Le Terrorisme n’a pas attendu les caricatures pour frapper

A French speaker argues terrorism predates caricatures and cannot be justified as a response to insult. Drawing on the Algerian civil war that killed 100,000 to 200,000 people and citing a Pakistan school massacre of 135 children, he rejects victim-blaming and warns France faces prolonged terrorist threats.
Questions this video answers
Nearly 500,000 ("près d'un demi-million")
135 children
Between 100,000 and 200,000 (speaker states "entre 100 et 200 000 morts")
Bonjour tout le monde, vous avez été près d'un demi-million de personnes à regarder ma dernière vidéo. Je sais que quand on cherche des news en ligne ou des interventions en ligne, il y a énormément de choix et donc j'aimerais vous remercier pour avoir pris le temps de vous arrêter à écouter et considérer mon intervention. J'aimerais aujourd'hui vous parler d'un argument qui est très souvent utilisé pour justifier le terrorisme. Beaucoup de gens l'utilisent sans même se rendre compte. C'est dire, voici ce qui arrive quand on heurte la sensibilité des gens ou qu'on touche à des choses qu'ils considèrent comme sacrées ou quand on a le mauvais goût de faire des caricatures ou des dessins ou autre sur des choses que les gens considèrent comme sacrées. Vous avez déjà entendu ça, des fois ça vient même d'officiers. En fait, Cet argument ne résiste pas 15 secondes à l'analyse. C'est un petit peu comme un prédateur sexuel qui culpabiliserait sa victime, n'est-ce pas, pour l'écraser encore plus sous le poids de la culpabilité et éviter qu'elle le dénonce, par exemple. C'est très connu comme schéma. Vous ne pouvez pas accuser la victime d'avoir provoqué une agression aussi ignoble que celle qui a eu lieu à Paris. Et puis, si vous croyez toujours à cet argument-là, si vous pensez qu'il y a ne sera-ce qu'un pour mille, un sur un million de validités, j'aimerais que vous invitez à considérer ceci. Il y a le temps, durant le mois de décembre, des islamistes ont envoyé une école au Pakistan et ils ont massacré à coups de flingues à la tête, ils ont massacré 135 gamins, des enfants. Est-ce que ces enfants étaient en train de s'amuser à faire des caricatures qui offensaient les islamistes ? Est-ce que ces enfants avaient froissé les islamistes, n'est-ce pas ? Quand, chez nous, ils arrêtaient des bus entiers, puis ils massacraient tout le monde, ou quand ils posaient des bombes dans un transport public, sans même savoir qui allait sauter. D'accord ? Est-ce que vous pensez ? Est-ce que vous pensez qu'ils étaient en train de toucher des gens qui les avaient offensés ? Ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens du tout. Quand les ex-amis de la France en Syrie interviennent en ligne, qu'est-ce qu'ils disent ? Très récemment, ils disaient qu'on arriverait en Europe et qu'il y aurait 500 millions de morts. 500 millions de morts, ça signifie tout le monde. Ils n'ont pas dit on va tuer ceux qui nous offensent, on va tuer les islamophobes, on va tuer ceux qui nous critiquent, on va tuer... Non, c'est tout le monde. C'est tout le monde. Tout le monde est une cible légitime à leurs yeux, à commencer justement par les gens qui sont sans défense, les gens qui ne sont pas armés, les enfants, les civils qui travaillent dans des bureaux, etc. Ils savent que le risque est presque nul. Donc voilà, je voulais vous dire que c'est un argument qu'il ne faut pas faire circuler parce qu'il sous-entend que si vous voulez éviter le terrorisme, soumettez-vous, écrasez-vous et rampez à quatre pattes, ne froissez pas. Mais en fait, il faut savoir que c'est votre propre existence qui froisse. C'est le fait d'exister, c'est le fait que vous soyez là en train de respirer de l'air qui est déjà trop pour ces gens. D'accord ? Donc voilà, c'était juste... Je voulais partager avec vous. Vous savez, il y a quelques... Ça me fait... Je vais vous dire la vérité, ça me fait très mal ce qui se passe en France, parce que j'ai vécu 6 000 ans en Algérie. J'ai vécu 6 000 ans en Algérie, ça signifie, j'ai vu ce qu'on appelle la décennie noire commencer. Des années avant qu'on en parle, je voyais les éléments qu'il a constitués, qui étaient en train de se mettre en place. D'accord ? Je vous en ai parlé à diverses reprises, il y a des années que j'en parle. Et je voyais la chose venir. Et j'ai eu peut-être le mérite d'avoir réussi à fuir au début des hostilités. Mais le peu que j'en ai vu m'a suffi. J'arrive en Europe et qu'est-ce que je vois ? Je vois les mêmes prémices. Et donc je commence à en parler. Et finalement, Je voyais que c'est triste de voir qu'avec une partie infime des gens qui comprenaient, qui se rendaient compte où ça allait. Mais les responsables politiques, les gens qui étaient censés empêcher ça, n'ont pas voulu l'empêcher. Ils étaient trop enfermés dans leur dogme pour empêcher que ça aille dans cette direction. Il y a quelques années, je vous disais que... Je me souviens, j'avais fait une vidéo de parking d'un supermarché. Et je vous disais, si vous, vous arrivez à vous en sortir avec les islamistes, alors que nous on a eu entre 100 et 200 000 morts, c'est que nous on est des cons. Voilà ce que j'avais dit. J'avais dit réfléchissez juste comme ça. Est-ce que nous, on ne tient pas à la vie ? Est-ce que nous, on vous semble des gens incapables de gérer une menace et vous, vous êtes capables de la gérer ? Et j'avais même demandé, dites-moi quel est l'élément que vous, vous avez ? Quel est le secret que vous, vous avez ? La carte, le joker qui vous permettra de vous en sortir sans hécatombe avec les islamistes, que vous, vous avez, ce joker, et que nous, nous n'avons pas. C'était un peu ce que je vous avais demandé. Je n'ai pas reçu de réponse et, à l'évidence, ce qui se passe aujourd'hui montre que ce Joker, vous ne l'avez pas, que... Voilà. Ce que je veux que je vous dise. Et puis, autre point important... Les terroristes ne sont pas des braqueurs. Ils ne vont pas fonctionner selon la logique du braqueur qui se retrouve à culer, à prendre des otages alors qu'idéalement il aurait voulu disparaître avec le cash et puis se la couler douce au sud de la France. Vous comprenez ? Ils ne sont pas dans cette dynamique. Ils sont dans la dynamique de mourir. Ils sont dans la dynamique de se faire tuer. Parce qu'il y a des vierges qui les attendent, ils pensent prendre le petit déjeuner avec je sais pas qui dans l'au-delà. Ils y croient vraiment, ils sont complètement siphonnés pour y croire. Mais en tout cas, quand il prend des otages, ce n'est pas regarder le gars qui a pris des otages à Lyndt à Sydney. Il ne prend pas des otages pour négocier, pour faire passer un message et puis pour obtenir une valise de cash. Non, il n'est pas là pour ça. Il est là pour mourir et puis il ne va pas mourir tout seul, il va tuer les otages avec lui. Donc c'est pour ça que très souvent, la méthode qui marche avec ces prises d'otages, c'est la méthode russe ou la méthode algérienne. Je veux dire, il faut le rentrer dedans en espérant faire le minimum de dégâts chez les otages parce que si vous restez comme ça à négocier avec eux, Vous n'allez pas les ramener à la raison et ils finissent en général par tuer tout le monde. C'est un classique, je vous dis que c'est classique depuis que j'ai commencé. C'est triste de voir que des choses aussi évidentes, des choses qui étaient grosses, comme le dôme des invalides, ont été juste ignorées par ignorance, par lâcheté, par dogmatisme, par déconnexion de la réalité. J'espère juste que cette vague de terrorisme va s'arrêter, à moins que vous me soyez à l'aube d'une décennie noire comme on l'a été. Ça, je ne peux pas vous répondre à cette question. C'est très dur à dire. Est-ce que ces terroristes vont être endigués très rapidement, puis ça va se calmer, puis le prochain attentat sera en 5 ou 10 ans ? Ou bien est-ce que c'est le début d'un cycle qui va transformer la France en... en Kaboul, vous comprenez ? Ça c'est juste très dur de savoir. Nous, quand les attentats ont commencé chez nous, on a pensé aussi, on a eu la faiblesse de croire que ça allait s'arrêter. Alors au départ, vous savez, on les considère avec beaucoup d'émotion, beaucoup d'engagement. Le premier par exemple, les deux, trois, les quatre premiers flics qui sont morts, Ils ont été enterrés avec le drapeau, avec les officiels qui étaient là, les caméras, le direct, je veux dire, la totale, vous comprenez ? Mais je vous dis, après... Après, on ne comptait plus les morts. Au bout d'un moment, tu t'arrêtes, tu n'as plus les compter. Même le bilan, je vous le disais au début de cette vidéo, entre 100 et 200 000 morts, personne ne sait vraiment. D'accord ? On sait que c'est des milliers, des milliers, des milliers, c'est tout ce qu'on sait. Après... Je veux dire, tu comptes plus les morts, après, ça devient une rationnelle de mort tous les jours et tu vis dedans. C'est très... Tu peux pas savoir ce qui se passe. Les autorités, en général, ce qu'elles font, elles créent des zones vertes. C'est un peu le concept de la zone verte américaine. Vous savez, ils vont dans un endroit, ils protègent un cœur, un cœur opérationnel qui leur permet... qui permet aux officiels de vivre, de faire leur travail et tout ça. Et puis le reste, le reste... Vous débrouillez, quoi. les autorités viennent rencontrer les morts le matin, et puis voilà. Enfin, j'espère que tout ça va s'arrêter. Je sais qu'il y a une partie dans ce que j'ai dit qui est peut-être une projection de mes peurs à cause d'un vécu, d'un vécu qui est extrêmement similaire. La similarité ne veut pas dire nécessairement l'identité, c'est peut-être pas la même chose, mais... Voilà, je suis conscient de ce biais psychologique peut-être, et je vous le dis, mais... je pense que... Ce n'est pas que mon imagination ce qui est en train de se passer. A bientôt les gens, et puis on reste positif. Vous savez, j'ai l'air comme ça un petit peu abattu, oui, mais je le suis peut-être un peu, mais il va falloir continuer à croire, même quand on marche, vous savez, la proverbiale vallée de la mort, même quand on marche dans cette vallée-là, il faut continuer à croire, croire que tout ira bien, que le bien gagnera à la fin. J'en suis convaincu malgré l'impression que je donne.
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