Maldives : 6 plongeurs perdus dans des grottes sous-marines

Aldo Sterone analyzes six divers lost in underwater caves at the Maldives using the concept of "normalization of deviance" from the Challenger disaster. At 50-60 meters depth, missing guide lines, inadequate equipment, and panic turned a high-risk dive into a fatal accident. He argues that aviation safety principles must apply everywhere, from diving to driving.
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Mes amis, bien le bonjour. On va parler aujourd'hui dans un contexte qui est très connu en aviation, c'est la normalisation de la déviance. Il a été inventé par une chercheuse qui s'appelait Madame Vaughan. J'espère qu'elle s'appelle toujours, je crois qu'elle est en vie. Et en fait, c'était à l'époque de l'explosion de Challenger. C'était cette fusée de la NASA qui est partie alors que l'organisation, la NASA en tant qu'organisation, savait et avait été avertie qu'elle va exploser. Ils ont mis 7 personnes dedans, ils ont allumé la mèche, c'est parti, ça a explosé alors que c'était complètement prévisible et prévu et annoncé. Et donc c'est vrai que ça avait fait couler beaucoup d'encre cette recherche-là et la NASA a commencé à être donnée comme exemple type d'organisation dysfonctionnelle. Mais il faut pas seulement critiquer la NASA, c'est qu'on peut retrouver dans énormément de secteurs de pointe, on peut retrouver ça en aviation, on en parle régulièrement sur ce canal, en médecine, en plongée comme on va en parler aujourd'hui. Donc je disais, aux Maldives, il y a 5 personnes qui sont parties plonger dans des circonstances absolument atroces. Ça signifie, regardez, on a une colonne d'eau de 50 à 60 mètres de profondeur et au fond de celle-ci, on a le début d'un système de grottes constitué de 3 chambres, des grottes sous-marines, pardon pour le peu. C'est quelque chose déjà qui, si tu réfléchis bien, Ça peut donner un petit peu des cauchemars. Quand tu regardes, si tu laisses tomber des clés d'un bateau et elles sont à 60 mètres de profondeur, pour juste aller les chercher, je parle pas de grotte, je parle de clés sur le sable, c'est déjà, c'est déjà une plongée technique, c'est déjà une plongée difficile qui exige quand même pas mal de répétitions, d'entraînement, de savoir-faire et d'expertise et tout ça et tout ça. Donc là, aller à cette profondeur Puis une fois qu'on est là, rentrer dans un système de grottes, je pense que quelque part il faut avoir envie d'en finir avec la vie. Alors j'ai été aux Maldives il y a à peu près 2-3 ans de cela. À l'époque, bon là il pleut, on est un petit peu sous les tropiques, mais bon c'est de la pluie un peu chaude donc ça va. Je disais que ce qui m'avait frappé, et j'ai plongé une seule fois, j'étais parti, tu vois ce gilet je l'ai pris avec moi, j'ai pris avec moi le d'équipement, tout ça. J'ai plongé une seule fois alors qu'une valise entière était réservée à mon équipement. Pourquoi? C'est parce que j'ai vu quelque chose, j'ai vu une attitude qui m'a semblé cowboy, qui m'a semblé désinvolte à cet endroit, alors que je ne l'ai pas constaté ailleurs. Par exemple, en Turquie, j'ai plongé plusieurs fois avec des clubs certifiés par la Fédération turque de plongée et tout ça. Franchement, j'étais jusqu'à 45 mètres sur un navire au large d'Antalya et tout, et sincèrement Jamais je n'ai senti de danger, de désorganisation, tout ça. Mais aux Maldives, c'est très particulier et malheureusement on peut trouver cela dans des endroits très touristiques. Alors tu me diras qu'Antalya, c'est aussi très touristique, mais ils ont quand même gardé une discipline là où il m'a semblé qu'elle était perdue aux Maldives. Je te raconte, j'arrive pour plonger, donc la température extérieure est de 30 degrés. Tu sais, sous les tropiques, tu peux vérifier aujourd'hui là où les Maldives se trouvent. La température, quand il fait froid c'est 29, quand il fait chaud c'est 31. Ça dure comme ça depuis que le premier homme a marché sur Terre. Donc je mets ma tenue néoprène. Il faut une tenue néoprène parce qu'à la surface l'eau est agréable et chaude et tout, mais après t'as des thermiques et ça refroidit d'un coup. C'est comme dans l'océan. Alors je mets ma tenue, ceinture de plomb, les palmes, le masque, la totale, OK? Après il faut marcher. On est au centre de l'île, il faut marcher au bout d'une jetée pour aller au lieu de plongée. Donc je me retrouve par 30 degrés sous une tenue en train de marcher, marcher, marcher. J'ai pas la distance, c'est peut-être 500, 600, 700 mètres, mais je peux te dire, avec l'équipement, c'est énorme. Heureusement, il y a quelqu'un qui a pris dans un chariot les bouteilles et il a été les placer au bout du quai. Donc j'arrive au bout du quai, je suis déjà, je suis déjà en sueur sous la tenue. OK. Après, je cherche un escalier ou autre pour descendre, ils me disent «Non, il va falloir sauter dans l'eau.» Alors sauter d'un quai qui est à 3 mètres. Alors je te dis un truc, j'ai fait ça quelques fois dans ma vie, mais c'est pas vraiment quelque chose que j'apprécie. Je t'explique comment ça marche. Tu prends ta... Tu es complètement équipé, tu vois, avec ton équipement. Tu as la bouteille sur le dos, tu vides le gilet. Vous voyez, il y a un gilet là qui est attaché à la bouteille. Donc tu vides, tu vides le gilet complètement, vraiment, parce que s'il reste gonflé au moment de l'impact avec de l'eau, avec l'eau, il va pousser la bouteille brutalement vers le haut. La robinetterie que tu vois ici, le premier étage peut taper là à l'arrière contre le cervelet. Et c'est pas des situations de prospérité, je te dis tout de suite. Donc tu vides complètement ça. Alors ce que tu fais, attendez, je vérifie un truc là, parce qu'il faut faire très gaffe, jamais respirer de ces trucs-là sans les nettoyer. Je te raconte un truc, il y a un gars qui asthmatique, salbutamol, tu sais les pompes là, les asthmatiques ils en ont partout, ils en ont une dans la voiture, une à la maison, au bureau, tout ça, donc elles sont parfois mélangées à des clés, à des trucs tout ça. Il y avait un petit bouchon de Bic, l'arrière d'un bouchon de Bic, le petit truc là derrière qui s'était retiré et puis qui est parti se loger à l'intérieur de la pompe de salbutamol. Lui ce qu'il a fait, il a pris la pompe, il a fait ça et il a inhalé, pouf, alors tu as le gaz plus plus l'effet de l'inhalation, le petit bouchon en plastique s'est retrouvé à l'intérieur de ses poumons quoi, tu vois. Donc c'est vrai, il faut faire très gaffe avant d'aller juste respirer. Donc ça, je l'ai nettoyé avant de commencer à enregistrer, je l'ai vidé, je donne un petit coup d'air. Parce que tu fais ça, tu inspires, tu as une araignée dedans, elle est en train de marcher à la radio quoi. D'ailleurs au passage, il y a eu un gars, je crois que c'était en Éthiopie, ils ont trouvé un insecte au fond de ses bronches, au fond de ses poumons. Et en fait, il a dû partir, je crois à Singapour, pour qu'ils lui retirent parce que y avait pas moyen, ils n'avaient pas l'équipement. Une fois qu'il arrive à Singapour, ils font la radio, il y avait rien. Et en fait, ils ont réalisé quand ils ont rappelé que l'insecte était dans la machine, dans le rayon X en fait. Et c'est pour ça qu'il est apparu, il apparaissait dans certaines radios. En tout cas, faites très attention dans la vie, vraiment, si on fait pas attention à beaucoup de choses. Donc pour plonger d'une dinguerie, c'est prends ça, Non, non, non! En fait, ce que tu dois faire, tu dois sauter en tenant ça et en tenant ton masque. Tu dois vraiment les tenir avec toute ta force et tu sautes. Parce que si tu hésites dans la manière de les tenir, une fois que l'eau tape, elle va t'arracher, elle va t'arracher ça, le deuxième étage de ta bouche, elle va t'arracher le masque. Et après, bon, t'as le gilet dégonflé comme on a dit, t'as une ceinture de plomb, tu vas couler à pic, tu vas couler à pic. Bon. Avec un peu d'entraînement, ce n'est pas la fin du monde parce que même sans masque, tu fais ça, tu vas ramasser ton tube, tu mets ça, tu souffles dedans. Mais si tu n'arrives pas à souffler dedans, c'est pas grave, tu appuies un petit peu là, il chasse l'eau, tu respires même sans masque, c'est pas grave. Mais bon, voilà, je veux dire, une fois dans l'eau, n'est-ce pas, je vous disais, j'ai gardé mon masque et tout et tout. Ils nous disent, l'instructeur nous dit oui, on n'a pas le droit de plonger ici, il va falloir nager. Je me mets à nager, nager, nager. J'ai dû nager peut-être 300 mètres encore. Avant d'arriver à un endroit, il a dit «On plonge ici.» Je peux te dire, au moment où on a commencé la plongée, ça faisait plus d'une demi-heure, trois quarts d'heure que j'étais parti du club, j'avais une dette physiologique énorme, j'étais essoufflé, je te cache pas, j'étais essoufflé. La chaleur, la sueur, la marche, le saut, la natation. Je veux dire, moi j'avais juste envie de faire de la plongée, tu vois. J'étais pas là dans une sélection de la Légion étrangère, tu vois. Et j'ai réalisé quand j'ai vu le club que des fois il prenait des personnes même sans expérience, dans des zones où il y a des courants. Ça signifie qu'il y a des endroits où le truc sympa de l'endroit, c'est que t'es en profondeur, mettons à 20 mètres, et t'as des sortes de rochers, de gorges, et puis t'as des courants puissants. Et le courant t'emporte, voilà, et c'est génial, tu lâches là et puis le courant il va t'emporter, tu vois. T'es comme un poisson qui est dans un évier et on ouvre, quoi. Et tu pars, tu pars avec, voilà. Et tu contrôles plus rien, t'es juste content de partir. Bon, moi j'ai vu ces conditions, j'ai rangé mon matériel dans le dans la valise, j'ai pu réutiliser. Et je vais te dire un truc, aux Maldives, aux Maldives tu vois beaucoup plus de choses, tu peux même voir des tortues géantes et tout ça avec le masque et un tuba que ce que tu vois en plongée. Parce qu'en plongée, honnêtement, à 20-25 mètres, c'est bon, hein, c'est, il y a presque plus de lumière qui arrive, c'est pas une eau transparente sur une grande distance, ça commence un petit peu à se brouiller. C'est pas la mer Rouge en fait, hein, c'est en Égypte, la mer Rouge c'est quelque chose, c'est c'est vraiment glorieux. Les couleurs, toutes les couleurs que tu vois, bleu, violet, rouge, en fait c'est un, c'est une symphonie de couleurs quand tu rentres en mer Rouge. Il suffit juste que tu passes la tête sous l'eau, c'est impressionnant. Et plus tu vas profond, plus tu vois des choses. Mais ce n'est pas le cas des Maldives. Les Maldives, c'est bien pour nager à la surface, des plages blanches, sable blanc, sable fin, tout ça. J'y reviendrai sans souci, mais je prendrai pas mon équipement de plongée si je reviens. En tout cas, là qu'est-ce qu'on a? Quand on va profond, je te raconte, quand on va profond, c'est quoi le problème? Alors quand tu prends cette bouteille-là, je te montre un petit peu, elle fait 200 bars, ok, là on l'a gonflée à 200 bars au club, ok. Donc 200 bars, si je vais plonger maintenant dans cette piscine avec, elle va tenir grosso modo une heure. Parce que pourquoi? Parce que je suis quasiment à la surface, elle sera en train de me livrer 1 atmosphère. Mais quand t'es à 60 mètres comme ces gens-là, t'es à 60 mètres, c'est quoi la pression atmosphérique? Elle est de 7 bars. 7. Donc celui-ci va te donner de l'air à 7 bars, parce que s'il te donne pas de l'air à 7 bars, tu pourras pas respirer, parce que tes poumons, il y a de l'eau autour qui est à 7 bars de pression. Si tu veux pouvoir inspirer, tes poumons doivent repousser 7 bars de pression dehors, donc lui doit te donner 7 bars. Donc lui, ça, il sait Il s'ajuste par un système de valve automatiquement, il te donne ça. Mais en volume, ça donne quoi? Ben en volume, ça donne que c'est 7 fois plus qu'à la surface. Ça veut dire que chaque inspiration va coûter 7 fois plus. Donc il se passe quoi? Ta bouteille, au lieu de tenir en 1 heure, elle va tenir, allez, 8-9 minutes quoi. Tu vois? C'est pour ça que les gens qui plongent à ces profondeurs-là, déjà, ils ont beaucoup de bouteilles. Et c'est pas des bouteilles qu'ils prennent avec eux seulement. Ils ont des bouteilles qui sont mises en place avant. Ça signifie ce qu'on va faire, on va voir tout d'abord, premier jour, on a une logistique, on a 2 navires à la surface, on a 20-30 personnes qui aident. On place des lignes avec du plomb, tu vois. Et puis après, on va avoir des gars qui descendent poser des bouteilles, qui en accrochent à différents niveaux pour pouvoir faire des paliers en sortant, tu vois. Toute une histoire. Après, on va pousser des bouteilles à l'intérieur et tout ça. Jusqu'à pour permettre à un groupe de 5 personnes de rentrer dans le système de grottes et de sortir. Donc ce qu'ils ont fait, il y a un système de 3 chambres, ils étaient 6 à la base, il y en a une qui a eu ce réflexe extraordinaire, et franchement je te dis, ta sécurité c'est ta responsabilité, tu t'en fiches que tout le monde le fait, tu t'en fiches vraiment, il y a 1000 personnes qui vont là, moi je n'y vais pas, désolé. Elle a dit moi je reste sur le bateau, elle n'a pas voulu partir. Les 5 sont partis, Il y avait une prof d'université italienne, il y avait sa fille qui a 20 ans. 20 ans, tu vois, même si probablement elle plongeait, ma fille elle a 8 ans, elle plonge pas vraiment, elle juste elle chope la bouteille, elle la jette dans la piscine et puis elle attrape ça et puis elle descend à 1 mètre, 1 mètre et demi. T'appelles pas ça plonger, mais on se comprend. Mais ça ne fait pas d'elle nécessairement à 20 ans une plongeuse capable de descendre 60 mètres et aller dans un système de grottes. Ça, c'est de la folie. Donc à 5, ils sont descendus, ils sont rentrés. Bon, là, normalement, ce qu'on a, on a en plongée ce qu'on appelle le temps sans décompression. Ça veut dire on essaye de rester, dans la mesure du possible, à moins qu'on soit en train de faire de la plongée technique, on essaye de rester suffisamment longtemps pour apprécier l'endroit, mais pas assez pour qu'on ait besoin de palier. Pourquoi? Parce que, mettons tu descends à 40 mètres. 40 mètres, grosso modo, t'as selon les tables, je crois de l'US Navy ou d'autres, il y a beaucoup de tables, il y a beaucoup de standards dans le monde, mais grosso modo ça va te donner dans les 8 minutes en profondeur. Grosso modo. Si tu restes 8 minutes à 40 mètres, techniquement t'es en mesure de remonter sans avoir besoin de palier. Tu peux toujours faire par acquis de conscience, mais t'as pas besoin d'en faire. Au-delà de ce temps-là, les paliers deviennent obligatoires. Ça donne quoi? Quand un palier devient obligatoire, virtuellement, c'est comme s'il y avait un couvercle au-dessus de toi. C'est comme si on va t'enfermer, parce que la surface n'est plus accessible. On évite les paliers parce que les paliers créent une barrière physiologique entre toi et la surface. Si tu sors sans les respecter, tu peux mourir, comme ce qui s'est passé avec ce secouriste qui est parti Il est resté en profondeur, après il est remonté, semble-t-il plus tard on a réalisé qu'il n'était pas spécialisé dans la plongée profonde, et puis en sortant s'est retrouvé mal, ils l'ont emmené à l'hôpital où il est décédé. Ils ont là-bas partout aux Maldives des chambres de compression, parce qu'on fait en général pour sauver la personne, on la met dans une sorte de gros tube en métal, on l'enferme, on augmente la pression à l'intérieur pour redissoudre l'azote qui embulle dans son corps, Et ce qu'on va faire après, on va baisser la pression gentiment pour laisser, pour évacuer cet azote progressivement. Donc on va simuler les paliers qu'il a ratés, mais sauf que des fois c'est trop tard quand tu as des bulles qui sont dans le cerveau, tu as le sang qui commence à s'émulsifier avec les gaz à l'intérieur et tout, c'est fini, tu peux plus récupérer la personne souvent. Donc je te disais, une fois qu'on essaie d'éviter les paliers parce que justement Ça va créer une frontière, tu vois, entre toi et la surface. Dans leur cas, il y avait 2 frontières. Il y avait la frontière du palier et la frontière parce qu'ils sont dans une grotte. Et je te dis un truc, à 50 mètres, le temps va descendre vers les 5-4 minutes, tu vois. À 60 mètres, ce temps n'existe quasiment pas. À 60 mètres, grosso modo, t'as 1 minute ou 2 Et au bout d'une minute ou deux, tu commences à avoir besoin de paliers et attention, ces paliers augmentent très vite. Plus vite que ta plongée, plus vite que ton temps de plongée. Ça signifie que tu peux rester potentiellement, j'ai pas le chiffre en tête, mais tu peux rester, je sais pas moi, tu restes on va dire 20 minutes au fond à 60 mètres, ben pour sortir il y aura probablement plusieurs heures de décompression à plusieurs niveaux dont t'as besoin. Or il semblerait pas qu'ils avaient l'équipement, qu'ils avaient la logistique en place. Après ils rentrent dans les grottes. Dans les grottes, Il y a plusieurs problèmes. La lumière n'arrive pas. Mais de toute façon, même dans les Maldives, je te dis, il ne faut pas croire que c'est des eaux transparentes jusqu'à 60 mètres. Bon, tu me diras, j'ai plongé qu'une seule fois, en un seul endroit, mais en général, les plongées dans les Maldives, c'est pas ces eaux qui sont transparentes sur des dizaines et des dizaines de mètres. À 60 mètres déjà, t'as plus de lumière qui arrive. En plus, tu vas dans les grottes, donc raison de plus d'avoir moins de lumière. Alors t'as besoin de phares, etc. T'as besoin de lumière portative. Maintenant, le problème, c'est que généralement ceux qui font ce genre de plongée utilisent un fil d'Ariane. Ça signifie qu'ils vont prendre une corde pour savoir où est la sortie. Sauf qu'il semblerait qu'ils n'aient pas utilisé un tel système. Ils se sont dit Bon, c'est facile, l'entrée est là, on nage, au fond il y a une autre entrée, on passe dessous et on sort. J'imagine que c'est ce qui a dû se passer dans leur tête. Le problème, c'est qu'il suffit qu'il y en ait un qui donne un coup de pale Un petit coup de palme là, ça soulève des sédiments. Tu te retournes, tu sais plus vraiment où est l'entrée, tu sais plus vraiment où aller parce que tu es dans un nuage, tu es dans un nuage de sédiments. Tu mets ta main là devant toi, tu arrives presque à la voir, OK, mais tu vois plus, c'est fini. Tu peux toujours t'orienter à la boussole et tout ça, mais bon, bonne chance quoi. On n'a pas nécessairement de boussole avec soi, OK, y'a pas nécessairement de boussole. Y'a des gens qui prennent ça, je suis pas très convaincu. Faire de l'IFR en profondeur dans une grotte, je suis pas Très, très convaincu de ça. Donc je disais, les gars se retrouvent dans une situation d'échec et mat. Ça signifie ils sont à l'intérieur de grottes. Et j'ai plongé une fois dans une grotte et c'était pas une grotte sous l'eau, c'est pas une grotte très profonde, elle faisait 5-6 mètres, il y avait une salle. Comment te dire, j'étais content de sortir, j'étais content de sortir parce que tu es dans un tube, tu es dans un tube T'es en train de palmer lentement, t'as des pierres au-dessus de toi. Si tu fais pas gaffe, t'entends le bruit, t'entends ta bouteille qui gratte contre les rochers au-dessus de toi. Le tube est plein, tu peux pas sortir. Si jamais t'as un problème, si jamais tu aspires et l'air n'arrive pas, tu peux rien faire, tu peux pas sortir, c'est fini. Y'a pas la sortie, y'a pas la surface. Et tu palmes et franchement, franchement, je vous dis, je suis pas très courageux sur ces choses-là, OK? Le dentiste et les grottes sous-marines, c'est pas trop mon truc et j'ai des limites. Donc j'arrive au bout de la grotte, on sort, on sort là comme ça de l'eau, on regarde, il y a une salle à l'intérieur, c'est une salle et j'entendais de l'eau froide, de l'eau glacée qui est en train de couler de la montagne, de l'intérieur de la montagne et qui arrivait dans cette grotte-là. Il y avait de l'air, il y avait une bulle d'air qui était là probablement depuis un million d'années. J'étais là, l'instructeur m'a dit tu peux respirer. Parce que j'avais peur de respirer, je suis sorti, j'ai gardé ça à terre. J'étais comme ça en train de respirer depuis mon air parce que moi je lui fais confiance, il m'a dit t'inquiète pas tu peux respirer. J'ai commencé à regarder, j'entendais le bruit de l'eau, c'est assez effrayant, t'es dans les entrailles de la Terre, t'as l'impression de redevenir un fœtus quoi et revenir dans le ventre de ta mère quoi. C'est assez effrayant au-delà de l'atavisme et tout ça, c'est assez effrayant. Et donc ouais, je suis resté quoi 10-15 secondes. Je dis bon, foutons le camp maintenant, c'est bon, j'ai compris, c'est bien. Mais j'ai du mal à imaginer des gens dans un système de grottes à 50-60 mètres. Et le truc, tu sais, je t'ai parlé de la consommation d'air. Attention, la consommation d'air dans la piscine ici, oui, ça peut durer une heure. Tu sais pourquoi? Parce que je t'ai dit la pression et tout ça, tout le monde comprend. Mais aussi autre chose. C'est parce que t'es relax, hein, t'es dans une piscine, au bleu, t'es tranquille, tu fermes les yeux, tu te laisses flotter comme ça. Ton cœur ralentit, tu respires bien, calmement, c'est bien, c'est génial. Mais quand t'es dans le stress, quand tu es à froid par exemple, tu vois, l'eau froide, le stress, les courants, tout ça, ça a tendance à augmenter ta respiration. Ça augmente, ça augmente ta respiration. Si ça augmente, ça va siffler très vite. Et je t'assure qu'à 40 mètres, je parle pas de 60, à 40 mètres, tu aspires 3-4 fois vraiment bien, tu regardes l'aiguille, tu la vois baisser. Alors à 60, j'ose pas imaginer ce qui a dû se passer. Donc probablement on est dans une situation, les gens sont rentrés dans cette grotte et puis il y a eu quelque chose. Alors quelque chose, c'est ils se sont perdus tous collectivement, ou bien autre problème, quelqu'un en souci, l'un d'eux a un problème. Mets-toi par exemple quelqu'un qui panique, d'accord? Quelqu'un qui panique, il arrache son masque, il jette son truc et commence à flipper. Ça peut arriver, sincèrement, ça peut arriver. J'étais dans une grotte et je peux te dire, je l'ai pas fait, bien sûr je l'ai pas fait, je n'étais pas sur le point de le faire, mais je comprendrais quelqu'un qui le ferait, d'accord? C'est vraiment un niveau de stress Y a des gens, ils s'en est autrement, eux ils adorent. Mais je t'assure que le niveau d'oppression qu'il y a sur toi, tu dois faire confiance au système, vraiment. S'il y a un cas, une situation où tu dois faire confiance au plan, c'est bien ça. Donc t'es là, sous l'eau, tu fais confiance au système. Allez, juste là en train de respirer en se disant que ça va finir un jour, quoi. Donc la panique, comme j'ai dit, le coup de sédiments. Le coup de palme sur le compagnon. Alors on s'entraîne tous en plongée, effectivement, si quelqu'un, ça m'est arrivé, moi ma propre fille, pam, elle m'a donné un coup avec ses palmes, des petites palmes roses, un coup, mon masque est parti. C'est pas la fin du monde, on était dans une piscine. Dans une piscine, on t'arrache le masque, c'est pas la fin du monde, tu continues à respirer. Mais alors attention, on a fait ça, je me suis entraîné à faire ça à 20 mètres, ça va encore. Mais à 60 mètres dans une grotte. S'il y a quelqu'un qui t'arrache le masque, je sais pas, il y a des gens qui peuvent s'en sortir de situations pareilles, mais ça doit exister. Je dis bien mais. Ce qui s'est passé, donc ce groupe-là se retrouve en catastrophe, il se retrouve en situation de catastrophe. Ils ont quelques minutes, l'air est en train de baisser, il y a un problème, les sédiments sont montés, quelqu'un a paniqué, peu importe, quelqu'un a fait quelque chose. Et là, ils veulent sortir, ils peuvent pas sortir. Ce qui s'est passé, c'est que dans le navire en surface, on les attend, on les attend, ben il y a personne. Est-ce qu'on va retrouver quand les Finlandais qui sont arrivés sur site, des plongeurs spécialisés qui utilisent du trimix, des recycleurs et tout ça, c'est des plongées très très techniques, très spéciales pour aller dans ces profondeurs-là, qui exigent aussi, comme j'ai dit, une bonne logistique en surface aussi, eh bien ils ont commencé à les trouver, les localiser dans diverses chambres. Leur accompagnateur Le gars qui était censé les guider, lui, a été retrouvé dans la première chambre. Ça signifie lui était sur le point de sortir. Je pense que quelque part il était à deux doigts de trouver la sortie, tu vois. Mais bon, voilà, ça s'est terminé avant. Il paraît que l'air était vide. Ça signifie quand on a trouvé les— quand on a regardé les bouteilles, quand on a regardé les manomètres, l'aiguille indiquait zéro. Tu vois, donc c'est quand même terrible. Ça te prouve que Pour beaucoup d'entre eux, on n'a pas le détail individuel, mais pour toute cette palanquée, ce qu'on appelle un groupe de plongée, une palanquée, eh bien, ce qui s'est passé, c'est que les gens sont probablement restés à tourner en rond à l'intérieur de ce système de caves, à soulever des sédiments, à voir l'air partir sans trouver de porte de sortie. Puis après, bon, chaque fois qu'il y en a un qui finit sans air, ben voilà quoi. On a deux en général, on peut s'aider les uns les autres. On peut s'aider les uns les autres, tu vois, tu en as deux. Tu as le jaune, là je vais pas l'utiliser parce que je l'ai pas nettoyé. Donc tu as le jaune, généralement il a un tuyau plus long d'ailleurs, tu le passes au copain. Cela dit, honnêtement, honnêtement, quand tu es dans un système de grotte à 60 mètres, il y a plus d'air, eh ben je crois que c'est là où tu sais qui est vraiment ton ami, quoi. Parce que là tu sais celui qui va te passer le sien ou pas. Mais de toute manière, combien même il te passerait le truc, Ces profondeurs-là, à 2 à souffler sur la bouteille, non, non, ça va vous faire gagner 45 secondes à chacun. Voilà, mes amis, en tout cas, c'est comme je vous ai dit, pas d'attitude cow-boy avec ces histoires-là, que ce soit la plongée, que ce soit l'aviation, autre chose, la vie, même la conduite automobile, le ski, tout ça. C'est, regarde, Schumacher, conducteur automobile connu mondialement, Formule 1, tout ça, Il s'est ramassé en ski, tu vois. Je veux dire, toujours, toujours veiller à sa sécurité, ne jamais normaliser la déviance. Même, tu sais, je vais te dire un truc, le problème avec la déviance, quand on commence à faire des conneries, les répéter, ça se passe bien, c'est grave parce qu'on a l'impression que c'est normal, on a l'impression qu'on a réussi à pousser les limites du possible. Tu vois, c'est comme, je donne un exemple, j'avais un pote, oui, il s'était bourré, il a conduit très vite, il est arrivé à la maison, voilà. Il s'est rien passé, il n'y a pas eu d'accident, il n'y a pas eu de gendarmes qui l'ont arrêté, il n'a pas perdu son permis. Ça veut pas dire que ce qu'il a fait est bien. Ça veut pas dire que ce qu'il a fait, bah, c'est normal. On valide la chose, pas parce que ça marche une fois. C'est parce que ça marche et ça marche et ça marche et ça marche. Quand tu as un 777 qui décolle de New York, qui atterrit à Paris, puis après va à Calcutta, puis après il va à l'île Maurice en Afrique du Sud et il fait ça pendant 30 ans sans jamais avoir de problème, Ça, c'est répétitif parce qu'il y a un process derrière, il y a une organisation. C'est pas chaque vol qui est improvisé, qui va pousser les limites du possible. C'est pas une aventure, c'est pas une aventure en vol, tu vois. Or, quand on commence à sortir de cette zone-là et n'en faire qu'à sa tête, bon ben voilà quoi, ça marche des fois, la vie pardonne, des fois l'équipement pardonne, la nature pardonne, la providence. Une fois, deux fois, trois fois, puis un jour tragédie. Voilà, merci mes amis d'avoir regardé cette vidéo qui est, qu'on soit bien, un hors-série sur la manifestation, mais ce n'est pas un hors-série sur la substance. Sur la substance, aujourd'hui on a parlé de sécurité, et exactement les mêmes codes, la même philosophie de sécurité aérienne s'applique un peu partout dans la vie, y compris quand on utilise une échelle et on monte peindre un mur. Merci d'avoir regardé jusqu'ici et on se voit dans la prochaine vidéo.
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