
A French-language vlog where the speaker—speaking from personal experience of having been undocumented—warns undocumented immigrants (sans‑papiers) about exploitation and predation often perpetrated by people from their own communities. Through anecdotes (theft, blackmail, unpaid labor, being used to smuggle goods) the speaker stresses extreme caution, recommends limiting sensitive disclosures via a "need to know" approach, and urges victims of serious crimes (rape, enslavement, extortion) to seek justice despite lacking papers. The tone is informal, candid, and cautionary, mixing self-deprecation with practical warnings.
Bonjour mes amis, nous sommes le 3 décembre mais je suis en manche courte, ça doit être l'effet du réchauffement climatique ou bien comme on dit, c'est toujours l'été ou Club Dorothée. Si t'as moins de 20 ans, tu peux pas connaître cette référence, ça c'est clair. En fait, aujourd'hui je viens faire une vidéo, je vais essayer d'être un petit peu gauchiste, vous savez j'ai déjà ouvert avec le réchauffement climatique. Je tiens à dire à ceux qui regardent que j'y crois. J'y crois, de toute façon c'est une question de croyance, n'est-ce pas ? C'est comme la religion, donc il faut y croire ou pas y croire. Bon, du moment que ça ne me coûte rien, moi j'y crois. Pourquoi ? Parce que c'est très important pour moi d'essayer de restaurer une certaine honorabilité sur Internet. Donc il va falloir que je dise du bien du réchauffement climatique, que je dise du bien même peut-être du président français. Ça dure celle-là, mais j'y travaille. Donc comme ça les censeurs et autres mettre à penser vont peut-être se montrer magnanimes envers moi et me laisser exercer mes opinions en ligne. Alors, aujourd'hui, comme je vous ai dit, puisque j'ai décidé de faire une vidéo un peu gauchisante, j'aimerais vous parler des sans-papilles. Alors, ce qui se passe, c'est que J'ai vécu mes arrivées de vivre sans papier. Enfin, je veux dire, ça arrive à tout le monde. C'est mes arrivées de vivre sans papier pendant quelques temps. Et puis... Mais bon, je n'allais pas dormir dans les églises ou je ne faisais pas la grève de la faim sur des parvis de mairie et tout ça. Non, c'était dans la dignité. Moi, j'étais un sans-papier cinq étoiles. D'ailleurs, en fait, quand tu es un sans-papier comme ça, tu croises énormément de gens. Tu serais surpris, en fait. Je vais te dire un truc. Je ne vais peut-être pas dire ça tout haut comme ça, mais tu sais, des fois, tu peux croiser des gens. Le gars est un cadre, cravate, tout ça. Il peut se retrouver dans un environnement où tu t'attends pas. Et le gars est un sans-papier, par exemple. Le gars est complètement sans-papier. nous a servi cette image du sans-papier que vous savez, qu'on a des fois une idée très réductrice. En tout cas, ce que j'aimerais te dire, quand t'es sans-papier, il faut savoir que cette qualité de sans-papier est quelque chose d'assez... C'est une faiblesse. C'est une faiblesse, c'est clair. Cette vidéo intéresse tout le monde, même si vous êtes avec papiers maintenant. Vous savez, je vais vous dire un truc, le monde est tel aujourd'hui, vous ne savez pas à quelle sauce vous seriez ou nous serions tous mangés demain. Les gens, il y a plein de gens qui étaient il y a cinq ans, il y a deux ans, il y a six mois, qui étaient dans un pays tranquille, qui étaient des commerçants, des pères de famille, des braves gens qui font leur travail. peuvent se retrouver soudainement jetés sur les voies de l'exil. Il suffit que la situation se mélange, et puis on se retrouve... Nous, par exemple, comme nous sommes, on peut se retrouver un jour au Chili, à braver les interdictions, à vivre cachés et tout ça. C'est quelque chose qui peut arriver à tout le monde. C'est pour ça que j'en parle. Alors, je disais que, quand t'es sans papier, Tu fais face à d'autres types de personnes. Alors, il y a les gens comme moi. Moi, par exemple, je suis le salaud, tu comprends, c'est clair. Moi, je suis le salaud parce que je suis le genre qui dit, tu n'as pas vocation à rester ici, rentre chez toi, des trucs comme ça. Tu vois, j'ai presque envie de me donner une raclée ici devant vous, comme ça, pour montrer que je suis en train de faire acte de pénitence, que je suis en train de... de tenir un discours qui n'est pas dans le dérapage. Parce que tu comprends, il y a le chemin et il y a le dérapage. Quand on sort du chemin, on dérape. Moi, je n'ai pas envie de déraper, j'ai envie de marcher dans le chemin, aligner les pas les uns après les autres. Je vais quand même vous dire une saloperie, je vais vous dire une saloperie maintenant, je vais vous le dire. Franchement, malgré tout, je ne sais pas si elle est dans le chemin ou dans le dérapage, Je vais te dire un truc. Des gens comme moi qui disent clairement peut-être la vérité face à face, qui disent écoute mec, rentre chez toi et tout ça, t'as rien à faire ici et tout, je suis peut-être le salaud. Mais, je vais te dire de qui t'as à craindre. Je vais dire exactement ce qui se passe quand t'es sans papier. Quand t'es sans papier, il faut faire gaffe aux gens de la même origine que toi, qui sont avec papier et puis que tu fréquentes. Voilà. Ça, c'est le gros problème. Très souvent, quand une personne vit ou survit sans papillon en Europe, ce qu'elle va faire, elle va se mettre de manière naturelle, instinctive pour beaucoup, à fréquenter des gens de la même origine qu'elle. D'accord ? Parce qu'on peut avoir un Marocain qui va tout à coup se mélanger à la communauté marocaine. On peut avoir un Algérien qui va se mélanger à la communauté algérienne à l'étranger, espérant y trouver support, chaleur, conseil, etc. Mais je vais te dire un truc, il y a là-dedans, de vrais prédateurs. C'est pas comme moi, moi je suis saucisson à l'ail des fois dans ma façon de parler. Je peux des fois dire des choses odieuses, je sais, je sais, mais je parle pas de ça. Je parle de pire que ça. Je parle de gens qui peuvent t'exploiter. Pourquoi ? Parce qu'ils savent que tu es en situation de faiblesse. Ils savent que t'as peur d'aller porter plainte. Ils savent que t'as peur d'aller à la police. Ils savent ça. Et ils en profitent pour t'exploiter. D'accord ? Moi, par exemple, j'étais sans papiers. J'ai travaillé pour un Algérien, n'est-ce pas ? Alors j'ai travaillé pour qui ? J'ai travaillé pour un Algérien qui connaît, qui comprend la situation, qui va peut-être fermer les yeux sur mon statut. Mais quelqu'un, bien sûr, qui traiterait quelqu'un comme moi aujourd'hui de grand salopard, de dire que si t'es sans papier, rentre chez toi. C'est pareil. Non, faut pas dire ça. Par contre, il m'a jamais payé. il te fait travailler, il ne te paiera pas, c'est très simple, ça arrive ils peuvent te voler, j'ai vu ça j'ai vu une dame, elle a été tout simplement volée, ils lui ont pris ses affaires, d'accord ? et puis c'est tout c'était dans un contexte, je t'explique c'est dans le contexte d'une personne qui était sans papiers et puis algérienne et elle avait contacté elle s'était rapprochée d'un magasin de la région de Barbès pour qu'il lui vende un certain nombre de produits qu'elle avait. C'était pas des produits tombés du camion, c'est des produits qu'elle avait acheté elle-même. Et en fait, ce qu'il se passe, c'est que la personne a dit, bien sûr, je te les revends, je les mets sur le marché, y'a pas de problème. Et vous savez ce qu'il s'est passé ? Il lui a dit, quelques jours plus tard, il lui a dit, écoute, je suis désolé, y'a la police qui ont débarqué et puis... ils ont demandé de voir les factures de tous mes produits, puis comme les tiens n'avaient pas de factures, ils me les ont saisis. Et puis voilà, ils sont partis. Bien sûr, c'est des flics qui ont débarqué dans Barbès, je veux dire, quand tu débarques dans Barbès et que tu commences à demander les factures, ce n'est pas l'équivalent de 15 kilos d'habits que tu vas saisir, il y a plein d'autres choses. Et puis en plus, même une saisie, ça laisse des traces, ça laisse des papiers et tout ça. Et ce qui se passe, c'est qu'il n'y avait aucun papier, il n'y avait rien. Et la personne, a eu le courage d'aller avec une connaissance à elle, une Française qui l'a accompagné chez la police. On joue en carte sur table en disant, voilà, je suis sans papier, voilà ce qui s'est passé. Puis la police nous dit qu'ils n'ont jamais rien saisi, ils n'ont pas saisi ses affaires. Donc la personne les a tout simplement volés en exploitant cette femme en situation de détresse. J'ai vu des personnes qui ont été mises au chantage. tu leur dis que t'es sans papier, ils te mettent au chantage, ils veulent de l'argent, ils veulent des services. Alors, ils ne vont pas te dire de manière directe, écoute, tu me donnes de l'argent, je te dénonce. Non, non, ils vont te dire prête-moi 100 euros, prête-moi 200 euros, etc. Puis après, tu vas rentrer progressivement dans le système et tu vas te retrouver à les payer pour le silence. Et le jour, moi, je connais des gens physiquement, je connais des gens vraiment, je ne vous parle pas d'histoires qu'on m'a racontées, je vous parle Je parle des 20 dernières années de mon immigration, en quelque sorte, des gens que j'ai croisés et qui m'ont raconté leurs propres déboires. Je veux dire, ils te feront payer, payer, payer, payer. Et qu'est-ce qui se passe ? le jour où tu refuses de payer ou le jour où tu te rebiffes en quelque sorte, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont te dénoncier. Ils vont appeler la police et puis leur dire, oui, on connaît un tel, c'est un étranger qui travaille sans-papier à un tel endroit, puis tu seras ramassé. Voilà ce que je veux dire. Donc, il faut être extrêmement méfiant. Je connais des gens, des sans-papiers, ils voulaient rentrer chez eux. Ça, c'était à Paris aussi. C'est un sans-papier même qui m'a raconté. des gens qui vivaient des Algériens, qui étaient arrivés en France, ils vivotaient depuis des mois sans papiers. Et ce qui se passe, c'est qu'ils rencontrent un Algérien très sympa, qui leur dit un nombre d'affaires, qui leur dit écoutez, vous êtes restés là trop longtemps, j'imagine que vous avez envie de rentrer chez vous, etc. Et puis les gens, ces deux jeunes, finalement, avaient envie de rentrer chez eux. Mais comme ils n'avaient plus de billets d'avion, ils n'avaient plus rien, ils avaient peur de s'approcher des autorités et tout, ils leur ont dit ne vous inquiétez pas, moi je vous aide. Donc ils les invitaient à manger, Il leur a acheté un billet d'avion chacun. Et puis ce qui se passe, il leur a dit, oui, mais vous n'allez pas rentrer les mêmes vides. Il va falloir acheter quand même des cadeaux pour vos familles. Vous n'allez pas, après des mois, rentrer comme ça. Ça se fait. Donc ils les emmènent faire un petit peu de shopping. Ils dépensent, je ne sais pas, on va dire une centaine d'euros pour chacun. Puis après, ils prennent les valises, ils rentrent en Algérie. Quand ils rentrent en Algérie, il y a un type qui vient les chercher à l'aéroport, à la sortie. Ils fouillent dans leurs valises, ils prennent un paquet dans chacune et ils partent. Voilà, ils ont été utilisés à leur insu pour faire passer des choses. On ne sait pas ce que c'est, d'accord ? Mais ce que je cherche à te dire, il faut faire très gaffe. Quand tu partages un secret, et ça c'est en général pour tous les secrets qui peuvent représenter une faiblesse par rapport à toi, il faut les partager non pas en termes de personnes auxquelles tu fais confiance, tu ne dis pas « je fais confiance à cette personne dont je lui raconte » parce que tu sais bien que chaque arnaque ou chaque abus de confiance a comme condition sine qua non que tu fasses confiance à la personne. Et puis, si tu commences comme disait l'autre, si tu commences à faire confiance à la confiance, tu deviens confiant. Donc, tu commences à raconter des choses aux gens que tu trouves sympas ou aux gens qui te paraissent être dignes de confiance. Et finalement, ton information va liquer en fait. Elle va sortir. Les gens vont les dire les uns aux autres sous le seau du secret, les gens vont le dire par indiscrétion, les gens vont le dire par inadvertance, tu ne sais jamais. Puis finalement l'information va te dépasser jusqu'au moment où elle arrive chez le prédateur qui va venir te bouffer ou te faire pression avec cette information là. Bon, il faut utiliser, je vais te dire, à la place de faire confiance, je vais te donner une autre doctrine que les Etats-Unis utilisent beaucoup, les agences américaines, le gouvernement américain utilise énormément pour cacher des fois des plans gros comme le don des Invalides qu'ils arrivent à cacher pendant des années. C'est ce qu'on appelle « need to know ». Ça signifie besoin de savoir. Ça signifie que l'information, on ne la dit pas à toute personne à laquelle on fait confiance. On la dit à toute personne d'abord à laquelle on fait confiance, mais deuxièmement, qui a besoin de savoir. Est-ce que le fait que cette personne sache cette information va avancer le chemin public d'une certaine manière ? Est-ce que cette personne a besoin de cette information soit pour t'aider, soit pour interagir avec toi, soit pour faire son métier ? C'est tout. Les autres n'ont pas besoin de savoir, même si tu as des copains, de la famille, des gens qui sont là depuis des années avec toi. Si cette information, il n'y a pas une raison valable, claire, nette, que tu peux objectivement décrire, de leur dire, tu ne leur dis pas. C'est très simple. Tu gardes ça sous silence. Parce que sinon, ils vont te bouffer, pensant d'ailleurs dans beaucoup de cas à tort que tu ne peux pas faire appel à la police, que tu ne peux pas faire appel à la justice. Mais il faut savoir que par exemple, si tu es une fille et tu te fais violer ou bien si on commet sur toi des abus, genre on te met en esclavage ou en menace de te mettre en prostitution ou des trucs comme ça, sache que même si tu n'as pas de papier, la justice va t'écouter, la justice va donner à ta plainte ou va donner à tes problèmes toute leur dignité et toute leur crédibilité. Donc je disais qu'il est très important de ne pas penser que chaque flic, que chaque juge, que chaque avocat est un auxiliaire de la police des étrangers et c'est quelqu'un qui va vouloir absolument regarder à quel titre t'es dans le pays et tout ça. Aujourd'hui, tu es sans papiers et que des gens te soumettent au chantage, que des gens te soumettent à l'esclavage, que des gens te prennent ton argent, que des gens te violent ou autre, il ne faut pas hésiter, d'accord ? Il ne faut pas hésiter à contacter les autorités. En général, ça se passe très bien. En général, tu peux obtenir une défense malgré cela. Et si tu es ou si ça t'arrive dans le futur d'être sans papier s'il te plaît ne raconte pas ça dans ta communauté parce que il y a plein de prédateurs qui viendront utiliser cette information contre toi et qui te tiendront par une laisse voilà donc je vous laisse mes amis et puis bon comme je vous ai dit j'ai plus de compte facebook pour le moment j'ai une page facebook vous la trouvez dans le descriptif de cette vidéo j'ai aussi mis un numéro de téléphone en ligne il y a des gens qui m'appellent bonjour c'est juste pour un like ou un truc comme ça donc c'est sympa et voilà j'ai aussi une page vk.com qui est aussi dans le descriptif et puis voilà je continue à faire des vidéos à bientôt les amis et puis on se voit la prochaine fois.
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