
A French-language YouTube monologue (January 2021) in which the speaker condemns the deplatforming of Donald Trump and the shutdown of Parler by major platforms (Facebook, Twitter, Amazon AWS), argues that internet service providers are abandoning neutrality and acting as political actors, warns that Europe lacks digital sovereignty and could be influenced by US platforms during elections, and calls for building European-controlled social networks and legal tools to block foreign platforms that censor European accounts. The video ends with a personal note about the speaker's Patreon (channel active since 2011) and a brief sign-off.
Questions this video answers
2011
January 2021
Bonsoir mes amis, bienvenue encore sur cette vidéo. Je suis très content que vous ayez aimé la vidéo d'hier. L'alchimiste, cette vidéo pour endormir ou pour dormir. Ça n'a rien à voir avec le livre de Paulo Coelho. C'est un alchimiste. C'est un alchimiste qui va dans une grotte à la recherche d'un certain nombre de mystères. Et puis il y a une apparition qui arrive comme ça dans sa vie au bout de 40 ans de recherche. et qui lui dit « Je suis ce que je suis ». Voilà, beaucoup de gens ont aimé cette vidéo, ça m'a fait très plaisir parce que c'est une histoire qui me tient à cœur. Aujourd'hui, je ne suis pas venu pour ça, je suis venu vous parler d'un sujet plus terre-à-terre, un sujet de ce monde, parce que cette vidéo n'était pas de ce monde. Je suis venu vous parler de cette histoire de censure dont a été victime Trump. Je vais aller au-delà de l'histoire elle-même, parce que, regardez, il y a Trump qui a été censuré par pratiquement toutes les plateformes importantes de l'Internet, Facebook, Instagram, Twitter, tout ça, bien sûr. Par la suite, il y a un réseau social qui ressemble un peu à Twitter qui s'appelle Parler. Ce réseau social, a été à son tour entièrement censuré par son fournisseur de ressources cette fois-ci, par un service provider qui était Amazon, Amazon AWS. Vous savez qu'Amazon entretient le plus grand cloud de la terre, c'est Amazon AWS. Et puis ce service-là, les entreprises peuvent venir loué ou installé, enfin pas installé, plutôt déployé, et puis loué des services de type base de données, de type machines virtuelles, etc. Et puis, ce service-là a décidé de couper les ressources au site Parler. Alors écoutez, au-delà du particulier, j'aimerais dézoomer. J'aimerais pas rester sur trempe et sur parler. J'aimerais qu'on dézoome quand même et qu'on parle un petit peu. Vous savez, jusqu'à maintenant, si vous regardez, si vous suivez la chronique judiciaire par exemple, vous allez voir que beaucoup de criminels, beaucoup d'assassins, pour se rendre sur les lieux du crime, ont été en voiture. Par contre, vous ne trouverez jamais un procès où on va condamner, par exemple, le fournisseur d'essence. On va condamner, par exemple, Total, on va condamner une grande compagnie pétrolière, on va les poursuivre en leur disant, vous lui avez fourni l'essence pour aller sur l'hélier du crime. Donc vous êtes accessoire à ce crime-là, vous êtes complice. Ça ne se fait pas. Pourquoi ? Parce que les fournisseurs d'essence observent une neutralité tout asimut. Quand vous allez acheter votre carburant, on ne vous dit pas « Monsieur, c'est pour aller où ? Vous voulez faire quoi de ce carburant-là ? » Puis bien sûr, vous devez décliner la raison pour laquelle vous achetez le carburant. Et en fonction de cette raison, ils peuvent, oui ou non, vous laisser ou pas. S'ils le faisaient, il ne serait plus neutre et il serait donc responsable si jamais vous faites mauvais usage de carburant. Et nous sommes exactement dans le même cas. Si aujourd'hui quelqu'un vous téléphone, par exemple, imaginons que vous faites partie d'une minorité visible, par exemple, vous décrochez le téléphone et puis il y a quelqu'un qui vous tient des propos qui est temps pour le coup de la loi. vous pouvez poursuivre la personne, vous ne pouvez pas poursuivre la compagnie de téléphone. À moins que, à moins que, à moins que, je dis bien, que la compagnie de téléphone, par exemple, à des gens, lorsque vous appelez, je ne sais pas, vous appelez n'importe qui, un ami, ils disent bonjour, et puis vous n'entendez que de la friture sur la ligne, et puis selon ce que vous dites, il y a tout à coup un modérateur qui surgit dans la ligne et qui vous dit, attention, premier avertissement, si vous continuez sur ce sujet-là, je vais couper la conversation. Moi, je coupe. Et puis, une fois, deux, ils vous coupent la conversation, puis un jour, ils peuvent vous dire, écoutez, on va vous couper la ligne complètement cette fois-ci. Puis après, quand vous décrochez, vous voulez former, tu, tu, c'est fini, ça ne marche plus. D'accord ? Donc en fait, si les opérateurs, par exemple, de téléphonie faisaient cela, ils deviendraient effectivement responsables, ils deviendraient des éditeurs de contenu, ils deviendraient responsables du contenu qui circule sur leur ligne. C'est pour ça qu'ils ne veulent même pas se mêler de ce qui se dit dans les téléphones, de ce qui se fait dans les téléphones, surtout de nos jours. Donc, c'est pour ça qu'ils veulent rester en dehors de cette équation. Alors, je disais que là, on a vu qu'il y a une perte de neutralité de fournisseurs internet. C'est une perte qui, à mon sens, va créer un avant et un après pour l'Internet. Ça, c'est la première idée que je voulais faire passer. La deuxième, c'est que je suis très inquiet aujourd'hui, au-delà de l'Amérique, de Trump, qu'il soit... qu'il ait tort, qu'il ait raison de parler, tout ça. Il y a un gros problème. Il y a quelque chose qui vraiment m'embête maintenant. C'est que je constate que l'Europe, quand il s'agit de réseaux sociaux, n'a pas de souveraineté numérique aujourd'hui. Aujourd'hui, elle dépend de réseaux sociaux américains, dépend de fournisseurs d'accès américains. Je sais qu'il y a même des entreprises étatiques qui stockent des données sur Amazon AWS ou même sur son compétiteur Microsoft Azure ou autres, qui sont toutes des compagnies américaines. Et aujourd'hui, je suis extrêmement inquiet parce que ces compagnies-là, elle pourrait un jour intervenir dans les élections françaises, elle pourrait un jour intervenir dans les élections belges, espagnoles, peu importe. Elle pourrait dire un jour, par exemple, qu'il y a une élection qui arrive en France, elle pourrait dire par exemple, tel candidat ou tel candidat en l'occurrence, si vous en parlez sur Facebook, on va vous bloquer la page. Si vous cherchez à googler, on va vous... montrer un avertissement en vous disant que vous ne pouvez pas accéder à du contenu lié à cette personne parce qu'elle n'est pas souhaitable, parce qu'en Californie on ne l'aime pas, parce qu'elle a des idées, elle a une penchant que nous on ne trouve pas bien selon nos principes progressistes. Et donc on peut se retrouver avec des entreprises étrangères qui peuvent faire la pluie et le beau temps, qui peuvent faire et défaire des élections en Europe. Et ça, je trouve extrêmement dangereux. Et aujourd'hui, que ces entreprises ont montré, ont montré qu'effectivement, elles deviennent des acteurs politiques à part entière, donc ce n'est plus des transporteurs neutres, ce n'est plus comme, on dirait, qui dirait France Télécom ou Orange ou autre, ou Total qui fournit de l'essence, mais au contraire, ce sont des entreprises qui s'intéressent au contenu, qui mettent leur idéologie, donc une idéologie et qu'elles sont prêtes à mettre cette idéologie dans l'équation, à qui elles fournissent du service ou pas, et là ça devient extrêmement dangereux. Donc je pense qu'aujourd'hui il faut créer, il est urgent de créer un dispositif de médias sociaux absolument européens. Il faut créer des médias sociaux européens et créer des lois et créer des blocages administratifs qui vont rendre désuées, en tout cas en ce qui s'agit d'Europe, qui vont rendre désuées des systèmes de type Facebook ou Twitter ou autre parce qu'ils seront tellement défavorisés que les gens préfèrent aller vers les systèmes européens. C'est exactement ce que fait la Russie par exemple. La Russie, en termes de moteur de recherche, ils ont Yandex. En termes de Facebook par exemple, ils ont VK.com. Les Russes vont là-dedans, les Russes utilisent ça. D'ailleurs la Douma, qui est le parlement russe, a fait passer une loi en décembre 2020 où si un réseau social venait à bloquer par exemple venait à bloquer Poutine ou venait à bloquer les comptes officiels de la fédération de Russie le réseau social dans son intégralité serait bloqué en Russie donc juste tu bloques ou tu censures ou tu édites genre par exemple si monsieur Poutine tweet quelque chose et tu lui enlèves ou tu mets quelque chose dessous en disant oui, tu n'es pas d'accord ou tu penses que… ou autre, la minute d'après, il y a tout un réseau qui disparaît du pays et c'est fini. Et donc, tu dois rendre des comptes à tes investisseurs après en leur disant, on vient de perdre l'accès à un marché de beaucoup de millions de personnes. La Russie, on voit bien qu'ils ont anticipé ce genre de dérapage alors qu'en France, par exemple, il n'y a rien. Macron pourrait, je ne dis pas que j'aime particulièrement Macron, mais il faut réfléchir en termes de fonction présidentielle. Demain, il pourrait venir s'adresser aux Français dans un contexte quelconque, dans un contexte, je ne sais plus, de crise, de politique, d'élection, peu importe. On peut avoir potentiellement des médias sociaux américains, et le problème c'est que la majorité des médias sociaux aujourd'hui sont américains, qui peuvent dire qu'on n'est pas d'accord avec ce qu'il dit, et on va le bloquer, et on va le censurer. Et à ce moment-là, couper la parole, couper la parole au chef de l'État qui a été élu quand même par des milliers et des milliers de Français. Donc ça, c'est valable pour Macron, mais ça peut être valable aussi pour le prochain président français. On peut un jour, par exemple, avoir les Français qui votent pour un candidat national, et à ce moment-là, les médias sociaux diront, ben écoutez, on est américain, votre candidat, nous, il ne nous plaît pas, à partir de maintenant, il ne passera plus sur les médias sociaux. Et à ce moment-là, couper ce dirigeant, cette dirigeante du peuple. Parce que les médias sociaux jouent un rôle extrêmement important aujourd'hui. Quand tu n'as pas les médias sociaux, c'est comme si tu n'avais pas le téléphone, c'est comme si tu n'avais pas l'eau courante. Donc voilà, je pense que... Ceci doit nous réveiller vraiment à une urgence qu'il faut donner de l'importance et il faut œuvrer pour la, tout d'abord deux choses, souveraineté numérique en créant des équivalents comme l'a fait la Russie, donc de créer des équivalents de Facebook, de Twitter et autres en Europe et qui soient 100% contrôlés par des intérêts européens. Créer des dispositifs de loi pour limiter les abus, les nuisances et créer aussi des dispositifs permettant de frapper. Ça signifie que si par exemple, un peu comme la loi russe, si par exemple un média social américain venait à bloquer ou à censurer des comptes officiels appartenant à des pays européens, que par exemple toute l'Europe soit unie et que ce média social disparaisse de l'Europe, par exemple. Il faut réellement leur montrer qu'on a un bouton nucléaire, qu'il y a un bouton sur lequel on peut appuyer et vous disparaissez. Il n'y a que la balance de la peur qui marche avec ces gens-là. Voilà, donc c'est une idée, je ne pouvais pas dormir sans partager cela avec vous. Je voulais vous dire aussi que j'ai créé, ça fait des années comme le demande, même si je n'ai jamais voulu faire de pub et tout ça sur mes vidéos, j'étais toujours parti du principe, il vous a été donné gratuitement, donné gratuitement. Mais là j'ai créé un compte Patreon, bien sûr c'est pas obligatoire d'aller dessus, mais c'est un compte dans lequel j'ai commencé à mettre des vidéos. Et je compte réellement être de plus en plus actif dessus tout en continuant à mettre des vidéos ici. Alors c'est pas obligatoire d'aller sur ce compte. Mais pour les gens qui veulent aider mon effort créatif, il y a un compte Patreon que je vais publier sous cette vidéo et puis de temps en temps je publierai sous certaines vidéos comme ça. Ça serait sympa si vous pouviez vous y abonner. Et en ce moment, les gens qui s'abonnent et qui mettent une adresse un jour, durant les prochains jours là, recevant une carte postale de ma part de Zagreb. En tout cas, merci encore pour votre soutien, qu'il soit moral, qu'il soit financier, qu'il soit juste par votre présence, qu'il soit juste par un like, qu'il soit juste par dire un mot sympa dans les commentaires, c'est toujours quelque chose qui me touche et qui me nourrit depuis dix ans déjà. Je me rends compte que ce compte a été créé en 2011 et nous sommes en 2021. J'ai des fois des gars qui m'écrivent en me disant Aldo, je te regardais, j'avais 15 ans, aujourd'hui j'en ai 25, Je suis un papa, j'ai deux enfants et tout, j'ai grandi, j'étais ado, tu m'accompagnais, t'es toujours là et je te regarde. Wow, ça me fait quelque chose de lire des témoignages comme celui-ci. Merci encore mes amis, je vous souhaite une très bonne nuit et puis je vais revenir, je vais revenir bientôt, peut-être demain, peut-être après-demain. Vous savez comme je suis, des fois j'ai envie de parler et puis des fois je me referme complètement. Quand vous me voyez moins en ligne, c'est que je suis en train de me ressourcer. J'ai des phases comme ça où Vous ne me voyez pas, ce sont des phases de ressources, ce sont des phases où je dis beaucoup, ce sont des phases où je m'instruis, je m'informe, je me développe personnellement. Puis après, à un moment donné, je sens que je suis prêt à redonner encore et je reviens. Voilà, c'est un petit peu les cycles de fonctionnement que j'ai. OK ? Je vais aller dormir. Bonne nuit, mes amis.
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