
French-language YouTube monologue describing a fatal general-aviation accident near Trapper Creek, Alaska. The narrator frames the story within general-aviation culture and safety, explains how remote-Alaskan communities rely on small aircraft, recounts that a 54-year-old pilot flew low passes over his daughter’s wedding in a restored Cessna 209 on 19 July 2015, violated minimum overflight heights and lacked a valid medical certificate (expired 1 Jan 2015), struck a tall tree on a low, fast third pass, and was killed; autopsy found benzodiazepine (Valium) and cannabis. The speaker uses the accident to warn about recklessness, substance use, and erosion of basic aéroclub values.
Mes amis, bien le bonsoir. Ça fait très longtemps qu'on n'a pas parlé d'aviation générale et c'est un tort. Il y a beaucoup d'aspirants pilotes qui fréquentent ce site. C'est des aspirants pilotes qui fréquentent aussi des aéroclubs. Et puis, il faut savoir une chose importante, c'est qu'un pilote se fait ou se défait au niveau de l'aéroclub. Les valeurs de l'aviation qui ne se vivent pas au niveau du Cessna 152, ce n'est pas sur l'Airbus A380 qu'on va les découvrir et c'est trop tard à ce stade. On remarquera très souvent que lorsqu'il y a un accident d'un avion de ligne, et puis que dans cet accident, il y a une forte composante de facteurs humains, on va voir que l'équipage, ce qui lui a manqué, ce n'est pas un savoir complexe, un savoir avancé, mais souvent des valeurs et des connaissances qu'on peut considérer comme fondamentales. Aujourd'hui, on va aller en Alaska. C'est un état américain très particulier, un état acheté à la Russie pour une poignée de dollars. Cet état est très désert. Il y a très peu de monde qui y vit. Les gens sont clairsemés sur sa surface. Ils forment des communautés, comme ils disent là-bas. Et puis c'est des petites villes connectées par des petites routes à des villages avoisinants. Mais en fait, l'ensemble est connecté à rien du tout. Ça veut dire qu'on ne peut pas traverser l'Alaska par un système d'autoroute, par exemple. Donc, 80% des villes de l'Alaska sont complètement isolées. Le seul moyen d'y accéder, c'est par avion. Donc, en Alaska, on achète un petit avion, comme ici, on achèterait une fourgonnette. Le petit avion va servir pour aller chez le dentiste, pour aller chercher des pièces pour la voiture, pour le pick-up, pour aller au supermarché, pour transporter du courrier, pour évacuer un malade. Ce n'est pas un luxe. Les gens vivent avec ce genre d'appareils constamment. Ils ne pourraient pas vivre sans cela. Ces appareils sont souvent amphibies et peuvent poser sur des lacs, des bras de fleuve, mais ils peuvent aussi poser sur des pistes de terre battues ou des pistes tondures. On va aller à Trapper Creek. Trapper Creek, c'est un endroit un petit peu perdu au nord de Corée, à peu près à 200 km. C'est très dur à localiser sur une carte et clairement, ce n'est pas le genre d'endroit vers lequel on trouverait une formule tout compris. Il y a quelques maisons, beaucoup d'arbres, et ça s'arrête là, c'est Trapper Creek, c'est le genre d'agglomération, on peut presque la passer en voiture sans avoir réalisé qu'on est passé devant. On a un gars qui va acheter un avion en Californie, il va le ramener, c'est un Cessna 209, et puis le problème c'est que la Californie c'est quoi ? C'est un désert qui se bat contre l'océan. L'avion phibique qui vient de Californie, volé en Californie, atterrissé sur de l'eau salée. L'eau salée attaque le métal, l'avion est dans un état un petit peu lamentable quand il le reçoit, et il va s'employer avec beaucoup de volonté à le restaurer. Par la suite, il vole, il l'utilise, et ce monsieur de 54 ans, En juillet 2015, le 19 juillet 2015, il a une occasion familiale extrêmement heureuse, sa fille se marie. Donc il y a un mariage, ils invitent un petit peu les voisins, et puis la journée se passe très bien. Néanmoins, si on est en Alaska, c'est très difficile de recruter un jongleur ou un clown pour un mariage. Il y a très peu de professionnels ou de techniciens pour ce genre de choses dans le coin. Alors, ce qu'il va faire pour agrémenter un petit peu la journée, pour essayer d'apporter un peu de spectacle, il va aller chercher son Cessna 209 et il décide de survoler les mariés et puis l'endroit où se passe le mariage. Alors celle-ci déjà en soi est une violation importante. Il faut savoir une chose qu'il y a ce qu'on appelle les règles de l'air qui sont définies par l'OACI et qui sont transcrites après par chaque pays dans sa législation nationale. Si vous allez en France, vous allez trouver les règles de l'air au niveau d'un site comme l'Aigifrance et dans d'autres pays sur des sites équivalents. Une des choses qu'on apprend littéralement la première semaine à l'aéroclub, c'est la hauteur minimale du survol. Elle dit quoi ? Il y a un article là-dedans qui dit que, sauf pour les besoins du décollage et de l'atterrissage, les avions voleront à plus de 300 mètres, 1000 pieds, au-dessus de tout obstacle situé dans un rayon de 600 mètres. 2000 pieds dans la législation américaine, 600 mètres dans la législation française. Ça veut dire quoi ce charabia ? Cet article, il faut le connaître par cœur. Normalement, on l'apprend la première semaine littéralement à l'aéroclub, c'est pour ça qu'on ne l'oublie jamais. Si on prend une terre plate, sans aucun obstacle, sauf pour les besoins du décollage et de l'atterrissage, ça veut dire que sauf s'ils sont en train d'atterrir ou de décoller, les avions doivent maintenir une altitude ou une hauteur de 300 mètres ou de 1000 pieds. Maintenant, s'il y a un obstacle qui se matérialise, mettant il y a par exemple des arbres très longs, mettant il y a une petite colline ou autre, eh bien l'avion, si cet obstacle se matérialise sur les 600 mètres de rayon, il va augmenter son altitude pour maintenant utiliser cet obstacle comme référence. Ça signifie qu'il volera à 1000 pieds au-dessus du sommet de cet obstacle. Donc l'avion qui est en train d'aller en rasmod au-dessus des arbres et survoler les invités, la maison et tout ça, déjà il n'a rien à faire là. Deuxième violation de la réglementation, le pilote qui a 54 ans n'a plus de certificat médical valable depuis le 1er janvier 2015. Alors, est-ce qu'il n'a pas renouvelé parce qu'il avait du mal à trouver un médecin ou que c'était toute une expédition d'aller en voir un ? Ou bien, tout simplement, il était dans un état médical tel qu'il avait pensé que le médecin risquerait de ne pas renouveler le certificat. En tout cas, on voit que dans cette région du monde, qui a d'ailleurs l'Alaska, a deux fois plus d'accidents que le reste des États-Unis. Quand on regarde Les tables qui montrent les accidents par date, à l'Alaska, c'est presque deux, trois accidents par semaine, certaines années. Ça tombe comme à Stalingrad. Justement parce qu'on a énormément de gens qui possèdent des avions alors qu'ils ne sont pas nécessairement dans une culture d'aviation. C'est juste des gens qui achètent un avion parce qu'il le faut bien. Et puis après, ils passent des certifications, des licences à minima. et par la suite ne renouvelle rien du tout, ne contrôle rien du tout, et puis tout le monde s'en fiche, et puis personne ne contrôle personne, et puis voilà. De toute façon, pour qu'un inspecteur de l'AFA aille traîner du côté de Trapper Creek, c'est quelque chose qui ne va jamais arriver. Il fait donc son premier passage, et puis après il repart, remonte, fait un deuxième tour, et il revient à toute vitesse. De toute manière, durant les festivités du 14 juillet, on a bien la Patrouille de France qui survole les Champs-Elysées. Donc toutes proportions gardées, c'est peut-être une inspiration pour ce genre de spectacle dans cette région oubliée des dieux et des hommes. Donc, il passe, on imagine sa fille, la mariée, qui espère que son paternel range son avion, il est déjà 19h, il y a des invités, peut-être qu'il devrait aller se mélanger à eux, au lieu de passer avec le moteur vrombissant, un Cessna 209 c'est très bruyant. Mais voilà, il repart, et malheureusement, on va dire que ses deux premiers tours se sont très bien passés, mais il n'a pas su s'arrêter. Souvent, voilà, c'est le problème, les gens ne savent pas s'arrêter. Donc il refait encore un tour et il arrive pour une troisième fois. Cette fois-ci, décidant d'augmenter la valeur spectaculaire de son intervention, il décide de passer plus bas et plus vite encore. Les gens le regardent, assez dubitatif comme vous pouvez imaginer, passent au-dessus des arbres, survolent les invités, les mariés, par au-dessus de la forêt. Et là, il y a un arbre un peu plus haut que les autres. Le problème, c'est que sur un cockpit d'un avion, qu'il soit de ligne ou d'aéroclub, vers le bas, il y a un angle mort énorme parce que ces avions, ils volent légèrement cabrés. Il y a le tableau de bord qui est grand. Voilà, il y a un angle mort. Dans cet angle mort se cache un arbre et l'arbre va littéralement venir clipper Donc la roue, c'est pas l'arbre qui va venir, l'arbre est stable. L'appareil arrive, il va taper sur l'arbre, il va casser la cime de l'arbre. L'impact va aller sur le train d'atterrissage, puis après sur la partie gauche de la gouverne de profondeur qui sera arrachée, qui sera retrouvée, pas avec le reste de l'épave, mais un peu plus loin. Et en fait, sur ce que voient les invités, ils voient l'impact très furtif, très rapide, presque comme s'il n'avait pas eu lieu. Et puis, la prochaine chose qu'ils voient, c'est l'avion qui est sur le dos. Littéralement sur le dos. Et puis, les arbres sont jusqu'à quelques mètres en dessous. Ils continuent cette lancée et ils disparaissent derrière le rideau d'arbres. Les gens courent. pour essayer de voir s'il y a quelque chose à faire, il retrouve l'épave quelques centaines de mètres de là, le pilote est dedans et bien entendu, il est décédé. Ce genre d'accident si basse altitude ne donne pas vraiment beaucoup de chance au pilote. C'est aussi, sur le plan psychologique, ce qui est arrivé, nous révèle un grand tueur de l'aviation générale. C'est la volonté d'en jeter, c'est la volonté d'en faire trop, surtout quand il y a des spectateurs. Ici, ce gars qui utilise un Cessna 209 comme tu utilises une estafette, il démarre le matin, il part avec. Là, soudainement, il y a un événement, il y a des gens Il y a une occasion, et puis malheureusement dans les mariages, les gens vivent dans une autre dimension. Il y a le stress, il y a la volonté d'exécuter, la volonté de tout faire parfaitement, la volonté de surenchérir dans son cas à lui. Voilà, résultat net, le mariage s'est transformé en funérail. Lors de l'autopsie du pilote, ils ont trouvé qu'il était sous l'influence de plusieurs médicaments, du Valium entre autres, des anxiolytiques, mais aussi de drogue. Ça signifie qu'il avait consommé du cannabis, probablement durant le mariage. Donc on a un mélange de drogues, de drogues légales et illégales, on a un mélange de produits chimiques de toutes sortes, et puis chacun est connu isolément déjà. est connu pour perturber les sens, perturber le jugement, perturber les réflexes. Mais encore là, ils sont mélangés. Merci mes amis d'avoir suivi cette vidéo jusque là et j'espère qu'on va tous vivre entiers heureux dans les checklists des avions d'Aéro Club. A très bientôt.
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