ça ne rate jamais. En fait, il va vous dire, et en fait il va vous annoncer un complexe, qu'il y a dans nos sociétés, que pratiquement la quasi-totalité des gens ont dans nos sociétés, qui est cette impression qu'ils pratiquent un mauvais islam ou un faux islam. Pourquoi ? Parce qu'il y a quelque chose d'un peu particulier, une contradiction énorme. Vous savez, le cerveau humain a du mal à vivre avec les contradictions. Il s'est fait d'une seule contradiction et était mort. Alors, c'est quoi la contradiction ? La contradiction, c'est que, d'une part, si vous regardez les pays des musulmans, il n'a échappé à personne, y compris aux musulmans eux-mêmes, qu'il y ait énormément de problèmes. Des problèmes de corruption, des problèmes de violence, des problèmes d'insécurité, des problèmes de chômage de masse, d'état social de toutes sortes. Donc, effectivement, on peut dire que ce sont des sociétés qui ne marchent pas. Pourtant, ce sont des sociétés qui prétendent marcher en appliquant l'islam. Or, tout musulman normalement constitué pense que si on appliquait l'islam, on aurait une société heureuse, on aurait une société qui progressera et qui sera une sorte de phare sur l'humanité, comme l'était dans le mythe andalou à l'époque ou à l'époque du califat où le soleil d'Allah brillait sur l'occident pour citer le titre d'un livre qui part dans ce sens. Maintenant, quand on regarde dans la réalité, c'est qu'il n'y a rien qui brille. Donc, c'est quoi le problème ? Le problème est résolu très facilement par beaucoup de gens en disant, nous ne pratiquons pas le vrai islam. Beaucoup de musulmans pensent qu'ils ne pratiquent pas le vrai islam. Alors, d'où ça vient aussi ? Ça vient de ça. Ça vient aussi d'un certain nombre d'éléments qui sont liés à l'histoire de l'islam. Parce que quand le prophète des musulmans est mort, très rapidement, ses proches lieutenants et ses amis et sa famille ont été soit chassés, tués, tout ça. Ces documents, ces notes ont été brûlées. Les Corans qui ont été écrits sous sa propre dictée ont été brûlés par le calife. À l'époque, on brûlait tout. Les Arabes brûlaient. Ils attaquaient des pays. Ils trouvent, par exemple, une grande bibliothèque. Ils disent, brûlons-la. Si ce qu'il y a dedans est en accordance avec le Coran, On n'en a pas besoin, on a déjà le Coran. Si ça dit le contraire de ce qu'il dit le Coran, brûlons-le aussi. Ils brûlaient, ils brûlaient. Ils ont tellement brûlé qu'au bout d'un moment, ils ont commencé à brûler leurs propres documents. Ça signifie qu'au bout d'un moment, comme ils avaient tout brûlé, il restait quoi ? Il restait les Corans écrits sur la dictature de leurs prophètes. Ils ramènent ça. Boum. Allumettes et puis c'est parti. C'est parti, on fumait. Pourtant, ça date d'il y a 1400 ans. Si les musulmans de l'époque avaient valorisé l'héritage de leurs prophètes, ces corans seraient encore là. Parce que 1400 ans, c'est il n'y a pas longtemps. Tu vas dans n'importe quel musée, tu trouves des pièces parfois sans nécessairement une grande valeur à leur époque. Tu peux trouver un bout d'assiette, une fourchette tordue, on dirait qu'on l'a... Je veux dire, les musulmans, ils n'ont pas gardé leur héritage. Il a fallu attendre pratiquement deux siècles plus tard pour qu'arrive M. Buhari, commence à écrire des hadiths. Quand il va écrire des hadiths, il va trouver que ça se raconte dans les marchés, dans les souks, dans les mosquées, dans les écoles, dans les familles, dans les cafés. Il en trouvera 200, 300 000 lui-même, il va dire. Et d'autres ont trouvé des centaines de milliers. Et tout l'islam, si vous voulez, tout l'islam que nous connaissons aujourd'hui, a été littéralement reconstitué, plusieurs siècles après son arrivée réelle au supposé. Voyez le problème ? Et ça, c'est un gros problème, lié à son histoire en réalité. Donc, c'est comme un temple, c'est comme si je vous montrais un temple historique, censé dater d'une époque particulière, et puis finalement, quand vous cherchez, vous voyez que ce temple, en réalité, a été supposément construit à une époque. Il a été détruit, rasé complètement, et des siècles plus tard, il a été reconstruit entre guillemets à l'identique. à l'identique. C'est comme la caraba autour de laquelle tournent les musulmans. La caraba, le cube noir. il a été regardé Sahih Muslim dans le chapitre sur le hajj, la Kaaba était rasée. Donc la Kaaba autour laquelle tournent les musulmans, c'est une réplique. En réalité, elle a été rasée plusieurs fois durant son histoire, mais elle a été rasée relativement tôt après la mort du prophète des musulmans, quelques décennies après sa mort, elle a été rasée entièrement, elle a été reconstruite. Et en réalité, c'est une symbolique pour vous dire que l'Islam entier a été reconstruit. Il y a une fragilité dans la société musulmane liée à l'authenticité de l'islam. Je vous ai donné déjà deux éléments qui permettent de mesurer cette fragilité ou d'expliquer cette fragilité-là. Mais c'est une fragilité de laquelle tous les musulmans conviennent. Donc, c'est quoi l'esprit salafiste ? Le salafisme, avant d'être un courant, est déjà une mentalité. Déjà un courant est une mentalité qu'on retrouve dans pratiquement tous les livres du salafisme. Même M. Bukhari, qui a écrit Sahih Bukhari, est un salafiste. Pourquoi? Parce que, les musulmans se disent, le vrai islam est proche de l'époque où il y avait le prophète. C'est ça l'islam authentique. C'est avant, pour emprunter ça aux juifs, c'est avant la destruction du temple, en fait. C'est quand l'islam était debout, quand l'islam était là, d'accord? L'islam était là. et il était fondé par son prophète, et c'était là qu'il était le plus vrai possible. Et par la suite, tout ce qui est arrivé par la suite, ce sont des corruptions, ce sont des reconstitutions, ce sont des interventions, souvent de familles politiques et tout ça, qui ont effacé, créé, modifié des égarments liés des fois à des gens qui parfois étaient de bonne foi, mais qui avaient changé, modifié et tout ça. Donc, la société musulmane, est très réceptive à un discours qui dit « il faut revenir aux sources de l'Islam ». Les chrétiens ne diront jamais « revenons à l'instant où Jésus a été cloué sur sa croix » et c'est l'alvraie christienne. Les chrétiens ne disent pas cela parce qu'ils reconnaissent que leur religion s'est fondée au cours des siècles. Le christianisme d'aujourd'hui n'est pas le christianisme au moment où le premier clou partait à travers le poignet de Jésus. Donc, ils savent bien que des choses sont arrivées par la suite et on ne peut pas rejeter des siècles d'évolution, d'évolution des mentalités, de compréhension des textes, d'évolution de la société. On ne peut pas les rejeter et revenir au point zéro. Pareil pour les juifs. Les juifs, Ils ne peuvent pas revenir à l'époque où Moïse enlève ses chaussures et arrive dans cet endroit, dans cette place où Dieu va lui parler. Ils ne peuvent pas revenir à cet instant-là parce que depuis cet instant, il y a énormément de choses qui sont passées, il y a une histoire, il y a des... Il y a des persécutions, notamment des exils, il y a des destructions, il y a une tradition orale qui a évolué, il y a des choses qui sont arrivées, qui sont déjà là, importantes dans le judaïsme. Donc le judaïsme ne veut pas et ne peut pas revenir à l'instant zéro. L'islam, lui, a cette faiblesse et n'a qu'une seule envie, c'est revenir à l'instant zéro. D'accord ? C'est pour ça que, si vous voyez en Algérie par exemple, Mes grands-parents étaient musulmans, d'accord, mais étaient musulmans, comme beaucoup de Français sont chrétiens aujourd'hui. Ça signifie qu'ils sont musulmans nominativement, musulmans de nom, mais leur vie, leur vie, leurs décisions de tous les jours et tout, ne sont pas régies, on va dire, par l'islam. Quand ils font de la politique, ils ne réfléchissent pas en termes de politique islamique. Par contre, après l'indépendance en Algérie, après 1962, Il y a eu énormément d'erreurs qui ont été faites, des erreurs, des mensonges tout simples. Ça signifie que l'Algérie a voulu se créer une sorte d'identité, mais construite à partir de rien, en fait, à partir de mensonges. Et ceci a créé une sorte de fossé identitaire, une sorte de crise identitaire chez des millions de jeunes qui sont arrivés, qui ne savaient pas qui ils étaient et qui commençaient à questionner leur société sur tous les plans. Et à ce moment-là arrive le discours salafiste. Le discours salafiste marche très bien. Il dit quoi ? Toi, t'es pas un musulman. Ça commence comme ça. Et la personne dit, non, moi je suis musulman, mes grands-parents sont musulmans, mes parents sont musulmans. Non, non, non. Tu crois que t'es musulman, mais en fait, tu ne suis pas le vrai islam. Et dès que tu utilises le mot clé vrai islam, c'est clair que les gens sont à genoux. Le vrai islam, ils commencent à écouter. Et à partir de ce moment là, arrive ce discours qui va dire je vais te montrer ce que c'est que le vrai islam. Et le vrai islam, c'est le retour aux racines, aux sources de l'arrivée de l'islam. C'est tout. Ainsi, on arrive à des gens qui ont l'impression, je parlais à des gens influencés par le salafisme, et franchement, ils ont l'impression de renaître encore. C'est des born-again musulmans en réalité. Parce qu'ils te disent, je n'étais pas musulman, mes parents n'étaient pas musulmans, mes grands-parents n'étaient pas musulmans, toute ma vie était sur le faux, dans le mensonge. Et maintenant seulement, j'ai découvert le vrai islam. On reconnaît ce même pattern chez les chrétiens, born again, qui soudainement ont l'impression qu'ils sont morts et qu'ils renaissent dans une nouvelle dimension. Je pense que je ne vais pas aller plus loin que ça, c'est juste une première approche parce que c'est un sujet extrêmement long. Mais il faut savoir que le salafisme l'a emporté aussi pour une raison très terre-à-terre, c'est parce que le salafisme c'est la branche de l'islam, ou le courant d'islam, qui a le plus d'argent. Pourquoi ? Parce que qui dit salafisme, dit Ibn Taymiyyah. Ibn Taymiyyah, Albert Bahari, Ibn Qayyim al-Jawziyyah, qui sont dans l'école qu'on appelle Hanbalit, une des quatre écoles du sunnisme, qu'on appelle l'école Hanbalit. L'école Hanbalit, elle a donné qui ? Elle a donné le wahhabisme. Le wahhabisme, c'est la religion littéralement, sur mesure, on va dire, pour la famille royale saoudienne, qui a de l'argent. Et donc, quand vous avez plusieurs doctrines sur le terrain qui sont en train de se battre, laquelle gagne ? Enfin, ce n'est pas nécessairement la meilleure, gagne celle qui a le plus d'argent. Le wahhabisme, quand on dit salafisme, on peut dire wahhabisme aussi, c'est la même chose. Il y a des petites subtilités entre les deux, mais nous sommes dans le même courant qui, au fur des siècles, change de nom et s'appelle autrement. Il n'y a pas une branche de l'islam qui s'appelle salafisme. Toutes les branches de l'islam sont influencées par le salafisme. Toutes les branches de l'islam contiennent cette mentalité salafiste. Par contre, Quand on dit salafisme aujourd'hui, la chose de laquelle on est le plus proche, c'est effectivement du wahhabisme. Et le wahhabisme a les pétrodollars. Les pétrodollars lui ont permis justement de littéralement contaminer et prendre le pas sur toutes les autres écoles qui paraissaient comme des misérables à côté, quand on parle d'argent. Donc voilà. rapidement un petit tour d'horizon. Par rapport à la France, pourquoi ça vous intéresse tout ça ? Parce que justement, par l'immigration, puisque vous avez pioché en particulier au Maghreb, or le Maghreb était une cible de prédilection des wahhabites, Donc effectivement, vous avez, sans le faire exprès, vous avez ramené le salafisme en France. Il est devenu très virulent. Le salafisme qu'il y a en France, c'est plus virulent que le salafisme qu'il y a en Algérie. Pourquoi ? Parce qu'il vit avec sa société, il vit avec son époque, il mue. Il y a des mutations qui se passent en fonction des interactions. Nous, je sais qu'on nous a salafisé la gueule. Je me souviens, j'étais gamin. Je me rappelle la télévision d'État. Les islamistes avaient influencé, s'étaient introduits dans la télévision d'État. Et je peux vous dire, à une époque où il n'y avait même pas d'islamistes dans la rue en Algérie, il n'y avait même pas de femmes voilées dans la rue, il y en avait peut-être deux par ville. La télévision nationale passait aux heures de grande écoute. Alors je vous dis quand, ce n'est pas n'importe quelle heure de grande écoute. Ramadan. Une heure avant de bouffer, ça signifie à l'époque ou à un moment où la société entière est en état, est hébété, complètement hébété. Les gens sont assoiffés, les gens ont faim, leur esprit critique est le plus bas. Ils sont là devant la télé et ils attendent juste une chose, d'entendre le crier de la prière du maïret pour pouvoir manger. Et là, pendant une heure, chaque jour, Ibn Taymiyya, Ibn Taymiyya, Ibn Taymiyya. Ils sont faits forts, les gars. C'est littéralement une momie qui a été réveillée de sa tombe. Après, on a eu d'autres, il y a eu Jamal Dine El Afrani. Jamal Dine El Afrani, on a eu Serif Lev sur lui et d'autres et d'autres et d'autres. Donc, littéralement, ils ont salafisé les esprits avant la lettre. De sorte, quand les salafistes, quand les prêcheurs salafistes sont arrivés sur le terrain et commençaient à faire du porte à porte, à aller de magasin en magasin, d'entreprise en entreprise, de café en café, c'est clair que le travail était déjà fait par la télécom. Le travail était déjà fait pour eux parce que les références qu'ils utilisaient étaient déjà tenues en grand respect par les Algériens. Ils n'en font qu'une bouchée de nous. Après, bon, ça arrive chez vous. Et là, ça devient encore une autre histoire. Donc voilà, j'arrête là. J'arrête là, mes amis. Puis je reviendrai une autre fois. Mais c'est un grand sujet, ça. C'est un très grand sujet.
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