Les dictatures non participatives et participatives

Vidéo monologue en français (YouTube) qui distingue deux formes de dictature — « non-participative » (laissez‑faire tant que la population ne cherche pas à contester) et « participative » (impose la participation et des comportements, souvent humiliants, via règles, vocabulaire ou rituels). L'auteur illustre par des exemples (dictatures africaines « non‑participatives », Iran, Corée du Nord, police religieuse en Arabie Saoudite) et avance la thèse que les dictatures non‑participatives tendent à évoluer vers des dictatures participatives en cherchant à briser la résistance sociale et à contrôler la parole et les comportements.
Mes amis bien le bonsoir bienvenue dans cette petite petite balade ce soir je vais mettre un peu plus de lumière peut-être voilà en fait Si vous voulez, il y a deux types de dictature. Il y a une dictature que j'appellerais une dictature participative et une dictature non-participative, sachant que, en principe, fondamentalement, tous les États sont composés de quoi ? Ils sont composés de bureaucrates, de technocrates, de politiciens de carrière, de fonctionnaires, et tous, naturellement, vont chercher à naturellement à augmenter leur pouvoir. Je ne connais aucun Etat qui se dit « non, on exagère, il va falloir qu'on réduise notre mainmise sur la société civile et qu'on permette à la société civile de fonder une sorte de contre-pouvoir à nos abus potentiels ». Ça n'existe pas ça. L'Etat cherche toujours à augmenter, et ça dans un pays dit démocratique comme dans un pays dit non démocratique, l'État va systématiquement chercher à augmenter son pouvoir sur vous. Donc, je disais que si je regarde les dictatures dites non participatives, c'est par exemple certaines dictatures africaines où il y a un maréchal ou un président à vie ou autre. Et souvent, ce type de dictature-là, c'est... Elle vous fout de la paix. Elle vous fout de la paix. Vous êtes plus ou moins tranquilles. Juste, n'allez pas les chercher. C'est-à-dire que si vous ne faites pas du militantisme, si vous ne faites pas de la politique, si vous ne faites pas du syndicalisme, en général, en général, elle vous laisse tranquilles. Ce genre de dictature compte en général sur la lâcheté des gens, c'est-à-dire que les gens ayant des craintes légitimes pour leur vie, pour leur famille, pour leur revenu et tout cela, peuvent en arriver à une attitude dite composante, au lieu d'avoir une attitude opposante et chercher donc le conflit ouvert avec la dictature, c'est des gens qui vont aller vers une attitude composante. Et dans ce cas-là, l'attitude composante voudrait que, justement, les gens se mettent dans une posture de lâcheté et de soumission. Donc, ceci étant dit, cette dictature-là ne vous demande rien, mis à part votre soumission. Il y a également les dictatures dites participatives. Alors une dictature participative est une dictature qui va vous imposer la participation à des actes, à des idées, parfois même ne serait-ce qu'à un vocabulaire. Toutes les dictatures développent développe un vocabulaire, développe une manière de parler, développe des idées, souvent très absurdes à dessein, par ailleurs, parce que si vous regardez, si vous lisez, je ne sais pas moi, lisez les hauteurs béantes de Tsinoviev, qui vous parle du soviétisme, il en parle très bien, et d'autres, pas que lui, d'autres aussi, et en fait, en URSS, il y avait souvent on imposait souvent des règles, des lois, des procédures qui n'avaient aucun sens, qui étaient totalement irrationnelles. On dirait que cette irrationalité était recherchée. En fait, oui, l'irrationalité est recherchée. Pourquoi ? Parce que vous allez constater que dans la dictature dite participative, qui vous oblige à participer, je donnerai d'autres exemples, il y a un certain nombre de règles que vous devez suivre qui n'ont d'autre but que celui de vous briser, de vous humilier et généralement on brise par l'humiliation, par la soumission on vous force crescendo, pas à pas à vous soumettre à un certain nombre de règles absurdes qui n'ont strictement aucun sens Mais le but est de vous entraîner à l'obéissance, c'est très important. D'autres, je vous donne une dictature participative, c'est par exemple l'Iran. L'Iran qui va forcer parce que la personne est une femme, on va donc l'obliger à porter un voile, donc s'habiller d'une certaine manière. Et si elle ne s'habille pas de cette manière-là, elle peut être arrêtée, elle peut être harcelée. Il y a des sortes de flics ou de miliciens qui circulent sur des mobilettes avec des bâtons qui vont les frapper. Ça, c'est participatif. Tu ne peux pas dire, si cette dictature me fout la paix, je lui fous la paix. Non. Là, tu es obligé de montrer des signes de soumission dans ton habillement. Il y a Par exemple, certains pays, il y avait ça en Arabie Saoudite, il y avait la police de la vertu, je crois que ça n'existe plus, mais il y avait une époque où, par exemple, à l'heure de la prière, l'humain n'avait pas le droit d'être dehors en train de circuler dans la rue, ou d'être en train de tenir un magasin ou autre. Donc il circulait et disait, c'est l'heure de la prière, l'heure de la prière, vas-y, quoi. Donc, il y avait une obligation de participation. Maintenant, il y a une observation que je vais vous donner, c'est que la dictature non-participative finit presque tout le temps par muter dans une dictature participative. Pourquoi ? Parce qu'au départ, tu as des t'as une dictature qui tourne, c'est-à-dire que t'as un pouvoir, un pouvoir gangréné par la corruption, gangréné par les scandales et les affaires à répétition, t'as aussi un pouvoir, très souvent, qui est déconnecté de la réalité du peuple, c'est-à-dire que, typiquement, tu prends une dictature non participative, et tu vas constater un truc extraordinaire, c'est que si tu... Tu vas dans les cafés, tu vas dans les gares, tu vas dans les assemblées publiques, et tu parles aux gens et tu leur dis quelles sont leurs préoccupations au jour le jour, qu'est-ce qui les inquiète, qu'est-ce qui les tourmente, qu'est-ce qui les empêche de dormir, c'est quoi leurs problèmes. Allez, citez-moi le top 3 de vos problèmes. Dites-moi qu'elles sont aujourd'hui vos préoccupations. Ils vont vous citer des problématiques. Par la suite, si vous regardez comment l'État dictatorial est en train d'agir et de communiquer, vous allez voir qu'il a des préoccupations qui sont autres. Ça veut dire que les préoccupations de l'État n'ont plus rien à voir avec les préoccupations du citoyen. vous allez prendre un pays comme la France par exemple, vous allez rarement trouver, à moins que vous alliez chez les bobos du 16e, vous allez rarement trouver un citoyen français qui vous mettra en top 3 de ses préoccupations le changement climatique, ou qui vous mettra par exemple en top 3 de ses préoccupations le bien-être de l'Ukraine. Ça n'existe pas ça. C'est-à-dire qu'on vous entendait, vous voyiez la communication de l'État français qui est gangrénée par les affaires de corruption et autres qui sortent presque au jour le jour, et je vous fais abstraction d'affaires qui ne sont jamais sorties, qui ne sortiront jamais parce que ce que vous voyez c'est la pointe de l'iceberg littéralement. vous allez voir que ces préoccupations ne sont pas alignées sur les préoccupations du peuple français. Et si vous formulez cette critique telle que je viens donc de la dire, ils vont vous dire que vous êtes des populistes. Parce que le problème aujourd'hui, c'est que la démocratie est devenu populisme. Donc en fait, il faut écouter. Quand on est un État moderne, on écoute des activistes, on écoute des milliardaires, on écoute des gourous, des assemblées internationales et tout ça. Et le peuple, il ne faut surtout pas l'écouter, parce que le peuple est devenu aujourd'hui, au lieu que l'État soit dans une logique de représentativité, on représente notre peuple. Le peuple est devenu plutôt un indésirable. L'État, lui, a des préoccupations qui ne sont pas de ce monde. L'État ne cherche pas à gérer le chômage, ne cherche pas à gérer ta sécurité, ne cherche pas à gérer le bien-être du pays et des citoyens. Il va chercher plutôt à gérer les problèmes de génération qui n'existent pas. Il veut sauver la planète, il veut sauver l'univers, il veut sauver un pays lointain. Il a des préoccupations qui ne sont pas de ce monde. Et il voit le public, il voit les gens comme étant un obstacle à ces préoccupations-là parce que, tout simplement, ils nous voient de haut, si vous voulez. Pour eux, on ne peut pas accéder, n'est-ce pas ? On ne peut pas accéder à la dignité de comprendre ces préoccupations qui nous dépassent. Nous sommes des égoïstes, nous pensons à notre sécurité, nous pensons au bien-être de nos enfants, nous pensons à quand nous sommes malades, qui va nous soigner à l'hôpital, nous pensons aux écoles et nous pensons à la propreté des rues et tout cela. Et donc, Nous sommes, par ces préoccupations, finalement, ancrés dans le terre à terre, alors qu'eux, ils sont dans le ciel. Eux, ils tutoient les étoiles, littéralement. Et donc, vous voyez qu'ils nous prennent pour des indésirables, et leur but, au jour le jour, va devenir de... de nous taxer, de nous punir, de créer du punitif pour changer nos comportements. D'accord ? Donc ils ne sont pas du tout en train de nous représenter. Ils représentent eux-mêmes, ils représentent les intérêts d'une caste, ils représentent des intérêts venus d'ailleurs, mais ils ne représentent pas nos intérêts. Je disais, la théorie que je suis en train de développer, c'est que la dictature non participative a besoin au départ de lâcheté, d'ailleurs elle crée un substrat où la lâcheté justement se manifeste et lui permet d'évoluer, de se renforcer, de construire ses piliers dans la société et de renforcer ses positions. Mais une fois qu'elle va devenir plus forte et qu'elle va être sûre d'elle, À ce moment-là, elle va devenir une dictature participative. Ça veut dire une dictature qui va t'obliger à un certain nombre d'actes, qui va t'obliger dans ton corps, dans ta tête, elle va t'obliger à participer. C'est comme lorsque, par exemple, le président de la Corée du Nord est mort, il y a quelques années de cela, 4-5 ans, quand le président de la Corée du Nord est mort, Puisqu'on est dans une dictature, si on était dans une dictature non-participative, genre un maréchal africain qui meurt, bon, tu peux à la rigueur dans ton fort intérieur ou chez toi dire qu'il crève et tout ça, tu peux dire des trucs comme ça. Et puis, juste tu la fermes, tu ne le cries pas trop sur les toits, c'est tout. Et moyennant cela, on te foutra une paix royale. Néanmoins, dans une dictature participative comme la Corée du Nord, les gens étaient sortis, Ils viennent dans la rue pleurer et crier devant les caméras. Ils sont obligés de participer au show ambiant. l'idée d'arrière aussi, l'idée d'arrière, et c'est très très souvent comme ça, l'idée d'arrière c'est apporter une couche d'humiliation, une couche de soumission pour briser la résistance des gens et les forcer justement à se plier à cette dictature-là. Donc là on les a forcé à participer dans une sorte de spectacle extrêmement humiliant. L'idée, si vous regardez aujourd'hui, les dictatures dites européennes, qui ne sont plus représentatives de leur peuple respectif, eh bien, ces dictatures-là, aujourd'hui, sont dans une logique d'exiger la participation. Exiger la participation, je vous laisse trouver vous-même des exemples, dans certains, ne sera-ce que des exemples liés au vocabulaire et tout cela, des exemples extrêmement dégradants, extrêmement humiliants, qui appellent justement, qui ne sont là que pour justifier la soumission. Par rapport au vocabulaire, c'est très important, il faut que je fasse une vidéo sur le vocabulaire, sur comment les classes dominantes, les forces de l'argent, l'État, tout ça, vont gérer gérer le vocabulaire, changer les mots, changer le vocabulaire pour imposer pour imposer leur vision du monde. On ne va pas dire « il a été frappé au cou », n'est-ce pas ? Par exemple, entre autres. Donc, c'est une manière d'imposer une réalité, parce que par le biais du vocabulaire, on peut imposer une réalité. La réalité ne peut se décrire que par la parole, et si la parole est contrôlée et que les mots sont contrôlés, on peut nous mettre dans une situation où on est incapable de décrire notre réalité telle que nous la vivons mais ça c'est une autre vidéo il faudrait que je vous en parle voilà mes amis donc écoutez merci d'avoir suivi jusque là j'ai eu l'idée de faire une vidéo en roulant et je vous dis pourquoi parce que je trouve que le fait de conduire m'aide à structurer mes idées ça m'aide un petit peu à organiser mes idées dans ma tête si je me gare et que je commence à vous parler je suis sûr que ma façon de parler sera différente Je communiquerai toujours, je pense, mais je serai probablement différent. Le fait de conduire, je trouve que ça m'aide beaucoup. Voilà mes amis, merci d'avoir écouté jusque là. et puis il faudrait que je revienne, que je vous parle d'autre chose. Il y a en fait beaucoup d'idées qui se télescopent dans ma tête mais depuis quelques temps, je fais l'effort, si vous avez remarqué, depuis peut-être 3 ou 4 vidéos, je fais l'effort de m'en tenir à un seul sujet par vidéo ça m'oblige à structurer mes idées et éviter de partir un petit peu dans tous les sens qui est un peu une marque de fabrique aussi faut pas se leurrer mais voilà c'est tout c'est comme ça et pas autrement voilà mes amis merci d'avoir écouté jusqu'ici et on se voit dans une on se voit dans une autre vidéo à bientôt.
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