Les Tarrifs de Trump : la MONDIALISATION est Morte !

Vidéo monologue (avril 2025) analysant l’impact des tarifs de Trump sur la mondialisation et la possibilité de réindustrialiser les États‑Unis. Le locuteur affirme que la mondialisation est terminée, doute que les tarifs mènent à une réindustrialisation durable (cycles politiques courts, coûts et complexité industrielle, perte d’écosystèmes), et avance que les tarifs peuvent renforcer le dollar et faire payer la facture aux pays exportateurs plutôt qu’aux consommateurs américains. Le ton est analytique et critique, mêlé d’avertissements historiques et géopolitiques.
Mes amis, bien le bonjour. Ces derniers temps, à Mohawk, vous viviez dans une grotte. Vous avez entendu parler de la panique générée par les tarifs de Trump. C'est des barrières douanières qu'il est en train de diriger un peu partout. Quelque part intérieurement, je ne vous cache pas que je savoure un petit peu ce qu'il disait, le nouvel ordre mondial arrivera, qu'on le veut ou non, tout ça. Bon, le nouvel ordre mondial, il a du plan dans l'aile. Enfin, il n'a pas du plan dans l'aile, il est en train de mourir de sa belle mort. Je ne crois pas que tous ces fantasmes de mondialisation dont on nous a abreuvés pendant les dernières décennies se concrétiseront de notre vivant. Je crois que c'est absolument terminé pour toujours et à jamais. Maintenant, beaucoup de gens spéculent sur ce que veut faire Trump avec ces tarifs. C'est quoi son but ? Bien entendu, l'intention affichée c'est de dire on va réindustrialiser les Etats-Unis, mais bon. C'est peut-être juste une intention affichée. Il faut savoir qu'avec la politique américaine, entre ce qu'on affiche et ce qu'on fait, il y a toujours un différentiel. Ça c'est le premier point à considérer. Deuxièmement, indépendamment de ce que veut Trump dans son fort intérieur, que va-t-il obtenir dans la réalité ? Parce que Trump, il peut tout à fait penser installer ces tarifs ou mettre en place ces tarifs pour une raison qui lui est propre, Mais dans la pratique, il peut obtenir complètement autre chose. Ça, c'est encore à voir. Alors, premièrement, par rapport à la réindustrialisation des États-Unis, j'ai l'impression qu'on va un petit peu vite en besogne avec celle-là. Je ne suis pas très chaud. Je ne pense pas que c'est l'effet qu'il va obtenir. C'est peut-être l'effet qu'il cherche. Je ne le dis pas. Moi, je ne suis pas dans sa tête. Mais est-ce que c'est l'effet qu'il va obtenir ? Permettez-moi d'en douter. Je vous donne deux, trois éléments pour vous permettant de juger, vous dire un petit peu comment je construis un petit peu cette position. Alors, premièrement, il faut savoir qu'il y a une instabilité de la politique américaine. Jusqu'à récemment, il y avait l'administration Biden qui allait dans une direction et là, soudainement, on voit qu'il y a un changement de direction à 180 degrés, sans rentrer dans le discours partisan. Savoir qu'il y a tort, qu'il y a raison, on doit quand même admettre que c'est un changement radical. Changement radical qui peut être suivi par un changement non moins radical dans 4 ans. C'est-à-dire, les cycles politiques américains sont courts. Tous les 4 ans, on a potentiellement une nouvelle administration qui va défaire tout ce qu'a fait celle d'avant. Les cycles industriels, eux, ne sont pas courts ? Eh bien oui, les cycles industriels sont beaucoup plus lents. Si on investit sur une usine, par exemple, et qu'on installe une usine aux Etats-Unis, il faut du temps. Il faut du temps pour la construire, c'est un investissement lourd, ce n'est pas un site web, ce n'est pas une start-up, ce n'est pas un bureau à ouvrir. C'est un grand projet qui s'inscrit sur une logique d'au moins 10-15 ans pour sa rentabilité. Imaginons la situation suivante, je vous donne un exemple. Imaginons, nous avons, vous et moi, des usines un peu partout dans le monde, mais on n'est pas très positionnés aux Etats-Unis. Trump installe ses tarifs et on se dit, bon, est-ce qu'on va aux Etats-Unis ? Pas si vite, pas si vite. Ce n'est pas évident. Pourquoi ? Parce que, imaginons qu'on se dit, si on arrive à passer par-dessus la barrière douanière de Trump, ça signifie en produire aux Etats-Unis, on va laisser tous nos concurrents derrière ce mur et le marché sera à nous. Génial. Ça, c'est sur le papier. En pratique, c'est quoi ? En pratique, on peut investir très lourd pour aller aux Etats-Unis, Et puis soudainement, dans trois mois, Trump dit « On a négocié avec tel pays, il n'y a plus de tarifs. » Voilà. « On les a laissés tomber ces tarifs, ça ne nous intéresse plus, on va changer de politique. » Tu vois ? Et à ce moment-là, tout l'avantage concurrentiel que tu as en déplaçant une usine à plusieurs milliards aux États-Unis, tu le perds tout de suite parce que les tarifs n'existent pas. C'est-à-dire, si ces tarifs voulaient réindustrialiser avec, il aurait fallu des garanties beaucoup plus solides et il aurait pu dire C'est parti, les gars, c'est parti pour 50 ans. Les tarifs que je mets en place aujourd'hui, il me semble qu'en 2025, je peux vous garantir, par des mécanismes institutionnels très durs, qu'en 2075, ils seront toujours là. Donc, si vous voulez vendre aux États-Unis, c'est le moment ou jamais d'investir. C'est le moment où vous prenez vos dispositions sur le long terme. D'accord ? Le problème, c'est que ce n'est pas ce qu'il dit. Et lui, il utilise ça comme un outil Un outil de négociation comme un outil de coercition. D'accord. Que font les industriels ? Ils attendent. Bien entendu, vous avez entendu que certains ont augmenté leur production aux Etats-Unis. Oui, c'est vrai, c'est possible d'augmenter sa production. Mais ça, c'est beaucoup plus facile d'augmenter la production que de la créer. Ceux qui ont des usines sur place déjà. Ils n'ont qu'à jouer un petit peu, faire des ajustements avec leur chaîne de logistique et produire plus aux Etats-Unis. que ce qu'ils produisent déjà, ça c'est facile à faire, ça on peut faire en quelques semaines ou quelques mois. Mais complètement investir aux États-Unis, pourtant, c'est un pays très intéressant, qui a une grande clientèle et tout ça, mais le problème c'est que c'est un pays aussi qui a un cauchemar financier, qui a un cauchemar régulatoire. On va en Californie ou ailleurs, ou dans beaucoup d'états américains, tu as des réglementations écologiques, climatiques, des taxes, des machins, des normes, le gender, le truc, Je veux dire, oublie quoi, oublie. C'est un pays qui ne va pas juste comme ça s'industrialiser. Ça, c'est le premier point. C'est un côté cauchemardesque. Deuxièmement, quand tu veux industrialiser un pays, tu as besoin de quoi ? Tu as besoin de main d'œuvre. Tu as besoin de main d'œuvre qualifiée. Tu as besoin d'un écosystème de fournisseurs. Tu ne vas pas juste installer une usine dans le désert et puis tu vas commencer à sortir des bagnoles. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Tu as besoin d'un écosystème de fournisseurs qui ont du savoir-faire, qui vont t'aider dans ce que tu veux faire. Or, on a non seulement détruit des zones industrielles complètes, regardez Détroit dans le Michigan, regardez bien Détroit et les news de Détroit parce que c'est le futur de beaucoup de pays européens, l'Allemagne en particulier. Donc, puisqu'on a désindustrialisé, on a détruit non seulement les industries, mais on a détruit tout l'écosystème qu'il y a autour. On a détruit le savoir-faire, on n'a plus les professionnels, on n'a plus l'expérience, on n'a plus rien. Il ne s'agit pas juste de se pointer et dire, voilà, construis-moi une usine là, puis c'est parti. Non, non. Tes cheveux vont devenir blancs rien qu'à obtenir les autorisations. Tu vois ce que je veux dire ? C'est du rêve, ça. Qu'il veuille réindustrialiser les États-Unis, oui, il pourra probablement encourager les industries existantes à produire plus et tout, ça c'est vrai. Mais causer une réindustrialisation massive des États-Unis, Je crois que c'est un petit peu... Ce train est déjà parti. Cette bataille a été perdue. C'est une bataille qui a été perdue. Elle n'a pas été perdue hier. Elle a été perdue il y a très longtemps. Elle a été perdue il y a longtemps. Tout a été... Les morts ont été enterrés. Les tanks qui sont rassés sur place, ils ont rouillé, puis ils ont été pris par les quatre vents et tout ça. On ne peut plus revenir derrière. C'est terminé. On ne peut plus revenir en arrière. La Chine aujourd'hui a une supériorité, une supériorité énorme, en particulier une supériorité d'échelle. Ils ont une économie d'échelle que les Etats-Unis ne pourront pas atteindre. Ils ont accès à une main d'oeuvre spécialisée, ultra performante, ultra entraînée. Ils ont une énergie pas chère, ce que les Etats-Unis n'ont pas. Ils ont des réglementations qui sont pro-industrie, que les Etats-Unis n'ont pas. D'accord ? Et en particulier, la Chine a atteint ce stade de suprématie totale et définitive sur l'industrie grâce en particulier aux Américains. Grâce aux Américains. Parce que les Américains, si vous voulez, comme beaucoup de dirigeants occidentaux en vérité, ils ont tout vendu. Ils ont vendu leur âme, ils ont trahi leur pays. Ils ont vendu leur âme pour juste améliorer les marges. Voilà, nous on veut les marges, mais voilà, vous avez les marges, c'est terminé. Parce que ce qu'ils ont cru, les Américains, ce qu'ils ont cru d'ailleurs, pas que les Américains, les Européens aussi dans une grande mesure, ils ont pensé que les Chinois allaient accepter de devenir les petites mains, pour l'éternité, pour des générations, devenir des petites mains qui viennent le matin dans des usines habillées de leur uniforme, qui fabriquent des babioles pas chères pour les Européens, pour les Américains, et puis leur expédier, et comme ça, comme ils ont une main d'œuvre pas chère, eh bien ça permet aux forces de l'argent européenne, occidentale en général, d'augmenter leurs marges. Voilà. C'est ce qu'ils ont cru. Ils ont cru que ça allait marcher pour toujours. Alors, les histoires... de trahison, quand on trahit sa civilisation, quand on trahit son pays, ça marche sur le court terme. Oui, ça marche. Ça peut marcher pendant six mois, ça peut marcher pendant cinq ans, pendant dix ans, pendant vingt ans. Oui, ça peut marcher. Mais après, il faut payer le prix. Aujourd'hui, c'est le prix qui est en train d'être payé. Aujourd'hui, il n'est plus possible de réindustrialiser les pays européens ou les États-Unis. C'est juste quelque chose qui n'est plus envisageable dans le futur. Voilà. Ça, c'est le premier point. Deuxièmement, Comme je vous ai dit, et c'est quelque chose qui a mon sens, et peut-être, je dis peut-être, bien entendu, j'ai pas une boule de cristal, qui est peut-être la chose la plus pertinente dans cette histoire, c'est qu'il va pousser de plus en plus de pays à soutenir le dollar américain. Tout simplement. Il a besoin qu'on soutienne le dollar américain. Ça veut dire quoi ? En faisant cela, on va obtenir quoi ? On va obtenir que des pays ont intérêt à avoir un dollar fort, ça veut dire qu'ils doivent acheter le dollar, leur monnaie va se dévaluer vis-à-vis du dollar. Donc, malgré les tarifs, les Américains vont percevoir les produits de ces pays qui n'ont pas cher. Voyez-vous ? Donc ils se disent, c'est quand même pas cher parce qu'on a un dollar fort. Dollar fort, c'est ce que veut Trump, pour contrer les efforts de dédollarisation de nombreux pays, en soutenant le dollar par cette méthode artificielle. Les pays qui verront leur monnaie baisser, Ces peuples-là, tout ce qu'ils achèteront à l'étranger, devront le payer plus cher, effectivement. Ils verront une inflation chez eux. Donc cette inflation sera une manière indirecte pour eux de subventionner la consommation des citoyens américains. Donc voilà. En d'autres termes, ce qu'ils veulent, c'est créer des tarifs, des barrières douanières, et les faire payer non pas aux peuples américains qui ont beaucoup dit « ça va créer de l'inflation pour les américains », non. Son but, je pense, on va voir si dans la pratique ça va se réaliser, mais son but, c'est que ces tarifs douaniers soient payés par les pays exportateurs, par les peuples des pays exportateurs. Bon, voilà, on verra ce que ça va donner. Autre chose, il y a des gens qui disent, oui, la bourse s'effondre et tout. On s'en fout complètement de la bourse. La bourse, il y a très longtemps, que c'est déconnecté de l'économie réelle. Il y a des fois, l'économie réelle va très mal, les gens perdent leur emploi, les gens subissent l'inflation, les gens subissent la crise, et la bourse va très bien. Et l'inverse, c'est vrai, on peut avoir des périodes un petit peu d'accalmie où ça va un petit peu mieux pour nous, n'est-ce pas ? Je ne me rappelle pas beaucoup de ces périodes-là, mais bon, ça a dû exister, n'est-ce pas, si on est objectif. Et en même temps, la bourse, elle gagne. La bourse, si tu veux, c'est le pouls du capitaliste. Quand les forces de l'argent sont en train de se faire beaucoup de bénéfices, il y a une euphorie, ben voilà, on a la bourse qui augmente. Après, quand ça tourne mal ou quand leur moral est en berne, forcément, ce que ça va faire, ça va faire que la bourse va dans l'autre direction. Mais en pratique, c'est complètement déconnecté de ta vie et de la mienne. Voilà. En tout cas, mes amis, merci d'avoir regardé cette vidéo. Je vous rappelle Mon livre « Les grands trahisons » qui est sorti ce mois-ci. Et puis, on se voit bientôt. Si vous voulez savoir où je suis, là, vous voyez du paysage défilé derrière moi. Je suis en Norvège, en train de quitter la ville de Stavanger, n'est-ce pas ? Et puis, si vous voulez voir plus, regardez sur mon canal « Aldo, c'est un voyage ». Sur ce canal-là, je partage un peu mon journal de voyage. Donc là, on est sur le navire Queen Mary 2. C'est la fin de la journée, il est en train de quitter le port gentiment. La ville est derrière nous et là, on va vers le large. On est dans un chenal qui était très étroit tout à l'heure. Les maisons étaient super proches. Maintenant, c'est doucement en train de s'élargir. Voilà mes amis, merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici et on se voit dans la prochaine. A bientôt.
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