
A French-language YouTube monologue reflecting on the killing of Nahel and the ensuing urban violence in France. The speaker argues the situation stems from multiple structural causes—police recruitment/low experience, weakened institutional standards, social dynamics in ‘cités’—and criticizes a policing culture that lacks de-escalation. He mixes critique with personal anecdotes about growing up in a cité, urges understanding of contextual factors, and attributes broader responsibility to successive governments while rejecting the officer's actions.
Les amis, bien le bonsoir, je regarde ce qui se passe en France et je suis avec beaucoup d'attention. Vous êtes tous dans mon cœur, que vous soyez chrétiens, musulmans, athées, d'extrême gauche ou d'extrême droite, que vous soyez quelqu'un qui appelle à la paix ou que vous soyez quelqu'un qui appelle à plus de violence. Vous êtes tous dans mon cœur et je suis réellement désolé de cette situation dans laquelle vous avez tous été plongé sans que ce soit de votre faute réellement. Mais aujourd'hui, on le constate de plus en plus, il y a beaucoup de problèmes. Ce genre de situations si merdiques ne peuvent pas venir d'un seul problème. On ne peut pas juste les expliquer simplement. Il y a toujours des explications simples, courtes, mais généralement largement insuffisantes. Et il y a les explications longues. Mais le problème, c'est que personne n'a le temps pour les explications longues de nos jours. C'est pour ça que la simplification se vend très bien. Alors, j'aimerais vous parler de 2-3 choses. Premièrement, il faut savoir une chose que dans les effectifs de la police, le chiffre vient de la police municipale, d'accord ? Ce n'est pas de la police nationale. Mais juste pour vous donner un ordre de grandeur, juste pour pouvoir parler, la police municipale n'a pas été impliquée dans des flingages, à ma connaissance. Je crois qu'il y a eu une ou deux raclées, mais pas plus que ça. 50 % des effectifs ont moins de 10 ans d'expérience. Ça veut dire quoi, vraiment ? Ça veut dire que... C'est une institution, et on comprend, qui a du mal à recruter, qui a du mal à garder les gens. Les vieux de la vieille, ceux qui sont rentrés pour les bonnes raisons, ils ont pris leur retraite, ils font des barbecues aujourd'hui, ou bien ils sont fatigués, ils sont sur la pente glissante vers une retraite largement méritée. Qu'est-ce qu'on a ? On a une administration qui, on le voit aussi dans le milieu de l'entreprise, quand on n'arrive pas à recruter, quand on n'arrive pas à garder, qu'est-ce qu'on fait ? On abaisse le niveau, forcément on abaisse le niveau. Il y a aussi un autre problème. Ça fait très longtemps que la police nationale cherche à recruter dans les cités. J'ai presque envie de dire c'est gagné. Ils ont recruté dans les cités parce que ce flic, c'est de là qu'il venait. Et en fait, on arrive malheureusement avec des concours où on passe avec des notes de 6 ou de 7 sur 20. avec des fois des gens qui rentrent même sans concours parce qu'ils peuvent passer par d'autres chemins comme auxiliaires de police et autres qui permettent au bout d'un certain nombre d'années des passerelles vers le métier donc de policier. Et au final, ça se termine avec des personnes qui ne savent pas comment travailler, qui peuvent flinguer un jeune de 17 ans pour un défaut de permis, par exemple. Le gars n'a pas de permis, il a une voiture, visiblement, elle n'est pas à lui, ou la carte grise n'est pas en règle, ou t'es passé au jaune, il t'arrête, il sort le pétard, boum, voilà, c'est réglé. Tu conduis plus sans permis, tu ne grippes nul les feux au jaune. Bon, les gars, quand même, vous savez, je regarde souvent la police américaine qui est réputée et parfois cette réputation est malheureusement méritée, qui est réputée d'avoir la gâchette facile. Je peux vous dire un truc, c'est probablement une fausse réputation, c'est à dire qu'ils portent des caméras et très souvent le contenu des caméras est rendu public à l'occasion de fusillades. Et vous allez voir que Souvent, si le flic avait tiré 30 secondes avant, j'aurais eu tendance à dire que c'était justifié. Vraiment, ils ne tirent sur quelqu'un qu'en dernière extrémité. Ils font tout pour... Il y a un mot que je vais dire, peut-être la police nationale ne l'a jamais entendu, ça s'appelle désescalade. Ça signifie ils font tout pour désescalader la situation, pour ne pas monter les tours, pour ne pas être la source, en particulier quand des mineurs sont impliqués, pour éviter justement de faire monter la mayonnaise et finir avec des gens à la morgue. Parce que ce n'est pas le but, honnêtement. Même, même, je vous dis un truc, même si ce jeune était un fourçonné, il avait un flingue, il avait un fusil de chasse, un canon scié que Dieu nous protège, ou bien avait pris des otages. Je vous dis un truc, c'est toujours un échec quand on n'arrive pas à parlementer, quand on n'arrive pas à diffuser la situation sans effusion de sang. Même dans les cas les plus extrêmes, des fois vous voyez la police américaine négocier pendant trois heures avec quelqu'un. Vous les voyez des fois avec un type armé, ils sont aux prises avec un gars armé. et ils attendent réellement. Ils font tout pour dire, posez votre arme, on n'a pas envie de vous tirer dessus. Rien de grave qui s'est passé jusqu'à maintenant. Cette situation n'est pas si grave que cela. Si vous posez votre arme, les problèmes vont s'arrêter tout de suite. D'accord. Parlez-nous, on est là pour vous aider. Ils sont toujours dans une logique de désescalade. Or, ce que j'ai l'impression ici, que la police nationale en France Voilà, il y a des gamins de cité qui roulent dans une bagnole, voilà, on sort un flingue, je vais t'éclater la tête, tout ça, pis don't act. On peut comprendre que, voilà, c'est pas un truc qui va passer facilement dans une société ultra communautarisée. Parce qu'il y a ça aussi. Parce que par derrière, il y a des gens qui m'ont écrit pour me dire, est-ce qu'en Algérie, on aurait flingué pour les mêmes raisons ? Non, je peux vous le dire tout de suite. En Algérie, on n'aurait pas flingué pour les mêmes raisons, mais on aurait donné une bonne raclée pour les mêmes raisons. Et peut-être qu'en France, on devrait distribuer plus de raclées. Ça évitera ce genre de situation, pour être honnête avec vous. J'étais en Algérie, il n'y a pas plus tard que l'année dernière. Alors quand il y a un barrage qui t'arrête, t'es face à toi des gens extrêmement sérieux. T'es à l'oeil. t'as les deux, trois flics qui sont autour de la voiture, t'as un autre qui est debout en train de fumer une clope et surveiller une chaîne qu'il peut tirer si jamais tu cherches à partir. Il y a un fourgon garé là, il y a deux autres qui sont sous l'arbre, et puis bon, avec le soleil et tout, ils sont penchés sur un AK-47, d'accord, prêt à servir. Donc quand tu arrives là, dans ce genre de barrage, t'as quand même l'impression, instinctivement, je parle d'instinct là, c'est pas intellectuel ce que je dis, T'as instinctivement comme ça l'impression que tu dois juste rester poli, gentil. S'ils te disent un truc, tu respectes et puis c'est tout. Mais ils n'ont pas la tradition de tirer sur des gens pour des problèmes de code de la route. En même temps, en même temps. Ce qui me choque en France aujourd'hui, c'est également l'escalade de violences dans les quartiers, c'est à dire que je ne vois pas le rapport entre cette histoire Et puis la violence qui a lieu partout en France avec des bâtiments brûlés, des magasins pillés, des gens qui partent avec des chenilles filles sous le bras. Je ne sais pas si ça se fait toujours, les chenilles filles, c'est peut-être une ancienne référence, mais j'ai vu des gens partir avec des cartons de produits de consommation sous le bras, dans un contexte où on est en train de protester pour la perte d'une vie humaine. Donc c'est vrai que tu te demandes un petit peu ce qui se passe. Alors, Cette situation a été créée par les gouvernements successifs en France. Ça a été une situation qui est voulue. Ça signifie qu'on a réellement créé cette France-là, une France multiculturelle, donc forcément multiconflictuelle, Et puis voilà, une bavure policière, ça arrive. Je suis, j'ai zéro soutien pour ce flic pour qu'on soit d'accord. Pour moi, c'est une erreur du recrutement. Ça veut dire que moi, je vous dis en privé, je pense que la police française voulait recruter absolument dans les cités. Ils ont abaissé les critères d'entrée qui, d'habitude, qui, déjà, sans en arriver à son extrêmement bas, ils ont recruté ce rombo. Ce gars qui roulait mécanique, qui n'avait même pas à être flic, qui n'a ni la culture de l'arme, ni la culture de la police, ni la culture du maintien de la paix ou du maintien de l'ordre. Et puis voilà, il a vu des gamins dans une bagnole, il a tiré, c'est tout. C'est un type qui ne doit pas être dans la police, pour commencer. Et je trouve que c'est un déshonneur à la police. de défendre ce type. Et les gens qui aujourd'hui... Moi, pourquoi je suis contre ce type-là ? Pourquoi je suis contre ce type aujourd'hui ? Pourquoi je vous dis que ce gars-là, jamais il n'aurait dû être dans la police ? C'est par respect pour l'institution policière. Parce que quand il s'agit de... Je vis au Royaume-Uni, les flics sont très respectés, ils n'ont même pas d'armes d'ailleurs, pour la majorité. Et en fait, C'est quand même, en tant que citoyen, j'ai un standard assez élevé quand il s'agit de la police. Par exemple, il y a des gens qui ont dit « Pourquoi il n'y a pas eu de protestation pour l'affaire Lola ? » Parce que Lola n'a pas été tuée par un flic, tout simplement. C'est-à-dire que lorsqu'un crime est commis par un flic, on s'enrage encore plus que lorsqu'il est commis par le citoyen lambda, par un particulier. Parce que pour le flic, nous avons collectivement un standard extrêmement élevé. Je m'attends d'un flic, s'il trouve un jeune en train de conduire une voiture sans permis, je m'attends à ce qu'il se débrouille, sinon il fait un autre job, il y a aussi d'autres jobs qui n'obligent pas à faire face à cette situation-là. Mais je m'attends à ce qu'il soit en mesure de sereinement, calmement diffuser la situation sans envoyer le jeune en question à la morgue. C'est tout, c'est pas une demande énorme, vous voyez. Pour moi, le flic n'est pas un tueur au service de l'État, n'est pas un flingueur à sermenter qui arrive, flingue en pogne, bon, là, toi, bon, viens, pam ! Non, c'est pas ça le policing, c'est pas ça ramener l'ordre, ramener la paix. Je vous dis un truc, j'ai grandi dans une cité, d'accord ? J'ai grandi dans une cité en Algérie. Alors il y a des gens qui vont me dire tout de suite « Attends, là tu es un hors-sujet, tu ne parles de la cité en Algérie, nous on est en France. » Bon, pour des raisons assez longues à expliquer, d'accord, sur lesquelles je ne vais pas m'étaler aujourd'hui, il y a un rapport extrêmement fort entre les cités en Algérie et les cités en France. Je vous expliquerai ça un autre jour. Mais, parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens nouveaux sur ce canal et tout ça, je dis ça. Les anciens, vous avez tout compris. Mais pour les nouveaux, c'est vrai qu'il y a... Parce qu'il y a plein aujourd'hui de macronistes qui votent Macron. qui vient de morfler, malheureusement. Et moi, honnêtement, j'aimerais bien que les gens se réveillent sans morflage, j'aimerais bien. Mais malheureusement, le morflage, parfois, est un passage presque nécessaire pour essayer d'élever sa conscience politique, sa conscience de la situation. Donc Macron, pour moi, il est responsable. Enfin, il n'est pas responsable de l'alpha et de l'oméga. Il a reçu déjà une situation extrêmement merdique. Ce n'est pas du pro-Macronisme que je suis en train de faire là. Mais on se comprend. Cette situation-là dont je parle aujourd'hui, j'en parlais à une époque où on n'avait même pas entendu parler de Macron. On ne savait même pas qui il était. Cette situation était déjà là. Mais sauf que lui ne va pas améliorer la situation, c'est tout. Il ne va pas améliorer les choses. Qu'est-ce que je voulais vous dire ? J'ai grandi dans une cité. J'étais, si vous voulez, en termes de jeune, quel genre de jeune j'étais ? J'étais l'intellectuel, d'accord ? Celui qui lit des livres, qui va voir une pièce de théâtre, qui va vouloir s'approcher des artistes, s'approcher de gens auxquels je demandais. Une fois j'avais trouvé, je me souviens, j'étais monté sur le sommet d'un... d'un minaret et une mosquée. Puis un jour, ils ont oublié une porte ouverte. Je suis monté tout en haut du minaret. Je trouve quoi ? Je trouve une boîte, un carton plein de livres. C'était des livres extraordinaires de la littérature internationale française et autres. Il n'y avait que des classiques là-dedans. Et franchement, il était plein de poussière, ce livre. Depuis des années, visiblement, je les ai tous dévorés. J'étais ce genre d'adolescent. Alors quand tu es ce genre d'adolescent, malheureusement, En termes de morflage, je veux dire, sur la violence physique, tu vas morfler beaucoup plus que les autres. Tu ne vas pas opposer à des loupards de cité. Mais quand je dis loupards de cité, honnêtement, des loupards de cité qui étaient décrits à l'époque par Renaud. Rappelez-vous Renaud Seychant, pour qu'ils s'en souviennent. ces loupards de cités avec le cœur plus grand que la tête, des gens qui étaient un petit peu borderline, naïfs, roulaient les mécaniques et finalement ils morflaient, mais leur morflage, ils en étaient les premières victimes le plus souvent. C'était ce genre de gens qui peuplaient les cités en ces temps-là. Donc, personnellement, pour vous dire juste, en tant qu'intellectuel de cité, j'ai commis deux délais de fuite, D'accord ? C'est pas... C'est pas... C'est pas... J'en ai pas fait dix, j'en ai pas fait quinze, j'en ai fait deux. D'accord ? Une fois en moto, une fois en voiture. Et... Juste pour faire une full disclosure, comme on dit dans les starts parisiennes, j'ai envoyé trois personnes à l'hôpital. D'accord ? Une, accidentellement. Et deux... Deux, parce qu'ils m'ont attaqué à un moment donné. J'ai dû... C'est malheureux, ce que je vais dire. C'est extrêmement malheureux. J'ai dû répondre à la violence par la violence. Donc... Pour vous dire, et ça c'est un tout petit bilan, parce qu'il y a des gens, ça c'est leur bilan sur une semaine dans une cité. Ça c'était mon bilan sur toute mon adolescence. Vous voyez, j'avais emprunté une moto, j'avais emprunté une moto, voilà. Quand on est ado, dans les cités, je ne sais pas encore une fois comment ça se passe de par chez vous, je ne sais pas, je vous dis ce que je sais moi, là où j'ai grandi, emprunter un véhicule à moteur était un droit humain, un droit fondamental quand on est adolescent. on empruntait des motos, des voitures, et on les rendait. Et on les empruntait pas pour faire le mal. Quand j'empruntais une voiture, entre guillemets, bon, il y avait un adulte qui arrivait à la maison, typiquement mon oncle ou autre, il prend du couscous, il est fatigué, il va dans le salon, il décide de s'endormir un petit moment, bon, il fait la sieste. Typiquement, il laisse sa veste à l'entrée. Dans la veste, la poche droite, ça rate jamais. Il y a les clés, on va dans le véhicule, on démarre pas nécessairement tout de suite, juste on l'ouvre discrètement, on lâche le frein à main, on pousse la voiture assez loin de la maison et on démarre. On prend quelques copains et on va faire le détour en écoutant de la musique et en discutant. Il n'y a rien de sinistre. Des fois, on se gare sous un arbre, on discute, chacun parle de problèmes, ça peut être n'importe quoi. On ne parlait même pas nécessairement de meufs, si vous voulez tout savoir. Les meufs, c'est même pas un sujet chez les mecs, honnêtement. C'est même pas un sujet central, pour être honnête avec vous. J'ai l'impression que les filles parlent plus de mecs que les mecs de filles quand ils sont entre eux. Et après, enrendez la voiture à sa place, le plus discrètement possible. J'ai conduit des voitures sans permis. C'est un classique dans les cités, dans le code de la cité. D'ailleurs, ce flic qui vivait dans la cité devait le savoir. S'il voulait flinguer chaque ado qui conduit sans permis, là, il lui faudrait de l'arme lourde, il lui faudrait des armes de destruction massive. Tu ne vas pas régler ça comme ça. Ça fait partie du classique. Il y a un parent, il laisse une voiture, on lui pique la voiture. La prochaine fois, il sera plus malin, c'est tout. Il dormira avec ses clés, il ira aux toilettes avec ses clés, il ira à la douche avec ses clés. Parce que les ados, ils ont le nez pour te piquer la voiture. C'est tout, c'est normal. Je ne pense pas que le cousin de ce jeune lui a prêté la Mercedes parce que tout simplement, c'est des voitures puissantes. Il y a une responsabilité énorme attachée à ça, y compris une responsabilité financière. On ne va pas donner les clés à un ado de 17 ans qui n'a pas de permis. Ce n'est pas possible. J'ai dans ma famille... Un gars de 19 ans, il a son permis de conduire. Dans sa famille, il y a deux voitures, une voiture normale et une voiture très puissante. La voiture puissante, il n'a pas le droit de la conduire. Les clés sont cachées alors qu'il aurait le droit sur le plan légal. Il a le permis, mais il ne la touche pas. Juste pour vous situer, les gens sont quand même responsables, ne sont ils pas fous. Mais le cousin va dormir ou autre. Lui, il lui pique les clés, il part avec. Tous les ados font ça. Quand j'étais gamin, je suis monté avec un jeune. Il avait 12, 13 ans. Il conduisait un camion berlier. D'accord, c'était pas le bahut énorme, je sais pas combien de tonnes ça pèse ces trucs, mais le méga bahut d'accord, deux essieux à l'arrière. C'est le genre de véhicule qui conduisait. Bon, quelqu'un peut dire oui, mais qu'est-ce qui se passe s'il y a un accident ? On serait mort s'il y avait un accident, c'est tout. On ne vivait pas dans un monde de bisounours. On était dans la réalité, mais quand on est jeune, on n'est pas très conscient, notre cerveau n'est pas complètement formé. Moi-même, je me rappelle, je pouvais autant, autant, regarde, autant que je pouvais aller au lycée et ramener un 19 sur 20 en mathématiques, autant que je pouvais faire des choses dehors. ou prendre des décisions ou faire des choses qui te livrent, mais le mec n'est pas normalement constitué. Oui, on n'est pas normalement constitué. À 17 ans, on n'a pas le droit de voter, par exemple. À 17 ans, on n'a pas le droit d'acheter de l'alcool. Il faut une pièce d'identité. On n'a pas le droit d'acheter des cigarettes. Ça veut dire que même de par la loi, on n'est pas considéré comme complètement OK là dedans. Et je veux bien comprendre pourquoi. Je veux bien comprendre pourquoi. J'avais, par exemple, Il y avait quelqu'un qui travaillait avec mon oncle. C'est un mécanicien. Ils étaient depuis une semaine sur un moteur marine, un Volvo Penta. Ils cherchaient à le démarrer. Ils étaient dans un chalutier. C'était un moteur... Enfin, le chalutier entier avait l'air d'être une épave. Mais ils cherchaient à démarrer ce moteur. C'est une aventure. Il a démarré à la fin. Mais il a laissé une moto dehors. C'était une moto-bécane. Vous savez, à l'époque, c'était décliné en deux versions, la bleue et la rouge. Elle était trafiquée. Bon, moi, qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis là à dos, je vois la chose. C'était naturel. D'ailleurs, je ne vous dis même pas quelle jante véhicule j'ai pris. Je ne suis même pas en train de tout vous révéler. Je cache. Il y a quelque chose que j'ai pris une fois. Je ne vous le dirai jamais, je mourrai sans l'avoir dit. Ou bien quand j'aurai 99 ans, je vous dirai ce que c'était. J'ai pris la moto, je l'ai poussée, je l'ai démarrée, je suis monté dessus. J'ai accéléré, elle est partie. Et puis voilà, j'étais là à fond, en train de m'amuser. Et à un moment donné, un flic qui traversait, il sortait derrière, il y avait un hangar, il sortait. J'ai frôlé. J'ai freiné, bien sûr. Il a crié à toi. Bon, d'accord, moi, je vais m'arrêter. C'est clair, je ne vais pas. Je ne vais pas fuir. Je me retourne. Ils sont en train de gueuler. Il avait. Il avait une grimace, avait une ure comme ça, comme s'il voulait me bouffer. Il arrivait vers moi. Il était à 15 mètres parce que le temps de freiner. Bon, voilà, j'ai pris de la distance. Faites quoi ? Vous faites quoi à ma place ? D'accord ? En plus, quand on est ado, regardez, on fait une connerie. Qu'est-ce qu'on a envie de faire maintenant ? On a envie de s'en sortir, c'est tout. On a juste une envie, c'est que cette situation, on a envie de la fuir. l'ado là, le nain, je sais pas comment il s'appelle, il y a deux flics qui sont là, qui sont en train de crier, avec le flingue en pogne et tout ça, il y a une saturation cognitive. C'est trop, tu peux pas tout faire rentrer dans ta tête. En plus, il y a la peur, t'as l'impression que s'il t'arrête, tu vas prendre perpète. Alors quand t'es voyou professionnel, tu sais que ça vaut rien. Tu sais que s'il t'arrête, t'as qu'à aller narguer, il t'emmène au commissariat, il te relâche dans une heure et demie. Et puis tu reprends dans la Mercedes et tu reviens les narguer en klaxonnant. Mais Là, quand tu quand tu n'es pas de ce monde là, vraiment, parce que ce jeune, j'ai pas l'impression que c'était un loupard professionnel. Eh bien, il a tout simplement voulu s'en sortir de la situation. J'ai fait exactement pareil. Je suis dans la mobylette, je vois le flic hurler derrière moi. Qu'est ce que je fais instinctivement? Les gaz à fond, je remets les gaz et je pars. J'étais loin, j'étais parti déjà. C'est tout. C'est en un instant. Le délit de fuite, c'est le délit le plus instinctif qu'il soit, surtout à cet âge-là où on fonctionne beaucoup en un instant. C'était pour moi juste part, part, ne reste pas là, ne reste pas là. Je suis parti, bon, il ne m'a jamais attrapé, il me cherche jusqu'à maintenant. Je suis parti, j'ai rendu la mobilette là où je l'ai prise. Voilà, nous, on remettait toujours les véhicules là où on les avait pris en bon état. Bon, il y avait un peu moins de carburant parce qu'on n'osait pas trop aller dans les stations d'essence sans permis et tout ça. Puis quand t'es frouché, quand t'es ado, donc voilà, la première chose, tu regardes s'il y a assez de carburant, tu vas rouler un peu, tu vas en griller, mais ça ne se voit pas en général. Ça ne se voit pas. Donc, voilà, c'est Ça fait partie des codes de la cité que ce flic ne pouvait pas ne pas connaître. Il sait que ces jeunes dans la cité conduisent sans permis. Il sait qu'il y a ce genre d'excès et tout ça. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas que c'est bien, mais je dis que c'est comme ça. Ça fait partie de la vie, de la vie habituelle. C'est tout. Enfin, c'est une situation extrêmement merdique qu'il y a en France aujourd'hui. J'espère que ça va se calmer. Il y a des gens qui parlent de guerre civile et tout. Montrez-moi un bilan de ces 100 morts par jour et je vous dirai oui, vous avez raison. Mais des véhicules brûlés, des poubelles brûlées, bon voilà, ça finira par se calmer et puis c'est tout. Ils vont continuer comme ça pour quelques temps et puis ça va se calmer. Mais malheureusement, vous savez, Il y a des excès aussi, il y a des excès dans tout. Et ce genre de situation sont très favorables à l'excès des gens de chaque côté qui veulent mettre le feu aux poudres parce que voilà, ça les arrange. Ils ont un agenda, ils ont. Voilà, ils veulent mettre le fou aux poudres et puis mettre le fou aux poudres. Non, c'est plutôt le feu qu'on met aux poudres, pas le fou. Mais vous avez compris quand même. C'est voilà. Merci, mes amis, d'avoir regardé. Je peux vous en parler, je peux vous en dire plus, mais Je pense que je ne devrais pas en dire plus. Je pense que je devrais m'arrêter ici. Merci et on se voit dans une autre vidéo.
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