
In this monologue, Aldo Sterone denounces the French IADAN (also called Yadan) law, which would criminalise criticism of foreign states – notably Israel – by treating such criticism as hate speech. He argues the law is unprecedented, extraterritorial, and threatens journalists who write about Israel, potentially exposing them to prosecution in France. Sterone predicts the law will inevitably pass, citing a pattern in French legislation where bills, once introduced, are rarely stopped despite occasional first‑reading setbacks. He critiques the top‑down nature of French lawmaking, framing it as an expression of the dominant class rather than popular will, and draws on a Marxist‑economic perspective (distinguishing Marx from Bakunin) to argue that laws serve the interests of the ruling class. He mentions two petitions – a pro‑law petition with 300 signatures and an anti‑law petition with 700 000 signatures that was later removed – to illustrate public reaction. Sterone satirically imagines extensions of the law (e.g., a “Ben Khaddour” law banning criticism of Algeria) and describes a deteriorating French debate culture where dissenting voices are silenced, mocked, or even arrested. He concludes that the law reflects a broader collapse of political consciousness in France and warns of its potentially universal, extraterritorial reach.
Chapters
Mes amis, bien le bonjour. De nombreuses personnes m'ont contacté au sujet de la loi IADAN en France qui fait couler beaucoup d'encre. Alors c'est une loi assez extraordinaire, assez étrange. Je pense que c'est la première fois qu'un pays crée une loi pour interdire la critique d'un autre. Donc tu vois le degré de folie quand même. Comment le législateur français a pensé que la loi française doit être utilisée pour empêcher qu'on critique un autre pays. Et je pense que cette loi, elle va passer, elle va passer, ça c'est clair. Parce que si tu regardes, tu regardes en France, j'observe, j'observe le pays depuis, depuis très longtemps, c'est toujours pareil. Du moment qu'une loi est formulée ou un paquet de lois est formulé, il va passer, c'est garanti. Bien sûr, de temps en temps, pour vouloir jouer un petit peu à la démocratie, ce qu'on va faire, on va le faire échouer en première lecture, on va dire ah non, ça passe pas. Mais en fait, t'inquiète pas, il va passer une semaine, 10 jours plus tard, quasiment en l'état, souvent en l'état, ou parfois en sacrifiant un article secondaire ou en remplaçant un mot par un autre, et puis ça passe, tu vois. Donc c'est, les lois en France ne sont pas des lois qui viennent du peuple, qui sont d'inspiration populaire, c'est des lois qui viennent d'en haut, qui viennent de l'État, qui sont imposées. Je te dis un truc, quand je fais ma, quand je fais ma revue de presse, parce que j'observe J'observe ce qui se passe dans le monde, même si je suis pas partie prenante. D'ailleurs, t'as vu, je suis venu vivre ici à l'île Maurice, c'est tout simplement pour me déconnecter de tout ça. Donc je suis plus observateur qu'acteur dans ces histoires. Mais quand tu regardes, je lis par exemple un journal israélien, le Haaretz, je lis un journal israélien qui fait partie de ma revue de presse quotidienne. Eh bien, je peux te dire qu'avec cette loi, la loi Yadav, les journalistes qui écrivent dans ce papier doivent faire super gaffe parce qu'ils pourraient potentiellement être poursuivis. Donc attention, des journalistes israéliens pourraient être poursuivis en France pour critique d'Israël. C'est ce degré-là de folie dont nous sommes en train de parler aujourd'hui, même si on a l'habitude de voir des folies complètes en France. Celle-ci quand même, quand même mérite qu'on s'y arrête. Donc tu vas avoir, il deviendra plus facile de critiquer Israël depuis Tel-Aviv ou autre, y compris critiquer Netanyahou, critiquer les politiques israéliennes, tout ça, les décisions, Gaza, le Liban, la guerre, tout ce que tu veux, tu peux critiquer en Israël, mais tu ne peux pas le faire en France. Et ça, ça, ça dit que c'est quand même, c'est quand même un pays qui tourne sur la tête. Attention, pas Israël, la France, c'est quand même un pays qui est en train complètement de perdre la tête. Parce que de la même manière, de la même manière, on peut ouvrir pour ouvrir le débat sur autre chose. Parce que regarde, on peut se dire, moi j'aimerais bien avoir la loi Ben Khaddour qui criminalise la critique de l'Algérie en France. Je veux dire, pourquoi pas nous, hein, d'accord? Il y a des gens qui nous critiquent. Je vois là, le pape est parti en Algérie, il a reçu le meilleur accueil, tout ça. Il y avait vraiment, il y avait pas eu un mot au-dessus de l'autre. Son avion était accompagné par les jets, par les jets de l'aviation algérienne, l'aviation militaire. Il Il a été salué partout où il a été, tout ça, les scènes de liesse et tout. Ben quand même, on a reçu des critiques. Ah ben moi, j'aimerais bien qu'on propose une loi pour interdire. En fait, cette loi, si tu veux, la loi IADAN, part du principe vraiment, c'est d'un âge mental de 5 ans, à 5 ans et demi, tu penses plus ça. Elle part du principe que si, par exemple, on critique le Sénégal, c'est qu'on est raciste. Si on critique l'Arabie saoudite, on est islamophobe. Si on critique Israël, on est antisémite, et ainsi de suite. Que chaque critique d'un pays ou d'un régime ou d'un système politique ou autre est forcément, forcément mue par de la haine, il l'aime pas et tout. Non, non, c'est pas du tout ça, c'est pas du tout ça les gars. Mais sauf que là vraiment, on est tombé dans un niveau, c'est vraiment un effondrement. Et ce qui est terrible, c'est que j'ai pas envie de tirer à boulet rouge sur Macron ou parler de Macronie parce qu'en réalité Ça serait un faux débat, tu sais pourquoi? Parce que simplement tu verras que Macron il va partir, quelqu'un d'autre le remplacera, la loi partira pas, d'accord? Donc peu importe les gens qui sont aujourd'hui dans l'opposition qui pourraient dire ah non, peut-être et tout, mais quand ils arriveront la loi continuera. Et tu verras sur toutes les lois, pas seulement sur celle-là. Et en fait donc potentiellement, juste j'essaie d'imaginer un petit peu des situations mais complètement ahurissantes, tu imagines un plateau de télévision en France avec un débat, mettons quelqu'un est en train de défendre Israël et un autre est en train de critiquer Israël, voilà, sur un plateau de télévision, avec un débat entre— quoique ça n'arrive pas, parce qu'en France la tradition du débat était perdue il y a longtemps. On ne débat pas, tu as remarqué, que ce soit sur Israël ou sur le reste, on ne débat plus. On a des journalistes qui deviennent des porte-parole, qui deviennent des fois des procureurs, et qui viennent assainir ce qui à leur sens sont des vérités premières. Ils sont tout le temps dans l'erreur, jamais dans le doute. Donc on a cette logique aujourd'hui et quand on ramène un invité en général qui pense le contraire de la doxa, on va mettre 10 personnes devant lui, face à lui, et puis on va le couper, lui couper la parole, rire, faire ses rires niais, ses rires hautains sans arrêt pour justement le ridiculiser. On n'est pas là pour l'écouter ou partager ou échanger ou sortir grandi, n'est-ce pas? Donc Je vous disais, imaginez, imaginez qu'on a ce débat. Eh bien, potentiellement, potentiellement, la personne qui est de l'autre côté, qui est en train de critiquer par exemple la politique d'Israël ou critiquer Netanyahou ou autre, Netanyahou je vous rappelle qu'il est recherché par la Cour pénale internationale pour des petits faits, n'est-ce pas, c'est conduite avec une assurance expirée, voilà, conduite sans la ceinture de sécurité et tout, il y a des images, n'est-ce pas, donc il est recherché pour ça. Si quelqu'un critique, potentiellement, cette personne-là peut finir arrêtée par la police. Ça signifie là t'as pas le choix, face dans un débat comme ça, t'es obligé de regarder la personne en face et dire vous avez raison. Parce que t'as la patrouille, t'as la rafle qui est garée en bas du studio. Si tu peux toujours gagner sur devant les— sur le plan intellectuel, sur le plan des arguments devant la caméra, tu peux toujours gagner. Ben n'empêche, n'empêche c'est toi qui passeras la nuit avec des menottes quoi. Et cette loi, cette loi aussi stupide qu'elle en a l'air, elle est faite soi-disant, d'après ceux qui l'ont promue, pour lutter contre l'antisémitisme. Alors sincèrement, franchement, franchement, je vous dis un truc, je pense pas que dans les 20 dernières années j'ai vu un cadeau aussi, un cadeau aussi grand comme ça, genre cadeau de Noël, qui a été offert aux antisémites. Voilà, donc c'est là vraiment On a l'habitude de voir des autogols, on en a vu de toutes sortes. Il y a eu des fois des guerres au sujet d'autogols, genre le gars qui marque contre son camp et tout. Mais là, alors celle-là, celle-là, ça te montre que ça te montre qu'on a un effondrement, on a un effondrement complet aujourd'hui de la conscience politique, de la conscience politique en France. C'est terminé, les gens qui dirigent ce pays ne sont même pas— on leur donnerait même pas une épicerie, c'est clair, ça c'est clair. Et je pense, je peux le dire parce qu'il n'y a pas de loi qui interdit de critiquer la France, tu vois ce que je veux dire. C'est génial, tu peux toujours, bon bah voilà, on critique la France, il y a pas de souci, c'est complètement permis. Maintenant, par rapport aux gens qui m'ont écrit, donc toutes les, je me rappelle un petit peu des questions par rapport à la pétition. Il y a eu effectivement deux pétitions, il y a des gens qui ont dit nous sommes pour cette loi et ils ont leur droit, je veux dire, on est normalement des citoyens libres et tout ça, on peut exprimer ce qu'on veut, donc Ceux-là, ils sont au nombre de 300. Il y a eu 300 signatures. Au départ, elle a stagné même à 30 signatures. Il a fallu rameuter beaucoup de monde pour pouvoir atteindre les 300. La signature contre la loi, elle a eu 700 000, tu vois. Mais en même temps, en même temps, bon, la signature à 700 000 a été rayée d'un coup de stylo et c'est terminé. Alors il faut savoir une chose, et ça c'est très important, et ça peut-être que je veux dézoomer un petit peu de la loi IADAN. J'ai pas envie, j'ai pas envie qu'on pense que c'est seulement le problème de la loi IADAN. Non, non, non, non, c'est pas ça, c'est pas ça. Les lois, tu prends un pays comme la France, restons sur la France, les lois ne sont pas l'expression de la volonté populaire, qu'elle soit IADAN ou autre. La loi vient du haut, elle t'est imposée par le haut. La loi, moi je suis, bon, tu me connais, j'ai une lecture extrêmement marxiste du monde sur le plan économique. Je suis pas un marxiste culturel, mais je suis un marxiste économique. Mais par contre, je suis Marx jusqu'à un moment donné, je m'arrête là où Marx a clashé avec, avec par exemple Bakounine, avec Mikhaël Bakounine, tu vois. C'est là où Marx est très étatique, où il pense que la solution viendra de l'État. Eh bien, Bakounine pense que la solution vient du peuple, viendra jamais de l'État, et que si on change l'État et on met à la place un État soi-disant populaire, eh bien cet État sera tout aussi pourri que celui qu'on avait avant. Que celui duquel on s'est débarrassé. Mais bon, ça c'est un autre débat, ça peut donner lieu à une autre vidéo, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Mais en simplification, la loi est l'expression de la classe qui te domine, de la classe dominante. Toutes les lois sont comme ça. C'est pour ça qu'on dit «nul ne naît sans s'ignorer la loi». Ça signifie nul ne naît sans s'ignorer les ordres, le consensus, les injonctions, la sensibilité de la classe qui le domine. En tant que dominé, tu n'es pas censé obéir à la loi. Quand tu deviens dominant, tu ignores la loi, elle ne s'applique pas à toi. Tu es au-dessus de la loi. Tu vis dans un autre monde, tu vis dans un autre univers complètement. Tu arrives en France, c'est un autre pays, tu vois. Quand tu vois des gens qui arrivent au Bourget en jet privé, qui descendent, ils ont les motards qui les attendent et puis ils leur vident l'autoroute et tout ça, puis qu'ils arrivent chez Macron, ils sont reçus et tout. Ils n'ont pas la même expérience de la France que toi. Toi tu dis Ouais, j'étais sur la rocade là aujourd'hui, il y avait l'embouteillage, j'étais coincé. Ils savent pas ce que c'est qu'un embouteillage, ils n'ont jamais vu ça, tu vois. C'est pas un problème, ils n'ont jamais eu ce genre de problème. C'est la classe dominante, tu vois. Tu prends Bill Gates par exemple, il arrive en France et il montre même pas son passeport, tu vois. C'est pas comme toi. Donc il faut savoir que la loi vient toujours, est imposée toujours par le haut. La loi n'est pas l'expression d'une volonté populaire, quelle qu'elle soit. Ça, c'est hyper important. En tant que dominé, tu n'as qu'à obéir à la loi, en fait. C'est ce qu'on te dit «Bah, tu obéis, c'est la loi.» D'accord? Mais la loi, ce n'est pas l'opinion de tes pairs, c'est pas l'opinion d'un peuple, ce n'est pas la volonté, la demande d'un peuple. Et tu peux l'appliquer sur plein d'autres. Je te donne au hasard comme ça, tu prends cette loi qui protège les squatteurs. Tu peux avoir quelqu'un, une dame, elle sort d'hôpital, elle a 79 ans, elle est malade, elle a travaillé toute sa vie avec son mari pour payer une maison, elle arrive, elle trouve que des gens ont forcé la serrure, l'ont cassée, ils vivent là-dedans. Voilà, elle peut rien faire. Tu connais quelqu'un autour de toi qui a demandé cette loi? Tu connais quelqu'un qui l'a demandée? Elle est obligée en plus d'enlever sur sa retraite pour payer l'électricité et l'eau et le gaz, même si les gars, même si les gars, ils passent leur temps avec les baignoires pleines, ils gaspillent. Elle est obligée de payer. Si elle arrête de payer et que par malheur on leur coupe l'électricité ou autre, je veux dire, les gendarmes vont débarquer chez elle, ça va twister pour elle, ça va pas aller là, OK? Est-ce que c'est toi qui as demandé cette loi? Est-ce que les gens autour de toi, est-ce que des gens de ta famille ont demandé cette loi? Non, non, pas du tout. La loi, c'est... Toute loi en France, toute loi est scélérate. C'est pas... On ne dit pas Cette loi est scélérate. Toute la loi est scélérate, tous les codes sont à brûler et puis à refaire d'autres. Mais tu le referas le jour où tu posséderas ton pays, quoi. C'est ça, c'est ça l'idée. On arrive, on arrive, tu regardes le texte de 1947, tu le lis, lis juste vers le début, Manifeste du Parti communiste, et tu regardes, écrit dans les années 1800. Ce n'est pas ton pays, tu es un prolétaire, tu es un travailleur, tu as pas de pays. C'est pas, ça me fait pas plaisir de te le dire, je ne souhaite pas Je ne souhaite pas. Il y a plein de gens qui disent Oui, les marxistes, ils sont contre la nation. Non, pas du tout, pas du tout, vraiment pas du tout. Je t'assure, c'est pas l'idée. Je constate que tu n'as pas de pays, voilà. Et j'aimerais que tu fasses ce constat avec moi. Ce n'est pas ton pays, tu vois. Alors lui, Marx, propose Oui, il faut une révolution et puis que ça devienne son propre pays, que le prolétaire, lui, soit à la tête de son pays et le gère. C'est faux, c'est trompé. Pourquoi je dis que c'est faux? Pourquoi je me permets dire que c'est faux. Parce que le temps lui a donné tort. Parce que quand il y a eu des révolutions prolétaires siècle dernier, on a vu comment ça s'est terminé. On a vu comment ça s'est terminé au Cambodge, comment ça s'est terminé en URSS, etc., etc. On a vu la pourriture qu'ils ont commise, les crimes qu'ils ont commis, parce que tout simplement c'est pas comme ça que ça marche. C'est pas ça la solution, d'accord? Donc voilà, mes amis, la loi IADAN, ben voilà, elle va venir. Une île nulle n'est censée Nul n'est censé ignorer la loi. Donc si tu as envie de critiquer Israël, bon, tu vas en Israël, tu les critiques, tu reviens, quoi, il y a pas de souci. Juste montre autour de toi que tu es vraiment là-bas parce que comme ça tu passes sous le coup de la loi. J'espère qu'elle sera pas universelle, qu'elle n'aura pas de portée universelle ou extraterritoriale. C'est de la folie complète, c'est de la folie complète. Chaque fois, en fait, ce qui est terrible, c'est que chaque fois que tu penses que le fond a été atteint, tu réalises qu'il y en a encore, qu'il y en a, il y en a encore. Moi, en tout cas, moi j'ai aujourd'hui la loi Ben Khaddour, j'insiste, on n'a pas le droit de critiquer les Algériens et l'Algérie. Donc voilà, et puis c'est tout, nous sommes parfaits. Et puis tu as pas le droit de nous critiquer parce que sinon on va te coller quelques étiquettes. J'ai pas d'étiquette là sur l'instant, tu vois, tu me prends de court, mais je vais essayer de trouver. Et voilà, et si tu critiques, je te les colle. Et attention, fais un pouce, fais un pouce bleu le pour cette vidéo. Fais très gaffe, tu mets un pouce négatif ou tu t'abonnes pas à autre, parce que tu peux tomber sur la loi Benkadour, parce qu'elle inclura la partie numérique. Voilà, merci mes amis, et on se voit dans la prochaine vidéo. À très bientôt.
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