Milieu du Travail : Evitez les Questions d'Honneur !

Monologue (French) arguing that workplaces are fundamentally transactional and that personal virtues such as "honor" or unconditional transparency are unsafe there. Uses anecdotes: a woman who disclosed her pregnancy and was then harassed into leaving; an example of US "at-will" employment and visa sponsorship where promised loyalty was not reciprocated. The speaker's advice: act in your own legal/contractual interest, do not expect human decency or honored promises from employers.
Mes amis, bien le bonjour. J'ai reçu un message sur le WhatsApp que je donne régulièrement. Voici la teneur. C'est une femme. Elle me dit qu'elle était enceinte et qu'elle a décidé d'avertir son employeur. La loi ne l'obligeait pas. Il n'y a rien qui l'obligeait à le faire. Mais très tôt durant le processus, elle a décidé d'en parler, tout simplement pour que l'employeur puisse prendre ses dispositions, pour que, par exemple, il puisse préparer le lendemain, quand elle sera en congé maternité, qu'il trouve quelqu'un, les choses se passent le plus gentiment possible. Et après, que s'est-il passé ? Après, on lui est rentré dedans. C'est que tout simplement, on lui a pourri la vie. Ça veut dire, vous savez, dans les entreprises, ils ont tout un catalogue. Ils peuvent vous donner des horaires impossibles, des targets ou des objectifs impossibles à atteindre, ils peuvent cacher de l'information, ils peuvent te mettre vraiment sur une voie d'échec. Il leur appartient de le faire, s'ils choisissent de le faire, t'as aucun moyen de lutter contre. Donc, ils lui ont pourri la vie, même sur le plan humain, elle m'a dit qu'ils n'étaient pas sympas avec elle, ils ne lui souriaient plus, tout ça. Et donc, ils s'en sont arrangés pour qu'elle parte avant son accouchement. Ils l'ont fait se virer, en fait. Alors, bien sûr, on n'a pas le droit de virer une femme parce qu'elle est enceinte, mais on a tout à fait le droit de lui pourrir la vie pour qu'elle parte. Alors moi je lui ai posé la question, j'ai dit mais qu'est-ce qui vous a incité ? Quelle est l'incitation que vous aviez eue à aller les voir et leur dire que vous étiez enceinte ? Parce que légalement, il n'y a aucune obligation. Une femme, dans la majorité des juridictions, n'est pas censée aller voir son manager lundi matin, son 1 de plus 1, le prendre dans un bureau et lui dire écoute j'ai du retard. A moins qu'ils sortent ensemble, c'est autre chose. Mais en pratique, elle n'est pas censée faire ça. Elle, elle l'a fait. Pourquoi ? Elle m'a dit c'était une question d'honneur, je voulais pas leur mentir, je voulais pas être cachotière avec eux, j'ai voulu jouer la transparence, dire la vérité, tout ça. Bon, j'ai compris. Ce genre de choses, l'honneur par exemple, et ce genre de vertus, les vertus équivalentes, vous pouvez en établir une liste si vous le souhaitez, ce genre de choses, il faut les garder pour sa famille, pour ses amis, pour ses associés, et pour toutes les organisations où ces valeurs-là ont un sens. L'entreprise ne fait pas partie de ces organisations, malheureusement. Dans l'entreprise, si vous rentrez dans ces logiques-là, genre j'en fais une histoire d'honneur, vous êtes tout simplement en train de donner des perles aux cochons. C'est des cochons, et encore, je suis gentil, encore. Encore, c'est presque une insulte aux cochons, ce que je suis en train de dire. Dans l'entreprise, On est des gens liés par des relations d'argent, fondamentalement. On est là ensemble, comme je vous ai dit. On est juste là pour des raisons de circonstance, c'est tout. Comme lorsque l'on se trouve dans le même wagon d'un TGV avec des gens. Ou comme lorsque l'on se trouve dans la même cellule en garde à vue ou autre. C'est des gens qui ne sont pas des amis, juste le destin pendant un moment nous a mis ensemble dans cette boîte-là. Et puis un jour on partira, on se séparera, on oubliera les noms des gens. Je travaille 15 ans en entreprise, je ne peux pas vous citer. Allez, j'ai peut-être 2-3 prénoms en tête et encore. Et je n'ai personne auquel je parle de ces 15 ans-là. D'accord ? Donc, pas de question d'honneur dans les entreprises. Vous réfléchissez à votre propre intérêt. Votre intérêt dicte quoi ? Et vous suivez ce que votre intérêt vous dicte. Je vous donne un exemple. Une époque, je rêvais d'aller aux Etats-Unis. J'en suis revenu, comme de beaucoup de choses. Je voulais aller aux Etats-Unis vivre. J'y allais régulièrement pour du travail. J'étais envoyé par différents employeurs. J'étais souvent là-bas et je me plaisais. Je me disais, c'est un pays vraiment qui me fait rêver. J'ai envie de rester là. Le problème, c'est qu'aux Etats-Unis, on ne reste pas comme on veut. Il faut qu'un employeur sponsorise un visa. Alors je travaillais à l'époque pour une campagne américaine, mais j'étais dans leur branche britannique. Alors que s'est-il passé ? Il y avait un vice-président qui venait régulièrement et puis il avait besoin de gens aux Etats-Unis. Donc cette année-là, il devait emmener quelqu'un aux Etats-Unis. Il avait un... parce que ça marche par quota et tout, c'est assez compliqué. Ils avaient la possibilité de prendre une personne de notre agence britannique et l'emmener aux Etats-Unis. Bon, le vice-président, voici ce qu'il nous a dit. Quand il m'a parlé à moi, on était deux qui étions pressentis pour cela. Quand il a discuté avec nous, voici ce qu'il a dit. Il a dit, écoutez, aux États-Unis, le travail, c'est comme ils disent là-bas, est at will. Ça signifie, il n'y a pas vraiment de... Il y a un contrat de travail, mais ce n'est pas un contrat qui est garanti, ni de part, ni de l'autre. Il n'y a pas de période de préavis. Tu peux arriver dans ton entreprise, lundi matin, on te dit, C'est fini, il n'y a plus de travail pour toi, pars. Pas besoin de donner de raison. Il n'y a plus de travail, c'est terminé. Toi, pareil, tu peux dire aussi, au milieu de la journée, je plie mes affaires, mes amis, au revoir, je pars, c'est terminé. Il nous a dit, aux Etats-Unis, je ne peux pas obliger quelqu'un à rester. Je n'ai pas la possibilité légale ou contractuelle de l'obliger. Par contre, ce qui m'embête, parce qu'il avait déjà fait d'en passer, Quand je ramène quelqu'un aux Etats-Unis, ça me coûte cher. Ça coûte cher en budget, parce qu'il y a un budget avocat, il y a un budget formalité, c'est pas mal de paperasse. On le paye en général, on lui donne un pactole pour qu'il puisse payer son déménagement. Il a dit, moi j'ai pas envie de ramener quelqu'un d'Europe aux Etats-Unis pour qu'il me claque entre les doigts en quelques mois. Et puis, qu'ils partent travailler ailleurs. J'ai pas envie. Parce que beaucoup de gens, une fois qu'ils arrivent aux Etats-Unis, ils regardent un peu le marché, ils vont trouver un meilleur sponsor, une meilleure opportunité, et puis ils partent. En plus, comme ils sont sur place, c'est beaucoup plus facile pour eux de le faire que s'ils étaient en Europe. Donc, il nous a dit, moi, si je vous ramène, j'ai besoin d'un engagement de votre part, pas légal ou contractuel, juste personnel, que vous restez, pas à vie, mais assez longtemps dans la compagnie pour que je puisse un peu rentrer dans mes frais, voilà. Moi, je lui ai promis que j'allais rester dans la boîte. Un autre collègue qui était là lui a promis aussi. Ma promesse était sincère. C'était une époque où je croyais encore qu'il y avait de l'honneur dans la compagnie. Ma promesse était sincère, je vous assure. Si j'étais parti aux États-Unis, je serais resté quelques années chez eux. Facilement 2, 3, 4 ans, je serais vraiment resté. Je n'étais pas en train d'envisager de les entuber une fois arrivé sur site, d'accord ? Figurez-vous que, quelques temps plus tard, tombe la décision. Ils ont pris qui ? Ils ont pris mon collègue. Mon collègue, il a reçu son sponsorship, ça a pris à peu près un mois de formalité, et puis hop, il a pris son envol et il est parti vivre aux Etats-Unis. Le truc, c'est qu'en quelques mois, il les a laissés tomber et il est parti ailleurs. D'accord ? Donc, ce qui s'est passé m'a montré que et d'autres, d'autres, d'autres situations. Je ne vous parle que d'une qui me vient en tête. Mais en fait, dans le milieu de l'entreprise, la parole d'honneur, la promesse sincère, l'engagement de cœur, l'engagement humain n'est pas valorisé, il n'est pas respecté du tout. Eux-mêmes peuvent te promettre des choses, peuvent te dire des choses, et puis le lendemain, te changer d'avis. Mais comme ça, quand leur intérêt change avec le vent, Il y a plein de gens qui me disent, quand j'étais recruté, et ça, faites très gaffe, c'est même une autre question en réalité, mais je profite maintenant pour l'aborder. Il y a des gens qui me disent, au moment du recrutement, le gars que j'avais en face m'a fait des promesses. Par la suite, ces promesses n'ont pas été tenues. Ah ben oui, ces promesses ne sont pas tenues. Les promesses qu'on te fait durant l'entretien d'embauche, le gars qui te les fait, Il te les fait littéralement, en titre personnel, c'est pas la compagnie qui te les a faites. Elles n'ont aucune trace, elles n'ont aucune existence en réalité. Elles ne sont pas dans le système des ressources humaines, elles ne sont pas dans un contrat. Le gars qui est en face de toi, il t'a dit quelque chose. Il t'a promis que par exemple, tu rentres à ce salaire, mais que dans 6 mois, ça sera réévalué. Ou il t'a dit, tu rentres dans ce poste, mais tu es un peu trop senior pour ce poste, et dans un an maximum, on va t'upgrader, on va te promouvoir. Il te le dit comme ça, pour que tu signes le contrat. Toi, tu signes, tu commences à travailler. 6 mois plus tard, tu parles, on te dit mais tu rêves ou quoi ? On a rien nous. Le gars qui t'a promis, il a été muté ou il a pris sa retraite ou il est chez la concurrence maintenant. Et puis t'as que les yeux pour pleurer. Oui mais on t'a dit mais on t'a dit mais ton contrat, y'a un salaire, y'a un rôle, y'a tout ça, je veux dire, tu parles de quoi là ? Tu parles de quoi ? Tu fais des films ? Donc, faites très gaffe à être comme ça dans le milieu de l'entreprise. Il faut toujours défendre vos propres intérêts. Donc, tu es enceinte, si la loi ne t'oblige pas à en parler, n'en parle pas. Mais ton employé, tu n'en as rien à foutre. Ce n'est pas la maison de ton père. Ce n'est pas la boîte de ton père. C'est à toi cette entreprise. Tu me prends une boîte de K40, tu crois quoi ? Tu travailles dans un orphelinat ? D'accord ? Tu crois quoi ? S'ils vont rater un projet ou un client, ils vont faire quoi ? D'accord ? Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Il y a des enfants qui vont mourir ? Non. Non. Donc arrête de réfléchir à l'intérêt de la boîte. Réfléchis à ton propre intérêt, ton intérêt personnel. C'est tout. Du moment que tu es dans les clous sur le plan légal, tu es dans les clous sur le plan contractuel, le plan humain, franchement, juste oublie-le. Il n'y a pas de plan humain au sein de l'entreprise. Il n'y a que tes intérêts que tu dois défendre. Merci d'avoir écouté jusqu'ici. Continuez à m'envoyer des questions. J'en ai tout plein, tout plein, tout plein. Et je peux vous dire que sur une question à laquelle je réponds en vidéo, il y en a 10 auxquelles je réponds directement par WhatsApp. Mais je dois faire un peu plus d'efforts à faire plus de vidéos parce qu'il y a plein, plein de sujets très intéressants que j'évoque avec des gens et que j'aimerais les partager plus largement parce que je pense qu'ils ont une valeur commune intéressante. À très bientôt, mes amis.
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