
A French pilot warns that US Part 135 charter operations lack proper oversight, calling them the "Wild West of aviation." He details a 2018 Falcon 50 crash where Air America's jet had known brake failures and an unqualified crew, killing both pilots during landing in Greenville. Passengers survived and sued.
Questions this video answers
September 2018 (sticker on brake circuit dated 27 septembre 2018).
Falcon 50 built in 1979; three-engine jet.
The sticker on brake circuit n°1 was marked "inopérant" with the date 27 septembre 2018.
Right-seat pilot held a PPL (not type-qualified); left-seat pilot was qualified on the Falcon as First Officer but was not qualified as commander (no captain qualification).
Speaker references a runway length of about 1,600 metres.
Mes amis, bien le bonjour. Aux États-Unis, les avions sont opérés selon diverses règles fédérales. L'un des grands chapitres, c'est ce qu'on appelle la Part 91. C'est la partie 91 de ces réglementations qui va régir les vols privés. Quand on pense vols privés, on pense souvent à avions d'aéroclubs. Et c'est vrai dans une certaine mesure, mais pas seulement. On peut trouver des fois un Boeing, comme par exemple le Boeing 757 de Donald Trump, qui sont opérés de manière privée, donc sous le Part 91. Ça, c'est les règles, on va dire, les plus souples. Par la suite vient la Part 135. Alors la 135, c'est... des vols à la demande. Ce sont des vols commerciaux, mais ce ne sont pas des vols réguliers. Ce sont des vols charter, taxi à la demande. Alors là, malheureusement, on va trouver énormément de cow-boys. On va retrouver énormément de compagnies qui sont très, très bizarres et malheureusement très dangereuses. Et quand on regarde les accidents qu'il y a dans le Part 135, C'est absolument ahurissant. Je pourrais ouvrir un canal, je l'appellerais Aldo Aviation Part 135, où on ne parle que de ça. et c'est toujours ahurissant. On retrouve beaucoup de facteurs humains, on retrouve beaucoup d'amateurisme, on retrouve des choses absolument inimaginables, même dans une compagnie qui opère des camions Benz ou qui fait de la livraison dans des fourgres. Pour vous donner un exemple, nous sommes en septembre 2018, on a un couple de Floride, qui va à travers une plateforme internet, booker un avion. Donc ils veulent aller dans un jet privé pour un certain nombre de déplacements. Le premier déplacement, on va les conduire en Caroline du Sud. Alors, le truc, c'est qu'on va leur ramener un Falcon 50. C'est un avion de très bonne facture. L'exemplaire en question date de 1979. Trois réacteurs. Sauf que ce Falcon-là a beaucoup de problèmes. Ça faisait 4 ans pratiquement qu'il était dans un hangar, en train de pourrir, et il avait dans la liste des maintenances à faire, il y avait une centaine de maintenances qu'il devait réaliser pour l'opérer proprement. Or, le problème c'est qu'il n'avait pas d'argent. Il faut savoir une chose, je ne suis pas économiste, mais je peux presque vous dire que depuis le début de l'aviation, depuis que le premier avion a volé, je peux même dire depuis le premier aérostat a volé, il n'y a personne qui a fait un dollar, qui a fait un euro avec un avion. Ce n'est pas possible. Un avion, quand tu le fais opérer bien, ça te paye l'huile, ça te paye l'essence, ça te paye le salaire des pilotes. et une barre de Mars. C'est tout. Il ne reste plus rien. Ça coûte extrêmement cher à opérer. Donc ces gens vont sortir le Falcon 50 de son hangar et malgré tous les problèmes qu'il avait, ils vont décider quand même de le mettre en service. Donc ils vont le mettre en service. Autre chose. Leur compagnie s'appelait Air America. Et c'est extrêmement choquant que des clients aient choisi une boîte qui porte le nom d'Air America. J'ai dû vérifier plusieurs fois, quand j'ai vu le rapport d'accident, je me suis dit, non ce n'est pas possible, je rêve. Air America était une compagnie, comme tout le monde le sait, qui est opérée par la CIA. Elles volaient divers types d'avions et même des hélicoptères. Ils faisaient voler des armes, on a même dit de la drogue. On les voyait chaque fois qu'il y avait une insurrection, qu'il y avait eu une guerre, qu'il y avait des coups fourrés. On voyait les avions d'Air America. Ils étaient pilotés par des têtes brûlées et pilotés justement sans règle du tout c'est à dire que le moto de la compagnie disait n'importe quoi n'importe où n'importe quand ça veut dire qu'on transporte ce que vous voulez où vous voulez j'ai envie de rajouter aussi dedans n'importe comment et je dois dire que cette compagnie qui opère le Falcon 50 Finalement, elle est une très bonne héritière d'Air America. Peut-être c'est Air America avec moins de moyens. Parce que derrière l'original, la compagnie originale, il y avait la CIA, il y avait quand même l'argent de l'état américain. Alors que là, il n'y a même pas ça. C'est des gens fauchés. Alors, l'avion est donc mis en place et on a comme copilote un gars qui n'est pas censé être là du tout. Il a un PPL, ça signifie qu'il a une licence pour piloter des avions privés. il n'est pas qualifié sur la machine et il n'a pas du tout à être là. Donc lui est à droite sur le cockpit, il va être le copilote sur une machine qu'il ne connaît pas, il n'est pas formé pour voler cette machine là. Mais il semblerait que, il faisait partie de la compagnie, c'est un des propriétaires de la compagnie, donc il semblerait qu'il avait l'habitude de venir remplir de manière officieuse le rôle de copilote. A sa gauche on a quoi ? A sa gauche on a quelqu'un qui est effectivement qualifié sur la machine, sur le Falcon 50, Mais en réalité, il n'est pas qualifié en tant que commandant de bord, il est qualifié en tant que copilote, en tant que First Officer. Il n'a jamais été qualifié sur cette machine-là en tant que commandant. Donc, lui, il va aller à gauche. Ce qui fait qu'en réalité, même en termes d'équipage, on n'a personne qui est vraiment qualifié. L'avion, lui, c'est un avion qui est atteint par le pourrissement, littéralement. Et là, sur ce coup, sur ces entrefaits, on a ce couple qui arrive et qui monte dans l'appareil, ils sont très contents, voilà, champagne, on va partir, on est dans un jet privé, c'est sympa. On n'est pas très loin, entre nous, on n'est pas très loin de l'histoire de ces gars qui sont fermés dans un baril en métal et qui sont jetés dans l'Atlantique pour aller visiter le Titanic, n'est-ce pas ? Donc en fait, on est chez des gens qui ont de l'argent, mais qui auraient dû prendre peut-être une compagnie régulière, parce que malheureusement, dans le parc, 135, on trouve beaucoup de cow-boys, on trouve même des gens, comme on dit dans le milieu, qui font du part 134,5. Ça signifie, voilà, vous me comprenez, il y a énormément de règles qui sont littéralement ignorées ou transgressées ouvertement. L'appareil va donc décoller. Vous allez me dire, un décollage c'est toujours facile, c'est pas le problème. Décoller, c'est simple. Après, il faut voler, il faut atterrir, ça c'est souvent là où les problèmes commencent. Donc, ils vont partir vers l'aéroport de Greenville. Ils ont un petit peu de mal, forcément, mais c'est pas la fin du monde. Si on commence à arrêter tous les pilotes qui ont du mal à suivre les ordres d'un contrôleur ou qui dévie un peu d'une trajectoire ou autre, on va devoir poser tous les avions. ils arrivent quand même plus ou moins à s'aligner sur la piste pour atterrir. Ce qui est une très bonne chose, vu les circonstances que je décris. Le problème, c'est qu'au moment où ils posent leur appareil, au moment où les roues touchent, le commandant de bord, enfin on se comprend, celui qui est assis à gauche, dit ça ne freine pas. C'est-à-dire qu'il freine, avec les palonniers, donc il va freiner, Et là, ça ne freine pas. La piste n'est pas excessivement longue. C'est une piste, je crois qu'on est en train de parler de 1600 mètres. Mais si tu n'es pas dessus, je crois que c'est 1600 mètres. Donc, il pose. L'avion ne freine pas et il dit donc à son collègue qui est assis à droite, le PPL, lui dit de l'aider. Il dit aide-moi. Sauf que le gars, lui, à droite, il panique. Ce n'est pas quoi faire. Alors, ils ont quoi pour freiner à ce stade ? Ils ont l'inverseur de poussée. Alors, normalement, dans la majorité des avions, si tu as quatre moteurs, tu as quatre inverseurs de poussée. Si tu as douze moteurs, tu as douze inverseurs de poussée. C'est un par moteur. Sur cet avion-là, sur le modèle en fait, ça n'a rien à voir avec cet exemplaire, mais sur le modèle Falcon 50, avec cette motorisation, il n'y a qu'un seul inverseur de poussée qui est placé sur le moteur numéro 2, sur le moteur du milieu. Donc, cet inverseur de poussée, tout seul, ne pourra pas arrêter l'avion dans sa distance. Il faut du freinage. Ils ont le frein de parc, qu'ils peuvent activer, un petit peu comme tu remontes le frein à main, ils peuvent l'activer progressivement, mais ils ne l'ont pas fait, ils n'ont pas eu cette idée. Alors, on ne saura pas complètement ce qui s'est passé dans leur tête. On sait ce qui est passé à travers leur tête, mais dans leur tête, on ne sait pas vraiment. C'est-à-dire que l'appareil pose et ils continuent à lancer dans la piste. Ils auraient pu remettre les gaz. Ils auraient pu. Ils auraient même dû. Mais il est possible qu'ils aient eu l'idée trop tard. C'est-à-dire que, pour tout vous dire, quand on va les retrouver, on va retrouver que les gaz étaient à fond. Voilà. Sauf que, probablement, c'est une idée tardive, dans le sens où Au départ, ils ont posé. Et puis ce qu'ils ont fait, ils ont tenté de freiner. Comme ça ne freinait pas, ils se sont dit, tant qu'à faire, on va mettre les gaz. Et là, ils mettent les gaz et ils sortent de la piste. Ça nous rappelle cet accident que j'avais couvert il y a un an à peu près. Cet accident qui est arrivé en Inde. Ça signifie la remise des gaz. C'est bien une remise des gaz, fondamentalement. Mais sauf que ça se décide tôt. Il ne faut pas attendre d'être sur le point de taper contre l'obstacle pour remettre les gaz parce que là, on va juste aggraver sa situation. On va juste rajouter de l'énergie à une situation qui est déjà très pourrie. Et il n'y a rien de pire qu'une situation pourrie avec beaucoup d'énergie. Donc, ce qu'ils font, c'est prendre les manettes des gaz, ils les poussent. Sur ce, ils sortent de la piste. La piste est en tabletop. Tabletop, ça veut dire quoi? Ça veut dire que la piste est placée légèrement en hauteur par rapport au terrain qui l'entoure. Ça veut dire qu'une fois qu'on arrive au bout de la piste, on a un dénivelé. Ça veut dire qu'on va piquer. Et donc, ce qui va se passer, c'est que l'appareil arrive au bout de la piste, sort de celle-ci et va continuer sur à peu près 150 mètres. Il va tomber le nez en premier. Lors de l'enquête, on a découvert qu'il y avait un problème avec les freins. C'est-à-dire que l'appareil a plusieurs circuits de freins, et l'on en a trois. C'est normal, il y a de la redondance. Mais ce qu'ils faisaient dans cette compagnie, c'est qu'ils avaient l'habitude de partir avec un circuit en panne. Il y avait même une sorte de sticker, d'étiquette, qui était placée sur le circuit le jour même de l'accident, le 27 septembre 2018. C'est la date qui est écrite sur le sticker. Eh bien, quelqu'un, un mécanicien ou autre, avait placé inopérant sur le circuit n°1 pour dire qu'il ne marche pas. Alors ce circuit ne marchait pas, par contre les deux autres circuits marchaient. Il aurait suffi donc de changer cette petite manette vers l'un ou l'autre des circuits, ça aurait fonctionné sans problème. Ils avaient également un souci avec l'ABS, ça signifie que sur le train d'atterrissage gauche l'ABS ne marchait pas. Sur le train d'atterrissage droit, l'ABS avait des câbles qui étaient inversés. Et tout cela était connu, ce n'est pas que c'est un problème qui est arrivé juste là au moment où ils ont atterri. C'est un problème qui était connu au sein de la compagnie parmi les autres soucis de cet avion. Et ils l'ont dispatché avec des freins qui ne marchent pas. Donc ils savaient ce qu'ils faisaient, ils ont pris un risque. Sauf que quand on prend des risques, il faut quand même peser les choses convenablement. Mais eux, ils ne les ont pas pesées. Ce qui est choquant, et là encore une autre erreur des pilotes probablement, c'est qu'une fois que l'appareil s'arrête net sur le périmètre de l'aéroport, Les pompiers arrivent et tout, il est cassé en deux, juste derrière le cockpit, il s'est un peu cassé en deux. Il s'est séparé en deux parties. Eh bien, ce qu'on va trouver, c'est la chose suivante. Les passagers sont blessés, sont gravement blessés. D'ailleurs, plus tard, ils portent en plainte contre la compagnie et ses créateurs, ses fondateurs et tout ça. Mais ils ont été secoués, ils ont été jetés. Ça signifie que le passager est assis. à l'intérieur de sa cabine, n'est-ce pas ? Il est assis comme ça dans sa cabine, il laisse un verre de champagne dans la main, puis il part. Comme ça, il va sauter, partir et tout ça. Mais lui a l'avantage que la distance sur laquelle il est projeté est assez grande, donc ça peut, il peut rouler, tout ça, ça peut freiner l'énergie. Je ne pense pas, compte à moi, je n'ai pas beaucoup d'illusions que les gens qui prennent des jets privés mettent des ceintures de sécurité. Je vois que la ceinture de sécurité existe, elle est obligatoire en parte 135, il ne faut pas se leurrer. Mais je crois qu'un des perks ou un des avantages de voyager en jet privé, c'est d'ignorer la ceinture de sécurité. C'est-à-dire, moi je ne mets pas la ceinture de sécurité, je suis bien comme je suis. Je ne suis pas chez Ryanair, je ne suis pas chez Easyjet. Moi, je ne porte pas de ceinture de sécurité parce que voilà, jusqu'au jour où tu vois que la loi de la physique s'applique quand même quand tu es à l'intérieur d'un jet privé. Donc beaucoup de gens se retrouvent projetés et tout ça. C'est pour ça que dans mon explication, je ne tiens pas compte de la ceinture de sécurité. Maintenant le problème c'est que dans le cockpit, ils sont aussi divorcés avec la ceinture de sécurité. C'est à dire que normalement dans un cockpit on a quoi ? On a la ceinture qui passe au niveau de la taille et on a celle qui arrive les harnais. Parce que contrairement au passager lui, le passager quand t'es assis dans un avion de ligne, tu n'as qu'une ceinture au niveau de la taille. Si l'avion freine brutalement, que va-t-il se passer ? Il y a ton corps qui va aller de l'avant, mais normalement, tu ne tapes rien du tout. Quoique, dans la majorité des compagnies aériennes aujourd'hui, les sièges sont tellement proches les uns des autres que tu tapes l'écran qui est devant toi. On est bien d'accord, tu fais ça, tu as l'écran devant toi. Mais ça, ça va encore. Le problème, c'est qu'au niveau du cockpit, Le danger est plus grand parce que tu as le manche, tu as des instruments avec des boutons et tout ça. Et ça, tu n'as pas envie que ça te passe à travers la tête. Et malheureusement, c'est ce qui s'est passé avec les pilotes. Ça veut dire que les armées n'étaient pas mises. Et quand tu regardes l'appareil, quand tu regardes ce file conséquente, Tu te dis qu'il s'est craché, comme ça. Je pense que c'est survivable parce que tu ne vois pas des traces de forte dégradation de la cabine. Tu vois que l'espace vital est encore intègre, il n'a pas été pénétré par quelque chose, il n'y a pas le feu, l'avion ne s'est pas renversé. Tu te dis qu'il y a de fortes chances. D'ailleurs, la preuve, c'est que les passagers ont survécu. Le problème, c'est que les pilotes, les deux, sont morts. Les deux pilotes qui étaient dans le cockpit sont morts. L'un sur place, l'autre à l'hôpital. Et pourtant, quand on regarde le cockpit, il est relativement intact. Si vous regardez le cockpit, c'est assez surprenant. Il est relativement intact. Mais malheureusement, comme ils n'avaient pas leur harnais, ils ont été projetés de l'avant et puis ils ont tapé contre quelque chose. D'accord. Et puis ça, c'est terrible. Ils auraient eu leur harnais, ils auraient eu leur chance. Vous savez, il y a eu des accidents. Je veux vous dire, il y a eu des accidents. où l'avion accidenté a été réparé, il a revolé, mais pas le pilote. Le pilote n'a pas revolé parce qu'il était mort. Juste pour vous dire la brutalité des fois que peuvent prendre les choses quand les ceintures ne sont pas mises. Donc voilà, la compagnie n'existe plus. Son avion, bien sûr, est parti à la ferraille. Les deux passagers ont réussi quand même à retourner leur vie, sortir de l'hôpital et tout ça. D'ailleurs, ils sont même assez véhéments pour porter plainte et tout, donc c'est qu'ils vont bien. Mais voilà, le Parth 135, C'est malheureusement l'Eldorado des cow-boys. C'est l'Eldorado de tous les abus. Et franchement, c'est très dur pour un passager lambda de faire la différence. C'est un peu la loterie. Tu ne peux pas savoir sur qui tu tombes. Tu peux tomber sur des gens très bien. Je ne suis pas en train de dire que toutes les compagnies qui font de l'aviation taxi et tout ça sont à mettre dans cette catégorie. Mais le problème, c'est que tu ne peux pas savoir. Donc il y a un petit côté roulette russe. Donc la compagnie qui fait bien son travail, c'est la partie du barilet où il n'y a pas de balle. L'autre, c'est où elle est chargée, c'est là où il y a la balle. Tu ne peux pas savoir dans ce système-là. Voilà, mes amis. Merci d'avoir écouté cette vidéo jusqu'ici. En attendant, on évite tout ce qui est part 135. À très bientôt.
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