
A French speaker in England explains why Brexit is so complicated. The UK trades 12% with the EU and isn't in the euro or Schengen, but leaving still threatens the economy. Parliament faces votes on a hard Brexit, delays, or a second referendum.
Bonjour mes amis, ça fait longtemps que je n'étais pas venu, alors vous savez, c'est comme ça, la vie est comme ça. Aujourd'hui j'aimerais vous parler de choses, peut-être je ferai deux vidéos, peut-être une aujourd'hui et une demain. Alors je voulais vous parler du Brexit. Alors le Brexit, alors je suis en Angleterre, c'est pour ça que j'aimerais vous parler du Brexit. Je sais que ça intéresse beaucoup de Français, parce qu'il y a beaucoup de Français qui rêvent d'avoir la possibilité de faire un Frexit. Il faut savoir que, contrairement à la France, le Royaume-Uni est beaucoup moins intégré dans l'Union européenne que la France. Par exemple, on n'a pas d'euro, on ne fait pas partie de l'espace Schengen, etc. Il y a un certain nombre d'éléments, je viens de citer les deux importants, qui font que nous sommes moins intégrés dans l'Union européenne que la France, par exemple. Et en plus, nos échanges avec l'Union Européenne sont relativement faibles. Je ne sais pas c'est quoi les échanges entre la France et l'Union Européenne, j'ai l'impression que c'est énorme. Nous ici, si on doit couper tous les ponts avec l'Union Européenne, je crois qu'on perdrait à peu près 12% de nos échanges. Donc l'Angleterre reste un pays qui, malgré l'Union Européenne, est resté connecté au reste du monde. Alors que la France, j'ai l'impression qu'elle est plus orientée à l'Union Européenne. Donc juste pour vous situer. Pourquoi je dis ça ? Le Brexit est tellement difficile que je n'arrive même pas à imaginer ce que serait un Frexit. Voilà l'histoire. C'est que ça serait beaucoup plus compliqué dans le sens où la France est beaucoup plus intégrée. Alors, là, j'étais dans un supermarché. Là, je peux vous dire que les rayons sont pleins. Il n'y a pas de guerre. Le parking est relativement vide. Il n'y a personne qui... Il n'y a personne qui fait du foin pour acheter du pain ou du lait ou autre. Donc ça va, il n'y a pas de fil, il n'y a rien du tout. Les prix n'ont pas explosé. Donc on est à la veille du Brexit parce que c'est le 29 mars. Aujourd'hui, il nous semble le 13. C'est le 29 mars dans deux grosses semaines. Et on a l'impression que rien n'a changé vraiment. Alors, il y a eu un référendum il y a deux ans à peu près. où le peuple a voté pour la sortie de l'Union européenne. Par contre, depuis les choses ont été downhill, comme on dit, ont été vers le bas. Qu'est-ce qui s'est passé vraiment ? Alors, il faut savoir que politiquement, il y a énormément de fractures. D'abord, il y a une fracture entre ceux qui sont pro-Brexit et ceux qui sont anti-Brexit. Donc ceux qui sont anti-Brexit veulent le faire capoter par tous les moyens. Un des moyens, c'est faire en sorte que les négociations avec l'Union Européenne échouent, n'avancent pas, capotent, et finalement on fait quoi ? On fait un deuxième référendum. D'accord, on fait un deuxième référendum. Alors, on fait un deuxième référendum. Si le peuple vote pour l'Union Européenne d'ici là, ben on verra. Mais l'espoir des gens qui sont pro-Europe, qui n'ont jamais été très démocratiques, c'est comme les gens pro-URSS, tu trouveras jamais, ou tu ne trouveras jamais à l'époque de l'URSS, des gens qui étaient pro-URSS et qui étaient démocratiques. Donc, une des comparaisons très valables entre l'Union Européenne et l'URSS, c'est que les gens qui défendent l'Union Européenne n'ont strictement aucun respect pour la parole des peuples, n'ont strictement aucune culture démocratique, s'en fichent complètement de ça. Donc, ce qu'ils rêvent, parce qu'il y a eu lassitude du Brexit, il y a eu énormément de propagande qui a été faite dans le sens de la peur. Ah, s'il y a le Brexit, il n'y aura plus de médicaments. S'il y a le Brexit, il n'y aura plus de gaz. Ah, s'il y a le Brexit, on va mourir de froid. Il y aura des millions de gens qui vont à les hôpitaux pour employer et accepter du monde. Tous les jours, en fait, on a depuis pratiquement deux ans, il se passe par un jour sans qu'il y ait des titres apocalyptiques nous disant que s'il y a le Brexit, pratiquement cette île va couler, on aura de l'eau jusqu'aux genoux. D'accord ? Donc ce qu'ils espèrent, avec cette lassitude et ce climat de peur, ils espèrent qu'il y ait un deuxième référendum. il y aura une participation faible. Ceux qui participeront, appelés par les journaux, les universités et les autres organisations progressistes, voteront pro-Europe. Et l'histoire s'arrête là. À ce moment-là, on ne te demandera plus jamais de voter. Parce qu'il faut savoir qu'aujourd'hui, en Europe, de cette époque-là, la démocratie par référendum, c'est faire voter et re-voter, comme disent les recettes de cuisine, jusqu'à obtenir l'effet désiré. Ça signifie que tu fais voter, voter, voter. Et au moment où tu obtiens l'effet désiré, tu ne votes plus. Parce que j'aurais été d'accord avec un deuxième référendum si dans deux ans, ou tous les deux ans, on fait un référendum et on voit. Non, non. On veut un référendum jusqu'à obtenir un truc seulement. Quand on l'a obtenu, on s'arrête. Donc voilà. Cette première fracture déjà. Il y a une deuxième fracture aussi. À l'intérieur du camp pro-Brexit, il y a encore des fractures, il y a des éléments très importants qui séparent les gens et parfois c'est des fractures qui sont légitimes. Alors, exemple. Exemple, c'est qu'il faut savoir que pendant, je crois, 10, 15, 20 ans, l'Angleterre a signé très peu d'accords de libre-échange avec des pays hors Union européenne. l'Angleterre fait du commerce avec des pays hors Unions Européennes dans le cadre d'accords globalisants qui ont été signés entre l'Union Européenne et ses pays tiers. Mais l'Angleterre n'a pas d'accord un à un avec ces pays-là. De sorte que si on fait juste un Brexit comme ça, le risque c'est d'arriver à quoi ? Le risque c'est que soudainement, il y ait des pays dans le monde qui commencent à refuser la marchandise anglaise, qui disent mais on doit vous taxer ou il vous faut des formalités supplémentaires ou quelque chose comme ça parce que soudainement l'Angleterre n'est plus ou le Royaume-Uni n'est plus dans l'accord européen. Donc l'Angleterre doit renégocier ou le Royaume-Uni doit renégocier des accords un par un. Mais ce n'est pas évident, parce que ça prend du temps, parce que, si ça se trouve, il y a un pays qui a signé un accord avec l'Union européenne il y a 15 ans, puis aujourd'hui, si les Anglais arrivent et disent qu'on aimerait un accord, on aimerait un accord similaire, ce pays peut dire, oui, mais à l'époque, on a signé, mais aujourd'hui, on ne signerait plus un accord dans les mêmes conditions. On voudrait de meilleures conditions. D'accord ? Je vous donne un autre exemple, disons simple, exemple des États-Unis. On aimerait bien améliorer les échanges, augmenter le volume des échanges avec les américains, forcément, parce que si on n'est plus dans l'Union européenne, il va nous falloir renforcer les relations avec les partenaires commerciaux existants. Alors, les Américains sont prêts à vendre, par exemple, leurs marchandises dans le marché ici, par exemple, les aliments dans le marché alimentaire. Mais par contre, ils disent oui, mais il va falloir un petit peu la mettre en sourdine par rapport à vos interdictions sur les OGM, sur les antibiotiques dans la nourriture, les hormones dans la nourriture et tout ça. Parce qu'il faut savoir que les Américains, l'industrie agroalimentaire produit de la bouffe des goûts. Donc, est-ce que on va accepter soudainement que les Américains vendent leur bouffe d'égout ici parce qu'on n'a pas le choix, parce qu'il faut bien aujourd'hui avoir de nouveaux partenaires. Vous voyez, même quand on est dans une logique pro-Brexit, On a quand même des problèmes, des fois. On aimerait bien garder les spécificités de ce pays-là, mais comment le faire en dehors de l'Union européenne ? Autre chose, par exemple, je ne sais pas, il y a des problèmes pratiques de tous les jours, genre un permis de conduire. Aujourd'hui, les permis de conduire britanniques emportent les étoiles de l'Union européenne et sont automatiquement reconnus dans l'Union européenne. Demain, s'il y a une rupture sans accord, on va où ? Quand on va en Europe, il faudra peut-être un permis international. Bon là c'est simple, mais il y a des choses moins simples, comme par exemple les assurances maladies, les retraités, des gens qui ont travaillé dans plusieurs pays de l'Union Européenne, qui ont cotisé à des caisses de retraite, qui aujourd'hui automatiquement touchent leur retraite. Qu'est-ce qui va se passer demain ? Et ainsi de suite, que fait-on des diplômes, des licences de médecins, des anglais qui travaillent à l'étranger, des étrangers qui travaillent ici. Enfin, c'est devenu une folie complète. Ça signifie qu'on soit aujourd'hui pro-Anti-Brexit, il y a un truc qu'on peut réaliser, c'est que ce n'est pas facile à faire, ce n'est pas facile à mettre en application sans causer des dégâts. À l'époque où, si vous voulez, quand on signe un contrat de mariage, quand on se marie, on sait bien qu'il y a des lois qui encadrent le divorce. Quand on signe un contrat pour louer une maison, on sait bien qu'il y a des clauses qui disent comment sortir de ce contrat. Mais énormément de contrats qui ont été signés avec l'Union Européenne ne comportaient aucune clause. Mais ce que je dois dire juste au passage, ça c'est l'Africain qui parle, C'est que je constate que les politiciens britanniques, pendant les décennies où ils ont vendu la souveraineté de leur pays morceau par morceau, ils étaient tous d'accord, ils n'ont pas réellement eu de problème. Mais là qu'il s'agit de retrouver un petit peu, sortir de ce système qui de toute façon avec ou sans nous va s'écrouler, là c'est vrai qu'on voit qu'ils cherchent par tous les moyens à empêcher cela. J'ai parlé à des anglais qui ont voté pour l'Union Européenne dans les années 70, parce que dans les années 70, on leur a offert la possibilité, on leur a vendu l'Union Européenne. Et à l'époque, ce qu'on leur a dit, c'est pour ça qu'aujourd'hui, ils ont voté pour le Brexit. A l'époque, on leur avait dit c'est une entrée dans un marché commun. On leur avait pas dit que le Royaume-Uni deviendrait une région diluée dans une fédération européenne. Jamais ces mots n'ont été utilisés. Et beaucoup de grands débats qui ont eu lieu dans les années 70 étaient basés sur des mensonges. Je parlerai d'autres débats, mais on leur a dit c'est juste qu'il y a un marché commun et puis on peut baisser les banniers, les barrières douanières, les barrières réglementaires, et avoir un accès, facilité, direct au marché pour pouvoir vendre et acheter sur ce marché-là sans restriction. Et puis, liberté de circulation des gens, tu peux aller dans tel ou tel pays sans avoir besoin de patienter des heures à la douane et tout ça. Donc, on leur a vendu comme un truc juste qui simplifie la vie et qui va juste simplifier des choses existant déjà. Parce que bien avant, si c'était un marché commun, il y avait déjà un marché commun. Les pays européens étaient proches économiquement parlant les uns des autres. Donc c'était juste enteriner les situations existantes et la rendre plus simple. C'est comme ça que ça a été vendu. Donc ça a été vendu à minima. On leur a pas dit qu'il y aurait un jour un gars qui s'appelle Claude Juncker, qui serait ivrogne, qui tomberait pratiquement devant les caméras, comme Boris Yeltsin, et puis qui gère des institutions en grande partie non démocratiques, en grande partie non sanctionnables par les urnes, et qui auraient le pouvoir par rapport aux politiques qu'on va élire ici, d'accord ? Et c'est ça, c'est qu'il y a eu des décisions de plus en plus stupides qui ont été imposées aux Anglais par l'Union Européenne et forcément, bon voilà, ils ne se sont pas fait des amis, donc... Enfin ! Je ne vais pas en parler plus que ça. Je ne sais pas où nous allons aujourd'hui parce qu'il y a eu un vote hier. Alors ce vote nous a rapproché de deux solutions. Il y a un vote aujourd'hui encore et il y aura un vote demain je pense. Il y a plusieurs votes cruciaux qui vont arriver. Le vote de ce soir, on va nous répondre si On va avoir un Brexit sans deal, ça signifie juste au revoir, on coupe les pans et puis au revoir, et puis on réglera les problèmes au moment où ils arrivent. Moi, je suis partisan de cette méthode-là. Ça signifie juste couper les pans avec l'Union européenne. De toute façon, les business s'adapteront, le capital s'adaptera, il s'est toujours adapté, ce n'est pas un problème. Les entreprises et les gens qui font du commerce et tout le font depuis l'époque des Romains et bien avant, même depuis l'époque des Égyptiens. Avec l'Union Européenne, ils continueront à faire du business, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas le problème. Aujourd'hui, on pourra savoir ce soir, est-ce qu'on va avoir un Brexit dur ou bien on aura d'autres options qui vont inclure retarder le Brexit ou bien qui vont inclure un autre référendum. Donc ce soir, on va un petit peu voir où nous allons. Mais ce soir, c'est vraiment plus crucial qu'avant, même si ça fait des mois qu'on a toujours des votes qui sont en Mais place. là, ça commence à devenir super important. Mais ce que je dois dire aussi, c'est que nous sommes à deux semaines du Brexit et on a beaucoup d'entreprises qui n'ont aucune visibilité parce qu'elles ne savent pas si le 1er avril, elles vont travailler dans un cadre européen ou le 1er avril, elles vont travailler dans un cadre qui n'est même pas défini à ce stade. À bientôt, mes amis, et puis je reviendrai une autre fois quand je peux.
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