Nouveau Regard sur le syndrome de l'imposteur...

This is a YouTube video titled "Nouveau Regard sur le syndrome de l'imposteur..." created in December 2023. The content is a monologue in French where a single speaker discusses the imposter syndrome, reflecting on its nature, its impact on professionals like doctors, and its broader implications on human limitations and society. The speaker offers a philosophical perspective, encouraging acceptance of the syndrome as a normal part of human experience rather than a defect.
Mes amis, bien le bonsoir. Merci d'être très nombreux à m'envoyer des questions. Je sais que j'ai un petit peu de retard, mais j'essaye de répondre au maximum de gens, soit par téléphone directement en laissant des messages sur le WhatsApp, soit en répondant par vidéo. Une question qui revient très souvent ces derniers temps en particulier, c'est le syndrome de l'imposteur. Voilà, des gens sont des médecins, des chirurgiens, des ingénieurs, des personnes qui ont même fait leur preuve et qui me disent j'ai l'impression de rien savoir, j'ai l'impression que je n'ai rien à faire dans mon rôle, que je ne sais rien, je suis incompétent. Et que tôt ou tard, peut-être qu'on va découvrir cette incompétence et je serai quelque part mis à nu. Alors, c'est un syndrome qui touche beaucoup de monde. Et j'ai presque envie de dire, peut-être de manière provoquante, qu'il ne touche pas les personnes qu'il devrait toucher. Je connais énormément de gens qui réellement devraient avoir le syndrome de l'imposteur mais qui ne l'ont, pour ainsi dire, jamais. Donc passons au-delà. J'ai lu récemment, enfin j'ai tenté de lire un livre sur le syndrome de l'imposteur, un livre que j'ai acheté sur Amazon. Il était assez prometteur, pas mal de votes et tout ça. Quand j'ai commencé à lire, il était indigeste. J'avais l'impression qu'il était écrit par une sorte d'intelligence artificielle. Beaucoup de textes, beaucoup de mots-clés, mais je ne comprenais pas de quoi il parlait. Je pouvais lire 2-3 paragraphes ou 2-3 pages sans pouvoir en ressortir la moindre idée en réalité. J'ai vu quelques vidéos également. Pareil. Alors les vidéos, ça va aller toujours dans le sens, oui, mais de toute façon, il ne faut pas vous prendre la tête. Vous êtes quelqu'un de compétent, vous êtes quelqu'un de bien. Regardez-vous dans le miroir et dites-vous des choses positives chaque matin. Des techniques très américaines, mais qui ne marchent pas si vous n'avez pas un passeport américain. On fait quoi alors ? Je vais vous dire quelque chose. Il y a, parce que je connais ce syndrome dans le sens où je l'ai souvent ressenti en fait, dans tous les domaines pratiquement. Ça m'arrive de le ressentir, peut-être pas tous les jours nécessairement, mais des fois je le ressens, parfois même très fortement. Alors c'est quoi ce syndrome ? Quelque part, Au lieu de le considérer comme un défaut, comme une maladie, j'ai envie de vous dire que c'est peut-être une normalité. Il faut peut-être l'embrasser et l'accepter. Avoir ce syndrome de l'imposteur, c'est peut-être juste une manière de découvrir notre humanité, notre condition humaine, nos limites. Tu es médecin. Tu as quelqu'un qui vient chez toi, lui, qui ramène son enfant et tu découvres qu'il est frappé d'une maladie incurable ou d'une maladie terminale. Tu vas lui dire quoi ? Au-delà de dire, tu vas faire quoi ? Tu peux le sauver ? Tu peux le guérir ? Qu'est-ce que tu peux faire ? Tout médecin que tu es, 10 ans d'études, 20 ans d'expérience, tu peux faire quoi contre certaines maladies ? Ça ne te donne pas une baffe, ça ne te ramène pas à ton humanité ou aux limites. Tes limites à toi, les limites de ton savoir, les limites du système, les limites de nos outils, de peut-être notre savoir collectif. Pas seulement toi. En fait, C'est peut-être pas un humain, c'est peut-être pas toi qui dois ressentir le syndrome de l'imposteur. C'est peut-être l'humanité entière qui doit le ressentir. Nous sommes une humanité qui investit plus d'argent dans les guerres et les conflits qu'à chercher à améliorer notre qualité de vie, qu'à nous soigner, qu'à nous occuper des SDF, qu'à nous occuper des personnes âgées. Je veux dire, oui, je peux comprendre que quelqu'un ressente le syndrome de l'imposteur. Il y a des choses qui nous dépassent, qui sont dessus de nous. Donc peut-être ressentir ça, c'est tout simplement ressentir que nous ne sommes rien, qu'au-delà de notre savoir, je dirais même, j'ai presque envie de dire que plus on en sait dans un domaine, plus on réalise l'étendue de ce qu'on ne sait pas. Parce que quelqu'un qu'on va qualifier, excusez-moi du mot, c'est peut-être pas un mot, c'est ce qui me vient à la tête, quelqu'un qui est ignorant dans un domaine, il est ignorant, il a appris le un pour mille sur ce domaine-là, il peut avoir l'impression de quoi ? Il peut avoir l'impression, fausse, de tout maîtriser, de tout connaître, de tout comprendre, il est un cadeau. Mais pourquoi il a cette impression ? Il a cette impression parce que, tout simplement, il ne mesure pas l'étendue de ce qu'il reste à savoir et il ne mesure pas l'étendue de ce qu'on ne sait pas. Alors que quelqu'un qui a passé de très très longues années à étudier un domaine pointu, par exemple, je prends le cas du médecin qui m'a écrit, qui souffre de cela. Il a passé des années de sa vie à étudier. Il est peut-être rentré au départ avec de grandes attentes, en se disant, à la fin de mes études, je vais pouvoir aider les gens, soigner telle et telle maladie, régler tel ou tel problème. Puis peut-être une fois qu'il arrive au bout, il se dit, ah, c'est donc ça ? C'est tout ? C'est tout ce que nous savons ? Et puis, tout le reste, c'est des points d'interrogation, c'est des recherches, c'est des théories, des hypothèses que... Peut-être deviendrons un jour du vrai savoir, ou peut-être pas. Donc sentir les limites, quelque part, nous permet, au-delà du grand bureau sur lequel on est assis, au-delà des lunettes, au-delà du tablier, ou de l'uniforme, ou du badge, ou de la plaque en bronze, ou du titre, nous permet peut-être de nous dire, finalement, on n'est rien, on n'est rien dans tout ça. Donc quelque part, c'est peut-être normal, vu sous cet angle, le syndrome de l'imposteur. Il y a aussi autre chose. L'autre chose, c'est parfois, on arrive et on va étudier, et on va vers des universités prestigieuses ou des écoles prestigieuses, convoitant des études qui vont donner un titre pompeux, qui sonnent bien en société, qu'on a tendance à admirer, qu'on a tendance à considérer comme quelque chose d'énorme. Et puis, il y a des gens qui travaillent, qui travaillent très dur pour aller vers ces honneurs-là. Et puis, ils ont cette impression qu'une fois qu'ils sortiront de leur école ou de leur université prestigieuse, ils vont tout savoir, ils seront carrés, ils vont maîtriser ce sujet-là. Le problème, c'est que souvent, une fois qu'ils sont là-dedans, ils vont se retrouver à étudier plein de choses, plein de matières qui n'ont rien à voir. avec le cœur du sujet, ils vont passer des fois des examens ennuyeux avec des profs sur des matières enseignées par des profs rébarbatifs, pas passionnés du tout, et puis ils font de l'apprentissage par cœur, ils bachotent les questions, peut-être même qu'ils trichent, et puis ils finissent par passer l'examen. puis un autre, puis un autre, puis une année... Une année ramène une autre et puis un jour ils sortent et puis... ils ont perdu leurs illusions. Bon, ils ont le diplôme en poche. Mais qu'est-ce qu'ils savent ? Ben, je sais rien. Bienvenue au club. Bienvenue au club. Là... Si je prends le savoir possible, soit je prends le savoir existant, celui qui est consigné dans des livres, par exemple, ou dans d'autres systèmes qui contiennent le savoir, Et je prends le savoir aussi potentiel qu'on pourrait savoir un jour mais qu'on ne sait pas maintenant, les découvertes à faire dans le futur et tout ça. Si je prends un humain en particulier, même si je prends un humain qui a passé 50 ans de sa vie à étudier, je prends un humain hyper intelligent, hyper motivé, bardé de diplômes, bardé de doctorat. C'est quoi la proportion de ce savoir que j'ai décrit qu'il a dans sa tête ? Franchement. si je compare cet individu-là à un villageois dans un pays paumé qui n'a jamais été à l'école, qui n'a jamais eu, malheureusement, qui n'a jamais pu accéder à l'enseignement, qui ne sait peut-être même pas lire ou écrire, qui ne sait peut-être même pas écrire son nom, et je compare, je compare cette personne, ce Einstein d'aujourd'hui, je le compare à ce villageois paumé, et j'essaye d'écrire le pourcentage de savoir qu'ils connaissent l'un et l'autre, par rapport au pourcentage, ou par rapport à la quantité de savoir qu'il y a dans l'humanité, ou la quantité de savoir potentielle. Vous savez quoi ? Pour le Einstein, je vais écrire 0,0000000, plein de 0 et des 1. Et pour ce gars qui vient de 100 villages, je vais également écrire 0,00001, Et en fait, il y aura tellement de zéros chez l'un et chez l'autre, que les chiffres... comme ça, de le moins, seront insignifiants les deux. D'accord ? C'est quoi la différence entre un milliardième et un millionième ? Ok, d'accord, on sait qu'il y a... c'est 10 puissance 3, oui, on sait, mais après ? Après ? Le milliardième d'un grain de sucre est le milliardième ou le millionnième d'un grain de sucre. Qu'en parler ? Ça donne quoi sur une table ? Rien du tout. Ça donne quoi dans une tasse de café ? Rien du tout. D'accord ? Le syndrome de l'imposteur, souvent, c'est tout simplement réaliser nos limites, nos limites personnelles et les limites du système. Mais malgré tout, on continue à travailler, on continue à exister, on continue à vivre et donner le maximum de ce qu'un humain puisse donner. Mais on sait qu'il y a des limites. Il y a des limites à tout ça. C'est pour ça que tous les jours, il y a des gens qui meurent. Tous les jours, il y a des systèmes qui tombent en panne. Tous les jours, il y a des embouteillages. Tous les jours, il y a des problèmes. Il y a de la criminalité. Il y a des gens qui sortent de l'école et qui sont ignorants. Tous les jours, il y a des problèmes sociaux. Ça vient d'où ? Ça vient des limites de tout ça à chacun. Et puis les limites du système. C'est comme ça. On ne pourra pas le changer. Si tu veux, Si tu crois que tu es le seul imposteur sur Terre, moi je vais te dire un truc, on est combien, 8 milliards aujourd'hui ? Il y a 8 milliards d'imposteurs sur Terre. On est tous des imposteurs. Si nous ne l'étions pas, notre monde serait beaucoup meilleur qu'il ne l'est. D'accord ? L'état de notre monde te dit que finalement il n'y a que deux types d'imposteurs sur Terre. Il y a celui qui sent qu'il l'est, et puis il y a ceux qui ne réalisent pas encore qu'ils le sentent. C'est peut-être aussi simple que cela. Il faut juste passer au-delà de ce symptôme ou de ce syndrome, le considérer comme une normalité et avancer malgré tout. Bon courage et on se voit dans une prochaine vidéo.
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