Présidentielle: la France découvre l’ethno-mathématique

A first-person French-language vlog in which the speaker returns from a short hiatus and interweaves a personal family anecdote from colonial Algeria (an arrière-grand-mère's tale about the French army finding a hidden list, initially recounted as hidden in a man's rectum but later explained more prosaically) with reflections on memory work and the dangers of reopening historical wounds. The speaker then pivots to contemporary politics, arguing that 'ethnomathématique' — voting along ethnic/community lines — is increasingly decisive in France and warning that future presidential contests may be dominated by such calculi. The piece mixes humane reminiscence, cultural observation about African ethnic divisions, and a cautionary take on political apologies and identity-based electoral strategy.
Bonjour mes amis, donc ces derniers temps je m'étais mis un petit peu au vert, je n'ai pas fait de vidéos, je n'ai pas répondu aux emails de personne, je m'étais mis en mode isolation, des fois ça m'aide un petit peu à me déconnecter du monde ambiant, vous savez il faut le monde tourne, la terre tourne, quoi qu'on fasse de temps en temps il faut savoir se déconnecter même s'il y a des choses intéressantes à lire ou à commenter ou autre il faut de temps en temps savoir couper le cordon donc là je suis doucement de retour c'est un peu dur de revenir après une interruption parce qu'il y a tellement de choses qui se bousculent dans ma tête C'est pas que j'ai pas de sujet, mais au contraire, c'est que j'ai tellement de choses à dire. J'avais envie de vous parler d'une histoire qui se passe durant l'époque coloniale en Algérie. Alors, vous savez, j'ai connu, j'ai eu la chance, le grand privilège de connaître mon arrière-grand-mère. Et en fait, elle était toujours très impressionnée par, comme les gens de sa génération, elle était impressionnée par les capacités d'exploration de l'homme occidental. Enfin, l'homme occidental de son époque, on ne parle pas de celui d'aujourd'hui. Et en fait, parce que vous imaginez qu'en Afrique, par exemple, il y a une grotte quelque part, il y a un village qui est là depuis mille ans peut-être, j'exagère, mais il est là depuis très longtemps. Un temps immémorial, si vous voulez. Et il y a une grotte. Et en fait, cette grotte est associée à des légendes, à des peurs, à des superstitions. Et jamais personne n'ose y aller. D'accord ? Les gens vous raconteront que, je ne sais pas, il y a une ogre qui mange les gens. Ou il y a des gens qui sont partis là-dedans, qui ne sont jamais revenus. Ou bien le soir, des fois, on voit des choses. Enfin, vous comprenez. Ce qui se passe, c'est qu'un jour débarque, je sais pas, débarque le commandant Cousteau, équivalent. Les gens ne savent pas qui est le commandant Cousteau, mais débarque, on va dire, des explorateurs avec des bouteilles, des équipements et tout ça. Et ils sont invariablement blancs, c'est des occidentaux. Et ils n'ont peur de rien. Et ils vont explorer. Et puis, l'Africain, lui, il est là, il regarde prudemment. Et puis, voilà, il regarde ces gens explorer. Et ma grand-mère était impressionnée, mon arrière-grand-mère était impressionnée de ce genre de choses, et elle disait que l'amblant, ou l'occidental plutôt, elle disait pas l'amblant, c'était pas dans sa terminologie, elle disait que l'occidental explore tout. Elle donnait un exemple qui l'avait poursuivi, un exemple qui l'avait frappé beaucoup, c'était que l'armée française, à l'époque coloniale en Algérie, avait réussi à trouver une liste de noms qui étaient cachés, figurez-vous, dans le rectum d'un homme aveugle. Et elle donnait souvent cet exemple, elle disait l'aveugle avait caché la liste de noms dans son rectum, il l'avait caché dans son derrière, il en réussit à la trouver. Et elle parlait de l'homme occidental et de sa capacité d'exploration, pour elle c'était un phénomène quasi surnaturel. Et en fait, Ce qui se passe c'est que, bon, moi j'ai raconté cette histoire à d'autres personnes. J'ai raconté cette histoire et mon arrière-grand-mère est morte et longtemps, longtemps plus tard, longtemps plus tard, je raconte cette histoire à quelqu'un. Et cette personne avait connu quelqu'un qui était de la famille de quelqu'un, longue histoire, qui était présent le jour où l'armée française a découvert la liste dans le derrière de l'homme à terre. Et c'est seulement là parce que cette personne a été elle-même aussi avait beaucoup investigué cette histoire parce qu'elle-même était troublée par cette histoire et elle avait investigué et elle avait réussi à trouver, percer le secret. Alors le secret en fait, c'était beaucoup plus simple que ce qu'on a pensé. C'était beaucoup plus simple et j'aurais aimé que ma grand-mère vive plus longtemps jusqu'à ce qu'elle entende le secret de cette histoire. En fait ce qui s'est passé c'est que Les gens étaient dans une sorte de maison, une grande pièce si vous voulez. Et donc l'armée française débarque à la recherche d'indices ou à la recherche de personnes ou autre. Et ce qu'il se passe c'est que dans le feu de l'action, n'est-ce pas, L'aveugle n'a pas réalisé qu'il était entouré de gens. Il n'a pas réalisé cela, d'accord ? Il était à l'isolement, dans un coin de la maison, dans une cour, et il a eu l'impression qu'il était seul. Et il avait la liste dans sa poche. Et donc, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a, donc, sur le moment, il s'est levé, il a baissé son pantalon et il a enroulé la liste. Il a poussé là où ça fait. Sauf qu'il l'a fait au vu et au su des soldats français. Ils étaient là, puis ils ont vu le gars faire ça, ils n'en revenaient pas et le gars l'a fait devant eux en fait. Ce qui fait que, effectivement, leur capacité d'exploration n'était pas aussi extrême que ce que des gens ou une génération entière d'anciens avaient pensé. Qu'en fait, il y avait un secret et que voilà, une fois qu'on est muni de ce secret, on comprend très bien la facilité avec laquelle ces jeunes soldats ont pu récupérer, n'est-ce pas ? la liste. Voilà, c'est juste, je voulais vous parler un petit peu, parce que vous savez, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents nous parlaient de cette époque, vous savez, ils nous parlaient de l'époque coloniale. C'était quelque chose qu'ils ont vécu, mais c'est comme ceux qui ont vécu, je ne sais pas, j'allais dire la première guerre mondiale. Je ne crois pas avoir rencontré quelqu'un qui a vécu cette époque. Quoique, mon arrière-grand-mère l'a vécu cette époque-là, mais c'est vrai qu'elle ne m'en a pas parlé parce que c'était peut-être trop loin dans sa mémoire ou qu'en Algérie, c'était pas vraiment très chaud comme endroit, c'était pas Verdun non plus. Et en fait, ce que je cherche à dire, c'est que tu constates que les gens qui ont vécu ces périodes, t'en parle avec beaucoup de avec beaucoup d'humanité, tu comprends. Ils en parlent et ils ne parlent pas de tout. C'est sûr que leur silence dit plus que le reste. Ils n'aiment pas trop en parler, mais parfois ils en parlent. Et puis quand ils en parlent, il faut être là. Vous savez, ça me rappelle un peu dans un des livres de Steinbeck. Je crois que c'est Rue La Sardine, si vous lisez un peu au début. C'est celui-là, oui. Il y a quelqu'un qui travaillait pour un laboratoire. biologique et il allait au bord de la mer et il devait récupérer des êtres unicellulaires très fragiles et il faut les récupérer sans les casser et en fait ce qu'il faisait c'est qu'il prenait une lame de couteau et il le plantait horizontalement comme ça dans le sable et il les laissait doucement grimper dessus parce que toute force, toute tentative de le récupérer les briserait et c'est un peu comme ça que j'avais le feeling pour ces histoires de vieux qui qu'ils te racontent quand ils racontent, qu'ils stèsent quand ils stèsent. Mais il n'y avait jamais de haine ou de passion inutile. C'était avec beaucoup de dignité qu'ils ont vécu cette époque-là. Très difficile pour eux. Et ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, je ne comprends pas comment ces histoires rebondissent. et sans réimprimer dans la mémoire de manière artificielle parce que ce n'est pas une mémoire, ce n'est pas un vécu, c'est une tentative de le réimprimer dans le vécu, dans le quotidien. Aujourd'hui. Et autant je suis d'accord pour le travail de mémoire, autant je n'aime pas quand ce travail de mémoire peut devenir un travail de réactualisation, de réouverture d'anciens dossiers douloureux et vouloir vouloir régler les blessures de l'histoire aujourd'hui entre personnes qui ne les ont pas vécues directement et ça je trouve ça très très malsain ça c'est un point important que je voulais faire passer le deuxième point le deuxième point c'était Si quelqu'un frappe chez toi, je vais te donner un exemple, je vais te donner un exemple. Vous savez, je n'ai pas commencé la vidéo pour parler de tout ça, mais c'est ça le truc, c'est le fil, c'est le fil de l'eau, c'est le fil de l'histoire. C'est mon côté africain, en fait. Et vous savez, je voulais vous dire un truc. C'est des années que je dis des trucs, mais je voulais dire un truc maintenant. En fait, si quelqu'un frappe chez toi, si quelqu'un frappe chez toi, imagine qu'il frappe chez toi. Il a un bouquet de fleurs, une grande boîte de chocolat, une bouteille de vin, ce que tu veux. Imagine le gars avec plein de cadeaux. D'accord. Et puis tu dis je viens m'excuser, je viens demander pardon. Toi, tu dis mais pourquoi? Oui, j'ai violé ta petite soeur. D'accord, alors pour qu'on soit clair. Il y a une chose que toi tu vas voir, il y a une chose que lui il va voir. Lui il va voir qu'il est en train de faire, qu'il est en train de s'excuser, qu'il est en train de compenser, dédommager les je-ne-sais-plus-quoi, que toi la seule chose que tu vas entendre c'est j'ai violé ta petite sœur. Tu comprends ? C'est ça le truc. De sorte que ces hommes politiques qui sont parfois adeptes de l'excuse, de la repentance, ne réalisent pas comme bien dans la tête ou dans le sentiment des victimes réelles ou des victimes perçues de ce qui a été fait, ne comprennent pas que ces actes de repentance vont souvent mettre du sel sur des blessures. D'accord ? Donc c'est ça le truc, c'est que le fait de venir avouer un crime quelque part, même si tu es en train de l'avouer pour t'excuser en te disant au fond de toi une faute à demi, une faute avouée à demi pardonnée, Tu ne comprends pas que ce genre d'exercice ne va pas te rendre toi ou ton pays extrêmement sympathique aux yeux des gens. Pas tout le monde en tout cas. Donc c'est vrai qu'il faut y aller mollo. Mais malheureusement la France aujourd'hui découvre de manière assez... Comment dirais-je quand tu fais quelque chose... J'ai un mot mais je n'ai pas envie de l'utiliser. J'aime les mots, ils ont chacun un goût, ils sont comme des notes. Quand tu utilises le mauvais mot, tu le sens comme quelqu'un qui joue une musique que tu ne connais pas mais qui fait une fausse note. Tu sais que c'est une fausse note, tu ne serais pas la vraie note mais tu sais que c'est une fausse note, c'est tout. Donc je veux dire que la France découvre de manière peut-être vulgaire, de manière éhontée, découvre en tout cas l'ethnomathématique. C'est assez flagrant comment un certain nombre de candidats sont en train de jouer le vote communautaire parce qu'ils ont compris Ils ont compris des choses que nous savons en Afrique depuis très longtemps. Vous savez, en Afrique, il y a un problème, je vais vous dire lequel. C'est que le sentiment ethnique ou le sentiment communautaire est très fort. Il y a eu beaucoup de guerres qui ont été causées. Regardez au Rwanda et d'autres endroits. par le fait qu'il y a eu une décolonisation où des pays ont été créés, des frontières tracées de manière anarchique sans tenir compte des réalités ethniques, des réalités historiques, des peuples qui vivent sur place, des tribus qui vivent sur place. Et ces frontières ont parfois enfermé dans un même pays complètement artificiel des gens qui n'avaient rien à faire ensemble et qui n'avaient pas vécu ensemble Pendant mille ans, ou bien qu'il y avait passé une mille dernières années à se faire la guerre. Donc, toujours est-il que, étant donné qu'il y a un fort sentiment communautaire, imagine ce qui va se passer. Quand arrive un homme au pouvoir, ou quand quelqu'un brigue la présidence, ou brigue un gouverneurat, ou n'importe quoi, figure-toi que son discours politique, les gens ne vont même pas l'écouter. Les gens vont voir de quelle ethnie il est. D'accord ? Il est né à quel endroit ? Il est de quelle tribu ? Il est de quelle religion ? Ou de quelle école religieuse ? Ou de quelle... Tu comprends ce que je veux dire ? C'est ça. Parce que, alors, beaucoup d'Occidentaux voient l'Afrique, ils disent bon, ils sont noirs, il y a des blancs, il y a des noirs, ils sont tous... Non, non, c'est pas comme ça. Il y a des divisions extrêmement profondes. Vraiment, il y a des divisions entre certains, certaines tribus, d'autres tribus de noirs, qui sont plus profondes que la division que tu pourrais trouver entre les noirs et les blancs, je veux dire. C'est très profond. Et en fait, ce qui se passe, c'est que forcément, peu importe le projet politique, ce sera toujours l'ethnie majoritaire qui va avoir quelqu'un en pouvoir, qui va avoir l'imbécile en pouvoir. Et les ethnies minoritaires ne pourront pas, ne pourront jamais de manière démocratique, obtenir quelqu'un qui y serve de leur perspective, qui y serve leurs intérêts. Et donc qu'est-ce qui va se passer ? Pas de représentation, ça finit toujours avec des jeeps plein de gamins et ça finit par des machettes, des AK-47 de contrefaçon par ailleurs. Donc voilà, et ça finit par des massacres et tout, on connaît le truc. La communauté dite musulmane ou dite arabo-musulmane, même si c'est une étiquette, je pense, je ne vais pas dire ce que je pense de cette étiquette, mais toujours est-il, ça correspond à une réalité, ça correspond à une réalité mathématique malheureusement. Et ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, les candidats jouent dessus de manière effrontée, d'accord ? Ça devient de plus en plus évident, d'accord ? Ils ne s'en cachent plus. Et en fait, je trouve que les candidats qui jouent là-dessus, même si je trouve que l'establishment français a toujours joué dessus, ça commence à devenir de plus en plus visible, de plus en plus graphique. Et ce qui va se passer, ça n'ira pas en s'améliorant avec le temps. Ça signifie que viendra le moment où, sans le vote communautaire, il sera impossible en France de faire passer quelqu'un à la présidence de la République. Parce que L'ethnomathématique française est très particulière, mais bien sûr l'ethnomathématique du Rwanda est très particulière, celle de la Libye est particulière aussi. Elle est particulière dans le sens que ce n'est pas des ethnies qui votent chacune pour leur représentant ethnique, ce n'est pas comme ça. parce que bien sûr Macron ou François Hollande ou Juppé ne vont pas être le représentant ethnique d'arabes ou musulmans majoritairement du Maghreb. Ça ne se passe pas comme ça, mais ils donnent des gages à cette communauté religieuse et ethnique. Voilà, ils donnent des gages. D'un autre côté, vous avez en face les français qui ne sont pas issus de cette immigration-là, qui correspondent à une autre sociologie, et ceux-là... ceux-là ne se perçoivent pas, de toute façon ils n'ont pas le droit, ne se perçoivent pas comme une entité ethnique. Ils n'ont pas cette sensibilité, mis à part une frange d'entre eux qu'on appelle les identitaires qui sont relativement à droite et qui ne sont pas en nombre suffisant pour changer le résultat d'une élection. Et en fait, ce qui se passe c'est que Cette partie-là, on va dire, de l'électorat, est une partie qui va surtout écouter le discours politique. Et qui va te diviser, bien sûr. Tu prends ce qu'on appelle les Français de souche, si vous voulez. Leur vote sera éclaté entre énormément de candidats en fonction de différents programmes. Mais il y aura très peu d'entre eux qui vont voter sur des considérations ou des bases purement ethniques. Ce n'est pas leur truc. De sorte qu'effectivement, ça peut permettre à certains outsiders de dire si je joue à fond et de manière effrontée, le vote ethnique, j'ai mes chances. Parce que le vote ethnique plus une partie de l'électorat non-ethnique, ça peut le faire. Donc cette ethno-mathématique est en train de s'imposer de plus en plus et je crois franchement que 2017 sera la dernière élection en France qui sera potentiellement gagnable Et encore, je mets ça entre beaucoup de crochets, ne me citez pas là-dessus, je le dis sans garantie, je pense, c'est juste une pensée, ce n'est même pas une opinion, Cette élection-là est encore potentiellement gagnable sans ethno-mathématiques, sans s'abaisser à cela. Maintenant, je crois que c'est la dernière. Je crois qu'il y a ce sentiment ethnique qui devient de plus en plus fort, il y a cette fracture, ce fossé qui devient de plus en plus fort entre les ethnies présentes en France. Et ce qui va se passer, c'est que je pense qu'à partir de la prochaine élection, il va falloir être encore beaucoup plus effronté sur la question. Sinon, ce ne sera pas jouable. Sinon, ce ne sera pas jouable du tout. Voilà. Combien de temps? 19. Je pourrais parler encore. Tu vois, c'est ça le truc. Des fois, des fois, j'arrive. Je suis un peu timide. J'ai peur de parler. Puis après, je pars. et je peux partir pendant des heures mais je ne vais pas vous faire Fidel Castro non plus. J'arrête ici mes amis, merci de m'avoir suivi, ça me fait plaisir et puis je vais essayer de faire un effort pour répondre aux emails qui sont en souffrance et en retard. Des fois vous savez j'ai besoin de me fermer, je pense que c'est pour mon bien-être mental, c'est important. Et puis voilà, je reviendrai vers vous bientôt.
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