
A French speaker visits American gun ranges and shops, renting a .45 and watching a 10-year-old handle it safely, then firing an M16. He grapples with his own comfort around weapons and contrasts American civilian gun culture with French reliance on state protection.
Bonjour tout le monde, j'aimerais vous raconter une petite anecdote qui m'a permis de découvrir un truc intéressant, psychologiquement parlant, sur moi-même, et peut-être que ça vous permettra aussi, au travers de cette anecdote, de découvrir des choses sur vous-même aussi. En fait, ce qui se passe, c'est que je suis aux États-Unis, dans un endroit où il y a énormément d'armes en circulation. C'est-à-dire que, ici, les honnêtes gens, depuis qu'ils ont mis les pieds dans ce pays, ont toujours eu le droit de porter des armes. Ce n'est pas quelque chose de nouveau, c'est quelque chose qui ne s'est jamais interrompu depuis le début de l'histoire de ce pays. Alors, le contrat, si vous voulez, le contrat social est différent qu'en France. En France, les habitants ne portent pas d'armes et en échange, l'État les protège avec les résultats que nous connaissons. Par exemple, un type avec un cutter peut déployer un TGV entier. Ici, ça serait un peu plus difficile. Alors, ce qui se passe, pour vous donner un exemple, j'étais dans une armurerie et puis j'avais loué un 45 pour tirer sur des civils. C'est une arme d'homme, c'est quelque chose d'assez puissant. Et quand j'ai fini avec l'arme, j'ai été la rendre donc au monsieur qui s'occupait de la boutique. Le problème, c'est que quand j'arrive vers le comptoir, ils étaient en train de parler à des clients qui étaient arrivés entre temps. Et avec qui il y avait sa gamine. Je crois que ce n'était même pas sa fille, il était son grand-père. Et en fait, la gamine devait avoir 10 ans, blonde, grosses lunettes, vraiment l'écolière de 10 ans. Et elle arrive vers moi pour me demander ce que je voulais. Alors, ce qui se passe, c'est que moi, j'ai failli la jouer à l'européenne, j'ai failli la jouer « je suis pour le mariage pour tous », j'ai failli lui dire « écoute, c'est un truc d'adulte, j'aimerais parler à ton père et puis voilà, c'est pas un truc d'enfant ». Et en fait, Quand elle est arrivée vers moi, elle m'a demandé ce que je voulais. J'ai dit, c'est juste pour rendre l'arme. Et j'avais l'arme en main. Et là, elle me prend le flingue des mains. Et en une seconde, elle l'ouvre, elle le referme comme ça, clac, elle vérifie. On le pointe envers le sol, on vérifie qu'il n'y a plus de balles dedans. Et elle enlève le chargeur qui était vide. Et puis, elle me dit, c'est bon, je vais le rendre. Et puis, elle part. Elle ouvre une sorte de vitrine qu'ils avaient. Et puis, elle range l'arme et tout ça. J'étais vraiment sur le cul, comme on dit. Ça signifie que je ne savais pas qu'un jour dans ma vie, j'allais donner un 45 à une gamine de 10 ans. Mais bon, je l'ai fait. Voilà, ça crée une sorte de conflit de valeurs. Mais j'arrive, c'est pas ça que je vais vous raconter, c'est autre chose. Plus tard, quelques jours plus tard, dans la même armurerie, là, il y a un truc marrant qui se passe. Alors, je vous raconte le truc. C'était vraiment... J'étais... J'étais dans un stand de tir, dans un des stands, ils sont séparés par des glaces épaisses. J'étais dans ce stand et j'avais un M16. C'est le fusil, si vous voulez, qui est utilisé par l'armée américaine. C'est un fusil d'assaut assez puissant, gros comme ça. Et en fait, j'étais en train de tirer sur des cibles en carton, et dans le stand à côté, il est arrivé une femme. Bon, la femme était présentée une surcharge pondérale énorme. Elle était atteinte d'obésité morbide, comme le sont souvent les gens ici. Et elle avait avec elle un mari extrêmement maigre, ça faisait un petit peu Laurel et Hardy. Et il lui avait donné un flingue, un flingue avec beaucoup de recul. je crois que c'était un calibre 40, énormément de recul. Et ce qu'il se passe, c'est qu'elle avait placé une cible énorme à 3 ou 4 mètres. Et elle tirait, et puis trois quarts des balles n'atteignaient même pas la cible. Et un truc absolument extraordinaire arrivait, et je vous le raconte, c'est qu'à chaque fois qu'elle tirait, Elle portait un t-shirt et elle sortait du t-shirt de tous les côtés. Et ce qui se passe, c'est qu'à chaque fois qu'elle tirait avec le recul du flingue, avec le choc de l'âme sur sa main, là-bas, il y avait toute sa chair qui vibrait, bizarrement. Ça partait pratiquement des bras et ça descendait jusqu'aux chevilles. Et ça faisait un petit peu bizarre. Je le confesse, le spectacle m'avait un peu amusé. J'ai trouvé qu'il avait une dimension humoristique. C'est tout. Donc, qu'est-ce que je fais ? J'ai arrêté un peu mon truc et je l'ai regardé. Je l'ai regardé un petit peu du coin de l'œil. J'étais fasciné. Boom ! Chaque fois que ça tirait, je voyais ce truc qui vibrait comme ça. J'étais fasciné. Ce qui se passe, c'est qu'au bout de peut-être, je ne sais pas, d'une ou deux minutes de ce manège-là, elle a comme l'intuition que quelqu'un la regarde, elle fait un geste comme ça et nos regards se croisent. Et là, je rends compte qu'elle a un regard de quelqu'un de détraqué, elle a un regard un peu, je ne sais pas, un peu torve et elle se rend compte, parce que je n'ai pas le temps, ça se passe tellement vite que je n'ai pas le temps de changer d'attitude, elle se rend compte que je me floutais intérieurement de sa gueule, ça c'est clair. À ce moment-là, moi, je sens une inquiétude intérieure. Je me dis, putain, parce que je portais ces mêmes lunettes-là que j'utilise pour le tir des fois. Et je me disais, elle n'a qu'à dire qu'elle a cru avoir vu Kadhafi. Et puis, bon, voilà, quoi. Elle peut me flinguer et puis elle s'en sortira avec six mois de sursis, quoi. Ça ne vaut pas plus. Surtout si elle a un passé psychiatrique. Et j'étais inquiet parce qu'il n'y a rien de pire que de te retrouver dans une armurerie avec des gens armés et puis voir que quelqu'un n'est pas vraiment stable psychologiquement en parlant. Ça m'avait inquiété. Ce qui se passe c'est que je continue donc à tirer sur ma cible tout en la surveillant un peu du coin de l'œil. Cette fois-ci je ne m'amuse plus soudainement. Et il y a un petit bonhomme qui arrive dans ma tête, vous savez ce petit bonhomme qui des fois intervient, quand il voit que la situation est un peu particulière, il intervient pour juste venir mettre son grain de sel, dire quelque chose. Et vous savez ce qu'il me dit ce petit bonhomme dans ma tête ? Vous savez ce qu'il me dit ? Il me dit, tu as un M16 et plusieurs chargeurs et tu as peur de la grosse. Vous voyez ce que je veux dire ? Tout à coup, ça m'a frappé comme une évidence. Ça m'a frappé comme une évidence. Vous voyez ce que je veux dire ? Quand on n'est pas un homme de violence, on n'a pas le cerveau câblé pour la violence. Ça signifie que la violence n'est pas nécessairement la première réponse qu'on va apporter à une situation. Alors que j'avais une arme dans ma main, j'avais une arme de guerre dans ma main, j'ai nourri une inquiétude par rapport à cette personne. Et quand j'ai raconté l'histoire, je suis sûr que cependant que j'ai raconté, il y a eu des gens qui ont eu rétrospectivement peur pour moi ou qui se sont mis à ma place en se disant « Waouh, j'aurais eu peur dans une situation pareille, sans penser et sans réfléchir que j'avais un M16 ». Alors que je vous ai dit au début de la vidéo que j'en avais un. Alors je vous ai fait exactement le même cheminement psychologique que j'ai eu pour vous montrer que Il y a plein de gens qui n'y pensent pas. Quand t'es pas un homme de violence, tu peux te faire flinguer avec une arme dans la main sans même avoir pensé à l'utiliser. C'était juste pour vous rapprocher cette idée que j'ai trouvée intéressante, juste une anecdote. Enfin, c'est très intéressant. En tout cas, j'ai discuté énormément avec les avec des gens, avec des clients, avec des... Des fois, des clients viennent en famille. J'ai vu des clients venir en famille avec des enfants pour leur apprendre à tirer. C'est très sain. Il n'y a pas de mauvaise... Je viens de vous donner un exemple. Il n'y a pas de mauvaise intention derrière. Et des fois, je vois des anciens de la guerre. Par exemple, j'ai vu un type, je ne sais pas, il a dû perdre ses jambes en Afghanistan ou en Irak. Il y a ses collègues qui l'ont ramené dans une chaise roulante. Et puis, il s'est installé, il a sorti une mitraillette impressionnante, c'est un truc avec les pieds, il a posé ce truc, il a commencé à arroser, je veux dire, normalement, dans un truc, tu tires juste sur ta ligne, les mecs sont tous arrêtés de tirer, parce qu'il n'y a plus une cible, le mec, il tirait comme un malade. C'est vrai qu'il y a, je pense, une dimension de nostalgie, ça doit lui rappeler des souvenirs, quand à l'époque, il était, je ne sais pas, en tenue Léopard, dans un hélicoptère, en train d'arroser, les indigènes, je ne sais pas, j'imagine, mais là tu vois des fois qu'il y a des trucs bizarres qui se passent dans leur tête. En tout cas, le truc c'est que... Le contrat social est différent. Comme je vous ai dit, le contrat social n'est pas le même qu'en France. C'est juste un contrat social différent. En France, le gouvernement te protège avec l'efficacité qu'on sait, alors qu'ici, t'es quand même la première ligne de défense. Tu n'es pas censé supplier ton agresseur ou fuir devant ton agresseur. Tu es censé rester sur ta position, rester là où tu es. Si tu es légalement, tu occupes un endroit légalement, que ce soit chez toi ou la rue ou autre. Et si quelqu'un t'attaque, l'assaillant, celui qui t'attaque avec une arme, un couteau ou même à main nue, l'assaillant renonce à son droit de vie. C'est tout. Ce n'est pas la victime qui doit renoncer au droit de vivre, c'est l'assaillant qui renonce au droit de vivre. Bien sûr, beaucoup vont trouver ça injuste, il y a même pas l'entrée des yeux pour ça et tout, mais en fait, Le choix vient de l'assaillant en fait, c'est lui. Tu sais, si tu attaques personne, il n'y a personne qui t'attaque ici. Les gens sont extrêmement… même plus courtois qu'en Europe parce que le fait que plein de gens circulent avec des armes, c'est vrai que ça crée soudainement une sorte de climat où tout le monde respecte tout le monde. Parce que même si tu n'es pas armé, je n'ai pas d'armes sur moi ici dans cette voiture, n'importe qui peut supposer, à raison le plus souvent, que la personne peut être armée. Donc voilà, ce qui fait que ça crée une sorte d'élan, quelque chose de très sincère l'un vers l'autre. J'aime beaucoup ça. C'est différent qu'en Europe. Eh oui, c'est comme ça. Allez, je vous laisse tranquille. Bye.
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