
A French monologue about how people have stopped doing favors for each other. The speaker shares personal stories of being let down when asking for help, reflecting on what feels like growing social selfishness.
Bonjour mes amis, bonne année. Vous savez, je me suis beaucoup dépensé en fin 2016, donc j'ai eu besoin d'à peu près deux semaines de vacances. Je suis de retour. Je voulais parler de plein de choses. Vous savez, quand je ne fais pas de vidéos pendant longtemps, il y a tellement d'idées qui se télescopent dans ma tête que des fois, j'ai du mal à faire une vidéo parce que je me dis, mais je vais parler de quoi ? Qu'est-ce que je vais choisir ? Vous savez, Je voulais parler de Trump mais en fait je vais parler d'autre chose. J'ai l'impression, je ne sais pas si vous avez remarqué ça dans votre vie, je vais vous partager avec vous un truc perso. Peut-être que vous avez remarqué ça. Mais les gens sont devenus très selfish, comment dire selfish en français ? Je vais vous expliquer comment ils sont devenus. Autant ils demandent des services sans arrêt, n'est-ce pas ? Plein de gens autour de moi me demandent des services. Par contre, si moi, je leur demande un service en retour, soit ils refusent, soit ils ne peuvent pas, soit ils oublient, soit au minimum, on va dire vraiment au minimum, ils vont tout faire pour me faire sentir inconfortable. Vous comprenez ? J'aimerais partager cela avec vous. Je me dis, est-ce que je suis le seul au monde à ressentir cela ? Ou est-ce que là, il y a dehors des gens qui ressentent la même chose de la part de la communauté, de la société en général ? Et peut-être vous pouvez m'aider à essayer de répondre à cela. Je vous donne un exemple. L'année dernière, il y a un collègue, il va aller acheter une voiture. je crois 40 ou 50 km et il me demande si je peux avoir l'amabilité de le conduire dans une région pleine d'embouteillages et tout c'est même pas sur mon chemin et puis moi vous savez si j'avais voulu acheter une voiture lorsque j'ai acheté celle là je l'ai acheté à Bristol c'était très loin j'ai pris le train vous savez j'ai pris le train j'ai pris un aller simple et j'ai été l'acheter voilà et ce qui se passe c'est que Je l'emmène et sur le chemin de l'aller, on arrive pratiquement à destination. J'ai un truc rouge qui s'allume sur le tableau de bord. Je m'arrête, j'ouvre le capot de la fumée. En fait, ce qui s'est passé, ma voiture avait lâché une durite. Je savais qu'elle était fragile, celle-là. Je savais qu'elle allait lâcher. Ce n'est pas la faute du gars qu'elle ait fait ce jour-là. Toujours est-il qu'il m'abandonne, à ma demande d'ailleurs, il part à son rendez-vous pour acheter son véhicule et puis moi je passe deux heures dans ce parking désert pour attendre le véhicule de dépannage. Le véhicule de dépannage arrive, n'est-ce pas ? Et puis le gars, il répare ma voiture comme il peut. Il prend une sorte d'adhésif et il purge le circuit d'eau, il rajoute un peu d'eau et tout. Puis il me dit, c'est juste pour rentrer à la maison. D'ailleurs, le soir même, il m'envoie un e-mail et il écrit dessus qu'il garantisse pas, que sa société ne garantit pas la réparation et que si je les appelle pour la même panne, ils ne vont pas m'aider. Donc, il me recommande d'aller au mécano de toute urgence pour remplacer la durite. Je vais donc vers ce gars qui, la veille, était avec moi quand je l'ai emmené et j'ai eu toute cette galère. Et vous savez ce qu'il me dit ? Je lui demande de m'emmener au garage. Ça signifie, je lui demande, je vais aller avec ma voiture au garage. Je lui demande de venir avec moi, avec sa voiture, pour me reprendre. Le garage était environ deux kilomètres. D'accord ? Vraiment deux kilomètres. Et puis, vous savez ce qu'il fait ? Il fait la tête comme ça, il commence à réfléchir. Oui, alors, on est quel jour aujourd'hui ? On est mardi, on pourra peut-être faire ça. Peut-être vendredi ou jeudi. Oui, peut-être même jeudi. Et je lui dis, tu sais, le mécanicien, il ne garantit pas la panne qui est dans mon véhicule. Je ne peux pas attendre jusque là. Ah, il ne garantit pas. Tu sais ce que tu peux faire ? Tu peux leur dire, tu peux appeler une autre entreprise ou dire que c'est une autre, ce n'est pas la même, etc. Je me rends compte qu'elle est en train de tourner en bourrique. En fait, ce que j'ai fait, j'ai... Comme disent les anciens en Algérie, je vais vous dire en Algérien... Elle disait... C'est une ancienne. Quand quelqu'un te demande de te transporter quelque part, il commence à faire ça. Trois jours, il y a trois jours seulement, un autre collègue, il laisse sa voiture chez le mécano, il me demande de le déposer, il pleuvait comme un vache qui pisse. Je le dépose. Et sur la route, je lui dis, s'il te plaît, tu vas voir ce mécano. Est-ce que tu peux lui demander combien il facture pour un contrôle technique ? Parce que cette voiture-là, en particulier, vers la fin janvier, le contrôle technique va expirer. Oui, bien sûr. Le lendemain, je lui demande. Tu as demandé ? Ah, j'ai oublié. OK. Oui, mais je vais appeler tout à l'heure et lui dire. D'accord. Plus rien, vous comprenez ? Et ça, c'est juste deux exemples, mais je peux vous en donner plein d'exemples comme ça, où j'ai l'impression de passer sincèrement, pour utiliser le mot qui passe dans ma tête, j'ai l'impression de passer pour un con. J'ai l'impression que c'est écrit la poste ici, ça signifie... que de plus en plus je rends service à des gens. Les gens... Vous savez, moi dans le cas pareil, j'aurais pu oublier peut-être, mais si le gars m'avait rappelé, j'aurais eu tellement honte, j'aurais eu envie, je sais pas, de rentrer sous terre. J'aurais immédiatement pris le téléphone, j'aurais appelé, et je serais revenu avec le prix, vous savez. Je suis pas un monstre. Est-ce qu'il se passe que les gens, systématiquement, me font ça vous savez le jour où le jour où on m'a appelé le jour où on m'a appelé pour me dire que ma fille était dans une situation extrême à l'hôpital et qu'il fallait que je vienne vous savez tellement tellement les gens me font sentir inconfortable quand je demande le moindre service que j'ai pas osé demander à qui que ce soit de m'emmener à l'hôpital j'avais ma voiture effectivement mais le problème c'est qu'on m'a appelé il était 10h du matin il n'y a pas de parking autour de l'hôpital Il n'y a pas moyen de se parquer. Je voulais juste que quelqu'un m'abandonne, me dépose devant l'hôpital et qu'il rentre. Je ne pouvais pas partir en voiture. Donc, qu'est-ce que j'ai fait ? Je n'ai pas osé leur demander. Vous savez, je savais que c'est une question de vie ou de mort, mais je n'ai pas osé leur demander. Je suis sorti, j'ai commencé à courir au hasard. J'ai vu des bus. Je connais ces lignes de bus, mais tellement j'étais confus dans ma tête que je ne savais même pas comment prendre le bus. J'avais l'impression, dans mon monde, j'avais l'impression qu'il y avait des bus qui se croisaient dans tous les... J'avais même l'impression qu'ils volaient. J'avais l'impression que les bus allaient dans tous les sens. Je ne savais pas Et puis, j'ai trouvé un système de location de vélo. Vous savez, c'est le vélo où tu... Et puis, j'ai pu avoir un vélo complètement pourri et j'ai été avec à l'hôpital. Il y a un collègue qui m'appelle cependant que je courais et il me dit, tu veux que je vienne te chercher à l'hôpital ? Tu veux que je vienne te déposer à l'hôpital, un truc comme ça ? Vous savez ce que j'ai dit ? J'ai dit non. Parce que, je veux dire, j'étais dans un tel état d'urgence qu'en fait, il ne me pose pas de questions. Si tu veux m'aider, aide-moi, mais ne me pose pas de questions parce que sinon, je vais te répondre non pour me débarrasser de toi. Même si tu veux me sauver, je te dis non. Voilà la situation. Et en fait, je ne sais pas, alors je commence à me demander si je ne devrais pas tourner quelqu'un d'extrêmement rude, vous savez. Genre le gars, la prochaine fois, il demande un service, je dis non, casse-toi. Non, non, prends un taxi, casse-toi, je ne le fais pas. Je peux, mais je ne le fais pas. Oui, sur mon chemin, mais je ne te prends pas. Je suis en train de m'entraîner à faire ça, vous voyez ? Je suis en train de m'entraîner. Oui, oui, je sais, c'est à côté, oui, oui, je vois. Je vois où c'est, oui, oui. Oui, oui, mais je ne vais pas te prendre. Prends un taxi. Oui, oui, tu prends un taxi, tu y vas. Voilà, voilà, voilà un taxi. C'est sympa le taxi, il y en a plein. Je ne peux pas te transporter gratuitement, moi. D'accord ? En fait, je ne suis pas un être méchant, vous comprenez ? Je ne suis pas un être méchant. Si je veux devenir méchant, il faut que je fasse l'acteur. Et c'est dur pour moi, voilà. C'est ce que je voulais partager avec vous. J'écris la poste. Voilà. J'écris la poste. Et c'est tout le temps. C'est assez systématique. C'est vraiment systématique. Ce n'est pas un cas ou deux ou trois ou quatre ou cinq. C'est vraiment tout le temps. C'est systématiquement. C'est systématiquement. Je peux vous dire, si je suis en train de mourir, si j'ai une artère explosée, je vais la serrer comme ça et appeler les autorités comme ça et ne pas déranger les gens. Alors que les gens, pour un pays, me demandent des services pour un oui, pour un non. Et je m'exécute. Franchement, je pense que j'ai poussé ma gueulante devant 10 000 personnes. Et puis, je ne sais pas, j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez vous. Est-ce que c'est juste moi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas, vraiment. C'est peut-être ma faute après tout. Vous savez, si c'est toujours la même chose qui t'arrive sans arrêt, quelque part, c'est ta faute. Ça serait arrivé à quelqu'un d'autre, je lui aurais dit la même chose. Bon courage mes amis et bonne année !
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