Le Vrai Ennemi du Musulman: Israel ou les Islamistes ?

Speaker (French) recounts visits to Damascus in the 1990s and describes how the Syrian regime framed Israel as the principal external threat, shaping military and security priorities. He argues regimes often amplify external enemies for domestic politics, and that this was a misdiagnosis: the real danger has come from Islamist extremists (foreign fighters, potential caliphates) rather than Israeli invasion. The speaker applies this lesson to Algeria, noting the Algerian regime has recently recognized the Islamist threat and prioritized territorial integrity, contrasting this with popular emotional reactions. He concludes with a cultural critique that many Arab societies valorize death over life, undermining deterrence and long-term national survival.
Bonjour tout le monde. Dans les années 90, j'avais été à certaines reprises en Syrie, à Damas. Et puis, quand je regardais les titres des journaux, quand je regardais les conversations des gens, ou bien je regardais la télévision dans ma chambre d'hôtel, J'avais cette impression que la Syrie allait être envahie par Israël le soir même. En fait ce qui se passe c'est que la communication du pouvoir syrien était que le grand danger pour la Syrie c'était la proximité d'Israël. Alors ce qui se passe c'est que le pouvoir je pense que d'une part y croyait, croyait vraiment en cette menace et d'un autre côté il a surjoué un petit peu pour des raisons de politique intérieure comme le font pratiquement tous les régimes arabes. Vous n'avez qu'à voir par exemple en Algérie d'un côté il y a une sorte de discours extrêmement anti-français mais quand le président est malade, il va se faire soigner dans un hôpital français et militaire en plus de cela. Donc il faut faire très attention à la dialectique des régimes arabes parce que ce n'est pas toujours, il y a toujours une partie de ce qu'ils disent qui est destinée, si vous voulez, à la politique, à la consommation pour la politique intérieure. Mais en tout cas, ce que je cherche à vous dire, c'est que, à l'époque, le régime syrien pensait que la menace absolue pour la Syrie, pour les Syriens, était Israël. Et ils ont construit pratiquement toute leur armée, tous leurs services de sécurité et tout ça, pour essayer de faire face à cette menace-là, dans le contexte qui existe partout dans le monde de ce qu'on appelle des ennemis naturels. Par exemple, des ennemis naturels, vous avez le Pakistan et l'Inde. la Russie et les Etats-Unis, ça signifie que ce sont des pays qui vont développer tout leur arsenal pour pouvoir faire face à un ennemi bien précis, bien spécifique, en ne considérant pas d'autres ennemis possibles. Quand on regarde cela maintenant, quand on regarde ça de loin, d'accord ? À l'époque, la télévision ouvrait les news avec pratiquement une demi-heure sur Israël, une demi-heure sur l'activité présidentielle, puis une demi-heure sur le foot. Donc, quand on regarde ça de loin maintenant, on ne peut pas s'empêcher, c'est assez flagrant mes amis, on ne peut pas s'empêcher de penser que le régime syrien s'est trempé d'ennemis. Ils se sont trompés d'ennemis, tout simplement. Parce qu'ils ont pensé que tôt ou tard, les israéliens passeraient la frontière et viendraient les tuer. Et en fait, ils étaient à l'époque au milieu d'imaginer que ça serait des musulmans qui partiraient de 80 pays différents dans le monde qui viendraient former des bataillons et qui massacreraient les syriens et qui feraient des photos en montrant leur tête sur internet voilà ils sont totalement et complètement gourés ce qui se passe c'est que cette prise de conscience je pense qu'aujourd'hui elle arrive dans des pays comme l'Algérie parce que si vous regardez Le pouvoir algérien, on peut lui reprocher énormément de choses sur le bilan, sur la corruption, sur la gestion de l'économie, sur la gestion des problèmes sociaux, et tout ça est catastrophique, complètement catastrophique. Il est irrécupérable, indéfendable. Par contre, sur un point, un point qu'on peut et qu'on doit lui reconnaître, c'est le fait que le régime algérien n'a jamais joué, n'a jamais pris à la légère l'intégrité du pays. Ça signifie que l'intérêt suprême de la nation, ils l'ont toujours sauvegardée de manière farouche. Ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, vous savez, tous les régimes arabes avaient donc joué de cette dialectique anti-Israël pour la politique intérieure. Aujourd'hui, le régime algérien commence un petit peu à se réveiller. Je pense que pas seulement le régime algérien seulement, mais d'autres régimes aussi aux alentours. Si on essaie de transposer ce qu'il se passe aujourd'hui, la nouvelle donne islamiste, si on essaie de la transposer sur l'Algérie, qu'est-ce qu'il se passe ? L'Algérie n'existe pas, l'Algérie c'est Bilad el-Mahri, l'Algérie c'est le califat du Maghreb, et on pourrait tout à fait nous retrouver, quand bonjour, dans 6 mois, on pourrait se retrouver avec des hordes de terroristes qui débarquent chez nous, de 80 pays qui massacrerait les villes algériennes, qui tueraient les Algériens et puis qui proclamerait un califat. Ils ramèneraient un type, ils diront voilà, ça c'est votre calife. Et puis au passage, on mutile vos filles, au passage, on égorge tous les gens qui ont un point, qui ont quelque chose à redire, on les tue et on se photographie avec sur Internet. Voilà. Ça, ça pourrait être le destin de l'Algérie demain. Ce qui se passe, c'est que le régime algérien vient de faire tilt. Ça signifie qu'il vient de le comprendre. Et en fait, ce qui se passe, c'est que c'est pour cette raison que, par exemple, on ne voit pas en Algérie maintenant le régime algérien encourager des manifestations pour Gaza. Il n'y a pas eu... La rue algérienne n'a pas énormément bougé sur ça, ni les partis, personne n'a bougé en fait. Parce que tous les cadres du pays commencent à comprendre que la menace qui pèse sur eux, n'est pas une menace de type israélienne, mais plutôt une menace bien de chez eux. La menace islamiste a été extrêmement sous-évaluée. Malgré qu'on a eu 100 000 ou 150 000 morts en Algérie durant les années 90, on a encore sous-estimé la menace islamiste qui pourra pratiquement foutre le pays complètement en roche. En fait, si vous voulez, je suis sûr que la rue algérienne aimerait bien On aimerait bien faire plus de tapage par rapport à Gaza et tout ça. Mais en fait, le régime algérien, sur ces points-là, n'a jamais écouté la rue algérienne, et je vous dis, heureusement. Si vous regardez, par exemple, lorsqu'il y a eu la... première guerre en Irak, début des années 90, il y a des islamistes qui s'étaient habillés en militaires et qui sont partis avec des milliers de citoyens, s'attaquer au ministère de la Défense et demander qu'on leur donne les clés, demander qu'on leur donne accès à l'équipement militaire pour qu'ils aillent déclarer la guerre aux États-Unis et aux coalitions internationales pour défendre l'Irak. Vous comprenez ? Ça signifie que notre pays aurait été rasé de la carte. Notre pays aujourd'hui serait plein de mercenaires, des gens de casques bleus, des gens de je-ne-sais-pas-où. Vous comprenez ? Parce que la rue algérienne fonctionne à l'émotion. Elle ne fonctionne pas à la raison, elle fonctionne à l'émotion. Et avec des tendances assez suicidaires. Parce que chez nous, vous savez, le plus grand honneur, ce n'est pas vivre pour son pays, c'est mourir pour son pays. Ça signifie qu'on a cette culture de la mort qui est instillée dans notre société. On a une société extrêmement suicidaire. Alors je sais, je dis ça, je vais me faire attaquer, tu traites les gens de suicidaires et tout ça. Mes amis, je ne dis pas que c'est toi qui es suicidaire et que t'as envie d'aller te suicider en te noyant dans ta baignoire dans la demi-heure qui suit. Non, j'ai pas dit ça. J'ai dit que les réactions que nous... en tant que société, en tant que bloc, sont des réactions que, si elles étaient suivies, résulteraient d'une mort certaine et d'une destruction assurée. Voilà. C'est pour ça que, par exemple, la notion de bombe atomique et de dissuasion nucléaire n'existe pas dans les pays arabes ou musulmans. C'est pour ça que les Occidentaux et autres ne laissent jamais un pays arabe ou musulman obtenir la bombe atomique. Pourquoi ? Parce que, quand tu es dans un... Quand tu es dans une équation de dissuasion, tu n'aimerais pas jouer à ça avec un suicidaire. La dissuasion ne peut exister que lorsqu'on a des peuples qui tiennent à la vie, qui tiennent collectivement à la vie. On n'a pas envie d'avoir des peuples qui disent « moi je m'en fous de mourir, j'ai juste envie de prouver quelque chose et de dire ce que je pense ou de démontrer quelque chose ou me sacrifier pour je ne sais quelque chose ». Tu peux pas jouer à la dissuasion avec lui, parce qu'il est prêt à mourir, il s'en fout. Il s'en fout complètement. Il n'est pas là pour gagner, il est là pour mourir. Parce qu'il pense que le plus grand honneur et la meilleure chance qu'il peut rendre à sa nation, à sa patrie ou autre, c'est mourir. Donc je peux te dire, si je suis commandant d'une armée et je vois des types qui ont envie de mourir, je peux te dire que je risque de les terminer moi-même. En tout cas, je les foutrai dehors, je les renverrai chez eux assez vite. Parce que tu n'as pas le droit de mourir. Tu n'es pas là pour mourir. Tu es là pour vivre. Et c'est pour ça que, si vous regardez, là je suis en train de glisser d'un sujet à l'autre, mais c'est des sujets extrêmement connectés. Si vous regardez dans les pays arabo-musulmans, on a complètement perdu la bataille à la vie. Pourquoi ? Parce que tout ce que nous faisons, et en fait, vient d'une sorte, dans tous les pays du monde, vient d'une impulsion de vie, ce que nous faisons de positif pour nous. On développe la médecine, c'est pour ne pas mourir de maladie. On construit des maisons solides et on les réchauffe, c'est pour ne pas mourir de froid, mourir par les éléments. Tout ce qu'on fait, quelque part, est pour essayer de vivre et de bien vivre et d'améliorer notre vie. Imagine-toi, tu es dans la montagne. Je donne toujours l'exemple de la montagne parce qu'il est très clair. Imagine-toi, tu es dans la montagne et puis tu guides un groupe de 10 personnes vers le sommet. Et pourquoi je dis la montagne ? Parce que dans la montagne, les équations se simplifient très vite. L'équation est très simple, c'est vivre ou mourir. Il n'y a rien entre deux. Et en fait, ce qu'il se passe, c'est que tu leur dis, écoutez les gars, il faut qu'on change quelque chose. Il faut qu'on change notre chemin ou notre façon de faire ou je ne sais pas. Pourquoi tu leur dis ça ? Tu leur dis parce que si on ne le fait pas, on va mourir. Alors imaginons que tu as un groupe qui te disent, oui, mais on est content de mourir. ou on est fier de mourir, tu fais quoi ? Vous êtes foutus, tu sais que vous êtes foutus. Parce qu'il n'y a pas l'impulsion de vie, c'est seulement l'impulsion de vie qui permet de changer son quotidien, qui permet de changer sa société et d'améliorer. Quelqu'un qui dit « Ah non, moi je suis prêt à mourir que de changer » ou « Je suis prêt à mourir que… » et chaque fois il a cette parole de « Je suis prêt à mourir que… c'est » comme des crétins, même les alliés durant la deuxième guerre mondiale disaient qu'ils préféraient avoir un mauvais allemand en face qu'un bon américain derrière. Parce qu'ils bombardaient leurs lignes, ils bombardaient les lignes de leurs alliés, etc. Ils ont toujours été, jusqu'à maintenant, ils ont toujours été très brouillants sur leur intervention militaire. Et qu'est-ce qui se passe ? Le gars nous dit, alors ça a fait rire un peu partout, le gars dit je vais inventer la guerre chirurgicale. Toi l'américain la guerre chirurgicale ? Et en fait, c'est dire je tue ce que je pense être mauvais, je frappe là mais pas là. Et ça, ça n'existe pas, la guerre chirurgicale n'existe pas. Tu ne peux pas par exemple, je vous ai donné d'autres exemples, le calendrier n'est même pas bon pour avancer cet exemple, mais je le fais quand même, vous vous rappelez comme je vous avais dit que tu ne peux pas par exemple dans une société apprendre à des gamins qu'il est bon de tuer des juifs et ça s'arrête là. Parce que si tu apprends à quelqu'un qu'il est bon de tuer, il va extrapoler tout de suite. Tu ne peux pas lui dire c'est bon de tuer celui-là mais pas celui-là, c'est fini, le chat est hors du sac, la boîte de Pandore a été ouverte, c'est fini. Donc tu ne peux pas par exemple être prêt à mourir, dire je veux mourir sur cet aspect-là, sur une question géostratégique ou autre, alors que tu es prêt à vivre quand il s'agit d'autres choses. Une fois que tu épouses la cause de la mort, tu es avec jusqu'à la mort. Il n'y a pas de... Voilà, donc je cherchais juste un petit peu à partager avec vous un certain nombre d'idées qui me trottaient en tête depuis ce matin. Enfin, je vous laisse mes amis et puis on se voit un autre jour.
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