L’Explosion de Challenger : ce n’était pas un accident !

Aldo Sterone delivers a French-language monologue analysing the 28 January 1986 Challenger (STS-51-L) disaster. He argues the tragedy was preventable and driven by political pressure (Reagan's State of the Union timing and a 'teacher-in-space' publicity goal), managerial failures and normalization of deviance within NASA rather than unforeseeable technical faults. The speaker describes the shuttle stack (external tank, solid rocket boosters, crew cabin), focuses on SRB O-ring failures exacerbated by unusually low temperatures (around -6°C), recounts telemetry showing booster pressure loss, the external tank breach and breakup, and critiques NASA's governance and risk assessment (cited historic estimates and fleet statistics). Tone is critical, moralizing and cautionary.
Questions this video answers
28 January 1986.
STS-51-L.
Seven (speaker recalls three up, four down; total seven).
About -6°C.
Approximately 6 mm thick; 11.5 m circumference (as described by speaker).
Mes amis, bien le bonjour. Sale histoire, il y aura des veuves et des orphelins. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de la NASA. Nous sommes le 28 janvier 1986. 1986. La mission STS-51-L qui est rentrée dans les mémoires sous la sinistre appellation Challenger. Alors, la mission Challenger devait partir dans l'espace, réaliser un certain nombre d'expériences, mais aussi, elle avait une valeur propagandiste. Malheureusement, je sais que le mot est fort, je sais que le mot est galvaudé, il est même clivant, mais la réalité, c'est que l'establishment américain, en la personne représentée, en la personne de Ronald Reagan, acteur de son État avant d'accéder aux responsabilités suprêmes, Eh bien, je disais que voulait s'en servir, se servir de la mission Challenger pour un petit peu faire mousser son auditoire. Pourquoi ? 28 janvier 1986, il y a quoi dans le calendrier politique ? Il y a un discours hyper important de la part de Reagan sur l'état de la nation. Nation qui est déjà extrêmement fatiguée de ce président. Il est là depuis six ans. Il est là depuis six ans et c'est connu. Il y a une règle dans la politique américaine. Au bout de six ans, ils sont épuisés du locataire de la Maison Blanche et arrivent les élections qu'on appelle les mid-terme. Le mandat fait quatre ans. Au bout de deux ans, on a quoi ? On a les élections de mi-mandat. élection qu'il allait perdre, d'ailleurs, pour vous donner un spoiler, qu'il allait perdre aux démocrates, donc pour vous dire que l'Amérique était un petit peu fatiguée de cet homme et il le savait. Donc, il lui fallait un petit coup pour redorer son blason, il lui fallait un petit coup pour donner de l'espoir à la nation avec des images fortes, quelque chose en particulier. Il faut savoir une chose, qu'il avait réduit les budgets de l'éducation nationale. dire que voilà, lui il a retiré l'argent aux écoles, il les a mis en grande difficulté et bien sûr les démocrates, le camp adverse l'attaquait sur ce point. Donc il lui fallait trouver un moyen symbolique, fort, pour leur montrer qu'il est de leur côté. Et ils ont fait quoi ? Il a décidé qu'il fallait avant ce discours, au plus tard le jour de celui-ci, donc au plus tard le 28 janvier, il fallait qu'il envoie une prof en orbite. Donc, ils ont lancé un concours national, ils ont reçu, je crois, une tripotée de propositions ou de demandes, on parle de 11 000, 11 500, à travers tout le pays. Et puis, ce qu'ils ont fait, c'est qu'il y a une prof qui a été sélectionnée. Et pourquoi elle a été sélectionnée parmi tant d'autres ? parce qu'elle était à l'aise devant la caméra, elle était très télévisuelle, parce que c'est ce dont on avait besoin, parce qu'il fallait qu'elle fasse deux choses. Premièrement, qu'elle monte en orbite, qu'elle fasse donc des tours au sein de la navette, et puis par la suite, qu'elle donne en direct, depuis l'espace de leçon, aux petites têtes ou têtes blondes, si vous voulez, aux brunes ou autres américaines, qui écoutent religieusement dans leur classe, et qu'elle revienne par la suite, et qu'elle fasse la tournée des plateaux pour expliquer, bon voilà, parler de son aventure, et tout, et tout, et tout. Je tiens à vous dire que la spéciophilie a beaucoup reculé depuis ces temps-là. Parce qu'aujourd'hui, tu envoies quelqu'un dans l'espace, tu ne vas pas faire les news, à moins que, à moins qu'il soit coincé dans l'espace ou tu le tue ou autre. Là, oui, là, les gens s'intéressent. Mais le commun des mortels, quelqu'un qui part faire le tour dans l'espace, qui donne une leçon, non, ça n'intéresse personne. Maintenant, s'il twerke dans l'espace ou autre, là, oui. Mais à l'époque, c'était encore un spectacle extrêmement couru. Donc, nous sommes en janvier. ils veulent lancer la mission STS-51. Dans la navette, ils mettent 7 personnes. Il faut savoir que dans la navette, les gens en réalité ne sont pas... Oui, ils sont dans la navette si vous préférez, mais ils sont dans une capsule qui est à l'intérieur de la navette. C'est-à-dire, je vous montre un petit dessin, c'est que... Et ça, c'est important, ça aura son détail par la suite. Donc vous regardez, là, on a la navette. C'est comme l'avant d'un avion, grosso modo. Et à l'intérieur, là, il y a une double paroi, n'est ce pas, à façon navire. Et à l'intérieur, on a dans la partie supérieure, on a des sièges et tout. On a des cockpits et le siège des pilotes et des visiteurs et tout. Et là, on a une échelle. Et puis on a des gens en dessous. Les gens qui sont en dessous, et ça sur le plan claustrophobique, mes amis, je vous dis, ça vous sent pesant d'or, n'ont pas de fenêtre. Ils ne voient pas ce qui se passe. Donc ils sont extrêmement secourus, ils entendent des bruits, ils vivent des accélérations, mais ils sont comme un qui serait emballé dans une boîte de conserve. Ils ne voient pas du tout ce qui se passe dehors, contrairement à ceux-ci. Mais ce jour-là, le 28 janvier 1986, on se demande s'il ne valait pas ne pas voir ce qu'il y avait à l'extérieur. Donc, ils sont sept en tout. Mes souvenirs, n'est-ce pas ? Mes souvenirs vacillants disent qu'ils étaient trois en haut, quatre en bas. C'est mon dernier mot. Maintenant, quelqu'un peut venir dire non, non, Aldo, ils étaient quatre en haut, trois en bas. Je mets ça sur le dos de l'âge. Donc, je disais. Ils sont là-dedans. Que se passe-t-il en janvier 1986 ? Il se passe deux choses. La mission est annulée six fois de suite. Parce qu'ils ont des problèmes. 6 fois de suite, à chaque fois il y a un souci, et on annule, et on annule, et on annule. D'ailleurs le jour du lancement ils ont déjà annulé encore. Donc, le problème, c'est quand tu veux lancer une mission dans un cadre sain, je dis cadre sain, je veux dire un cadre où il n'y a pas de notion de propagande. Tu relaxes, tu la lances, ça marche pas, ça marche pas quoi, on la lancera un autre jour. Mais comme la mission, et ça, c'est malheureusement, mes amis, ça, c'est le danger. Ça, c'est c'est là où le diable se niche. C'est quand on cale une mission technique avec énormément de contraintes de sécurité et énormément d'impondérable, des choses qu'on ne peut pas contrôler. Eh bien, on cale ça avec un calendrier politique qui, lui, est écrit sur de la pierre. Et donc, la NASA était sous pression. Ils se sont même sentis ridiculisés par les six annulations successives, parce qu'ils voulaient lancer pour montrer quelque chose, pour passer un message politique. Soudainement, les médias ont commencé à rire un petit peu de la chose. À un moment donné, la NASA avait remplacé le Monopoly. Donc, ça commençait à faire rire dans les chaumières. d'où une pression de plus en plus élevée pour envoyer cette foutue fusée dans l'espace, at any cost, comme on dit en anglais, à tout prix. Et là, on arrive à ce que le BEA décrit, le bureau d'enquête accident français, décrit souvent dans ses rapports comme la fascination de l'objectif. Je veux partir à tout prix. Et parce que le cimetière semble extrêmement rempli de gens qui veulent partir à tout prix, ils partent et ils ne vont pas très loin. Alors, je disais, On est en janvier. Que se passe-t-il en janvier ? En janvier, les températures vont baisser et les températures en Floride, ces jours-là, sont même plus basses que de saison. Et il y a un problème. Je vais vous raconter. J'ai une bouteille d'eau ici, sur laquelle j'attache un avion. Ça, c'est une bouteille d'eau, il y a un avion, donc ça c'est la navette, vous pouvez comprendre, c'est la navette, ça c'est un réservoir. Parce que la navette, elle a des moteurs, mais ces moteurs consentent tellement qu'il faut un réservoir extérieur. Donc ce grand réservoir, plus grand que la navette, c'est qu'un réservoir qui est coupé en deux, moitié oxygène, moitié hydrogène. Il est coupé horizontalement en deux. Je ne me rappelle plus la partie la plus grande. J'imagine que la partie hydrogène la plus grande, ne me citez pas. Mais comme l'hydrogène, voilà, on sait, il faut beaucoup de volume à toutes choses égales, même sous forme liquide. J'imagine que la partie hydrogène serait plutôt ça. La partie oxygène est plus petite, mais ne me citez pas. Donc, je disais, il y a ça. Et bien entendu, ces moteurs, malgré toute la consommation, ne seraient pas capables de soulever la fusée. Donc qu'est-ce qu'on fait ? On a rajouté des boosters qui apportent l'essentiel de la portée. Les boosters ressemblent à ceci. Donc on a un booster là, et on a un deuxième booster ici. Donc l'idée, c'est ceci. Ça ressemble grosso modo à ça. Donc ça décolle, ça quitte le pas de lancement à Cap Canaveral, ça monte comme ceci, ça va sur le dos et ça continue à monter sur la poussée, principalement des boosters qui sont plus importants que les moteurs de la fusée. Maintenant, je prends un booster. Ça, c'est un booster. Ils sont faits comment ? Ils sont faits par des sections cylindriques. Sections cylindriques. Plusieurs sections sont enchâssées et sont vissées solidement les unes aux autres. Il y a un carburant solide à l'intérieur. Une fois qu'on allume, on ne peut plus l'arrêter, ça part et ça doit aller jusqu'au bout. Maintenant, que se passe-t-il ? Je vous montre quelque chose. Entre chacune de ces sections, on a mis un joint. Semble-t-il qu'il y en avait même deux. Mettons qu'il y avait un joint comme celui-ci. Je vais vous montrer un joint. J'espère qu'il aura la bonne taille. solide ces sachets alors je disais on a un joint en caoutchouc alors le joint pour vous donner une idée de la taille il fait 6 mm d'épaisseur donc 6 mm d'épaisseur bon grosso modo le bout de ce stylo mais il fait 11,5 mètres de circonférence donc sur toute sa longueur c'est 11,5 mètres donc c'est un méga joint grosso modo il est un peu trop grand mais on se comprend grosso modo mon joint n'est ce pas mon joint il est grosso modo comme ceci ok vous voyez le joint est là Il sert à quoi le joint ? Le joint sert justement à l'étanchéité entre les sections des boosters. Sauf que le joint ne supportait pas les températures qui régnaient ce jour-là. La température était descendue à moins 6 degrés et le joint ne supportait pas. Il devenait comment ? Il perdait son élasticité, il devenait dur. Vous pouvez imaginer, j'exagère un peu, mais vous pouvez imaginer qu'il était comme du verre. Il devenait presque cassant. Il ne pouvait pas faire son travail. Bien entendu, le contracteur qui a construit le booster n'était pas sans savoir qu'on avait dépassé la température limite. Donc, un des techniciens a été voir, il a pris son manager avec lui, a été voir les responsables de la NASA. Il leur a dit, écoutez les gars, je suis porteur d'une très mauvaise nouvelle. Les joints, on en a mis plein entre chacune des sections des boosters. Ces joints ne pourront pas assurer l'étanchéité entre les sections. Et là, vous imaginez la gueulante. Ça a gueulé. Il y a même le chef du projet de la NASA qui leur a dit « Mais vous voulez quoi ? Vous voulez que j'envoie cette foutue fusée dans l'espace au printemps ? Tu veux que j'attende le mois d'avril pour la lancer, moi, cette fusée ? » Donc le ton était monté. On a demandé à ce technicien de prouver ses dires, de prouver qu'il y a un danger. Or, et ça c'est le message principal de la vidéo, mes amis, chaque fois qu'on parle de conformité à des mesures de sécurité, Celui qui demande ou qui exige le respect de ces mesures n'a pas à prouver qu'il y a un danger. Vous voyez ce que je veux dire ? Je n'ai pas à prouver. Si je dis que, par exemple, ce joint est limité en fonctionnement entre, par exemple, mettons 0°C et 40°C. Mettons que la température maintenant est de moins 6°C. il me suffit de pointer du doigt que la température est en dehors de la marge. Je n'ai pas à démontrer qu'il y a un problème. Je n'ai pas à démontrer qu'il y a un risque. Or, malheureusement, et ce que je vous dis, j'insiste dessus, parce qu'il y a eu beaucoup de veuves et d'orphelins, il y a eu des morts, mes amis, avec cette histoire. Des morts et des désastres, parfois. Pas nécessairement des morts, mais des milliards perdus, parce qu'on a un départ, on a une sortie de conformité par rapport à certaines règles. et que quelqu'un ose l'ouvrir et dire, mais les gars, là, c'est un problème, là, ça ne colle pas, on est en dehors. Il y a toujours quelqu'un qui l'arrête. Oui, mais prouve-moi qu'il y a un problème. Il est où le problème ? Du moment qu'on a une entreprise et on a quelqu'un qui dit on est hors conformité, quelqu'un lui répond, il est où le problème ? On va vers le désastre, je vous le dis tout de suite. Et là, on va vers le désastre et d'ailleurs, Charlinger, mes amis, la question qu'on se pose, je n'ai pas regardé, j'aurais dû regarder une encyclopédie de langues avant de venir. Mais est-ce vraiment un accident ? Parce qu'il y a un accident, j'ai l'impression qu'il y a quand même un côté imprévisible. Alors que là, c'est du self-inflicted, comme on dit en anglais. Ils savent et ils y vont et ils morfent comme c'est prévu. Je ne pense pas que c'est un accident réellement. Ça ne mériterait pas le qualificatif d'accident, en tout cas. il décide, la NASA ce 28, parce que le discours c'était en fin de journée, le discours de Reagan, il décide d'envoyer. Mais on s'en fiche, vas-y, on part, on envoie. Donc, le public est là, sur le pas de lancement, mais pas seulement. À travers, et c'est un côté tragique, et c'est pour ça que cette histoire a frappé quand même des générations, aux États-Unis mais en dehors aussi, c'est que les profs ont rassemblé à travers toutes les écoles du pays, ont rassemblé les enfants, ont ramené des télés sur roues, des tables sur roues avec des télévisions, ils les ont branchées et ils ont dit on va voir le décollage, n'est-ce pas ? Et puis on va, on va commenter, on va discuter. Voilà. Et un prof qui partira dans le ciel, le ciel et qui sera bientôt, on est parti dans le ciel, on va se comprendre, et qui sera bientôt sur orbite. Et ils étaient là à regarder. On allume, la séquence d'allumage, le show qui va avec, le gars à la voix grave qui commente et tout, on se comprend, le truc classique. La fusée part. Elle s'envole, pour ainsi dire, normalement, au début. Elle commence à monter et ces boosters, mes amis, n'ont pas une durée de vie très longue. Grosso modo, je ne suis pas en train de parler à la seconde près. Dans cette vidéo, ce qui est important, c'est le côté humain, pas vraiment le côté technique. Côté technique, c'est simple. Il n'y a rien de compliqué. On l'explique avec un jouet d'enfant. En fait. Ils sont en train de monter et soudainement, depuis la terre, ils ont beaucoup de capteurs qui envoient de la télémétrie. Ils voient une chose que sur le booster droit, il y a une baisse de pression à l'intérieur. d'une baisse de pression par rapport à l'autre. Les aiguilles, t'en as une comme ça et t'as l'autre qui est comme ça. Pourquoi ? C'est qu'il y a une fuite. C'est ça, quand il y a une baisse de pression, c'est qu'il y a une fuite. En fait, sur la partie... Donc ça, on a notre fusée là. Je prends un seau, je passe le bras pour tenir tout. Ici, sur la première section, ce qui s'est passé, c'est que le joint n'a pas pu faire son travail comme prévu par rapport à le technicien. et il y a du produit inflammable qui a commencé à sortir, des flammes ont commencé à sortir, et j'y clé directement sur le réservoir. Ce réservoir il est plein de quoi ? Ce réservoir il est plein d'oxygène liquide et d'hydrogène liquide. Je veux dire, bon, c'est un brutal comme truc. Donc, on est en train de monter, en train de monter, de monter, de monter, et on a un chalumeau directement sur ce gros réservoir. Que va-t-il arriver ? Ce qui devait arriver, arriva. L'idée, c'est qu'à un moment donné, il y a... Ça a été décrit comme une explosion, d'autres n'ont pas dit. D'autres ont dit que ce n'est pas une explosion. Les propos varient sur ceux-là. D'autres ont dit que c'est juste une inflammation brutale de l'oxygène, l'hydrogène. Ce qui s'est passé, c'est que tout simplement, le grand réservoir sous ce chalumeau qui dirige dessus, a cédé. Il a cédé, et puis il s'est éventré. Et à ce moment-là, l'oxygène liquide et l'hydrogène liquide sont partis en boule. Dans cette boule disparaît la navette, et elle n'en sortira jamais, parce qu'à ce moment-là, elle allait très vite, au-dessus de la vitesse du sang, et soudainement, elle a basculé brutalement, les forces aérodynamiques l'ont détruite. Mais attention, pas détruite complètement ! On va aller dans le détail. Donc, Ça a créé ce nuage. Et pratiquement tous les enfants qui étaient en vie à l'époque, s'ils voient ce nuage, ils le reconnaissent tellement ça a été traumatisant à travers les écoles. Et puis la sinistre blague de Reagan et de ses managers complètement incompétents, qui ont zéro conscience, et je pense pas que ça a changé aujourd'hui, qui ont zéro conscience de la sécurité, ont fini par créer un désastre qui n'était pas nécessaire. Les boosters sont partis et ont commencé à dessiner des cercles au hasard. Quelqu'un depuis le sol, on l'a appris bien plus tard, a appuyé sur un bouton, bam, ça a explosé. Parce qu'on n'avait pas envie que ça revienne en septembre une ville ou un truc comme ça, donc ils ont explosé. Et puis ça a créé ce nuage avec des morceaux qui tombaient partout. Il s'est passé quoi avec les astronautes ? Alors, les astronautes comme ils sont dans leur capsule à l'intérieur, La partie avant est très renforcée. Elle est aussi solide qu'un toit de maison. Elle a des tuiles pour supporter la chaleur au retour. Donc cette zone est très renforcée. Quand la navette n'a pas explosé, elle s'est désintégrée. Quand elle s'est désintégrée, tous les morceaux sont partis. Et celui-là est resté intact. Ce morceau-là est resté intact. Et il est parti. Donc ils sont partis. Alors au départ, ils sont partis en montée parce qu'ils étaient sur une lancée, sur une vitesse très rapide. Donc ils ont continué. Ils ont continué à monter pendant un bon moment. Ils étaient conscients. Pourquoi ils étaient conscients ? Parce qu'on a réalisé que même si les communications ont été interrompues, on a réalisé qu'ils ont changé un certain nombre de... Ils ont des boutons pour changer le flux d'oxygène et tout. Il a été changé. C'était en position d'urgence. Donc ils s'en sont rendu compte qu'il y a un truc qui n'allait pas. Ils l'ont changé. Et puis la capsule est montée. Et après, elle a repris son chemin vers le sol. Et elle est... La chute était assez longue quand même. La chute... Ça a pris 2 minutes 45. En 2 minutes 45, ils sont tombés. Impact contre l'eau, et c'est là qu'ils sont morts. C'est là où, définitivement, on est sûrs qu'ils sont morts, mais on n'est pas complètement sûrs qu'ils soient morts avant. On pense qu'ils étaient vivants durant toute la chute. Conscient, pas conscient, dépressurisation, tout ça, c'est des questions assez scabreuses dans lesquelles la NASA ne veut pas rentrer. Parce que ce qu'elle ne veut pas, elle ne veut pas que l'Amérique imagine que ces gens étaient vivants tout le long, en train de crier pendant 3 minutes jusqu'au moment de la chute. Parce que ce n'était pas comme ça que l'histoire devait se dérouler. Alors voilà, pour dire que les conneries... Mais je pense qu'ils auraient dû analyser ça et l'exposer dans le détail. Et l'exposer et l'écrire même au néon à certains managers. Parce que c'est absolument inacceptable qu'on pousse les gens à leur mort de cette manière-là alors qu'on sait d'avance que ça va exploser. Ça s'est dispersé parce qu'en réalité, si vous regardez sur le plan managériel, vous savez, je décris beaucoup les entreprises et le cynisme qui y règne. Je vous donne un exemple. Imaginons qu'un gars dans la NASA dise les gars. Aujourd'hui, je dois prendre une position historique. La STS 51 va l'annuler. Elle partira dans trois mois parce que les joints sont foutus, parce qu'il a fait trop froid, on a annulé beaucoup de fois. Je suis désolé pour M. Reagan, mais l'histoire s'arrête là. Elle part pas, cette foutue navette. J'ai des experts ici qui me disent qu'elle va exploser. Ce type, ce type, pensez quoi de la suite de sa carrière ? Parce que la NASA vit de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche doit se battre pour lui obtenir des budgets et lui donner. Donc la NASA ne peut pas refuser des choses à la Maison-Blanche. Donc le gars qui refuse, il va se retrouver comment ? Il est foutu ce gars. Il sacrifie sa carrière ce jour-là. C'est même possible qu'on les virait dans la journée et qu'on le remplace par un autre qui signe et que la chose parte avec une demi-heure de retard, c'est tout. Maintenant, imaginons qu'il signe pour plaire au président, la fusée part et elle explose. Si elle explose, ce n'est pas de sa faute. Il y a une dissolution des responsabilités ici. Vous voyez ? Sa carrière ne se trouvera pas menacée de la même manière qu'il avait dit non au président. Là, on est dans quelqu'un qui a voulu plaire au président à tout prix. Donc c'est louable. Et puis finalement, ça a explosé. Bon, ma foi, c'est pas de sa faute. C'est une faute collective. Le fabricant du booster, machin, celui-ci, ce technicien, celui-là. Vous voyez ? Toujours, quand il y a des situations comme celle-ci, il y a ceux qui perdent, ceux qui gagnent. En fonction de la situation, les gens pensent à leur intérêt personnel. Vous voyez ? Donc l'intérêt personnel des uns et des autres était que la fusée parte, que le risque a pris. Mais ma foi, si elle explose, bon, c'est pas moi. Donc l'objet, n'est-ce pas ? Cette chose est tombée. Elle a été retrouvée des semaines plus tard. Ils l'ont ressorti, il y a une image assez terrible avec un avion qui arrive et sept courbillards garés devant, n'est-ce pas ? Donc, ce que coûte la bêtise humaine. Dans le rapport d'accident, il y a eu un rapport sénatorial, un comité, il y a eu beaucoup de rapports, ils disent que la NASA était incapable, incompétente, Déjà à l'époque, pour envoyer des humains en orbite basse de la Terre et les ramener en toute sécurité, elles n'étaient pas compétentes. Parce que l'estimation qui avait été faite sur le risque était de quel ordre ? On estimait qu'on risquait un accident sur 100 000. Ça signifie, tous les 100 000 lancements, on risque d'avoir un accident mortel, ce qui est un chiffre très bas. À l'époque de Challenger, ça a été réestimé que ce chiffre-là était trop optimiste et que la réalité était plus proche de 1 sur 100. La réalité, le risque réel était de 1 sur 100, qui est un risque extrêmement élevé. Un système qui subit une destruction catastrophique avec mort d'homme, 1 sur 100, c'est absolument inacceptable. Même pour du fret, ça ne serait pas acceptable. Même pour transporter du courrier, ça ne serait pas acceptable. Mais la réalité, pire encore. Pourquoi ? Jusqu'à ce qu'on arrête le programme STS, combien de navettes ont été lancées ? 135. Il y a eu 135 navettes. Combien d'accidents mortels on a connus ? 2 sur 135. La Challenger et la Columbia. Columbia, je l'ai déjà citée dans une autre vidéo sur ce canal. Et Challenger, c'est cette vidéo-là. Donc, on est plus proche de 1 sur 67. on est plus proche de 1 sur 67, on n'est même pas sur du 1 sur 100. Je veux dire, pire que ça, on a le 1 sur 6 de la roulette russe. Vous voyez ? Donc, réellement, le mauvais management de la NASA... D'ailleurs, il y a des livres qui ont été écrits dessus, comme ce livre sur la normalisation de la déviance, que la déviance était normalisée et acceptée à la NASA. Alors, quand on a une société qui vend des pots de yaourt, avec tout mon respect, et qu'on normalise la déviance. De temps en temps, peut-être, on a une loi variée qui est retournée par les clients et tout. OK. Ou bien des fois, le petit commence à pleurer parce qu'il croyait manger de la vanille alors qu'il a de la fraise. Il n'aime pas la fraise. Ça peut arriver. Il y a des rappels et tout régulièrement. Mais là, quand on a des humains, on n'a pas le droit de déconner de cette manière. Or, l'ANASA, malheureusement, voilà quoi. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, ce qu'on est en train de voir, avec cette histoire de la capsule de Boeing et tout ça autour, ne rentre que dans une continuité de problématiques que la NASA a connue depuis toujours. Et ce n'est pas un problème de compétence technique. La NASA est réellement la preuve que la compétence technique à elle seule ne suffit pas. Il faut une compétence humaine, il faut un quotient intellectuel humain si vous voulez, ou émotionnel si vous souhaitez. Il faut une manière de respecter les règles, une très forte conscience de la sécurité. Mais la NASA à l'époque avait déjà, c'est plus les astronautes qui la géraient, c'était plutôt des techniciens, même pas des techniciens, c'était plutôt des MBA. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est ça le problème. Et c'est ça d'ailleurs, je pense, qui est en train de tuer Boeing aussi. C'est ça qui est en train de tuer pratiquement tout ce que l'Occident a fait de bien. C'est cette arrivée en masse de gens qui ont fait des études de business et qui arrivent et qui ne comprennent pas nécessairement les dangers, les risques, le métier, qui n'ont pas de perspective, qui regardent juste l'Excel et disent bon, ça coûte temps, ça coûte temps, ça coûte temps et puis prendre des décisions sur cette base. Et puis par la suite, bon, voilà, c'est la catastrophe. Donc, mes amis, il n'y a pas eu un seul accident. Juste pour vous dire de la NASA qui n'a pas été annoncée. Le Challenger était un accident annoncé, on ne peut même pas parler d'un accident. Le Columbia, pareil, regardez la vidéo, il était annoncé. De sorte que quand vous regardez les drames à la NASA, ils n'ont jamais été basés sur des problèmes techniques imprévisibles, mais plutôt sur de mauvaises décisions. Donc en réalité, c'est un problème de gouvernance qu'ils ont, ce n'est pas un problème de savoir scientifique ou de savoir technique. Ils sont très bons techniquement, mais ils sont très mauvais sur le plan humain. Merci mes amis d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici, et on se voit dans une prochaine. A très bientôt.
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